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Chapitre 18 - La parabole de la maison du potier - Partie 1

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Le livre de Yirmeyahou, chapitre 18. La parole qui fut adressée à Yirmeyahou de la part de l'Éternel, disant : Lève toi et descends à la maison du potier, et là je te ferai entendre mes paroles. L'Éternel lui dit : va et descends à la maison du potier. La maison du potier, le Targoum Yonatan traduit par « beit pah'ra », et « pah'ra » nous savons que cela désigne l'argile, il s'agit donc de la maison de l'artisan qui façonne des vases d'argile. Et là, le Saint béni soit Il lui dit : je te ferai entendre mes paroles. Le Malbim explique que, après toutes les décrets qu'Il avait prononcés contre eux, Il lui dit : sache que tous peuvent être annulés grâce à l'observance du Chabbat. Tous les décrets que j'ai prononcés et toutes les paroles dures que nous verrons plus loin sur ce qui doit arriver à Yerouchalayim, si seulement ils observent le Chabbat, tout sera annulé. L'Éternel lui dit : je veux te faire comprendre cela de manière sensible, c'est à dire que tu verras les choses de façon concrète afin de comprendre à quel point ces choses sont fixées et arrêtées auprès de moi, car si l'on observe le Chabbat, tous les décrets seront annulés.

Et je descendis à la maison du potier, et voici qu'il faisait un ouvrage sur les meules. Il est écrit en un seul mot « vehinehou » et nous lisons « vehineh hou », on le lit en deux mots et c'est la même chose. Il faisait un ouvrage sur les meules, les « ovnayim » sont l'instrument du potier sur lequel il façonne ses vases, et le Targoum traduit par « sadna ». « Sadna » vient du mot « sedan » (enclume) sur lequel le potier façonne son ouvrage. Et le vase qu'il faisait avec l'argile dans la main du potier fut abîmé, alors il recommença et en fit un autre vase, comme il paraissait bon aux yeux du potier de faire.

Regarde bien là, dit le Malbim : Il lui a donné ici deux paraboles. La première parabole est que le premier vase fut abîmé et complètement anéanti entre les mains du potier. La seconde parabole est que toute cette destruction était temporaire, seulement momentanée, car voici qu'aussitôt il façonne à partir du vase, à partir de l'argile, un autre vase. Et non pas d'une autre manière, mais seulement comme il voulait le faire, comme il paraissait bon aux yeux du potier de faire, c'est à dire comme il voulait le faire dès le départ. Cela signifie : celui qui a déjà vu des gens façonner l'argile, ils ont une sorte de pédale qui crée une situation où les meules tournent, et sur celle ci il place une motte d'argile, et cette motte d'argile, les meules tournent et il lui donne une forme, n'est ce pas ? Il fait un cercle, à partir de cela il façonne une cruche et ainsi de suite. C'est l'instrument du potier. Or il arrive parfois que le vase soit abîmé, c'est à dire qu'il vient faire quelque chose, appuie trop fort, cela se défait, une situation se crée où cela s'écrase. Que fait on ? On reprend tout, on refait une motte, on la place et on recommence encore. On recommence à zéro. C'est à dire que cette réalité de la brisure du vase et du recommencement est la parabole de l'histoire du peuple d'Israël.

