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Chapitre 50 - Un autre type d'amour : la ressemblance au père et à la mère

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Dans les chapitres précédents, nous avons étudié les degrés d'amour qui appartiennent à la ligne de droite. Au chapitre 50, nous abordons un type d'amour tout à fait différent : un amour dont la conclusion est le désir de sortir de soi, de sortir de sa propre réalité et du monde, de fuir tout cela. Cet amour appartient à la ligne de gauche, la ligne de la guevoura.

La source de ces deux amours n'est pas la même : l'amour de la ligne de droite provient de l'étage qui le précède, à savoir la bechina de 'hochma; tandis que l'amour de la ligne de gauche provient de la bechina de bina. Et à l'intérieur même de la bina, il y a un 'hessed de la bina et une guevoura de la bina, point sur lequel nous reviendrons en détail. Commençons par poser le tableau d'ensemble.

Voici les éléments que l'Alter Rebbe apporte dans ce chapitre pour expliquer les bechinot de droite et de gauche :

  • L'aspiration ardente, l'argent et l'or : dans le langage de la Torah, l'amour se dit « ve'ahavta », mais il a aussi une autre expression, les kissoufim (l'aspiration brûlante), comme dans le verset « nichssof nichsafta », de la même racine que le mot kessef (argent). L'argent appartient à la ligne de droite, et l'or à la ligne de gauche.

  • « Et l'or vient du nord » : le verset nous révèle d'où provient l'or à son origine, du nord. Or on sait que le nord correspond à la gauche et le sud à la droite. C'est donc la Torah elle-même qui rattache l'or à la gauche et l'argent à la droite.

  • Le kohen et le levi : le kohen est appelé « homme de 'hessed », lui dont la mission est « de bénir Son peuple Israël avec amour »; le levi, lui, est la bechina de guevoura. Il en ressort que la ligne de droite, celle de l'argent, qui va du haut vers le bas, la ligne du 'hessed, est liée au kohen; et que la ligne de gauche, celle qui monte du bas vers le haut, la ligne de la guevoura et de l'or, est liée au levi.

Tous ces exemples sont apportés dans le chapitre pour éclairer la chose, et c'est à travers eux que nous comprendrons comment l'homme parvient, de façon générale, à un tel amour : qu'est-ce qui engendre l'amour et qu'est-ce qui éveille le sentiment. Selon l'ordre de la création par lequel le Saint béni soit-Il a façonné l'âme de l'homme, ce qui influence les midot et les éveille, c'est l'intellect (par la hitbonenout, la méditation profonde). Il existe un type de hitbonenout qui conduit à une conclusion de 'hessed, du haut vers le bas, et un autre type de hitbonenout qui conduit à une conclusion de guevoura, du bas vers le haut. Au chapitre 50, nous verrons quelle hitbonenout mène à la conclusion de la guevoura : la bechina des leviim, de l'or, de la fuite et de l'élévation.

Passons au texte du chapitre (page 70, page 139) : « והנה כל בחינות ומדרגות האהבה הנזכרים לעיל », tous les degrés expliqués dans les chapitres précédents, « הן מסטרא דימינא ובחינת כהן », ils relèvent du côté droit et de la bechina du kohen, lequel est « איש חסד », un homme de 'hessed, « ונקרא כסף הקדשים », et cela s'appelle « l'argent des choses consacrées ».

Pourquoi ne dit-il pas simplement « kessef », mais « kessef hakodachim » ? Parce que cette expression figure dans un verset du livre des Rois, chapitre 12, où elle est dite explicitement à propos des kohanim : « Yehoach dit aux kohanim : tout l'argent des choses consacrées qui sera apporté dans la maison de l'Éternel... », instruction donnée aux kohanim sur ce qu'il faut faire de l'argent du demi-sicle que les gens apportaient au Temple. L'expression « kessef hakodachim » vise donc les kohanim, et c'est précisément pour cela que l'Alter Rebbe choisit ces mots-là : le kohen est l'homme de 'hessed, le côté droit, la bechina de l'argent.

Et le mot « kessef » lui-même est une expression d'amour et de kissoufim, « מלשון נכסוף נכספת לבית אביך » (« du langage de : tu as ardemment désiré la maison de ton père »), même racine et même sens.

Lorsque l'Alter Rebbe apporte un verset pour prouver son propos, il lui aurait suffi, apparemment, de citer les mots qui concernent notre sujet. Que veut-il prouver par ce verset ? Que l'amour est appelé kissoufim, que le kessef est une expression de l'amour qui appartient au côté droit. Pour cela, il aurait pu se contenter de « minlechon nichssof nichsafta », et celui qui veut vérifier ouvrira Berechit, chapitre 31, trouvera le verset et verra la suite et le contexte. Quel intérêt, alors, d'ajouter ici aussi les mots « levet avicha », « la maison de ton père » ?

C'est qu'à travers ces mots, l'Alter Rebbe fait allusion à quelque chose qui nous concerne directement. Ce verset est prononcé par Lavan à l'adresse de Yaakov, et, comme nous l'avons appris au chapitre 3, 'hochma et bina portent aussi d'autres noms : père et mère. La 'hochma est appelée père (av) et la bina est appelée mère (em). Si l'on monte d'un étage au-dessus du 'hessed et de la guevoura, la ligne de droite se rattache à la 'hochma, au père. C'est pourquoi l'Alter Rebbe cite aussi la suite du verset, « levet avicha », car le mot « avicha », ton père, fait allusion à la 'hochma, à la ligne de droite dont il est question ici. Ainsi se trouve sous-entendue la racine de la chose : comment l'homme parvient-il à un amour de 'hessed ? Parce que son point de départ et sa source se trouvent dans la bechina de 'hochma.

