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Chapitre 37 - La prière de 'Hizkiyahou et la chute de San'hériv

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Le chapitre 37 constitue le point culminant de l'épreuve de San'hériv aux portes de Jérusalem. Au chapitre précédent, nous avons entendu les outrages et les blasphèmes de Ravchaké : « Quels sont, parmi tous les dieux de ces pays, ceux qui ont délivré leur terre de ma main, pour qu'Hachem délivre Jérusalem de ma main ? », ainsi que sa tentative d'inciter le peuple à se révolter contre 'Hizkiyahou au motif qu'ils n'avaient aucune chance face au roi d'Assyrie. Nous assistons ici à la réaction de 'Hizkiyahou, à sa prière, à la prophétie de Yéchayahou et à la chute miraculeuse du camp assyrien.

La réaction de 'Hizkiyahou : déchirement, sac et prière
וַיְהִי כִּשְׁמֹעַ הַמֶּלֶךְ חִזְקִיָּהוּ וַיִּקְרַע אֶת־בְּגָדָיו וַיִּתְכַּס בַּשָּׂק וַיָּבֹא בֵּית יְהֹוָה׃ - Lorsque le roi 'Hizkiyahou entendit ces paroles, il déchira ses vêtements, se couvrit d'un sac et entra dans la Maison d'Hachem.

Trois démarches pour trois raisons distinctes : « Il déchira ses vêtements » - en raison des blasphèmes proférés contre le Ciel ; « se couvrit d'un sac » - face à l'immense détresse qui s'abattait désormais sur eux ; « et entra dans la Maison d'Hachem » - afin d'y prier.

וַיִּשְׁלַח אֶת־אֶלְיָקִים אֲשֶׁר־עַל־הַבַּיִת וְאֵת שֶׁבְנָא הַסּוֹפֵר וְאֵת זִקְנֵי הַכֹּהֲנִים מִתְכַּסִּים בַּשַּׂקִּים אֶל־יְשַׁעְיָהוּ בֶן־אָמוֹץ הַנָּבִיא׃ וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו כֹּה אָמַר חִזְקִיָּהוּ יוֹם־צָרָה וְתוֹכֵחָה וּנְאָצָה הַיּוֹם הַזֶּה כִּי בָאוּ בָנִים עַד־מַשְׁבֵּר וְכֹחַ אַיִן לְלֵדָה׃ - Il envoya Élyakim, maître du palais, Chebna le scribe et les anciens des Cohanim, couverts de sacs, vers le prophète Yéchayahou, fils d'Amots. Ils lui dirent : « Ainsi parle 'Hizkiyahou : Ce jour est un jour de détresse, de réprobation et d'outrage, car les enfants sont arrivés au terme de l'enfantement, et la force manque pour accoucher ».

Quel est le sens de ce cumul : « un jour de détresse, de réprobation et d'outrage », et que signifie la parabole « les enfants sont arrivés au terme de l'enfantement » ? Le Malbim explique que Yéchayahou leur avait déjà prophétisé autrefois (au chapitre 10) que San'hériv succomberait sur le mont Sion, précisant que cette débâcle ne surviendrait qu'après deux étapes préalables. La première : qu'il outrage, blasphème et s'élève contre le Dieu suprême (ibid., versets 8 et 20). La seconde : que Sion atteigne un paroxysme de détresse et d'obscurité ténébreuse, une impasse où tout secours paraît illusoire, et c'est alors seulement que jaillira la délivrance. En d'autres termes : une descente au plus profond du gouffre, d'où émergera le salut.

C'est pourquoi les émissaires de 'Hizkiyahou se présentent devant Yéchayahou et lui disent : tout ce que tu as prédit s'est accompli. « Jour de détresse » - une angoisse absolue, poussée à son paroxysme, l'ennemi campant aux portes mêmes de Jérusalem. « Et d'outrage » - le voici qui profane le Nom d'Hachem par ses blasphèmes, conformément à ce que tu avais annoncé quant à sa prétention à s'élever contre le Très-Haut. « Et de réprobation » (tokhe'ha) - dans le sens de démonstration et d'argumentation ('hokha'ha), car il prétend apporter des preuves que le Saint, béni soit-Il, serait impuissant à sauver : tout comme Il n'a point délivré Samarie, Il ne délivrera pas Jérusalem.

De là découle la métaphore : « car les enfants sont arrivés au terme de l'enfantement ». Nous sommes comparables à une femme sur le siège d'accouchement : bien que ses contractions soient d'une intensité extrême, elle ne s'en effondre pas ; bien au contraire, ces douleurs aiguës attestent que la naissance est imminente. Plus les affres sont vives, plus elles signalent les derniers instants de l'attente. Il en va de même pour nous : nous avons la certitude que la délivrance est proche. Mais hélas, « la force manque pour accoucher ». Une femme a besoin d'énergie pour pousser et mettre au monde l'enfant ; dans la métaphore, les mitsvot et les mérites spirituels qui déclenchent le salut nous font défaut, de même que nous manque la force humaine et naturelle indispensable pour tenir tête à l'adversaire sur le champ de bataille. Nous n'avons ni les mérites spirituels, ni la puissance militaire nécessaires pour affronter San'hériv.

Par ailleurs, que désigne précisément le terme « machber » ? On a l'habitude de le comprendre au sens de « siège de l'accouchement », l'endroit où la mère s'assoit pour enfanter. Cependant, le Malbim en propose une tout autre lecture : il s'agit de la membrane que le nouveau-né brise (« chover ») au moment de naître pour venir au monde - sans doute le sac amniotique enveloppant le foetus, qu'il déchire pour sortir. « Machber » désigne ainsi le lieu même de cette rupture.

L'unique recours : la prière
אוּלַי יִשְׁמַע יְהֹוָה אֱלֹהֶיךָ אֵת דִּבְרֵי רַבְשָׁקֵה אֲשֶׁר שְׁלָחוֹ מֶלֶךְ־אַשּׁוּר אֲדֹנָיו לְחָרֵף אֱלֹהִים חַי וְהוֹכִיחַ בַּדְּבָרִים אֲשֶׁר שָׁמַע יְהֹוָה אֱלֹהֶיךָ וְנָשָׂאתָ תְפִלָּה בְּעַד הַשְּׁאֵרִית הַנִּמְצָאָה׃ - Peut-être Hachem, ton Dieu, entendra-t-il les paroles de Ravchaké, que le roi d'Assyrie son maître a envoyé pour outrager le Dieu vivant, et demandera-t-il compte des propos qu'Hachem, ton Dieu, a entendus ; fais donc monter une prière pour le reste qui subsiste !

Ce verset renferme trois arguments distincts. Premièrement : « Peut-être Hachem, ton Dieu, entendra-t-il les paroles de Ravchaké » : Ravchaké ne profère pas ces outrages de sa propre initiative, il agit sur l'ordre de son suzerain venu « pour outrager le Dieu vivant » ; Hachem punira donc San'hériv lui-même pour ces blasphèmes insupportables. Deuxièmement : « et demandera-t-il compte des propos » : Ravchaké prétendait étayer ses assertions par des « preuves ». En demandant pourquoi ils osaient espérer le secours divin, il argua qu'aucune divinité n'avait su arracher son pays à l'emprise assyrienne : où sont donc les dieux de 'Hamat, où sont les dieux d'Arpad ? Par conséquent, si San'hériv triomphe ici, le Nom divin serait profané, à Dieu ne plaise, car on conclurait que sa démonstration était fondée : tout comme les dieux de 'Hamat et d'Arpad ont plié devant nos pères, le Dieu d'Israël en aurait fait autant. Maître du monde, si Tu n'exiges pas réparation, on tiendra ses arguments pour justes ! Troisièmement : « fais donc monter une prière » : le mérite de la supplication reste notre seule sauvegarde pour épargner ce reste rescapé. Alors que l'ennemi a d'ores et déjà déporté les dix tribus, il convient au plus haut point qu'Hachem s'émeuve de compassion pour que les survivants n'aillent pas, eux aussi, en exil.

