Introduction : La prophétie de Jérémie dans le parvis de la Maison de Hachem et son procès
Le chapitre 26 du livre de Jérémie décrit l'un des moments les plus dramatiques de la vie du prophète : Jérémie est envoyé se tenir dans le parvis de la Maison de Hachem pour faire entendre à tous ceux qui viennent s'y prosterner une prophétie de malheur, et à la suite de ses paroles, il est arrêté et jugé pour sa vie. Tout ce chapitre relate la lutte entre ceux qui estiment qu'il doit être mis à mort selon la loi, ceux qui veulent le tuer simplement parce que ses propos heurtent leurs oreilles, et ceux qui se sont dressés sur la brèche pour le sauver. Le Malbim commente ce chapitre avec une méthode remarquable, résolvant ainsi une série de difficultés majeures.
בְּרֵאשִׁית מַמְלְכוּת יְהוֹיָקִים בֶּן־יֹאשִׁיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה הָיָה הַדָּבָר הַזֶּה מֵאֵת יְהֹוָה לֵאמֹר׃ - Au commencement du règne de Yehoyakim, fils de Yoshiyahou, roi de Juda, cette parole vint de la part de Hachem, en ces termes :
Rachi fait ici une remarque essentielle concernant la chronologie : « Au commencement du règne de Yehoyakim » - cette section précède celle du chapitre précédent de quatre ans. En d'autres termes, il ne s'agit pas d'une suite chronologique de ce que nous avons lu au chapitre précédent, mais d'un retour en arrière dans le temps.
La mission : « Ne retranche pas un mot »
כֹּה אָמַר יְהֹוָה עֲמֹד בַּחֲצַר בֵּית־יְהֹוָה וְדִבַּרְתָּ עַל־כׇּל־עָרֵי יְהוּדָה הַבָּאִים לְהִשְׁתַּחֲוֺת בֵּית־יְהֹוָה אֵת כׇּל־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לְדַבֵּר אֲלֵיהֶם אַל־תִּגְרַע דָּבָר׃ - Ainsi a parlé Hachem : Tiens-toi dans le parvis de la Maison de Hachem, et dis à toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans la Maison de Hachem toutes les paroles que Je t'ai ordonné de leur dire ; n'en retranche pas un mot.
Le Saint, béni soit-Il, ordonne à Jérémie de se tenir dans le parvis de la Maison de Hachem, à l'endroit où le peuple se rassemblait, et de s'adresser à toute l'assemblée venue des villes de Juda pour servir Hachem au Temple. « Toutes les paroles que Je t'ai ordonné » - ce sont les prophéties de châtiment, les prophéties par lesquelles il les appelle à faire téchouva. Et qu'il ne retranche rien, mais qu'il transmette l'intégralité du message mot à mot.
אוּלַי יִשְׁמְעוּ וְיָשֻׁבוּ אִישׁ מִדַּרְכּוֹ הָרָעָה וְנִחַמְתִּי אֶל־הָרָעָה אֲשֶׁר אָנֹכִי חֹשֵׁב לַעֲשׂוֹת לָהֶם מִפְּנֵי רֹעַ מַעַלְלֵיהֶם׃ - Peut-être écouteront-ils et reviendront-ils chacun de sa mauvaise voie ; alors Je renoncerai au mal que Je projette de leur faire à cause de la perversité de leurs agissements.
C'est ici que réside toute la finalité de la prophétie : « Peut-être écouteront-ils et reviendront-ils chacun de sa mauvaise voie ». Le mal que Je projette de leur faire résulte de la méchanceté de leurs actes, et s'ils se ravisent et se détournent de leurs mauvaises actions - dit le Saint, béni soit-Il - Je renoncerai Moi aussi au malheur prévu, et ce fléau ne les atteindra nullement.
La condition : Torah et prophètes
וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כֹּה אָמַר יְהֹוָה אִם־לֹא תִשְׁמְעוּ אֵלַי לָלֶכֶת בְּתוֹרָתִי אֲשֶׁר נָתַתִּי לִפְנֵיכֶם׃ לִשְׁמֹעַ עַל־דִּבְרֵי עֲבָדַי הַנְּבִאִים אֲשֶׁר אָנֹכִי שֹׁלֵחַ אֲלֵיכֶם וְהַשְׁכֵּם וְשָׁלֹחַ וְלֹא שְׁמַעְתֶּם׃ - Et tu leur diras : Ainsi a parlé Hachem : Si vous ne M'écoutez pas pour suivre Ma Torah que J'ai placée devant vous, pour écouter les paroles de Mes serviteurs les prophètes que Je vous envoie, vous les envoyant sans relâche, mais vous n'avez pas écouté.
