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Chapitre 34 - La rupture de l'alliance de l'affranchissement des esclaves

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Le chapitre 34 de Jérémie se divise en deux parties. La première contient une prophétie personnelle adressée à Tsidkiyahu, roi de Juda, au moment où Nevoukhadretsar et toute son armée s'approchent déjà pour assiéger Jérusalem : la ville sera livrée au roi de Babylone, et le roi lui-même sera capturé et exilé, mais il aura le mérite de mourir dans son lit et de recevoir des éloges funèbres honorables. La seconde partie relate un épisode singulier : l'alliance conclue par Tsidkiyahu avec le peuple pour libérer les esclaves hébreux, la transgression rapide de cette alliance et le châtiment sévère qui en découle. Suivons l'ordre des versets et expliquons selon le Malbim, Rachi et le Radak.

Une prophétie pour Tsidkiyahu au cœur du siège
הַדָּבָר אֲשֶׁר־הָיָה אֶל־יִרְמְיָהוּ מֵאֵת יְהֹוָה וּנְבוּכַדְרֶאצַּר מֶלֶךְ־בָּבֶל וְכׇל־חֵילוֹ וְכׇל־מַמְלְכוֹת אֶרֶץ מֶמְשֶׁלֶת יָדוֹ וְכׇל־הָעַמִּים נִלְחָמִים עַל־יְרוּשָׁלַ͏ִם וְעַל־כׇּל־עָרֶיהָ לֵאמֹר׃ - La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel, alors que Nevoukhadretsar, roi de Babylone, toute son armée, tous les royaumes de la terre soumis à son pouvoir et tous les peuples combattaient contre Jérusalem et contre toutes ses villes, en ces termes :

La prophétie est prononcée au moment où Nevoukhadretsar, son armée, tous les royaumes soumis à sa domination et tous les peuples approchent déjà pour assiéger Jérusalem et toutes ses villes.

כֹּה־אָמַר יְהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל הָלֹךְ וְאָמַרְתָּ אֶל־צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה וְאָמַרְתָּ אֵלָיו כֹּה אָמַר יְהֹוָה הִנְנִי נֹתֵן אֶת־הָעִיר הַזֹּאת בְּיַד מֶלֶךְ־בָּבֶל וּשְׂרָפָהּ בָּאֵשׁ׃ - Ainsi parle l'Éternel, Dieu d'Israël : Va dire à Tsidkiyahu, roi de Juda, tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel : Voici que Je livre cette ville entre les mains du roi de Babylone, et il la brûlera par le feu.

Il y a ici une répétition : « Va dire » puis « tu lui diras ». Le Malbim explique : le Saint, béni soit-Il, a d'abord ordonné de proclamer la prophétie au peuple, puis d'aller la répéter à Tsidkiyahu lui-même.

Et l'on observe ici un point remarquable. Nous avons vu plus haut que lorsque Jérémie adressait ces paroles au peuple, on l'emprisonnait dans la cour de garde en l'accusant de décourager le peuple : tu les amènes à douter de la délivrance, ce qui les rend négligents dans le combat contre les nations, et tu brises le moral. Mais lorsque la prophétie est transmise à Tsidkiyahu en personne, cela ne le dérangeait nullement. Bien au contraire, rappelez-vous : après que Tsidkiyahu eut emprisonné Jérémie, que lui a-t-il demandé ? « Y a-t-il une parole de la part de l'Éternel ? » Il l'enferme parce qu'il prophétise devant le peuple, et immédiatement après, il désire entendre ce qu'a dit l'Éternel. Il croit pleinement en lui et sait qu'il est un véritable prophète de Dieu, mais il ne doit absolument pas aller le divulguer au peuple pour ne pas affaiblir leur cœur. D'ailleurs, nos Sages disent que Tsidkiyahu était un roi juste, et que seule sa génération était impie.

« Et tes yeux verront les yeux du roi de Babylone »
וְאַתָּה לֹא תִמָּלֵט מִיָּדוֹ כִּי תָּפֹשׂ תִּתָּפֵשׂ וּבְיָדוֹ תִּנָּתֵן וְעֵינֶיךָ אֶת־עֵינֵי מֶלֶךְ־בָּבֶל תִּרְאֶינָה וּפִיהוּ אֶת־פִּיךָ יְדַבֵּר וּבָבֶל תָּבוֹא׃ - Et toi, tu n'échapperas point à sa main, car tu seras assurément pris et livré entre ses mains ; tes yeux verront les yeux du roi de Babylone, sa bouche parlera à ta bouche, et tu iras à Babylone.

Il lui dit : toi, on ne te tuera pas, mais tu seras capturé et conduit à Babylone, et le roi de Babylone te parlera. Et de quelle « parole » s'agit-il ? De paroles sévères. En effet, Nevoukhadretsar lui fit un procès : parce qu'il avait divulgué l'avoir vu manger un lièvre vivant, et parce qu'il avait enfreint le serment prêté de ne pas se rebeller contre lui, tout en osant se révolter.

