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Chapitre 42 - Le Serviteur de Dieu et le jugement des nations - 1ère partie

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Le chapitre 42 de Yechayahu poursuit la vision inaugurée au chapitre précédent, où le Saint, béni soit-Il, convoquait les nations en jugement : « Faites silence devant Moi, îles, et que les peuples raniment leur force ; qu'ils s'avancent, alors ils parleront, approchons ensemble pour le jugement ». À présent, explique le Malbim, le prophète commence à éclairer toute cette scène et à révéler de qui il s'agit. Le chapitre s'ouvre sur la figure du « Serviteur de Dieu », se poursuit par la proclamation du Créateur du ciel et de la terre, et s'étend jusqu'à la promesse de la délivrance future.

« Voici Mon serviteur » - Deux préparations à la prophétie
הֵן עַבְדִּי אֶתְמָךְ־בּוֹ, בְּחִירִי רָצְתָה נַפְשִׁי, נָתַתִּי רוּחִי עָלָיו, מִשְׁפָּט לַגּוֹיִם יוֹצִיא׃ - Voici Mon serviteur que Je soutiendrai, Mon élu en qui Mon âme a pris plaisir ; J'ai mis Mon esprit sur lui, il fera régner le droit parmi les nations.

« Mon serviteur » : il s'agit du roi Machia'h. Le Malbim nous enseigne ici un principe fondamental : pour qu'un homme accède à la prophétie, deux conditions sont requises. La première est une préparation par le libre arbitre, c'est-à-dire que l'homme lui-même, par son choix personnel, se prépare par la pureté, la sanctification et l'étude assidue de la Torah. À l'image des disciples des prophètes, qui demeuraient à l'ombre du maître, se fortifiaient dans le service divin par le renoncement et la sainteté, et s'exerçaient jusqu'à mériter la prophétie. C'est le sens de « Voici Mon serviteur » : il s'agit de celui qui Me sert avec fidélité et s'est préparé convenablement. Non pas comme d'autres serviteurs sur lesquels on ne peut compter, mais « Je le soutiendrai » : Je M'appuierai sur lui avec certitude, car il ne trahira jamais son engagement.

La seconde condition est une préparation innée : dès le sein maternel et dès la naissance, l'homme a été prédisposé et doté d'une force propre à la prophétie. C'est ainsi que l'explique le Guide des Égarés : il existe une réalité où le Saint, béni soit-Il, forme un être humain naturellement plus apte à la prophétie, plus digne d'accueillir la parole divine. C'est la faveur qu'il a trouvée aux yeux de Dieu avant même d'être mis au monde, comme il est écrit : « Avant que Je ne t'eusse formé dans le ventre maternel, Je te connaissais... et avant que tu ne fusses sorti du sein, Je t'avais consacré ».

On rapporte au sujet du Tsaddik, Rav Mendel, qui habitait rue Raavad à Bnei Brak et auprès de qui, comme on le sait, Rav Chach envoyait régulièrement demander des bénédictions : lorsqu'il était nourrisson, sa mère tentait de l'allaiter, mais en vain, il refusait de téter, au point d'en arriver à un véritable danger vital. On consulta alors l'un des grands d'Israël, probablement le Admour de Satmar, qui déclara : « Vous avez un fils doté d'une âme très élevée, il ne mangera pas tant que vous ne lui couvrirez pas la tête ». Dès qu'elle lui couvrit la tête, il commença à téter. Voilà ce qu'illustre le verset « Avant que Je ne t'eusse formé dans le ventre maternel, Je te connaissais » : dès le sein maternel, un homme peut être prédestiné à la grandeur.

Et c'est là le sens de « Mon élu en qui Mon âme a pris plaisir » : pourquoi l'ai-Je choisi ? Parce que Je l'ai préparé avant même sa naissance, avant son arrivée dans ce monde, afin qu'il soit apte à la mission d'être le Machia'h et de délivrer Israël. C'est pourquoi « J'ai mis Mon esprit sur lui » : Je lui ai insufflé une abondance d'esprit de sainteté, non seulement pour qu'il en soit imprégné lui-même, mais pour qu'il l'étende aux autres. Et c'est là « il fera régner le droit parmi les nations » : il promulguera la justice pour le monde entier, jugera et guidera l'humanité tout entière. Il réunit donc deux grandeurs : d'une part, « Mon serviteur », par son labeur et son dévouement dans le service divin à la manière des disciples des prophètes ; d'autre part, « Mon élu en qui Mon âme a pris plaisir », car Dieu l'a fait naître avec ces facultés et ces vertus innées nécessaires à son rôle.

Une prophétie différente de celle de tous les prophètes
לֹא יִצְעַק וְלֹא יִשָּׂא, וְלֹא־יַשְׁמִיעַ בַּחוּץ קוֹלוֹ׃ - Il ne criera pas, il n'élèvera pas la voix et ne la fera pas entendre au-dehors.

