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Chapitre 46 - La chute de Pharaon Nekho - deuxième partie

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La parole que l'Eternel adressa au prophète Yirmiyahou, annonçant la venue de Nabuchodonosor, roi de Bavel, pour frapper le pays d'Egypte. A présent, comme nous l'avons introduit, il y a une seconde prophétie, et cette seconde prophétie est la parole que l'Eternel adressa au prophète Yirmiyahou, prophétie qui annonce la venue de Nabuchodonosor, roi de Bavel, pour frapper le pays d'Egypte. Comme nous l'avons expliqué précédemment, la première prophétie parle d'une situation où le roi d'Egypte se dirige vers Bavel, à Karkemich sur le fleuve Perat (l'Euphrate), lieu où fut sa défaite. Ici, il décrit que le second coup aura lieu la vingt-septième année de son règne, et cela se produisit lorsque le roi d'Egypte fut frappé une seconde fois par Nabuchodonosor, qui vint en Egypte afin de le frapper.

Annoncez-le en Egypte, faites-le entendre à Migdol, faites-le entendre à Nof et à Tahpanhès, dites : dresse-toi et prépare-toi, car l'épée dévore tout autour de toi. "Annoncez-le en Egypte", dit le Radak : au début il parle de manière générale de l'Egypte, puis il passe à parler des détails, à savoir de villes situées à l'intérieur de l'Egypte. Migdol est mentionnée dans la Torah, "entre Migdol et la mer". Nof et Tahpanhès sont des villes du royaume de Pharaon. Le Malbim explique qu'au début cette annonce sera en Egypte, que Nabuchodonosor arrive ; ensuite on proclamera à Migdol et à Nof, qui sont des villes fortifiées, en leur faisant savoir, pour ainsi dire, de préparer les armes, car l'ennemi est là, alors on commence à armer les villes fortifiées, et cette proclamation vise à leur dire "prépare-toi, car l'épée dévore tout autour de toi", ce qui signifie : préparez-vous à combattre contre les ennemis, ne sortez pas combattre car l'épée dévore déjà tout autour de toi, mais quoi qu'il en soit, préparez-vous sur place pour repousser les attaques.

Pourquoi tes vaillants ont-ils été emportés, aucun ne s'est tenu debout, car l'Eternel les a poussés. "Pourquoi tes vaillants ont-ils été emportés", Rachi explique : tes héros ont été balayés et ont glissé, comme une pluie qui emporte, comme "son champ a été emporté", voilà une explication. Il y a une autre explication de l'expression "emporté", au sens d'anéantissement, ainsi l'explique Menahem, car "une pluie qui emporte" signifie une pluie qui détruit. Dounach le résout au sens de "pluie qui emporte" comme "pluie qui arrache", comme "il coupe les branches avec violence", ce qui signifie arracher ; donc "pluie qui emporte" c'est une pluie qui déracine. Et si tel est le cas, il lui demande : "pourquoi tes vaillants ont-ils été emportés et ne se sont pas tenus debout", comment, que s'est-il passé ? La réponse est : "l'Eternel les a poussés", ce qui signifie que, comme une pluie qui emporte, Il l'a emporté, car tout ici venait de l'Eternel, et c'est pourquoi les héros ont été balayés, ils n'ont pas été capables de tenir dans la guerre au sein des villes fortifiées, car ils ont été livrés par la main de l'Eternel entre les mains de Nabuchodonosor.

Il en fait trébucher beaucoup, l'un tombe aussi sur l'autre, et ils disent : levons-nous et retournons vers notre peuple et vers notre pays natal, loin de l'épée destructrice. L'Eternel en fait trébucher beaucoup, et par le trébuchement ils sont tombés l'un sur l'autre, une guerre interne s'est produite comme nous l'avons dit auparavant : chacun faisait trébucher son compagnon, et par cela même ceux qui étaient venus les aider s'enfuirent chacun vers son lieu, et ils disent "levons-nous et retournons vers notre peuple", car comme nous l'avons dit, lorsqu'il y a une armée qui trébuche ou une nation qui trébuche, personne ne souhaite se joindre à elle, et puisque beaucoup trébuchent, ils disent tous "retournons vers notre peuple". Toutes les nations qui s'étaient jointes afin d'aider Pharaon contre Nabuchodonosor, elles disent "retournons vers notre peuple, loin de l'épée destructrice", c'est l'épée de Nabuchodonosor.

Nabuchodonosor était appelé "l'épée destructrice". Que signifie "l'épée destructrice" (herev hayona) ? Nous avons déjà vu cette expression plus haut, et nous y avons vu trois explications, et ces mêmes explications reviennent ici aussi, chaque commentateur restant fidèle à son explication. "L'épée destructrice", le Radak explique que c'est du terme "oppression" (honaa), l'épée oppressive contre laquelle nul ne peut tenir, "et Je détruirai tes oppresseurs" : "tes oppresseurs" désigne ceux qui nous oppriment, ceux qui nous maltraitent. De même, le Targoum Yonatan a expliqué que "l'épée destructrice" désigne une notion de vin, l'épée de l'ennemi qui est comme le fait de boire du vin. Le Malbim a expliqué que les rois de Bavel et d'Achour avaient une forme de colombe (yona) sur leur drapeau, et ils attribuaient la victoire à la colombe, c'est pourquoi il l'appelle "l'épée de la colombe".

