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Chapitre 45 - Cyrus, l'oint de l'Éternel - Partie 4

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Car ainsi a parlé l'Éternel, créateur des cieux, lui qui est Dieu, formateur de la terre et son artisan, lui qui l'a affermie, non pour le chaos qu'il l'a créée, mais pour être habitée qu'il l'a formée. Je suis l'Éternel et il n'y en a pas d'autre.

Car ainsi a parlé l'Éternel, créateur des cieux, lui qui est Dieu. Le Radak explique que puisque nous avons vu plus haut qu'il parle d'idoles qui ne servent à rien, qui ne sauvent pas et en qui il n'y a nul salut, il dit: sache-le, le Saint béni soit-Il, créateur des cieux, c'est Lui qui est Dieu. Le Saint béni soit-Il a tout créé, c'est Lui le Juge, c'est Lui qui dirige, et non les sphères et les étoiles. Et même s'il te semble que ce sont elles qui dirigent ici, dans ce bas monde méprisable, le Saint béni soit-Il dit: Je me trouve au-dessus de tout. Créateur des cieux, c'est Lui qui est Dieu. Et c'est Lui qui forme la terre et l'a faite, et Lui qui l'a affermie. Formateur de la terre, la formation première. L'a faite, cela vient ensuite. Et non seulement cela, mais Il l'a affermie. Cela signifie qu'Il l'a établie pour que les créatures soient sur elle, dit le Radak, afin qu'elles soient fécondes et se multiplient. Comme il leur a dit: croissez et multipliez. Et le Radak dit: prêtez attention, et si elles diminuent, c'est par la faute des hommes. Si tu dis: mais le monde ne se multiplie pas comme il le faudrait, cela vient de la faute des hommes. Ils ont l'entendement pour comprendre le bien et le mal, et en faisant le mal ils diminuent. Autrement dit, tu attires cela sur toi-même. Soit par cela, par la guerre, soit par une épidémie venue de Dieu, et là encore c'est par ta faute. Oui, ou parce qu'ils ne s'occupent pas de la procréation. Alors de fait ils se réduisent eux-mêmes. Mais le Saint béni soit-Il, quant à Lui, a créé le monde pour qu'il grandisse, se développe et se multiplie. Je suis l'Éternel et il n'y en a pas d'autre, celui qui blesse et guérit, qui fait mourir et fait vivre, moi seul.

Le Malbim explique: il y a ici trois preuves qu'il faut avoir confiance en l'Éternel. Trois preuves qu'il faut s'appuyer sur le Saint béni soit-Il, que le Saint béni soit-Il, cela fait suite à ce que nous avons vu précédemment, est un Dieu qui se cache. Comme nous l'avons expliqué, se cacher signifie qu'Il se cache de toi mais qu'Il te voit. Car l'homme pourrait tomber dans l'erreur des philosophes qui ont dit que le Saint béni soit-Il a créé le monde mais qu'il ne s'y intéresse plus depuis. Le monde n'est pas, ce n'est pas pour Lui, ce n'est pas... qui sommes-nous donc pour que l'Éternel occupe Sa pensée aux hommes? C'est ainsi que croyaient ces hérétiques. Mais nous croyons que le Saint béni soit-Il veille sur chaque détail et sur chaque acte. Le Malbim dit: à présent Il va nous démontrer ce point, que le Saint béni soit-Il veille sur tout ce qui arrive aux hommes, et bien qu'Il se cache, il existe nécessairement une providence totale. La première preuve qu'Il nous apporte vient de la création du monde. Regarde, le Saint béni soit-Il a créé les cieux et la terre. Dans les cieux, le Saint béni soit-Il n'a rien changé. Tels qu'ils ont été créés, ainsi sont-ils restés jusqu'à aujourd'hui. Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. Qu'est-ce que la création (briah), dit le Malbim? La création, c'est faire sortir quelque chose du néant. Créer une chose est un acte unique, quelque chose à partir de rien. Et nous avons déjà expliqué ce que dit le Ramban, qu'au premier jour fut créée la matière première (hiouli), ce qu'on appelle dans notre langue l'atome, et à partir de cela le Saint béni soit-Il a créé tout ce qui existe dans la création par la suite. Cela n'était plus de la création (bara) mais ce qu'on appelle formation (yatzar). Car la création n'est que la première fois, c'est seulement faire sortir quelque chose du néant. Cela, c'est la création. La formation, c'est réparer et façonner la chose. Selon les mots du Malbim, c'est parfaire la forme qui adhère à la matière. Par exemple, j'ai pris la poussière qui a été créée, je l'ai prise, j'ai pétri quelque chose qui ressemble à la forme d'un récipient. Cela s'appelle déjà formation. J'ai collé morceau contre morceau, j'ai formé la figure d'un récipient. Le façonnage (assiah), je le lisse, je le rends achevé. Et elle fit ses ongles, quel est le sens? Elle arrangea ses ongles. Que veut dire faire des ongles? Qu'est-ce que faire? Cela signifie arranger. Elle lime et coupe, c'est le sens de faire. Il ne fit pas sa barbe, cela signifie qu'il arrangea sa barbe. Alors une fois que j'ai les mottes collées en une forme générale de récipient, je le lisse maintenant, je crée sa forme, et cette forme s'appelle façonnage. Quand je termine, quand je fais les dernières finitions, cela s'appelle affermir la chose (konena). L'établir dans son état définitif, ce qu'on appelle déjà prêt à l'usage. Par exemple, je lui ai peut-être donné un revêtement de couleur, ou un vernis, ou j'ai peint dessus. Cela s'appelle l'affermir. C'est la toute dernière étape du récipient. Alors, dit-il, regarde: l'Éternel crée les cieux. Les cieux, comme nous l'avons dit, ont été créés. Aucun changement ne les a affectés, tels quels ils ont été créés par l'Éternel à partir du néant. Et l'Éternel est Dieu (haElohim)... qu'est-ce que haElohim? Toutes les nombreuses forces que tu vois dans la nature, tout cela vient de l'Éternel. Tu vois ensuite que l'Éternel fait le soleil, la lune, les étoiles et... l'Éternel est haElohim. Nous avons dit que haElohim est au pluriel. Et nous avons expliqué que cela signifie souverain sur toutes les forces. Il a fait exister toute la réalité, Il a formé la terre et l'a faite, Il l'a affermie. Quel est le sens? Comme nous l'avons expliqué. Sur la terre, en dehors de la création première qui est disons la substance même de la poussière, ensuite Il a formé. Il l'a formée en une figure: que les eaux se rassemblent en un seul lieu et que la terre ferme apparaisse. Ensuite Il l'a faite, Il a fait pousser sur elle l'herbe, la verdure et les arbres. Puis Il l'a affermie, c'est l'achèvement. Il y a placé des animaux et a formé l'homme sur la terre. C'est le lieu affermi, cela signifie que nous avons terminé l'œuvre. Que vois-tu de tout cela? C'est la fin du verset. Non pour le chaos Il l'a créée, mais pour être habitée Il l'a formée. De tout cela tu arrives à la conclusion que le Saint béni soit-Il n'a pas voulu qu'elle reste à l'état de chaos. Comme la terre l'était au début de son existence, la terre était informe et vide. Non, si c'était le cas il aurait suffi de créer. Qu'Il crée une terre et qu'Il s'en aille. C'est fini, elle est chaos. La terre est maintenant informe et vide. Pourquoi fallait-il faire tout cela? La formation, le façonnage, l'affermissement? Tout cela pour être habitée Il l'a formée. Tu vois par là que Son but essentiel était qu'il y ait ici une habitation d'êtres humains. Pour être habitée Il l'a formée. De cela tu vois qu'il existe une providence totale sur tout. Car celui qui veille vraiment, qui fait chaque chose et s'attarde à tous les détails et minuties, cela signifie qu'il a un dessein, une intention, il a fait cela dans une providence totale. De cela tu déduiras aussi: Je suis l'Éternel et il n'y en a pas d'autre. Il n'y a pas d'autre force dans la création que l'Éternel béni soit-Il, il n'y en a pas d'autre que Lui.