Et la parole de l'Éternel me fut adressée, disant : Ne puis je pas vous traiter comme ce potier, maison d'Israël, dit l'Éternel ? Voici, comme l'argile dans la main du potier, ainsi êtes vous dans ma main, maison d'Israël. Qu'as tu vu à présent ? Comment le potier voulait sortir un vase de son ouvrage et son travail fut abîmé, et de nouveau il reprit et pétrit et façonna encore et réalisa son plan initial. Alors Il leur dit : ne puis je pas faire avec vous comme le potier fait avec l'argile ? Vous êtes donc comme l'argile dans la main du potier, ainsi êtes vous dans ma main. Cela signifie que, bien que j'avais un plan pour sortir un vase, mais vous avez été abîmés. « Vous avez été abîmés » signifie que vous avez corrompu vos voies, et par conséquent ce qu'il faut faire est simplement de refaire le vase à neuf. Ainsi lui dit Il aussi : bien que j'aie prononcé des décrets durs, tous ces décrets durs sont une sorte de destruction. Il y a ici une destruction, mais que vois tu ? Que même le potier, après avoir détruit, peut reconstruire à neuf. Alors si le potier le peut, ne puis je pas vous reconstruire à neuf ? Vous êtes donc comme l'argile dans la main du potier, alors seulement si vous observez le Chabbat, toute votre réalité changera et toute la brisure et la destruction seront comme n'ayant jamais existé.

Tantôt je parle au sujet d'une nation et d'un royaume, pour arracher, démolir et détruire. Mais si cette nation revient de sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé, je me repentirai du mal que j'avais pensé lui faire. Et tantôt je parle au sujet d'une nation et d'un royaume, pour bâtir et planter. Mais s'il fait ce qui est mal à mes yeux, en n'écoutant pas ma voix, alors je me repentirai du bien que j'avais dit lui faire. Il lui donne une parabole et explique davantage les choses. Il lui dit : viens et vois, comme tu vois que la brisure du vase n'était que pour un instant afin de le renouveler à neuf, ainsi aussi, dit l'Éternel, comprends que ce que j'ai dit au sujet d'une situation où j'abandonne la maison d'Israël, où je démolis la maison d'Israël, c'est momentané. Tantôt je parle au sujet d'une nation et d'un royaume, pour arracher, démolir et détruire. Le décret que j'ai prononcé contre eux est un décret momentané, et tout cela était comme chez le potier qui prend et écrase tout, tu n'as pas tout détruit, cela n'a été qu'un peu écrasé, tu as écrasé le tout, mais tout le monde comprend que c'est afin de commencer à créer ici quelque chose de nouveau. Ainsi ici aussi, toute l'intention du discours que j'ai tenu sur « arracher et démolir », ce n'est pas afin de le réaliser concrètement, mais afin de faire de vous un vase nouveau.

Rachi et le Metsoudat David expliquent que ce qui est écrit « tantôt je parle » signifie : en un instant je décrète sur une nation, c'est le sens de « tantôt je parle ». Mais selon le Malbim, le sens des choses est que, bien que tu aies vu qu'il y a eu ici pour un instant une destruction, cette destruction est momentanée car tout le but est de bâtir. Et si cette nation revient de sa méchanceté : vois donc que tout le but de ce que j'ai dit, d'arracher et démolir la maison d'Israël, c'est afin qu'ils reviennent en téchouva. Et si cette nation revient de sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé, je me repentirai du mal.

Il y a ici une difficulté grammaticale. Et si cette nation revient de sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé. Ce n'est pas compréhensible. « Et si cette nation revient de sa méchanceté qu'elle a commise », cela serait compréhensible. « Et je reviendrai, moi, de mon mal au sujet duquel j'ai parlé », cela aussi serait compréhensible. Mais dire que la nation reviendra de sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé ? De sa méchanceté dont j'ai parlé, moi ? Est ce moi, du mal dont j'ai parlé, moi, dont elle reviendra ? Que veulent dire les choses ? Rachi explique : « de sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé », c'est à dire des fautes qu'il a en main, à cause desquelles j'ai parlé à son sujet d'arracher et démolir. « Et cette nation reviendra » des fautes qu'elle a en main, il faut pour ainsi dire ajouter cela ici, car c'est à cause de cela « sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé », à cause de cela le mal que j'ai dit lui apporter.

