Introduction : la coupe du vin de fureur
Dans cette partie du chapitre, Yirmiyahou passe de la réprimande adressée au peuple de Yehouda à une prophétie globale sur toutes les nations. Le Saint, béni soit-Il, lui montre dans une vision prophétique une coupe de vin, et lui ordonne d'en abreuver tous les peuples. Cette coupe est la parabole du châtiment à venir, et l'ordre dans lequel ils la boivent correspond à l'ordre des catastrophes : d'abord Jérusalem, suivie de l'Égypte, des Philistins, d'Édom et de Moav, de Tyr et de Sidon, jusqu'aux confins de la terre - et enfin le roi de Babylone lui-même. Le chapitre s'achève sur la description de la destruction de la demeure paisible, de la perte de tout refuge pour les bergers et du retrait de la Présence divine qui quitte Sa résidence.
Prends cette coupe de vin de fureur
כִּי כֹה אָמַר יְהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֵלַי, קַח אֶת־כּוֹס הַיַּיִן הַחֵמָה הַזֹּאת מִיָּדִי, וְהִשְׁקִיתָה אֹתוֹ אֶת־כָּל־הַגּוֹיִם אֲשֶׁר אָנֹכִי שֹׁלֵחַ אוֹתְךָ אֲלֵיהֶם. - Car ainsi m'a parlé Hachem, D.ieu d'Israël : Prends de Ma main cette coupe de vin de fureur, et fais-en boire toutes les nations vers lesquelles Je t'envoie.
Cette coupe de vin de fureur représente la prophétie de châtiment transmise ici, comparée à une coupe de vin. Yirmiyahou reçoit l'ordre de la prendre de la main du Saint, béni soit-Il, et d'en abreuver toutes les nations, c'est-à-dire de leur prophétiser que leur fin est proche et que le malheur est à leurs portes. Le Radak explique que l'expression « vin de la fureur » fonctionne comme un état construit : un vin de courroux, à l'image de « l'acte de vente » ou « les gens de guerre ». Le vin vient exprimer la colère et la rétribution qu'Hachem réserve aux nations, afin de leur faire payer leurs actes.
Le Malbim ajoute qu'il s'agit d'une métaphore annonçant que des révoltes et de grands troubles éclateront également entre les nations elles-mêmes, selon le principe : « J'armerai l'Égypte contre l'Égypte ». Remarquons d'ailleurs qu'une situation où les nations sont en conflit les unes avec les autres est généralement favorable au peuple d'Israël. Lorsque les peuples sont en paix, ils ont tout le loisir de s'en prendre à nous. Mais lorsqu'ils sont absorbés jusqu'au cou par leurs propres querelles, nous avons du répit ; tout au plus un projectile s'égare-t-il de temps à autre. Et nous leur souhaitons que leurs guerres intestines se poursuivent, et que chaque camp triomphe de son adversaire, promptement et de nos jours, amen.
וְשָׁתוּ וְהִתְגֹּעֲשׁוּ וְהִתְהֹלָלוּ מִפְּנֵי הַחֶרֶב אֲשֶׁר אָנֹכִי שֹׁלֵחַ בֵּינֹתָם. - Elles boiront, chancelleront et perdront la raison, devant le glaive que J'envoie au milieu d'elles.
« Elles chancelleront » (Vehitgo'achou) : Rachi cite le Targoum, qui traduit par « elles deviendront folles ». « Et perdront la raison » (Vehitholalou) : du registre de la démence, de l'égarement d'esprit. Le Malbim apporte une nuance précise : « Hitgo'achou » désigne le tremblement physique, lorsque le corps vacille et s'agite ; « Hitholalou » se rapporte au désarroi intellectuel. En d'autres termes, le glaive dressera chaque homme contre son frère, entraînant chez eux tremblements corporels et folie mentale.
« Et je pris la coupe » - L'ordre des nations
וָאֶקַּח אֶת־הַכּוֹס מִיַּד יְהֹוָה, וָאַשְׁקֶה אֶת־כָּל־הַגּוֹיִם אֲשֶׁר־שְׁלָחַנִי יְהֹוָה אֲלֵיהֶם. - Et je pris la coupe de la main d'Hachem, et je fis boire toutes les nations vers lesquelles Hachem m'avait envoyé.
J'ai pris la coupe telle qu'Il me l'a montrée dans la vision prophétique, et j'en ai abreuvé les nations. C'est-à-dire : j'ai contemplé dans cette vision la manière dont je les faisais boire, ce qui signifie que je leur ai transmis la prophétie que le Saint, béni soit-Il, m'avait ordonné de proclamer.