Au passage, on apprend de ce verset, non pour le chaos Il l'a créée, mais pour être habitée Il l'a formée, on apprend que la femme aussi a une mitzva, une sorte de mitzva de procréation. L'homme a la mitzva de procréation. Il a le commandement d'engendrer un fils et une fille. En revanche, la femme n'a pas la mitzva de procréation. La femme n'est pas commandée à ce sujet. De son point de vue, elle pourrait même ne pas se marier. Malgré cela, elle a tout de même une mitzva, certains disent qu'elle est d'ordre rabbinique, d'autres qu'il s'agit d'un support scripturaire (asmakhta), elle a une mitzva appelée non pour le chaos Il l'a créée, mais pour être habitée Il l'a formée. La femme, c'est-à-dire que le monde n'a pas été créé pour le chaos mais pour être peuplé. C'est le sens de pour être habitée Il l'a formée, pour qu'on peuple le monde. Et la femme, en se mariant, peuple en fait le monde. Elle apporte, elle ajoute du peuplement au monde. Alors la femme a encore une mitzva, non pas au titre de la procréation, mais au titre de sa contribution au peuplement même du monde. Il y eut une fois, à Dieu ne plaise, que l'Éternel nous en préserve, un homme leva la main sur sa femme. Il frappa sa femme. On l'amena au tribunal, on lui demanda: qu'est-ce que c'est? Comment fais-tu des choses pareilles? Quel acte très grave... Alors il leur dit: il est écrit non pour le chaos Il l'a créée, mais pour être habitée (lashévet) Il l'a formée. Lashévet avec un bet. Un bâton, lashévet Il l'a formée. Que Dieu nous en préserve. Bon.

Ce n'est pas en secret que J'ai parlé, dans un lieu de terre ténébreuse; Je n'ai pas dit à la descendance de Yaakov: cherchez-Moi dans le chaos. Je suis l'Éternel, qui dit la justice, qui annonce la droiture.

Rachi explique: ce n'est pas en secret que J'ai parlé, quand J'ai donné la Torah, Je n'ai pas dit pour rien, gratuitement, à la descendance de Yaakov: cherchez-Moi. C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il dit pour ainsi dire: Je ne t'ai pas demandé de Me servir gratuitement. Quand J'ai donné la Torah, Je ne t'ai pas demandé de Me servir gratuitement. Mais Je t'ai dit: tu recevras une immense récompense. Je suis l'Éternel qui dit la justice. Après leur avoir ouvert avec la parole de Ma justice pour leur faire connaître leur récompense, ce n'est qu'ensuite que Je leur ai donné la Torah et les mitzvot. Où vois-tu cela? Avant même le don de la Torah il est écrit: et maintenant, si vous écoutez ma voix, etc., vous serez pour Moi un trésor précieux, un royaume de prêtres et une nation sainte. Toutes les promesses sont venues d'avance. Et ensuite Je vous ai demandé d'agir. Autrement dit, selon Rachi ce verset vient dire: Je ne vous impose pas des travaux comme un roi qui impose des corvées à ses sujets sans récompense, sans rien réclamer d'eux, mais avant même de vous imposer un travail, Je vous ai proposé et fait connaître la récompense que vous recevriez à l'avenir. Alors, Je n'ai pas dit à la descendance de Yaakov: cherchez-Moi dans le chaos, cherchez-Moi, priez-Moi, servez-Moi gratuitement, en vain. Je suis l'Éternel qui dit la justice, J'ai parlé avec justice dès avant, qui annonce la droiture, Je vous ai promis que votre récompense vous parviendrait en toute équité.

