Approchez votre cause, dit l'Eternel. Présentez vos arguments, dit le Roi de Yaakov. Le Malbim explique : nous avons vu que le chapitre a commencé par Faites silence devant Moi, îles, et que les peuples renouvellent leur force, qu'ils s'approchent, alors qu'ils parlent, ensemble approchons-nous pour le jugement. Le Saint béni soit-Il vient dire aux nations : j'ai un litige avec vous. Je veux à présent venir débattre avec vous, vous démontrer les choses afin qu'elles reviennent à la foi véritable, qu'elles reviennent au service de l'Eternel. C'est pourquoi, après avoir exposé toutes les revendications que nous avons vues dans le chapitre jusqu'ici, Il conclut à présent le débat en disant : Approchez votre cause, dit l'Eternel, présentez vos arguments, dit le Roi de Yaakov, approchons-nous pour le jugement. Donc, approchez votre cause.
Le Malbim dit : remarquez, il y a ici approchez et il y a ici présentez. Il y a ici votre cause et il y a ici vos arguments. Quelle est la différence ? Le Malbim explique : approcher (karev) s'emploie toujours entre choses égales. Par exemple, si nous sommes deux personnes égales et que je m'approche de toi, alors je dis je me rapprocherai de toi. Si en revanche je suis le petit et que tu es le grand, alors je ne me rapproche pas (karev), je me présente (nigach). Se présenter, c'est toujours le petit qui se présente au grand. Et Yehouda s'approcha de lui, Yehouda se présenta à Yossef. Ou une autre possibilité : dans une chose où il y a opposition. Non pas dans le but de se rapprocher l'un de l'autre, mais quand je me présente par exemple au combat, je me présente pour un litige, alors l'expression est toujours se présenter (nigach).
C'est pourquoi, au début Il dit Approchez votre cause, puis Il dit Présentez vos arguments. Quelle est la différence entre cause (riv) et argument (atsouma) ? Le Malbim explique : riv est un simple litige. En revanche vos arguments (atsoumoteikhem) désigne le moment où chacun se renforce dans sa querelle. D'un simple litige cela devient une véritable dispute, un grand débat. Donc au début Il leur dit Approchez votre cause, chose sans opposition trop grande, un rapprochement, ce n'est qu'un litige, dit l'Eternel. Dans un second temps Il dit Présentez, ce qui, comme nous l'avons dit, se renforce bien davantage, comme quand on se présente au litige, présentez vos arguments, car le litige va grandissant et se renforçant, aussi leur dit-Il de présenter leurs revendications lorsque le litige se sera intensifié.
À présent Il dit dit l'Eternel, dit le Roi de Yaakov. Quelle est la différence ? Le Malbim explique : il y avait chez les nations deux types de revendications. Il y avait la revendication que le Saint béni soit-Il ne veille pas du tout. La thèse de l'apikoros : le monde est le fruit du hasard, il n'y a pas de providence divine. C'est la revendication d'une minorité des nations. Depuis que le christianisme et l'islam se sont répandus dans le monde, la majeure partie du monde est devenue croyante en un Dieu unique. Et comme on le sait, le Rambam écrit que cette affaire de diffusion des religions est un processus vers la venue du Machia'h. Certes, ces religions sont opposées à la foi monothéiste en un Dieu unique, à savoir que le Saint béni soit-Il, Dieu d'Israël, est le Dieu de vérité, mais elles valent bien mieux que l'idolâtrie. Car dans l'idolâtrie on servait le bois et la pierre, des païens, des adorateurs d'idoles. Les nations ont progressé depuis et croient désormais qu'il y a un Dieu unique. Seulement voilà : chez les chrétiens, on croit encore qu'il y a un fils à ce Dieu. Les musulmans, de ce point de vue, sont déjà plus avancés, ils croient qu'il y a le Dieu et qu'il y a son prophète. Ce n'est qu'un prophète, et c'est pourquoi nous avons déjà dit une fois qu'il est permis d'entrer dans une mosquée mais interdit d'entrer dans une église. Car l'église est un lieu d'hérésie, ils croient qu'il y a plus d'une puissance dans le monde.
Il en ressort que la revendication des nations selon laquelle il n'y a personne qui veille n'est plus une revendication forte aujourd'hui. Ce n'est plus une revendication à laquelle adhère la majorité des nations. La majorité des nations croit en la foi monothéiste, qu'il y a un Dieu unique. C'est pourquoi au début Il dit Approchez votre cause, dit l'Eternel. L'Eternel, dit le Malbim, c'est du point de vue que le Saint béni soit-Il est le Dieu du monde entier, qu'Il a créé le monde tout entier. Alors le litige sur ce point est un petit litige. Cela, tout le monde le reconnaît aujourd'hui, que le Saint béni soit-Il est le Dieu du monde entier. C'est cela Approchez votre cause. S'il ne nous reste à litiger qu'avec une minorité, la plupart reconnaissent déjà que le Saint béni soit-Il est le Dieu du monde tout entier et qu'il y a un Dieu unique.
Mais accepter que ce Dieu est le Dieu du peuple d'Israël en particulier, que nous sommes le peuple élu (segoula), le peuple du choix, et que toutes les nations du monde ne sont ici qu'un décor, cela presque aucune des nations ne l'accepte. Cela presque aucune des nations n'est prête à l'admettre. Elles acceptent qu'il y a un Dieu unique, mais pas qu'il est le Dieu d'Israël. Elles acceptent l'Ancien Testament, mais prétendent qu'il y en a eu un nouveau. Autrement dit, accepter que le Saint béni soit-Il est le Dieu d'Israël, cela elles ne l'acceptent pas. C'est déjà une grande dispute. Venir démontrer cela aux nations, en faire un débat, une démonstration et des preuves, c'est déjà une grande dispute. C'est pourquoi, remarquez, c'est présentez vos arguments. Quand le litige s'intensifie, nous l'avons dit, il faut ici une présentation, car la présentation vaut pour le grand litige. Sur quel point ? Sur le Roi de Yaakov. Que le Saint béni soit-Il est le Roi du peuple d'Israël. Et ce n'est pas simplement l'Eternel, pas comme auparavant, dit l'Eternel, à savoir que le Saint béni soit-Il est le Dieu, cela dit l'Eternel. Non, ici nous avons un débat : est-ce que l'Eternel est le Roi de Yaakov ? Est-Il le Dieu en particulier du peuple d'Israël, sommes-nous Ses fils et tous les autres comme des fils adoptifs ? C'est un débat difficile, difficile à trancher. C'est un argument (atsouma), il faut ici un grand débat. C'est pourquoi Il dit Présentez vos arguments, dit le Roi de Yaakov, sur le point que le Saint béni soit-Il est le Roi de Yaakov. Elles sont prêtes à admettre qu'il y a un Dieu, mais elles n'acceptent pas que Ya-h a choisi Yaakov, qu'Israël est Son bien précieux, cela elles ne l'acceptent pas. Sur ce point le Saint béni soit-Il dit : nous avons un argument et un grand litige.