La prophétie du Machia'h sera différente de celle de tous les autres prophètes. Le prophète ordinaire devait crier et effrayer le peuple par la menace de châtiments : lui « ne criera pas ». Le prophète usait de paraboles et d'allégories pour faire pénétrer ses paroles dans le cœur des auditeurs et les éveiller : lui « n'élèvera pas » de paraboles. Le prophète élevait la voix et rassemblait le public sur les places pour se faire entendre : lui « ne fera pas entendre sa voix au-dehors », car il n'aura nullement besoin de rassembler les foules pour faire connaître ce qu'il a à dire.

Le roseau froissé et la mèche vacillante - Deux catégories de mécréants
קָנֶה רָצוּץ לֹא יִשְׁבּוֹר, וּפִשְׁתָּה כֵהָה לֹא יְכַבֶּנָּה, לֶאֱמֶת יוֹצִיא מִשְׁפָּט׃ - Il ne brisera point le roseau froissé, et n'éteindra point la mèche qui faiblit ; c'est selon la vérité qu'il rendra la justice.

Nombre de prophètes ont assis et affermi leurs paroles en châtiant les impies. Élisée, par qui quarante-deux enfants périrent sous la griffe des ours ; Élie, qui égorgea les prophètes de Baal. Il était nécessaire d'exercer la justice contre les méchants pour établir l'autorité de la prophétie et exercer une influence sur le peuple.

Or, il existe deux sortes de méchants. Il y a ceux qui le sont par concupiscence et mauvais penchants - ceux-là sont le « roseau brisé », un roseau cassé qui n'a plus la force de croître. Et il y a ceux dont c'est l'intellect qui a causé la perte : forts de leur raisonnement, ils ont versé dans l'hérésie et l'apostasie, abandonnant la voie d'Hachem non par passion, mais par spéculation intellectuelle, ce qui est bien plus grave. Ils ont forgé de nouvelles idéologies expliquant pourquoi il serait inutile de servir Hachem, ou au contraire pourquoi il faudrait vouer un culte aux idoles. Ceux-là sont la « mèche chancelante » : la mèche de lin avec laquelle on allume la lampe, image de la lumière de l'intellect qui éclaire, dont la lueur s'est ici ternie sous l'effet de doctrines dévoyées.

Ces deux sortes de méchants, le Machia'h ne les mettra point à mort et ne les jugera pas à la manière d'Élisée ou d'Élie. « Il ne brisera point le roseau froissé » - bien que le roseau soit fêlé, il ne continuera pas à le casser, mais le consolidera. « Et il n'éteindra point la mèche qui fume encore » - il n'éteindra pas la lueur obscurcie par l'égarement de l'esprit, mais bien au contraire : « selon la vérité, il fera paraître la justice », il énoncera le jugement de vérité pour les ramener à la techouva.

Les signes du véritable Machia'h
לֹא יִכְהֶה וְלֹא יָרוּץ עַד־יָשִׂים בָּאָרֶץ מִשְׁפָּט, וּלְתוֹרָתוֹ אִיִּים יְיַחֵלוּ׃ - Il ne faiblira point et ne fléchira point, jusqu'à ce qu'il ait établi le droit sur la terre, et les îles lointaines espéreront en sa loi.

Ici, le prophète nous donne d'autres critères pour reconnaître le véritable Machia'h. Le Malbim explique : nous avons malheureusement déjà connu bien des faux messies, au premier rang desquels Sabbataï Tsevi, que le nom des impies pourrisse, connu de tous. Il y en eut beaucoup avant lui, et il existe un ouvrage intitulé « Les faux messies à travers les générations » qui les recense tous. La déception causée par Sabbataï Tsevi fut immense : presque tous les grands maîtres d'Israël l'ont suivi et ont cru en lui, et rares furent ceux qui percèrent ses mensonges dès le début, parmi lesquels Rabbi Yaakov Sasportas qui lui livra un combat acharné ; le dommage causé au peuple juif fut considérable.

Il n'en sera pas ainsi pour le véritable Messie. « Il ne faiblira point » - du point de vue de l'âme et de la foi ; « et ne fléchira point » (du sens de brisé et écrasé) - il ne sera point ébranlé, mais gardera toute sa force jusqu'au bout. Sabbataï Tsevi, en revanche, a défailli et s'est brisé : il s'est converti à l'islam et a finalement été mis à mort par le sultan. On vit en lui des débuts de messie, mais il finit par s'effondrer. Il y eut aussi des hommes qui suscitèrent un espoir messianique qui ne s'est pas concrétisé, comme Samson : lorsque Jacob l'aperçut dans sa vision prophétique, il pensa qu'il était digne d'être le Messie, mais il conclut finalement : « En Ton salut j'espère, ô Éternel ! » - il n'y a d'autre délivrance que la Sienne seule, béni soit-Il.

