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Chapitre 50 - La vengeance de Babylone - Première partie

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Introduction : Une prophétie particulière sur Babylone

Le chapitre 50 de Jérémie poursuit la série de prophéties sur les nations, et le tour de Babylone arrive à présent. Babylone reçoit, pour ainsi dire, un traitement particulier. Notre relation envers elle est singulière, car elle nous a causé d'immenses souffrances : « Fille de Babylone, promise au ravage, heureux qui te rendra la pareille... heureux qui saisira tes petits enfants et les brisera contre le roc ». C'est elle qui a détruit notre saint Temple, c'est pourquoi elle a droit à une attention particulière et à une prophétie individuelle tout entière consacrée à son sort.

הַדָּבָר אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהֹוָה אֶל־בָּבֶל אֶל־אֶרֶץ כַּשְׂדִּים בְּיַד יִרְמְיָהוּ הַנָּבִיא׃ - La parole que l'Éternel prononça contre Babylone, contre le pays des Chaldéens, par l'intermédiaire du prophète Jérémie.

« Contre Babylone, contre le pays des Chaldéens » - le pays des Chaldéens désigne le territoire géographique, tandis que Babylone désigne la nation : la nation babylonienne résidant en terre de Chaldée.

Bel et Merodakh : la divinité d'honneur et la divinité de vaillance

הַגִּידוּ בַגּוֹיִם וְהַשְׁמִיעוּ וּשְׂאוּ־נֵס הַשְׁמִיעוּ אַל־תְּכַחֵדוּ אִמְרוּ נִלְכְּדָה בָבֶל הֹבִישׁ בֵּל חַת מְרֹדָךְ הֹבִישׁוּ עֲצַבֶּיהָ חַתּוּ גִּלּוּלֶיהָ׃ - Annoncez-le parmi les nations, faites-le entendre, dressez un étendard, faites-le entendre sans rien dissimuler ! Dites : Babylone est prise, Bel est confus, Merodakh est brisé, ses idoles sont couvertes de honte, ses fétiches sont anéantis !

Il y a ici trois degrés de diffusion. « Annoncez-le parmi les nations » - la simple communication. Un degré au-dessus : « faites-le entendre » - proclamez-le publiquement. Et plus encore : « dressez un étendard » - le mât sur lequel on hissait une bannière, symbole d'une diffusion retentissante. « Faites-le entendre sans rien dissimuler » - transmettez le message dans sa totalité, sans en omettre le moindre détail.

Et que faut-il faire entendre ? « Dites : Babylone est prise, Bel est confus, Merodakh est brisé ». Bel et Merodakh sont tous deux des idoles de Babylone. Le Malbim demande : quelle est la différence entre elles, et pourquoi avaient-ils besoin de deux idoles ? La multiplicité des idoles en soi ne pose pas de difficulté, car ils possédaient de nombreuses divinités ; mais il s'agit ici d'une répartition des rôles. Bel était leur dieu de l'honneur, et on lui fabriquait des « 'atsabim » (idoles sculptées) - un type particulier d'idolâtrie. Merodakh était la divinité de la vaillance militaire, à laquelle on vouait des « guiloulim » (fétiches). C'est également d'après ces idoles que l'on nommait rois et dignitaires : Evil-Merodakh tenait son nom de Merodakh, tout comme Nabuchodonosor avait surnommé Daniel « Belteshatsar » d'après le nom de sa divinité.

De là s'éclaire la précision des termes : pour Bel, le dieu de l'honneur, le texte emploie « hovish » (il est confus) - au lieu de la gloire, la honte et l'opprobre. Et pour Merodakh, le dieu de la vaillance, il dit « khat » (il est brisé, terrifié) - terme évoquant la brisure, le contraire même de la bravoure. La racine « khat » est toujours employée dans le contexte du combat, à l'instar de « Ne crains point et ne faiblis pas (al tekhat) », c'est-à-dire tiens bon avec courage face à l'ennemi et ne faiblis point. Le verset poursuit ainsi : « ses idoles sont couvertes de honte » en référence à Bel, et « ses fétiches sont anéantis » en référence à Merodakh.

Une nation venue du nord : mesure pour mesure

כִּי עָלָה עָלֶיהָ גּוֹי מִצָּפוֹן הוּא־יָשִׁית אֶת־אַרְצָהּ לְשַׁמָּה וְלֹא־יִהְיֶה יוֹשֵׁב בָּהּ מֵאָדָם וְעַד־בְּהֵמָה נָדוּ הָלָכוּ׃ - Car une nation monte contre elle depuis le nord, elle réduira son pays en désolation, et nul n'y habitera plus ; de l'homme jusqu'à la bête, tous fuient, s'en vont.