Qu'ils présentent et nous annoncent ce qui doit arriver. Les choses passées, quelles étaient-elles, dites-le, que nous y prêtions attention et que nous en connaissions l'issue, ou faites-nous entendre les choses à venir. Le Malbim dit : lorsqu'on vient débattre, la preuve et la démonstration principales que le prophète va leur donner à présent, c'est que le peuple d'Israël dispose d'une connaissance préalable de tout l'avenir, et que les nations n'en disposent pas. Nous avons déjà parlé du fait que c'est l'une des plus grandes preuves de la vérité de la Torah et de l'existence d'un Créateur du monde : la question des prophéties. Dans les séminaires il y a là-dessus un chapitre étendu, la partie des preuves, un sujet appelé une conférence intitulée les prophéties qui se sont réalisées. Il y a des dizaines de prophéties écrites dans les Prophètes, et ces prophéties se sont réalisées, chose sans pareille dans aucune religion au monde. Il n'y a aucune religion au monde qui prétende même dire ce qui sera dans l'avenir. À plus forte raison n'y en a-t-il aucune qui l'ait dit et visé juste. Il y eut une fois le christianisme qui essaya de dire quelque chose, comme nous en avons parlé, il essaya de dire que le Saint béni soit-Il avait rejeté le peuple d'Israël, et la preuve, la prophétie, c'était que le peuple d'Israël ne reviendrait jamais dans son pays. Il fallut 500 ans pour que cette prophétie s'écroule, et voici que le peuple d'Israël est revenu dans son pays. Nous avons déjà parlé du fait qu'à la suite de cela le pape ne voulait jamais venir ici en visite, car c'est un soufflet au christianisme. Voici que le peuple d'Israël est revenu dans son pays, vous en avez fait une preuve que l'Eternel les avait rejetés. Alors que faire ? On enfouit la tête dans le sable. Alors on ne vient pas ici, donc cela n'existe pas. C'est comme les Palestiniens : cela n'existe pas, ils ne l'écrivent pas, il n'y a pas d'État d'Israël, il y a la Palestine. Cela n'existe pas, il n'apparaît pas sur leurs cartes. Si cela n'apparaît pas, alors cela n'existe pas. Voilà, c'est la méthode.
Donc les nations n'ont aucune possibilité et n'ont jamais énoncé la moindre prophétie. Et c'est la preuve la plus saine et la plus forte. Et le peuple d'Israël a des dizaines de prophéties, je parle de celles qui se sont déjà réalisées, je ne parle pas de ce qui doit encore advenir et dont nous sommes sûrs à cent pour cent qu'il se réalisera. Des dizaines de prophéties qui se sont réalisées : tu peux vérifier et constater que tout ce que le Saint béni soit-Il a dit s'est accompli. Et il n'y a pas une seule prophétie qui aurait déjà dû s'accomplir et ne s'est pas accomplie. Il n'y a pas de telle prophétie. Toutes les prophéties qui ne se sont pas encore accomplies sont des prophéties futures censées s'accomplir plus tard. Mais si par exemple nous avons vu une prophétie disant que Bavel serait détruite et ne serait plus jamais habitée, eh bien à ce jour tu peux aller visiter en Irak les ruines de Bavel et voir que Bavel n'est plus jamais habitée, et selon les termes du prophète l'Arabe n'y dressera pas sa tente. L'Arabe n'y fait même pas paître son bétail, il ne fait même pas de tente dans les ruines de Bavel. C'est un lieu désolé où il y a des ruines parce que le prophète l'a dit. Et ainsi de suite, des dizaines de prophéties : le peuple d'Israël partira en exil, vers où il sera exilé, il reviendra dans son pays, deux exils, deux réprimandes, tout ce qui est écrit dans la Torah s'est accompli point par point, à cent pour cent. Alors Il dit : avez-vous une telle possibilité ? Qu'ils présentent et nous annoncent.
Le Malbim dit : à présent remarque qu'il y a plusieurs degrés dans l'annonce des choses à venir. Le degré le plus élevé, c'est que je t'annonce quelque chose qui doit advenir, et cette chose ne dépend d'aucune cause parmi les causes. Autrement dit, tu ne pourras pas dire écoute, tu as bien estimé et c'est pourquoi tu as dit qu'il en serait ainsi. Non. Rien n'avait commencé, il n'y en avait aucun indice, et je t'annonce déjà maintenant que dans 100 ans il en sera de telle et telle façon. C'est la prophétie la plus forte, une chose qu'on ne peut pas connaître à l'avance, qui n'a aucun indice ni signe préalable, et pour une telle chose il n'y a d'autre choix que d'être prophète. Sans prophétie on ne peut pas dire une telle chose. Par exemple, si je dis que dans 100 ans le gouvernement russe se lèvera et fera la guerre contre l'Amérique et la soumettra, eh bien ce n'est pas non plus logique : la Russie ne peut pas soumettre naturellement l'Amérique. Deuxièmement, qu'elle lui fasse la guerre, il n'est pas logique que deux superpuissances entrent en guerre, il n'y a à ce stade aucune cause apparente, et je l'annonce à l'avance. À plus forte raison quand j'annonce une chose totalement dénuée de logique, une chose qui n'est pas du tout conforme à la nature. Par exemple, Bavel était en son temps un grand empire, et j'annonce qu'elle sombrera. Le peuple d'Israël était considéré comme rien, et j'annonce qu'ils reviendront, se relèveront, retourneront dans leur pays et le rebâtiront. C'est là, ce sont deux opposés. Car Bavel est au sommet de l'Olympe et le peuple d'Israël est dans une grande déchéance, et j'annonce une chose aussi invraisemblable, une chose illogique. Une telle chose exige vraiment une immense puissance de connaissance. Et c'est ce qu'Il dit : Qu'ils présentent et nous annoncent ce qui doit arriver (tikreina). Tikreina, du mot mikré, hasard. C'est une chose illogique. C'est un hasard, seul le hasard peut faire arriver une chose pareille, c'est illogique. Qu'ils nous annoncent ce qui doit arriver.