Et quelle est la nuance entre « établir le droit sur la terre » et « les îles espéreront en sa loi » ? Le Malbim explique : le « droit » (michpat) désigne les règles de conduite entre l'homme et son prochain, tandis que la « loi » (Torah) concerne les doctrines et les commandements, ce qui est permis et défendu, obligatoire ou dispensé. C'est ainsi que l'Écriture déclare : « Selon la Torah qu'ils t'enseigneront » - pour discerner entre un sang et un autre, sang impur ou sang pur ; « et selon le jugement qu'ils t'indiqueront, tu agiras » - entre un litige et un autre, un différend entre deux hommes. Ici de même : « jusqu'à ce qu'il ait établi le droit sur la terre » touche aux relations interpersonnelles, et « les îles espéreront en sa loi » concerne les devoirs envers le Ciel, car même les contrées les plus éloignées du monde aspireront à l'enseignement du Machia'h, désireuses d'entendre ses paroles et de connaître la voie à suivre. Sa justice et sa Torah se répandront dans le monde entier.

Dès lors, le verset 2 s'éclaire : pourquoi « il ne criera point, il n'élèvera point la voix et ne la fera point entendre dans les rues » ? Parce qu'il n'en a nul besoin. « Les îles espéreront en sa loi » : il n'aura besoin ni de haranguer la foule ni de recourir à des paraboles pour l'attrouper, car tous aspireront d'eux-mêmes à entendre l'enseignement du Machia'h.

Créateur des cieux qui les déploie - contre l'éternité du monde
כֹּה־אָמַר הָאֵל יְהֹוָה, בּוֹרֵא הַשָּׁמַיִם וְנוֹטֵיהֶם, רֹקַע הָאָרֶץ וְצֶאֱצָאֶיהָ, נֹתֵן נְשָׁמָה לָעָם עָלֶיהָ וְרוּחַ לַהֹלְכִים בָּהּ׃ - Ainsi parle le Dieu, l'Éternel, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a étendu la terre et ses productions, qui donne une âme au peuple qui l'habite et un souffle à ceux qui la parcourent.

Le Radak explique : bien des fois, les hommes ont refusé d'écouter la parole du prophète, et pourquoi ? Parce qu'ils croyaient que le monde n'avait point été créé mais qu'il était éternel, qu'il constituait un effet procédant d'une cause, c'est-à-dire issu d'une cause antérieure, elle-même née d'une cause préalable, et ainsi de suite. Considérons un fruit : le fruit est un effet dont l'arbre est la cause ; l'arbre est un effet dont la graine est la cause ; la graine est un effet dont le fruit est la cause, et ainsi de suite à l'infini. Ils prétendaient ainsi que l'univers est éternel et découle d'un enchaînement sans fin de causes premières. D'autres estimaient que le monde est né du hasard, sans Créateur ni cause originelle, sous forme d'une explosion : quelque chose a éclaté là-bas et nous voici ici, quelle merveille !

C'est pourquoi le prophète devait réfuter ces conceptions erronées, en rappelant et en soulignant constamment que c'est le Saint, béni soit-Il, qui a créé le monde, qui l'a renouvelé et tiré du néant à l'existence en un instant, et que tout s'est accompli selon Sa volonté. C'est le sens de : « Ainsi parle le Dieu, l'Éternel, créateur des cieux » - ne pense pas que les cieux existent depuis toujours ; c'est le Saint, béni soit-Il, qui les a créés et renouvelés. « Et Il les déploie » - Il les a étendus comme une tente au-dessus de la terre. « Il affermit la terre et ce qu'elle produit » - le monde entier n'était qu'eau, et le Saint, béni soit-Il, a dû étendre la terre, comme on martèle une plaque de métal pour l'amincir et l'aplatir, à la manière des artisans qui battent les feuilles d'or, afin d'en faire un lieu habitable. C'est grâce à cela qu'il y a « ce qu'elle produit » : la terre fait pousser la végétation et engendre les êtres humains, les animaux et tout ce qui existe sur terre. S'Il n'avait pas étendu la terre, tout ne serait que mer et aucune vie ne serait possible ici-bas.

« Donnant une âme au peuple qui l'habite » - cela s'est produit au sixième jour, lorsque le Saint, béni soit-Il, a créé l'homme et a insufflé en lui une âme, comme il est écrit : « et Il insuffla dans ses narines une âme de vie ». « Et un esprit à ceux qui y marchent » - cela se rapporte aux autres créatures vivantes, car elles ne possèdent pas une Neshama, mais seulement une force spirituelle élémentaire, le Roua'h, qui est le souffle de vie animale. Et si l'on objecte qu'il est écrit « tout ce qui a un souffle d'esprit de vie dans ses narines », là aussi le mot « souffle » (Nishmat) désigne l'homme et « esprit » (Roua'h) désigne les animaux, car la Neshama qualifie toujours l'homme. Il en ressort que tout le verset vient écarter l'erreur de ceux qui croient en l'éternité du monde ou au hasard : sachez que c'est Dieu qui a créé les cieux, les a déployés en haut, a affermi la terre en bas, que tout ce qu'elle produit vient de Lui, que l'âme de l'homme émane de Lui, et que l'esprit chez les animaux provient également de Lui, béni soit-Il.

