Le livre de Yeshayahou, chapitre 29. "Malheur, Ariel, Ariel, cité où campa David, ajoutez année sur année, que les fêtes accomplissent leur cycle." Qui est cet Ariel dont il parle ici ? Rachi propose une première explication tirée du Targoum Yonatan : Ariel, c'est l'autel. On en trouve la source dans le livre de Yehezkel, où il est écrit "et l'ariel douze", la mesure de l'autel étant de douze. Pourquoi est-il appelé Ariel ? Il est clair que cela vient du mot arié, le lion. Quel rapport entre l'autel et Ariel ? Nos Sages expliquent que le feu qui descendait du ciel était tapi comme un lion sur l'autel. C'est pourquoi il est appelé Ariel. Nos Sages expliquent aussi que c'est de l'expression heikhal, le sanctuaire, c'est comme le heikhal, c'est le heikhal. Celui qui regarde le heikhal d'en haut voit qu'il est étroit à l'arrière et large à l'avant. Et c'est exactement comme le lion. Tout comme le lion est étroit à l'arrière et large à l'avant, ainsi apparaissait le Beth haMikdach.
Le Malbim explique qu'Ariel est ici l'appellation des vaillants. Et c'est aussi le nom de Yeroushalayim. Ariel a plusieurs significations. Une fois nous avons vu Ariel comme appellation d'un homme vaillant, une fois Ariel désigne celui qui a frappé le lion, n'est-ce pas ? Ainsi c'est à la fois une appellation de l'autel, une appellation de Yeroushalayim et une appellation de l'ensemble de la nation. Le Malbim dit qu'à plusieurs endroits nous avons vu l'usage de l'expression Ariel. Et ici le Malbim explique qu'il éclaire le sens de la parabole qu'il avait donnée auparavant. Il avait dit : "On ne laboure pas pour toujours", n'est-ce pas ? Nous avons expliqué que le labour ne durera pas éternellement, il faut bien finir par semer. De même, les souffrances ne dureront pas indéfiniment, mais ils se repentiront et alors les souffrances cesseront, car le but principal est de semer en eux la graine de la foi en Hachem, du service d'Hachem, de l'amour d'Hachem. Alors il dit : "Malheur, Ariel, Ariel." Ariel, c'est Yeroushalayim. Ce Yeroushalayim qui est important par lui-même, et le second Ariel vient exprimer la force et la puissance, elle est la force d'Israël, la vaillance d'Israël. Que ce soit du côté de leur roi, car ils ont un roi juste, "cité où campa David". C'est la cité où David a campé. Le mot hana est de l'expression du campement. Certains confondent avec "cité de Hana", comme si cela avait un rapport avec le nom Hana. Non, c'est de l'expression du campement, sans daguech. "Cité où campa David." Le lieu où campa le roi David, qui était juste.
Or une telle ville aurait dû être occupée par la crainte d'Hachem, par le service d'Hachem. Mais au lieu de cela : "ajoutez année sur année, que les fêtes accomplissent leur cycle". Ils ajoutent année sur année, en termes simples ils brûlent le temps. Ils n'ajoutent rien dans le service d'Hachem. Encore une année de plus, et encore une année, et encore une année. Et qu'as-tu fait pendant ce temps ? Qu'as-tu ajouté pendant ce temps ? Qu'as-tu acquis pendant ce temps ? Rien du tout. "Ajoutez année sur année, que les fêtes accomplissent leur cycle." Les fêtes se succèdent, cela signifie qu'encore une fête arrive et encore un jour de réjouissance. Quel jour de réjouissance ? Il parle des jours de fête qu'ils s'inventent eux-mêmes. Ici une fête, là une célébration, là... "que les fêtes accomplissent leur cycle", elles se succèdent. Le Malbim explique le sens de nokef. Ce mot a plusieurs significations. Il y a nokef de l'expression de la coupe, comme "nokef zayit", celui qui gaule l'olivier. Cela est aussi lié à l'expression noguef, frapper. Et il y a nokef de l'expression heikef, entourer. Alors quand on veut expliquer par exemple qu'on coupait l'arbre, on le "nokef", c'est-à-dire on lui enlevait les branches tout autour. Car c'est à la fois une expression d'entourer et une expression de coupe, de coupe et de séparation de ces branches superflues. Ici il l'explique à propos du cycle des jours de festin. Leurs jours et leurs fêtes, c'était "ajoutez année sur année", encore une année et encore une année, et les jours de festin, de festin en festin, mais qu'as-tu ajouté ? Quelle spiritualité as-tu acquise ?
"J'affligerai Ariel et il y aura gémissement et lamentation, et elle sera pour Moi comme un Ariel." Mais Hachem dit à ce sujet : voici que sont venues les souffrances, ce que nous avons expliqué plus haut, que "on ne laboure pas pour toujours". Ce labour a un but : "J'affligerai Ariel". "J'affligerai" désigne ici la détresse de l'âme. "Et il y aura gémissement", le but est le gémissement et la lamentation. Que signifie "gémissement et lamentation" ? Se plaindre, gémir, c'est le sens de "gémissement et lamentation". Qu'ils aient de quoi soupirer. De quoi soupireront-ils ? De la gravité de leurs souffrances, et ils gémiront en se repentant des actes qui leur ont valu ces souffrances. C'est le but de "J'affligerai Ariel". Simplement affliger Ariel ? Simplement causer à Yeroushalayim peine et détresse ? Ce n'est pas un but en soi. Tout comme le labour n'est pas un but en soi, le but est de semer. Alors il y aura gémissement et lamentation, elle se plaindra de ses fautes, de la méchanceté de ses actes, "et elle sera pour Moi comme un Ariel". Elle sera alors comme il convient qu'elle soit, comme un Ariel. Comme est réellement l'espoir qu'on nourrit d'elle, qu'elle soit comme un Ariel.
"Je camperai contre toi en cercle, je t'assiégerai par un poste, et je dresserai contre toi des retranchements." Il revient maintenant à la seconde parabole qu'il avait expliquée à propos du pain que l'on broie. Nous avons expliqué que pour produire le pain, il faut prendre le grain et le broyer véritablement. Il dit : Je camperai autour de toi avec Mes armées, c'est-à-dire J'enverrai des armées qui encercleront Yeroushalayim. "Je t'assiégerai", il y aura un siège, personne ne sortira ni n'entrera. Et après cela "je dresserai contre toi des retranchements" pour prendre la ville et les capturer. Kadour, cela vient de l'expression de rond, comme quelque chose qui roule comme une balle. Sauf qu'ici le kaf est un kaf de comparaison, comme dour, kadour. Ou bien certains expliquent que dour désigne un feu de camp, un bûcher. Le bûcher est rond. Alors ici aussi kadour a le sens de "comme un bûcher". Mais l'idée est que cela vient du cercle, un encerclement qui entoure et assiège Yeroushalayim.