« Une nation venue du nord » - il s'agit de la Médie et de la Perse, situées du côté du nord. Cette nation réduira la terre de Babylone en désolation, au point qu'il n'y restera aucun habitant, ni homme ni bête. Et pourquoi précisément depuis le nord ? Le Malbim explique qu'il s'agit d'une rétribution mesure pour mesure (mida kenégued mida) : ils étaient montés attaquer Israël depuis le nord, comme il est dit « C'est du nord que le malheur déferlera » - faisant allusion à Babylone ; en contrepartie, le Saint, béni soit-Il, suscitera contre eux une nation venue du nord.

Le retour à Sion : « Ils marcheront en pleurant »

בַּיָּמִים הָהֵמָּה וּבָעֵת הַהִיא נְאֻם־יְהֹוָה יָבֹאוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל הֵמָּה וּבְנֵי־יְהוּדָה יַחְדָּו הָלוֹךְ וּבָכוֹ יֵלֵכוּ וְאֶת־יְהֹוָה אֱלֹהֵיהֶם יְבַקֵּשׁוּ׃ - En ces jours-là et en ce temps-là, oracle de l'Éternel, les enfants d'Israël viendront, eux et les enfants de Juda ensemble ; ils marcheront en pleurant, et ils chercheront l'Éternel leur Dieu.

« En ces jours-là » - au moment où Babylone sera détruite, Israël sortira alors de l'exil. En effet, lorsque Cyrus, roi de Perse, viendra, il autorisera la montée en Terre d'Israël, et Ezra, Néhémie et les exilés revenus bâtiront ici le second Temple.

« Les enfants d'Israël, eux et les enfants de Juda ensemble » - lors de l'exil des dix tribus, des enfants d'Israël étaient restés dispersés ici, comme cela est expliqué à l'époque de Hizkiyahu et de Yoshiyahou. Ces enfants d'Israël qui étaient restés furent finalement exilés à Babylone avec Juda et Benjamin, et ils en sortirent également ensemble avec l'autorisation de Cyrus. C'est pourquoi : ceux qui étaient restés ici et furent exilés à la fin, ainsi que les enfants de Juda exilés dès le départ, reviendront tous ensemble.

« Ils marcheront en pleurant » - de quels pleurs s'agit-il ? Le Radak explique qu'il s'agit de larmes de joie : puisqu'ils retournent dans leur pays, ils pleurent sous l'effet de leur immense joie de revenir. On retrouve des pleurs de joie en plusieurs endroits : « Ils viendront en pleurant », « Yaakov embrassa Rachel, éleva la voix et pleura », « et il pleura encore sur son cou ».

Certes, pour tous ces passages, il existe également d'autres explications. Concernant « et il pleura encore sur son cou », une opinion rapporte qu'Essav voulut le mordre, mais que le cou de Yaakov devint comme du marbre et que les dents d'Essav se brisèrent - selon cela, Essav pleura à cause de ses dents, et Yaakov pleura à cause de son cou devenu de marbre qui le faisait souffrir, comme le rapporte le Midrash. De même, sur le ton de l'humour, on explique « Yaakov embrassa Rachel, éleva la voix et pleura » : il réalisa que tous les gens du pays autour regardaient, et qu'ils allaient en tirer un prétexte pour dire : voici, même Yaakov notre père embrasse une fille d'Israël - et qu'en déduiraient les débauchés de notre peuple ? C'est pourquoi il éleva aussitôt la voix et pleura. Nos Sages, de mémoire bénie, apportent une autre explication : il vit par prophétie qu'elle ne serait pas enterrée avec lui, ce qui est également des pleurs de tristesse. Mais le Radak affirme que ce n'est pas une obligation, et qu'il existe des pleurs de joie : tout comme ici ils marchent dans la joie, il en va de même là-bas.

Le Malbim, quant à lui, explique : « Ils marcheront en pleurant » - tel un enfant qui a perdu son père qui le guidait sur le chemin, de même ils chercheront à trouver l'Éternel pour retourner vers Lui. Les pleurs expriment ici une profonde nostalgie et une aspiration à retrouver le Maître du monde, qui semblait, dans la réalité de l'exil, s'être éloigné et être perdu pour nous. D'où la suite du verset : « et ils chercheront l'Éternel leur Dieu » - des pleurs accompagnés de la quête de retrouver l'Éternel.

Le Malbim relève en outre la répétition : « En ces jours-là et en ce temps-là ». Le terme « temps » (èt) désigne toujours un point précis dans le temps, comme quelqu'un qui dirait à son ami « demain à neuf heures ». En revanche, « jours » désigne un processus continu sur une longue période. Ainsi, c'est précisément à ce moment précis que la chose commencera, puis elle se poursuivra pendant des jours.