En revanche, le Malbim explique qu'il est dit ici bien davantage. Le Malbim dit : le Saint béni soit Il dit : voici, toute leur téchouva vient de la terreur, de la crainte et de la peur, car il y a des prophéties dures, il y a une destruction, il y a des choses terribles qui doivent arriver, et le prophète en témoigne et les avertit. On aurait pu dire : ce n'est pas une téchouva. Ce n'est pas une téchouva, quoi, tu lui colles un pistolet sur la tempe et par conséquent il change ses voies ? Il n'a pas le choix, c'est pourquoi il agit ainsi. Et donc j'aurais pensé qu'une telle téchouva n'a aucune valeur. Il te dit : néanmoins. À présent, voyez comme cela est merveilleux dans le langage du verset. « Et cette nation reviendra » : quelle sorte de téchouva était ce ? Une mauvaise téchouva. « De sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé » : pourquoi est elle revenue ? De la peur que j'ai apporté sa méchanceté au sujet de laquelle j'ai parlé. C'est pour cela qu'elle revient en téchouva, c'est une peur, par crainte du châtiment. L'Éternel lui dit : néanmoins, « je me repentirai du mal que j'avais pensé lui faire ». Bien que j'aie pensé lui faire du mal, une telle mauvaise téchouva, seulement par peur du châtiment, suffit pour que je me repente du mal que j'avais pensé lui faire. « Je me repentirai » signifie qu'une autre pensée s'est élevée en moi, c'est le sens de « je me repentirai ».

Et tantôt je parle au sujet d'une nation et d'un royaume, pour bâtir et planter. Et parfois je parle au sujet d'un royaume pour bâtir et planter, et ce n'est que pour un instant. « Un instant » signifie pour un court laps de temps. Et c'est comme la première parabole : qu'avons nous vu arriver au premier vase ? Au début nous avons vu un vase, mais il s'est brisé. Un mouvement incorrect, une pression incorrecte, il s'est écrasé. Et alors nous avons vu qu'il a repris et en a fait une motte et a de nouveau reconstruit le vase à neuf. On voit donc qu'il y avait ici au début une intention de planter. Au début il y avait ici une intention de faire un vase, mais qu'est il arrivé ? Il s'est écrasé et a été détruit. Il dit : pourquoi une telle chose est elle arrivée, que je ne parle qu'un instant au sujet d'une nation et d'un royaume pour bâtir et planter ? Parce qu'il a fait ce qui est mal à mes yeux, en n'écoutant pas ma voix. Ensuite il a fait ce qui est mal à mes yeux, et c'est la parabole où nous avons vu que le vase, du fait de cela, a été abîmé. Et je me repentirai du bien que j'avais dit lui faire. C'est pourquoi le bien que j'avais dit lui faire, je m'en repentirai, et donc que fait l'Éternel ? Il fait un autre vase. Je brise le vase, j'avais l'intention qu'il y ait un vase original mais ce vase est à l'origine mauvais, c'est pourquoi je l'ai brisé. Et alors, par là, le but de la brisure, remarquez le, est de réparer. Ce n'est pas un but de brisure pour annuler.