La parabole de l'artisan - l'union du spirituel et du matériel

Le Malbim explique, à la lumière de ce qu'il a développé dans le livre de Béréchit, que les cieux et la terre constituent deux réalités totalement opposées : les cieux représentent une réalité spirituelle, la terre une réalité matérielle ; les cieux subsistent pour toujours, tandis que les habitants de la terre se renouvellent sans cesse, une génération s'en va et une autre vient. C'est ici qu'intervient la sagesse de l'artisan : lorsqu'un artisan façonne deux créations opposées, celui qui les contemple peut éprouver un doute et penser que l'auteur de l'une n'est pas l'auteur de l'autre, car l'une est travaillée d'une façon et la seconde est constituée d'une matière entièrement différente. Face à un artisan du métal, si l'on voit un chef-d'œuvre de verre, on imagine naturellement qu'il n'a pas de compétence dans le travail du verre, pensant qu'il y a un artisan pour le fer et un autre pour le verre. Que fait alors l'artisan pour faire reconnaître son art ? Il fabrique une œuvre extraordinaire mariant à la fois le métal et le verre, un assemblage remarquable où son empreinte est incontestable ; dès lors, tout le monde comprend que le travail du métal comme celui du verre lui appartiennent de façon égale.

De la même façon, le Saint, béni soit-Il, a créé le monde matériel, et l'on aurait pu douter et penser que le monde spirituel ne venait pas de Lui ; puis Il a créé le monde spirituel, et l'on aurait pu douter et estimer que le monde matériel, si radicalement distinct, ne venait pas de Lui. Qu'a-t-Il fait ? Il a créé un être qui conjugue en lui le spirituel et le matériel : l'homme. L'homme possède un corps physique et matériel semblable à celui de la bête, conformément aux paroles de la Guémara qui enseigne qu'en plusieurs domaines l'homme s'apparente à l'animal et en d'autres aux anges de service : il mange comme l'animal, dort comme l'animal et satisfait ses besoins naturels comme l'animal. Cela prouve que tout ce qui a été créé dans le monde matériel provient de Lui, béni soit-Il. Et dans ce même être humain, Il a insufflé une âme de vie, une parcelle divine d'En haut, une force spirituelle suprême et infinie, qui est Sa signature : voyez, c'est Moi qui ai tout créé, le matériel comme le spirituel.

Cette vérité nous paraît simple aujourd'hui, mais il faut savoir que dans l'Antiquité, on partageait le monde entre plusieurs divinités et différentes forces. Quiconque connaît le panthéon grec s'en rappelle : le dieu de la mer, le dieu de la terre, le dieu de la guerre, la déesse de l'amour. Les peuples croyaient en une multiplicité de puissances, et il leur semblait tout naturel d'imaginer qu'un dieu régnait sur la réalité matérielle et un autre sur la réalité spirituelle. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a conçu une réalité mixte pour prouver que tout émane de Lui. C'est là le sens de : « créateur des cieux » - la sphère spirituelle, « Il affermit la terre » - la sphère matérielle ; et pour ne pas laisser penser qu'il s'agirait de deux puissances distinctes, le verset conclut immédiatement : « donnant une âme au peuple qui l'habite et un esprit à ceux qui y marchent », car Il a uni l'âme et le corps, afin que chacun sache avec certitude que tout provient de Lui, béni soit-Il.

Et dès lors que l'on a compris cela, on comprend aussi que le Saint, béni soit-Il, suscitera le Machia'h pour Israël. S'Il a instauré la réalité de l'homme en ce monde, Il déploiera tout aussi sûrement une rédemption qui le fera sortir de l'exil, car l'exil ne saurait être un but en soi. La finalité suprême est d'atteindre la rédemption, afin que la gloire d'Hachem se révèle au grand jour. Mais le Saint, béni soit-Il, a voulu que l'homme travaille pour mériter la vie éternelle, sans quoi il recevrait le « pain de la honte » (Néhama dékissoufa) ; c'est pourquoi Il a temporairement instauré une réalité de labeur en ce bas monde. Cependant, le moment viendra où le rideau tombera et où le Saint, béni soit-Il, sifflera la fin de la partie : le Machia'h viendra, et ce que l'homme aura acquis sera tout ce qu'il possédera, à la mesure de ce qu'il aura peiné et entrepris, tandis que ce qu'il aura négligé d'accomplir ne pourra plus jamais être rattrapé.

« Moi, l'Éternel, Je t'ai appelé dans la justice » - trois explications
אֲנִי יְהֹוָה קְרָאתִיךָ בְצֶדֶק וְאַחְזֵק בְּיָדֶךָ, וְאֶצָּרְךָ וְאֶתֶּנְךָ לִבְרִית עָם לְאוֹר גּוֹיִם׃ - « Moi, l'Éternel, Je t'ai appelé dans la justice et Je te tiendrai par la main ; Je te préserverai et Je t'établirai pour être l'alliance du peuple, pour être la lumière des nations. »

Le Radak explique que ces paroles s'adressent au peuple d'Israël. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Moi qui ai créé tout cela, la terre, les cieux et l'homme, compte sur Moi pour te faire également sortir de l'exil. « Je t'ai appelé dans la justice » - lorsque viendra le moment, selon la stricte justice, de te délivrer de l'exil. « Et Je te tiendrai par la main » - Je te saisirai par la main pour t'en faire sortir. Et si tu crains que les nations s'y opposent farouchement ? « Je te préserverai » - Je veillerai sur toi pour qu'elles ne te fassent aucun mal. « Et Je t'établirai pour être l'alliance du peuple » - tu seras la raison de subsister de toutes les nations, au point que d'un bout du monde à l'autre, les peuples reconnaîtront que l'humanité entière ne subsiste que par le mérite d'Israël.