« Ils s'informeront du chemin de Sion »

צִיּוֹן יִשְׁאָלוּ דֶּרֶךְ הֵנָּה פְנֵיהֶם בֹּאוּ וְנִלְווּ אֶל־יְהֹוָה בְּרִית עוֹלָם לֹא תִשָּׁכֵחַ׃ - Ils s'informeront du chemin de Sion, vers elle leurs visages seront tournés : « Venez, et attachons-nous à l'Éternel par une alliance éternelle qui ne sera jamais oubliée ! »

Rachi explique : c'est vers cet endroit, Jérusalem, qu'ils dirigeront leurs pas et leurs visages lorsque Babylone sera détruite - car ils en sortiront avec la permission de Cyrus, roi de Perse, et chercheront à se rendre à Jérusalem.

Le Malbim, pour sa part, rattache le mot « chemin » (dérekh) à « ils s'informeront » (yich'alou) : ils demanderont quel est le chemin menant à Sion. En cela, il ne suit pas la cantillation (té'amim). Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que les té'amim indiquent une certaine lecture, mais qu'il n'est pas impératif d'expliquer le verset uniquement selon eux. C'est ainsi que nous trouvons dans la Guémara des « versets sans décision tranchée » (mikraot ché-ein lahem hakhre'a) - un mot que l'on peut rattacher à ce qui précède ou à ce qui suit. On pourrait a priori objecter : la cantillation n'indique-t-elle pas clairement à quelle proposition le mot appartient ? En réalité, puisque le texte lui-même n'est pas tranché, le maître de la cantillation a adopté une option et a ponctué selon celle-ci, car il devait nécessairement fixer les accents d'une manière ou d'une autre. Mais cela ne signifie pas que ce soit l'unique interprétation, et nos Sages nous révèlent qu'il existe aussi une autre possibilité.

Selon le Malbim : « Tzion yich'alou derekh » (ils s'enquièrent du chemin de Sion) - ils s'enquièrent de la route de celui qui se rend à Sion ; « hena peneihem » (leurs visages sont tournés vers elle) - car durant tous les jours de leur exil, leurs visages et leurs aspirations étaient tournés vers Sion, et lorsqu'ils priaient, ils demandaient qu'Hachem rétablisse Sa Présence à Sion. Comme nous le trouvons au sujet de Daniel : « vekhawin petikhan leh be'iliteh neged Yerouchlem » - il avait des fenêtres ouvertes dans sa chambre haute en direction de Jérusalem, et c'est de là que découle la halakha prescrivant qu'une synagogue doit comporter des fenêtres tournées vers Jérusalem.

« Bo'ou venilvou el Hachem » (« Venez et attachons-nous à l'Éternel ») - Sion leur répond : venez vous lier à Hachem, car Il a conclu avec vous une alliance éternelle qui ne tombera jamais dans l'oubli. Bien au contraire, Sion désire ardemment et attend que le peuple d'Israël revienne, arrive et s'installe sur la Terre sainte.

Des brebis égarées et des bergers trompeurs

צֹאן אֹבְדוֹת הָיוּ עַמִּי רֹעֵיהֶם הִתְעוּם הָרִים שׁוֹבְבוּם מֵהַר אֶל־גִּבְעָה הָלָכוּ שָׁכְחוּ רִבְצָם׃ - Mon peuple était un troupeau égaré, leurs bergers les égaraient, les faisaient errer sur les montagnes ; ils allaient de montagne en colline, ils ont oublié leur gîte.

Jusqu'ici parlaient les rapatriés qui interrogeaient Sion ; désormais, c'est le Saint, béni soit-Il, qui s'exprime. Mon peuple était semblable à des brebis perdues et abandonnées dans le désert. Et quelle en fut la cause ? « Ro'eihem hit'oum » - leurs dirigeants les ont fourvoyés. Dans une première étape, « harim chovevoum » - ils les ont fait monter sur les montagnes du pays, et là-bas ils ont servi des idoles. Dans une seconde étape, « mehar el giv'ah halakhou, chakh'hou rivtsam » - jusqu'à partir en exil et oublier le lieu de leur pâturage et de leur repos. « Rivtsam » désigne l'endroit fixe où le troupeau se couche, et sur le plan allégorique : ils ont oublié leur D.ieu, en Qui ils plaçaient toujours leur confiance. Au point d'en arriver à une situation où, même dans leurs lieux d'exil, ils ont continué à pratiquer l'idolâtrie.

Le Radak rapporte au nom de Rabbénou Yona que « chovevoum » est une expression d'expulsion et de renvoi : ils les ont chassés et rejetés vers les montagnes. Il mentionne une autre explication, selon laquelle « chovevoum » exprime le brisement et la fracture, c'est-à-dire qu'ils les ont brisés et écrasés, à l'image du verset « Vechovavtikha vechiche'tikha » (« Je te ferai tourner en rond et t'entraînerai ») dit à propos de Gog. Et selon le Malbim : ils les ont entraînés sur les montagnes pour adopter une conduite dévoyée (« chovav » désignant celui qui s'écarte du droit chemin, tout comme on parle aujourd'hui d'un enfant rebelle). Ils les ont fait monter sur les montagnes et les ont détournés là-bas de la voie du service divin.