Alors Yeroushalayim atteindra un état : "tu seras abaissée, tu parleras depuis la terre, et de la poussière ta parole sera assourdie ; ta voix sera comme celle d'un spectre venant de la terre, et de la poussière ta parole chuchotera". Alors "tu seras abaissée", l'état de Yeroushalayim sera au plus bas. "Tu parleras depuis la terre", comme si elle parlait depuis l'intérieur de la terre. "Et de la poussière ta parole sera assourdie." Ce sera si bas que, comme depuis la poussière, on entendra les paroles. Le ov, ceux qui savent comment parlait le ov, savent avec quelle voix il parlait. Il est écrit dans les livres que le ov parlait avec une voix d'homme comme s'il parlait de l'intérieur de la terre. Tu entends une voix comme un écho, tu n'entends pas une voix claire. Étouffée. Une voix étouffée comme si quelqu'un parlait sous la terre. Ainsi parlait le maître du ov lorsqu'il faisait monter par le ov une âme. Et c'est de ce verset que nous l'apprenons. "Tu seras abaissée, tu parleras depuis la terre, et de la poussière ta parole sera assourdie." Tes paroles seront comme depuis la poussière, "ta voix sera comme celle d'un spectre venant de la terre". Comme le ov qui parle, tu entends le mort parler comme depuis la terre. Alors ce n'est pas la parole d'un homme vivant, mais seulement du corps d'un mort. C'est-à-dire qu'il n'y aura même pas de parole, mais seulement un chuchotement comme le pépiement de l'oiseau. Cela vient dire que le peuple d'Israël sera dans l'état le plus bas. Cela vient dire qu'ils arriveront à l'abaissement jusqu'à terre et jusqu'à la poussière, comme s'ils léchaient la poussière. Alors "tu seras abaissée et tu seras assourdie". Tishah, cela indique l'abaissement du point de vue de la hauteur. D'une grande hauteur il est descendu à une hauteur basse, c'est ce qui est appelé "tu seras abaissée". Et "tishah" concerne sa stature, dont la taille est allée en se courbant. Il ajoute aussi "tu parleras, ta parole", et le Malbim dit que l'amira, la parole douce, est plus faible que le dibour, la parole ferme. Le dibour est toujours avec force. Comme "l'homme, seigneur du pays, nous a parlé durement". Le dibour est toujours dur. Comment appelle-t-on un dirigeant ? Dabar. Pourquoi pour cette raison, un seul dirigeant par génération et non deux dirigeants par génération. Il est le dirigeant, il parle durement. S'il parlait doucement, il ne pourrait pas diriger la génération. En revanche l'amira est toujours une parole douce. Nous avons déjà parlé du fait que toujours, quand il est écrit que quelqu'un parle en son cœur, il n'est pas écrit "vayedaber en son cœur". Il est toujours écrit "vayomer". "Haman dit en son cœur." "Essav dit en son cœur." Toujours l'expression de l'amira. Car l'homme parle toujours doucement avec lui-même. Avec les autres il parle durement, mais avec lui-même il parle toujours doucement. C'est pourquoi l'expression est toujours amira. Alors ici l'amira est plus faible. "Tu seras abaissée, tu parleras depuis la terre", puis "de la poussière ta parole sera assourdie", ce qui montre une descente encore plus basse, où tu n'as même plus la force de parler avec dibour mais seulement au niveau de l'amira. Et au dernier stade : "de la poussière ta parole chuchotera", où tu n'auras même plus la force de parler, mais on entendra seulement des chuchotements.
"Et la multitude de tes assaillants sera comme une fine poussière, et comme la balle qui passe la multitude des tyrans ; et ce sera soudain, à l'improviste." Le Malbim dit que l'avak, la poussière, est la fragmentation d'un objet composé en petits morceaux, c'est ce qui est appelé avak. Et elle a un avantage par rapport à la mots, la balle. Premièrement, la balle est le déchet extérieur. En revanche l'avak, si je voulais parler du blé par exemple, quel serait l'avak ? Si je prends le blé lui-même et que je le broie, alors il y a de l'avak. Mais la mots n'est pas le blé lui-même, la mots est l'enveloppe extérieure. Autre chose, la mots est une balle qui passe. Le vent l'emporte facilement. Et c'est ce qu'il dit. Le camp de Sanheriv viendra, ceux dont nous avons parlé : "Je camperai contre toi en cercle et je t'assiégerai par un poste", ce sera le camp de Sanheriv. Et le camp de Sanheriv, ils sont "la multitude de tes assaillants". Ils seront autour de Yeroushalayim. Mais sache-le, ils seront comme une fine poussière. Tous ceux qui seront autour seront dispersés comme la poussière. "Et la multitude des tyrans", les vaillants que le roi d'Achour et les officiers qu'il avait amenés avec lui, ceux qui ne sont pas morts, il dit qu'ils seront comme la balle qui passe. Qu'est-il arrivé au roi d'Achour lui-même et à ses fils ? Ils ont survécu à la frappe de l'ange qui a frappé le camp d'Achour. Et comment finalement Sanheriv est-il mort ? Ses fils l'ont tué, n'est-ce pas ? Assar Hadon, n'est-ce pas ? Ses fils l'ont tué. Où l'ont-ils tué ? Alors qu'il se prosternait devant Nisrokh son dieu. Il avait un dieu appelé Nisrokh. Un bois de l'arche de Noé. Il avait un aigle du bois de l'arche de Noé, qu'il servait. Et ce même Nisrokh, à cet endroit, ses fils l'ont tué. Il y avait donc deux catégories. Il y avait ceux comme la fine poussière ici même, à cet endroit, et il y avait ceux comme la balle qui passe, ceux qui ne sont pas morts ici par l'ange d'Hachem, mais qui sont comme la balle qu'il a transportée ailleurs. "Tyrans, et ce sera soudain, à l'improviste", il dit qu'eux aussi, ceux qui étaient des tyrans, qui étaient les vaillants, ceux qui ne sont pas morts là par l'ange d'Hachem, il dit soudain, à l'improviste. En un instant, soudain, à l'improviste, en une nuit, ils tomberont. Comme ses fils l'ont tué dans son pays.