אֶת־יְרוּשָׁלִַם וְאֶת־עָרֵי יְהוּדָה וְאֶת־מְלָכֶיהָ אֶת־שָׂרֶיהָ, לָתֵת אֹתָם לְחָרְבָּה לְשַׁמָּה לִשְׁרֵקָה וְלִקְלָלָה כַּיּוֹם הַזֶּה. - Jérusalem et les villes de Yehouda, ses rois et ses princes, pour les livrer à la ruine, à la désolation, au sifflement et à la malédiction, comme en ce jour.
La prophétie commence précisément par Jérusalem, car elle fait elle aussi partie du châtiment : ils ont désobéi à Hachem et n'ont pas accepté de faire téchouva. Et pourquoi figure-t-elle en tête de liste ? Parce que Jérusalem fut détruite en premier, et ce n'est qu'ensuite que l'Égypte fut dévastée, selon les propos du Malbim. « Comme en ce jour » - Rachi explique que Jérémie a rédigé son livre après la destruction, et c'est pourquoi il déclare : de même que vous la voyez en ruines comme en ce jour, de même je le leur avais prophétisé.
אֶת־פַּרְעֹה מֶלֶךְ־מִצְרַיִם וְאֶת־עֲבָדָיו וְאֶת־שָׂרָיו וְאֶת־כָּל־עַמּוֹ. - Pharaon, roi d'Égypte, ses serviteurs, ses princes et tout son peuple.
וְאֵת כָּל־הָעֶרֶב וְאֵת כָּל־מַלְכֵי אֶרֶץ הָעוּץ, וְאֵת כָּל־מַלְכֵי אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים וְאֶת־אַשְׁקְלוֹן וְאֶת־עַזָּה וְאֶת־עֶקְרוֹן וְאֵת שְׁאֵרִית אַשְׁדּוֹד. - Tout le mélange de peuples et tous les rois du pays d'Outs, tous les rois du pays des Philistins, Ashkelon, Gaza, Ékron et le reste d'Ashdod.
« Tout le mélange » (kol ha'érev), explique le Malbim : un mélange de nations qui n'avaient pas de roi. C'est pourquoi le texte ne dit pas ici « les rois du mélange », comme il dit « tous les rois du pays d'Outs », car ces populations mêlées n'avaient pas de monarque, mais formaient une masse hétérogène, semblable à un érev rav (foule mêlée). C'est aussi l'avis du Radak, selon qui l'« érev » désigne une population composite issue de plusieurs peuples mêlés.
Ashkelon, Gaza et Ékron étaient des cités philistines, comme on le sait d'après le livre des Juges, et chacune d'elles avait son propre roi. Quant à Ashdod, elle avait déjà été conquise par Pharaon, c'est pourquoi il n'est fait mention que du « reste d'Ashdod » - comme nous le verrons au chapitre 47. Le Radak ajoute que lorsque Nabuchodonosor s'empara d'Ashdod, il la trouva déjà en partie dévastée par le roi d'Égypte ou par un autre conquérant, si bien qu'il n'en subsistait qu'un reste.
Une difficulté se présente : s'il est dit « tous les rois du pays des Philistins », pourquoi énumérer ensuite Ashkelon, Gaza et Ékron ? Le Radak explique que l'expression « tous les rois du pays des Philistins » désigne le reste du territoire philistin : en dehors d'Ashkelon, Gaza, Ékron et Ashdod, il existait d'autres cités, comme nous le trouvons dans le livre de Samuel à propos des hémorroïdes d'or et du fléau qui les frappa après la capture de l'Arche, où il est dit : « depuis la ville forte jusqu'au village ouvert ». Nous apprenons ainsi qu'il y avait d'autres localités en dehors des grandes métropoles.
Et quelle ville manque-t-il ici ? Gath. Le Radak l'explique : parce que David avait arraché Gath des mains des Philistins, comme il est rapporté dans les Chroniques : « et il prit Gath et ses dépendances de la main des Philistins », ce qui correspond au Méteg-ha-Amma mentionné dans le livre de Samuel. C'est pourquoi elle ne compte plus au nombre des cités philistines.
אֶת־אֱדוֹם וְאֶת־מוֹאָב וְאֶת־בְּנֵי עַמּוֹן. - Édom, Moab et les enfants d'Amon.
וְאֵת כָּל־מַלְכֵי־צֹר וְאֵת כָּל־מַלְכֵי צִידוֹן, וְאֵת מַלְכֵי הָאִי אֲשֶׁר בְּעֵבֶר הַיָּם. - Tous les rois de Tyr et tous les rois de Sidon, ainsi que les rois de l'île qui est au-delà de la mer.
Tous ceux-là, dit Rachi, sont les voisins qui entourent la terre d'Israël.
וְאֶת־דְּדָן וְאֶת־תֵּימָא וְאֶת־בּוּז וְאֵת כָּל־קְצוּצֵי פֵאָה. - Dedan, Téma, Bouz et tous ceux qui sont relégués aux coins extrêmes.