« Tous ceux qui les trouvaient les dévoraient » - Détruire par plaisir

כׇּל־מוֹצְאֵיהֶם אֲכָלוּם וְצָרֵיהֶם אָמְרוּ לֹא נֶאְשָׁם תַּחַת אֲשֶׁר חָטְאוּ לַיהֹוָה נְוֵה־צֶדֶק וּמִקְוֵה אֲבוֹתֵיהֶם יְהֹוָה׃ - Tous ceux qui les trouvaient les dévoraient, et leurs ennemis disaient : Nous ne serons point coupables, parce qu'ils ont péché contre l'Éternel, la demeure de la justice, l'espérance de leurs pères, l'Éternel.

Dès lors qu'ils sont devenus comme des brebis égarées, quiconque les trouvait les dévorait - ils étaient sans défense, livrés à tous. Et le Malbim souligne avec précision : pourquoi employer le terme « akhaloum » (les dévoraient / les mangeaient) ? Parce que manger est un acte de plaisir. Une destruction gratuite ne procure aucun plaisir, à moins d'être sadique ; or manger constitue une destruction dont l'homme tire une satisfaction.

Le rav Yaakov Galinsky racontait qu'il avait traversé des périodes d'une extrême dureté et qu'il avait été interrogé à maintes reprises par le KGB (le NKVD), et s'y retrouver n'était pas une épreuve facile - coups et supplices. Il y avait là-bas un enquêteur particulièrement cruel qui le rouait de coups sans merci. À un moment donné, le rav lui demanda : dis-moi, dans quel pourcentage me frappes-tu pour obtenir une réponse, et dans quel pourcentage me frappes-tu pour en tirer une satisfaction ? Le rav Galinsky racontait que ce fut la dernière fois que cet enquêteur leva la main sur lui. Il avait mesuré toute la portée terrible de ces paroles, et il lui restait encore une once de conscience ; chez un autre, cela aurait attisé sa fureur et décuplé ses coups. L'homme qui frappait ce Juif le faisait par plaisir et par jouissance. Et c'est là le sens de « tous ceux qui les trouvaient les dévoraient ».

« Vetsareihem » (« et leurs ennemis ») - ceux-là, dit le Malbim, les détruisaient par haine et non par plaisir. À D.ieu ne plaise, ils n'y prennent aucun plaisir : ils frappent uniquement « pour la cause », car Israël mérite de recevoir des coups. Ne craignent-ils donc pas d'en être punis ? C'est à ce sujet qu'il est dit : « amrou lo ne'acham » - ils disaient : Hachem ne nous en demandera pas compte, « takhat acher khate'ou l'Hachem » (« parce qu'ils ont péché contre l'Éternel »), puisqu'ils ont fauté et méritent d'être anéantis. Et ils aggravent encore la faute : contre qui ont-ils péché ? Contre Hachem qui est « neveh tsedek » (la demeure de la justice) - l'enclos réservé au troupeau est la Terre d'Israël, et le lieu de la justice est le Beth Hamikdach ; « oumikveh avoteihem Hachem » (« et l'espérance de leurs pères, l'Éternel ») - c'est là que réside Hachem, l'espérance de leurs pères. En d'autres termes : ils ont abandonné la justice, qui relève des devoirs entre l'homme et son prochain, ainsi qu'Hachem le D.ieu de leurs pères, qui relève des devoirs envers D.ieu. Dès lors, ne crains rien : tu peux disposer d'eux à ta guise.

C'est exactement cette argumentation qui a nourri la complicité active de la chrétienté dans tout ce qui s'est déroulé pendant la Shoah. Les chrétiens, que leur nom et leur mémoire soient effacés, furent des partenaires actifs dans les souffrances d'Israël : dénonçant et livrant des Juifs à la Gestapo et aux forces de la SS, ou s'emparant des enfants de ceux qui étaient conduits aux crématoires pour tenter de les baptiser. Et leur motif était précisément celui-ci : « Nous ne serons point coupables, parce qu'ils ont péché contre l'Éternel ». En effet, ils prétendent que la chrétienté a été choisie après qu'Israël s'est écarté du chemin, et pour étayer cette thèse, ils ont continuellement besoin de preuves montrant qu'Israël est réprouvé aux yeux d'Hachem et condamné à la souffrance et aux tourments pour l'éternité. Et si cela ne se produit pas de soi-même, il faut « l'aider » à advenir, prouvant de la sorte qu'Hachem aurait annulé l'ancienne alliance pour en sceller une nouvelle.