Le Malbim explique la différence entre "soudain" (peta) et "à l'improviste" (pit'om). Nous utilisons toujours cette expression "voici que soudain, à l'improviste". A priori, ces deux mots semblent une répétition de la même chose. Peta, c'est pit'om. Cela est arrivé peta ou c'est arrivé de manière pit'om, tu as dit la même chose. Le Malbim dit qu'il y a une différence entre eux. Peta indique la rapidité de l'action. "Si soudain (befeta), sans inimitié, il l'a poussé." Et pit'om indique le temps où l'action se produit brusquement sans préparation. Qui a compris l'explication ? Je vais expliquer. Le Malbim dit qu'il y a par exemple un événement qui est arrivé de manière brusque. Deux choses peuvent être brusques ici. Cela peut l'être du point de vue du temps : nous ne nous y attendions pas et cela est arrivé brusquement. Cela devait arriver demain, après-demain, et c'est arrivé maintenant. C'est une chose. Maintenant, quand cela arrive, il se peut qu'il arrive de façon lente. Je ne m'y attendais pas à ce moment, il est arrivé comme je l'ai dit de manière brusque, mais il est arrivé lentement. D'autre part, je peux dire l'inverse. Il est arrivé à son moment prévu, mais quand il est arrivé, il est arrivé très rapidement. Ce sont deux choses différentes. L'action elle-même est-elle arrivée rapidement, ou bien du point de vue du temps l'action elle-même est arrivée tôt, c'est-à-dire en avance ? Quand je dis d'une certaine chose qu'elle est arrivée rapidement, en une seconde, c'est ce qu'on appelle befeta. Il se peut que cela soit arrivé à son moment prévu. Ce n'est pas arrivé plus tôt que d'habitude, c'est arrivé à son moment. Mais c'est arrivé en une seule seconde, c'est ce qu'on appelle befeta. Quand je veux dire non, c'est arrivé avant son temps, on ne s'y attendait pas du tout et c'est arrivé, je dis que c'est arrivé pit'om. Maintenant, si c'est à la fois arrivé avant son temps et arrivé très rapidement, alors je dis "soudain, à l'improviste" (lefeta pit'om). C'est arrivé très rapidement, befeta, et du point de vue du temps cela ne devait pas arriver maintenant, cela devait arriver plus tard, et c'est arrivé maintenant. Donc je dis que c'est arrivé pit'om. Ainsi pit'om signifie sans qu'on s'y soit préparé. Cela arrive vite sans qu'on s'y soit préparé. Mais il se peut que quand cela arrive, cela arrive de façon lente. Quand je dis peta, cela signifie que non seulement c'est arrivé sans qu'on s'y soit préparé, mais aussi qu'une fois arrivé, c'est arrivé avec la plus grande rapidité. Et c'est ce qu'il dit ici. Sa mort sera "soudain, à l'improviste". C'est-à-dire à la fois tôt du point de vue du temps et, du point de vue de l'action, en un seul instant, et c'est ce qu'on appelle "soudain, à l'improviste".
"De la part d'Hachem Tsevaot elle sera châtiée, par le tonnerre, par le tremblement et une grande voix, par la tempête, l'ouragan et la flamme d'un feu dévorant." Ce décret qui frappera le roi d'Achour, comme nous en avons parlé, quand il viendra aux portes de Yeroushalayim à l'époque de Hizkiyahou et que l'ange d'Hachem les frappera. "De la part d'Hachem Tsevaot elle sera châtiée", Hachem le châtiera pour cela. Et maintenant ce sera "par le tonnerre et par le tremblement". Ce sont les deux choses qu'il a mentionnées plus tôt. "Comme au mont Peratsim Hachem se lèvera." Hachem se lèvera comme au mont Peratsim, nous avons expliqué là-bas le sens de "mont Peratsim", et il dit ici que ce sera avec tremblement. Et il y aura une autre chose, "comme dans la vallée de Guivon il frémira". Quand nous avons expliqué, à Guivon des pierres d'algavich sont tombées sur eux du ciel, des tonnerres du ciel ont combattu. Alors il y aura ici aussi le tonnerre, qui est céleste, les tonnerres d'une force d'en haut, et aussi le tremblement. Le raach, à quoi cela renvoie-t-il quand on parle de raach ? Un tremblement de terre. Raach c'est toujours un tremblement de terre. Chaque fois que vous lirez dans les sources qu'à l'époque du raach il s'est passé ceci et cela, et à l'époque du raach à Tsfat, et toutes sortes d'expressions de ce genre, raach c'est toujours un tremblement de terre. Alors il y aura ici à la fois le tonnerre, comme si du ciel Il tonnera sur eux, et aussi le tremblement de la terre par-dessous qui les fera trembler, c'est-à-dire qu'Il fera trembler la terre sous eux. "Et une grande voix, la tempête et l'ouragan." Ce ne sera pas en secret, ce sera à grande voix. Et à cela s'ajoutera une tempête, avec des flammes de feu, la tempête embrasera la flamme, comme il l'a expliqué plus tôt : "la lumière d'Israël sera un feu". Et il y aura un feu dévorant qui les consumera dans le camp d'Achour. Ici le Malbim dit que par cela il fait allusion aux trois manifestations que le prophète Éliyahou a vues. Il est écrit que lorsqu'il alla au désert, à la grotte où Hachem s'était révélé à Moshé, alors Hachem se révéla à lui, lui disant : J'ai réprimandé le peuple d'Israël et ils ont transgressé Ton alliance, etc., et le Saint béni soit-Il l'envoya ensuite oindre Élicha. Il est rapporté là-bas qu'il vit un vent, un tremblement et un feu. Et après cela il y eut une voix de fin silence. Alors il dit qu'ici il y aura tout cela. Il y aura un vent, il y aura un tremblement, il y aura un feu. Mais il n'y aura pas de fin silence. Ici la différence sera que ce sera à grande voix. À grande voix, c'est-à-dire qu'Hachem tonnera sur eux de Sa voix et les soumettra par une voix puissante et immense.