Là-bas ils crient : Pharaon, roi d'Egypte, n'est que bruit, il a laissé passer le rendez-vous. Il y a ici des explications contradictoires parmi les commentateurs quant à la façon d'expliquer ce qui est écrit ici : "par Ma vie, dit le Roi dont le nom est l'Eternel des armées, comme le Tabor parmi les montagnes et comme le Carmel au bord de la mer, il viendra". Nous expliquerons selon le Malbim. Le Malbim explique qu'au début "ils crient là-bas", ils proclament que Pharaon viendra dans un grand tumulte, que Pharaon viendra avec une grande multitude, et ensuite "il a laissé passer le rendez-vous", il a fixé un autre moment et a dit : je ne viendrai pas en ce temps-ci, je viendrai plus tard, et le Saint béni soit-Il dit qu'il ne viendra pas du tout. "Par Ma vie, dit le Roi dont le nom est l'Eternel des armées, comme le Tabor parmi les montagnes et comme le Carmel au bord de la mer, il viendra." Cela signifie : de même que le Tabor est situé parmi les montagnes et que le mont Carmel est proche de la mer, comme le dit la Guemara "pour qu'il place le soleil au sommet du Carmel, descende à la mer et s'y immerge", c'est-à-dire que le mont Carmel est proche de la mer, le Malbim doit nous apporter des preuves, nous, nous le connaissons de la réalité, en tout cas le mont Carmel est proche de la mer, et malgré tout, il n'est pas possible que le Tabor vienne parmi les montagnes qui l'entourent et que le Carmel vienne dans la mer, alors l'Eternel dit : de même qu'il n'est pas possible que le Tabor vienne parmi les montagnes...

Voici la transcription littérale complète de la leçon de Torah, divisée en paragraphes selon les sujets des versets et des commentateurs :

Le Carmel ne viendra pas dans la mer, "par Ma vie, dit le Roi dont le nom est l'Eternel des armées", de même il n'est pas possible que Pharaon vienne finalement. C'est-à-dire qu'il y a ici une promesse : bien que Pharaon soit proche du lieu de la guerre et que, pour ainsi dire, il soit attendu qu'il vienne pour partir au combat, le Saint béni soit-Il te dit : Moi, Je l'ai en quelque sorte fixé à sa place, de même que le Carmel ne descendra pas dans la mer et que le Tabor ne viendra pas parmi les montagnes, de même Pharaon ne viendra pas au lieu de la guerre, il ne bougera pas de sa place et ne viendra pas.

En revanche, Rachi et le Metsoudat David expliquent selon le Targoum Yonatan : "comme le Tabor parmi les montagnes", comme le mont Tabor qui est fixé parmi les montagnes et ne bouge pas de sa place, et comme le mont Carmel qui se tient au bord de la mer et ne bouge pas de sa place, ainsi viendra Nabuchodonosor sur l'Egypte et ne renoncera pas à y venir. C'est-à-dire que si, selon le Malbim, la prophétie dit que Pharaon n'ira pas combattre, l'explication qu'exposent le Targoum Yonatan, Rachi, le Metsoudat et aussi le Radak, est que cela se rapporte à Nabuchodonosor : l'explication étant que Nabuchodonosor, lui, viendra combattre contre Pharaon. C'est-à-dire que les deux choses sont vraies : Pharaon ne sortira pas pour combattre, mais Nabuchodonosor viendra à lui et c'est lui qui combattra contre lui, Pharaon ne sortira pas pour se défendre. Alors, "par Ma vie, dit le Roi dont le nom est l'Eternel des armées", de même que le Tabor ne bouge pas et que le Carmel ne bouge pas, de même Nabuchodonosor ne renoncera pas à la décision qu'il a prise de venir combattre contre Pharaon, roi d'Egypte.

Et c'est pourquoi : prépare-toi des affaires d'exil, habitante, fille d'Egypte, car Nof deviendra une désolation, elle sera brûlée et privée d'habitants. Puisque Nabuchodonosor finira par arriver en Egypte, et que l'Egypte, comme nous l'avons dit, ne sortira pas combattre, cela signifie que l'Egypte va être exilée. Si Nabuchodonosor y vient, en chaque lieu où Nabuchodonosor arrivait il exilait le peuple qui y habitait : Awa, Kouta, Sefarvaïm et tous les autres lieux où il arrivait ; il est aussi arrivé en terre d'Israël et l'a exilée. Il dit donc : puisqu'il en est ainsi, vous les Egyptiens devez vous préparer, "prépare-toi des affaires d'exil". Une personne qui se met en route, dit Rachi, se prépare une outre et une cruche d'argile pour boire, elle se prépare des ustensiles minimaux afin d'avoir de quoi manger et de quoi boire. "Car Nof deviendra une désolation", un lieu appelé Nof en Egypte, il y avait Nof et Tahpanhès. Nof deviendra une désolation, "chamma" signifie un lieu désolé. "Elle sera brûlée et privée d'habitants", "nitseta" non pas au sens d'incendie mais au sens de "tsia", d'aridité, "tsia" désignant un lieu sec ; un lieu dont la terre sera désolée et privée d'habitants.