Selon le Malbim, ce verset fait suite à ce que nous avons ouvert précédemment, à savoir que le Saint béni soit-Il démontre que, bien qu'Il soit un Dieu qui se cache, toute la réalité prouve néanmoins que tu dois servir le Saint béni soit-Il et que l'Éternel est Dieu. Et une réalité existe. La deuxième preuve vient du don de la Torah. Comme on le sait, ceux qui étaient avec nous pour le livre du Kouzari le savent, peut-être avec l'aide de l'Éternel y reviendrons-nous peut-être après Roua'h 'Haïm, puisque la majorité du public présent ici n'était pas là à l'époque. Là-bas, l'un des fondements, on peut dire le fondement le plus solide de notre foi en l'Éternel béni soit-Il, c'est le sujet du don de la Torah. Là, le Saint béni soit-Il s'est révélé non pas à un seul homme, mais à cinq millions de personnes. Nous avons tous vu, et non un étranger, nous avons tous entendu, et non un autre: c'est à toi qu'il a été donné de voir que l'Éternel est Dieu. C'est le fondement solide, la base inébranlable, qu'aucune religion au monde ne possède. Et non seulement cela, la Torah promet aussi qu'aucune religion au monde n'osera prétendre avoir vu ou vécu une vision semblable. Car interroge donc les temps anciens qui t'ont précédé: un peuple a-t-il entendu la voix de Dieu parler du milieu du feu, comme tu l'as entendue, et est resté en vie? Un Dieu est-Il venu prendre pour Lui une nation du sein d'une nation, par des épreuves, des signes et des prodiges, à main forte, comme le Saint béni soit-Il vous a fait sortir d'Égypte sous tes yeux? C'est à toi qu'il a été donné de voir. Le Saint béni soit-Il dit: cela, vous l'avez vu. Non pas d'autres peuples, non pas des histoires que l'on vous raconte de générations passées, mais une révélation divine qui a eu lieu aux yeux de millions. Et le Rambam dit: Moché Rabbénou, on n'a pas cru en lui à cause des signes et des prodiges qu'il a accomplis. Car des signes et des prodiges peuvent se faire par la magie et la sorcellerie. Un homme peut pratiquer la sorcellerie et accomplir des signes et des prodiges. Nous n'avons aucune difficulté à croire que les chrétiens racontent que cet homme a marché sur les eaux. D'accord, il a marché sur les eaux, et alors? Aujourd'hui encore il y a des gens en Inde qui font toutes sortes de prodiges, et alors? Est-il pour autant un homme de Dieu? Qu'y a-t-il là-dedans? Cela peut se faire par la magie et la sorcellerie. Il existe toutes sortes de voies de sorcellerie, et surtout que nos Sages disent que cet homme se trouvait au Temple et y a pris le Nom explicite, et que par sa puissance il a pratiqué la sorcellerie, incité et détourné. Nos Sages nous révèlent donc qu'il a pratiqué la sorcellerie. Nous n'avons aucune difficulté à croire à la sorcellerie, nous savons qu'il existe de telles forces, nous savons qu'elles contredisent l'assemblée d'en haut. Mais quelle nation a raconté avoir connu une révélation divine aux yeux de millions? Cela, il est impossible de le nier. Le Saint béni soit-Il a ouvert les cieux et la terre, tu as entendu la voix de l'Éternel te parler du milieu du feu et tu as vécu. Quelle pyrotechnie pourrait créer une fausse mise en scène de la station du mont Sinaï? Moché parlera et Dieu lui répondra par une voix. Le son du shofar allait s'intensifiant. Une nuée descend sur la montagne. Tout cela est impossible. Et Moché annonce cela d'avance, quand cela aura lieu, en quel jour, à quel moment exactement. Et tout cela, peuple d'Israël, vous l'avez vu et non un étranger, vos oreilles l'ont entendu et non un autre. C'est la preuve la plus éclatante de la véracité de la Torah. Et depuis lors il y a encore de merveilleuses preuves, des prophéties transmises au fil des générations, alors qu'aucune religion au monde n'ose apporter une seule prophétie annoncée d'avance qui se soit réalisée, de sorte qu'en fait tout cela est une preuve claire que l'Éternel veille sur nous. Voici, il n'y a pas de providence plus grande que le fait que le Saint béni soit-Il nous donne Son livre d'instructions sur la manière de nous conduire selon lui.

Ah, c'est secret, c'est... que veux-tu, de telles choses en public? Allons donc. Alors tu comprends que cela doit se passer dans un lieu de ténèbres. Un lieu... de telles choses, des choses de pudeur, cela se fait dans un lieu de ténèbres. Le Saint béni soit-Il dit: dans un lieu de terre ténébreuse, Je n'étais pas dans un lieu de terre ténébreuse. Le Saint béni soit-Il dit: chez vous, tout est révélé au grand jour. Ce ne sont pas eux qui l'ont fait entrer dans une grotte, eux qui l'ont fait dans les ténèbres, non. Le Saint béni soit-Il dit: ce que Je vous dis, tout est révélé au grand jour, ce n'est pas en secret que J'ai parlé, ni dans un lieu de terre ténébreuse, mais tout s'est fait de manière ouverte et claire. Voici comment se répand la divinité, non pas comme les histoires de ces... de ces gens. Nous avons déjà parlé, en son temps, du fait que le christianisme a d'emblée créé un modèle indémontrable. Afin que personne ne dise: prouve-le. Allons, de telles choses, tu veux que je les prouve? Aie honte, ce sont des choses relevant de la pudeur, et je devrais les prouver? Tu dois comprendre que cela doit se passer dans la pudeur. N'est-ce pas? Alors ils ont d'emblée créé un modèle qu'il serait impossible de contester: apporte des preuves. Comment... comment peut-on même demander des preuves sur une telle chose?

Poursuivons. La troisième preuve, dit-il, ce sont les mitzvot elles-mêmes. La Torah et les mitzvot que J'ai placées devant le peuple d'Israël témoignent elles-mêmes que Je veille d'une providence particulière et spéciale sur le peuple d'Israël. Car regarde: les nations aussi, en leur temps, avaient toutes sortes de commandements, toutes sortes d'instructions de la part de l'idolâtrie. Mais tous leurs commandements sont des choses sans utilité ni raison. Le Saint béni soit-Il dit: chez Moi il n'en est pas ainsi. Je n'ai pas dit à la descendance de Yaakov: cherchez-Moi dans le chaos. Je ne leur ai pas donné des mitzvot du chaos. Des mitzvot sans raison, des mitzvot dénuées de logique. Au contraire, la Torah que Je leur ai donnée amène l'homme à la perfection. Et il y a là deux catégories de mitzvot, deux types de mitzvot dans la Torah. Les mitzvot entre l'homme et son prochain et les mitzvot de croyances et d'opinions.