Dedan, Téma et Bouz descendent eux aussi d'Ismaël et des enfants de Ketoura, qui résidaient dans ces parages. Et que signifie « ktsoutsé péa » ? Le mot « péa » renvoie à l'extrémité et au bout d'une chose : « le coin de ton champ » (péat sedkha) est le bout du champ, et la péa des cheveux en est l'extrémité sur la tête. « Ktsoutsé péa » désigne donc ceux qui habitent aux confins les plus reculés, littéralement au bout du monde.
Le Malbim explique que « קצוצי פאה » se réfère au reste des descendants d'Ichmaël et des fils de Ketoura, qui coupaient la chair de leur prépuce. Le terme « péa » fait allusion au prépuce, qui est l'extrémité du corps, et ils sont donc « ceux dont l'extrémité est retranchée ».
וְאֵת כָּל־מַלְכֵי עֲרָב וְאֵת כָּל־מַלְכֵי הָעֶרֶב הַשֹּׁכְנִים בַּמִּדְבָּר. - Et à tous les rois d'Arabie, et à tous les rois du mélange qui résident dans le désert.
« Tous les rois d'Arabie » - Rachi explique : l'Arabie, les pays arabes. « Et tous les rois du mélange ('Erev) » - les contrées voisines de l'Arabie, c'est-à-dire les peuples qui leur sont limitrophes, ou un mélange de peuples arabes. Le Radak explique qu'il s'agit des nomades vivant sous des tentes, comme il est dit : « L'Arabe n'y dressera point sa tente » (לא יהל שם ערבי), ce qui signifie qu'il n'y dressera pas de tente, désignant ainsi les Bédouins. Remarquez d'ailleurs la nuance : plus haut, il était écrit « et tout le mélange » sans mention de rois, tandis qu'ici, il est question des rois de ce mélange résidant dans le désert - ce ne sont donc pas les mêmes que ceux mentionnés précédemment, car ces derniers n'avaient pas de rois et ne résidaient pas dans le désert.
וְאֵת כָּל־מַלְכֵי זִמְרִי וְאֵת כָּל־מַלְכֵי עֵילָם וְאֵת כָּל־מַלְכֵי מָדָי. - Et à tous les rois de Zimri, et à tous les rois d'Élam, et à tous les rois de Médie.
« Zimri » - le Radak fait remarquer qu'il s'agit peut-être de Zimran, l'un des fils de Ketoura.
וְאֵת כָּל־מַלְכֵי הַצָּפוֹן הַקְּרֹבִים וְהָרְחֹקִים אִישׁ אֶל־אָחִיו, וְאֵת כָּל־הַמַּמְלְכוֹת הָאָרֶץ אֲשֶׁר עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה, וּמֶלֶךְ שֵׁשַׁךְ יִשְׁתֶּה אַחֲרֵיהֶם. - Et à tous les rois du nord, proches ou lointains les uns des autres, et à tous les royaumes de la terre qui sont à la surface du sol ; et le roi de Chéchakh boira après eux.
Le Saint, béni soit-Il, lui ordonne de faire boire à tous ceux-là la coupe, ce qui signifie que le malheur s'abattra également sur eux. « Proches ou lointains les uns des autres » - ceux qui sont voisins et ceux qui sont éloignés les uns des autres. Et qui est ce « roi de Chéchakh » ? Nos Sages disent dans la Guémara : Chéchakh, c'est Babel (Babylone), selon le système de permutation de lettres Atbash (א"ת ב"ש) - Aleph se transmute en Tav, Beth en Chine, Kaf et Lamed se permutent également, de sorte que Chéchakh (ששך) donne Babel (בבל). Et le roi de Babylone boira après eux : au terme des soixante-dix ans qui lui sont impartis, il réglera l'intégralité de la note.
Buvez, enivrez-vous et vomissez - quatre degrés dans l'ivresse
וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כֹּה־אָמַר יְהֹוָה צְבָאוֹת אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, שְׁתוּ וְשִׁכְרוּ וּקְיוּ וְנִפְלוּ וְלֹא תָקוּמוּ, מִפְּנֵי הַחֶרֶב אֲשֶׁר אָנֹכִי שֹׁלֵחַ בֵּינֵיכֶם. - Et tu leur diras : Ainsi parle l'Éternel Tsévaot, Dieu d'Israël : Buvez, enivrez-vous, vomissez, tombez et ne vous relevez plus, devant l'épée que j'envoie parmi vous.
Le Malbim explique qu'il y a ici une gradation en quatre étapes. Certains boivent sans s'enivrer - Il leur dit donc : buvez, mais enivrez-vous aussi. D'autres s'enivrent, mais ont un estomac en béton armé, en acier inoxydable, qu'aucun alcool n'ébranle et ils ne vomissent jamais - Il leur dit : vomissez, car cela vous frappera également. D'autres encore vomissent tout en restant debout sur leurs jambes, le vin ne les ayant pas encore terrassés - Il leur dit : tombez. Enfin, certains tombent puis parviennent tant bien que mal à chanceler et à se relever - sur quoi Il déclare : vous ne vous relèverez plus, vous vous effondrerez pour ne plus jamais vous relever.