Génisse magnifique que l'Egypte, la destruction vient du nord, elle vient. "Génisse magnifique", le Targoum dit "un royaume beau, beau". Un beau royaume, c'est "génisse magnifique". "La destruction vient du nord, elle vient." "Kerets" signifie, comme le dit le Targoum, "des peuples meurtriers", des peuples meurtriers viendront. Et "kerets" est du terme "couper", comme "c'est de l'argile que j'ai été découpé" : lorsqu'on veut extraire un morceau de la pâte, on prélève de la pâte, que signifie "likrots", cela signifie couper. Le Malbim dit que "yefefiya" (magnifique) est composé de deux mots mais qu'en réalité il s'agit d'un seul mot, comme "pekah koah", "le mépris des orgueilleux insolents", "hé notre guide sur les jeunes filles", là aussi "lag'ei yonim", "al mout", mais il les a reliés. De même "yefefiya" est comme un seul mot relié bien qu'il soit écrit en deux mots et divisé en deux. Et il compare l'Egypte à une génisse magnifique : elle est grasse comme une génisse magnifique, comme tu le verras, dit le Radak, l'Ecriture appelait les femmes belles et grasses "vaches du Bachan". Tu vois donc que l'exemple d'une vache grasse est une description de la réalité de quelque chose de beau et de gras. Donc "génisse magnifique que l'Egypte", à présent tu es grasse de délices, tu es magnifique, mais sache-le : la destruction vient du nord, elle vient. "Kerets" signifie coupure et décret comme nous l'avons expliqué, cela vient du nord, du côté nord de Bavel, et il dit "vient, vient", afin de renforcer l'idée et de dire : voici, il vient déjà, il arrive immédiatement, c'est le redoublement de "vient, vient".

Le Malbim explique plus profondément que les Egyptiens vénéraient le taureau, ils attribuaient au taureau une divinité, de même qu'ils attribuaient au petit bétail une divinité, comme les Indiens adorent la vache. Et le taureau se tenait à Nof, Nof est un nom de lieu. Lorsque Nof fut détruite, les Kasdim mirent à mort la divinité des Egyptiens, c'est-à-dire cette idole qu'ils s'étaient faite. Et à présent, dit le Malbim, il compare l'Egypte à une génisse magnifique, c'est ce même veau qu'ils adoraient. Cela donne d'ailleurs aussi une explication à pourquoi le peuple d'Israël, en sortant d'Egypte, fit le veau, car il était courant d'adorer le veau. Et pourquoi l'appelle-t-il "génisse magnifique" ? Parce qu'ils choisissaient pour l'adorer le plus beau taureau, le plus remarquable, celui qui paraissait le plus exceptionnel du troupeau. C'est pourquoi il dit "génisse magnifique que l'Egypte", voici, le temps est arrivé où l'ennemi vient et où il égorgera leur idole. Et donc "la destruction vient du nord", et "likrots" c'est égorger comme nous l'avons vu dans la langue de la Michna. Et qui est-ce ? Ce sont les Kasdim, ils viennent égorger votre idole, cette génisse magnifique qu'est l'Egypte, "la destruction vient du nord, elle vient", le roi des Kasdim pour annuler l'idole. Le Malbim explique aussi qu'il est connu dans les récits des temps anciens que ce taureau qu'ils choisissaient comme divinité avait un signe particulier dans la bouche. C'est pourquoi il dit "yefe piha". Que signifie "yefe piha" ? Selon le Malbim, c'est "pi hayafé", la belle bouche. Telle est l'explication de "yefe piha", "beau", c'est pourquoi c'est écrit en deux mots, "yefe piha". Or pourquoi "piha" et non "piha" (avec dagech) ? C'est parce qu'il s'agit d'une lettre "éhévi" attenante. Les lettres "beguéd kéfèt" en début de mot reçoivent un dagech, sauf lorsqu'il y a une lettre "éhévi" attenante, "éhévi" terminant le mot précédent ; comme "yefe" (bouche belle) se termine par un "hé", cela ôte le dagech du "pé" qui suit, et c'est pourquoi il est écrit "yefe piha" et non "yefe piha". Mais selon le Malbim, on parle en réalité ici de la belle bouche qu'avait le taureau, comme cela apparaît dans l'histoire des peuples d'Egypte. C'est pourquoi il dit : cette génisse qu'ils s'étaient choisie comme divinité, "yefe piha", elle a une bouche belle et particulière, mais "la destruction vient du nord", le roi des Kasdim viendra et égorgera ce taureau.