Les mitzvot entre l'homme et son prochain, c'est la conduite de la justice et de l'équité. La justice exprime toujours, selon le Malbim, les affaires entre l'homme et son prochain. Juger son prochain avec justice, toutes les affaires de justice sont des conduites entre l'homme et son prochain. La Torah est infiniment remplie de mitzvot entre l'homme et son prochain. Tu aimeras ton prochain comme toi-même, tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur, si tu vois l'âne de celui qui te hait, euh... la mitzva du prêt, la mitzva... si tu prêtes de l'argent à mon peuple, tu ne prendras pas d'intérêt, mitzva que la Torah commande... euh... tu ne voleras pas, si tu prêtes de l'argent à mon peuple, sans fin la Torah parle de mitzvot sociales. Le Saint béni soit-Il dit: Je suis l'Éternel qui dit la justice. Mes mitzvot ne sont pas du chaos. Ce ne sont pas des mitzvot sans raison comme les mitzvot de l'idolâtrie: viens brûler de l'encens à l'idole. Qu'as-tu fait par là? Quelle perfection as-tu atteinte par là? Qu'as-tu changé en toi-même par cet acte? Rien. Une mitzva de chaos. Brûle de l'encens à l'idole, c'est tout.

Le Saint béni soit-Il dit: Je vous ai aussi commandé des mitzvot qui sont des mitzvot entre l'homme et Dieu, qui redressent l'homme dans ses croyances et ses opinions. Qui annonce la droiture. La droiture (mésharim) désigne les choses qui redressent l'homme dans ses opinions. De sorte que par là tu peux te convaincre qu'il existe une réalité dans laquelle le Saint béni soit-Il révèle à l'homme quelle est la voie juste, comment être droit dans ses opinions, dans ses conduites, tant entre l'homme et son prochain qu'entre l'homme et Dieu. Des choses qui agissent et modifient la réalité dans les mondes supérieurs. Qui annonce la droiture. Vos mitzvot sont des mitzvot droites et honnêtes, non des mitzvot de chaos.

Le Malbim dit: il en ressort donc que dans le verset précédent il parlait de l'œuvre de la création, comme nous l'avons expliqué, de la création même du monde. Ici il parle de la providence que le Saint béni soit-Il exerce sur l'homme, sur la vie matérielle. Dans ce verset il parle des mitzvot que Je vous ai commandées. Je vous ai donné la Torah, Je vous ai donné des mitzvot entre l'homme et son prochain, entre l'homme et Dieu. Elles témoignent de la providence qui redresse l'homme afin qu'il mérite la vie éternelle. Nous avons donc à la fois la vie matérielle dans la création même du monde, et la vie spirituelle dans le don même de la Torah. Tout cela, dit le Saint béni soit-Il, Je vous l'ai donné, contrairement aux idoles et à l'idolâtrie qui, elles, que donnent-elles à leurs fidèles? Du chaos. Non... il n'y a en elles rien de réel.

Le Malbim explique: remarquons qu'il y a ici une parole (dibour) et une annonce (hagada). Il est écrit: ce n'est pas en secret que J'ai parlé, Je suis l'Éternel qui dit la justice, qui annonce la droiture. Le Malbim dit: quelle est la différence entre la parole et l'annonce? L'annonce, dit le Malbim, porte généralement sur quelque chose de nouveau que la personne ne connaissait pas. La parole vaut même si tu connais déjà la chose: je la détaille, je l'explique davantage, cela s'appelle parole. Mais si je... je dis: je veux te dire quelque chose. Dire quelque chose (léhaguid) porte généralement sur une chose nouvelle que tu ne connais pas. Mais «nous devons parler», cela porte sur quelque chose que tu connais, il nous faut seulement en discuter. Alors la parole porte généralement sur une chose déterminée déjà connue, qu'il faut expliquer et éclaircir. L'annonce porte sur une chose nouvelle. La droiture (mésharim), ce sont les croyances, les opinions. Toutes ces choses ne se connaissent pas d'elles-mêmes, il faut que quelqu'un nous les dise. Et je vais expliquer cela.

Ceux qui le voudront pourront écouter le disque sur Michlé; le Malbim y explique les choses en détail et sur de nombreux versets il suit cette ligne, à savoir qu'en matière de morale il n'y a pas de clé de l'intelligence. Il n'y a pas de clé du savoir sur les questions morales. On peut dire que l'un des sujets qui créent les plus grandes divisions entre opinions, méthodes, conceptions, idées, partis, ce sont les questions morales. Vous pouvez voir la droite extrême et la gauche extrême, chacun revendique la possession de la morale et le fait que c'est lui le moral et que ce que l'autre fait est cruauté, contraire à toute voie morale, contre l'équité et la justice. Les questions de morale et de justice ne sont pas des questions démontrables. Ce sont des questions transmises par le Créateur. Ce que le Créateur... celui à qui le Créateur a transmis la sagesse de fixer ce qui est moral et ce qui est juste, c'est cela la chose juste et morale à faire, sans possibilité d'arriver à des conclusions par un quelconque approfondissement personnel.

Et la plus grande preuve en est que Hitler lui-même prétendait être moral. Non seulement il prétendait être moral, mais il prétendait aussi que le peuple juif était insolent et immoral. Car la morale agit selon la voie naturelle où le fort l'emporte sur le faible et le soumet. Or voici un peuple faible qui s'obstine depuis des milliers d'années à survivre contre les lois de la nature. L'existence de ce peuple est vraiment immorale. Ce qui est moral, au contraire, serait de détruire ce peuple, et que le peuple fort par nature s'améliore de plus en plus. Et ainsi, de même que la nature s'améliore elle-même car ce sont toujours les animaux les plus faibles qui sont les premiers à devenir des proies, et par conséquent la nature s'améliore car ce sont toujours les animaux forts qui survivent, il doit en être de même chez les hommes. Seuls les Juifs sont un peuple immoral qui s'obstine à vivre, alors même qu'il entraîne l'espèce humaine vers le bas par ses mauvaises qualités et ses natures perverses. Et celui qui est moral, c'est nous. Et non seulement cela: les hôpitaux qui abritent toutes sortes de malades mentaux et de personnes handicapées, pourquoi la société devrait-elle les porter sur ses épaules? Devrais-je payer des impôts pour entretenir un homme dont la société ne tire aucun bénéfice? Alors, qui le sait, les premiers qu'il a envoyés dans les chambres à gaz furent ces malades mentaux qui se trouvaient en Allemagne. C'est par cela qu'il a commencé. Et ensuite la solution finale pour tous ces peuples considérés comme des peuples inférieurs et non de la race aryenne. Va donc débattre et prouver qu'il n'a pas raison. Car tout homme qui vient prétendre que ce qu'il fait est justice et morale, il est impossible de discuter avec lui.