C'est pourquoi, remarque le Malbim, au sujet du mal Il a dit « que j'avais pensé lui faire ». Au sujet du bien Il a dit « que j'avais dit lui faire ». « Je me repentirai du bien que j'avais dit lui faire. » Quelle est la différence ? Le Malbim dit : concernant le mal, le Saint béni soit Il se repent aussi de la pensée. L'Éternel se repent du mal qu'Il avait pensé lui faire, même la pensée est effacée. C'est à dire que c'est un mal qui sera complètement annulé, même de la pensée il ne subsiste pas. Pour donner un exemple : parfois une personne écrit quelque chose et l'efface, mais après avoir effacé il reste encore une trace. On voit qu'il y avait ici d'autres intentions. En revanche, s'il l'a effacé de manière totalement absolue, il ne reste aucune trace. Ici le Saint béni soit Il dit : je me repentirai du mal que j'avais pensé lui faire, c'est à dire que le repentir portera aussi sur la pensée, la pensée aussi sera effacée, il n'en restera aucune trace, le mal sera complètement annulé. En revanche, concernant le bien, remarquez de quoi Il se repent : Il se repent seulement du dire, pas de la pensée. Et pourquoi ? Car la pensée de faire du bien demeure aussi à présent. L'Éternel veut en effet toujours faire du bien. Il veut toujours faire du bien, mais quoi ? Nous, les récepteurs du bien, ne sommes pas toujours dignes de le recevoir. Mais la pensée demeure à jamais. L'Éternel dit : j'ai toujours la pensée de faire du bien, seulement parfois je dis « faire du bien » quand tu es digne, et quand tu n'es pas digne alors je me repens du dire et je ne dis pas « faire du bien », mais je ne me repens jamais de la pensée. La pensée demeurera à jamais de faire du bien. Et tout le repentir ne porte que sur le dire. C'est pourquoi la pensée du bien, dit le Malbim, demeure aussi maintenant, et tu vois donc que même la brisure a pour finalité de faire du bien. La brisure n'a pas pour finalité de faire du mal. Alors, bien que je me repente du bien que j'avais dit lui faire, je n'ai pas d'autre choix que d'apporter le bien à l'autre par un chemin escarpé, après une brisure et une réparation à neuf, et alors viendra le bien.

C'est pourquoi, remarque, concernant le bien, Il dit « lui faire du bien ». Pourquoi « lui faire du bien » (le rendre bon) ? Il aurait fallu dire « je me repentirai du bien que j'avais dit lui faire ». Pourquoi « le rendre bon » ? Mais le sens des choses est que le but est de rendre l'homme bon et de le ramener sur le bon chemin. C'est le sens de « le rendre bon », de le reconstruire à neuf de manière positive, de le ramener sur le bon chemin.

Et maintenant parle donc aux hommes de Yehouda et aux habitants de Yerouchalayim, disant : Ainsi a dit l'Éternel : voici, je façonne contre vous un mal et je conçois contre vous un dessein. Revenez donc chacun de sa mauvaise voie, et améliorez vos voies et vos actions. L'Éternel dit : voici, je façonne contre vous un mal. Ainsi Il demande : je prépare contre vous un décret mauvais, fais le savoir aux hommes de Yehouda. Et pourquoi, dit le Radak, emploie t Il « je façonne » ? Parce qu'Il traite ici de la section du potier qui façonne des vases d'argile, c'est pourquoi Il dit : voici, je façonne contre vous un mal, comme le potier qui façonne les vases. Mais sachez que la pensée n'est pas de faire du mal, mais que la pensée elle même, quand je façonne contre vous un mal, je conçois contre vous un dessein de « revenez donc chacun de sa mauvaise voie ». La finalité du mal est que vous reveniez en téchouva. Le mal n'est pas une finalité en soi. Voici, je façonne contre vous un mal et je conçois contre vous un dessein. Quel dessein ? Ce dessein est : revenez donc chacun de sa mauvaise voie. Alors, bien que concrètement tu voies un mal, sache quelle est la pensée intérieure : revenez donc chacun de sa mauvaise voie. Comme un père qui châtie son fils, dont le but est de le remettre sur le droit chemin. Un père punit son fils quand son but est de le réparer, non, à Dieu ne plaise, de se venger de lui. Ainsi dit l'Éternel : je veux que vous reveniez en téchouva, revenez donc chacun de sa mauvaise voie, et améliorez vos voies et vos actions. « Revenez » porte sur le passé, et « améliorez vos voies » porte sur l'avenir. Comme nous l'avons vu dans la parabole du vase : il a brisé le vase précédent, c'est le « revenez » sur le passé, et il en a façonné un vase nouveau, c'est la construction future. Et améliorez vos voies et vos actions. Que signifie cette double formulation « vos voies et vos actions » ? Le Malbim dit : nous trouvons cela très souvent dans le Tanakh, et cela apparaît en double, « vos voies et vos actions ». Le prophète leur dit : vous devez vous réparer, tant les voies qui sont les voies de l'âme, que les actions qui sont les actes issus de ces voies de l'âme. Je vais expliquer. Une personne peut jalouser son prochain pour quelque chose et aller lui nuire. La jalousie, nous l'appellerons voie. Le fait de nuire, nous l'appellerons actions. Les actions désignent les actes qu'il accomplit concrètement. En revanche, les voies désignent la voie négative qui est dans son cœur, elle est appelée « vos voies ». Alors « améliorez vos voies et vos actions » : améliorez vos voies, ce qui est dans votre cœur, et aussi vos actions, c'est à dire les actes que vous accomplissez en vertu de ces traits d'âme négatifs.