Il donne encore une explication : que signifie "la destruction vient du nord" ? Cette expression vient aussi exprimer une notion de clignement de l'œil. "Likrots", comme nous l'avons expliqué, signifie couper, pincer. Pincer un morceau de la pâte, nous disons "karats". De même pincer son œil s'appelle "kritsa" : une personne qui pince l'œil, que fait-elle ? En réalité elle le contracte. Comme tu contractes la main et prends un morceau de la pâte, les deux sont une expression de "kritsa". Il explique donc aussi ici que cela est lié à la "kritsa", car les Egyptiens, à travers les actions du taureau, présageaient ce qui allait arriver. Si le taureau faisait une certaine chose, ils disaient : voici un signe qu'il en sera ainsi. Par toutes sortes d'interprétations des comportements du taureau, ils en tiraient toutes sortes de conclusions, des sortes de présages. Et le taureau venait du nord. C'est-à-dire qu'ils l'envoyaient et chaque fois il venait du côté nord. De cela ils tiraient une conclusion, ils y voyaient un indice et un clin d'œil, "kerets", le clin d'œil, l'indice que du nord il vient : que le taureau, chaque fois qu'il était envoyé, revenait par le nord, voici là une preuve qu'en vérité l'ennemi viendra du côté nord.

Ses mercenaires aussi, au milieu d'elle, sont comme des veaux à l'engrais, car eux aussi ont fait volte-face, ils ont fui ensemble, ils n'ont pas tenu, car le jour de leur malheur est venu sur eux, le temps de leur châtiment. "Ses mercenaires aussi, au milieu d'elle", puisqu'il décrit ici une situation de détresse et de malheur pour l'Egypte : l'Egypte avait engagé des mercenaires, ceux qui viendraient l'aider. C'était très courant, et nous l'avons vu plusieurs fois ici aussi, qu'il y avait des rois qui se tournaient vers l'Egypte pour obtenir un salut, et alors le prophète leur disait que ce roseau sur lequel ils s'appuyaient était un appui de roseau brisé. Donc l'Egypte aussi, puisqu'elle était menacée par les Kasdim, alla engager des troupes qui l'aideraient. Mais ces mercenaires qui sont au milieu d'elle sont "comme des veaux à l'engrais". Ils sont comme des veaux qui se tiennent à l'étable afin d'être engraissés. Un tel veau ne sort pas au combat. En termes simples : ces mercenaires étaient assis là en Egypte, profitant de ce que l'Egypte leur fournissait, mais ils ne sortaient pas la défendre, ils n'allaient pas combattre, ils sont comme des veaux à l'engrais. Que signifie "veaux à l'engrais" (marbek) ? "Veaux à l'engrais" désigne des veaux engraissés. Les veaux qu'on place et à qui on ne laisse pas aller travailler, car un animal qui travaille développe des muscles et cela nuit au goût de sa viande. Ce qu'on fait : on les laisse rester sur place et on les engraisse, on ne cesse de leur donner à manger. Et ce sont des veaux propres et de choix pour la consommation. Donc "ses mercenaires au milieu d'elle comme des veaux à l'engrais", comme ces veaux destinés à l'engraissement, c'est-à-dire assis et s'engraissant en Egypte sans aller combattre. Yonatan a traduit que "ses mercenaires" ce sont "ses dignitaires". Non pas comme nous l'avons expliqué à présent selon le Radak au sens de troupes qu'ils avaient engagées pour leur salut, mais au sens de ses grands. C'est-à-dire les ministres d'Egypte, les notables d'Egypte, "au milieu d'elle comme des veaux à l'engrais", ils sont assis là comme des veaux à l'engrais engraissés. Le Malbim relie les deux. Le Malbim dit que "ses mercenaires" ce sont les rois qui menaient leurs guerres contre salaire. Donc "ses mercenaires" est aussi du terme "dignitaires", grands, et aussi du terme de ceux qui venaient combattre contre paiement, en salaire. Ils sont "comme des veaux à l'engrais" comme nous l'avons expliqué, comme des veaux sur le point de s'engraisser du bien du pays d'Egypte. Et après la chute de la génisse qu'est l'Egypte, eux aussi ont fui. C'est ce qu'il dit : "car eux aussi ont fait volte-face, ils ont fui ensemble". Lorsque cette génisse magnifique qu'est l'Egypte fut égorgée, ils comprirent qu'ici plus rien ne leur rapporterait, et c'est pourquoi ils fuirent et ne tinrent pas, ils ne restèrent pas là même un instant, "car le jour de leur malheur est venu sur eux, le temps de leur châtiment". Ils fuirent et ne tinrent pas, car sur eux aussi vint le jour de leur malheur, et le temps de leur châtiment arriva aussi pour ces rois, et puisqu'il en est ainsi, à présent ils fuient afin de ne pas être frappés avec eux.

Le Malbim explique quelle est la différence entre "le jour de leur malheur" et "le temps de leur châtiment". Le Malbim dit : "le jour de leur malheur" est un temps limité selon la nature et les constellations, les systèmes célestes. Selon ce qui a été fixé, que telle personne aura tant de temps de règne. A telle et telle date, à tel et tel moment il sera brisé. Cela s'appelle "le jour de son malheur". "Le jour de son malheur" est le temps fixé par les sphères célestes. "Le temps du châtiment", dit le Malbim, est le temps fixé selon la providence, où l'Eternel a réclamé de lui sa faute. Et il te dit : viens et vois que les deux sont arrivés. Le temps selon le système est arrivé, et aussi le temps selon le décompte du Saint béni soit-Il, que le temps est venu de se venger d'eux, "le temps de leur châtiment", qu'ils paient pour tout le mal qu'ils ont fait, qu'on réclame maintenant leur faute, comme nous l'avons vu que le roi d'Egypte avait tué Yochiyahou et que le temps était venu de se venger d'eux. Ces deux temps sont arrivés, tant "le jour de leur malheur" que "le temps de leur châtiment".