Quelle est donc cette répétition entre « peut-être entendra-t-Il » et « qu'a entendus l'Éternel » - d'abord sur le ton du doute, puis sur le ton de la certitude ? Le Malbim explique : « peut-être entendra-t-Il » signifie qu'Il prêtera attention afin de punir cet outrage, et qu'Il aura pitié et compassion de nous ; tandis que « qu'a entendus l'Éternel ton Dieu » relève de l'écoute pure - le Saint, béni soit-Il, a bel et bien entendu ces propos par lesquels il outrage les rangs du Dieu vivant.

La réponse du prophète : « Ne crains pas »
וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם יְשַׁעְיָהוּ כֹּה תֹאמְרוּן אֶל־אֲדֹנֵיכֶם כֹּה אָמַר יְהֹוָה אַל־תִּירָא מִפְּנֵי הַדְּבָרִים אֲשֶׁר שָׁמַעְתָּ אֲשֶׁר גִּדְּפוּ נַעֲרֵי מֶלֶךְ־אַשּׁוּר אוֹתִי׃ - Isaïe leur dit : Ainsi parlerez-vous à votre maître : Ainsi parle l'Éternel : Ne crains pas les paroles que tu as entendues, par lesquelles les valets du roi d'Assyrie M'ont blasphémé.

Deux raisons justifient de ne pas avoir peur. La première : « ils M'ont blasphémé... » : ils ne vous ont pas maudits vous, mais Moi ; ils ont donc un compte à régler avec Moi, dit le Saint, béni soit-Il. La seconde : « les valets du roi d'Assyrie » : sache que ce blasphème n'a pas été proféré sur l'ordre du roi d'Assyrie lui-même, mais que cette première fois, ces jeunes serviteurs sont venus et ont blasphémé de leur propre initiative. Quoi qu'il en soit, ne vous inquiétez pas, Je vous sauverai.

הִנְנִי נוֹתֵן בּוֹ רוּחַ וְשָׁמַע שְׁמוּעָה וְשָׁב אֶל־אַרְצוֹ וְהִפַּלְתִּיו בַּחֶרֶב בְּאַרְצוֹ׃ - Voici que Je vais mettre en lui un esprit, il entendra une rumeur et retournera dans son pays, et Je le ferai tomber par l'épée dans son pays.

Le Malbim s'interroge : que signifie « Je vais mettre en lui un esprit » ? Et que nous apprend l'expression « et il retournera dans son pays », puisqu'il était de toute façon contraint d'y retourner en raison de cette rumeur ? De plus, comment peut-il être dit « et Je le ferai tomber par l'épée dans son pays », alors qu'il est revenu une seconde fois par la suite, et n'est tombé que bien plus tard ?

Le Malbim explique que tout cela relève du miracle. Premièrement, « Voici que Je vais mettre en lui un esprit » signifie qu'il croira à cette rumeur. À leur époque, il n'existait pas de téléphones satellites : lorsqu'on apprenait que Tirhaqa, roi de Kouch, marchait contre lui, qui pouvait garantir la véracité de cette information ? Allait-il lever le siège et rentrer défendre son pays sur la foi d'un simple ouï-dire non vérifié ? Le Saint, béni soit-Il, déclare : Je lui inspirerai un esprit et une pensée qui le pousseront à écouter cette rumeur et à y croire. Deuxièmement, le miracle réside dans les mots « et il retournera dans son pays » : il ne laissa personne sur place, alors qu'il aurait logiquement pu envoyer une partie de ses troupes là-bas et maintenir le reste pour poursuivre le siège.

Quant à « et Je le ferai tomber par l'épée dans son pays », l'aboutissement sera bien sa chute par le glaive dans sa terre, mais pas immédiatement. Il y a un temps pour tout et une heure pour chaque dessein, et le Saint, béni soit-Il, a d'autres projets : Sanhériv doit d'abord conquérir Kouch et l'Égypte. En effet, une prophétie annonçait que le butin de toutes ces nations serait apporté aux portes de Jérusalem. Il ne convenait pas qu'il vînt les mains vides, or il était arrivé démuni de tout. C'est pourquoi il va maintenant partir combattre Kouch et l'Égypte, y amasser un immense butin, puis revenir ici les mains pleines. Et lorsqu'il subira sa défaite devant Jérusalem, une fortune colossale restera au peuple d'Israël, conformément à la promesse divine assurant que ces dépouilles nous appartiendraient. C'est pourquoi l'Éternel orchestre les événements : Sanhériv rentre d'abord chez lui, livre bataille, amasse richesse et butin, revient ici pour les y abandonner, et repartira enfin chez lui où ses propres fils le tueront.

La rumeur concernant Tirhaqa et la seconde ambassade
וַיָּשָׁב רַבְשָׁקֵה וַיִּמְצָא אֶת־מֶלֶךְ אַשּׁוּר נִלְחָם עַל־לִבְנָה כִּי שָׁמַע כִּי נָסַע מִלָּכִישׁ׃ וַיִּשְׁמַע עַל־תִּרְהָקָה מֶלֶךְ־כּוּשׁ לֵאמֹר יָצָא לְהִלָּחֵם אִתָּךְ וַיִּשְׁמַע וַיִּשְׁלַח מַלְאָכִים אֶל־חִזְקִיָּהוּ לֵאמֹר׃ - Ravchaké s'en retourna et trouva le roi d'Assyrie combattant contre Livna, car il avait appris qu'il était parti de Lakhich. Et il entendit dire au sujet de Tirhaqa, roi de Kouch : Il est sorti pour te combattre. Dès qu'il l'entendit, il envoya des messagers à Hizkiyahu, en disant :

Ravchaké partit retrouver son maître et le trouva en train d'attaquer Livna. C'est alors que la rumeur parvient à leurs oreilles. Pourquoi le texte répète-t-il « et il entendit » à deux reprises ? Et surtout, pourquoi envoie-t-il prévenir Hizkiyahu qu'il compte revenir ? En agissant ainsi, il lui dit implicitement : « Prépare une armée », alors que l'un des principes fondamentaux de la guerre est l'effet de surprise.

Le Malbim explique : « Et il entendit dire au sujet de Tirhaqa, roi de Kouch » - il s'agissait d'un écho fortuit, rapporté par des passants, et la rumeur se limitait à « il est sorti pour te combattre », ce qui signifiait qu'il n'était pas encore en train de livrer bataille, mais simplement qu'il s'était mis en route depuis son pays. Bien que cette rumeur ne reposât sur rien de solide, le second « et il entendit » vient nous apprendre qu'il prit ces paroles au sérieux et y prêta foi. Réalisant qu'il était désormais contraint de rentrer chez lui, il comprit que le peuple ne se révolterait pas contre Hizkiyahu et que son plan initial visant à provoquer une sédition interne avait échoué. Il se dit alors : faute de mieux, je me contenterai d'un compromis - que Hizkiyahu fasse la paix avec moi, me verse un tribut et se soumette comme vassal. C'est pour cette raison qu'il envoya une seconde fois des émissaires.