On raconte l'histoire d'un ivrogne qu'un policier arrête. Après l'avoir contrôlé, le policier lui dit : « Mon cher monsieur, votre état est catastrophique. Regardez la ligne blanche sur le côté de la route, essayez de marcher droit dessus. » L'ivrogne lui répond : « Vous plaisantez ? Redressez d'abord la ligne ! »
Et quel en est le sens profond ? Le Malbim explique : l'ivrogne qui vomit et s'effondre illustre leur volonté de secouer le joug du roi de Babylone et de le rejeter, de le « vomir » de leur sein. Mais le roi de Babylone règne en maître absolu et les opprime, et Hachem envoie contre eux l'épée, dressant un peuple contre l'autre, de sorte que tous tomberont sous sa coupe. En d'autres termes : vous projetez de le combattre et de vous rebeller contre lui, mais la tentative même de le « vomir » causera votre chute - une chute dont vous ne vous relèverez point, semblable à cet ivrogne qui cherche à évacuer ce qui est en lui et qui finit par s'écrouler, gisant dans son propre vomi.
וְהָיָה כִּי יְמָאֲנוּ לָקַחַת־הַכּוֹס מִיָּדְךָ לִשְׁתּוֹת, וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כֹּה אָמַר יְהֹוָה צְבָאוֹת שָׁתוֹ תִשְׁתּוּ. - Et s'ils refusent de prendre la coupe de ta main pour boire, tu leur diras : Ainsi parle l'Éternel Tsébaot : Vous boirez sans faute !
Celui qui refusera de prendre la coupe, c'est-à-dire celui qui voudra combattre Nabuchodonosor, s'obstiner et se dresser contre lui - dis-lui que rien ne lui servira et qu'il boira la coupe quoi qu'il en soit. Le Saint, béni soit-Il, conduira les événements de telle sorte que Nabuchodonosor soumettra tout le monde.
Dans la ville sur laquelle Mon Nom est invoqué, Je commence à sévir
כִּי הִנֵּה בָעִיר אֲשֶׁר נִקְרָא־שְׁמִי עָלֶיהָ אָנֹכִי מֵחֵל לְהָרַע, וְאַתֶּם הִנָּקֵה תִנָּקוּ? לֹא תִנָּקוּ, כִּי חֶרֶב אֲנִי קֹרֵא עַל־כָּל־יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ, נְאֻם יְהֹוָה צְבָאוֹת. - Car voici que dans la ville sur laquelle Mon Nom est invoqué, Je commence à sévir, et vous, resteriez-vous impunis ? Vous ne resterez pas impunis, car J'appelle le glaive contre tous les habitants de la terre, oracle de l'Éternel Tsébaot.
Le Malbim explique : le peuple d'Israël se trouve sous la providence directe d'Hachem, c'est pourquoi Jérusalem est appelée « la ville sur laquelle Mon Nom est invoqué ». Et malgré tout, c'est par là que débutera le jugement - le destin astral de Nabuchodonosor s'imposera d'abord à eux. À plus forte raison pour le reste des nations, sur lesquelles le Nom du Saint, béni soit-Il, n'est pas invoqué : elles tomberont très certainement sous sa domination.
Et que signifie « Je commence à sévir » ? Le Malbim explique que parfois, le Saint, béni soit-Il, frappe d'effroi les nations pour qu'Israël en tire une leçon morale (Moussar), comme il est dit : « J'ai exterminé des nations, leurs tours d'angle sont dévastées ; Je disais : Au moins tu Me craindras, tu accepteras la réprimande ». « Leurs tours d'angle sont dévastées » se rapporte à leurs puissantes forteresses, leurs angles, au sens de « devenue la pierre d'angle ». Le but est que le peuple d'Israël voie les malheurs des nations et en vienne à la crainte du Ciel, de sorte que le Saint, béni soit-Il, n'ait pas à déverser Sa rigueur sur nous. Nous voyons un tremblement de terre à l'autre bout du monde, et cet événement en lui-même nous ébranle.
Mais ici, c'est l'inverse : « dans la ville sur laquelle Mon Nom est invoqué, Je commence à sévir » - c'est précisément sur Jérusalem que J'amène le début du malheur. Dès lors, nous n'avons plus le privilège d'observer la détresse des nations pour en tirer un enseignement. Lorsque l'épreuve frappe les nations, il subsiste encore une chance que nous prenions conscience et soyons épargnés ; mais lorsqu'il est impossible d'échapper au décret, lorsque l'épreuve doit frapper quoi qu'il arrive, le Saint, béni soit-Il, déclare : Je l'amène directement et en premier lieu sur le peuple d'Israël. C'est le sens de « et vous, resteriez-vous impunis ? Vous ne resterez pas impunis ».