Nos Sages ont scruté cette expression : « tes yeux verront les yeux du roi de Babylone » - tu verras ses yeux, mais pas Babylone. Car après qu'on l'eut amené devant lui et qu'il l'eut jugé face à face, il lui creva les yeux. C'est ainsi que se résout la contradiction apparente avec l'autre prophétie qui lui avait été faite : « Je le ferai venir à Babylone, mais il ne la verra point ». Tsidkiyahu s'en étonnait : comment est-ce possible ? Si je viens à Babylone, je la verrai assurément ! Ce n'est qu'à la fin, après qu'on lui eut crevé les yeux, qu'il comprit que les deux prophéties s'étaient réalisées conjointement : je suis bien venu à Babylone, sans jamais la voir.

La consolation : « Tu ne mourras point par l'épée »
אַךְ שְׁמַע דְּבַר־יְהֹוָה צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה כֹּה־אָמַר יְהֹוָה עָלֶיךָ לֹא תָמוּת בֶּחָרֶב׃ - Cependant, écoute la parole de l'Éternel, Tsidkiyahou, roi de Juda ! Ainsi parle l'Éternel à ton sujet : tu ne mourras point par l'épée.

Il y a là pour lui une consolation : bien que tu sois capturé et exilé, tu ne mourras point par l'épée. Le malheur s'abat à cause de la faute de la génération, car Tsidkiyahou lui-même était un roi juste. Et le point est d'importance : celui qui est mis à mort par le glaive du roi ne fait l'objet d'aucun éloge funèbre, car on ne prononce point d'oraison funèbre pour les condamnés du pouvoir royal. Pourquoi ? Parce que l'éloge funèbre constitue en quelque sorte une rébellion contre le roi : le monarque a décidé de le mettre à mort, et voilà qu'on vient proclamer combien cet homme était juste et exceptionnel, signifiant par là qu'il ne méritait pas la mort, ce qui revient à contester la décision royale. Un tel individu risquerait lui aussi d'être exécuté. Mais ici, il est dit à Tsidkiyahou : tu ne mourras pas sous le glaive du roi, mais de ta propre mort, et c'est pourquoi on prononcera ton éloge funèbre.

בְּשָׁלוֹם תָּמוּת וּכְמִשְׂרְפוֹת אֲבוֹתֶיךָ הַמְּלָכִים הָרִאשֹׁנִים אֲשֶׁר־הָיוּ לְפָנֶיךָ כֵּן יִשְׂרְפוּ־לָךְ וְהוֹי אָדוֹן יִסְפְּדוּ־לָךְ כִּי־דָבָר אֲנִי־דִבַּרְתִּי נְאֻם־יְהֹוָה׃ - En paix tu mourras, et comme on a brûlé des aromates pour tes pères, les premiers rois qui t'ont précédé, de même on en brûlera pour toi, et l'on se lamentera sur toi en disant : « Hélas, seigneur ! », car c'est une parole que J'ai prononcée, oracle de l'Éternel.

« En paix tu mourras ». Nos Sages enseignent que Nabuchodonosor mourut du vivant de Tsidkiyahou. Durant tout le règne de Nabuchodonosor, aucun captif ne sortait de prison ; la notion même de libération de prisonniers ou de grâce royale n'existait pas, car Nabuchodonosor était un souverain redoutable, impitoyable et d'une rigueur absolue. Ce n'est qu'après sa mort que des captifs furent libérés ; Tsidkiyahou sortit alors de prison et s'éteignit le lendemain. Ainsi s'accomplit pour lui la prophétie selon laquelle il ne mourrait point par l'épée mais d'une mort naturelle, et c'est dans ce cadre également que l'on se lamenta : « Hélas, seigneur ! », en célébrant dignement sa mémoire.

Et que signifie « comme on a brûlé pour tes pères » ? Il y a deux explications. Selon nos Sages, à la mort d'un roi, on brûlait tous ses objets personnels afin que nul autre ne s'en serve, car il est indigne de l'honneur d'un roi qu'un homme ordinaire fasse usage de ses affaires. Et l'on ne saurait supposer que le roi suivant les utiliserait, car le nouveau souverain dispose de ses propres effets et vêtements de marque, et ne porte pas d'habits ni n'emploie d'objets d'occasion. Selon une seconde explication rapportée par le Radak, on brûlait sur leur couche mortuaire des aromates et des épices composées afin de répandre une bonne odeur. Il faut comprendre qu'à cette époque, lorsqu'on transportait le défunt, l'assistance s'écartait souvent du cercueil en raison de l'odeur. De nos jours, le défunt est conservé en chambre froide jusqu'à l'inhumation et n'a pas le temps d'entrer en décomposition, mais à l'époque, s'il décédait la nuit et était enterré le lendemain à midi, une mauvaise odeur pouvait déjà s'en dégager. C'est pourquoi on avait coutume de disposer des branches de myrte et des aromates sur la bière, et pour les rois, on composait et brûlait des parfums sur leur couche funèbre, ce qui répandait une odeur agréable.