Bon, vous ne pouvez pas dire une telle chose ? Il y a des choses, des processus qui ont commencé. Pouvez-vous nous dire ce qu'il en sera à la fin ? Le processus a déjà commencé, il existe déjà. Pouvez-vous nous dire ce qu'il en sera à la fin ? Cela aussi exige une capacité prophétique. Par exemple, un processus a commencé ici, disons qu'un volcan a commencé à entrer en éruption. Et j'annonce combien de villages il détruira. Si j'annonce à l'avance, alors qu'il n'y a pas de volcan, qu'il n'y a rien, je te dis c'est un volcan qui va entrer en éruption, ah, cela c'est déjà une puissance immense, c'est tikreina. Mais je ne te demande pas cela. Après que le volcan est entré en éruption, peux-tu me dire combien de villages il détruira ? Peux-tu me dire quelle ampleur aura son éruption ? Cela c'est déjà un degré inférieur. Voyez des choses aussi ordinaires : des gens spécialisés dans le renseignement, la sécurité, la connaissance de l'ennemi. Quand en son temps a commencé la révolution en Égypte, tous les experts de la sécurité ici en Israël disaient Moubarak est fort, Moubarak ne tombera pas, il les matera en un clin d'œil, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Une semaine s'est écoulée et l'homme était sur un brancard. N'est-ce pas ? Voilà, où est-ce, qu'avez-vous dit ? De quoi avez-vous parlé ? De rien du tout. Ça a commencé avec Assad, on disait ne vous inquiétez pas, Assad c'est une affaire de jours, l'homme est fini. Des jours, il est fini, on t'annonce déjà qu'il est fini, Assad est déjà à terre et ce n'est qu'une affaire de quelques heures et ils... Et l'homme survit encore, massacre et fait tout ce qui lui passe par la tête, et personne ne lui dit rien. Voici un processus qui a commencé. Prédis donc sa fin. Et tu es censé le savoir, toi tu es censé avoir de la sécurité, toi tu es censé avoir des informations. Soit dit en passant, cela montre à quel point nous n'avons à nous appuyer que sur notre Père qui est aux cieux. C'est sur eux que tu comptes ? Il ne sait pas ce qui va se passer dans deux jours. Il ne sait pas ce qui se passe sous ses yeux, ce sont des gens qui étaient censés avoir des informations. Personne n'a prévu le printemps arabe. Personne n'a prévu qu'il y aurait des manifestations, qu'on ferait tomber les régimes en Égypte, en Libye, personne ne l'a prévu. Ce sont des gens qui étaient censés avoir du renseignement. Personne ne l'a prévu, alors c'est sur eux que tu comptes ? Ce n'est qu'une remarque en passant, juste pour que nous comprenions que nous n'avons personne sur qui nous appuyer sinon notre Père qui est aux cieux.
Et c'est la deuxième étape. Les choses passées, quelles étaient-elles, dites-le, que nous y prêtions attention et que nous en connaissions l'issue. Les choses que nous avons déjà vues, ce qui est arrivé, cela a commencé, les choses passées, quelles étaient-elles, cela nous le voyons. Bon, dis-moi ce qui arrivera à la fin ? Raconte-moi la fin de l'histoire. Dites-le, que nous y prêtions attention afin de vérifier si ce que tu dis est vrai, et que nous en connaissions l'issue.
Bon, cela non plus vous ne le pouvez pas. Mais je vous demanderai, à vous les adorateurs de votre idolâtrie, au Baal, à la croyance, aux idoles auxquelles vous croyez, je demanderai ou faites-nous entendre les choses à venir. Il y a des choses qui découlent de causes naturelles. Le Malbim dit : comme le fait de savoir si l'année sera pluvieuse ou année de sécheresse, froid ou chaleur, famine ou abondance. Ou faites-nous entendre les choses à venir : ce sont des choses qui arrivent habituellement. Cela non plus vous ne pouvez pas le savoir. Quelqu'un de l'institut météorologique peut-il t'annoncer que cette année... Ils annoncent, ils annoncent, ce n'est pas qu'ils n'annoncent pas, ils annoncent. Ils annoncent mais à la fin ils se trompent toujours. Il peut te dire cette année sera une année pluvieuse ou une année... Ils n'ont aucune possibilité de savoir. Même les choses naturelles et courantes dans le monde, ils n'ont aucune possibilité de les connaître. Même des choses que des analystes et des experts sont censés connaître, cela non plus ils ne le savent pas. Les choses à venir, les choses ordinaires censées arriver, faites-les-nous entendre. Cela non plus vous ne le savez pas.
Quatrième chose, la plus infime de toutes. Il leur dit : voyez, il y a des choses qui sont déjà arrivées. Il y a des choses qui sont déjà arrivées. Et à partir de ce qui est arrivé, tu dois tirer des conclusions et expliquer quelle en a été la cause déterminante. Vous remarquez que je ne te demande déjà plus les choses futures. Les choses futures, j'ai compris que tu n'en as aucune idée. Mais il y a des choses qui sont déjà arrivées, n'est-ce pas ? Donne-en une interprétation, explique-moi ce qui les a causées. Par exemple, tu vois de la fumée : d'après la science de la nature je sais que s'il y a de la fumée, cela signifie que quelqu'un a allumé un feu. Regarde la réalité, observe-la, interprète les causes qui la provoquent. Cela non plus vous ne le savez pas. Ce que les savants de la nature savent tout de même faire d'une manière ou d'une autre, cela vous par le biais de vos idoles, en donner une interprétation, ce qui est arrivé, quelles en furent les causes, cela non plus vous ne le saisissez pas. Découvrir la cause à partir de l'effet. Cela non plus vous ne le savez pas. C'est le verset suivant.