La condition est double : qu'ils obéissent aux paroles de la Torah et qu'ils écoutent les paroles des prophètes. « Pour écouter les paroles de Mes serviteurs les prophètes » équivaut à dire « et pour écouter » - tout est prononcé dans un même souffle : marcher selon Ma Torah et écouter les prophètes que Je vous ai envoyés inlassablement, c'est-à-dire sans cesse renouvelés, et malgré tout, vous n'avez point écouté. Si vous persistez néanmoins dans cette voie corrompue, votre châtiment est déjà prêt devant vous.
וְנָתַתִּי אֶת־הַבַּיִת הַזֶּה כְּשִׁלֹה וְאֶת־הָעִיר הַזֹּאת אֶתֵּן לִקְלָלָה לְכֹל גּוֹיֵי הָאָרֶץ׃ - Alors je rendrai cette Maison semblable à Chilo, et cette ville, j'en ferai une malédiction pour toutes les nations de la terre.
« Semblable à Chilo » - Chilo fut prise par les Philistins lors de la guerre, et le Michkan de Chilo fut alors détruit ; il en sera de même pour cette Maison. Et que signifie « j'en ferai une malédiction pour toutes les nations de la terre » ? Lorsque les nations de la terre voudront maudire une ville, elles diront : « Puisse ta ville devenir comme Jérusalem ! » Cette ville deviendra une formule proverbiale de malédiction sur toutes les lèvres. Cette expression se retrouve dans de nombreux autres contextes, y compris à propos d'individus, où un tel devient un exemple de malédiction dont tous les peuples s'inspirent pour maudire. C'est l'exact opposé de « Par toi Israël bénira » - lorsqu'on voudra bénir, on dira : « Que Dieu te rende semblable à Éphraïm et à Manassé », et lorsqu'on voudra maudire, on mentionnera le nom des faux prophètes et de leurs semblables. En d'autres termes, il s'agit d'un malheur si immense, ou d'une chose ayant acquis une si sinistre renommée, que quiconque souhaite exprimer un malheur y fait référence.
L'arrestation de Yirmiyahou : « Tu mourras certainement »
וַיִּשְׁמְעוּ הַכֹּהֲנִים וְהַנְּבִאִים וְכׇל־הָעָם אֶת־יִרְמְיָהוּ מְדַבֵּר אֶת־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה בְּבֵית יְהֹוָה׃ - Les prêtres, les prophètes et tout le peuple entendirent Yirmiyahou prononcer ces paroles dans la Maison de l'Éternel.
Les prêtres désignent ici les prêtres de Baal, et les prophètes sont les faux prophètes. Ils entendent Yirmiyahou prononcer ces paroles dans la Maison de l'Éternel, et ces propos provoquent une réaction immédiate.
וַיְהִי כְּכַלּוֹת יִרְמְיָהוּ לְדַבֵּר אֵת כׇּל־אֲשֶׁר־צִוָּה יְהֹוָה לְדַבֵּר אֶל־כׇּל־הָעָם וַיִּתְפְּשׂוּ אֹתוֹ הַכֹּהֲנִים וְהַנְּבִיאִים וְכׇל־הָעָם לֵאמֹר מוֹת תָּמוּת׃ - Et il advint, lorsque Yirmiyahou eut achevé de dire tout ce que l'Éternel lui avait ordonné de dire à tout le peuple, que les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui, en disant : Tu mourras certainement !
Dès qu'il eut achevé ses paroles, ils se saisirent fermement de lui et lui dirent : nous allons te faire mourir.
Les interrogations du Malbim sur le chapitre
Le Malbim soulève ici une série de questions, et bien qu'il soit difficile de les appréhender pleinement avant d'avoir parcouru l'ensemble du chapitre, nous allons les évoquer brièvement, et elles s'éclaireront d'elles-mêmes par la suite : au départ, il est écrit que tout le peuple s'écrie « Tu mourras certainement » et s'attroupe contre lui, puis ces mêmes personnes affirment ensuite : « Cet homme ne mérite pas la mort » - alors, désirez-vous le mettre à mort ou n'est-il pas passible de mort ? De plus : au début, le peuple s'est saisi de lui pour le tuer, puis, une fois les ministres arrivés, le peuple s'érige en juge aux côtés des ministres, comme il est dit : « Les prêtres et les prophètes s'adressèrent aux ministres et à tout le peuple ». En outre : après que les ministres et le peuple ont déjà statué qu'il n'est pas passible de mort, pourquoi l'intervention des anciens du pays est-elle encore nécessaire ? De surcroît : les anciens rapportent l'histoire de Mikha de Moréchet après que Yirmiyahou a déjà été acquitté, et juste après est mentionné le récit d'Ouriya qui fut mis à mort - comment peut-on citer un précédent qui contredit le propos précédent ? Enfin : le chapitre s'achève par « l'appui d'Ahikam, fils de Chafan, fut accordé à Yirmiyahou, afin de ne pas le livrer aux mains du peuple pour le mettre à mort », ce qui implique que le peuple voulait bel et bien le tuer, alors qu'il a été dit plus tôt que le peuple avait intercédé en sa faveur.