Remarquez la différence : cette fois, la démarche s'adresse à 'Hizkiyahou seul. La fois précédente, il leur avait dit qu'il n'avait rien à négocier avec 'Hizkiyahou, que 'Hizkiyahou subirait son châtiment pour s'être rebellé, et il s'était adressé au peuple - refusant même lorsqu'on lui demanda : « Parle-nous dans notre langue », car toute son intention était de pousser le peuple à se révolter contre son roi. Mais voyant que son plan n'a pas abouti et qu'il est contraint de partir, il tente d'obtenir ce qu'il peut : donner une nouvelle chance à 'Hizkiyahou, afin qu'il redevienne son serviteur et lui paie le tribut comme auparavant.

כֹּה תֹאמְרוּן אֶל־חִזְקִיָּהוּ מֶלֶךְ־יְהוּדָה לֵאמֹר אַל־יַשִּׁאֲךָ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר אַתָּה בּוֹטֵחַ בּוֹ לֵאמֹר לֹא תִנָּתֵן יְרוּשָׁלִַם בְּיַד מֶלֶךְ אַשּׁוּר׃ - « Ainsi parlerez-vous à 'Hizkiyahou, roi de Juda, en disant : Que ton Dieu en qui tu as confiance ne t'abuse point, en disant : Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d'Assyrie. »

Quelques questions préalables. Pourquoi ne réitère-t-il pas son premier argument selon lequel il serait venu sur l'ordre d'Hachem, sous prétexte qu'Hizkiyahou avait détruit les hauts lieux (les bamot) - alors que chacun sacrifiait partout auparavant, et qu'Hizkiyahou les avait tous abolis pour n'autoriser les sacrifices qu'à Jérusalem, ce que le roi d'Assyrie considérait comme une offense ? De plus, pourquoi envoie-t-il cette fois des lettres avec les messagers, ce qu'il n'avait pas fait la première fois ? Et pourquoi s'adresse-t-il cette fois particulièrement à 'Hizkiyahou ? Et le Malbim demande : si la première fois 'Hizkiyahou ne lui a pas répondu et n'est pas sorti à sa rencontre, qu'a-t-il bien pu imaginer que l'envoi de missives et de lettres l'effraierait davantage et l'amènerait à accepter la paix ?

Le Malbim explique : bien que tout fût consigné en détail dans les lettres, il transmit l'essentiel du message par la voix des messagers. Or, ces lettres contenaient des outrages et des blasphèmes, comme il est précisé dans Divré HaYamim (les Chroniques), où l'on voit qu'il lut les lettres et déchira ses vêtements. « Qu'il ne t'abuse point » (Al yachiakha) - qu'Il ne te persuade point, pour ainsi dire ; ne pense pas que le Saint, béni soit-Il, te sauvera. Et pourquoi a-t-il abandonné l'argument des hauts lieux ? Parce qu'il sait désormais qu'Hizkiyahou a agi ainsi conformément à l'injonction de la Torah interdisant de sacrifier en tout lieu, et il ne revient donc pas sur cet argument usé. Dès lors, son raisonnement est tout autre : tu comptes sur le Saint, béni soit-Il ? Tu te dis : « J'ai aboli les hauts lieux qui allaient contre Sa volonté, j'ai donc des mérites devant le Créateur du monde » ? Tu t'appuies en réalité sur quelqu'un sur qui l'on ne peut pas compter, Il n'a aucun pouvoir - ne mets pas ta confiance en Lui.

הִנֵּה אַתָּה שָׁמַעְתָּ אֲשֶׁר עָשׂוּ מַלְכֵי אַשּׁוּר לְכָל־הָאֲרָצוֹת לְהַחֲרִימָם וְאַתָּה תִּנָּצֵל׃ הַהִצִּילוּ אוֹתָם אֱלֹהֵי הַגּוֹיִם אֲשֶׁר הִשְׁחִיתוּ אֲבוֹתַי אֶת־גּוֹזָן וְאֶת־חָרָן וְרֶצֶף וּבְנֵי־עֶדֶן אֲשֶׁר בִּתְלַשָּׂר׃ - « Voici, tu as appris ce qu'ont fait les rois d'Assyrie à tous les pays en les détruisant entièrement, et toi, tu serais délivré ? Les dieux des nations que mes pères ont anéanties les ont-ils délivrés, Gozan, 'Haran, Retsef et les enfants d'Éden qui sont à Telassar ? »

Regarde combien de pays et combien de divinités mes pères et moi-même avons anéantis, et aucun d'eux n'a sauvé son peuple. Pourquoi penses-tu donc que ton Dieu te protégera ?

אַיֵּה מֶלֶךְ־חֲמָת וּמֶלֶךְ אַרְפָּד וּמֶלֶךְ לָעִיר סְפַרְוָיִם הֵנַע וְעִוָּה׃ - « Où est le roi de 'Hamat, le roi d'Arpad, et le roi de la ville de Sefarvaïm, de Hena et d'Iva ? »

« Hena » (הֵנַע) - il les a déplacés (hénia) de leur lieu et les a menés en exil. « Et Iva » (וְעִוָּה) - il a défiguré (ivah) et totalement effacé les frontières de leur pays, selon ce qui est dit : « J'ai aboli les frontières des peuples et pillé leurs réserves. »

'Hizkiyahou déploie les lettres devant Hachem
וַיִּקַּח חִזְקִיָּהוּ אֶת־הַסְּפָרִים מִיַּד הַמַּלְאָכִים וַיִּקְרָאֵהוּ וַיַּעַל בֵּית יְהֹוָה וַיִּפְרְשֵׂהוּ חִזְקִיָּהוּ לִפְנֵי יְהֹוָה׃ - « 'Hizkiyahou prit les lettres de la main des messagers et les lut ; puis 'Hizkiyahou monta à la Maison d'Hachem et les déploya devant Hachem. »

Dans ces lettres étaient couchés des outrages et des blasphèmes envers Hachem, qu'Il soit béni, et 'Hizkiyahou constate à présent que ces blasphèmes émanent du roi lui-même. Si la fois précédente, le Saint, béni soit-Il, lui avait dit : « dont les valets du roi d'Assyrie M'ont outragé » - non pas Sennachérib en personne, mais ses serviteurs -, ici il s'adresse à Lui et s'exclame : Maître du monde, regarde ces lettres, c'est le roi d'Assyrie en personne qui les a envoyées !

C'est alors qu'il sut que la prophétie de Yeshayahou allait s'accomplir, car la prophétie annonçait que dès lors que les outrages viendraient du roi lui-même contre Hachem, la délivrance surviendrait. C'est pourquoi il ne lui vient pas un instant à l'esprit de faire la paix avec Sennachérib, de baisser la tête et d'accepter à nouveau sa domination, bien qu'il eût apparemment reçu une proposition difficile à refuser : que lui demande-t-on après tout ? Seulement d'être le vassal du roi d'Assyrie et de lui verser un tribut, puisqu'il a déjà renoncé à son projet de déportation. Et pourtant - absolument pas ! Car c'est exactement la promesse de Yeshayahou : lorsque le roi outragera le Nom d'Hachem, la délivrance viendra. Dès lors, que reste-t-il à faire maintenant ? Venir prier devant Hachem.