Sa voix ira comme celle du serpent, car ils viendront avec une armée, et avec des haches ils viendront à elle comme des bûcherons. "Sa voix ira comme celle du serpent." Tout le cri de l'Egypte, dit le Radak, ira au loin comme la voix du serpent. Cette chose est très étonnante, car aucun de nous n'a jamais entendu la voix du serpent. Alors que signifie que la voix du cri de l'Egypte ira comme la voix du serpent ? Diras-tu qu'il y a peut-être un son "tststs", un son léger et fin qu'il émet ? Cela est contraire à l'intention du verset. Car l'intention du verset, "sa voix ira comme celle du serpent, car ils viendront avec une armée, avec des haches ils viendront à elle", laisse entendre qu'il s'agit d'une voix puissante. Il n'est donc pas possible de dire qu'on entendra un son de chuchotement, car ils viennent avec une grande puissance. Le verset ne parle pas de cette manière. Donc si le verset parle de "avec une armée et avec des haches", c'est-à-dire avec une grande puissance, il veut dire "sa voix ira comme celle du serpent", au sens d'une voix puissante. Où avons-nous entendu une voix puissante du serpent ? Cette chose est étonnante. C'est pourquoi nos Sages ont expliqué que ce verset vient enseigner sur l'Egypte et qu'il en ressort un enseignement. Cela signifie : en vérité le serpent n'a pas de voix, mais il y eut une fois où le serpent cria d'un cri immense qui s'entendit au loin. Quand cela eut-il lieu ? Nos Sages disent : lorsque le Saint béni soit-Il dit au serpent "sur ton ventre tu iras", Il coupa ses pattes, et sa voix alla d'un bout du monde à l'autre. Le serpent, lorsque le décret fut prononcé sur lui, poussa des cris terribles dont la voix s'entendit dans le monde entier. Ainsi est-il enseigné dans les Trente-deux règles de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi le Galiléen. Qu'as-tu appris ? De là tu as appris qu'il y eut une fois une voix immense du serpent, lorsqu'il cria à cause du fait que ses pattes furent coupées. C'est donc à propos de cette voix qu'il dit "sa voix ira comme celle du serpent", comme ce serpent-là ira la voix de l'Egypte, sa voix s'entendra au loin.

"Car ils viendront avec une armée et avec des haches ils viendront à elle." "Ils viendront avec une armée" signifie que les Kasdim, lorsqu'ils viendront sur l'Egypte, viendront avec une armée, ils viendront avec une grande force, et "avec des haches" pour les abattre comme des bûcherons. De même que les arbres n'ont pas le pouvoir, dit le Metsoudat David, d'empêcher qu'on les abatte par les porteurs de haches, de même l'Egypte ne pourra pas empêcher qu'on l'abatte par les Kasdim. Telle est la parabole ici, énoncée avec "des haches" et "des bûcherons". Tu es comme un bûcheron ; l'arbre, tu es comme l'arbre, l'arbre n'exprime pas de résistance, il est passif. Ainsi il te dit : les Kasdim viendront, ils vous abattront et vous n'aurez aucune résistance, vous accepterez pour ainsi dire le décret dans sa totalité sans même combattre. Le Malbim ajoute et dit que ce n'est pas pour rien qu'il compare cela à la voix du serpent, car la voix du serpent, comme nous l'avons dit, fut à cause du fait qu'on lui coupa les pattes. Le Malbim dit : c'est aussi ce qu'il veut dire ici dans l'analogie, que voici, viens et vois l'Egypte, eux aussi on leur coupa les pattes pour qu'ils ne puissent aller de leur place hors de leur pays. Car comme nous l'avons vu plus haut, le Malbim a expliqué ce qui est écrit à propos de Pharaon, "là-bas ils crient : Pharaon roi d'Egypte n'est que bruit, il a laissé passer le rendez-vous", qu'il a dit qu'il viendrait combattre puis a repoussé cela, et finalement ce qui est dit "par Ma vie, Je jure" que Pharaon roi d'Egypte ne viendra pas mais restera dans son pays, et non seulement il ne viendra pas mais le roi des Kasdim viendra à lui : c'est comme s'il avait perdu ses pattes. Il ne peut aller combattre contre les Kasdim mais il est assis et attend dans son pays. C'est comme le serpent, "sa voix ira comme celle du serpent". Comme le serpent dont on a coupé les pattes et qui ne peut marcher, de même il en sera de l'Egypte. "Car ils viendront avec une armée et avec des haches ils viendront à elle." Le Malbim dit : "ils viendront avec une armée", les ennemis viendront avec une grande armée, et "avec des haches" ils viendront afin de couper leurs pattes. Et puisqu'il a donné l'exemple des haches, il poursuit et compare cela aussi à ce qui se faisait couramment avec la hache, à savoir couper le bois. C'est pourquoi il dit "comme des bûcherons". Et alors il dépeint en réalité l'Egypte comme une forêt vers laquelle viennent les Kasdim pour l'abattre.