L'Éternel rugira d'en haut - Rugissement face à la voix
וְאַתָּה תִּנָּבֵא אֲלֵיהֶם אֵת כָּל־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם יְהֹוָה מִמָּרוֹם יִשְׁאָג וּמִמְּעוֹן קָדְשׁוֹ יִתֵּן קוֹלוֹ, שָׁאֹג יִשְׁאַג עַל־נָוֵהוּ, הֵידָד כְּדֹרְכִים יַעֲנֶה אֶל כָּל־יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ. - Et toi, prophétise-leur toutes ces paroles et dis-leur : L'Éternel rugira d'en haut, et de Sa sainte demeure Il fera retentir Sa voix ; Il rugira puissamment contre Sa demeure, poussant une clameur semblable à celle des fouleurs de raisin contre tous les habitants de la terre.
Rachi cite l'enseignement bien connu de nos Sages dans le traité Berakhot, selon lequel « Il rugira puissamment contre Sa demeure » signifie que le Saint, béni soit-Il, porte le deuil de la destruction de Sa Maison. Mais le sens global du verset est expliqué par le Malbim. Il y a l'émission d'une voix et il y a le rugissement, et même dans le langage courant, faire entendre sa voix est moins puissant que rugir ; l'homme qui rugit émet un son immense et puissant. Or ici, deux expressions se font écho en vis-à-vis : « d'en haut Il rugira » face à « et de Sa sainte demeure Il fera entendre Sa voix ».
Quelle est la différence entre « en haut » (Marom) et « Sa sainte demeure » (Mé'on Kodcho) ? « En haut » désigne la direction du système cosmique, la conduite céleste et les constellations astrales. « Sa sainte demeure » désigne la providence qui transcende les astres, la direction providentielle supérieure au système cosmique et qui domine ce système lui-même. Or, dans les hauteurs célestes, une voix retentit constamment : la conduite des astres est permanente, et l'on peut toujours dresser une carte astrologique pour observer ce qu'indiquent les étoiles. Nous n'avons plus cette compréhension de nos jours, mais sur le plan du principe, cette sagesse était connue des anciens, et c'est une réalité continue - il n'existe pas de situation où les astres ne révèlent rien ; ils se trouvent toujours dans une position précise, exerçant des influences mutuelles qui se répercutent ici-bas.
Or ici, il est dit qu'Hachem rugira d'en haut - non pas une voix ordinaire, mais un rugissement. Par quelle force ? Parce que « de Sa sainte demeure Il fera retentir Sa voix ». La voix d'Hachem ne se fait pas entendre en permanence depuis Sa sainte demeure ; voir la main divine à travers des miracles et des actes surnaturels n'est pas notre quotidien. Mais ici, la conduite cachée, la providence miraculeuse issue de Sa sainte demeure, fera retentir sa voix, ce qui signifie qu'elle émettra des flux spirituels qui atteindront les constellations. Alors, depuis les hauteurs, du lieu des astres, il n'y aura plus une simple voix habituelle mais un rugissement formidable et puissant - car il provient d'en haut, de la sphère supérieure et cachée, et dépasse l'ordre naturel. Et tout cela s'exerce « contre Sa demeure » : ce rugissement a pour objet la destruction du Temple.
« הידד כדורכים יענה » - Rachi explique que le mot Heydad désigne le cri que poussaient les hommes accomplissant un travail pénible, afin de s'encourager et de se donner du rythme. Quand on veut déplacer un objet par la force, on crie « hisse et ho », et tout le monde agit ensemble. Telle était la coutume dans de nombreux labeurs : les rameurs sur les bateaux, les tisserands qui rythmaient leur travail par une sorte de chant cadencé, ou encore ce qui est rapporté au sujet de Hey et Haya, deux personnages de l'époque de Ouza et Azaël, ces Nephilim descendus du ciel, qui poussaient des cris pendant leur tâche. Telle était aussi l'habitude des fouleurs au pressoir, qui scandaient des cris rythmés pour presser le raisin avec vigueur.
Et le mot « יענה » (yaané) ne signifie pas ici répondre à une question, mais donner de la voix, élever le ton, comme dans « וענית ואמרת ארמי אובד אבי » (« Tu élèveras la voix et tu diras : Mon père était un Araméen errant »), où Rachi commente qu'il s'agit d'élever la voix. Le sens profond est le suivant : le Saint, béni soit-Il, rugira contre Sa demeure, et en écho à ce rugissement de lion répondront tous les prédateurs - Nabuchodonosor et les autres nations s'éveilleront et viendront détruire Sa demeure. Tout comme les fouleurs de cuve, où l'un pousse un cri et son compagnon lui répond en écho. Ce verset décrit ainsi la destruction du Temple et la façon dont elle sera exécutée par les nations.