Mais ils diront : c'est désespéré, car nous irons après nos pensées, et nous agirons chacun selon l'obstination de son mauvais cœur. L'Éternel lui dit : lorsque tu leur diras ces choses, ils diront « c'est désespéré ». Ils diront « désespéré », que signifie cela ? Ils prononceront des paroles de désespéré, d'un homme qui ne désire plus se réparer. « Notre cœur désespère d'aller après les voies de l'Éternel », ainsi explique le Radak. Alors, face à « améliorez vos voies », ils lui diront « nous irons après nos pensées », car nous avons expliqué que « vos voies » désigne l'intériorité du cœur, les traits de caractère. Et face à « améliorez vos actions », ils lui disent « nous agirons chacun selon l'obstination de son mauvais cœur ». « L'obstination de son mauvais cœur, nous agirons » : il s'agit ici d'une action, en face de « vos actions ».

C'est pourquoi ainsi a dit l'Éternel : demandez donc parmi les nations, qui a entendu de telles choses ? Une chose horrible a commise, la vierge d'Israël, à l'extrême. Ainsi a dit l'Éternel : demandez donc parmi les nations. C'est un schéma de réprimande fréquent chez les prophètes : lorsque les prophètes veulent réprimander Israël, ils veulent leur montrer qu'ils sont devenus pires que les nations. Nous avons développé cela par le passé : c'est la raison pour laquelle Yona ne voulait pas aller en mission de l'Éternel réprimander Ninveh. Car s'il réprimande Ninveh et qu'ils reviennent en téchouva, il y aura là une grande accusation contre le peuple d'Israël, à savoir qu'encore une fois ils sont pires que les nations. Les nations, je les ai réprimandées et elles sont revenues, tandis qu'Israël, on les réprimande matin et soir et ils ne reviennent pas en téchouva. C'est pourquoi il a livré son âme pour qu'il n'y ait pas d'accusation contre le peuple d'Israël. Alors ici aussi nous voyons ce même schéma de réprimande. Ainsi a dit l'Éternel : demandez donc parmi les nations, qui a entendu de telles choses ? Une chose horrible a commise la vierge d'Israël, à l'extrême. Qui a entendu de telles choses honteuses que le peuple d'Israël a commises, c'est à dire que même parmi les nations il n'y a pas de telles choses. « Chaarourit » est une chose honteuse. C'est comme nous disons « chaarouria » (scandale), « chma vechaaroura » et ainsi de suite, des expressions de ce genre. L'expression « chaarourit », « chaarouria », « chaaroura », leur signification est le déshonneur. Le Radak explique que cela désigne la saleté et la souillure. Le Metsoudat Tsion dit que c'est une chose honteuse et laide. N'est ce pas ? Alors Il dit : viens et vois qu'ils ont fait des choses étranges, honteuses et laides. Et « demandez donc parmi les nations » : même les nations écouteront les prophètes qui réprimandent et avertissent des mauvaises actions. Et nous en avons vu un exemple à Ninveh. Le prophète alla les réprimander et ils acceptèrent. Le fardeau de Damas, le fardeau d'Édom, nous voyons aussi des prophéties adressées aux nations. C'est pourquoi Il leur dit : demandez donc parmi les nations. La neige du Levanon quitte t elle le rocher du champ ? Les eaux fraîches et courantes venues d'ailleurs sont elles arrachées ? Que signifie « la neige du Levanon quitte t elle le rocher du champ » ? Un homme qui a soif quitte t il la neige du Levanon qui jaillit du rocher du champ ? Cela signifie : un homme qui a soif, et il y a de la neige jaillissant du Levanon, car les fleuves qui viennent du Levanon sont la fonte des neiges. Y a t il un homme qui quitterait cette neige qui sort là du rocher du champ, un rocher situé dans les champs ? Y a t il une chance qu'un assoiffé délaisse des eaux aussi pures et limpides et s'en aille sans en boire ?