Annoncez les signes du passé et que nous sachions que vous êtes des dieux. Faites du bien ou du mal, que nous regardions et voyions ensemble. Annoncez les signes du passé (haotiyot). Les otiyot, du mot ot (signe). De l'effet vers la cause. Après avoir vu le signe, annoncez ce qui précède, donnez-nous des explications préalables sur ce qui l'a causé. Il dit : une telle chose non plus vous ne la savez pas. Et que nous sachions que vous êtes des dieux (Elohim). Par là je pourrais savoir que vous avez une puissance, que vous avez un dieu, Eloha signifie une puissance. Que vous avez une certaine force, au moins pour donner une interprétation à ce qui est arrivé, quelles furent les circonstances qui l'ont provoqué, ce qui a amené qu'une telle chose arrive. Et si cela vous ne pouvez pas le dire, alors des choses futures, qui en parle même ? Qui en parle donc ? Donner une interprétation du passé, vous n'en avez aucune idée, alors qui parle même de prévoir l'avenir ?
Et Il leur dit aussi : Faites du bien ou du mal, que nous regardions et voyions ensemble. Je vous mettrai à l'épreuve, leur dit le prophète, avec une chose encore plus petite. Faites du bien ou du mal. Votre idolâtrie a-t-elle le pouvoir de faire du bien ou du mal ? Autrement dit, on la prie. Un homme prie Yéchou, votre idolâtrie a-t-elle le pouvoir de lui faire du bien ? Ou de lui faire du mal ? C'est ce dont se targue tout adepte de religion. Viens prier mon idolâtrie, viens accepter ma religion, tu verras que le dieu déversera sur toi ses bienfaits, qu'il te donnera. Alors, votre idolâtrie est-elle telle qu'on puisse lui demander et qu'elle donne ? Et si oui, si vous faites du bien ou du mal, et que nous regardions et voyions ensemble, alors nous saurons que vous êtes des dieux. Que signifie et que nous regardions et voyions ensemble ? Le Malbim explique : leur habitude était de tromper leurs fidèles. Les adorateurs d'idoles trompaient leurs fidèles pour leur montrer que l'idolâtrie fait du bien ou du mal à ses adorateurs. Mais cela ils le faisaient par toutes sortes de ruses trompeuses, par toutes sortes de récits, on te montre toutes sortes d'histoires sur toutes sortes de gens, voilà celui-ci était infirme et s'est relevé, voilà cet autre avait telle chose et voilà qu'il s'est réveillé, et encore toutes sortes de récits, et tout n'est que tromperie. Tout est mensonge, car l'idolâtrie n'a aucun pouvoir de faire du mal ou du bien. Alors Il leur dit : mais si vous voulez soulever une telle prétention, si vous voulez apporter une preuve que voici l'idolâtrie a le pouvoir de faire du mal et du bien, je sais qu'il n'y a là aucune substance, mais une telle preuve pour me démontrer, je veux et que nous regardions et voyions ensemble. Et que nous regardions (nichta'a), le Malbim l'explique du mot face (regarder vers), comme dans l'Eternel se tourna vers Hével, ne te tourne pas (al techa'). Et voyions ensemble, cela signifie tous les deux ensemble. En termes simples : ne me fais pas toutes sortes de tours de passe-passe. Je veux, de mes yeux, de mes yeux voir ensemble comment tu pries et voilà que cela arrive. On prie, la pluie tombe. Je veux voir, viens et que nous regardions et voyions ensemble. Pas des récits, tu sais il y a trois ans il y a eu ceci, et on est venu à l'idolâtrie et... Non non non, viens maintenant, montre-moi, et que nous regardions et voyions ensemble. Ton idolâtrie a-t-elle le pouvoir de faire quelque chose sur-le-champ ? Alors je ne parle déjà plus des choses futures, il n'y a rien à en dire. Et du passé aussi, nous avons vu que vous ne pouvez pas donner d'explications passées sur ce que nous voyons. Mais quelque chose pour faire du mal ou du bien, ce qui est le minimum requis : pourquoi servir l'idolâtrie si elle n'est pas capable de fournir la marchandise ? C'est le minimum dont se pare toute idolâtrie, faire du mal ou du bien. Venez, que nous regardions et voyions ensemble, montre-moi que tu demandes à l'idolâtrie et qu'elle te donne.
C'est pourquoi Il leur dit : tout n'est que mensonge. Voici, vous êtes néant et votre œuvre est vanité, une abomination qui vous choisit. Voici, vous êtes néant (mé-ayin). Le Malbim explique : un homme qui veut choisir quelque chose le choisit pour l'une de deux raisons. Soit du point de vue de sa valeur, la chose en elle-même a une valeur intrinsèque, elle a une sainteté, une valeur, c'est pour cela qu'il la choisit. Soit du point de vue de l'utilité de cette chose. Si par exemple on te propose en héritage un Séfer Torah, et disons, en toute distinction, une tondeuse à gazon. Et tu as une pelouse. Alors si tu choisis le Séfer Torah, ce n'est pas du point de vue de l'utilité, je n'ai aucune utilité du Séfer Torah, mais du point de vue de sa valeur. Et si je choisis la tondeuse, parce que j'ai une pelouse et que j'ai justement besoin de tondre le gazon, alors je la prends. Autrement dit, nous parlons ici de deux choses. Nous parlons d'une chose qui a une valeur, et nous parlons d'une chose qui a une utilité. Alors Il leur dit : voici, vous êtes néant. Vous, du point de vue de vous-mêmes, du point de vue d'une valeur qui ferait qu'on vous choisisse, néant. Vous êtes de l'ordre du néant, il n'y a en vous aucune intelligence pour annoncer les choses futures, on ne peut rien savoir par votre intermédiaire. Que diras-tu ? Bon, mais écoute, l'idolâtrie c'est un fait, elle a une influence, elle fait du bien, elle fait du mal. Il leur dit : et votre œuvre est vanité (mé-afa). L'action que tu attribues à l'idolâtrie, mé-afa. Que signifie mé-afa ? Le Malbim l'explique du mot pé'iya (bêlement). Vous proférez du mensonge. Vous proférez (poïm) des paroles de mensonge dans vos propos, vous les prêtres qui racontez le bien et le mal de l'idolâtrie. Alors, puisqu'il n'y a en vous aucune valeur intrinsèque, et puisqu'il n'y a en vous aucune utilité non plus, au moins recevoir une utilité, demander quelque chose et l'avoir reçu, par conséquent une abomination qui vous choisit. Quiconque vous choisit choisit une abomination. Il choisit une chose répugnante et abominable. Car il n'a ni utilité du point de vue de sa valeur, ni utilité du point de vue de ce qu'il en recevra. Alors qu'en ai-je ? Rien qu'une forme d'abomination. Le Radak explique au nom de son frère Rabbi Moché que afa, voici vous êtes néant et votre œuvre est vanité, afa vient du mot éf'é (vipère). Vous êtes comme les serpents qui font mourir ceux qui s'associent à eux, ainsi vous aussi, votre œuvre est vanité. Quiconque s'associe à vous, vous le faites mourir. Et qui vous choisira ? Seule une abomination vous choisira. Seuls les gens abominables vous choisiront, et non D.ieu.