Ils ont abattu sa forêt, dit l'Eternel, car elle est impénétrable, car ils sont plus nombreux que les sauterelles et sans nombre. "Ils ont abattu sa forêt", Rachi explique : ils ont le pouvoir d'abattre toute sa forêt, toutes les forêts de l'Egypte. "Car elle est impénétrable", il y a deux explications de "car elle est impénétrable". Rachi explique : ils sont venus avec une telle puissance, avec une armée si grande, que le nombre de leurs troupes est impénétrable. Et cela correspond à la suite : "car ils sont plus nombreux que les sauterelles et sans nombre". Puisqu'ils sont plus nombreux que les sauterelles et sans nombre, le nombre des troupes des Kasdim venues sur l'Egypte est impénétrable. En revanche, le Malbim explique que les bûcherons et les haches ont abattu sa forêt "car elle est impénétrable", ce qui signifie que la forêt est impénétrable. La forêt était si immense et impénétrable par sa grandeur et sa densité, et malgré tout, malgré la puissance et la grandeur de la forêt, ils l'ont entièrement abattue. Et pourquoi ? C'est la suite : "car ils sont plus nombreux que les sauterelles et sans nombre". Puisque l'armée qui vient contre eux est plus nombreuse que les sauterelles et sans nombre, elle avait le pouvoir de déraciner une forêt impénétrable par sa grandeur et son nombre. Et alors, selon le Malbim, nous gagnons aussi qu'il n'y a pas ici de redondance. "Car elle est impénétrable" se rapporte à la forêt, "car ils sont plus nombreux que les sauterelles et sans nombre" se rapporte à l'armée des Kasdim.

La fille d'Egypte est couverte de honte, elle a été livrée entre les mains du peuple du nord. "La fille d'Egypte est couverte de honte", ce qui advint finalement, c'est qu'elle eut une grande humiliation, car voici elle fut frappée par la main du peuple du nord, ils devinrent esclaves du peuple du nord, "elle a été livrée entre les mains du peuple du nord". L'Eternel des armées, D.ieu d'Israël, a dit : voici, Je vais châtier Amon de Nô, et Pharaon, et l'Egypte, et ses dieux, et ses rois, et Pharaon, et ceux qui se confient en lui. "L'Eternel des armées, D.ieu d'Israël, a dit", le Radak dit : pourquoi mentionne-t-il ici la notion de "D.ieu d'Israël" ? Parce que le malheur qui vient sur l'Egypte est un châtiment pour le fait que Chichak roi d'Egypte nous a fait du mal. Et pour Pharaon Nekho qui a tué Yochiyahou comme nous l'avons vu plus haut. Et l'Eternel avait promis de se venger de lui. C'est pourquoi il dit "l'Eternel des armées, D.ieu d'Israël", D.ieu d'Israël qui venge la vengeance d'Israël, "voici, Je vais châtier Amon de Nô". "El Amon" signifie "al Amon", sur Amon de Nô. Cela signifie qu'Amon est le roi de la ville, et la ville s'appelle Nô. Et c'est l'un des royaumes d'Egypte. En revanche, Yonatan a ici une explication intéressante, il dit : "Amon" non pas au sens du nom du roi, son nom n'était pas Amon, mais "Amon" il le traduit comme "Hamon" (multitude), le aleph et le hé s'échangeant. Oui ? Et "Nô" il le traduit par Alexandrie. Donc comme "la multitude d'Alexandrie", telle est l'intention de "Amon de Nô". La multitude d'Alexandrie, c'est-à-dire le peuple nombreux habitant à Alexandrie. Le Metsoudat Tsion explique aussi selon la ligne du Targoum Yonatan : "Hamon" a le sens d'un peuple nombreux, et cela apparaît de même dans Yirmiyahou chapitre 52 "le reste de la multitude", et là aussi c'est au sens de multitude et non au sens d'Amon comme nom d'un roi. L'Eternel dit "voici, Je vais châtier Amon de Nô", le Malbim explique que là était le siège de l'idole appelée Amon. "Et Pharaon" qui a été emmené de son pays. "Et le pays d'Egypte" et le reste de ses dieux et le reste de ses rois. Et il dit ensuite "sur Pharaon et sur ceux qui se confient en lui". L'Eternel dit : Je châtierai une seconde fois Pharaon, et pourquoi ? Car voici tu verras qu'il combattra une seconde fois Nabuchodonosor.