« Pour être la lumière des nations » - cela recouvre deux dimensions. La première, c'est qu'Israël sera un guide moral pour de nombreux peuples et deviendra leur lumière. C'est d'ailleurs là l'origine de l'expression « lumière pour les nations » : le projet divin était qu'Israël agisse comme un phare, afin que tous le regardent, suivent ses voies et soient attirés par ses mœurs saintes. Malheureusement, l'histoire ne s'est pas déroulée ainsi, et au lieu d'être une lumière pour les nations, Israël a parfois agi à l'égal des plus dépravées d'entre elles, ce qui a motivé tant de réprimandes prophétiques soulignant qu'ils s'adonnaient à des dérives que même les nations ne commettaient pas. Mais lorsque le Machia'h viendra et que la rédemption sera plénière, vous serez véritablement une lumière pour les nations. La seconde dimension est qu'en observant nos bonnes actions, les nations commenceront à respecter les sept lois noachides, car il n'est nullement demandé aux nations de se convertir ; c'est ainsi que par notre comportement intègre, nous serons une lumière pour les nations.

Le Metsoudat David explique quant à lui que ce verset s'adresse au Machia'h. « Je t'ai appelé dans la justice » - depuis toujours, J'ai annoncé par l'intermédiaire de Mes serviteurs les prophètes la venue d'un Messie ; J'ai parlé de toi d'avance, dans la justice et dans la vérité, et cette promesse s'accomplira. « Et Je te tiendrai par la main » - pour que tu l'emportes sur toutes les nations. « Je te préserverai » - Je te protégerai face aux peuples qui refuseraient de t'accepter. « Et Je t'établirai pour être l'alliance du peuple » - Je te donnerai la force de ramener le peuple vers le service divin, afin de le réintégrer dans son alliance. Car Israël est lié au Saint, béni soit-Il, par une alliance : « Telle est Mon alliance avec eux, dit l'Éternel ». Cette alliance implique que nous gardions Ses commandements et qu'Il nous protège, nous délivre et veille à ce que nous ne disparaissions jamais. Le Saint, béni soit-Il, est resté fidèle à Son alliance jusqu'à ce jour, alors que nous nous sommes malheureusement souvent écartés du droit chemin ; le Machia'h viendra et ramènera le peuple d'Israël vers cette alliance originelle. « Pour être la lumière des nations » - tu éclaireras les yeux des nations afin qu'elles reconnaissent que l'Éternel est le seul vrai Dieu.

Le Malbim explique qu'il s'agit ici de Yéchayahou lui-même, et que le Saint béni soit-Il s'adresse à lui personnellement. « Je t'ai appelé » - comme un homme qui appelle son prochain à distance, car l'appel vient toujours de loin : Je t'ai appelé de loin pour que tu viennes et deviennes le prophète qui annonce au peuple la vérité et la justice. « Et Je t'ai soutenu par la main » - Je t'ai donné la force de guider ce peuple, comme on dirige une maison. « Et Je t'ai préservé » - et à l'intérieur de la maison, Je te protège de tout danger.

Et le sens profond est le suivant : « Je t'ai appelé » correspond à ce qui a été dit plus haut : « Mon élu en qui Mon âme se complaît », car de par ta nature même, tu étais disposé et apte à la prophétie, selon le verset : « Avant que Je ne te forme dans le ventre maternel, Je te connaissais ». « Et Je t'ai soutenu par la main » - le Saint béni soit-Il l'a aidé et soutenu pour accéder à la prophétie ; le prophète a fait des efforts par lui-même et Hachem lui a tenu la main, ce qui correspond à « Voici Mon serviteur » : par tes propres efforts, tu as été un serviteur et tu as servi Hachem, et c'est alors que tu as mérité ce niveau. Telles sont les deux exigences indispensables : que l'homme fasse l'effort de se dépasser par lui-même, et qu'il possède la disposition naturelle.