וַיְדַבֵּר יִרְמְיָהוּ הַנָּבִיא אֶל־צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה אֵת כׇּל־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה בִּירוּשָׁלָ͏ִם׃ - Jérémie le prophète adressa toutes ces paroles à Tsidkiyahou, roi de Juda, à Jérusalem.

Comme nous l'avons expliqué : la mission consistait ici à s'adresser directement à Tsidkiyahou, et non à transmettre ces paroles au peuple.

וְחֵיל מֶלֶךְ־בָּבֶל נִלְחָמִים עַל־יְרוּשָׁלַ͏ִם וְעַל כׇּל־עָרֵי יְהוּדָה הַנּוֹתָרוֹת אֶל־לָכִישׁ וְאֶל־עֲזֵקָה כִּי הֵנָּה נִשְׁאֲרוּ בְּעָרֵי יְהוּדָה עָרֵי מִבְצָר׃ - Alors que l'armée du roi de Babylone combattait contre Jérusalem et contre toutes les villes restantes de Juda, contre Lakhish et Azéka, car elles subsistaient seules parmi les villes de Juda comme places fortes.

Lakhish et Azéka étaient les seules forteresses subsistantes, outre Jérusalem elle-même.

L'alliance de l'affranchissement : la libération des esclaves
הַדָּבָר אֲשֶׁר־הָיָה אֶל־יִרְמְיָהוּ מֵאֵת יְהֹוָה אַחֲרֵי כְּרֹת הַמֶּלֶךְ צִדְקִיָּהוּ בְּרִית אֶת־כׇּל־הָעָם אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלָ͏ִם לִקְרֹא לָהֶם דְּרוֹר׃ - La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel, après que le roi Tsidkiyahou eut conclu une alliance avec tout le peuple de Jérusalem pour leur proclamer la liberté :
לְשַׁלַּח אִישׁ אֶת־עַבְדּוֹ וְאִישׁ אֶת־שִׁפְחָתוֹ הָעִבְרִי וְהָעִבְרִיָּה חׇפְשִׁים לְבִלְתִּי עֲבׇד־בָּם בִּיהוּדִי אָחִיהוּ אִישׁ׃ - Que chacun renvoie libre son esclave et sa servante, l'Hébreu et l'Hébreuse, afin que nul ne retienne plus dans la servitude un Juif, son frère.

Dans la septième année de son règne, Tsidkiyahu conclut une alliance avec tout le peuple pour proclamer l'affranchissement des esclaves, c'est-à-dire pour libérer les esclaves de leur servitude. Et il s'agit ici uniquement de l'esclave hébreu, qui était asservi par son frère israélite.

Nos Sages racontent que des hommes parmi les anciens de Juda vinrent consulter Hachem et avancèrent cet argument : l'esclave d'un Cohen vendu par son maître peut-il encore consommer de la Terouma ? Car il est écrit : « Mais tout esclave... acquisition de son argent, pourra en manger », et l'esclave d'un Cohen mange de la Terouma comme le Cohen lui-même. Ils demandèrent : si le Cohen l'a vendu à un Israélite ou à un non-juif, mangera-t-il encore de la Terouma ? On leur répondit : certainement pas. Que visaient-ils par cette question ? Ils voulaient insinuer que le Saint, béni soit-Il, ne pouvait plus rien exiger d'eux, puisqu'Il nous avait pour ainsi dire vendus à Nevoukhadnetsar, et que par conséquent nous ne Lui étions plus asservis et qu'Il n'avait plus de réclamations à formuler à notre encontre. En réponse à cela, il leur fut signifié qu'ils devaient libérer tous leurs esclaves.

Le roi conclut alors une alliance avec le peuple pour proclamer l'affranchissement des esclaves. Il instaura deux décrets : le premier, « de renvoyer chacun son esclave... libres », pour libérer immédiatement les esclaves en leur possession même s'ils n'avaient pas encore accompli six années de travail ; et le second, « afin que nul ne retînt plus dans la servitude un Juif, son frère », qui s'appliquait à l'avenir, interdisant désormais de les asservir de nouveau et d'acheter des esclaves hébreux.