"Et ce sera comme un rêve, une vision nocturne, la multitude de toutes les nations qui font la guerre à Ariel, tous ceux qui l'assiègent, sa forteresse et ceux qui l'oppriment." "Et ce sera comme un rêve." Comme un homme qui rêve, le matin il se réveille et voit une illusion. Ce n'était pas du tout une réalité. Surtout, dit le Malbim, il s'agit d'une vision nocturne. C'est-à-dire une chose qui vient par la force de l'imagination, ce que l'homme voit la nuit, qui outre le fait qu'elle n'a aucune consistance réelle, ne fait pas non plus d'impression sur l'homme. Un rêve, quand il est véridique, laisse encore une certaine impression, l'homme se réveille bouleversé, ému. Mais quand le rêve n'est qu'une vision, c'est-à-dire quelque chose qui vient de l'imagination, alors le matin il ne laisse même pas d'impression. Ainsi il te dit : il y aura toute la multitude des nations qui font la guerre à Ariel. C'est-à-dire ces nations qui faisaient la guerre à Ariel, c'est-à-dire à Yeroushalayim, comme il a été dit plus haut "Je camperai contre toi en cercle", et il a expliqué que cela signifie que les nations viendront pour encercler, pour assiéger Yeroushalayim. Et il nous a dit auparavant, et il dit "tous ceux qui l'assiègent, sa forteresse", ce qu'il a dit auparavant "Je t'assiégerai par un poste". Maintenant il dit ce qu'il adviendra de ceux qui l'assiègent et de sa forteresse, ceux qui ont fait un poste de siège, qui assiègent tout autour. "Sa forteresse" correspond à ce qui est écrit "Je dresserai contre toi des retranchements" comme nous l'avons vu plus haut. "Ceux qui l'oppriment", c'est ce qui est écrit auparavant "J'affligerai Ariel". Alors qu'il fallait éveiller le peuple d'Israël, le Saint béni soit-Il a dit qu'Il ferait tout cela. Et voici que maintenant les nations viennent, Achour vient et accomplit toutes ces choses, tout ce qu'Hachem avait annoncé qui allait arriver. Quel sera le résultat de tout cela ? "Et ce sera comme lorsque l'affamé rêve, et voici qu'il mange, et il se réveille et son âme est vide ; et comme lorsque l'assoiffé rêve, et voici qu'il boit, et il se réveille et voici qu'il est épuisé et son âme est avide. Ainsi en sera-t-il de la multitude de toutes les nations qui font la guerre au mont Tsion."
"Lorsque l'affamé rêve, et voici qu'il mange." Quand l'affamé rêve et que dans son rêve il se voit manger. Cela fait déjà des jours qu'aucune nourriture n'est venue dans sa bouche, mais il se voit manger. "Et il se réveille et son âme est vide." Quand il se réveille le matin, son âme est vide. "Et lorsque l'assoiffé rêve, et voici qu'il boit", en rêve il se voit boire, et cela fait déjà longtemps qu'aucune boisson n'est venue dans sa bouche. "Et il se réveille et voici qu'il est épuisé et son âme est avide." Quelle est la différence entre "son âme est vide" et "son âme est avide" ? Le Malbim explique que les gens exténués par la faim, ceux à qui aucune boisson ni nourriture n'est venue dans la bouche, rêvent naturellement en rêve qu'ils mangent et boivent. Et c'est naturel car l'homme rêve des pensées de son cœur, de ce vers quoi il est attiré. Mais, dit le Malbim, il y a une différence entre l'affamé qui rêve et l'assoiffé qui rêve. Quand l'homme a faim, alors sa chaleur, la chaleur naturelle de son corps, monte, c'est ce qu'on appelle exténué par la faim, et alors son estomac perd l'appétit pour la nourriture. Il arrive donc un état où il atteint la faiblesse, l'épuisement, mais il n'a plus faim de nourriture. Ainsi disent également ceux qui font un jeûne de six jours consécutifs sans manger ni boire. Ils disent que le deuxième jour est le plus difficile. Et ensuite cela devient plus facile. C'est-à-dire qu'il arrive un stade où l'estomac ne réclame plus la nourriture, mais le corps a besoin de nourriture. Et alors ce qui arrive, c'est que l'homme s'épuise, il devient exténué, le corps n'a pas reçu son dû. Mais les sensations de faim se produisent généralement au début. Au deuxième stade, les sensations de faim ont déjà diminué. Mais que se passe-t-il finalement ? Il est dans un état de faiblesse. Et c'est ce qu'il dit. "Lorsque l'affamé rêve, et voici qu'il mange, et il se réveille et son âme est vide." Que voit-il ? Que son âme est vide. Mais remarquez, son âme n'est pas avide. Il ne désire pas manger. Car comme nous l'avons expliqué, l'affamé, quand il a très faim, est déjà dans un état où il ne ressent plus la sensation de faim. Le Malbim définit cela : la fièvre nourrit le corps. La kadahat, c'est la fièvre. Quand l'homme a de la fièvre, on peut le voir souvent dans la réalité, les malades n'ont pas d'appétit. Les gens qui ont de la fièvre n'ont pas d'appétit. La fièvre nourrit le corps. Mais remarquez, quand il s'agit de la soif, il dit qu'ici la réalité change. Quand il s'agit de la soif et qu'un homme, à cause de la fièvre et de la chaleur qu'il a, est extrêmement assoiffé, n'a pas reçu de boisson, n'a pas bu depuis longtemps, alors quand il se réveille, il est d'abord épuisé. Comme l'affamé qui rêve que nous avons vu, il se réveille l'âme vide, lui aussi est épuisé, c'est-à-dire que le corps est exténué. Mais en plus, chez l'assoiffé, la fièvre ne nourrit pas le corps en boisson. Remarquez que les malades ont toujours soif. Ceux qui ont de la fièvre demandent toujours à boire, ils veulent toujours boire, ils ressentent toujours la sécheresse. Et c'est ce qu'il dit, chez l'assoiffé : "et voici qu'il boit, et il se réveille et voici qu'il est épuisé et son âme est avide". Il désire vraiment boire. L'affamé ne désire pas manger. Mais l'affamé se lève et voit qu'il n'a rien reçu. L'assoiffé, non seulement il n'a rien reçu, mais il se retrouve encore avec un déficit, car maintenant son âme est avide, il désire déjà boire, il a vu de la boisson et n'y a pas eu accès, alors il est avide de boisson.
Le Malbim a expliqué cela pour comprendre la répétition. Car tu aurais pu donner la parabole de l'affamé qui se lève le matin et reste affamé. Pourquoi ajouter aussi l'assoiffé ? Il a voulu expliquer qu'il y a une différence entre eux. L'affamé, comme nous l'avons expliqué, ressort comme il est entré, et l'assoiffé ressort encore avec un déficit, car maintenant il a reçu en plus une âme avide. Pourquoi est-il important pour le prophète de donner ces deux paraboles ? Parce qu'il veut en réalité leur donner deux applications. Les applications sont la multitude des nations qu'Achour a amenées ici et qui ont assiégé Yeroushalayim. Cette multitude de nations, que leur est-il arrivé ? Elles sont reparties comme elles étaient venues. Elles étaient affamées. Le roi d'Achour leur a dit : venez, ici il y a de la nourriture, de l'or, de l'argent, de la richesse, venez, soyez associés. Elles sont venues. Finalement, après le grand coup, elles sont reparties comme elles étaient venues. Elles sont entrées affamées, elles sont ressorties affamées. Leur état n'est pas devenu pire. En revanche, "lorsque l'assoiffé rêve", ici il parle d'un homme qui est assoiffé. Que signifie un homme qui est assoiffé ? Il parle de ceux qui espéraient recevoir et sont ressortis plus assoiffés qu'ils n'étaient venus. Qui sont ceux qui sont ressortis plus assoiffés qu'ils n'étaient venus ? C'est Achour lui-même. Qu'est-il arrivé à tout le camp d'Achour ? Ils sont tous morts là-bas à Yeroushalayim. C'est vrai, l'ange d'Hachem est venu, cent quatre-vingt-cinq mille chefs d'armées. Achour lui-même, que lui est-il arrivé ? Il a perdu sa royauté. Sanheriv lui-même a perdu la royauté. C'est vrai, ses fils Assar Hadon l'ont tué. Alors il est au niveau de l'assoiffé. Il pensait étancher sa soif et il est ressorti plus assoiffé. C'est ce qu'il veut dire. Vois donc que chez lui, il est encore ressorti avec un déficit.