J'ai suscité du nord et il est venu, du levant celui qui invoque Mon nom, il vient sur les gouverneurs comme sur de l'argile, et comme un potier foule la boue. Ce verset a quatre interprétations. Qui ai-je suscité du nord ? Que dit ici le prophète ? Le Saint béni soit-Il a éveillé du nord et il viendra, du levant celui qui invoque Mon nom. Qui est celui qu'on a éveillé du nord ? Le Malbim explique : J'ai suscité, j'ai éveillé Gog pour qu'il vienne du nord. Autrement dit, après être venu leur montrer que vous n'avez aucune possibilité de dire quoi que ce soit sur l'avenir, le Saint béni soit-Il dit : voici, Je vous annonce ce qui doit advenir. Le prophète dit : voici, notre Dieu prophétise au peuple d'Israël les choses futures. Quelqu'un parmi vous peut-il dire l'avenir ? Je vous annonce, J'ai éveillé Gog pour qu'il vienne du nord, et il est venu, il viendra comme Je vous l'annonce à l'avance. Et J'ai aussi suscité du levant. Qui est-ce ? Le roi Machia'h. Le roi Machia'h, Je l'ai suscité du levant, celui qui invoquera Mon nom. Il appellera tous les peuples à parler un langage clair, à servir l'Eternel, il invoquera Mon nom. Et lui aussi viendra. Il vient sur les gouverneurs comme sur de l'argile qu'on foule pour la construction. Quelle en est l'explication ? Quel est le but qu'il vienne sur les gouverneurs et quel est le but de fouler ? Quelle est en somme l'idée ? Le Malbim explique : il y a une différence entre 'homer (argile) et tit (boue). Le tit c'est la boue. De la boue on ne fait rien, il n'y a rien à en faire. En revanche le 'homer, c'est ce qu'on appelle la matière avec laquelle on travaille, disons l'argile, pour faire des ustensiles. Du mortier et ainsi de suite pour construire des maisons. Cela s'appelle 'homer. Alors Il leur dit : voyez, avec la boue il n'y a rien à faire du tout. En revanche avec l'argile, le potier façonne des ustensiles. Or le potier fait-il quelque chose avec la boue ? Il n'a rien à faire de la boue, la boue n'est que boue. Il n'a rien à en faire. C'est seulement avec l'argile que le potier est capable de fabriquer un ustensile. En revanche, qu'est-il écrit ici ? Il vient sur les gouverneurs comme sur de l'argile, et comme un potier foule la boue. Le potier ne foule pas la boue. Car que fait-on de la boue ? On foule l'argile, on la foule pour la rendre apte au travail, on la pétrit, on la malaxe pour la rendre apte au travail, puis on en façonne ce qu'on veut. Mais personne ne va fouler de la boue, personne ne va pétrir de la boue. Il dit : sache-le, le roi Machia'h sera de l'ordre du potier : de même que le potier réussit à tirer de l'argile un ustensile pour son ouvrage, ainsi le roi Machia'h réussira à tirer de la boue un ustensile pour son ouvrage. Autrement dit, il prendra les nations, et pas seulement les nations, les pires d'entre elles, celles qui sont de l'ordre de la boue, celles-là aussi il les transformera en ustensile. Elles aussi seront dignes de recevoir la révélation divine. Elles aussi seront dignes d'être présentes en ce temps du roi Machia'h, du fait qu'il corrigera et améliorera leurs actes pour le bien. Comme l'argile dans la main du potier, c'est ce qu'Il dit. Il vient sur les gouverneurs, les gouverneurs désigne ceux des nations qui sont de l'ordre de la boue, il les transformera en un ordre d'argile qui les rendra par là dignes de recevoir le message divin, dignes par là de changer de voie et d'accepter la foi en un Dieu unique, même les vides et les frivoles parmi les nations.
Rachi explique qu'ici Il annonce les choses futures et leur fait savoir : Je m'apprête à rebâtir les ruines de Yerouchalayim. Et qui m'apprête-Je à amener ? J'ai suscité du nord, Coresh viendra du nord. Et sur qui viendra Coresh ? Roi de Perse, il viendra sur Bavel pour la détruire. Du levant celui qui invoque Mon nom. Que criera-t-il ? Tous les royaumes de la terre, l'Eternel me les a donnés, ainsi dit Coresh, c'est pourquoi je vais rebâtir Yerouchalayim. Et apparemment, pourquoi l'appelle-t-il du nord ? Rachi dit : parce que le pays de Perse est certes à l'est, mais c'est au nord-est. C'est pourquoi J'ai suscité du nord désigne le royaume de Perse, Coresh, qui viendra afin de rebâtir le Temple. Ainsi l'explique aussi le Radak au nom des commentateurs, et c'est pourquoi Il dit J'ai suscité du nord, du levant, car il est allé détruire la ville qui est au levant. Quel pays est à notre est ? C'est Bavel. Bavel se trouve du côté est. J'ai suscité, j'ai éveillé Coresh sur le levant afin de détruire Bavel, dans le but d'ordonner au peuple d'Israël de monter dans son pays pour bâtir le second Temple à l'époque d'Ezra et Ne'hémia. Qui voudra pourra écouter les disques sur Ezra et Ne'hémia, sur tout l'éveil qu'il y a eu pour rebâtir le Temple et sur l'aide reçue de Coresh. C'est pourquoi la suite des versets est : le premier à Tsion, les voici, et à Yerouchalayim je donnerai un messager. Quand cela ? Lorsque Coresh viendra et éveillera le peuple afin de monter et de rebâtir Yerouchalayim.