וַיִּתְפַּלֵּל חִזְקִיָּהוּ אֶל־יְהֹוָה לֵאמֹר׃ יְהֹוָה צְבָאוֹת אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל יֹשֵׁב הַכְּרֻבִים אַתָּה־הוּא הָאֱלֹהִים לְבַדְּךָ לְכֹל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ אַתָּה עָשִׂיתָ אֶת־הַשָּׁמַיִם וְאֶת־הָאָרֶץ׃ - Et 'Hizkiyahou pria l'Éternel en disant : Éternel Tsévaot, Dieu d'Israël, qui trônes sur les chérubins, Tu es le seul Dieu pour tous les royaumes de la terre, c'est Toi qui as fait les cieux et la terre.

Trois Noms pour trois dimensions : « Hachem Tsévaot » - car Tu domines sur toutes les armées, célestes et terrestres. « Dieu d'Israël » - car Ta divinité est reconnue dans le monde à travers le peuple d'Israël qui Te sert. « Qui trônes sur les chérubins » - car dans les mondes supérieurs, Ta providence est particulière. Dès lors, il convient que Tu aies pitié et compassion, et que Tu prennes en main notre querelle pour la sainteté de Ton Nom, actuellement profané par San'hériv. Car en vérité, « Tu es le seul Dieu » - contrairement aux prétentions de San'hériv : « Où sont les dieux de 'Hamat et d'Arpad ? », insinuant qu'il existerait de multiples divinités qui n'ont pu lui résister. Tout n'est que vanité ; ces divinités n'existent pas. Et lorsqu'il se vante d'avoir vaincu telle ou telle nation, que sont-elles donc ? Tout n'émane que d'Hachem béni soit-Il, et il n'y a aucun dieu en dehors de Lui. Et puisque « c'est Toi qui as fait les cieux et la terre », il Te revient d'entendre.

הַטֵּה יְהֹוָה אָזְנְךָ וּשְׁמָע פְּקַח יְהֹוָה עֵינֶךָ וּרְאֵה וּשְׁמַע אֵת כָּל־דִּבְרֵי סַנְחֵרִיב אֲשֶׁר שָׁלַח לְחָרֵף אֱלֹהִים חָי׃ - Incline Ton oreille, Éternel, et écoute ; ouvre Tes yeux, Éternel, et vois ; et entends toutes les paroles de San'hériv, qui a envoyé pour outrager le Dieu vivant.

Trois supplications correspondant à trois formes d'outrage. « Incline Ton oreille, Éternel, et écoute » - les outrages proférés par les premiers émissaires. « Ouvre Tes yeux, Éternel, et vois » - car à présent, il s'agit d'écrits, de lettres remplies d'outrages et de blasphèmes, et c'est pour leur lecture qu'il est dit « ouvre Tes yeux ». « Et entends » - ce sont les paroles des seconds émissaires, auxquels il avait également transmis oralement le résumé des propos, « qui a envoyé pour outrager le Dieu vivant ».

אָמְנָם יְהֹוָה הֶחֱרִיבוּ מַלְכֵי אַשּׁוּר אֶת־כָּל־הָאֲרָצוֹת וְאֶת־אַרְצָם׃ - Il est vrai, Éternel, que les rois d'Assyrie ont dévasté tous les pays et leurs provinces.

Le Malbim s'interroge : est-ce parce que les rois d'Assyrie ont dévasté tous ces pays que le Saint, béni soit-Il, serait obligé de délivrer Israël de leurs mains ? Quel genre d'argument est-ce là ? Il explique : si l'insulteur n'était qu'un quidam, on dirait qu'il se vante et tient de grands discours sans consistance. Mais cet homme vient avec des preuves tangibles : « Il est vrai », ils ont réellement dévasté tous les pays « et leurs terres ». Et selon le Malbim, le terme « leurs terres » désigne leurs provinces, leurs places fortes et leurs régions les plus importantes.

וְנָתֹן אֶת־אֱלֹהֵיהֶם בָּאֵשׁ כִּי לֹא אֱלֹהִים הֵמָּה כִּי אִם־מַעֲשֵׂה יְדֵי־אָדָם עֵץ וָאֶבֶן וַיְאַבְּדוּם׃ - Et ils ont jeté leurs dieux au feu, car ce ne sont pas des dieux, mais l'ouvrage de mains d'homme, du bois et de la pierre, et ils les ont anéantis.

C'est vrai, ils ont également brûlé leurs dieux comme ils s'en vantent. Mais 'Hizkiyahou apporte aussitôt une réserve : « car ce ne sont pas des dieux » - cela n'a aucune valeur probante. Ils ont brûlé leurs dieux ? Évidemment, du bois et de la pierre, une simple bûche, l'ouvrage de mains humaines. Il n'y a là aucun exploit.

וְעַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ הוֹשִׁיעֵנוּ מִיָּדוֹ וְיֵדְעוּ כָּל־מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ כִּי־אַתָּה יְהֹוָה לְבַדֶּךָ׃ - Et maintenant, Éternel notre Dieu, sauve-nous de sa main, afin que tous les royaumes de la terre sachent que Toi seul es l'Éternel.

Deux requêtes : délivre-nous de sa main, pour qu'on ne dise pas que Tu as été vaincu, Toi aussi, à Dieu ne plaise ; et afin que tous les royaumes de la terre sachent que Toi seul es l'Éternel. Car s'ils devaient, à Dieu ne plaise, Te vaincre Toi aussi, on dirait : quelle différence y a-t-il entre le Dieu des cieux et les autres divinités ? Mais dès l'instant où Tu les soumettras, tous sauront : ils ont triomphé de toutes les divinités, mais pas d'Hachem - preuve manifeste qu'Hachem est le Dieu unique, et que toutes les autres ne sont que vanité sans consistance.

La réponse d'Hachem à San'hériv : « Elle te méprise, elle te raille »
וַיִּשְׁלַח יְשַׁעְיָהוּ בֶן־אָמוֹץ אֶל־חִזְקִיָּהוּ לֵאמֹר כֹּה־אָמַר יְהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הִתְפַּלַּלְתָּ אֵלַי אֶל־סַנְחֵרִיב מֶלֶךְ אַשּׁוּר׃ - Yeshayahou, fils d'Amots, envoya dire à 'Hizkiyahou : Ainsi parle l'Éternel, Dieu d'Israël : Ce que tu M'as prié concernant San'hériv, roi d'Assyrie...

« Ce pour quoi tu M'as prié » - puisque tu as prié pour la gloire de Mon Nom, afin que le Nom d'Hachem ne soit pas profané parmi les nations, au sujet de Sanhériv, roi d'Assyrie.

זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר־דִּבֶּר יְהֹוָה עָלָיו בָּזָה לְךָ לָעֲגָה לְךָ בְּתוּלַת בַּת־צִיּוֹן אַחֲרֶיךָ רֹאשׁ הֵנִיעָה בַּת יְרוּשָׁלִָם׃ - Voici la parole qu'Hachem a prononcée contre lui : Elle te méprise, elle te raille, la vierge fille de Tsion ; derrière toi, la fille de Jérusalem hoche la tête.

Sache, Sanhériv, que la vierge fille de Tsion te méprise et se moque de toi pour tous tes outrages et tes blasphèmes, et la fille de Jérusalem hoche la tête derrière toi : elle sait que c'est ici que sera ton tombeau et ici que se produira ta chute. Et quelle est la différence entre « mépriser » (baza) et « railler » (la'ag) ? Le Malbim explique : celui qui méprise ne prête aucune importance à la chose, elle ne compte absolument pas à ses yeux ; quant à celui qui raille, il cherche à mettre en évidence la bassesse de ses actes, pour montrer combien la chose est vile.