Et qu'on ne commette pas l'erreur de se dire : si j'ai une prédisposition naturelle, je peux me reposer sur mes lauriers. Cela n'existe pas. Si l'on ne fait pas d'efforts, on ne bénéficiera jamais de ce que cette disposition naturelle rendait possible. À quoi cela ressemble-t-il ? À un homme qui priait : « Maître du monde, accorde-moi la richesse, je veux gagner à la loterie », et qui insistait ainsi sans relâche. Les anges vinrent dire : « Maître du monde, cet homme prie avec tant de ferveur, fais quelque chose pour lui ! » Le Saint béni soit-Il leur répondit : « Aucun problème, mais qu'il commence par acheter un billet ! » Il est décrété que tu gagnes, mais que peux-tu faire sans billet ? Ainsi dit le Saint béni soit-Il : Je t'ai créé avec le potentiel nécessaire à la prophétie, mais si tu n'avais pas été « Mon serviteur » en fournissant des efforts, cette prédisposition ne t'aurait servi à rien. J'interviens pour aider, mais c'est à toi de commencer, et c'est là le sens de « Je t'ai soutenu par la main » : tu agis, et Moi Je te tiens la main. « Et Je t'ai préservé » - Je veillerai à ce qu'aucun obstacle ne vienne de ta main, car qui peut discerner ses propres erreurs ? « Et Je t'établirai comme alliance du peuple » - avec le peuple d'Israël, J'ai scellé une alliance, et tu seras l'intermédiaire par lequel cette alliance perdurera, car tu rapproches Israël de son Père céleste. « Comme lumière des nations » - pour que les nations reconnaissent également qu'il y a un Créateur au monde, qu'il n'y a rien en dehors de Lui, et que le peuple d'Israël est le peuple élu auquel il convient de s'attacher.

Aveugles, prisonniers et habitants des ténèbres
לִפְקֹחַ עֵינַיִם עִוְרוֹת, לְהוֹצִיא מִמַּסְגֵּר אַסִּיר, מִבֵּית כֶּלֶא יֹשְׁבֵי חֹשֶׁךְ׃ - Pour dessiller les yeux aveugles, pour tirer de la geôle le captif, et de la prison ceux qui croupissent dans les ténèbres.

Selon le Malbim, Yéchayahou avait pour mission de transmettre la lumière également aux nations, et de fait, nous trouvons de nombreuses prophéties adressées aux peuples : la prophétie sur Babylone, celle sur Édom, etc. Leur but est qu'eux aussi reconnaissent la lumière divine. Or la lumière d'Hachem existe de manière permanente ; Yéchayahou ne la crée pas par ses paroles. Dès lors, les nations qui ne l'ont pas perçue jusqu'ici sont comme des aveugles, car la lumière est bien là, et si on ne la voit pas, c'est qu'on est privé de la vue. C'est le sens de « pour dessiller les yeux aveugles » : ta mission consiste uniquement à leur ouvrir les yeux afin qu'ils puissent contempler la lumière déjà présente.

Et face à Israël en exil, vers qui tu as été envoyé porter des prophéties d'encouragement, il est dit : « pour tirer de la geôle le captif ». Il existe en effet deux sortes d'exil, deux composantes d'Israël qui ont été exilées. Il y a la tribu de Juda et celle de Benjamin qui ont été dispersées aux quatre coins du monde, et nous en descendons tous ; quant aux dix tribus, elles ont disparu, exilées à Halah, sur le Habor et sur le fleuve de Gozan. Nous connaissons le nom des lieux, mais où se trouvent-ils exactement et qui sont leurs descendants ? Nous l'ignorons. De temps à autre, on nous présente quelqu'un qui a conservé le vestige d'une mitsva, l'un porte des franges à ses vêtements et l'on affirme : voici un descendant de Juifs ; d'autres prétendent même que les membres d'Al-Qaïda ressemblent à des Juifs par leurs barbes et leurs coiffes. Quoi qu'il en soit, il est évident qu'ils se trouvent dans une situation où nous ne les voyons pas et ne pouvons les identifier.

Le Malbim nous enseigne ici la distinction en hébreu entre un « captif » (assir) et un « détenu » (yochev kéle) : celui qui réside en prison (kéle) est simplement enfermé et ne peut sortir, mais il n'est ni garrotté ni enchaîné, comme il est écrit : « et ils enfermèrent (kaloou) leurs petits à la maison », ou comme l'expression « des enclos (miklaot) du troupeau ». Mais si on le ligote également à l'intérieur de la prison, il est qualifié d'« assir », du verbe signifiant lier et attacher. On raconte qu'un homme monta un jour dans un train avec un chien et demanda au contrôleur : « Est-ce permis de monter avec un chien ? » L'autre lui répondit en jouant sur les mots : « Assour c'est moutar, moutar c'est assour ! » C'est-à-dire : s'il est attaché (assour), c'est permis (moutar) ; s'il est détaché (moutar), c'est interdit (assour) ! L'« assir » est donc celui qui est attaché. Un homme jeté en prison et que l'on enchaîne de peur qu'il ne s'évade est appelé « assour », d'où le verset : « et il l'enchaîna dans la prison », montrant qu'il ne s'est pas contenté de l'enfermer mais l'a également garrotté.