C'est pourquoi toute la question du retour du peuple d'Israël sur sa terre, de la reconstruction de Jérusalem et de l'accomplissement des prophéties leur a été si pénible à admettre. Pendant de longues années, le pape refusait de venir ici ; il était arrivé jusqu'au pont Allenby et s'y était arrêté. Même après être venu en terre d'Israël, il refusait catégoriquement d'entrer à Jérusalem. En effet, si Israël revient et que les prophéties s'accomplissent - « Et vous, montagnes d'Israël, vous donnerez vos rameaux et vous porterez vos fruits pour Mon peuple d'Israël, car ils sont près de revenir », or il n'y a pas de fin d'exil plus manifeste que celle-là -, tout leur édifice s'écroule. Peut-être que tout ce qu'ils nous ont raconté n'était qu'illusion, et peut-être que cette religion de « miséricorde » est la religion du mensonge et de la cruauté la plus terrible, depuis l'époque des croisades et de l'Inquisition jusqu'à nos jours. Soudain, « comme Ésaü a été fouillé, comme ses trésors cachés ont été mis au jour ! » : on découvre qui est Ésaü et quelle est l'effroyable hypocrisie des nations d'Europe. Quoi qu'il en soit, sachons que cet argument : « Nous ne sommes pas coupables, puisqu'ils ont péché contre l'Éternel », est celui qui a incité tant de nations à persécuter Israël.

« Fuyez du milieu de Babylone » - partez en tête du peuple

נֻדוּ מִתּוֹךְ בָּבֶל וּמֵאֶרֶץ כַּשְׂדִּים צֵאוּ וִהְיוּ כְּעַתּוּדִים לִפְנֵי־צֹאן׃ - Fuyez du milieu de Babylone, sortez du pays des Chaldéens, et soyez comme des béliers en tête du troupeau.

Le Saint, béni soit-Il, dit au troupeau de Son peuple : fuyez et sortez de Babylone, car Babylone est sur le point d'être renversée. Et pas seulement de la ville, mais « sortez du pays des Chaldéens » - de tout le pays. Et même si vous n'avez pas de bergers pour vous guider, « soyez comme des béliers en tête du troupeau » : les béliers sont les bêtes robustes et vigoureuses qui marchent en avant, suivies par le troupeau. L'allusion vise Ezra, Néhémie et Zorobabel, qui marchaient à la tête du peuple : vous marcherez en tête, et le peuple vous emboîtera le pas.

Le Malbim apporte ici une nuance : quelle est la différence entre « fuyez » (nodou) et « sortez » (tseou) ? La fuite, le déplacement (nedida), désigne le simple fait de changer d'endroit, tandis que la sortie est un départ définitif. Dans un premier temps, déplacez-vous simplement hors de votre lieu de résidence, puis, dans un second temps, sortez totalement du pays.

« Ses flèches sont comme un guerrier habile »

כִּי הִנֵּה אָנֹכִי מֵעִיר וּמַעֲלֶה עַל־בָּבֶל קְהַל־גּוֹיִם גְּדֹלִים מֵאֶרֶץ צָפוֹן וְעָרְכוּ לָהּ מִשָּׁם תִּלָּכֵד חִצָּיו כְּגִבּוֹר מַשְׁכִּיל לֹא יָשׁוּב רֵיקָם׃ - Car voici, Je vais susciter et faire monter contre Babylone une coalition de grandes nations venues du pays du nord ; elles se rangeront en bataille contre elle, c'est de là qu'elle sera prise ; ses flèches sont comme un guerrier habile qui ne revient pas les mains vides.

Le prophète décrit ici en détail la manière dont Babylone tombera. Premièrement, « voici, Je vais susciter et faire monter » : l'événement s'accomplit sous la providence absolue d'Hachem. Deuxièmement, « une coalition de grandes nations venues du pays du nord ». Troisièmement, « elles se rangeront en bataille contre elle, c'est de là qu'elle sera prise » : elles s'empareront de la muraille située du côté nord, et c'est par là que la ville sera conquise.

« Ses flèches sont comme un guerrier habile qui ne revient pas les mains vides » - selon les termes du Malbim : les flèches sembleront douées d'intelligence, elles atteindront d'elles-mêmes leur cible sans revenir à vide, à l'image d'un guerrier avisé. C'est tout à fait saisissant, car il s'agit d'une prophétie que l'on ne peut véritablement comprendre qu'aujourd'hui. À l'époque de Yirmiyahou, nul ne pouvait concevoir comment une flèche pouvait faire preuve de vaillance, ni comment elle pouvait être « intelligente ». Mais lorsqu'on parle aujourd'hui de missiles, de missiles Popeye ou similaires - une flèche que l'on tire, à laquelle on assigne une cible, qui slalome entre les immeubles comme un aéronef, à droite, à gauche, pour entrer avec précision par la fenêtre désignée -, voilà bien « ses flèches sont comme un guerrier habile ».