"Attardez-vous et soyez stupéfaits, réjouissez-vous et clamez, ils sont ivres mais non de vin, ils titubent mais non par la boisson forte." Ici il parle des enfants de Yehouda qui sont venus le matin et ont vu la chute de Sanheriv. Ils se lèvent le matin, ils voient qu'il y a un siège, soudain ils voient un silence. Le calme. L'ange de la mort a fait une visite ici. "Attardez-vous", au début, lorsqu'ils s'approchent, au début ils s'attardent. Ils ne se pressent pas de s'approcher. Toujours, quand tu vois un tel état, de quoi crains-tu immédiatement ? Peut-être est-ce une embuscade. Peut-être ont-ils soudain fait le silence pour que nous venions nous approcher et qu'ils nous frappent alors. Comme chez qui ? Les trois hommes lépreux qui étaient hors de la ville. C'est pourquoi au début, quand ils s'approchent, ils s'attardent. Ils ne s'approchent pas en courant, on s'approche lentement pour vérifier qu'on ne leur joue vraiment pas quelque tour. Ensuite, quand ils sont plus près, "soyez stupéfaits". Ils restent stupéfaits, ils ne croient pas ce que voient leurs yeux. Et ensuite "réjouissez-vous". "Hishta'ash'ou" a ici le sens de ce qui est écrit chez Kayin : "et Il tourna Son regard vers Hével et vers son offrande, mais vers Kayin et son offrande Il ne tourna pas Son regard". Sha'ah vers une chose signifie s'y intéresser, la regarder. C'est le sens. Se tourner vers lui. "Réjouissez-vous et clamez." Au début ils se tournent vers là-bas, s'éloignent un peu, et se tournent de nouveau et clament. Comme celui qui ne croit pas, il s'approche et s'éloigne, s'approche, il ne saisit pas la situation ici. Et alors ils demandent : comment est-ce possible ? On voit là-bas des hommes tous étendus comme des ivrognes. "Ils sont ivres mais non de vin." Comme l'ivrogne qui après quelques bonnes gorgées tombe comme un cadavre. Alors au début ils ne savent pas encore que l'ange d'Hachem les a tous frappés. Alors quand ils s'approchent du camp ils voient là-bas tous les cadavres, ils disent : cela ressemble à des gens qui ont bu, mais où sont les bouteilles ? On ne voit pas la cause de cela. C'est pourquoi cela les a étonnés. "Ils sont ivres mais non de vin", où est le vin ici ? "Ils titubent mais non par la boisson forte." Et voici, il dit : nous voyons qu'ils dorment maintenant comme s'ils titubaient comme l'ivrogne dans son vomi, mais ils n'ont pas bu de boisson forte. On ne sait pas comment il se peut que ces hommes, alors qu'il y avait ici un siège et un grand danger, comment soudain toute la réalité a changé.
Il y a ici un éclaircissement supplémentaire du Radak au nom de son père. Il y a ici deux autres explications du sens de "réjouissez-vous et clamez". Le Radak rapporte au nom de son père que cela se rapporte aux faux prophètes. Les faux prophètes trompaient le peuple, ils leur disaient des paroles vaines et le peuple les croyait. Ici "hishta'ash'ou" vient de l'expression "ses oreilles sont alourdies et ses yeux sont bouchés". Que signifie "sha" ? Bouché, lisse. Comme dans notre paracha "et moi je suis un homme lisse", que le Targoum traduit par "guévar sha'i". Rasé, lisse, n'est-ce pas ? Lisse c'est sha'i. Alors selon cela, "hishta'ash'ou" signifie ici "ses yeux sont bouchés", ce qui signifie qu'il y a un bouchon sur l'œil, lisse, il n'y a plus d'orbite oculaire, on lui a bouché l'œil, c'est devenu un endroit lisse. Alors les prophètes, les faux prophètes, se sont eux-mêmes aveuglés "hishta'ash'ou", et "clamé" (sha'ou), ils ont aussi aveuglé le peuple. Ils leur ont donné toutes sortes d'illusions, toutes sortes de choses sans vérité. Cela selon le Radak. Selon le Metsoudat David, "hishta'ash'ou" a ici une troisième explication. "Hishta'ash'ou", dit-il, signifie occupez-vous à crier, criez amèrement sur votre état, repentez-vous. Alors "hishta'ash'ou" vient de quelle expression ? De l'expression de shava'a, le cri de détresse. Criez vers Hachem béni soit-Il. Nous avons donc trois explications du sens de ce "hishta'ash'ou" écrit ici.
"Car Hachem a répandu sur vous un esprit de torpeur, Il a fermé vos yeux ; les prophètes et vos chefs, les voyants, Il les a couverts." Maintenant il commence à débattre avec les gens de sa génération qui jusqu'à présent ne croyaient pas aux paroles des prophètes, alors que les prophètes disaient qu'il y aurait des souffrances, que les prophètes disaient qu'il y aurait un exil. Il dit : voici, vous verrez, Hachem a répandu sur vous un esprit de torpeur. Nassakh vient de l'expression comme "pour couvrir ses pieds", comme verser, n'est-ce pas ? Verser un liquide. Oui, verser du vin, n'est-ce pas ? "Elle a rempli son mélange", etc. Alors "Hachem a répandu sur vous", Hachem a versé sur vous un esprit de torpeur, comme si vous étiez endormis. Cela signifie plongés dans les vanités de ce monde, selon les termes du Rambam que nous lisons avant les sonneries du chofar. Ceux qui oublient la vérité dans les vanités du temps. Comment le Rambam les définit-il ? Les endormis. Ainsi le Rambam les définit. "Réveillez-vous, endormis, de votre torpeur." Alors ici aussi il les réprimande : vous vous êtes endormis, plongés dans les vanités de ce monde. Et par cela, "Il a fermé vos yeux". Quelle est la différence entre nirdam (endormi) et atsoum (yeux fermés) ? Le Malbim dit : celui qui s'endort a les yeux faiblement fermés. Celui qui ferme les yeux (otsem), c'est avec force. C'est-à-dire que non seulement vous vous êtes endormis, mais en plus Il a comme fermé vos yeux avec force. "Il a fermé vos yeux, les prophètes." Mais remarquez, "Il a fermé vos yeux", quelle est la suite ? "Les prophètes et vos chefs, les voyants, Il les a couverts." Il leur dit : comment pensez-vous que ce même esprit de torpeur, ce même aveuglement qui vous saisit, comment pensez-vous que cet esprit d'aveuglement couvre aussi les prophètes et les voyants qui sont vos dirigeants ? Car parce que vous êtes plongés dans votre aveuglement et votre torpeur, vous êtes sûrs que le prophète aussi est aveugle. Vous êtes sûrs que le prophète aussi ne voit pas, que le prophète aussi ne comprend pas. Et c'est maintenant qu'il va leur prouver combien ils se trompent.