Et que signifie ce dédoublement entre « la vierge fille de Tsion » et « la fille de Jérusalem » ? Le Malbim explique : la fille de Tsion est appelée « vierge » parce que la forteresse de Tsion est la Cité de David, une cité fortifiée qui n'avait jamais été conquise, à l'image d'une vierge qu'aucun homme n'a possédée. Jérusalem, en revanche, n'est pas appelée vierge car elle n'était pas aussi fortifiée et protégée que la forteresse de Tsion - qui est la Cité de David elle-même, ceinte de remparts et bien plus défendue - ; voilà pourquoi elle n'est qualifiée que de « fille de Jérusalem ».

אֶת־מִי חֵרַפְתָּ וְגִדַּפְתָּ וְעַל־מִי הֲרִימוֹתָה קּוֹל וַתִּשָּׂא מָרוֹם עֵינֶיךָ אֶל־קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל׃ - Qui as-tu outragé et blasphémé ? Contre qui as-tu élevé la voix et levé les yeux vers le ciel ? Vers le Saint d'Israël !

La fille de Tsion lui dit : qui as-tu outragé ? Hachem Lui-même, béni soit-Il ! Et ce n'est pas tout : « Tu as élevé la voix » : certains outragent discrètement, mais toi, tu as vociféré avec éclat et une grande publicité. Et ce n'est pas tout : ton intention n'était pas seulement de provoquer le peuple, mais « tu as levé les yeux vers le ciel, vers le Saint d'Israël » - ton dessein était d'irriter le Maître du monde Lui-même. Le Malbim précise la nuance des termes : « outrager » (m'haref) s'emploie d'homme à homme, tandis que « blasphémer » (m'gadef) s'applique généralement d'un homme envers son Créateur, comme dans le cas du blasphème du Nom Divin - celui qui outrage la sainteté d'Israël et la Torah d'Israël. C'est pourquoi les Chroniques disent de Sanhériv : « Il écrivit aussi des lettres pour outrager », et ici : « qu'il a envoyé pour outrager », alors que ses officiers ont blasphémé afin d'y joindre l'insulte et l'opprobre : « dont les valets du roi d'Assyrie M'ont blasphémé ». Ils ne se sont donc pas contentés d'outrages envers le peuple, ils ont blasphémé envers le Saint, béni soit-Il.

בְּיַד עֲבָדֶיךָ חֵרַפְתָּ אֲדֹנָי וַתֹּאמֶר בְּרֹב רִכְבִּי אֲנִי עָלִיתִי מְרוֹם הָרִים יַרְכְּתֵי לְבָנוֹן וְאֶכְרֹת קוֹמַת אֲרָזָיו מִבְחַר בְּרֹשָׁיו וְאָבוֹא מְרוֹם קִצּוֹ יַעַר כַּרְמִלּוֹ׃ - Par l'intermédiaire de tes serviteurs tu as outragé le Seigneur, et tu as dit : Par la multitude de mes chars, j'ai gravi les cimes des montagnes, les confins du Liban ; j'abattrai ses cèdres les plus élevés, ses plus beaux cyprès, et je parviendrai à son sommet ultime, à sa forêt luxuriante.

« Par l'intermédiaire de tes serviteurs tu as outragé » - et qui donc ? Hachem ! Et qu'as-tu prétendu ? Tu t'es mis, pour ainsi dire, à « apporter des preuves » : voici que par le passé, j'ai déjà réussi. J'ai gravi les plus hauts sommets, j'ai conquis, j'ai atteint les confins du Liban et ses flancs, j'ai abattu la forêt, les cèdres et les cyprès afin d'ouvrir la voie à mes légions, jusqu'à parvenir à « son sommet ultime » - le point le plus élevé abritant la forêt du Carmel, la plus magnifique des forêts. En somme : j'ai déjà dégagé l'accès vers la Judée, j'ai rasé les forêts qui la protégeaient ; elle s'offre désormais à moi et nous pourrons nous en emparer.

אֲנִי קַרְתִּי וְשָׁתִיתִי מָיִם וְאַחְרִב בְּכַף־פְּעָמַי כֹּל יְאֹרֵי מָצוֹר׃ - C'est moi qui ai creusé et bu des eaux, et je dessécherai sous la plante de mes pas tous les canaux des remparts.

Hizkiyahou avait obturé les sources afin que l'ennemi ne trouve pas d'eau à boire durant le siège. Sanhériv lui dit : aurais-je donc besoin de ton eau ? « C'est moi qui ai creusé et bu des eaux » - « karti » renvoie à l'idée de creuser, comme dans « la fosse d'où vous avez été creusés » ; dès que le besoin s'en faisait sentir, je creusais le sol et buvais. En outre, tu as amassé les eaux entre les deux murailles de la ville pour former une barrière défensive et un obstacle supplémentaire retardant ma pénétration ; or, je n'ai nullement besoin de combler ces cours d'eau, car « je dessécherai sous la plante de mes pas tous les canaux des remparts » : il suffira de la plante des pieds de mes soldats, qui en foulant ces eaux en emporteront un peu sous leurs semelles, pour assécher tout ton cours d'eau. C'est le sens des paroles de nos Sages rapportant qu'ils étaient des millions : les premiers traversaient à la nage, et les derniers marchaient déjà sur un lit asséché, tant l'armée était immense. En d'autres termes : que tu aies bouché l'eau ne me gêne pas, car je creuse et je bois ; que tu aies amassé l'eau entre les remparts ne me fait rien, car sous la plante de mes pas, j'assécherai tous les canaux.

« N'as-tu pas appris depuis longtemps » - Tout est décrété d'En Haut
הֲלוֹא־שָׁמַעְתָּ לְמֵרָחוֹק אוֹתָהּ עָשִׂיתִי מִימֵי קֶדֶם וִיצַרְתִּיהָ עַתָּה הֲבֵאתִיהָ וּתְהִי לְהַשְׁאוֹת גַּלִּים נִצִּים עָרִים בְּצֻרוֹת׃ - N'as-tu pas entendu que depuis longtemps Je l'ai décrété, que dès les temps antiques Je l'ai conçu ? À présent, Je l'ai accompli, et tu n'as été là que pour réduire en monceaux de ruines des villes fortifiées.

Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Pourquoi t'enorgueillis-tu ? Pourquoi te glorifies-tu de ta propre force ? Si tu avais entendu de loin, depuis le lieu où tu demeures, les paroles des prophètes qui avaient déjà prophétisé à ton sujet que tu viendrais ici et tout ce qui t'arriverait - tu saurais que ce n'est pas toi qui as accompli cela, mais Moi, car c'est Moi qui t'ai amené ici, et cela ne venait en rien de ta puissance. Et non seulement l'aboutissement de l'acte - « Je l'ai fait » (« otah assiti ») - mais aussi son commencement et son essence même : « Je l'ai façonné » (« vitsartiha »), car J'annonce la fin dès le commencement.