Deux mobiles distincts pour une même exigence
Le Malbim explique : « Les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui » - au début, le peuple s'associa effectivement aux prêtres dans le dessein de mettre à mort Yirmiyahou, mais leurs intentions et leurs motivations étaient radicalement différentes. Le peuple ne considérait pas Yirmiyahou comme un faux prophète ; il savait pertinemment que Yirmiyahou prophétisait la vérité, mais ces paroles lui déplaisaient. Par conséquent, selon la stricte loi, il n'était pas passible de mort en tant que faux prophète, puisque ses paroles étaient reconnues comme véridiques. Malgré tout, ils estimaient qu'il fallait le tuer, car Yirmiyahou représentait pour l'heure une nuisance et un préjudice pour eux : il se tient là et profère des paroles dures, des propos désagréables, et ils refusent de les entendre. Ce n'était pas selon la loi et la halakha, mais pour éliminer celui qui leur tenait un discours heurtant leurs oreilles.
מַדּוּעַ נִבֵּיתָ בְשֵׁם־יְהֹוָה לֵאמֹר כְּשִׁלוֹ יִהְיֶה הַבַּיִת הַזֶּה וְהָעִיר הַזֹּאת תֶּחֱרַב מֵאֵין יוֹשֵׁב וַיִּקָּהֵל כׇּל־הָעָם אֶל־יִרְמְיָהוּ בְּבֵית יְהֹוָה׃ - Pourquoi as-tu prophétisé au nom de l'Éternel, en disant : Cette Maison sera comme Chilo, et cette ville sera dévastée, privée d'habitants ? Et tout le peuple s'attroupa auprès de Yirmiyahou dans la Maison de l'Éternel.
Remarquez la formulation : « Pourquoi as-tu prophétisé au nom de l'Éternel ». Il ne s'agit pas ici de prétendre que la prophétie est fausse et qu'Hachem ne l'a pas prononcée ; l'argument est que, bien que la prophétie soit vraie, tu ne dois pas prophétiser contre notre volonté. Nous ne voulons pas d'une telle prophétie, fût-elle de la part d'Hachem.
Les princes viennent pour juger
וַיִּשְׁמְעוּ שָׂרֵי יְהוּדָה אֵת הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה וַיַּעֲלוּ מִבֵּית־הַמֶּלֶךְ בֵּית יְהֹוָה וַיֵּשְׁבוּ בְּפֶתַח שַׁעַר־יְהֹוָה הֶחָדָשׁ׃ - Les princes de Juda entendirent ces paroles, montèrent du palais royal à la Maison de l'Éternel, et s'assirent à l'entrée de la porte neuve de l'Éternel.
Les princes de Juda sont les gouvernants, et ce sont eux qui doivent déterminer si une peine de mort s'impose selon la loi. Les princes n'ont pas la faculté d'exécuter sans fondement juridique. Le peuple considère peut-être qu'il constitue une menace et désire le tuer, mais les magistrats appelés à prononcer une peine de mort ont besoin de documents, d'éléments probants et de preuves juridiques : ils ont besoin d'un procès et d'un jugement. C'est pourquoi, précisément à ce moment, le peuple fait un pas en arrière : puisqu'ils croient que Yirmiyahou est un véritable prophète, ils savent qu'aucune loi ne permet de l'exécuter. Un vrai prophète n'est pas passible de mort ; seul un faux prophète est passible d'exécution. Dès lors, le peuple ne s'exprime pas ici, car selon sa perspective, il n'existe aucun motif juridique pour mettre à mort Yirmiyahou.
Qu'est-ce que « la porte neuve de l'Éternel » ? Dans Rachi, il est rapporté au nom de « d'autres correcteurs » - c'est-à-dire qu'il existe des gloses dans Rachi qui ne proviennent pas de Rachi lui-même mais d'ajouts insérés au fil des siècles, comme en plusieurs autres endroits - que lorsque Yehoyakhine fut exilé avec une partie des ustensiles du Temple, les soldats de Nevoukhadnetsar brisèrent la porte orientale, et Tsidkiyahou la reconstruisit ; c'est pourquoi elle fut appelée « la porte neuve de l'Éternel », la porte que Tsidkiyahou avait rénovée. Le Radak explique également que la porte neuve de l'Éternel est la porte orientale, conformément au Targoum (« médine'haah »), et explique d'après nos Sages qu'elle était appelée « neuve » parce que c'est là que les Scribes innovèrent dans la Halakha - c'est-à-dire que le qualificatif « neuve » ne s'applique pas à la porte elle-même, mais aux décrets et enseignements halakhiques innovants qui y furent proclamés. Il cite aussi la seconde explication, selon laquelle la porte elle-même avait été rénovée, conformément à la glose d'« autres » citée dans Rachi.