וַיִּשְׁמְעוּ כׇל־הַשָּׂרִים וְכׇל־הָעָם אֲשֶׁר־בָּאוּ בַבְּרִית לְשַׁלַּח אִישׁ אֶת־עַבְדּוֹ וְאִישׁ אֶת־שִׁפְחָתוֹ חׇפְשִׁים לְבִלְתִּי עֲבׇד־בָּם עוֹד וַיִּשְׁמְעוּ וַיְשַׁלֵּחוּ׃ - Tous les ministres et tout le peuple qui étaient entrés dans l'alliance entendirent qu'il fallait renvoyer chacun son esclave et chacun sa servante libres, sans plus les asservir ; ils obéirent et les renvoyèrent.

Le Malbim explique cette double mention de l'écoute : la première écoute correspond à leur démarche de conclure l'alliance et d'en accepter le principe ; la seconde écoute signifie qu'ils l'appliquèrent concrètement, tant pour le passé, en cessant d'asservir les esclaves qu'ils possédaient, que pour l'avenir, en ne s'asservissant plus personne et en n'achetant plus d'autres esclaves. C'est alors qu'en effet, « ils les renvoyèrent ».

Le revirement : « Mais ils se ravisèrent ensuite »
וַיָּשׁוּבוּ אַחֲרֵי־כֵן וַיָּשִׁבוּ אֶת־הָעֲבָדִים וְאֶת־הַשְּׁפָחוֹת אֲשֶׁר שִׁלְּחוּ חׇפְשִׁים וַיִּכְבְּשׁוּם לַעֲבָדִים וּלְשִׁפְחוֹת׃ - Mais ils revinrent ensuite sur leur décision, reprirent les esclaves et les servantes qu'ils avaient affranchis, et les réduisirent de nouveau en esclaves et en servantes.

Par la suite, ils regrettèrent leur geste. Un homme se lève le matin et a besoin de quelqu'un pour lui préparer l'eau de la Netilat Yadaïm, pour repasser ses vêtements, pour travailler dans son champ. Or, embaucher des ouvriers coûte très cher. Il se dit : quel insensé j'ai été de renvoyer mon esclave, alors que j'avais quelqu'un pour accomplir toutes ces tâches ! Que firent-ils ? Ils revinrent sur leur parole et les asservirent de force comme esclaves et servantes. Le terme de « subjugation » (kivouch) signifie ici retenir sous sa coupe par la force, à l'image de l'expression rabbinique « celui qui retient le salaire de l'ouvrier » (hakovech sekhar sakhir), qui garde ce qui ne lui appartient pas et refuse de le donner. Ils les avaient déjà libérés, puis ils les reprirent de force, ce qui constitue une véritable forme de vol.

Le Malbim pose alors la question : quelle était la raison d'être d'une telle mesure précisément à ce moment-là ? La ville était assiégée, à la veille d'être conquise ; ce n'était pas le moment d'édicter des décrets, mais l'heure où chacun luttait pour sa survie. Le Malbim explique : à cette époque, nombre de personnes parmi les classes modestes devaient de l'argent aux riches, car les disparités sociales étaient considérables, et lorsque quelqu'un ne pouvait rembourser, on le réduisait en esclavage. À présent, sous le siège, Tsidkiyahu craignait vivement que ces personnes asservies n'aient le sentiment de n'avoir rien à perdre et ne prêtent main-forte aux envahisseurs venus conquérir Jérusalem, agissant comme une cinquième colonne qui se rallierait à l'ennemi pour briser le joug de ses maîtres.

Le Malbim rappelle qu'une telle situation s'est également produite chez les Romains dans l'Antiquité : en temps de guerre, ils furent contraints de proclamer l'affranchissement des esclaves pour dettes afin d'étouffer les révoltes, comme l'attestent les chroniques historiques. En effet, l'esclave se dit : je n'ai rien à perdre ; ici, je suis asservi et dans la souffrance, et si l'ennemi pénètre dans la ville, je serai libre ; bien plus, si je lui prête assistance, il m'accordera peut-être un poste ou un grade, ce qui sera incontestablement préférable à ma condition actuelle.

Mais en fin de compte, constatant qu'ils ne pouvaient se passer d'eux, ils les reprirent par la force. Le Malbim souligne qu'ils commirent une double faute : premièrement, vous avez prêté serment et conclu une alliance, et vous transgressez cette alliance et ce serment, ce qui est bien plus grave que le simple fait de prendre quelqu'un en esclavage. Deuxièmement, dès l'instant où vous l'avez libéré, vous avez en quelque sorte renoncé à la dette ; le réasservir constitue donc un vol pur et simple, un rapt d'êtres humains (guezel néfachot), l'une des interdictions formelles des Dix Commandements, « Tu ne voleras point », dont nos Sages ont enseigné qu'elle s'applique au vol de personnes.