Les eaux fraîches et courantes venues d'ailleurs sont elles arrachées ? « Les eaux venues d'ailleurs sont elles arrachées » : l'expression « zarim » (étrangères) est ici quelque peu étrange et il y a beaucoup d'explications à son sujet. Que sont « des eaux zarim » ? « Sont arrachées des eaux zarim ». Une première explication, que donnent le Malbim ainsi que Rachi dans sa première explication, c'est du langage de « zerem » (flot). Des eaux qui coulent, des eaux abondantes. « Sont arrachées des eaux zarim » : cela désigne des eaux qui coulent avec force, des eaux abondantes. Et « fraîches », « fraîches » non pas au sens opposé à chaudes, mais « fraîches » désigne des eaux venues directement de leur source. C'est le sens, ce sont toujours des eaux excellentes, avec la source qui jaillit. Et nous avons vu une telle expression « j'ai creusé et bu des eaux », comme il est écrit là chez Sanh'eriv, n'est ce pas ? Cela désigne des eaux qui jaillissent de leur source. Comme on dit « Rosh HaNikra », là aussi, cela vient du mot « niqrat hatsour » (crevasse du rocher), cela désigne des eaux qui jaillissent de la source. Et « courantes », « courantes » signifie que ce ne sont pas des eaux qu'il faut peiner à puiser, elles coulent, il n'y a pas d'effort à les puiser. Il ressort donc qu'il y a ici des eaux abondantes que l'on puise avec facilité, elles jaillissent du rocher du champ et elles sont bonnes et de qualité, et cet homme est un homme assoiffé, alors est il possible qu'un homme assoiffé délaisse des eaux aussi bonnes et excellentes ? Rachi explique que « zarim », ainsi le rapporte t il au nom de Menahem, ce n'est pas du langage de « qui coulent » mais du langage de guérison. Quel est le lien entre « zarim » et la guérison ? Comme dans « elles n'ont pas été zoru (soignées) ni pansées ». Nous avons expliqué une fois pourquoi le remède est appelé « mazor » ? Parce que leur usage était de prendre des remèdes, de les broyer et de les répandre (« zorim ») sur les plaies. C'est de là que vient l'expression « lo zoru velo h'ubachou », on répandait sur la plaie des remèdes et ensuite on mettait le pansement. C'est donc l'expression « mazor », de là vient la signification du mot « mazor ». Ici Il vient leur dire : « lo zoru », ces eaux, la neige du Levanon quitte t elle le rocher du champ, sont arrachées des eaux « zarim » ? Que sont des eaux « zarim » ? Cela désigne des eaux dans lesquelles il y a une guérison. C'est le sens de « eaux zarim », du langage de « zoru », des eaux qui guérissent. Est il possible que l'on quitte de telles eaux ? Il dit que ce ne peut pas venir du langage de « flot » car alors il aurait fallu dire « eaux zormim » ou « eaux zeroumim », il aurait fallu redoubler le « mem », c'est pourquoi il n'explique pas que c'est du langage de « flot » mais du langage de guérison. Rachi apporte encore une autre explication : que c'est du langage de « sont arrachées pour être des eaux zarim méprisées ». Cela désigne des eaux méprisables, c'est « zarim », comme « il est considéré comme étranger », du langage d'eaux qui nous sont étrangères, que l'homme ne désire pas. « Sont arrachées des eaux zarim courantes » : cela signifie, des eaux aussi excellentes, les arracheras tu comme des eaux étrangères ? Comme des eaux méprisables ? N'en boiras tu pas alors que les eaux sont aussi excellentes ? Il ressort donc que selon la première explication de Rachi c'est du langage de « flot », et selon la seconde explication c'est du langage d'« étranger ».