L'argument des Kohanim et des faux prophètes
וַיֹּאמְרוּ הַכֹּהֲנִים וְהַנְּבִאִים אֶל־הַשָּׂרִים וְאֶל־כׇּל־הָעָם לֵאמֹר מִשְׁפַּט־מָוֶת לָאִישׁ הַזֶּה כִּי נִבָּא אֶל־הָעִיר הַזֹּאת כַּאֲשֶׁר שְׁמַעְתֶּם בְּאׇזְנֵיכֶם׃ - Les Kohanim et les prophètes parlèrent ainsi aux princes et à tout le peuple : Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville, comme vous l'avez entendu de vos propres oreilles !
Les Kohanim et les prophètes, comme nous l'avons expliqué, ne croyaient pas du tout à cette prophétie ; ils étaient convaincus que Yirmiyahou mentait et inventait ces paroles de toutes pièces. C'est pourquoi, lorsque les princes viennent siéger pour juger, ils soutiennent qu'au regard de la loi, il mérite la mort, car il existe un statut juridique de faux prophète, et sa sentence est la peine capitale. En revanche, le peuple garde le silence, car il considère Yirmiyahou comme un véritable prophète et sait qu'il n'y a pas lieu de le condamner comme faux prophète.
Et qui sont ces prophètes ? Les faux prophètes. Il leur déplaisait au plus haut point qu'un prophète de vérité se lève et dise les choses sans détour ni fard. Les faux prophètes, comme nous l'avons rappelé à plusieurs reprises, aimaient flatter le peuple, lui tenir des discours rassurants, l'encourager à croire qu'il resterait sur sa terre, qu'il n'y aurait ni exil ni tourments, et que le Temple ne serait pas détruit. Et voilà qu'arrive un individu qui gâche toute la fête. C'est toujours ainsi : les « religieux » aiment gâcher la fête, parler des guerres de Gog et Magog et de calamités. Et pourquoi ? Tout semblait pourtant si beau, nous avions enfin réussi à convaincre le peuple, et soudain celui-ci vient tout détruire ! C'est pourquoi ils demandent qu'on le mette à mort en tant que faux prophète, prétendant que ce sont eux, les vrais prophètes. Telle est la différence entre eux et le peuple : le peuple voulait le tuer parce que ses propos le dérangeaient, tandis qu'eux prétendent qu'il faut l'exécuter en vertu de la loi. Il apparaît donc, souligne le Malbim, que sur ce point les Kohanim et les prophètes n'étaient pas d'accord avec le peuple, car le peuple n'estimait pas qu'il fût passible de mort selon la loi ; néanmoins, les deux camps s'accordaient sur la nécessité de l'éliminer, chacun pour ses propres motifs.
La réponse de Yirmiyahou aux deux partis
וַיֹּאמֶר יִרְמְיָהוּ אֶל־כׇּל־הַשָּׂרִים וְאֶל־כׇּל־הָעָם לֵאמֹר יְהֹוָה שְׁלָחַנִי לְהִנָּבֵא אֶל־הַבַּיִת הַזֶּה וְאֶל־הָעִיר הַזֹּאת אֵת כׇּל־הַדְּבָרִים אֲשֶׁר שְׁמַעְתֶּם׃ - Yirmiyahou dit à tous les princes et à tout le peuple : C'est l'Éternel qui m'a envoyé pour prophétiser contre cette Maison et contre cette ville toutes les paroles que vous avez entendues.
Yirmiyahou leur dit : Je n'ai pas inventé ces propos de mon propre chef. Et c'est ici qu'il répond aux deux camps simultanément. À ceux qui demandent sa mise à mort selon la loi, il réplique : Sachez que je ne suis pas un faux prophète. La Torah ordonne certes de mettre à mort le faux prophète, mais ma prophétie est vérité, c'est l'Éternel qui m'a envoyé prophétiser sur cette Maison.
וְעַתָּה הֵיטִיבוּ דַרְכֵיכֶם וּמַעַלְלֵיכֶם וְשִׁמְעוּ בְּקוֹל יְהֹוָה אֱלֹהֵיכֶם וְיִנָּחֵם יְהֹוָה אֶל־הָרָעָה אֲשֶׁר דִּבֶּר עֲלֵיכֶם׃ - Et maintenant, améliorez vos voies et vos actes, et écoutez la voix de l'Éternel votre Dieu, et l'Éternel renoncera au malheur qu'Il a prononcé contre vous.