C'est là le sens de « pour tirer de la geôle le captif » : ce sont Juda et Benjamin, dont on sait où ils se trouvent, mais qui sont comme entravés dans les pays de leur dispersion. Nous l'avons bien vu derrière le rideau de fer pendant des décennies : ils étaient véritablement captifs, et il était impossible de les faire sortir. En revanche, « et de la prison ceux qui croupissent dans les ténèbres » : ce sont les dix tribus, qui ne sont pas enchaînées mais plongées dans l'obscurité. Va donc les faire sortir, sais-tu seulement où elles se trouvent ? C'est un endroit ténébreux où l'on ne voit rien. Il est impossible de savoir où elles sont, et par conséquent impossible de les délivrer de la condition dans laquelle elles sont plongées.

« Je suis l'Éternel, tel est Mon Nom » - contre les philosophes et contre l'anthropomorphisme
אֲנִי יְהֹוָה הוּא שְׁמִי, וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא־אֶתֵּן וּתְהִלָּתִי לַפְּסִילִים׃ - Je suis l'Éternel, tel est Mon Nom ; Je ne donnerai pas Ma gloire à un autre, ni Mon hommage aux idoles.

« Je suis l'Éternel » - explique le Malbim : Moi-même, par Mon essence propre. Lorsqu'on évoque le Nom ineffable d'Hachem (le Tétragramme), on parle de Son Essence même, béni soit-Il, un Nom qui transcende toute compréhension, et qui demeure caché jusque dans sa prononciation, au point que nous ignorons totalement comment le prononcer, et qu'il est d'ailleurs strictement interdit de le prononcer selon ses lettres, raison pour laquelle nous le disons avec un Qof au lieu d'un Hé. Le Saint béni soit-Il est l'Être nécessaire par essence, « Il a été, Il est et Il sera », lettres mêmes du verbe être (Havaya), et Il ne dépend d'aucun autre. Pour reprendre l'image du fruit et du noyau : le noyau dépend d'un autre - du fruit, et le fruit de l'arbre, et l'arbre de la graine semée, et ainsi de suite. Mais « Je suis l'Éternel » signifie : Il existe et amène toute la réalité à l'existence sans dépendre d'absolument rien d'autre. « Tel est Mon Nom » - Je suis reconnu par toutes Mes créatures à travers les œuvres que J'accomplis, en créant, en maintenant et en supervisant la totalité de l'univers.

Les philosophes, explique le Malbim, ont compris l'existence d'Hachem, qu'Il est l'Être nécessaire et infini. Mais ils ont soutenu qu'on ne saurait Lui attribuer de désir, de volonté ou de changement de savoir, conformément aux postulats de la métaphysique (la science de « ce qui est au-delà de la nature »), qui traite des réalités transcendant le monde naturel. C'est pourquoi ils ont nié la création du monde par la volonté d'Hachem : affirmant qu'Il n'a pas de volonté, le monde serait selon eux éternel et aucun changement de volonté ne saurait exister devant Lui. Or, la gloire d'Hachem s'exprime précisément dans le fait qu'Il veut une chose et qu'elle s'accomplit, qu'une création se renouvelle par Sa seule volonté : « Car Il a parlé, et la chose fut ». C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, proclame : « Et Ma gloire, Je ne la donnerai pas à un autre » : prétendre que tout émane de Lui sans Sa volonté délibérée, par un simple enchaînement mécanique de causes à effets, est absolument inadmissible. Sachez au contraire que tout a été créé par Hachem par une volonté qui a pris naissance à un moment précis, lorsqu'il monta dans la volonté de l'Émanateur suprême de créer le monde. C'est là le b.a.-ba de la sagesse de la Kabbale au sujet de la création : dès lors qu'il monta dans la volonté de l'Émanateur, le Saint, béni soit-Il, restreignit Sa lumière (tsimtsoum) et projeta un fin rayon (kav), etc., comme cela a déjà été développé en détail.

À l'opposé, d'autres nations reconnaissaient que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde par Sa volonté, mais elles L'imaginaient corporel et Lui attribuaient des traits matériels, ce qui les a conduites à l'idolâtrie : car si Hachem était matériel, on pouvait tout aussi bien s'égarer avec des statues ou d'autres objets tangibles. C'est à ce propos qu'Il affirme : « Ni Ma louange aux idoles » : J'ai certes une volonté, et pourtant Je ne suis nullement une réalité corporelle, mais une existence spirituelle absolument distincte de toute matérialité. Je ne ressemble en rien à ces statues que l'on vénérait ; la volonté essentielle du Créateur, béni soit-Il, est totalement affranchie de la matière, inaccessible à toute pensée conceptuelle, et nous n'avons prise ni saisie sur elle, car toute réalité spirituelle que nous pouvons concevoir paraît matérielle en comparaison de l'essence divine.

« Les premières choses, voici qu'elles sont arrivées » - La preuve pour les prophéties futures
הָרִאשֹׁנוֹת הִנֵּה־בָאוּ, וַחֲדָשׁוֹת אֲנִי מַגִּיד, בְּטֶרֶם תִּצְמַחְנָה אַשְׁמִיעַ אֶתְכֶם׃ - Les premières prédictions, voici qu'elles sont accomplies, et J'en annonce de nouvelles ; avant qu'elles ne germent, Je vous les fais entendre.