Car mon peuple m'a oublié, ils offrent de l'encens à la vanité, et on les a fait trébucher dans leurs voies, les sentiers éternels, pour marcher sur des chemins, une voie non frayée. Après que l'Éternel a énoncé la parabole, qu'il n'est pas possible qu'un homme assoiffé quitte des eaux excellentes, Il dit : viens et vois si ce n'est pas ce qui s'est passé ici. L'Éternel dit : car mon peuple m'a oublié, ils offrent de l'encens à l'armée des cieux qui n'a aucune utilité, et on les fait trébucher dans leurs voies, ces sentiers des cieux, « et on les a fait trébucher dans leurs voies, les sentiers éternels ». C'est à dire que même les sentiers du monde les font trébucher dans leurs voies. Que signifie cela ? Le Metsoudat David explique que lorsqu'ils voient les voies de la nature dans le monde et qu'ils voient comment la force de la nature agit en vertu des astres, ce qui est, comme on le sait, une chose vraie et exacte, que l'influence des astres se déverse vers le bas, c'est à dire que les astres sont le canal de l'influence, n'est ce pas ? C'est à dire que selon celui qui naît sous tel signe astral, il en sera ainsi, et sous tel autre signe il en sera autrement, celui ci sera un verseur de sang ou sera humble, celui ci sera ainsi, celui là ainsi, nous voyons qu'en effet les astres ont une force d'influence. Seulement l'Éternel dit : « des signes des cieux ne vous effrayez pas ». Le peuple d'Israël est au dessus du mazal. Mais il est certain qu'il y a un mazal, nous ne l'ignorons pas. Et Avraham était très grand en astrologie. C'est pourquoi Avraham, selon son astrologie, savait qu'il n'engendrerait pas. Et le Saint béni soit Il lui dit : sors. Que signifie « sors » ? Sors de ton astrologie et regarde et compte les étoiles. Pourquoi ? Parce que tu es au dessus des étoiles. Et celui qui est en dessous des étoiles est influencé par elles, celui qui est au dessus des étoiles n'est pas influencé par elles. Mais le peuple, quelle erreur a t il pensée ? Ils ont vu et reconnu que les astres influencent réellement, c'est pourquoi ils ont pensé qu'ils pourraient recevoir l'abondance en priant devant eux, en leur offrant des sacrifices, en les servant. Cela s'appelle « ovéd kohavim oumazalot » (servir les astres et les constellations). Et un tel homme est totalement idolâtre, n'est ce pas ? C'est pourquoi ce qui les a fait trébucher, c'est l'astre. C'est ce qu'Il dit : « ils m'ont oublié, ils offrent de l'encens à la vanité », qui est la vanité comme nous l'avons dit ? Ce sont les astres, envers eux, « et on les a fait trébucher dans leurs voies, les sentiers éternels, pour marcher sur des chemins, une voie non frayée ». Ils voient l'influence des astres et ils pensent que toute l'abondance vient d'eux, et par là ils marchent sur un chemin non frayé, ce qui signifie un chemin d'où l'on n'a pas ôté l'obstacle, c'est un chemin non frayé. Un chemin frayé est un chemin d'où l'on a ôté les obstacles. Que signifie cela dans leur conception ? Que s'ils avaient approfondi, ils auraient vu que le chemin sur lequel tu marches est un chemin escarpé, car les astres et leurs forces aussi viennent de Lui, béni soit Il. Tout est influencé par le Saint béni soit Il. Alors quelle place y a t il pour servir les astres comme s'ils avaient une force propre ? Alors le chemin sur lequel tu marches est un chemin escarpé, c'est un chemin non frayé, tu sers l'astre au lieu de servir l'Éternel, qui est Celui qui a donné la force.