Il y a une autre explication, une explication que Rachi apporte : autre chose. J'ai suscité du nord, dit Rachi, on parle ici de Nabuchodonosor. Nabuchodonosor viendra et se lèvera pour détruire Yerouchalayim. J'ai suscité du nord et il est venu. Et Coresh, c'est du levant. L'est, comme nous l'avons dit, puisqu'il s'agit de la Perse, c'est au nord-est, alors selon cette seconde interprétation, du nord ne renvoie pas à la Perse et à Coresh, mais du levant renvoie à Coresh, qui, comme nous l'avons dit, est au nord-est. Du levant il invoquera Mon nom, comme nous l'avons dit, lui que j'ai éveillé ensuite, Coresh qui viendra de l'est, qui viendra rebâtir Yerouchalayim.
Il y a une autre explication que le Radak donne, à savoir que cela est dit au sujet du roi Machia'h. J'ai suscité du nord, qui ai-je suscité du nord ? Le roi Machia'h. C'est ce qui est écrit plus loin : Voici Mon serviteur, Je le soutiens. Et le Radak dit que c'est l'interprétation qui lui paraît la plus juste. À vrai dire, le Malbim aussi a suivi la même ligne. Sauf que le Malbim a compris que J'ai suscité du nord désigne Gog, et il est venu du levant désigne le roi Machia'h. En revanche, selon l'interprétation du Radak, J'ai suscité du nord signifie dès le départ qu'on parle ici du roi Machia'h. Le roi Machia'h viendra du nord. Pourquoi du nord ? Apparemment, quel rapport avec le nord ? Car au contraire, qu'est-ce qui s'ouvre du nord ? Le mal. Alors comment soudain le roi Machia'h viendrait-il du nord ? Le Radak explique : parce qu'il y a les dix tribus qui se trouvent à Hala'h, à Habor, au fleuve Gozan et dans les villes de Madaï. Et cela est au nord-est de la terre d'Israël. C'est pourquoi Il dit J'ai suscité du nord et il est venu du levant. Du nord-est viendra le roi Machia'h afin de racheter le peuple d'Israël, car il rachètera d'abord les dix tribus. Donc résumons : nous avons ici quatre interprétations. Soit on parle ici de Coresh, comme Rachi l'a expliqué, soit de Nabuchodonosor, c'est une interprétation supplémentaire de Rachi, soit du roi Machia'h, c'est J'ai suscité du nord, selon le Radak, soit on parle ici de Gog et Magog, ce qui est selon le Malbim.
Qui l'a annoncé dès le commencement, que nous le sachions, et d'avance, que nous disions : il est juste ? Nul n'annonce, nul ne fait entendre, nul n'entend vos paroles. À présent Il leur dit : eh bien, voici que j'énonce ici une prophétie. Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui l'ait annoncée dès le commencement, que nous le sachions ? Que nous sachions, lorsque la chose adviendra, qu'il l'a annoncée dès le commencement ? Le Malbim explique : il y a une différence entre dès le commencement (mérosh) et d'avance (milfanim). Car il est écrit ici Qui l'a annoncé dès le commencement, que nous le sachions, et d'avance, que nous disions : il est juste. Quelle est la différence entre les deux ? Quand nous disons milfanim, nous parlons en réalité du présent, et à partir du présent je veux parler du passé. En revanche quand je parle mérosh, je me situe pour ainsi dire seulement dans le passé. Je ne parle pas du présent par rapport au passé. Par exemple, quand je dis les Émim y habitaient autrefois (lefanim). À présent ils n'y habitent pas, je te parle maintenant, et je te dis, sache-le, autrefois c'était différent. Le prophète, aujourd'hui on l'appelle navi, autrefois (lefanim) on l'appelait le voyant (roé). Aujourd'hui on l'appelle navi, je parle du présent, et sache-le, dans le passé on l'appelait le voyant. Cela s'appelle lefanim. On parle maintenant de ce qui était mérosh (au commencement). Il leur dit : voyez, il y a une grande différence entre le magicien et le prophète. Car les magiciens aussi pouvaient connaître certaines choses par la puissance des astres et de leurs mouvements. Ils avaient des connaissances très générales, comme nous l'avons vu que Pharaon, qui était un grand astrologue, dit voyez que le mal est devant vos faces. Et il savait de quoi il parlait dans une certaine direction, seulement il ne l'a pas interprété correctement. Le sauveur d'Israël devait naître, cela aussi il le savait. Il était voué à être jugé par l'eau, cela aussi il le savait, seulement dans quelle eau, il ne l'a pas compris : c'étaient les eaux de Mériva et il croyait qu'il se noierait dans le Nil. Ils avaient des connaissances générales. Il dit : voici, il y a des choses que quelqu'un dit dans le passé, on ne les prend pas très au sérieux pour deux raisons. Premièrement, ce sont des choses générales, ce ne sont pas des choses précises et spécifiques. C'est une raison. Deuxièmement, ces choses, tant qu'elles n'arrivent pas, nous ne pouvons pas les voir. Puisque cette personne n'est pas quelqu'un sur qui je peux m'appuyer, dont les propos sont véridiques. Ensuite, quand quelque chose arrive, ah ah, tu te souviens que quelqu'un a dit un jour qu'il y aurait quelque chose, voilà, c'est sans doute à cela qu'il faisait allusion. C'est très ténu. C'est très ténu. Vous connaissez un livre appelé les prophéties de Nostradamus ? Quelqu'un en a entendu parler ? Nostradamus était un homme qui vivait il y a quelques siècles, et il a écrit, composé des poèmes. Des poèmes écrits dans un langage très très général. Et des siècles plus tard on vient chercher comment des phénomènes qui se sont produits se trouvent dans les poèmes de Monsieur Nostradamus. Et ce sont des sottises, vanité et poursuite de vent. Celui qui lit ces choses voit d'abord quelque huit interprétations pour chaque poème. Et un grand roi viendra du nord et ceci, et on te l'interprète sur celui-ci, on l'interprète sur celui-là, on l'interprète sur cet autre, et l'un voit là-dedans la chute du bloc communiste, un autre y voit la chute de Saddam Hussein. On peut tout y voir. Oui, quelque chose de très élastique. Ce sont des choses très générales, et c'est seulement après qu'elles arrivent que tu essaies de les retrouver là où elles se situent dans ce qu'il a dit. Cela s'appelle milfanim. En revanche mérosh, c'est ce que le prophète annonce. Le prophète annonce des choses précises. J'annonce qu'il se lèvera un rejeton de la maison de David et quel sera son nom ? Yochiyahou sera son nom. Je t'annonce son nom, vérifie si cela est arrivé ou non. Le prophète raconte ensuite, après des centaines d'années, qu'un roi s'est levé qu'on appelait Yochiyahou et qu'il a extirpé l'idolâtrie. Tu annonces des choses expliquées et détaillées dès le commencement. Premièrement. Deuxièmement, un prophète est un homme accepté (dont l'autorité est établie). C'est un homme qui a dit quelque chose, a été mis à l'épreuve, et c'est seulement ensuite qu'on a commencé à accepter ses paroles. Le Rambam dit qu'on n'acceptait pas immédiatement un prophète. Un homme qui venait annoncer une