Telle est sa réponse au peuple qui cherche à le mettre à mort uniquement pour écarter ce désagrément : le malheur imminent vous déplaît ? Si tel est le cas, il existe un moyen très simple de l'écarter. En me tuant, vous n'écarterez nullement le mal ; tout au plus éteindrez-vous le voyant d'alarme qui clignote pour annoncer que le moteur de la voiture est sur le point de brûler. Vous n'avez sauvé par là ni la voiture ni le moteur ; vous vous êtes seulement assurés que personne ne vienne vous déranger, mais la catastrophe, elle, finira par arriver. La véritable façon de réparer consiste à « améliorer vos voies et vos actes ». Bien au contraire, la mission pour laquelle j'ai été envoyé auprès de vous n'a pas pour but de vous annoncer des choses dures et désagréables, mais de vous corriger, afin que tout aille bien pour vous par la suite. Ma prophétie n'est pas un préjudice, ma prophétie est un bienfait.
וַאֲנִי הִנְנִי בְיֶדְכֶם עֲשׂוּ־לִי כַּטּוֹב וְכַיָּשָׁר בְּעֵינֵיכֶם׃ - Quant à moi, me voici entre vos mains : faites de moi ce qui vous semblera bon et droit.
Que signifie cette redondance, « bon et droit » ? Elle s'adresse aux deux partis en présence : pour ceux qui soutiennent que je mérite la peine de mort, c'est ce qui est « bon à vos yeux » - vous êtes persuadés d'accomplir une bonne action, puisque la Torah ordonne d'exécuter le faux prophète. Et face à eux, le peuple qui ne cherche à me tuer que parce que mes propos heurtent leurs oreilles : ce n'est nullement bon, mais c'est tout au moins « droit à vos yeux », c'est-à-dire ce que vous désirez et ce qui vous agrée, pour qu'il n'y ait personne pour vous tenir des discours dérangeants.
אַךְ יָדֹעַ תֵּדְעוּ כִּי אִם־מְמִתִים אַתֶּם אֹתִי כִּי־דָם נָקִי אַתֶּם נֹתְנִים עֲלֵיכֶם וְאֶל־הָעִיר הַזֹּאת וְאֶל־יֹשְׁבֶיהָ כִּי בֶאֱמֶת שְׁלָחַנִי יְהֹוָה עֲלֵיכֶם לְדַבֵּר בְּאׇזְנֵיכֶם אֵת כׇּל־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה׃ - Mais sachez-le bien : si vous me mettez à mort, c'est du sang innocent que vous ferez retomber sur vous-mêmes, sur cette ville et sur ses habitants, car en vérité, l'Éternel m'a envoyé vers vous pour faire entendre à vos oreilles toutes ces paroles.
Yirmiyahou leur dit : si vous pensez écarter le danger de cette manière, vous faites fausse route. Non seulement vous n'écarterez rien, mais vous ferez retomber sur vous et sur cette ville du sang innocent, et vous ajouterez une nouvelle colère divine à celle qui pesait déjà sur vous. Car c'est bel et bien l'Éternel qui m'a envoyé pour proclamer toutes ces paroles à vos oreilles, et Sa colère s'enflammera parce que vous aurez tué Son prophète.
« Cet homme ne mérite pas la peine de mort »
וַיֹּאמְרוּ הַשָּׂרִים וְכׇל־הָעָם אֶל־הַכֹּהֲנִים וְאֶל־הַנְּבִיאִים אֵין־לָאִישׁ הַזֶּה מִשְׁפַּט־מָוֶת כִּי בְּשֵׁם יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ דִּבֶּר אֵלֵינוּ׃ - Les ministres et tout le peuple dirent aux Cohanim et aux prophètes : Cet homme ne mérite pas la peine de mort, car c'est au nom de l'Éternel, notre Dieu, qu'il nous a parlé.
La chose est étonnante, et c'est la question soulevée plus haut par le Malbim : nous avons vu précédemment que le peuple exigeait l'exécution du prophète, comment peuvent-ils subitement affirmer que « cet homme ne mérite pas la mort » ? L'explication du Malbim est tout à fait remarquable : le peuple n'a absolument pas changé d'avis. Ils ont toujours estimé qu'il n'y avait pas lieu d'appliquer une sentence juridique - au regard de la loi stricte, il n'est pas passible de mort ; c'est seulement que nous, le peuple, refusons de l'écouter, et c'est pour cette raison que nous voulions le faire disparaître. Or à présent, lorsqu'ils s'adressent aux Cohanim et aux faux prophètes qui prétendent qu'il relève d'une condamnation à mort, ils leur rétorquent : cet homme n'est pas passible de mort, car c'est au nom de l'Éternel notre Dieu qu'il nous a parlé, et un prophète qui s'est exprimé au nom de Dieu ne saurait être exécuté par un jugement du tribunal. Ils voulaient toujours l'éliminer parce qu'il les gênait, mais si vous, les ministres, venez rendre un verdict formel - sur le plan judiciaire, rien ne justifie de le condamner à mort.