בָּא שָׁאוֹן עַד־קְצֵה הָאָרֶץ, כִּי רִיב לַיהֹוָה בַּגּוֹיִם, נִשְׁפָּט הוּא לְכָל־בָּשָׂר, הָרְשָׁעִים נְתָנָם לַחֶרֶב נְאֻם־יְהֹוָה. - Un tumulte parvient jusqu'aux extrémités de la terre, car l'Éternel est en litige avec les nations ; Il entre en jugement contre toute chair, Il livre les méchants au glaive, oracle de l'Éternel.
Le terme « שאון » (chaon) exprime un mugissement ou un fracas, comme dans « le bruit des grandes eaux », et désigne aussi toute agitation tumultueuse et générale. C'est également ce que traduit Yonathan : « מטא אתרגושא » - un vacarme et une rumeur sont arrivés. Ce grondement, qui est le rugissement d'Hachem, se propage jusqu'au bout de la terre. « Car l'Éternel est en litige avec les nations » - le Saint, béni soit-Il, a un litige collectif avec l'ensemble des nations, et un jugement particulier envers chacun de ceux qui ont fauté contre Lui. En raison de ce litige général, un danger plane sur tous, et en vertu de ce jugement, le Saint, béni soit-Il, demandera des comptes de manière personnelle aux impies qui ont commis le mal.
כֹּה אָמַר יְהֹוָה צְבָאוֹת, הִנֵּה רָעָה יֹצֵאת מִגּוֹי אֶל־גּוֹי, וְסַעַר גָּדוֹל יֵעוֹר מִיַּרְכְּתֵי־אָרֶץ. - Ainsi parle l'Éternel des armées : Voici qu'un malheur se propage de nation en nation, et une grande tempête se réveille des confins de la terre.
« Un malheur se propage de nation en nation » - Rachi commente : Je les excite les unes contre les autres. Le Radak explique que cette section se rattache au passage précédent, c'est-à-dire à la destruction du Temple. De cela dépend aussi la façon dont nous comprendrons plus loin l'expression « Il a quitté Son fourré comme un lionceau » : si ces paroles visent le Premier Temple, elles prolongent ce qui a été dit plus haut ; mais si elles s'appliquent au Second Temple, un nouveau développement commence ici. « Et une grande tempête » évoque l'ouragan, « des confins de la terre » - le Malbim explique qu'il s'agit de Nabuchodonosor, qui s'éveillera pour marcher contre eux et les anéantir.
וְהָיוּ חַלְלֵי יְהֹוָה בַּיּוֹם הַהוּא מִקְצֵה הָאָרֶץ וְעַד־קְצֵה הָאָרֶץ, לֹא יִסָּפְדוּ וְלֹא יֵאָסְפוּ וְלֹא יִקָּבֵרוּ, לְדֹמֶן עַל־פְּנֵי הָאֲדָמָה יִהְיוּ. - Et les victimes de l'Éternel en ce jour-là s'étendront d'un bout à l'autre de la terre ; on ne les pleurera pas, on ne les recueillera pas et on ne les ensevelira pas : elles deviendront comme du fumier à la surface du sol.
L'épée fauchera d'innombrables vies, et non seulement les morts seront légion, mais les vivants n'auront même pas le loisir de s'occuper d'eux. Ainsi, ce qui s'impose naturellement lors d'une sépulture - l'oraison funèbre - fera défaut : « on ne les pleurera pas ». Bien plus encore, rassembler ne serait-ce que les dépouilles en un même lieu, sans même songer à une tombe individuelle, sera impossible : « on ne les recueillera pas ». Et il ne se trouvera personne pour simplement les recouvrir de terre : « on ne les ensevelira pas », mais « elles deviendront comme du fumier à la surface du sol », tant la tragédie et la détresse seront immenses, ne laissant à personne le temps de prendre soin de leur sépulture.
Gémissez, pasteurs - La chute des dirigeants
הֵילִילוּ הָרֹעִים וְזַעֲקוּ וְהִתְפַּלְּשׁוּ אַדִּירֵי הַצֹּאן, כִּי־מָלְאוּ יְמֵיכֶם לִטְבוֹחַ, וּתְפוֹצוֹתִיכֶם, וּנְפַלְתֶּם כִּכְלִי חֶמְדָּה. - Gémissez, pasteurs, et criez ! Roulez-vous dans la poussière, guides du troupeau ! Car vos jours sont révolus pour le carnage et votre dispersion, et vous tomberez comme un vase précieux.
« Les pasteurs » sont les rois, et « les guides du troupeau » sont les ministres et les dignitaires, selon les termes du Malbim. « Car vos jours sont révolus pour le carnage » - le temps fixé par le Saint, béni soit-Il, dans Ses prophéties est arrivé : vous êtes voués au massacre, l'oppresseur va faire irruption et sévir parmi vous. « Et votre dispersion » - l'heure est venue où vous serez dispersés dans l'exil et chassés de votre terre.