Et même le fait que tu aies réussi à dévaster les villes pour les réduire en monceaux - « pour réduire en ruines des monceaux » (« outehi lehash'ot galim »), tu as dévasté et rendu désolées les villes pour en faire des amas de ruines - crois-tu que le but soit de les anéantir ? Il lui dit : C'est exactement l'inverse. Le but est « que fleurissent des villes fortifiées » (« nitsim arim betsourot ») - que germent et émergent des cités fortifiées. De ces mêmes villes que tu as réduites en tas de ruines, vont maintenant éclore des villes fortifiées. Tout comme une graine mise en terre semble pourrir, mais c'est précisément cette décomposition qui engendre la vie nouvelle et l'éclosion qui en jaillira. Ainsi lui dit Hachem : Tel est le dessein. Ce que tu as détruit parmi les villes de Juda se relèvera et sera rebâti à l'époque de Hizkiyahou avec encore plus de force et de vigueur. Et il faut bien distinguer Jérusalem de Juda : Sanchérib a réussi à détruire Juda, tout ce qui se trouvait autour, mais il n'a pas pu pénétrer dans Jérusalem ni s'en emparer. Et lui y a vu une preuve de sa puissance - le Saint, béni soit-Il, lui dit : Bien au contraire, c'est Moi qui ai fait cela, et J'avais annoncé d'avance qu'il en serait ainsi, et tout cela pour que de là surgissent des cités fortifiées.

וְיֹשְׁבֵיהֶן קִצְרֵי־יָד חַתּוּ וָבֹשׁוּ הָיוּ עֵשֶׂב שָׂדֶה וִירַק דֶּשֶׁא חֲצִיר גַּגּוֹת וּשְׁדֵמָה לִפְנֵי קָמָה׃ - Leurs habitants, sans force, ont été consternés et confus ; ils ont été comme l'herbe des champs et la verdure du gazon, comme l'herbe des toits et le blé brûlé avant sa maturité.

Et même ce que tu as vu, que les habitants de ces villes étaient impuissants et incapables de te combattre, tremblants et confus - cela non plus n'avait pas pour dessein de les anéantir définitivement, mais de les rendre comme l'herbe des champs, la jeune verdure et l'herbe des toits « avant qu'elle ne devienne blé mûr » (« lifné kamah »). Car avant que la moisson ne mûrisse, poussent d'abord les herbes des champs, la verdure, l'herbe des toits et d'autres espèces éphémères ; elles surgissent en premier mais se flétrissent avant même que le blé n'arrive à maturité. Il en est de même pour toi : tout ton succès temporaire n'est que semblable à cette herbe qui pousse pour un temps, et ensuite tu verras le champ grandir et faire éclore sa récolte. Ne déduis pas de ton triomphe passager sur les villes de Juda que ton issue sera couronnée de succès, car le véritable objectif était que se lève à leur place la génération de Hizkiyahou, une génération de justes, une génération adonnée à la Torah - qui viendront remplacer ceux que tu as abattus. Dès lors, ne te glorifie point de ce que tu as accompli.

וְשִׁבְתְּךָ וְצֵאתְךָ וּבוֹאֲךָ יָדָעְתִּי וְאֵת הִתְרַגֶּזְךָ אֵלָי׃ - Mais ta demeure, tes sorties et tes allées, Je les connais, ainsi que ta fureur contre Moi.

Ne pense pas que ta propre main t'ait procuré cette puissance et que tu te sois élevé de toi-même. Que ce soit lorsque tu te tenais assis dans ta demeure ou lorsque tu sortais et entrais pour conquérir des royaumes - tout s'est déroulé sous Ma providence et en Ma connaissance. « Et ta fureur contre Moi » - les outrages et les blasphèmes par lesquels tu t'es emporté contre Moi, Je les ai connus aussi, et c'est pour eux que tu seras puni.

יַעַן הִתְרַגֶּזְךָ אֵלַי וְשַׁאֲנַנְךָ עָלָה בְאָזְנָי וְשַׂמְתִּי חַחִי בְּאַפֶּךָ וּמִתְגִּי בִּשְׂפָתֶיךָ וַהֲשִׁיבֹתִיךָ בַּדֶּרֶךְ אֲשֶׁר־בָּאתָ בָּהּ׃ - Parce que tu t'es emporté contre Moi et que ton arrogance est montée à Mes oreilles, Je mettrai Mon anneau à tes narines et Mon mors à tes lèvres, et Je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu.

Puisque J'ai entendu de quelle manière tu as proféré tes outrages avec grand fracas et avec tant d'ostentation, « Je mettrai Mon anneau à tes narines » - Je te placerai un anneau dans le nez pour que tu ne puisses pas continuer à monter contre Jérusalem. « Et Mon mors à tes lèvres » - le mors sert à freiner, comme il est dit : « pour brider leur fougue avec le mors et le frein », afin de museler tes lèvres pour que tu ne puisses plus blasphémer. « Et Je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu » - Je te ferai rebrousser chemin par la voie même où tu es arrivé.

Le signe : repousse spontanée, pousse sauvage et semailles
וְזֶה־לְּךָ הָאוֹת אָכוֹל הַשָּׁנָה סָפִיחַ וּבַשָּׁנָה הַשֵּׁנִית שָׁחִיס וּבַשָּׁנָה הַשְּׁלִישִׁית זִרְעוּ וְקִצְרוּ וְנִטְעוּ כְרָמִים וְאִכְלוּ פִרְיָם׃ - Et ceci en sera le signe pour toi : cette année, vous mangerez ce qui pousse tout seul (le safia'h), la deuxième année ce qui repousse de soi-même (le cha'his), et la troisième année semez, moissonnez, plantez des vignes et mangez-en le fruit.

Deux questions se posent : si cela doit constituer un signe de la chute de Sanchérib, comment donner un signe à partir d'un événement qui ne s'est pas encore produit ? De plus, si Sanchérib tombe effectivement, quel besoin y a-t-il d'un signe annonçant qu'ils planteront des vignes et en mangeront les fruits ? Il va pourtant de soi que nous pourrons semer et planter à notre gré, une fois redevenus les seuls maîtres ici.

Le Malbim explique : comme il avait comparé la ruine des villes de Juda et de leurs habitants à une plante qui surgit et croît après s'être pour ainsi dire décomposée dans la terre, le signe relève précisément de cette même réalité. Tout le pays est dévasté, au point qu'en raison de la désolation, vous êtes contraints de vous nourrir de ce qui repousse tout seul (safia'h), et la deuxième année encore de pousses sauvages (« cha'his » - les deux textes bibliques mentionnant deux graphies, sa'his et cha'his), puisqu'il n'y a pas encore de récolte cultivée de façon ordonnée. Mais la troisième année, vous sèmerez, vous moissonnerez, vous planterez des vignes et vous en mangerez les fruits, et la terre retrouvera toute sa force. Et ce qui se déroulera à travers les plantes des champs sera le signe de ce qui adviendra au peuple d'Israël, accomplissant le verset : « Jacob prendra racine, fleurira et germera, et ils rempliront la surface du monde de fruits » : à l'image des semences dans le sol qui pourrissent avant de germer, l'abaissement actuel d'Israël n'a d'autre fin que de leur permettre, par la suite, de s'épanouir, de fructifier et de grandir.

וְיָסְפָה פְּלֵיטַת בֵּית־יְהוּדָה הַנִּשְׁאָרָה שֹׁרֶשׁ לְמָטָּה וְעָשָׂה פְרִי לְמָעְלָה׃ - Et les rescapés restants de la maison de Juda pousseront encore des racines vers le bas et produiront du fruit en haut.