Le témoignage des anciens : Mikha de Moréchet
וַיָּקֻמוּ אֲנָשִׁים מִזִּקְנֵי הָאָרֶץ וַיֹּאמְרוּ אֶל־כׇּל־קְהַל הָעָם לֵאמֹר׃ מִיכָה הַמּוֹרַשְׁתִּי הָיָה נִבָּא בִּימֵי חִזְקִיָּהוּ מֶלֶךְ־יְהוּדָה וַיֹּאמֶר אֶל־כׇּל־עַם יְהוּדָה לֵאמֹר כֹּה־אָמַר יְהֹוָה צְבָאוֹת צִיּוֹן שָׂדֶה תֵחָרֵשׁ וִירוּשָׁלַיִם עִיִּים תִּהְיֶה וְהַר הַבַּיִת לְבָמוֹת יָעַר׃ - Alors des hommes parmi les anciens du pays se levèrent et s'adressèrent à toute l'assemblée du peuple, en disant : Mikha de Moréchet prophétisait aux jours de Hizkiyahou, roi de Yehouda, et il disait à tout le peuple de Yehouda : Ainsi parle l'Éternel Tsévaot : Tsion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ruines, et la montagne du Temple, des hauteurs boisées.
Les anciens interviennent et disent au peuple : venez et constatez, rappelez-vous l'histoire. Mikha de Moréchet - originaire de la ville de Marécha, d'où ce nom de Morashti - a prophétisé à l'époque de Hizkiyahou exactement dans les mêmes termes, ces mêmes paroles que Yirmiyahou proclame aujourd'hui et qui écorchent nos oreilles. Et sa prophétie était d'une gravité absolue : « Tsion sera labourée comme un champ » - Jérusalem sera labourée tel un champ que l'on ensemence, ce qui signifie qu'il n'y subsistera aucun édifice ; « et Jérusalem deviendra un monceau de ruines » - des monticules de décombres ; « et la montagne du Temple, des hauteurs boisées » - le mont du Temple sera couvert d'amas de pierres, semblable aux éminences rocheuses que l'on trouve au milieu d'une forêt sauvage.
הֶהָמֵת הֱמִתֻהוּ חִזְקִיָּהוּ מֶלֶךְ־יְהוּדָה וְכׇל־יְהוּדָה הֲלֹא יָרֵא אֶת־יְהֹוָה וַיְחַל אֶת־פְּנֵי יְהֹוָה וַיִּנָּחֶם יְהֹוָה אֶל־הָרָעָה אֲשֶׁר־דִּבֶּר עֲלֵיהֶם וַאֲנַחְנוּ עֹשִׂים רָעָה גְדוֹלָה עַל־נַפְשׁוֹתֵינוּ׃ - Hizkiyahou, roi de Juda, et tout Juda l'ont-ils mis à mort ? N'a-t-il pas plutôt craint l'Éternel et imploré la grâce de l'Éternel, et l'Éternel est revenu sur le malheur qu'Il avait décrété contre eux ? Et nous, nous causerions un si grand malheur à nos propres âmes !
« L'ont-ils mis à mort ? » - ils ne l'ont nullement mis à mort ni ne lui ont fait le moindre mal. Et comment ont-ils écarté le malheur ? En implorant la face d'Hachem : « et il implora la grâce de l'Éternel, et l'Éternel revint sur le malheur ». Dès lors, quant à ce que nous pensons à présent, à savoir qu'en tuant le prophète nous serions délivrés de la calamité - c'est à ce propos que les anciens disent : « et nous, nous causerions un si grand malheur à nos propres âmes » : par un tel acte, nous attirerions sur nous un malheur encore plus terrible qu'auparavant.
L'épisode d'Ouriyahou ben Chemayahou
וְגַם־אִישׁ הָיָה מִתְנַבֵּא בְּשֵׁם יְהֹוָה אוּרִיָּהוּ בֶּן־שְׁמַעְיָהוּ מִקִּרְיַת הַיְּעָרִים וַיִּנָּבֵא עַל־הָעִיר הַזֹּאת וְעַל־הָאָרֶץ הַזֹּאת כְּכֹל דִּבְרֵי יִרְמְיָהוּ׃ - Il y eut aussi un homme qui prophétisait au nom de l'Éternel, Ouriyahou, fils de Chemayahou, de Kiryat-Yéarim ; il prophétisa contre cette ville et contre ce pays, exactement comme l'avait fait Yirmiyahou.