Jusqu'ici, l'Alter Rebbe a résumé en trois lignes tous les degrés d'amour expliqués jusqu'à présent. Et maintenant il ouvre un type d'amour entièrement nouveau, qui ne ressemble en rien aux précédents : « אך יש עוד בחינת אהבה העולה על כולנה », « mais il existe encore une bechina d'amour qui les surpasse toutes ». Ce n'est pas simplement un type de plus, que l'on pourrait aligner à côté des précédents, c'est un degré infiniment plus élevé, « qui les surpasse toutes », car la ligne de gauche est supérieure à la ligne de droite, « כמעלת הזהב על הכסף », « comme la supériorité de l'or sur l'argent ». Si la ligne de droite est la bechina de l'argent (« nichssof nichsafta »), la ligne de gauche est la bechina de l'or, et l'écart entre l'or et l'argent est sans commune mesure : c'est un tout autre niveau.

Et quel est donc cet amour, et pourquoi est-il appelé précisément or ? « והיא אהבה כרשפי אש », « c'est un amour tel des flammes de feu ».

La différence entre l'eau et le feu : l'eau appartient à la ligne de droite, car sa nature est de couler et de descendre du haut vers le bas; telle est sa nature, et c'est cela le 'hessed. L'eau va toujours de pair avec le 'hessed, et c'est au sujet d'Avraham, l'homme du 'hessed, que nous disons dans la prière pour l'eau : « Souviens-Toi du patriarche qui fut tiré après Toi comme l'eau ». Le feu, lui, fait exactement l'inverse : il s'élève vers le haut, il consume la réalité et s'enfuit vers le haut. Tel est le type d'amour qui appartient à la ligne de gauche : un amour dont la conclusion est la fuite hors de la réalité et la montée du bas vers le haut.

Et d'où provient cet amour ? Non pas du côté du 'hessed, mais « מבחינת גבורות עליונות דבינה עילאה », « de la bechina des guevourot supérieures de la bina élevée », donc du côté de la guevoura, du côté gauche, et non comme les autres amours expliqués plus haut, qui relèvent du côté du 'hessed. Et de même que l'argent, lorsqu'on le regarde à un étage plus élevé de la ligne de droite, provient de la bechina de 'hochma, de même la source du feu et de la guevoura se trouve à un niveau plus élevé : dans les guevourot supérieures de la bina élevée.

Ajoutons une précision. Il ne faut pas comprendre, comme on pourrait le croire, que l'amour de 'hessed viendrait de la 'hochma et l'amour de guevoura de la bina. Car tout amour, quel qu'il soit, doit nécessairement naître d'une hitbonenout, et sans hitbonenout aucun sentiment ne peut naître du tout; or la hitbonenout, c'est précisément la bechina de bina. Il en résulte que tout type d'amour doit provenir de la bina, de la méditation. Dès lors, que signifie cette répartition, la bina pour un type et la 'hochma pour l'autre ?

Cela se comprend par une analogie : la 'hochma et la bina sont appelées père et mère, et tout enfant qui naît doit nécessairement provenir des deux, du père et de la mère. Il n'existe pas de naissance venant du père seul ou de la mère seule. De même, toute hitbonenout doit provenir à la fois de la 'hochma et de la bina. Mais alors quoi ? On constate dans la réalité qu'il y a des enfants qui ressemblent davantage au père et d'autres qui ressemblent davantage à la mère : bien qu'ils viennent tous des deux, certains sont plus liés et plus semblables à la mère, et d'autres plus semblables au père. Il en va exactement de même ici : il y a un amour qui ressemble davantage au père, à la bechina de 'hochma, et un amour qui ressemble davantage à la mère, à la bechina de bina; et l'amour dont parle notre chapitre provient des guevourot de la bina élevée.

En résumé : dans cette partie, nous avons appris que tous les degrés d'amour expliqués jusqu'ici relèvent du côté droit, de la bechina du kohen, l'homme de 'hessed, et sont appelés « kessef hakodachim », du langage des kissoufim, « nichssof nichsafta levet avicha », ces mots faisant allusion à leur source dans la bechina de 'hochma, appelée père. Face à cela, il existe une bechina d'amour « qui les surpasse toutes », comme l'or surpasse l'argent : un amour « tel des flammes de feu », qui appartient à la ligne de gauche, à la guevoura, au levi, à l'or qui vient du nord, et dont la conclusion est la fuite hors de la réalité et la montée du bas vers le haut. Sa source se trouve dans les guevourot supérieures de la bina élevée; non pas que l'un des amours vienne de la seule 'hochma et l'autre de la seule bina, mais à la manière de l'enfant qui ressemble davantage au père ou à la mère.

Dans la partie suivante, nous nous arrêterons sur l'essence de cet amour et sur le nom d'« or » qui lui est donné, et nous apporterons un passage de la Guemara dans le traité Bava Metsia, où nous verrons comment les paroles de la Guemara s'éclairent parfaitement à la lumière de ces lignes du Tanya.