Et Je les livrerai entre les mains de ceux qui en veulent à leur vie, entre les mains de Nabuchodonosor roi de Bavel et entre les mains de ses serviteurs, et après cela elle sera habitée comme aux jours d'autrefois, dit l'Eternel. L'Eternel dit : Je les livrerai entre les mains de ceux qui en veulent à leur vie afin qu'ils les tuent. Et ensuite "elle sera habitée comme aux jours d'autrefois", ce qui est comme il apparaît dans Yehezkel, après quarante ans. Après quarante ans le royaume de Bavel prit fin, et alors l'Egypte revint à son état antérieur. Mais tant que le royaume de Bavel et les Kasdim dominaient, elle était livrée entre leurs mains. "Et après cela elle sera habitée comme aux jours d'autrefois." Comme Yehezkel a prophétisé qu'au bout de quarante ans Je rassemblerai l'Egypte. Et ce qu'il dit "comme aux jours d'autrefois", le Radak explique que l'intention n'est pas qu'ils auront une grandeur comme elle était aux jours d'autrefois. Car au contraire, dans Yehezkel il est écrit là "et ils seront là un royaume abaissé". L'intention est plutôt qu'elle demeurera dans son pays comme aux jours d'autrefois. C'est "comme aux jours d'autrefois", non pas dans sa grandeur comme aux jours d'autrefois. Et en vérité, quiconque voit l'Egypte après qu'elle a perdu sa grandeur, elle l'a perdue pour toujours. L'Egypte, celui qui le sait, était aux époques anciennes un royaume très central. Et beaucoup de prophéties traitent de l'Egypte en raison de sa grande centralité. Qu'y a-t-il là aujourd'hui ? Les Frères musulmans, qu'y a-t-il là-bas ? Ils se dévorent les uns les autres. Rien, l'Egypte aujourd'hui est considérée comme un pays totalement marginal, elle n'est pas considérée aujourd'hui comme la tête des royaumes. C'est ce que Yehezkel écrit, qu'elle sera un royaume abaissé. Après qu'elle sera sortie de l'occupation des Kasdim, du roi de Bavel, elle redeviendra un royaume abaissé, elle ne sera jamais à la tête des peuples.