וַיִּשְׁמַע הַמֶּלֶךְ־יְהוֹיָקִים וְכׇל־גִּבּוֹרָיו וְכׇל־הַשָּׂרִים אֶת־דְּבָרָיו וַיְבַקֵּשׁ הַמֶּלֶךְ הֲמִיתוֹ וַיִּשְׁמַע אוּרִיָּהוּ וַיִּרָא וַיִּבְרַח וַיָּבֹא מִצְרָיִם׃ - Le roi Yehoyaqim, tous ses vaillants hommes et tous les ministres entendirent ses paroles, et le roi chercha à le faire mourir. Ouriyahou l'apprit, prit peur, s'enfuit et se rendit en Égypte.
וַיִּשְׁלַח הַמֶּלֶךְ יְהוֹיָקִים אֲנָשִׁים מִצְרָיִם אֵת אֶלְנָתָן בֶּן־עַכְבּוֹר וַאֲנָשִׁים אִתּוֹ אֶל־מִצְרָיִם׃ וַיּוֹצִיאוּ אֶת־אוּרִיָּהוּ מִמִּצְרַיִם וַיְבִאֻהוּ אֶל־הַמֶּלֶךְ יְהוֹיָקִים וַיַּכֵּהוּ בֶּחָרֶב וַיַּשְׁלֵךְ אֶת־נִבְלָתוֹ אֶל־קִבְרֵי בְּנֵי הָעָם׃ - Et le roi Yehoyaqim envoya des hommes en Égypte : Elnatan, fils d'Akhbor, et des hommes avec lui en Égypte. Ils firent sortir Ouriyahou d'Égypte et l'amenèrent au roi Yehoyaqim, qui le frappa de l'épée et jeta son cadavre dans les sépulcres du peuple.
Ici surgit la difficulté soulevée par le Malbim dans ses questions : comment est-il possible de rapporter deux récits successifs qui se contredisent l'un l'autre ? Dans le premier récit, on a soutenu : vois, le prophète a prophétisé de telles paroles et on ne lui a rien fait, le peuple a fait téchouva et a même été sauvé du malheur. Et aussitôt après, on rapporte un épisode similaire - le premier concernait Mikha de Moréchet, et le second Ouriyahou ben Chemayahou - qui a proclamé une prophétie sévère, a fui en Égypte, et finalement on l'a tué et l'on a jeté son cadavre dans les sépulcres du peuple. Est-ce là un simple survol historique ? Que cherche-t-on à affirmer : faut-il le mettre à mort ou ne le faut-il pas ? Au début, on apporte un récit dont la conclusion est qu'il ne faut pas tuer le prophète, et ensuite un récit où Yehoyaqim a bel et bien tué un prophète, ce qui sous-entendrait au contraire qu'il faut le tuer !
Deux résolutions : l'explication de nos Sages et le commentaire du Malbim
Rachi rapporte l'enseignement de nos Sages : celui qui a dit l'un n'a pas dit l'autre. La première partie correspond aux paroles des justes, car il s'agit des anciens du peuple, et parmi le peuple se trouvaient des anciens justes ainsi que des « zikné achmaï » - des vieillards dévoyés, des hommes qui, en vieillissant, perdent le sens de la sagesse et s'égarent. Ce sont les anciens sages qui ont affirmé qu'il ne fallait pas le tuer, constatant dans l'histoire que lorsqu'un prophète était venu prononcer de telles menaces, on avait fait téchouva et le malheur s'était dissipé. Face à eux se levèrent d'autres anciens, des anciens impies, qui rétorquèrent : voici qu'un homme a prononcé de sévères prophéties et on l'a mis à mort, Yirmiyahou aussi doit être exécuté ! C'est ainsi que l'enseigne le Sifré.
Le Malbim, quant à lui, explique que l'argument des anciens du peuple n'a pas suffi à sauver Yirmiyahou de la mort, car à cette même époque, Ouriyah prophétisait comme Yirmiyahou et lui aussi parlait au nom d'Hachem, et pourtant il fut exécuté par le roi. Selon le Malbim, le verset « Il y eut aussi un homme qui prophétisait au nom de l'Éternel, Ouriyahou, fils de Chemayahou » n'est nullement la suite des propos des anciens, mais les paroles du rédacteur du livre : les anciens avaient plaidé qu'il ne fallait pas le tuer, et le texte vient maintenant relater qu'à cette même période, un autre prophète avait prononcé des paroles sévères et fut mis à mort, ce qui alimenta l'agitation visant à exécuter également Yirmiyahou.
Et que l'on n'aille pas prétendre que l'acte fut commis sous le coup de l'impulsion et sans réflexion : Ouriyahou s'était en effet enfui en Égypte, et le roi envoya Elnatan ben Akhbor accompagné d'hommes en Égypte ; ils l'y recherchèrent, le ramenèrent d'Égypte et le livrèrent au roi Yehoyaqim, qui le frappa de l'épée. L'on constate donc qu'il y eut amplement le temps de peser la décision ; il ne s'agissait nullement d'un mouvement spontané de colère.