"Et toute vision est devenue pour vous comme les paroles d'un livre scellé, qu'on donne à celui qui sait lire en disant : lis donc ceci, et il dit : je ne peux pas car il est scellé. Et le livre est donné à celui qui ne sait pas lire en disant : lis donc ceci, et il dit : je ne sais pas lire." Nous expliquerons ici deux explications. Une première explication du Radak, et à la fois le Malbim et le Radak expliquent qu'ici "toute vision" signifie la prophétie que le Saint béni soit-Il a envoyée. La vision de Ses prophètes, c'est le sens de hazout. Ici c'est de l'expression de prophétie. Les prophètes qui prophétisent pour vous, c'est comme un livre scellé pour vous. Si on le donne à un homme qui sait lire, alors il dira : je ne peux pas, il est scellé. Que signifie scellé ? À leur époque, comment fermaient-ils une lettre par exemple ? Ils la pliaient comme il faut, puis ils y mettaient de la cire. Quelqu'un est-il déjà allé chez un notaire ? Oui. Alors là-bas on prenait de la cire comme cela, on y mettait un sceau. Celui qui l'ouvrait brisait déjà le sceau, il ne pouvait plus refaire la même chose. Et par cela on savait que la lettre avait été ouverte. C'est ce qu'on appelle le livre scellé. Alors si on le donne à un homme qui sait lire, il dit : je ne peux pas, il est scellé. C'est dans un sceau, je ne peux pas, c'est fermé, je ne peux pas le lire. Pourquoi cela ? Il dit : parce qu'il ne veut pas le lire. En réalité les prophètes vous transmettent une prophétie. Vous ne voulez pas entendre ce que dit le prophète. Et c'est pourquoi vous dites : ouvre-le, il est fermé, je ne peux pas le lire. Si tu voulais vraiment le lire, tu l'ouvrirais et le lirais. Mais tu cherches une excuse pour t'en débarrasser, dit le Radak. Et c'est pourquoi les gens prétendent que le livre est scellé, "je ne peux pas car il est scellé". Ainsi également vos sages ne veulent pas entendre et ne veulent pas comprendre. "Et le livre est donné à celui qui ne sait pas lire." À plus forte raison celui qui ne sait pas du tout lire a l'argument : je ne sais pas lire. Celui qui sait encore lire a l'argument : c'est fermé. Celui qui ne sait pas lire, à plus forte raison, il dit : même si tu l'ouvres, je ne sais pas lire.
Le Malbim l'explique davantage, et nous comprendrons alors aussi ce que le prophète veut leur reprocher. Le Malbim explique cela, il leur dit : vous vous trompez, comme nous l'avons expliqué plus haut, car vous pensez que le Saint béni soit-Il a aussi couvert les prophètes et vos chefs, les voyants. Comme vos yeux sont fermés, sûrement le prophète aussi ne voit pas, sûrement le prophète aussi ne comprend pas. Alors que pensez-vous ? Vous êtes sûrs que c'est comme le livre scellé. Même le prophète, qui sait en réalité qu'Hachem l'a envoyé, mais l'explication de la prophétie, la signification des paroles, il ne les comprend pas. Vous pensez que c'est le livre scellé. Au point que même celui qui porte le livre, le prophète qui vous le présente, lui non plus n'est pas capable de le comprendre, c'est un livre scellé, il n'est pas ouvert, il ne l'a pas lu. Et sur cette base vous venez demander : si on donne cette missive à celui qui sait lire, qui est appelé "celui qui sait lire" ? C'est le prophète lui-même. Vous dites : apporte cela au prophète, même celui qui sait lire, et dites-lui : lis donc ceci, dis-lui : allons, lis ce qui est écrit ici, explique-nous ce que... Et il lui dira : je ne peux pas car il est scellé. Ainsi vous pensez que le prophète dit en quelque sorte : je ne peux pas l'ouvrir, il est scellé. Que signifie cela ? Les prophètes recevaient leur message en énigmes. Comme nous l'avons expliqué par le passé. Seul Moshé Rabbénou voyait à travers un miroir lumineux. Mais les prophètes voyaient en énigmes. Que signifie en énigmes ? Chez Moshé il est écrit "par une vision et non par des énigmes". Mais chez les prophètes c'est bien par des énigmes. Que signifie cela ? Que vois-tu ? Je vois une branche d'amandier. Que vois-tu ? Je vois une marmite bouillonnante. Il voyait une certaine énigme qu'il devait décrypter. Sauf que nous avons expliqué par le passé qu'il n'est jamais possible que le prophète se trompe dans son décryptage. Il n'est jamais possible que le prophète se trompe dans la compréhension de ce qui lui a été transmis. Car si le prophète se trompait, premièrement, en quoi cela serait-il plus qu'un rêve ? Un rêve aussi tu peux lui donner plusieurs interprétations, et une prophétie aussi. En quoi la prophétie se distingue-t-elle du rêve ? En ce que la prophétie, nous disons, est vraie à cent pour cent, contrairement au rêve où il y a de la paille dans le grain. La plus grande preuve de cela, nous en avons parlé une fois, le Rambam me semble-t-il le mentionne, c'est l'épisode de la ligature. Le Saint béni soit-Il dit à Avraham : va ligoter ton fils. S'il était possible de se tromper dans les paroles du prophète, c'est-à-dire que le prophète n'aurait peut-être pas bien compris la parole d'Hachem, quoi, il va égorger son fils ? Peut-être n'as-tu pas bien compris ? Peut-être l'ordre qui t'a été transmis n'était-il pas assez clair ? De là nous voyons que le prophète reçoit des instructions on ne peut plus claires, qu'il les comprend, et qu'il n'est pas possible qu'il se trompe. Rav Dessler dit qu'il est tout à fait possible de se tromper seulement si c'est la première fois de sa prophétie, comme Chmouel qui au début ne savait pas du tout qu'Hachem l'appelait, et il courait vers Éli chaque fois que la parole d'Hachem commençait chez lui. C'est seulement au début qu'il peut y avoir un état où il se trompe dans sa prophétie. Ou comme Yaakov : "En vérité Hachem est en ce lieu et moi je ne le savais pas". Comment ne le savais-tu pas ? Tu es prophète. Mais je ne le savais pas parce que c'était le début de sa prophétie. Au