« Et vous tomberez comme un vase précieux » - Rachi commente : si vous prétendez être d'une grande valeur, sachez qu'un vase précieux en verre qui tombe se brise et est irrémédiablement perdu. Autrement dit : un homme peut se sentir d'une importance capitale, comparable à un vase de cristal raffiné valant une fortune, mais un seul choc sur le sol suffit à le pulvériser. Même si l'on se croit puissant et intouchable, la réalité peut basculer en une fraction de seconde.
Et le Malbim apporte une nuance profonde : un vase précieux, tant qu'il est intact, a une valeur inestimable ; mais dès lors qu'il tombe, se brise et s'abîme, il ne vaut plus absolument rien. Un vase chinois antique datant de trois mille ans, une fois réduit en miettes, devient inutilisable. La plupart des objets anciens sont certes restaurés après s'être brisés en deux ou trois morceaux ; mais ce qui a été pulvérisé en miettes est irréparable. C'est ainsi qu'il leur dit : votre chute sera pareille à celle d'un vase précieux, après laquelle on ne dit pas « il vaut encore cinquante pour cent », mais bien qu'à la suite de votre déportation en exil, vous n'aurez plus la moindre valeur.
וְאָבַד מָנוֹס מִן־הָרֹעִים, וּפְלֵיטָה מֵאַדִּירֵי הַצֹּאן. - Tout refuge fera défaut aux bergers, et toute fuite salutaire aux puissants du troupeau.
Quand viendra le temps du carnage, les bergers n'auront nulle part où fuir et il n'y aura aucun moyen d'échapper pour les puissants du troupeau. Le Malbim distingue ici le terme « manoss » (refuge, fuite organisée) de « peleta » (échappatoire, survie) : « manoss » s'emploie d'ordinaire pour un être doué de raison - on ne dit pas qu'un âne s'enfuit (nass), mais qu'un homme s'enfuit, car la fuite réfléchie concerne un être doté d'intelligence ; tandis que la notion de secours ou de fuite instinctive (« peleta ») s'applique également aux animaux.
Et le constat est percutant : d'ordinaire, les bergers, c'est-à-dire les dirigeants, se préparent un refuge à l'avance. Tsidkiyahou disposait d'une grotte souterraine. Les dirigeants prévoient toujours des voies d'évacuation ou des pays d'asile - tout comme on racontait qu'Assad s'était ménagé diverses options pour le pire des scénarios, un pays prêt à l'accueillir et à le protéger pour lui éviter d'être traduit devant la Cour de La Haye pour génocide. Les bergers sont plus prévoyants, ils organisent leur fuite. Mais le prophète leur lance : ne comptez pas là-dessus, « tout refuge fera défaut aux bergers » - les dirigeants n'auront aucun endroit où fuir. Et le troupeau, le peuple, n'aura pas non plus d'échappatoire.
קוֹל צַעֲקַת הָרֹעִים וִילְלַת אַדִּירֵי הַצֹּאן, כִּי־שֹׁדֵד יְהֹוָה אֶת־מַרְעִיתָם. - Voix des cris des bergers et lamentations des puissants du troupeau, car l'Éternel a dévasté leur pâturage !
Les rois et les ministres pousseront des clameurs déchirantes, parce que Hachem dévaste leur pâturage. En d'autres termes, tous prendront conscience que cela vient de Hachem. Il ne s'agira pas d'un fléau naturel ni de l'effet d'une conjoncture astrale : il apparaîtra clairement à tous que le Tout-Puissant a rugi contre Sa demeure, et qu'il s'agit là d'un châtiment providentiel décrété par Hachem.
וְנָדַמּוּ נְאוֹת הַשָּׁלוֹם, מִפְּנֵי חֲרוֹן אַף־יְהֹוָה. - Et les demeures paisibles sont réduites au silence et dévastées, devant l'ardeur du courroux de l'Éternel.
Rachi explique que le mot « nadamou » exprime la ruine, à l'instar de « hidaménou » ou de « allons et soyons-y réduits au silence » (vénidmeh cham). Le Radak, quant à lui, interprète « nadamou » au sens de retranchés, anéantis. Les « neot hachalom » sont les pâturages où ils paissaient dans la sérénité et le calme, allégorie désignant les contrées et l'ensemble de leurs villes : ces lieux ont été anéantis devant l'ardeur de la colère divine, et il ne subsistera plus aucun endroit où régnera la paix.
Il a quitté son repaire tel un lionceau
עָזַב כַּכְּפִיר סֻכּוֹ, כִּי־הָיְתָה אַרְצָם לְשַׁמָּה, מִפְּנֵי חֲרוֹן הַיּוֹנָה וּמִפְּנֵי חֲרוֹן אַפּוֹ. - Il a quitté son repaire tel un lionceau, car leur pays est devenu une désolation, devant l'ardeur du glaive destructeur et devant l'ardeur de Son courroux.