Et que l'on ne dise pas qu'on l'a mis à mort sur décision du Beth Din, sous prétexte qu'on le considérait comme un faux prophète : voyez en effet de quelle manière il fut tué : par le glaive. Or, la peine de mort applicable au faux prophète est l'étranglement ; pourquoi donc l'avoir exécuté par l'épée ? De plus, remarquez qu'il a jeté son cadavre dans les tombes du peuple, alors que pour quiconque est exécuté par le Beth Din, la halakha prescrit d'être inhumé dans un cimetière réservé aux condamnés du tribunal. Nos Sages ont d'ailleurs enseigné qu'il existait deux types de sépultures : des tombes pour ceux qui étaient décapités ou étranglés, et d'autres pour les lapidés ou les brûlés. Or, ici, il ne fut absolument pas enterré dans un tel cimetière. Il en ressort que son exécution ne fut point conforme à la loi et au droit, mais découla du bon vouloir tyrannique de Yehoyaqim, qui refusait d'entendre ses paroles. Et c'est précisément ce même sort qui menaçait Yirmiyahou, car il s'agissait de la même époque, et tout laissait craindre qu'on agisse envers lui de la même manière.
La main d'Ahikam fils de Chafan
אַךְ יַד אֲחִיקָם בֶּן־שָׁפָן הָיְתָה אֶת־יִרְמְיָהוּ לְבִלְתִּי תֵּת־אֹתוֹ בְיַד־הָעָם לַהֲמִיתוֹ׃ - Mais la main d'Ahikam, fils de Chafan, soutint Yirmeyahou, afin de ne pas le livrer aux mains du peuple pour le mettre à mort.
Qu'est-ce qui a finalement changé la donne et empêché que Yirmeyahou ne soit exécuté comme le fut Ouriyahou fils de Chemayahou ? C'est ce que nous apprend le verset : la main d'Ahikam fils de Chafan fut avec Yirmeyahou. C'est lui qui le sauva de la main du peuple, de la foule. Nous avons en effet déjà constaté que, d'après la loi, il n'était nullement passible de mort ; le seul risque restant était donc un lynchage, car le peuple refusait d'entendre de tels propos. Si Ahikam ne s'était pas dressé comme un rempart pour le protéger, le peuple, dans sa fureur, l'aurait tué - d'autant qu'il en avait déjà reçu la caution morale par Yehoyakim qui avait fait exécuter Ouriyahou fils de Chemayahou, de sorte qu'aucun frein ne le retenait. Or, le terme « main » évoque l'effort résolu, à l'image de l'expression « prêter la main » au sens de déployer toute son énergie : c'est l'engagement vigoureux d'Ahikam fils de Chafan, et la fermeté de son autorité qui l'emporta sur tous, qui sauva Yirmeyahou de la fureur populaire.
En conclusion :
Le chapitre s'ouvre sur l'ordre intimé à Yirmeyahou de se tenir dans le parvis de la Maison de Hachem et de transmettre au peuple l'intégralité des paroles de la prophétie sans rien en omettre, dans l'espoir que « peut-être écouteront-ils et reviendront-ils ». Pour avoir prononcé ces dures paroles - annonçant que le Temple deviendrait semblable à Chilo et la ville un objet de malédiction -, Yirmeyahou fut saisi et sa mise à mort fut réclamée. Le Malbim met en lumière les deux mobiles distincts qui sous-tendaient cette exigence : les cohanim et les faux prophètes réclamaient une « sentence de mort » selon les formes du droit, arguant qu'il s'agissait d'un faux prophète ; quant au peuple, convaincu qu'il était un authentique prophète, il cherchait simplement à le supprimer pour réduire au silence celui dont les paroles heurtaient ses oreilles. Yirmeyahou répondit aux deux camps : aux premiers - c'est en toute vérité que Hachem m'a envoyé ; aux seconds - amendez vos voies et éliminez le mal lui-même plutôt que son messager, car si vous me faites mourir, vous chargerez vos consciences d'un sang innocent. Dès que les ministres vinrent siéger, ils déclarèrent avec le peuple qu'il n'était pas passible de mort, tandis que les anciens du pays vinrent rappeler le souvenir de Mikha le Morachtite qui ne fut point exécuté, la techouva de Hizkiyahou ayant permis d'écarter le châtiment. Et même si, à cette époque précise, Ouriyahou fils de Chemayahou fut assassiné par Yehoyakim - en violation flagrante de toute justice, comme en témoignent l'usage de l'épée et la sépulture parmi les tombes du petit peuple -, Yirmeyahou échappa à la mort grâce à la courageuse intervention d'Ahikam fils de Chafan, qui s'interposa face à la fureur de la foule.