Le Malbim explique : « car mon peuple m'a oublié », ils m'ont abandonné, moi, la source d'eaux vives, et à ma place ils sont allés, « à la vanité ils offrent de l'encens », comme il est écrit « pour se creuser des citernes crevassées ». « Et on les a fait trébucher dans leurs voies », que signifie « dans leurs voies » ? Remarquez : « et on les a fait trébucher dans leurs voies, les sentiers éternels, pour marcher sur des chemins, une voie non frayée ». On met plusieurs expressions sur le chemin : « voie » (dérekh), « sentier » (chvil), « chemins » (netivot), « voie non frayée ». Le Malbim explique : les voies du service de l'Éternel, les voies de la Torah et des mitsvot, sont des voies larges. Et le Malbim a déjà expliqué à plusieurs reprises par le passé, comme nous l'avons vu, que « dérekh » (voie) désigne toujours une voie pour le grand nombre. Quand le texte mentionne « dérekh », c'est ce qu'on appelle une autoroute, c'est une voie pour le grand nombre. Alors cette voie est une voie pour le grand nombre, c'est la voie du roi, c'est la voie de la Torah, il y a en elle une conduite globale en tout lieu, en tout temps, pour tout homme, il n'y a personne qui n'ait de directive dans la Torah. Il n'y a personne qui n'ait de voie issue de la Torah. Il ressort donc que la Torah est une voie très large, c'est une voie pour tous. Même le roi a des voies de conduite pour agir selon la Torah, et aussi l'homme humble, et aussi le sage, et aussi l'homme du peuple, pour tous. C'est pourquoi cela s'appelle « dérekh ». Cette voie est une voie pour tous. Et il y a aussi des « sentiers éternels ». Le « chvil » (sentier), dit le Malbim, c'est le chemin de l'individu. Les sentiers sont généralement pour des individus, aujourd'hui encore nous employons cette expression généralement pour un sentier qui est un sentier individuel. Ainsi aussi dans la Torah : il n'y a pas seulement une voie pour le grand nombre, il y a aussi un sentier pour les individus, dans tous les détails des actes, quel acte accomplir, quand l'accomplir, de quelle manière l'accomplir, ce sont là les aspects des sentiers. Et cette chose est éternelle, elle ne changera jamais, c'est pourquoi cela s'appelle « sentiers éternels ». Ce ne sont pas des sentiers temporaires, ce sont des sentiers qui sont pour l'éternité. Et on les fait trébucher dans leurs voies, on place des obstacles sur ces voies. Elles ne sont pas commodes à parcourir car on y place des obstacles. Cela signifie : ces gens qui incitent, que font ils ? Ils te disent : non, la voie n'est pas bonne. Il y a dessus des obstacles, il y a là des pierres, et dans son GPS il te trouve un itinéraire alternatif. Recalcul de l'itinéraire. Que s'est il passé ? Il te dit : non, la voie de la Torah n'est pas bonne. Elle n'est pas réussie. Et alors, par conséquent, il te dirige vers une autre voie. Vers quels chemins ? Pour marcher sur des chemins, une voie non frayée. Il t'envoie marcher sur un chemin non frayé. Cela signifie d'abord que ce sont des « netivot » (chemins), et « netivot » n'est pas un lieu englobant le grand nombre mais seulement pour des particuliers et des individus, et ce chemin n'est pas frayé, « et il fera errer dans le chaos, sans chemin ». C'est à dire qu'ils te montrent quelque chose qui semble une voie mais qui en réalité n'est pas frayée. Il ressort donc qu'ils les ont pris depuis la voie frayée, où il y a aussi de bons sentiers, vers une voie non frayée et vers des chemins qui sont, comme je l'ai dit, non destinés au grand nombre et remplis d'obstacles.