Rachi cite le Targoum Yonatan : « Le roi s'est exilé de sa capitale », tel un lionceau qui abandonne son repaire - le souverain s'exilera de sa cité comme un jeune lion sort de son abri. Le Radak précise : quand un lionceau quitte-t-il son repaire ? Lorsqu'il n'a plus rien à manger, lorsqu'il a faim. De même, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il a abandonné Son abri (souko). Et où se trouve Son abri ? Le lieu où Sa Présence divine (Chékhina) étend Son ombre protectrice : le Beth Hamikdach. Tout comme un lion abandonne son territoire lorsqu'il n'y trouve plus de subsistance, de même le Saint béni soit-Il a quitté le Beth Hamikdach, car Il n'y trouvait plus Sa volonté : on avait introduit des idoles au cœur même du Temple et on y provoquait l'indignation divine. Non pas que le Saint béni soit-Il ait besoin de sacrifices, mais dès lors que le culte d'Hachem n'y est plus accompli, Il n'a plus, pour ainsi dire, de raison de demeurer sous Son abri. Et dès l'instant où Il a délaissé ce lieu et voilé Sa face, le Temple a été détruit.
« Car leur pays est devenu une désolation » - le Radak fait remarquer : avant même que le Temple ne fût détruit, leur pays était déjà dévasté, et pourtant ils n'en ont tiré aucune leçon de morale. Et puisqu'ils n'en ont tiré aucun enseignement, le Saint béni soit-Il a quitté Son abri, le Beth Hamikdach.
Le Malbim explique différemment : « עזב ככפיר סוכו » (Il a quitté Son repaire comme un lionceau) se rapporte à l'ardente colère d'Hachem. Sa colère est semblable à un lionceau rugissant après sa proie, comme nous l'avons vu plus haut : « שאוג ישאג על נווהו » (Il rugira puissamment sur Sa demeure). Jusqu'à présent, ce lionceau, cette ardente colère, se tenait à l'intérieur de son repaire, en son lieu ; et maintenant, Il a quitté Son repaire comme un lionceau - cette colère est sortie au-dehors pour détruire.
Et qui est « חרון היונה » (l'ardeur de la colombe / de l'oppresseur) ? Selon le Malbim, il s'agit de Nevoukhadnetsar, dont l'étendard portait pour emblème une colombe. Tel était l'étendard des empires d'Assyrie et de Babylone, d'après le nom d'une reine antique qui s'appelait ainsi et en l'honneur de laquelle ils avaient fait de la colombe leur symbole. « ומפני חרון אפו » (et devant l'ardeur de Sa colère) - c'est l'ardente colère d'Hachem, car Nevoukhadnetsar n'est que la verge de Sa colère, et c'est Lui qui a suscité cette fureur dévastatrice de la colombe.
Le Targoum Yonatan explique quant à lui : « חרב סנאה דהיא כחמר מרויא » - l'épée de l'ennemi qui est comme un vin enivrant, « ומן קדם תקיף רוגזיה » (et devant la puissance de Sa colère). Selon cette lecture, « יונה » (yona) se rattache à la racine du vin et de l'ivresse. Rachi apporte une autre explication : « חרון היונה » dérive de la notion d'oppression (honaah), comme dans « לא יונה איש את עמיתו » (nul n'opprimera son prochain) - l'oppression consiste à tromper, spolier et faire souffrir, à l'image de la vexation verbale (honaat devarim) qui blesse son prochain ; et cette épée qui fait souffrir la collectivité est ainsi appelée « חרב היונה » (l'épée de l'oppresseur).
En résumé : Dans cette partie du chapitre, Yirmiyahou prend de la main d'Hachem la coupe du vin de fureur et en abreuve toutes les nations, Jérusalem en tête - car elle a été détruite la première, et parce que lorsqu'il n'est plus possible de s'amender par la leçon des épreuves des nations, le malheur commence précisément par la ville sur laquelle le Nom d'Hachem est proclamé. Les quatre degrés de l'ivresse - buvez, enivrez-vous, vomissez, et tombez sans pouvoir vous relever - enseignent que toute tentative de rejeter le joug du roi de Babylone mènera à une chute sans relèvement. Le rugissement d'En haut, procédant de la voix du Saint béni soit-Il depuis Sa sainte demeure au-delà des sphères célestes, éveille les bêtes de proie à pousser un cri de guerre semblable à celui des fouleurs et à dévaster la demeure. Les bergers et les maîtres du troupeau tomberont tel un vase précieux brisé sans remède, ils ne trouveront ni fuite ni refuge, et les pâturages paisibles seront anéantis. Enfin : « עזב ככפיר סוכו » - la Chékhina quitte le Beth Hamikdach, et la fureur de l'oppresseur ainsi que le courroux divin accomplissent leur œuvre.