Le réquisitoire : l'alliance du mont Sinaï
וַיְהִי דְבַר־יְהֹוָה אֶל־יִרְמְיָהוּ מֵאֵת יְהֹוָה לֵאמֹר׃ - La parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel, en ces termes :
כֹּה־אָמַר יְהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אָנֹכִי כָּרַתִּי בְרִית אֶת־אֲבוֹתֵיכֶם בְּיוֹם הוֹצִאִי אוֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים לֵאמֹר׃ - Ainsi parle l'Éternel, Dieu d'Israël : J'ai conclu une alliance avec vos pères, le jour où Je les ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclaves, en disant :

Ce qui a été mentionné plus haut, à savoir que la parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie, le verset en détaille à présent la teneur. Nos Sages expliquent : lorsque le Saint, béni soit-Il, fit sortir Israël d'Égypte, Il conclut avec eux une alliance stipulant qu'ils n'asserviraient point leurs frères, comme il est dit : « Car c'est à Moi que les enfants d'Israël sont serviteurs » ; ils sont Mes serviteurs, et non les esclaves d'esclaves, afin qu'aucun Juif n'ait le statut d'esclave.

מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים תְּשַׁלְּחוּ אִישׁ אֶת־אָחִיו הָעִבְרִי אֲשֶׁר־יִמָּכֵר לְךָ וַעֲבָדְךָ שֵׁשׁ שָׁנִים וְשִׁלַּחְתּוֹ חׇפְשִׁי מֵעִמָּךְ וְלֹא־שָׁמְעוּ אֲבוֹתֵיכֶם אֵלַי וְלֹא הִטּוּ אֶת־אׇזְנָם׃ - Au bout de sept ans, vous renverrez chacun votre frère hébreu qui se sera vendu à toi : il te servira six ans, puis tu le renverras libre de chez toi ; mais vos pères ne M'ont point écouté et n'ont point prêté l'oreille.

Une question se pose ici : au bout de combien d'années renvoie-t-on l'esclave ? Six ans, et dès la septième année, il est déjà libre. Dans ce cas, que signifie « au bout de sept ans » (mikets chéva chanim) ? Le Metsoudat David l'explique très simplement : une corde possède deux extrémités, et le début est lui aussi une extrémité. Il en va de même pour une période d'années : son commencement est un bout, et sa fin en est un autre. « Au bout de sept ans » signifie donc dès le commencement de la septième année, car le début est lui aussi appelé une extrémité.

Certes, le terme mikets s'emploie aussi pour désigner la fin, comme dans l'expression « au bout de deux années pleines » au sujet de Yossef. Mais le contexte lui-même en apporte la preuve : il est impossible qu'il s'agisse de la fin des sept années, puisque la Torah prescrit six ans. D'autant plus que le verset poursuit explicitement : « il te servira six ans », afin que nul ne vienne penser qu'il y ait la moindre contradiction entre la Torah et le livre de Jérémie. Six ans, c'est-à-dire jusqu'au début de la septième année. Le prophète vient donc leur dire : voici ce que J'ai ordonné dans la Torah, à savoir qu'il est interdit d'asservir un esclave hébreu pour une durée indéterminée ; il ne peut servir que six ans, après quoi il faut le libérer.

« Vous aviez fait ce qui est droit à Mes yeux »
וַתָּשֻׁבוּ אַתֶּם הַיּוֹם וַתַּעֲשׂוּ אֶת־הַיָּשָׁר בְּעֵינַי לִקְרֹא דְרוֹר אִישׁ לְרֵעֵהוּ וַתִּכְרְתוּ בְרִית לְפָנַי בַּבַּיִת אֲשֶׁר־נִקְרָא שְׁמִי עָלָיו׃ - Mais vous, vous vous étiez repentis aujourd'hui et vous aviez fait ce qui est droit à Mes yeux, en proclamant la liberté chacun pour son prochain, et vous aviez conclu une alliance devant Moi, dans la Maison sur laquelle Mon Nom est invoqué.

Il leur dit : vous vous étiez repentis et vous aviez fait ce qui est droit à Mes yeux en proclamant leur affranchissement. Bien plus encore : vous aviez fait davantage que ce que la Torah exigeait, car vous aviez proclamé leur libération avant même l'achèvement des six années, à un moment où il vous était encore permis de les maintenir en servitude. C'est pourquoi il est dit « ce qui est droit à Mes yeux », ce qui relève du lifnim michourat hadin (au-delà de la stricte exigence de la loi), non pas seulement ce à quoi vous étiez tenus, mais bien davantage. De plus, « vous aviez conclu une alliance », vous y aviez adjoint un serment, dans la Maison sur laquelle Mon Nom est invoqué.