Quelles sont ces « premières choses » déjà accomplies, et quelles sont les « nouvelles » que le Saint, béni soit-Il, annonce à présent ? Rachi explique : les premières font référence à ce que J'avais promis à Avraham au sujet de l'exil d'Égypte, lorsque Je lui ai dit : « Et aussi la nation qu'ils serviront, Je la jugerai ». J'ai tenu Ma promesse : Israël a été exilé, et le Saint, béni soit-Il, a jugé la nation qui les opprimait. Et à présent, « J'en annonce de nouvelles » - concernant le second exil, « avant qu'elles ne germent, Je vous les fais entendre ».

Le Radak explique que cela ne se rapporte pas à la prophétie d'Égypte, mais aux premières prophéties d'Isaïe concernant Sanhériv : vous avez vu à l'époque d'Isaïe, J'avais prédit que Sanhériv viendrait assiéger Jérusalem, et il est venu ; J'avais prédit sa chute, et il est tombé. « Les premières prédictions, voici qu'elles sont accomplies ». « Et J'en annonce de nouvelles » - Je vous fais part de prophéties inédites que vous n'aviez jamais entendues, et Je vous les révèle avant même qu'elles n'arrivent. Et qui garantit qu'elles s'accompliront ? Tout comme les premières se sont réalisées, vous prouvant que vous avez affaire à Celui qui a le pouvoir d'annoncer et le pouvoir d'exécuter, sachez de même que les prophéties futures - selon lesquelles Hachem délivrera Israël de l'exil et lui accordera une rédemption éternelle - se réaliseront avec une certitude absolue. Dès lors que les premières sont advenues, pourquoi douter de l'avenir ? Quant au terme « germent » (titsmaḥnah), explique le Radak, il s'apparente à « Je ferai germer la gloire de la maison d'Israël » et « le rejeton (tsémaḥ) de David Ton serviteur », évoquant le renouveau et l'éclosion d'une réalité nouvelle.

Le Malbim explique : lorsqu'un homme annonce un événement futur, on lui accorde crédit pour l'une de ces deux raisons : soit parce qu'il a fait ses preuves, ayant jusqu'ici annoncé des événements à venir qui se sont tous vérifiés ; soit parce que ce qu'il annonce a déjà commencé à se produire, et qu'il nous dévoile simplement comment l'histoire va s'achever. En revanche, si quelqu'un vient prédire ce qui adviendra dans cinquante ans, sans antécédents probants et sans que les prémices de l'événement ne soient visibles, il n'y a aucune raison de le croire. Mais s'il possède l'une de ces deux vertus, ses paroles méritent d'être reçues.

C'est le sens de ce verset : « Les premières prédictions, voici qu'elles sont accomplies » - vous avez déjà une expérience tangible avec Moi : J'ai annoncé des événements bien à l'avance et ils se sont réalisés à la lettre. Possédant cette première qualité à la perfection, Je n'ai nul besoin de la seconde (celle d'un événement déjà en cours). Je détiens un degré bien supérieur, et c'est pourquoi « J'en annonce de nouvelles » : Je puis vous révéler des événements entièrement inédits, destinés à se produire dans des décennies et dont rien ne laisse encore présager le début, et vous pouvez y croire d'une foi inébranlable. Celui qui a déjà fait ses preuves n'a plus besoin d'être mis à l'épreuve.

En conclusion :

Le chapitre s'ouvre sur la figure du Serviteur d'Hachem - le Roi Machia'h -, qui a bénéficié des deux préparations requises pour la prophétie : la préparation méritoire issue de ses propres efforts et la préparation naturelle disposée dès le sein maternel. Sa prophétie se distinguera de celle de tous les autres prophètes : sans cris, sans paraboles, sans rassemblements de foules, et sans châtier violemment les méchants - il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche vacillante, mais ramènera chacun à la téchouva. Il ne faiblira pas et ne se brisera point comme les faux messies, jusqu'à ce qu'il ait établi la justice sur terre et que les îles espèrent en son enseignement. De là, le prophète proclame la grandeur du Créateur des cieux et de l'artisan de la terre, qui unit l'âme et le corps en l'homme pour attester que le matériel comme le spirituel procèdent tous deux de Lui, et qu'Il a donc également le pouvoir de délivrer. C'est pourquoi : « Moi, Hachem, Je t'ai appelé avec justice » - que cela s'applique à Israël, au Machia'h ou au prophète Isaïe - pour ouvrir les yeux aveuglés des nations et faire sortir de leur exil les captifs et les habitants des ténèbres. « Je suis Hachem, tel est Mon nom » : Il est doué de volonté et renouvelle le monde, tout en demeurant infiniment distinct de toute matière, et Sa louange ne saurait revenir aux idoles. Enfin, la preuve ultime est simple : les premières prédictions se sont déjà vérifiées, et Celui dont les premières paroles se sont accomplies est digne d'une foi absolue pour les prophéties nouvelles qui n'ont pas encore germé.