début de sa prophétie, il y a un état où une fois encore il ne connaît pas la manière dont Hachem se révèle à Ses prophètes. Mais après qu'il l'a déjà connue, il n'y a plus d'état d'erreur. Même si cela lui est transmis en énigmes, l'explication des choses est transmise dans son cœur, si bien qu'il sait ce qui a été transmis, il sait quel est en réalité le message. Mais le peuple ne veut pas recevoir le message. Alors que disent-ils ? Ah, écoute, le prophète parle en énigmes, lui non plus ne comprend pas, laisse-le lire, il ne comprend pas. Il ne sait pas ce qui est écrit là. Il te dira : je ne peux pas lire, il est scellé, je n'ai pas la permission de l'ouvrir. Alors si le prophète, qui est censé comprendre, ne comprend pas, "et le livre est donné à celui qui ne sait pas lire en disant : lis donc ceci", alors maintenant tu prends cette prophétie et tu la donnes à celui qui ne sait pas lire, nous le peuple, nous des gens de la masse, simples, qui ne savons pas lire. Tu veux que nous lisions ? Que nous comprenions ? Le prophète ne comprend pas ce qu'il dit, alors nous comprendrions ? C'était en réalité pour eux une raison d'écarter d'eux le message de la prophétie. C'est-à-dire que la prophétie n'oblige pas. Pourquoi ? Le prophète ne comprend même pas ce qu'il dit, nous à plus forte raison. Et c'est comme il a été dit : "il n'y a pas d'homme sur la terre ferme qui puisse révéler la parole du roi". Quelqu'un se souvient de cela ? Dans Daniel. Qui l'a dit ? À propos de quoi cela a-t-il été dit ? Dans quel contexte ? Je recommande d'écouter le disque sur Daniel. Il est rapporté là-bas que lorsqu'il fut écrit sur le mur "Mené Mené Tekel ouFarsin", alors là-bas il appela les magiciens. Et il y avait eu auparavant, lorsqu'il rêva son rêve et ne voulut pas leur révéler quel était le rêve. Vous me direz ce que j'ai rêvé et aussi son interprétation. Alors ils lui dirent : il n'y a pas d'homme sur la terre ferme qui puisse dire une telle chose. Ainsi ils lui prétendirent. Il dit : c'est en réalité ce qu'ils prétendent ici. Il n'y a pas d'homme qui comprenne cette prophétie, alors que veux-tu de nous ? Les sages ne comprennent pas, le prophète ne comprend pas, alors nous comprendrions ?
"Et Hachem dit : parce que ce peuple s'approche de Moi par sa bouche et Me honore de ses lèvres, tandis que son cœur est éloigné de Moi, et que leur crainte de Moi n'est qu'un commandement d'hommes appris par habitude." "Parce que ce peuple s'approche", le Malbim dit que ce peuple pense que par de tels arguments ils se rapprochent d'Hachem. Comment te rapproches-tu ? De quelle manière ? Il dit : tu dis que le Saint béni soit-Il parle aux hommes au niveau des hommes. Comment cela ? Sais-tu combien j'admire et j'estime les paroles d'Hachem béni soit-Il ? Les paroles d'Hachem sont trop élevées pour nous. Elles sont si merveilleuses que nous ne pouvons pas les comprendre, elles sont très profondes. Tu dénigres la prophétie d'Hachem. Tu dis : Hachem parle, tout le monde comprend. Comment cela ? Au contraire, sache-le, les paroles d'Hachem sont très élevées, nous n'y avons aucune saisie, ce sont des choses très profondes. Vous pensez par cela vous rapprocher d'Hachem. "Parce que ce peuple s'approche de Moi par sa bouche et Me honore de ses lèvres", par leur affirmation que les paroles d'Hachem sont sublimes, ils pensent élever Hachem. Mais le Saint béni soit-Il dit : Je sais d'où cela vient. "Tandis que son cœur est éloigné de Moi." Il ne veut vraiment pas accomplir ce que Je dis. Alors c'est pour cela qu'il dit que les paroles d'Hachem sont sublimes. À quoi cela ressemble-t-il ? C'est comme si tu disais à ton enfant : viens, je veux t'expliquer, va à tel endroit, tu vas là-bas, tu prends à droite et je veux que tu m'apportes... Je n'ai pas compris papa, je n'ai pas compris. Non papa, c'est difficile, c'est loin, papa je n'ai pas compris, encore une fois. Non non je n'ai pas compris. Pourquoi n'a-t-il pas compris ? Pourquoi est-il devenu bouché soudain ? Tu as un enfant intelligent, pourquoi ? Il n'a pas la force d'y aller. Il n'a pas la force. Soudain il ne comprend pas ce que tu veux, soudain il ne sait pas comment on y arrive, soudain il a peur. N'est-ce pas ? Une fois ma fille est rentrée du jardin d'enfants, elle dit : papa je n'aime pas le chocolat, je n'aime vraiment pas le chocolat. J'ai commencé à me renseigner, il s'est avéré qu'elle avait reçu une punition de la maîtresse : ne pas recevoir de chocolat. Alors elle dit qu'elle n'aime pas du tout le chocolat, pas du tout. Je lui ai dit : je voulais t'apporter du chocolat, comment, tu n'aimes pas... Non, j'aime le chocolat. Alors un homme qui ne veut pas quelque chose racontera des histoires. Alors que disent-ils ? Les paroles d'Hachem sont sublimes, qui peut les comprendre ? Pourquoi ? Pour ne pas faire. Pour ne pas faire, alors tu dis : je n'ai pas compris. Alors le Saint béni soit-Il dit : Je sais d'où cela vient, "tandis que son cœur est éloigné de Moi". Puisque ces gens sont éloignés de Moi, et donc ne veulent en réalité pas se rapprocher d'Hachem, ils disent : les paroles d'Hachem sont sublimes, elles sont élevées, elles sont profondes, on ne peut pas les comprendre. "Et leur crainte de Moi n'est qu'un commandement d'hommes appris par habitude." Comment cela se rattache-t-il ? C'est merveilleux. Voyez, si tu dis que les paroles du Saint béni soit-Il sont très sublimes, alors quand je viens accomplir une mitsva, puis-je comprendre la mitsva ? Moi, pétri d'argile, puis-je comprendre les paroles d'Hachem les plus sublimes ? Que puis-je comprendre ? Il n'est pas du tout possible de comprendre les mitsvot d'Hachem. Ainsi disent ces gens. Alors par conséquent, quand tu accomplis les mitsvot, pourquoi les fais-tu ? Par habitude. Que signifie "par habitude" ? C'est ainsi que mon