prophétie, on lui disait : dis des choses qui doivent advenir, en bien et non en mal. Car pour le mal, il se peut que l'Eternel l'annule à la suite de bonnes actions accomplies. Pour le bien, c'est une preuve totale. Apporte des prophéties en bien, dis que dans deux semaines il en sera de telle et telle façon, des choses que tu annonces avec une précision de cent pour cent, et exactement comme tu l'as dit cela se réalise, on l'éprouve plusieurs fois et ensuite il reçoit un diplôme de prophète. D'un tel homme on peut accepter toute parole de l'Eternel. Donc le prophète, premièrement, est un homme dont nous savons que ses propos sont très précis. Deuxièmement, il parlait aussi de manière spécifique, il ne parlait pas de choses générales dont, seulement après qu'elles arrivent, tu trouves soudain une signification en te disant voilà, c'est sûrement à cela qu'il faisait allusion à l'époque. C'est donc ce qu'Il dit : Qui l'a annoncé dès le commencement, que nous le sachions ? Il a annoncé dès le commencement des choses précises, quand cela arrivera et comment cela arrivera, selon des échéances. Que nous le sachions, et alors nous saurons, voici que c'est arrivé comme il l'a dit. Et vous savez quoi ? C'est trop grand pour vous. Je suis prêt à me contenter de moins. Et d'avance, que nous disions : il est juste. Qu'il dise quelque chose dont je dirai finalement, tu sais quoi, d'avance, dans le passé, quelqu'un a vraiment dit une telle chose et voilà qu'il a raison. Il dit : cela aussi je suis prêt à l'accepter, mais cela non plus vous ne l'avez pas. Non seulement vous n'annoncez pas à l'avance des choses précises et véridiques, mais même ensuite, quand une chose arrive, que nous trouvions une interprétation permettant de dire que c'est ce que vous avez dit, Il dit : cela aussi vous ne l'avez pas. Nul n'annonce, nul ne fait entendre, nul n'entend vos paroles. Nul n'annonce, et même s'il y avait quelqu'un qui annonce, nul ne fait entendre, personne pour faire entendre les choses au grand nombre. Et pourquoi ? Parce que vos annonceurs sont tenus pour des menteurs. Et même s'il y avait quelqu'un pour faire entendre, nul n'entend vos paroles. Nul n'entend vos paroles, puisqu'ils sont habitués à vos mensonges et à vos tromperies. Comme le prophète est rempli de faux prophètes, toutes sortes de prophéties qu'ils leur annoncent : le roi de Bavel ne viendra pas, n'effrayez pas le peuple, tout ira bien, vous n'avez pas de quoi vous inquiéter, vous mangerez, vous moissonnerez, vous serez rassasiés, il n'y aura aucun mal, il n'y aura rien du tout. Ils aimaient toujours consoler le peuple. C'est comme les médias, ils aiment toujours ne dire que des choses, ne dites pas, vous les religieux vous avez toujours des prophéties de colère. Vous prévoyez toujours le noir. Non non, tout ira bien, ce peuple est un peuple merveilleux, c'est un peuple formidable, descends dans les rues, regarde combien, c'est vraiment un peuple, ne dites pas des choses pas... C'étaient les faux prophètes. Il dit : nul n'annonce. Et s'il y a quelqu'un qui annonce, il n'y a personne pour faire entendre. Et s'il y a quelqu'un pour faire entendre, il n'y a personne pour entendre, tant on est habitué au mensonge des faux prophètes qui mentaient à leurs fidèles et à leurs adorateurs.
Le premier à Tsion, les voici, et à Yerouchalayim je donnerai un messager. Le Malbim explique : celui qui veut apporter une preuve, il y a deux types de preuves. Il y a une preuve positive, et il y a une preuve par la négative. Ce sont les deux types de preuves qu'on peut apporter pour démontrer quelque chose. Une preuve par la négative : je te dis untel n'est pas sage. D'où sais-tu qu'untel n'est pas sage ? Écoute, parce que jusqu'à ce jour il n'a pas prononcé de paroles de sagesse. De là je conclus qu'untel n'est pas sage. Cela s'appelle une preuve par la négative. En revanche, il y a une preuve par le positif. Je te dis untel n'est pas sage. D'où le sais-tu ? Je l'ai entendu prononcer des paroles de sottise et de vanité. C'est une preuve qu'il n'est pas sage, ce n'est déjà plus une preuve par la négative, c'est une preuve par le positif. J'ai entendu ceci, je l'ai entendu. En revanche, quand je dis je n'ai pas entendu de lui de paroles de sagesse, c'est une preuve par la négative. Quelle est la preuve la plus forte ? La preuve par le positif. J'ai entendu de lui des paroles de vanité, c'est bien plus une preuve qu'il est sot que de dire je n'ai pas entendu de paroles de sagesse, car peut-être est-il très sage et est-il un sage qui garde le silence. D'où le sais-tu ? Il se peut qu'il tienne le fuseau du silence et qu'il soit très sage. Ce n'est pas une preuve absolue, c'est une preuve par la négative. En revanche, la preuve par le positif est vraiment une preuve absolue, elle est vraiment une preuve complète. C'est pourquoi, après avoir dit voyez, je vous démontre par une preuve, comme nous l'avons dit, par la négative, qu'il n'y a aucune substance dans toute l'idolâtrie. À partir de quoi ? Car voyez, ils n'annoncent pas ce qui doit advenir. C'est une preuve par la négative. Du fait qu'il n'a pas annoncé, c'est un signe qu'il n'y a en lui aucune substance. Tu peux encore contester. Tu peux dire : quoi, le fait qu'il n'ait pas annoncé, est-ce une preuve qu'il n'y a en lui aucune substance ? C'est une preuve qu'il n'annonce pas les choses futures. Peut-être sait-il et ne veut-il pas annoncer ? Il garde cela secret. Pour lui-même, l'idolâtrie ne veut pas tout révéler, elle garde le secret, elle ne le divulgue pas plus loin. C'est une preuve par la négative. Il leur dit : mais je vais vous donner une preuve plus grande. Je vais vous donner une preuve par le positif. Il dit : voici, le premier à Tsion, les voici. Le premier signe destiné à Tsion, les voici. Ce sont les gouverneurs dont nous avons parlé, c'est le roi Gog dont nous avons dit J'ai suscité du nord, les voici. C'est le signe que la royauté reviendra à Tsion, et c'est le signe du rassemblement des exilés à Yerouchalayim. Autrement dit, voici que je vous apporte une preuve que vous pourrez ensuite vérifier et vous verrez que cette chose se réalise, et alors par là s'imposera le règne de l'Eternel dans le monde, sans aucune prétention à quelque autre puissance en dehors de Lui, qu'Il soit béni. Toute chair saura ensemble que l'Eternel est D.ieu, il n'y en a point d'autre que Lui. Il dit : et c'est une preuve par le positif. C'est une preuve qu'Il est Dieu, non pas par ce qu'ils n'ont pas dit, mais voici que le Saint béni soit-Il annonce des choses et elles seront, et ces choses seront le, ce qu'on appelle le coup de marteau qui achèvera le règne du Créateur du monde dans le monde, c'est-à-dire qu'Il imposera Son règne sur le monde tout entier.