Alors quoi? Qui détermine vraiment ce qui est moral? C'est ce que dit le Saint béni soit-Il: ce que dit la Torah, voilà ce qui est moral. Une fois j'ai donné une conférence à Beer-Sheva, un jeune homme est venu prétendre qu'il était... qu'il était moral. Il prétendait qu'il... qu'il observait les... les Dix Commandements et qu'il était un homme moral. Alors je lui ai d'abord dit: dans les Dix Commandements il est écrit «souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier», est-ce que tu observes le Shabbat? Ce fut donc une nouveauté pour lui que les Dix Commandements incluent aussi l'observance du Shabbat. N'est-ce pas? Il est déjà intéressant de voir comment les gens disent des bêtises sans prêter attention à ce qui sort de leur bouche. Il observe les Dix Commandements, il ne les a jamais lus, mais il les observe. Soit, allons-y. Et à part cela je lui ai dit: es-tu un homme moral? Il me répond: oui, je suis un homme moral et je... Je lui ai dit: puis-je te poser une question? Il me répond: oui. Je lui ai dit: admettons, pour les besoins de la discussion, que ta petite amie t'annonce soudain qu'un accident est arrivé et qu'il faut y faire face, elle est enceinte. Je lui ai dit: que fais-tu? Alors... alors il a réfléchi. Et il a réfléchi de nouveau. Et il a encore réfléchi. Puis il m'a dit, il était assez intelligent pour me dire: tu m'as coincé. Il n'a pas donné de réponse, il m'a dit: tu m'as coincé. Autrement dit, il a compris que toute réponse qu'il me donnerait, je l'attaquerais de manière à ce qu'il n'ait rien à répondre. Car que... que... que peut-il me dire? Il me dira: comment ça? Qu'est-ce qu'une grossesse non désirée? Comment ça? Elle souffrira toute sa vie? Elle devrait mettre au monde un enfant qu'elle ne veut pas, dont elle ne veut pas, et quel pauvre malheureux serait cet enfant, qu'on enverrait ensuite toute sa vie dans des orphelinats et... qu'en sortirait-il? Rien que du crime et... la société souffrira d'un tel individu. Alors, quoi... pour cela allons-nous l'assassiner, n'est-ce pas? Quelqu'un dont tu penses qu'il n'aura peut-être pas la meilleure des vies, alors assassinons-le. Allons, il comprend donc que ce n'est pas une réponse. Alors quoi? Il faudrait donc vraiment mettre au monde et élever un tel enfant. Et alors je lui présenterais l'argument inverse. Quoi, tu n'as pas honte de garder un tel enfant? La mère ne veut pas de lui, contre son gré, et qu'est-il encore? Que... qu'est-il en tout et pour tout? Un peu d'eau, rien de plus, encore rien du tout. Pour cela elle souffrirait toute sa vie et ensuite des remords de conscience toute sa vie, sachant qu'elle a un enfant qu'elle a rejeté et abandonné, et si tu lui dis de l'élever, une fille de 15 ans élèverait un enfant et... allons, comment sors-tu de cet embrouillamini? Tu n'en sors pas. Sauf s'il existe un Créateur du monde qui a dit ce qu'il faut faire, alors c'est cela la morale et c'est cela la justice. Et même s'il te semble que c'est l'inverse, celui qui a créé l'homme et créé le monde a aussi créé la morale. Et c'est Lui qui a fixé ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Mais en aucun cas il n'est possible de parvenir à des décisions morales sans la Torah. Car tu peux décider que ce que tu dis est le plus moral, et je peux te prouver exactement le contraire, et le débat ne s'achèvera jamais. Il ne s'achèvera jamais. Car les Palestiniens aussi... la gauche aussi prétend qu'on ne peut pas dominer un autre peuple, qu'ils souffrent et que nous les tourmentons et... et... et la droite prétend la même chose à notre égard. Qui a raison? Nous savons qui a raison. Mais en tout cas, peux-tu le prouver? Car de l'autre côté se tiennent des gens très intelligents, très instruits selon eux, et pourtant ils tiennent malgré tout de telles opinions. Alors que vois-tu? Que dans une telle situation nous avons absolument besoin d'un fil à plomb spirituel, céleste, qui fixe ce qui est moral et ce qui ne l'est pas.

Et c'est ce qu'Il nous dit ici. Les opinions, la droiture, on ne peut pas y parvenir par soi-même. Ce qui est droit, ce qui est moral, ce qui est honnête, on ne peut pas y parvenir par soi-même. Mais Je suis l'Éternel qui annonce la droiture. Nous avons dit que l'annonce (maguid) est l'annonce d'une chose nouvelle. Quelle est la voie droite, quelle est la voie de la morale, il faut absolument qu'il y ait quelqu'un de supérieur, de spirituel, qui te le dise. Et s'Il ne te le dit pas, tu ne sauras pas ce qui est honnête, ce qui est droit et ce qui est moral. Je suis l'Éternel qui dit la justice. La justice, les nations le savent: tu ne tueras pas, elles le comprennent aussi. Tu ne voleras pas, elles le comprennent aussi. Tu ne commettras pas d'adultère, en certains sens, elles le comprennent aussi. En matière de relations entre l'homme et son prochain, en matière de justice, cela ne nécessite pas d'annonce nouvelle. Qui dit la justice, cela elles le savent aussi. Mais la droiture, allons voir si tu sais ce qui est moral et droit; là il faut quelqu'un, une force supérieure, qui soit dans la catégorie de celui qui annonce la droiture, qui te détaille quelle est la voie juste et droite.