וַתָּשֻׁבוּ וַתְּחַלְּלוּ אֶת־שְׁמִי וַתָּשִׁבוּ אִישׁ אֶת־עַבְדּוֹ וְאִישׁ אֶת־שִׁפְחָתוֹ אֲשֶׁר־שִׁלַּחְתֶּם חׇפְשִׁים לְנַפְשָׁם וַתִּכְבְּשׁוּ אֹתָם לִהְיוֹת לָכֶם לַעֲבָדִים וְלִשְׁפָחוֹת׃ - Puis vous avez fait volte-face et vous avez profané Mon Nom, et vous avez repris chacun son esclave et chacun sa servante, que vous aviez renvoyés libres à leur gré, et vous les avez asservis pour en faire vos esclaves et vos servantes.

Votre faute est double. Premièrement, « vous avez profané Mon Nom », car vous aviez prêté serment au Nom de l'Éternel et vous avez agi à l'opposé, et il n'y a pas de profanation du Nom divin ('hilloul Hachem) plus grave que celle-là. Deuxièmement, « vous avez repris chacun son esclave... et vous les avez asservis », ce qui constitue un véritable vol, un rapt d'êtres humains.

« Voici que Je proclame pour vous la liberté »
לָכֵן כֹּה־אָמַר יְהֹוָה אַתֶּם לֹא־שְׁמַעְתֶּם אֵלַי לִקְרֹא דְרוֹר אִישׁ לְאָחִיו וְאִישׁ לְרֵעֵהוּ הִנְנִי קֹרֵא לָכֶם דְּרוֹר נְאֻם־יְהֹוָה אֶל־הַחֶרֶב אֶל־הַדֶּבֶר וְאֶל־הָרָעָב וְנָתַתִּי אֶתְכֶם לְזַעֲוָה לְכֹל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ׃ - C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel : Vous ne M'avez pas obéi pour proclamer la liberté chacun pour son frère et chacun pour son prochain ; voici que Je proclame pour vous la liberté - oracle de l'Éternel - pour l'épée, pour la peste et pour la famine, et Je vous livrerai à l'effroi de tous les royaumes de la terre.

Vous ne proclamez pas la liberté pour les esclaves ? Je proclamerai la liberté pour les malheurs, afin qu'ils soient libres de venir vous frapper. Vous voulez être les maîtres d'esclaves ? Je ne suis pas disposé à être le Maître d'un tel peuple. Or, quand on a un maître, il veille sur vous ; et lorsqu'il n'y a plus de maître, tout se disperse. Par conséquent : Je ne suis plus votre Maître, et dès lors l'épée, la peste et la famine ont le champ libre, et elles feront de vous un objet d'effroi.

Et que signifie « za'avah » ? C'est une notion de mouvement, de la racine « za' » (s'agiter, trembler). Or, ici, c'est écrit « lizva'ah » (לזועה) mais on lit « leza'avah » (לזעווה), selon le même principe que l'on retrouve entre « keves » et « keshev » (agneau), entre « salmah » et « simlah » (vêtement), ou entre « qahal » et « lahaq » (assemblée), « maqhela » (chœur) et « lahaka » (groupe). C'est le même mot avec une inversion de lettres, et les deux formes sont exactes et adaptées au sujet. Lorsqu'on pénètre les profondeurs du Lachon Hakodech, on comprend pourquoi chaque lettre est écrite à sa place précise, mais ce sont là des secrets si profonds qu'ils ne nous sont pas tous accessibles, et il ne nous reste aujourd'hui que des miettes de la profondeur de la langue sainte.

Le serviteur d'Hachem est le seul homme libre

Le Malbim explique la profondeur de la chose : le serviteur d'Hachem est le seul homme véritablement libre. Comme le disait Rabbi Yéhouda Halévi : « Les esclaves du temps sont esclaves d'esclaves, mais le serviteur d'Hachem est le seul homme libre ». Celui qui est esclave de ses désirs est l'esclave d'esclaves : il passe sa vie à courir après des acquisitions, il lui faut acheter ceci, il lui faut posséder cela. En revanche, le serviteur d'Hachem n'est assujetti à rien de tout cela.

À quoi cela ressemble-t-il ? Un drogué vient vous voir et vous dit : sais-tu ce que procurent les drogues ? C'est extraordinaire. Vous lui répondez : Baroukh Hachem, je n'en ai pas besoin. Il rétorque : mais si tu en avais, tu serais tellement heureux, tu ne m'envies pas ? Pas du tout, merci bien, je renonce volontiers à ce « bonheur », à ce « plaisir ». Il s'avère donc que je suis libre et que tu es esclave. Tu as l'illusion d'être libre, tu planes, mais tu es esclave : peux-tu te passer de ta drogue ? Quand le besoin se fera sentir, tu seras prêt à suivre n'importe qui. Quant à moi, certes, je ne plane pas, mais je n'en ai aucun besoin et, Baroukh Hachem, je suis libre.