Et en voici la preuve : ceux qui semblent aujourd'hui comme pourrir dans la terre, ceux que tu pensais avoir anéantis et éliminés, ces villes de Juda détruites par Sanhériv - ne t'inquiète pas, le reste des rescapés de Juda développera des racines en bas, les racines se multiplieront, et grâce à cela, « produira du fruit en haut ». Il y aura alors un accroissement en tout : dans les villes fortifiées, dans la puissance royale, dans le peuple et dans la multitude - tous se multiplieront.

כִּי מִירוּשָׁלִַם תֵּצֵא שְׁאֵרִית וּפְלֵיטָה מֵהַר צִיּוֹן קִנְאַת יְהֹוָה צְבָאוֹת תַּעֲשֶׂה־זֹּאת׃ - Car de Jérusalem sortira un reste, et des rescapés du mont Sion ; le zèle de l'Éternel Tsévaot fera cela.

« Le zèle de l'Éternel Tsévaot fera cela » - Rachi explique : l'Éternel sera jaloux pour Son Nom, et non en raison d'un quelconque mérite de votre part. Nous apprenons d'ici qu'a pris fin le mérite des Pères ; il n'y a plus de Zekhout Avot, pour ainsi dire, mais tout découle du fait que le Saint, béni soit-Il, est jaloux de voir Son grand Nom ainsi outragé. Et le Malbim explique : « Car de Jérusalem sortira un reste » - c'est la multitude, le peuple de Jérusalem resté sur place et qui n'a pas été exilé. « Et des rescapés du mont Sion » - grâce au mont Sion, où siège 'Hizkiyahou dans la forteresse de Sion, il y aura une issue : les exilés rescapés reviendront s'abriter à l'ombre de 'Hizkiyahou. Et tout cela parce que l'Éternel sera jaloux pour Son Nom profané parmi les nations et jaloux pour Sa terre.

Le décret contre le roi d'Assyrie
לָכֵן כֹּה־אָמַר יְהֹוָה אֶל־מֶלֶךְ אַשּׁוּר לֹא יָבוֹא אֶל־הָעִיר הַזֹּאת וְלֹא־יוֹרֶה שָׁם חֵץ וְלֹא־יְקַדְּמֶנָּה מָגֵן וְלֹא־יִשְׁפֹּךְ עָלֶיהָ סֹלְלָה׃ - C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel au sujet du roi d'Assyrie : Il n'entrera pas dans cette ville, il n'y tirera pas de flèche, il ne s'avancera pas contre elle avec un bouclier et n'élèvera pas de remblai contre elle.

Quatre degrés graduels : il n'entrera pas ; et non seulement il n'entrera pas, mais il n'y tirera même pas une flèche ; et non seulement cela, mais il ne s'avancera pas non plus contre elle avec un bouclier - car ils avançaient abrités par des boucliers pour éviter qu'on ne leur décoche des flèches depuis le haut de la muraille ; et plus encore, il n'élèvera pas de remblai - car ils dressaient une haute butte de terre depuis laquelle il était plus facile de décocher des flèches à l'intérieur de la ville. Et à plus forte raison, ils ne pourront décocher aucune flèche si aucun remblai ne peut être monté.

בַּדֶּרֶךְ אֲשֶׁר־בָּא בָּהּ יָשׁוּב וְאֶל־הָעִיר הַזֹּאת לֹא יָבוֹא נְאֻם־יְהֹוָה׃ - Par le chemin où il est venu, il s'en retournera, et dans cette ville il n'entrera pas, oracle de l'Éternel.

Et pourquoi cette répétition ? Le Malbim précise : « Par le chemin où il est venu, il s'en retournera » - tout d'abord, il retournera dans son pays, car Tirhaka, le roi de Koush, l'y attend. De plus, sache qu'il est destiné à revenir ici une seconde fois, avec tout l'argent et tout l'or, mais même alors, « dans cette ville il n'entrera pas » - même cette seconde fois, il ne parviendra pas à atteindre la ville elle-même.

וְגַנּוֹתִי עַל־הָעִיר הַזֹּאת לְהוֹשִׁיעָהּ לְמַעֲנִי וּלְמַעַן דָּוִד עַבְדִּי׃ - Et Je protégerai cette ville pour la sauver, par égard pour Moi et par égard pour David, Mon serviteur.

Deux motifs pour cette délivrance : « Par égard pour Moi » - en raison de la profanation du Nom divin qui s'est produite ; « et par égard pour David, Mon serviteur » - en faveur de la royauté de la maison de David, dont le Saint, béni soit-Il, ne veut pas qu'elle soit interrompue.

La débâcle
וַיֵּצֵא מַלְאַךְ יְהֹוָה וַיַּכֶּה בְּמַחֲנֵה אַשּׁוּר מֵאָה וּשְׁמֹנִים וַחֲמִשָּׁה אָלֶף וַיַּשְׁכִּימוּ בַבֹּקֶר וְהִנֵּה כֻלָּם פְּגָרִים מֵתִים׃ - Un ange de l'Éternel sortit et frappa dans le camp d'Assyrie cent quatre-vingt-cinq mille hommes ; et quand on se leva au matin, voici que tous étaient des cadavres inanimés.
וַיִּסַּע וַיֵּלֶךְ וַיָּשָׁב סַנְחֵרִיב מֶלֶךְ־אַשּׁוּר וַיֵּשֶׁב בְּנִינְוֵה׃ וַיְהִי הוּא מִשְׁתַּחֲוֶה בֵּית נִסְרֹךְ אֱלֹהָיו וְאַדְרַמֶּלֶךְ וְשַׂרְאֶצֶר בָּנָיו הִכֻּהוּ בַחֶרֶב וְהֵמָּה נִמְלְטוּ אֶרֶץ אֲרָרָט וַיִּמְלֹךְ אֵסַר־חַדֹּן בְּנוֹ תַּחְתָּיו׃ - San'hériv, roi d'Assyrie, leva le camp, partit, s'en retourna et demeura à Ninive. Et comme il était prosterné dans le temple de Nisrokh, son dieu, Adramélekh et Charétser, ses fils, le frappèrent de l'épée, puis s'enfuirent au pays d'Ararat. Et Essar-'Haddon, son fils, régna à sa place.

Bonté de l'Éternel envers Son peuple Israël : Il ne sommeille ni ne dort. Le Saint, béni soit-Il, envoya Son ange qui frappa cent quatre-vingt-cinq mille hommes, et au réveil le matin, tous n'étaient que des cadavres. 'Hizkiyahu dormait dans son lit, et le Saint, béni soit-Il, menait son combat. Les seuls rescapés furent San'hériv et ses fils ; et alors qu'il se prosternait dans le temple de son dieu Nisrokh, ses fils Adramélekh et Charétser le tuèrent par l'épée et s'enfuirent au pays d'Ararat, et Essar-'Haddon, son fils, régna à sa place.