Rassemblez-vous et venez, approchez-vous ensemble, rescapés des nations! Ils n'ont pas de connaissance, ceux qui portent le bois de leur idole et qui prient un dieu qui ne sauve pas. Rassemblez-vous et venez, vous, ces rescapés des nations. De qui parle-t-Il? Il parle du reste qui subsistera à la fin des temps parmi les nations qui ont servi les idoles, les images fondues, les statues. C'est eux qu'Il appelle: rassemblez-vous d'abord, tout d'abord chacun depuis son pays. Et ensuite approchez-vous ensemble. Approchez-vous (hitnagshou) signifie: approchez ensemble. Réunissez-vous, prenez conseil, examinez la vérité. Et alors vous verrez: ils n'ont pas de connaissance, ceux qui portent le bois de leur idole. Ceux qui portent le bois de leur idole, ceux qu'on appelle ceux qui portent l'idolâtrie, qui la servent, ne savent pas qui ni pourquoi ils servent cette idolâtrie. Eux-mêmes qui portent l'idolâtrie.

C'est l'inverse de la Torah, où il est écrit: et voici la Torah que Moché a placée (sam) devant les enfants d'Israël. Que signifie «sam» (placée)? Nos Sages disent: que les choses soient claires comme un vêtement. Que les choses soient claires, aisées dans leur bouche, qu'ils aient une connaissance claire de tous leurs actes. Je n'ai pas dit à la descendance de Yaakov: cherchez-Moi dans le chaos. Je ne leur ai pas demandé de chercher du chaos, mais Je leur enseigne et leur explique chaque mitzva, ses raisons, ses sujets, ses secrets, sa dimension intérieure. Pas comme l'idolâtrie, où ceux qui portent leur idole ne savent pas pourquoi ils la servent. Ils ne comprennent pas du tout de quoi il retourne.

Et il y a aussi ceux qui dirigent leur prière par l'idole vers les étoiles, celle-ci étant alors pour ainsi dire plus élevée. Car, comme nous l'avons dit par le passé, si vous vous souvenez, il y a deux catégories d'idolâtrie, deux types d'idolâtres. Il y avait des idolâtres qui voyaient dans la force, dans l'image, quelque chose de réel. Et il y avait des idolâtres qui croyaient que l'image n'était qu'un intermédiaire entre eux et les étoiles. Ce sont les adorateurs des étoiles et des constellations. Les akoum, ovdei kokhavim oumazalot (adorateurs des étoiles et des constellations), ceux qui voyaient dans l'image un moyen de s'adresser aux étoiles et aux constellations et d'en attirer des influences. C'est ce qu'on appelle des idolâtres déjà plus «évolués». Car les premiers sont des ignorants complets: il va vers l'image, l'idole, le bois, et il se prosterne devant lui, il l'a fabriqué il y a cinq minutes et il lui dit «tu m'as créé». C'est vraiment une sottise et une vanité. Mais en revanche, ceux qui la considéraient seulement comme une sorte d'instrument, les talismans dont parlent le Even Ezra et d'autres, qui sont des instruments destinés à faire descendre la spiritualité qui se posera sur eux. Comme l'acte du erev rav avec le veau: voici tes dieux, Israël, dont la gloire réside dans la forme d'un veau, comme si le Saint béni soit-Il résidait ici dans ce veau de... comme s'ils avaient réussi à faire descendre la spiritualité ici. Alors eux, ceux qui croyaient que l'idole pouvait faire descendre les forces de l'abondance spirituelle, il leur deviendra alors évident qu'ils prient un dieu qui ne sauve pas. Remarquez qu'Il les appelle «dieu» (el), car ce sont réellement des forces. Mais ce sont des forces que le Saint béni soit-Il leur a réparties et qui sont elles-mêmes influencées par l'Infini béni soit-Il. Comme nous l'avons longuement expliqué dans les cours sur Néfesh HaHaïm, «il n'y en a pas d'autre que Lui» signifie que tout ce que tu vois dans la création comme force, comme réalité existante, est une force qui découle d'une force supérieure qui projette sa puissance sur les étoiles, sur les constellations, sur le soleil, sur la lune; elles n'ont pas de force propre. Et alors, rassemblez-vous et venez, approchez-vous ensemble, vous verrez que vous priez un dieu qui ne sauve pas et que le bois de leur idole n'a aucune utilité.

Annoncez et présentez, oui, tenez conseil ensemble! Qui a fait entendre cela d'autrefois, qui l'a annoncé depuis longtemps? N'est-ce pas Moi, l'Éternel, et il n'y a pas d'autre Dieu que Moi, un Dieu juste et sauveur, il n'y en a pas d'autre que Moi. Annoncez et présentez, oui, tenez conseil ensemble; qui a fait entendre cela d'autrefois? Rachi explique: ici Il s'adresse à eux et leur dit: dites, laquelle de ces idoles vous a jamais annoncé d'avance un quelconque salut? Y a-t-il eu une fois où l'idolâtrie est venue annoncer d'avance qu'elle allait sauver ses fidèles? Car, leur dit le Saint béni soit-Il, Moi J'annonce d'avance les délivrances par lesquelles Je vais sauver le peuple d'Israël. Quelle idolâtrie annonce cela d'avance? Le Radak donne un exemple: voici, avant d'amener l'Assyrie contre le peuple d'Israël, Je l'ai annoncé. Et quand J'ai écarté l'Assyrie du peuple d'Israël, Je le leur ai également annoncé d'avance, Je l'ai annoncé à Yeshayahou. J'annonce les prophéties avant même qu'elles n'arrivent. L'idolâtrie a-t-elle jamais annoncé quoi que ce soit? Alors comment lui attribues-tu toutes sortes de délivrances que tu obtiens? Est-elle un sauveur? Qu'elle dise d'avance qu'elle te sauvera de quelque chose. Et il n'y a pas d'autre Dieu que Moi: ce sujet du fait qu'Il est fidèle à Sa parole, il n'y a pas d'autre Dieu que Moi. Quel autre dieu annonce quoi que ce soit d'avance et est fidèle à sa parole? Il n'y a pas d'autre Dieu, il n'y a pas d'autre force que l'Éternel.