Et d'ailleurs, la correspondance est plus frappante encore : ce sont précisément ces missiles qui ont été utilisés lors de la guerre contre l'Irak, lorsque les États-Unis l'ont combattue durant la guerre du Golfe - or il s'agit bien ici du territoire de Babylone. « Une coalition de grandes nations » : il y avait là une véritable coalition, avec des armées venues de plusieurs pays ; « du pays du nord... c'est de là qu'elle sera prise », et elle a fini par être conquise.

Certains lisent « machkil » avec un chin à droite (ch), ce qui renvoie alors à l'idée de deuil ou d'infanticide (chekhol) : comme un guerrier qui, ne trouvant pas qui tuer, s'en prend aux petits et laisse les parents privés d'enfants. La version dont nous disposons porte « maskil » (avec un sin à gauche), et la plupart des commentateurs penchent pour le sens d'intelligence ou d'habileté (sekhel), comme l'explique le Malbim. En pratique, il existe deux versions textuelles, et il est difficile de trancher laquelle est la plus exacte.

« Et la Chaldée sera livrée au pillage »

וְהָיְתָה כַשְׂדִּים לְשָׁלָל כׇּל־שֹׁלְלֶיהָ יִשְׂבָּעוּ נְאֻם־יְהֹוָה׃ - La Chaldée sera livrée au pillage, tous ses pillards seront rassasiés, parole de l'Éternel.

Le prophète annonce ici qu'après la défaite de Babylone, les habitants du pays, les Chaldéens, ne combattront plus : ils seront comme un butin abandonné au lendemain de la guerre. Cette description résonne de manière frappante avec l'histoire contemporaine : Saddam Hussein incarnait le foyer central de la rébellion, et dès qu'il fut renversé, Babylone tomba comme un fruit mûr, sans qu'il fût nécessaire de continuer la guerre d'État. Certes, jusqu'à aujourd'hui s'y succèdent guerres, factions, milices, Daesh et tant d'autres fléaux, mais tout cela fait partie du châtiment de Babylone : « Fille de Babylone dévastée... Heureux qui saisira tes petits enfants et les brisera contre le roc », en rétribution de tout le mal qu'elle nous a infligé.

Nous apprenons en outre ici un autre principe : en temps normal, lorsqu'un conquérant s'empare d'un pays, il constate que la population vaincue s'efforce de dissimuler ses trésors et ses objets précieux afin que le pillard ne s'empare pas de tout. Le verset nous affirme qu'ici, la situation sera tout autre : « La Chaldée sera livrée au pillage, tous ses pillards seront rassasiés » - tout ce qu'ils possèdent tombera directement comme butin aux mains de l'ennemi vainqueur.

Le moment de la chute : le festin de Belshatsar

כִּי תִשְׂמְחוּ כִּי תַעַלְזוּ שֹׁסֵי נַחֲלָתִי כִּי תָפוּשׁוּ כְּעֶגְלָה דָשָׁה וְתִצְהֲלוּ כָּאַבִּרִים׃ - Car vous vous réjouissez, car vous exultez, vous qui avez pillé Mon héritage ! Car vous vous engraissez comme une génisse qui foule le grain et vous hennissez comme de puissants coursiers !

À présent, explique le Malbim, le prophète dévoile à quel moment précis l'événement surviendra : au moment même où vous, les spoliateurs de Mon héritage, serez plongés dans la joie et l'allégresse. La nuance entre « joie » (sim'ha) et « allégresse » (alizout) réside en ceci : la joie demeure au fond du cœur de l'homme, tandis que l'allégresse désigne une joie débordante qui franchit toutes les limites et éclate au grand jour.

Et à quel moment cela s'est-il produit ? Bien que l'on puisse discerner dans cette prophétie des échos des événements de notre époque, toute prophétie s'adresse d'abord à son contexte historique d'origine, avant de délivrer son message aux générations futures. Ici, le prophète s'adresse à Babylone au sujet de cette fameuse époque : le moment où Belshatsar organisa un grand banquet, fit apporter les vases sacrés du Temple et s'en servit pour boire. On peut étudier cet épisode en détail dans les commentaires sur le livre de Daniel : la main venue du Ciel écrivant sur le mur du palais les mots « Mené, Mené, Tékel ou-Pharsin », la signification que chercha vainement Belshatsar, et finalement le dénouement : « Cette nuit même, Belshatsar fut tué ». En cette nuit précise où il célébrait son règne par des fêtes et des orgies en profanant les vases du Sanctuaire, il périt assassiné.

« Car vous vous engraissez comme une génisse qui foule le grain » - le terme « tafouchou » provient d'une racine évoquant l'abondance, à l'image du mot araméen « nefiché » qui signifie beaucoup, renvoyant ici à une prise de poids et à un excès d'embonpoint. Vous grossirez tels des veaux à l'engrais, pareils à une génisse dressée pour fouler le grain, qui mange en abondance pendant son travail. Certains commentateurs rapprochent ce terme de « déshé » (herbe tendre), comme dans « dans de verts pâturages » (bin'ot déshé) - certains textes portant la lettre alef et d'autres la lettre hé : avec un alef au sens d'herbe fraîche, et avec un hé au sens de battage du grain. Le sens demeure le même : c'est au cœur même du festin, à l'instant où vous vous engraisserez de délices, que s'abattra subitement votre ruine.