Les paroles de la Guémara dans Sanhédrin 95b

Un maître a enseigné : Les premiers rangs passèrent à la nage, comme il est dit : « Il traversera la Judée, débordera et passera » ; les troupes du milieu traversèrent debout, l'eau ayant déjà baissé ; les derniers soulevèrent de la poussière avec leurs pieds, car ils avaient déjà asséché le fleuve et n'y trouvaient plus d'eau à boire, jusqu'à devoir faire venir de l'eau d'ailleurs pour s'abreuver, ainsi qu'il est dit : « J'ai creusé et bu des eaux ». Et il est écrit : « Un ange de l'Éternel sortit et frappa dans le camp d'Assyrie cent quatre-vingt-cinq mille hommes ». Rabbi Abbahou dit : Il s'agissait des chefs de leurs troupes - ne va pas penser que c'était toute l'armée, mais seulement les officiers supérieurs. Rav Achi dit : Le texte le suggère également avec précision, car il est écrit : « et parmi ses robustes, l'émaciation » - chez les plus corpulents d'entre eux, c'est-à-dire les commandants et les hauts dignitaires. Ravina dit : Cela ressort aussi textuellement du verset : « L'Éternel envoya un ange qui extermina tout guerrier valeureux, prince et chef dans le camp du roi d'Assyrie ; et il rentra dans la maison de son dieu, et ceux qui étaient issus de ses entrailles le firent tomber là par l'épée » - prouve bien que ceux qui furent frappés étaient les commandants de l'armée, l'élite, les gouverneurs et les chefs.

Et par quoi les frappa-t-il ? Rabbi Éliézer dit : Il les frappa de la main, comme il est dit : « Israël vit la grande main » - la main qui allait plus tard tirer vengeance de San'hériv. Rabbi Yéhoshoua dit : Il les frappa du doigt, comme il est dit : « Les magiciens dirent à Pharaon : C'est le doigt de Dieu » - ce même doigt qui allait un jour châtier San'hériv. Rabbi Éliézer fils de Rabbi Yossé le Galiléen dit : Le Saint, béni soit-Il, dit à Gabriel : Ta faucille est-elle affûtée ? Il Lui répondit : Maître du monde, elle est affûtée et prête depuis les six jours de la Création, comme il est dit : « C'est devant les épées qu'ils fuient ». Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : C'était alors la saison de la maturation des fruits ; le Saint, béni soit-Il, dit à Gabriel : En sortant faire mûrir les fruits, occupe-toi d'eux - comme s'il n'était même pas nécessaire de l'envoyer spécialement, mais simplement au passage, en chemin. Comme il est dit : « Chaque fois qu'il passera, il vous emportera, car matin après matin il passera, de jour comme de nuit, et ce ne sera que terreur de comprendre ce message ». Rav Pappa dit : C'est ce que dit le proverbe populaire : en chemin, fais-toi entendre de ton ennemi - passe devant ton adversaire pour le défier ; de même ici, Gabriel accomplit cela en passant, sans effort particulier.

Et d'autres disent : Il souffla dans leurs narines et ils moururent, comme il est dit : « Il a aussi soufflé sur eux et ils se sont desséchés ». Rabbi Yirméya bar Abba dit : Il frappa des mains et ils moururent - un claquement de mains, comme il est dit : « Moi aussi, Je frapperai dans Mes mains et J'apaiserai Ma fureur ». Rabbi Yits'hak Nappa'ha dit : Il découvrit leurs oreilles, et ils entendirent le chant de la bouche des 'Hayot (les créatures célestes) et moururent, comme il est dit : « Devant Ton élévation, les nations se dispersent ».

Et combien en resta-t-il ? Rav dit : dix, comme il est dit : « Le reste des arbres de sa forêt sera en si petit nombre qu'un enfant pourrait les inscrire » - que peut inscrire un enfant ? Un jeune garçon, qu'écrit-il ? Un point, et c'est la lettre Youd, qui vaut dix. Chmouel dit : neuf, comme il est dit : « Il n'y restera que des grappillages, comme au gaulage de l'olivier : deux ou trois baies au sommet de la cime, quatre ou cinq sur ses branches » - quatre et cinq font neuf. Rabbi Yéhoshoua ben Lévi dit : quatorze, comme il est dit deux, trois, auxquels s'ajoutent quatre et cinq. Et Rabbi Yo'hanan dit : cinq : San'hériv et ses deux fils, Nevoukhadnetsar et Nevouzaradan. Pour Nevouzaradan, telle est notre tradition reçue. Pour Nevoukhadnetsar, car il est écrit : « et l'aspect du quatrième ressemble à un fils des dieux » ; or, s'il n'avait jamais vu d'ange, comment aurait-il pu le savoir ? Lorsqu'il vit 'Hanania, Michaël et Azaria dans la fournaise ardente, il dit qu'il y avait avec eux un quatrième semblable à un ange de Dieu ; s'il n'avait jamais vu d'ange, d'où le savait-il ? On est forcé d'en déduire qu'il était présent ici avec San'hériv et vit l'ange de Dieu, puis, lorsqu'il aperçut le quatrième personnage dans la fournaise, il se dit : cela ressemble à ce que j'ai vu là-bas. San'hériv et ses deux fils, car il est écrit : « Et comme il était prosterné dans le temple de Nisrokh, son dieu, Adramélekh et Charétser, ses fils, le frappèrent de l'épée ».

L'épisode des deux fils

Nos Sages enseignent : Les fils de San'hériv l'entendirent demander d'où venait la force du peuple d'Israël, et on lui répondit qu'ils avaient eu un ancêtre qui avait pris son fils et l'avait ligoté pour l'offrir en sacrifice à l'Éternel. Il se dit : Ah, vraiment ? Dans ce cas, si je suis sauvé, j'offrirai mes deux fils en sacrifice à Dieu, je les égorgerai tous les deux ! Ses fils l'entendirent et se dirent : N'est-il pas écrit « vous lui ferez comme il avait comploté de faire » ? Avant qu'il ne nous sacrifie, sacrifions-le nous-mêmes, et ce sera d'autant plus agréable devant le Tout-Puissant ! Ils allèrent et tuèrent leur père tandis qu'il se prosternait dans le temple de son dieu Nisrokh. Et qu'était donc « Nisrokh son dieu » ? Une idole fabriquée à partir d'une planche de l'arche de Noa'h ; « Nisrokh » vient de la racine « nesser » (une planche) - il possédait une poutre de l'arche de Noa'h et venait se prosterner devant elle. C'est là qu'ils l'entendirent formuler son vœu funeste devant son idole, et « Adramélekh et Charétser, ses fils, le frappèrent de l'épée ». Périssent ainsi tous Tes ennemis, Éternel, Amen et Amen !

En conclusion :

Ce chapitre enseigne la dynamique de la délivrance issue du paroxysme de la crise. 'Hizkiyahu et ses émissaires discernent que la détresse a atteint son comble, semblable à une femme sur le siège de l'enfantement, et c'est précisément le signe que le salut est imminent, sauf qu'il manque « la force d'enfanter », de sorte qu'il ne reste plus que la prière. Dès l'instant où San'hériv se met à blasphémer par écrit, 'Hizkiyahu sait que la prophétie de Yéchayahou est en train de s'accomplir ; il rejette alors l'offre séduisante de compromis et monte à la Maison de l'Éternel. La réponse divine proclame que toute la puissance de San'hériv ne lui appartient pas : « Dès les jours d'autrefois Je l'ai préparé », et la destruction elle-même prélude à la floraison - « des villes fortifiées réduites en ruines », pareille au grain qui pourrit dans la poussière avant de germer. Et à la fin : cent quatre-vingt-cinq mille cadavres en une seule nuit, 'Hizkiyahu endormi dans son lit tandis que Dieu livre Sa guerre, et San'hériv qui succombe sous le fer de ses propres fils dans son temple idolâtre - tout cela « pour l'amour de Moi et pour l'amour de David Mon serviteur », par le zèle jaloux de l'Éternel pour Son saint Nom profané.