Le Malbim explique: annoncez et présentez, cela signifie: si vous avez des arguments contre le Créateur ou pour justifier votre idolâtrie, annoncez et présentez, dites les arguments et présentez-les devant Moi. Et si vous ne pouvez pas faire cela, si vous n'avez pas d'arguments, alors du moins tenez conseil ensemble. Qu'ils tiennent conseil ensemble entre eux et qu'ils voient quelle est la voie de la vérité, qui est le vrai Dieu. Qui a fait entendre cela d'autrefois, qui, cela fait suite au verset précédent: laquelle de vos divinités a fait entendre d'autrefois comme Moi J'ai fait entendre la Torah au peuple d'Israël? Qui a fait entendre cela d'autrefois? Qui a donné une Torah aux nations comme Moi J'ai donné la Torah au peuple d'Israël? Ou du moins, qui l'a annoncé d'avance? Qui, ne serait-ce qu'entre soi, a annoncé et donné une telle Torah et de telles mitzvot, même sans les avoir fait entendre publiquement? Bon, votre dieu est modeste, il n'aime pas la publicité. Il fait ses œuvres en cachette. Mais bon, dis-moi quelles mitzvot vous a-t-il commandées? Même en cachette. Qui l'a annoncé d'avance? Même sans publicité.

Le Saint béni soit-Il dit: n'est-ce pas Moi, l'Éternel, et il n'y a pas de Dieu que Moi. Ce que J'ai dit, Je l'ai dit publiquement, ce n'est pas d'avance en secret que J'ai parlé, mais Je l'ai dit devant tous, vous vous êtes convaincus qu'il n'y a pas de Dieu que Moi. Car il est écrit là: et tu sauras aujourd'hui et tu remettras en ton cœur que l'Éternel est Dieu, dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y en a pas d'autre. En quoi? En ceci qu'Il leur a ouvert sept cieux et sept demeures, en ceci qu'Il s'est révélé aux yeux de toute la nation au mont Sinaï; le Saint béni soit-Il dit: alors tu t'es convaincu qu'il n'y a pas de Dieu que Moi. Cela, ils l'ont vu au don de la Torah. C'est à toi qu'il a été donné de savoir que l'Éternel est Dieu, il n'y en a pas d'autre que Lui. Et le fait que Je n'ai pas dit à la descendance de Yaakov «cherchez-Moi dans le chaos» mais, comme nous l'avons expliqué, que toutes les mitzvot sont destinées à réparer et redresser l'homme, tant au niveau des relations entre l'homme et son prochain, qu'à redresser ses opinions, ses conduites et sa moralité, de cela tu déduiras que l'Éternel est juste et sauveur, il n'y en a pas d'autre que Moi. Je suis le seul à vous avoir donné des mitzvot pour rendre juste et sauver l'homme. Il s'agit de son salut personnel, Je ne parle pas maintenant de la délivrance. Mais du fait que l'homme aura le salut par une conduite juste, par les bonnes manières, dans les relations entre l'homme et son prochain. Je le rends juste, Je fais de l'homme un juste et J'amène l'homme au salut, à la réussite dans toutes ses affaires. Je suis l'Éternel qui dit la justice, qui annonce la droiture.

Le Malbim explique ici, comme il l'a expliqué précédemment, que l'annonce (hagada) est quelque chose de nouveau. Et ici, si nous prêtons attention, il y a deux expressions. Qui a fait entendre cela d'autrefois (mikédem), depuis longtemps (méaz) il l'a annoncé. Le Malbim dit: quelle est la différence entre «mikédem» et «méaz»? Dans les deux cas tu parles d'époques plus anciennes. Le Malbim dit: «mikédem» ne signifie pas nécessairement depuis longtemps. «Mikédem» (auparavant) est toujours relatif à ce qui vient après. Si celui-là est arrivé tôt, alors le second est arrivé tard, ce peut être deux minutes après, il est arrivé tard. Celui qui est arrivé deux minutes avant est appelé «tôt». Autrement dit, «tôt» est toujours relatif à ce qui vient plus tard. Mais en revanche, «méaz» (depuis longtemps) parle toujours d'une époque historique ancienne. Quand je dis «mikédem», cela peut remonter à deux heures, c'est déjà «avant» par rapport à ce qui vient plus tard. Quand je dis «méaz», cela parle toujours d'une époque très ancienne, une époque qu'on appelle «de jadis». Un temps passé illimité. Comme il est écrit: ton trône est établi depuis longtemps (méaz), Tu es de toute éternité (mikédem). «Méaz» ajoute par rapport à «kédem». Celui qui annonce (maguid), dit le Malbim: il est écrit ici «maguid» (annonce) et «mashmia» (fait entendre). Quelle est la différence? Le Malbim explique: celui qui annonce (maguid) annonce l'avenir. Comme nous l'avons dit, il t'annonce une chose nouvelle, une chose que tu ne connais pas, Je t'annonce ce qui va advenir. En revanche, celui qui fait entendre (mashmia), c'est le shofar. Le mashmia, c'est le haut-parleur. Le mashmia, c'est celui qui sort et fait connaître les choses, qui les fait entendre à tous. Ce n'est pas comme aujourd'hui où une chose se répand en quelques minutes dans le monde entier. À leur époque, il fallait que les choses passent par des gens qui les faisaient entendre, les transmettaient d'un lieu à l'autre, allaient les faire connaître. C'est l'action du mashmia. Comme il est écrit: il n'y a personne qui annonce, il n'y a personne qui fait entendre. «Il n'y a personne qui annonce», c'est le premier qui a fait connaître la chose, et «il n'y a personne qui fait entendre», pour la faire connaître. Ici le Malbim dit: c'est écrit à l'inverse. Qui a fait entendre, et aussi qui, depuis longtemps, l'a annoncé. Cela signifie: qui a fait entendre et fait connaître la chose avant même qu'elle n'arrive? Qui a fait la publicité de la chose avant même qu'elle n'arrive? Et non seulement cela, mais qui l'a même annoncée? Ne me parle pas de publicité, d'accord, mais en cachette, au moins quelqu'un chez vous a-t-il annoncé une chose qui allait advenir? Quelqu'un a-t-il annoncé une quelconque connaissance sur quelque chose qui allait se réaliser? C'est pourquoi Il dit «qui, depuis longtemps», car l'annonce vient d'un temps ancien. Je t'annonce longtemps avant que cela ne doive advenir. Il y aura un exil, le peuple d'Israël souffrira en Égypte, Je l'annonce depuis longtemps. L'annonce et l'information sont toujours précoces. Je ne t'annonce pas qu'il y aura un exil dans une minute. Je t'annonce dès l'époque d'Abraham que dans 500 ans il y aura un exil. L'annonce et l'information sont toujours précoces. C'est pourquoi Il dit que l'annonce est toujours «méaz». Mais le fait de faire entendre, c'est seulement si la chose vient maintenant de se produire et qu'une rumeur en est sortie, alors je la fais entendre. C'est pourquoi, concernant le fait de faire entendre, il est dit «mikédem». Prêtez donc attention aux termes du verset: qui a fait entendre cela d'auparavant (mikédem). Car une chose seulement récente, qui est arrivée il n'y a pas longtemps, il faut la faire connaître. Mais l'annonce, comme nous l'avons dit, est une nouveauté sur quelque chose qui va arriver, ce qui doit être annoncé longtemps à l'avance. Une prophétie censée s'accomplir longtemps avant que la chose n'arrive, et alors on pourra savoir que les choses que tu dis sont vraies. Mais me l'annoncer juste avant, cela ne mérite pas vraiment le nom d'annonce. Alors que ces idoles viennent vous annoncer des choses par avance et vous les dire et vous les faire entendre; or il n'y en a pas une seule qui le fasse.