« Votre mère est couverte de honte » - Les degrés de l'opprobre

בּוֹשָׁה אִמְּכֶם מְאֹד חָפְרָה יוֹלַדְתְּכֶם הִנֵּה אַחֲרִית גּוֹיִם מִדְבָּר צִיָּה וַעֲרָבָה׃ - Votre mère est couverte d'une grande honte, celle qui vous a enfantés rougit de confusion ; voici la fin des nations : un désert, une terre aride et une plaine stérile !

Le Radak explique : à quoi vous a donc servi la joie que vous avez manifestée lorsque vous avez pillé Mon héritage ? Désormais, votre mère sera couverte de honte quand d'autres viendront vous piller à votre tour. C'est avec allégresse que vous avez opprimé Israël, et votre mère éprouvera maintenant de la honte en voyant avec quelle jubilation vos ennemis vous oppriment. Et qui est cette « mère » ? Le Radak répond : votre collectivité, votre communauté nationale - c'est-à-dire l'ensemble du peuple. C'est là le sens originel du terme « kenessia » employé fréquemment par les anciens commentateurs, qui ne désigne nullement une église comme aujourd'hui, mais le rassemblement, l'assemblée du peuple. De même qu'il est écrit : « Faites un procès à votre mère, faites un procès », où il n'est pas question de la mère biologique mais de la communauté tout entière. « Voici la fin des nations » - cela vise l'empire babylonien : ses habitants seront massacrés et leur terre deviendra un désert, une contrée desséchée et une steppe désolée.

Le Malbim propose une autre explication : la « mère » désigne ici la terre elle-même, qui est pour ainsi dire celle qui vous a enfantés. Conformément à la parole de nos Sages, il existe des terres qui engendrent des héros et d'autres qui engendrent des êtres faibles - la nature de la terre et de son climat façonne en effet le tempérament de ses enfants. Ainsi, la terre a pour ainsi dire honte d'avoir mis au monde de tels hommes, dont la destinée finale n'est que désert, aridité et steppe, après avoir été anéantis sur le champ de bataille.

Remarquons le dédoublement de l'expression : « Votre mère est honteuse, celle qui vous a enfantés rougit de confusion ». Le Malbim explique que le terme « hafra » (rougir de confusion) marque un degré supérieur à « bosha » (avoir honte) : l'idée de « hafira » (creuser) suggère qu'en raison d'une honte accablante, on chercherait à creuser la terre pour y enfouir son visage, en quête d'un abri pour dérober ses traits à l'opprobre général. Il en va de même pour la distinction entre « votre mère » et « celle qui vous a enfantés » : le mot « mère » peut également désigner la nourrice qui a élevé un enfant avec une tendresse maternelle, à l'image du verset : « Viendrons-nous, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner à terre devant toi ? », où Yaakov ignorait que l'expression « ta mère » visait la nourrice qui avait veillé sur Yossef. En revanche, « celle qui vous a enfantés » se réfère obligatoirement à la mère biologique, qui a réellement donné la vie. C'est pourquoi, pour « votre mère », le verset se limite à dire qu'elle est « honteuse », tandis que pour « celle qui vous a enfantés », il précise qu'elle « rougit grandement de confusion » : l'ignominie est bien plus cuisante pour celle qui a porté et mis au monde. Nous assistons donc à une honte qui s'intensifie par degrés, lorsqu'ils constateront que « la fin des nations sera un désert, une terre aride et une steppe ».

La désolation éternelle de Babylone

מִקֶּצֶף יְהֹוָה לֹא תֵשֵׁב וְהָיְתָה שְׁמָמָה כֻּלָּהּ כֹּל עֹבֵר עַל־בָּבֶל יִשֹּׁם וְיִשְׁרֹק עַל־כׇּל־מַכּוֹתֶיהָ׃ - En raison du courroux de l'Éternel, elle ne sera plus habitée et deviendra une entière désolation ; quiconque passera près de Babylone sera saisi de stupeur et sifflera devant toutes ses plaies.