Et il ne s'agit pas des besoins élémentaires. L'homme a besoin d'un toit sur la tête, l'homme a besoin d'un morceau de pain. Mais celui qui exige absolument le dernier 4x4, qui doit payer l'assurance et le carburant, et qui se trouve contraint d'accumuler les heures supplémentaires, devient esclave de toutes ces choses. Lorsqu'on court après le superflu en s'imaginant qu'on ne peut s'en passer, on est asservi. Et celui qui n'en a pas besoin se trouve dans une bien meilleure situation. C'est là la dimension du serviteur d'Hachem : il est affranchi de toutes les convoitises de ce monde. Mais dès que l'on sort du domaine d'Hachem, c'est là que l'on s'empêtre, et toutes les affaires matérielles prennent le pouvoir sur nous. C'est ce que dit le verset : Je proclame la liberté pour l'épée, la peste et la famine, car dès l'instant où vous quittez la protection d'Hachem, vous vous retrouvez exposé à tous les fléaux du monde.

« Le veau qu'ils avaient coupé en deux »
וְנָתַתִּי אֶת־הָאֲנָשִׁים הָעֹבְרִים אֶת־בְּרִתִי אֲשֶׁר לֹא־הֵקִימוּ אֶת־דִּבְרֵי הַבְּרִית אֲשֶׁר כָּרְתוּ לְפָנָי הָעֵגֶל אֲשֶׁר כָּרְתוּ לִשְׁנַיִם וַיַּעַבְרוּ בֵּין בְּתָרָיו׃ - Et Je livrerai les hommes qui ont transgressé Mon alliance, qui n'ont pas respecté les termes du pacte qu'ils avaient conclu devant Moi, le veau qu'ils avaient fendu en deux et entre les morceaux duquel ils étaient passés.

Rachi explique qu'il ne leur a pas suffi de transgresser leur alliance : ils ont fendu un veau en deux et sont passés entre ses moitiés afin de se rebeller contre Lui. Et cela est stupéfiant : non content d'avoir violé la première alliance, voilà qu'on conclut un nouveau pacte pour officialiser la transgression elle-même !

C'est ainsi que l'on scellait une alliance, à la manière d'un contrat : on abattait un veau ou un oiseau, comme nous le voyons chez Avraham Avinou, on le coupait en deux et l'on passait entre les morceaux - d'où le nom de « Brit beyn Habetarim » (l'Alliance entre les morceaux). Et ici : « Le veau qu'ils avaient coupé en deux et entre les morceaux duquel ils avaient passé », ils ont conclu une nouvelle alliance pour enfreindre la parole d'Hachem et asservir à nouveau les esclaves. Or, le passage entre les morceaux n'était pas seulement symbolique : c'était l'équivalent d'une signature de contrat aujourd'hui. Nul ne peut prétendre « je n'ai signé que de manière symbolique » ; la signature d'un contrat est un acte contraignant. De même à leur époque, le fait de sceller cette alliance constituait un engagement formel et irrévocable.

Mais le Malbim propose une autre explication : il ne s'agit pas ici d'une nouvelle alliance conclue pour braver l'ordre divin, mais plutôt de deux reproches distincts que le Saint, béni soit-Il, leur adresse. « Ceux qui ont transgressé Mon alliance » fait référence à la Torah, comme il est dit : « Si Mon alliance ne subsistait jour et nuit, Je n'aurais pas fixé les lois du ciel et de la terre » ; or, la Torah interdit déjà de maintenir un homme en esclavage au-delà de six ans, et c'est ce commandement que vous avez enfreint. Quant à « qui n'ont pas respecté les termes de l'alliance qu'ils avaient conclue devant Moi », cela renvoie au pacte que vous avez vous-mêmes scellé pour libérer les serviteurs et les servantes, pacte que vous avez également rompu.

שָׂרֵי יְהוּדָה וְשָׂרֵי יְרוּשָׁלַ͏ִם הַסָּרִסִים וְהַכֹּהֲנִים וְכֹל עַם הָאָרֶץ הָעֹבְרִים בֵּין בִּתְרֵי הָעֵגֶל׃ - Les ministres de Juda et les ministres de Jérusalem, les hauts fonctionnaires, les prêtres et tout le peuple du pays, qui sont passés entre les morceaux du veau.
וְנָתַתִּי אוֹתָם בְּיַד אֹיְבֵיהֶם וּבְיַד מְבַקְשֵׁי נַפְשָׁם וְהָיְתָה נִבְלָתָם לְמַאֲכָל לְעוֹף הַשָּׁמַיִם וּלְבֶהֱמַת הָאָרֶץ׃ - Je les livrerai aux mains de leurs ennemis et aux mains de ceux qui en veulent à leur vie, et leur cadavre servira de pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.