Et toi, ne crains pas, Mon serviteur Yaacov, et ne t'effraie pas, Israël, car voici Je te sauve de loin, et ta descendance du pays de leur captivité, et Yaacov reviendra, il sera tranquille et paisible, et nul ne l'effraiera. "Et toi, ne crains pas, Mon serviteur Yaacov, et ne t'effraie pas, Israël." Il n'est absolument pas clair quel est le rapport : après avoir parlé de l'Egypte et de ce qui adviendra d'elle, pourquoi soudain parle-t-il maintenant à Yaacov ? Rachi explique que l'intention des choses porte sur les justes qui se trouvent en Egypte. Voici, Je prophétise ici une dure prophétie sur l'Egypte. Des justes qui furent exilés en Egypte malgré eux ; pourquoi Rachi souligne-t-il "malgré eux" ? Parce qu'il y en avait qui furent exilés en Egypte à l'encontre des paroles du prophète, et ceux-là furent exilés de leur propre gré. Ils disaient : là, en Egypte, nous aurons le salut, et le prophète les réprimanda et leur dit : n'allez pas en Egypte, cela ne vous aidera pas, cela ne vous sauvera pas. A ceux-là il ne promet pas de salut. A qui alors ? Aux justes qui sont au sein de l'Egypte, exilés malgré eux. Voilà donc le rapport avec l'Egypte. Puisque Je dis une prophétie très dure sur l'Egypte, toi, ne crains pas, Mon serviteur Yaacov, et ne t'effraie pas, Israël, toi qui te trouves en Egypte. "Car voici Je te sauve de loin, et ta descendance du pays de leur captivité, et Yaacov reviendra, il sera tranquille et paisible, et nul ne l'effraiera." Le Radak explique qu'en réalité on ne parle pas ici des justes d'Israël qui se trouvent en Egypte, mais qu'il vient de mentionner le malheur des nations, et face au malheur des nations il dit : toi, peuple d'Israël, tu n'as pas à craindre, tu n'es pas comme eux. C'est "et toi, ne crains pas, Yaacov". Puisqu'Il a puni l'un, à l'autre Il dit : tu n'as rien à craindre. Et même s'ils reviennent dans leur pays après l'exil, Il dit : sache-le, ils ne seront pas sereins et tranquilles. Sache que leur situation sera que leur royaume sera abaissé et que l'Egypte ne redeviendra pas comme ses jours d'autrefois. Et finalement ils cesseront d'être une nation et leur nom ne sera plus mentionné. Cela, ce sont les nations. Mais toi, Mon serviteur Yaacov, voici Je te sauve de loin et ta descendance du pays de leur captivité, chez toi il est garanti que tu seras tranquille et paisible, et nul ne t'effraiera, et Je ne ferai pas de toi une extermination comme il en sera pour les autres nations. C'est-à-dire : certes J'ai dit des paroles dures contre les nations, mais toi, peuple d'Israël, il t'est garanti que tu as un avenir, que tu reviendras à ton royaume et que tes jours seront renouvelés comme autrefois. Le Metsoudat David explique qu'ici il vient en réalité consoler les exilés de Bavel. C'est-à-dire qu'il vient les apaiser et leur dire : vous, ne désespérez pas de la délivrance. Pourquoi ? Car ils voient que l'Egypte fut exilée et qu'après quarante ans elle revint. Et nous, cela fait déjà soixante-dix ans que nous sommes en exil et nous ne sommes pas encore revenus. Cette chose pouvait donc apparemment beaucoup désespérer les exilés de Bavel, le peuple d'Israël qui s'y trouve en exil. Ils diraient : si ceux-là sont revenus et que nous ne sommes pas ramenés, apparemment nous ne reviendrons déjà plus. C'est pourquoi, face à cette question, après avoir annoncé que l'Egypte revient au terme de quarante ans, il dit : toi, peuple d'Israël, ne désespère pas, car toi aussi tu es destiné à revenir, et sachez que ce que tu es maintenant chez les Kasdim, chez les Babyloniens, Je te sauve de loin, ta descendance du pays de leur captivité, et Yaacov reviendra, il sera tranquille et paisible, et nul ne l'effraiera. Et "de loin" signifie d'un pays lointain, c'est comme nous l'avons expliqué que cela se rapporte à Bavel, et cela est plus vraisemblable que d'expliquer les choses sur Israël exilé en Egypte, car la prophétie est "Je te sauve de loin". De loin : l'Egypte n'est pas lointaine, l'Egypte est aux frontières de la terre d'Israël. Il est plus vraisemblable qu'on parle ici de Bavel, car en vérité Bavel est appelée "loin", elle n'est pas des peuples qui se trouvent à nos frontières, et c'est ce qui est écrit "l'Eternel amènera contre toi une nation lointaine", ce sont des lieux éloignés de nos frontières. Le Malbim explique qu'après avoir dit que l'Egypte demeurera comme aux jours d'autrefois, ce qui fut lorsque régna Cyrus, il nous dit : sache que Yaacov non plus ne craindra pas, que le peuple d'Israël aussi a la garantie de la délivrance. Et c'est en fait un verset qui a déjà été mentionné plus haut au chapitre 30, comme le notent ici le Malbim et le Radak. "Toi, ne crains pas, Mon serviteur Yaacov, dit l'Eternel, car Je suis avec toi, car Je ferai une extermination de toutes les nations où Je t'ai dispersé, mais de toi Je ne ferai pas une extermination, Je te châtierai avec mesure, mais Je ne te tiendrai pas quitte." "Toi, ne crains pas, Mon serviteur Yaacov, dit l'Eternel, car Je suis avec toi." L'Eternel lui dit : tu n'as rien à craindre, Je t'accompagnerai. "Car Je ferai une extermination de toutes les nations où Je t'ai dispersé." Même si Je fais une extermination de toutes les nations où Je t'ai dispersé, toi Je ne t'exterminerai pas ; même si tu te trouves dans leur pays, elles seront exterminées dans ce même pays et toi tu ne seras pas exterminé. "Je te châtierai avec mesure", Je te châtierai avec mesure afin d'éveiller ton oreille à la morale, c'est "Je te châtierai". Mais Il lui dit "et Je ne te tiendrai pas quitte", ce qui signifie : Je ne t'anéantirai pas, telle est l'intention de "et Je ne te tiendrai pas quitte", qu'il n'y ait pas de "Je balaierai avec le balai de la destruction", qui est en réalité un nettoyage qui est une destruction. Il ressort donc apparemment que "et Je ne te tiendrai pas quitte" a le sens de "il ne tiendra certes pas quitte", "J'ai nettoyé leur sang que Je n'avais pas nettoyé", ce qui signifie que Je me vengerai d'eux jusqu'à l'extermination. Ici il dit exactement le contraire, dit le Targoum Yonatan : "et Je ne te tiendrai pas quitte" signifie : Je ne te nettoierai pas du monde, le monde ne sera pas nettoyé de toi, Je ne te retrancherai pas du monde, tel est le sens de "et Je ne te tiendrai pas quitte". Et ce qui est écrit "car Je te châtierai avec mesure" signifie : voici, l'attribut de rigueur vient et réclame ce qui lui revient, alors, afin que tu ne sois pas quitte du châtiment, c'est-à-dire que tu recevras ce qui te revient, Je te donnerai la punition afin d'anéantir par elle les fautes, c'est "et Je ne te tiendrai pas quitte", ce qui signifie qu'il devra bien y avoir une certaine punition, mais la promesse est qu'ensuite il y aura une délivrance future et que le peuple d'Israël ne sera pas anéanti. Et cela vient en rapport avec ce que nous avons dit précédemment : que bien que ceux d'Egypte furent anéantis, même parmi le peuple d'Israël, le peuple d'Israël dans son ensemble demeurera toujours existant, et celui qui le sait, cela fait partie du mécanisme de préservation du peuple d'Israël, à savoir que le peuple d'Israël ne fut pas exilé en un seul lieu. Car s'ils avaient été, à D.ieu ne plaise, exilés uniquement en Allemagne, il n'en serait rien resté. Mais le peuple d'Israël fut exilé aussi dans d'autres pays, de sorte qu'en réalité, même si l'on tentait de les exterminer en un lieu, il reste encore des Juifs dispersés sur toute la surface du globe, ce qui garantit qu'en fin de compte le peuple juif survivra à jamais.