« En raison du courroux de l'Éternel, elle ne sera plus habitée » - sous l'effet de la colère divine qui la frappera, nul être humain ne s'y établira plus, et la cité restera déserte. Le Malbim précise : un désert réunit trois traits néfastes, et la dévastation de Babylone surpassera chacun d'eux. Premièrement : le désert est stérile par nature, alors qu'ici, l'état d'abandon ne provient pas de l'ordre naturel mais « du courroux de l'Éternel » - c'est un anéantissement provoqué par la Providence divine, bien plus redoutable. Deuxièmement : le désert abrite malgré tout des oasis et des zones de vie, tandis qu'ici, « elle deviendra une entière désolation ». Troisièmement : personne ne s'étonne de l'aridité d'un désert, car il va de soi qu'on n'y trouve que le néant ; mais dans ce cas précis, « quiconque passera près de Babylone sera saisi de stupeur et sifflera devant toutes ses plaies » - le passant sera frappé de stupéfaction et émettra un sifflement. Or, comme nous l'avons déjà souligné, le sifflement traduit un saisissement profond : devant l'ampleur du désastre, l'observateur en reste stupéfait et pousse un sifflement.

Cette affirmation soulevait une difficulté pour le Radak, dans la mesure où l'histoire montre que Babylone a continué d'être habitée. Le Radak y répond : la cité de Babylone mentionnée aux époques de Darius et de Cyrus, et qui subsiste par la suite, n'est pas la ville originelle. L'ancienne Babylone a bel et bien été anéantie ; on a simplement fondé une nouvelle agglomération dans la même vallée en lui conservant le nom de Babylone. Cette précision est d'une grande rigueur textuelle, car la prophétie annonce une désolation irréversible, à l'instar d'un autre oracle explicite déclarant que Babylone « ne sera plus jamais habitée » et que « l'Arabe n'y dressera plus sa tente ».

Des ouvrages illustrés et des encyclopédies montrent d'ailleurs l'antique Babylone réduite à un amas de ruines jusqu'à nos jours. On affirme parfois que ce site demeure en l'état parce qu'il constitue une zone archéologique protégée, mais la raison fondamentale de cet abandon est tout autre : une prophétie a décrété que cet endroit demeurerait éternellement désolé. Que s'est-il passé dans les faits ? On a transféré l'habitat urbain ailleurs en y élevant de nouvelles constructions, tandis que le site d'origine est resté dévasté et silencieux à travers les siècles. On sait également que Saddam Hussein avait conçu le dessein grandiose de relever les ruines de Babylone ; il se rêvait en Nabuchodonosor des temps modernes, appelé à ressusciter la puissance du monde arabe, nourrissant des chimères de conquérant digne d'un Saladin. Mais le Saint, béni soit-Il, lui a rappelé que ses ambitions ne pouvaient prévaloir sur le décret des Écritures, et il a fini par être balayé de la scène du monde. En pratique, l'oracle demeure intact : la Babylone historique gît en ruines aujourd'hui encore.

Pour ceux qui souhaitent porter un regard sur l'époque contemporaine : de nos jours encore, « quiconque passe près de Babylone sera saisi de stupeur et sifflera devant toutes ses plaies ». Depuis le renversement de ce régime, cette contrée demeure un théâtre d'instabilité permanente : attentats à la voiture piégée répétés, dizaines de morts à chaque explosion, violences intestines sans fin, sans qu'un ordre stable ne parvienne à s'imposer durablement. Le pays subissait auparavant la férule d'un dirigeant impitoyable, qui avait saigné sa nation durant huit années d'un conflit acharné contre l'Iran et au fil de nombreuses guerres, mais les infrastructures et l'État demeuraient en place. De nos jours, cette terre a essuyé des destructions massives d'explosifs et continue de s'enfoncer dans l'incertitude la plus totale.

En conclusion :

Dans ce chapitre, Yirmiyahou ouvre la prophétie de châtiment spécifiquement destinée à Babylone : l'appel à proclamer, à faire entendre et à dresser un étendard pour annoncer sa chute, l'humiliation de Bel, symbole de gloire, et l'effondrement de Mérodakh, dieu de la vaillance militaire. Une nation venue du nord montera contre elle selon le principe de mesure pour mesure, tandis qu'au même instant, Israël et Yehouda reviendront ensemble vers Sion, marchant tout en pleurant, animés du désir de retrouver l'Éternel et de s'unir à Lui par une alliance perpétuelle. Le prophète évoque leur passé de brebis perdues, égarées par leurs propres bergers, et dénonce les ennemis qui les ont massacrées sans scrupule sous prétexte de « nous ne sommes pas coupables » - argument fallacieux réitéré par les persécuteurs d'Israël à travers les générations. Vient ensuite l'injonction divine : « Fuyez du milieu de Babylone », exhortant à marcher en tête du peuple pour quitter cette terre. Dès lors se dévoile par le menu le tableau de la déroute babylonienne : des traits comparables à ceux d'un guerrier infaillible, les Chaldéens livrés au pillage, un effondrement survenant en pleine liesse, un opprobre grandissant par étapes et, au terme, une désolation perpétuelle qui laissera tout passant muet de stupeur - prophétie dont nous constatons l'accomplissement sous nos propres yeux jusqu'à aujourd'hui.