Tous ceux-là sont passés entre les morceaux du veau, c'est-à-dire qu'ils ont été parties prenantes de cette alliance. Et pourquoi leur cadavre sera-t-il la pâture des oiseaux du ciel ? Mesure pour mesure : pour avoir passé entre les morceaux de la dépouille du veau, leur propre dépouille deviendra la pâture des oiseaux du ciel. Le Malbim précise : « Je les livrerai aux mains de leurs ennemis » correspond à leur transgression de l'alliance de la Torah, et « leur cadavre servira de pâture » correspond à la violation de l'alliance qu'ils avaient eux-mêmes conclue en passant entre les morceaux du veau.

Tsidkiyahou est lui aussi puni
וְאֶת־צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ־יְהוּדָה וְאֶת־שָׂרָיו אֶתֵּן בְּיַד אֹיְבֵיהֶם וּבְיַד מְבַקְשֵׁי נַפְשָׁם וּבְיַד חֵיל מֶלֶךְ בָּבֶל הָעֹלִים מֵעֲלֵיכֶם׃ - Et Tsidkiyahou, roi de Juda, ainsi que ses ministres, je les livrerai aux mains de leurs ennemis, aux mains de ceux qui en veulent à leur vie, et aux mains de l'armée du roi de Babylone, qui s'est retirée de vous.

« Aux mains de leurs ennemis et aux mains de ceux qui en veulent à leur vie » fait référence à Nevoukhadnetsar. A priori, on pourrait s'en étonner : Tsidkiyahou lui-même était intègre et avait agi de manière exemplaire en cette circonstance, car c'est lui qui avait pris l'initiative de cette alliance salutaire ; loin d'encourager l'esclavage, il s'y était au contraire opposé. Pourquoi donc devait-il être puni ? Le Malbim explique : il avait le pouvoir de protester et il ne l'a pas fait, or quiconque a le pouvoir de protester et s'en abstient est tenu pour responsable de la faute de sa génération. C'est pour cela que Tsidkiyahou a été puni.

Et que signifie « qui montent loin de vous » (ha'olim mé'aléikhem), alors qu'il aurait fallu dire « qui montent contre vous » (ha'olim 'aléikhem) ? « Qui montent loin de vous » signifie qu'ils lèvent le siège et s'éloignent de vous. Rachi confirme : c'est exact, car lorsque le roi d'Égypte vint les affronter, les Chaldéens quittèrent Jérusalem pour combattre l'armée de Pharaon ; à cet instant précis, ils s'étaient bel et bien retirés d'eux. Ils reviendront par la suite, mais sur le moment, ils s'étaient retirés.

הִנְנִי מְצַוֶּה נְאֻם־יְהֹוָה וַהֲשִׁבֹתִים אֶל־הָעִיר הַזֹּאת וְנִלְחֲמוּ עָלֶיהָ וּלְכָדוּהָ וּשְׂרָפֻהָ בָאֵשׁ וְאֶת־עָרֵי יְהוּדָה אֶתֵּן שְׁמָמָה מֵאֵין יוֹשֵׁב׃ - Voici que je donne des ordres, parole de l'Éternel, et je les ramènerai vers cette ville ; ils l'attaqueront, la prendront et la brûleront par le feu, et je réduirai les villes de Juda en une désolation sans aucun habitant.

Il leur déclare : même s'ils s'éloignent de vous en ce moment, ne vous bercez pas d'illusions. L'armée de Pharaon rentrera dans son pays, et les Chaldéens reviendront fondre sur vous, vous combattront, prendront et brûleront la ville, et les villes de Juda seront réduites en une désolation sans aucun habitant.

En conclusion :

Le chapitre s'ouvre sur une prophétie personnelle adressée à Tsidkiyahou : la ville sera incendiée, il sera capturé et conduit à Babylone ; il verra les yeux du roi de Babylone mais ne verra pas Babylone elle-même, et pourtant il mourra dans la paix et aura droit à des éloges funèbres ainsi qu'au rite des parfums funéraires réservé aux rois qui l'ont précédé, car c'était un roi juste, et c'est la faute de sa génération qui a scellé son destin. Vient ensuite l'épisode de l'alliance de l'affranchissement (deror) : Tsidkiyahou et tout le peuple avaient conclu une alliance pour libérer les serviteurs hébreux, allant même au-delà de la stricte lettre de la loi en les affranchissant avant l'issue des six années, mais ils sont aussitôt revenus sur leur décision et les ont asservis de force. Ils ont ainsi commis une double faute : une profanation du Nom divin (Hilloul Hachem) par le parjure, et une spoliation de vies humaines par ce réasservissement. Mesure pour mesure : vous n'avez pas proclamé la liberté pour vos frères, je proclame la liberté pour le glaive, la peste et la famine. Car seul le serviteur de Dieu est véritablement libre, et dès qu'un homme s'affranchit du joug de son Maître céleste, tous les fléaux du monde peuvent régner sur lui.