À présent remarquons qu'Il dit ici le premier à Tsion, les voici, et à Yerouchalayim je donnerai un messager. Quelle est la différence entre Tsion et Yerouchalayim ? Le Malbim suit une ligne tout au long du Tanakh, selon laquelle Tsion et Yerouchalayim parlent tous deux en réalité de Yerouchalayim. Seulement Tsion était le lieu de la résidence de la royauté et du Temple. En revanche Yerouchalayim était le lieu de résidence de la masse populaire. Le mont du Temple, la maison du roi, cela s'appelle Tsion. En revanche le reste de Yerouchalayim s'appelle du nom de Yerouchalayim. Et Il dit : voici, le premier à Tsion, les voici. Tsion fait allusion au fait que reviendra le Temple, que reviendra la royauté. Et Yerouchalayim fait allusion au rassemblement des exilés, à savoir que tout le peuple d'Israël doit se rassembler à Yerouchalayim.
Rachi explique : le premier à Tsion, les voici. Le premier roi qui prêtera attention à Tsion, voici, c'est ce que J'ai dit. Le premier à Tsion, qui est le premier à avoir prêté attention à Tsion ? Nous l'avons vu, c'est Coresh, qui s'est intéressé le premier à la construction de Tsion. Les voici, cela signifie voici, voici qu'il est déjà prêt à cela. Or finalement il ne sera que celui qui commence, il est le premier à Tsion. Autrement dit, il n'achèvera pas la délivrance, car nous savons que lorsqu'ils ont commencé à bâtir le Temple, sont venues toutes sortes de gens qui ont commencé à médire contre les habitants de Yerouchalayim, et la construction du Temple a été interrompue. Et c'est seulement ensuite qu'est arrivé Darius, et Darius a poursuivi la construction du Temple. Qui voudra pourra écouter les disques sur Ezra et Ne'hémia. Et c'est ce qu'Il dit ici, le premier à Tsion. Il n'était que le premier, je te dis qu'il y en aura encore un second. Il n'achèvera pas l'ouvrage. Selon Rachi, Il annonce en réalité la construction du second Temple, qui aura un commencement, mais qui ne sera pas achevé par ce roi-là. Et à Yerouchalayim je donnerai un messager : à ce même moment viendront 'Haggaï et Zekharia qui presseront le peuple de bâtir le Temple aux jours de Darius, roi de Perse.
Et je regarde, et il n'y a personne, et parmi ceux-là, il n'y a pas de conseiller, et je les interroge et ils ne répondent mot. Je regarde toujours les prophètes du Baal, explique Rachi, et il n'y a personne qui annonce les choses futures. Et il n'y a personne, et parmi ceux-là il n'y a pas de conseiller, il n'y a personne qui conseille et dise ce qui doit advenir d'eux. Ainsi l'explique aussi le Malbim : je regarde parmi les peuples, parmi les adorateurs du Baal, et il n'y a personne. Bien que la chose ait déjà commencé, il n'y a personne qui sache ce qu'en sera la fin. Personne n'en conclut qu'il en surgira la royauté de la maison de David, qu'il en résultera une bonne nouvelle pour Yerouchalayim. Et non seulement ils ne connaissent pas l'avenir, mais Il dit aussi il n'y a pas de conseiller. Et parmi ceux-là il n'y a pas de conseiller, il n'y a personne qui leur conseille comment sortir de la détresse dans laquelle ils se sont trouvés jetés. Car dans peu de temps le roi Machia'h combattra contre les peuples. Et Il dit : et non seulement ils ne connaissent pas de conseil, mais même si je les interroge, et même qu'ils répondent, même un conseil et une parole à répondre, ils ne les connaissent pas. Qu'est-ce que cela prouve ? Voici, tous sont vanité, leurs œuvres sont néant, vent et vide sont leurs idoles fondues. C'est pourquoi la conclusion à laquelle tu dois arriver, à savoir qu'il n'y a en eux aucune substance intrinsèque, en regard de et je regarde et il n'y a personne, Il te dit : tous sont vanité. Et en regard de ce qu'Il a dit leurs œuvres sont néant, ils n'ont pas le pouvoir de faire du mal ou du bien, cela est en regard de ce qu'Il a dit et parmi ceux-là il n'y a pas de conseiller, il n'y a personne qui puisse conseiller le bien ou le mal. C'est pourquoi leurs idoles fondues sont vent et vide. Que veut-Il dire ? Leur gouvernement, leur idolâtrie, est de l'ordre du vent en soi, et du vide du point de vue de l'utilité future qu'on en tire. Et puisqu'il en est ainsi, il n'y a aucune utilité chez ces adorateurs d'idoles ni dans cette idolâtrie, c'est pourquoi le jugement du Saint béni soit-Il face aux nations s'achèvera par le fait que les nations seront soumises sous la main du roi Machia'h et sous Son jugement, qu'Il soit béni, et deviendront des serviteurs de l'Eternel d'un même cœur, bientôt et de nos jours, amen.