Tournez-vous vers Moi et soyez sauvés, vous tous, extrémités de la terre, car Je suis Dieu et il n'y en a pas d'autre. Tournez-vous vers Moi, posez vos idoles, vous toutes, extrémités de la terre, et par là vous aurez le salut. Tournez-vous vers Moi, explique le Radak, comme vous avez vu le peuple d'Israël qui est sauvé grâce à quoi? Grâce au fait qu'il se tourne vers Moi. C'est pourquoi Il dit: vous aussi, extrémités de la terre, tournez-vous vers Moi. Toutes les nations de tous les confins de la terre, «extrémités de la terre» signifie les confins de la terre, tournez-vous vers Moi. Le Malbim explique que cela fait suite à ce qu'Il a dit précédemment. Il s'adresse à ceux qui sont venus des confins de la terre et qui restent encore attachés à leurs idoles. Il dit: pourquoi vous tournez-vous vers elles alors que vous n'en tirez aucun salut, comme nous l'avons expliqué? Ni salut de l'âme ni salut du corps, à la différence de la Torah, comme nous l'avons vu, qui enseigne à l'homme tant les relations entre l'homme et son prochain que celles entre l'homme et Dieu. L'Éternel leur dit: tournez-vous vers Moi et alors vous serez sauvés, car Je suis Dieu et il n'y en a pas d'autre. Moi seul peux sauver. Et ne pensez pas que vous ne pouvez pas vous tourner vers Moi parce que la Torah et les mitzvot, Je ne vous les ai pas données, Je ne les ai données qu'au peuple d'Israël.

À ce sujet Il vient dire: J'ai juré par Moi-même, une parole de justice est sortie de Ma bouche et ne reviendra pas: devant Moi ploiera tout genou, par Moi jurera toute langue. À ce sujet Il leur dit: J'ai juré par Moi-même, J'ai prêté un serment. Par Mon grand Nom. Et par Mon grand Nom Je ne reviendrai jamais sur Mon serment. Deuxièmement: car une parole de justice est sortie de Ma bouche. Même sans serment, le fait même qu'une parole de justice soit sortie de Ma bouche est déjà une raison pour que Je ne revienne pas dessus. L'Éternel revient-Il sur une parole qu'Il a dite, ou n'y revient-Il pas? Très bien, vous avez dit juste. Pour une bonne chose, l'Éternel ne revient jamais dessus. Pour une mauvaise chose, sauf une seule fois que la Guemara rapporte, «et tu traceras un tav», mais pour une mauvaise chose le Saint béni soit-Il peut revenir dessus. «Encore 40 jours et Ninive sera renversée», et finalement ils se sont repentis et Ninive n'a pas été renversée. C'est pourquoi le prophète, le vrai prophète, à quoi le teste-t-on? Au fait qu'il prophétise une bonne chose qui doit arriver et l'on voit si elle arrivera ou non. Mais s'il prophétise une mauvaise chose qui doit arriver et qu'elle n'arrive pas, le prophète pourra toujours dire: l'Éternel s'est ravisé quant au mal car Il a vu que le peuple d'Israël s'est repenti. Le Saint béni soit-Il dit: car une parole de justice est sortie de Ma bouche. Même sans serment, une parole de justice est sortie de Ma bouche. La justice (tsedaka), c'est une chose de droiture, de bonté que J'ai promise. Et si Je promets une chose de justice, Je ne reviens en aucun cas dessus. Ainsi donc, il y a là une promesse: une parole qui ne reviendra pas. De tout cela il vous est clair: il y a ici un serment, et pas un simple serment mais par Mon grand Nom, et au-delà de cela il y a ici une parole de justice qui est une bonne promesse. Que t'annonce tout cela? Que cette chose sera une chose qui ne reviendra pas, qui ne changera en aucun cas. Et bien que J'aie juré que devant Moi ploiera tout genou, que Je recevrai... Il leur dit, et en fait quelle était la crainte, comme nous l'avons expliqué au verset précédent? Vous craindrez de revenir vers Moi, la Torah et les mitzvot n'ont peut-être été données qu'au peuple d'Israël, peut-être ne vous recevrai-Je pas. À ce sujet Il dit: qu'ai-Je juré? Quelle parole de justice est sortie de Ma bouche? Que devant Moi ploiera tout genou. Je recevrai toutes les nations sous la foi, la foi d'Israël, la foi de vérité. Je les recevrai toutes et Je ne ferai pas de distinction entre Israël et les nations quant à l'acceptation de Ma foi. Tout genou ploiera devant Moi. Et ne pense pas que ce ne sera que de temps en temps, par intermittence. Par Moi jurera toute langue. Tous prendront sur eux par serment de Me servir et non un autre dieu. Autrement dit, il s'agit ici déjà d'un service permanent. Ce n'est pas une seule fois que le genou ploiera, mais on jurera de Me servir de manière permanente. Ainsi donc, tournez-vous vers Moi et soyez sauvés, vous tous, extrémités de la terre. Et alors, qu'avez-vous encore à chercher auprès des idoles dont nous vous avons prouvé, dit le prophète, que vous ne tirez d'elles aucune utilité, mais seulement de l'Éternel béni soit-Il.