père a fait. Pourquoi ton père ? Parce que son père aussi a fait ainsi. Et pourquoi ? Parce que son père aussi a fait ainsi. Et c'est ce qu'on appelle "un commandement d'hommes appris par habitude". Sans approfondir la mitsva, sans réfléchir à la mitsva, sans penser : je fais cela pour donner satisfaction à Hachem béni soit-Il, les téfilin du bras face au cœur, et les téfilin de la tête face au cerveau, afin que je soumette par cela les désirs dont la source est dans le cœur et les pensées dont la source est dans le cerveau, etc. Il y a des raisons aux mitsvot. Mais ces gens, dès qu'ils disent que les paroles du Saint béni soit-Il sont trop élevées pour nous, qu'on ne peut pas les saisir, alors par conséquent tout leur accomplissement des mitsvot est sans raison, car il est impossible de comprendre Hachem. Alors tout ce qu'il fait, c'est parce que mon père l'a fait, donc je continue à faire comme lui. Leur service d'Hachem est un service issu de l'habitude, et non comme il devrait être, pour donner satisfaction à Hachem béni soit-Il avec l'intention d'approfondir les mitsvot, de comprendre les paroles d'Hachem. Il faut certes savoir que les raisons que nous connaissons sont des raisons terrestres, et que les vraies raisons sont dans la Torah du secret, qui sont des raisons bien plus sublimes. Mais le fait même qu'un homme dise : on ne peut pas comprendre, alors j'accomplis comme quelqu'un qui ne comprend pas, il dit en réalité : je ne veux pas accomplir les mitsvot d'Hachem, je le fais parce que je n'ai pas le choix, parce que mon père a fait ainsi, je le suis.
"C'est pourquoi voici que Je continuerai à étonner ce peuple par un prodige des plus prodigieux, la sagesse de ses sages disparaîtra et le discernement de ses hommes intelligents se cachera." Rachi rapporte : Je continuerai à frapper ce peuple par un prodige ajouté à un prodige. Ici ce n'est pas frapper, mais il serait plus exact de dire que leur cœur sera obturé, un prodige ajouté à un prodige, couverture sur couverture, obturation sur obturation. Car nous avons vu auparavant qu'il était déjà obturé : "Hachem a répandu sur vous un esprit de torpeur, Il a fermé vos yeux". Nous avons vu qu'ils sont arrivés à un état d'aveuglement. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent vraiment pas entendre. Parce qu'ils ne veulent vraiment pas recevoir. Ils prétendent que les mitsvot d'Hachem, les paroles d'Hachem, les paroles du prophète, que même le prophète ne comprend pas ce qu'il dit, alors pouvons-nous comprendre de telles choses ? Le Saint béni soit-Il dit : leur punition sera qu'ils auront une obturation supplémentaire sur leur cœur. Qu'est-ce que "un prodige des plus prodigieux" ? "La sagesse de ses sages disparaîtra." Nos Sages disent : que signifie "la sagesse de ses sages disparaîtra" ? La disparition des justes, des sages d'Israël, est deux fois plus dure que la destruction du Beth haMikdach. D'où savons-nous que c'est deux fois plus dur que la destruction du Beth haMikdach ? Parce qu'il est écrit dans toutes les plaies mentionnées dans le Michné Torah : "et Hachem rendra prodigieuses tes plaies". Combien de prodiges ? Un. "Et Hachem rendra prodigieuses tes plaies." Tandis qu'ici où "la sagesse de ses sages disparaîtra", c'est-à-dire le décès des sages, "un prodige des plus prodigieux". Prodige sur prodige, cela signifie une plaie prodigieuse parmi les prodigieuses. De là tu apprends que c'est double, plus difficile que la destruction du Beth haMikdach. Le Malbim explique : de même qu'ils disent que les paroles d'Hachem sont prodigieuses, que les paroles d'Hachem sont couvertes, que les paroles d'Hachem sont cachées, trop sublimes pour eux, le Saint béni soit-Il dit : eh bien, ainsi Je vous ferai. Je continuerai à rendre prodigieux et à couvrir tout devant eux jusqu'à ce qu'ils ne saisissent rien. Et même les choses qui sont accessibles aux gens par la sagesse, par la compréhension des choses, ce que les gens comprennent d'habitude, il dit que cela aussi disparaîtra d'eux. "La sagesse de ses sages disparaîtra." "Et le discernement de ses hommes intelligents", quelle est la différence entre la sagesse (hokhma) et le discernement (bina) ? Le Malbim l'explique de nombreuses fois dans le livre de Michlé. La différence est que la hokhma est ce que l'homme reçoit d'autrui. Ce que l'homme a reçu de son maître, ce que l'homme reçoit d'autrui. En revanche la bina, c'est après que l'homme possède la hokhma, maintenant il approfondit les choses, il les examine et en tire des conclusions. C'est-à-dire des conclusions sur des choses qu'il n'a pas reçues. Cela ne fait pas partie de la hokhma qu'il a reçue, il en tire des conclusions. Et c'est ce qu'on appelle bina. La bina, c'est comprendre une chose à partir d'une autre. Alors il dit : la hokhma aussi, ce qu'ils ont reçu dans les raisons des mitsvot et tout ce qui s'y rattache, disparaîtra d'eux. Et non seulement cela, mais aussi le discernement de ses hommes intelligents, cela aussi leur sera caché.
Le Malbim explique qu'en réalité ils auraient dû comprendre que lorsque le Saint béni soit-Il parle au peuple, Il ne parle pas selon la capacité de Celui qui parle mais selon la capacité de celui qui écoute. Tout comme il n'est pas possible qu'un maître qui enseigne dans un talmud Torah parle à son propre niveau, mais il descend certainement au niveau des enfants, car le niveau des enfants est bien plus bas que le sien, et s'il parlait à son niveau, alors en réalité au bout d'une ou deux semaines on le renverrait de là, car tous ressortiraient bouchés, personne ne comprendrait ce qu'il dit. À plus forte raison, quand tu veux glorifier Hachem, combien le Saint béni soit-Il est sublime, combien Il est élevé, merveilleux, c'est vrai, tout est vrai. Mais penses-tu que le Saint béni soit-Il te parle selon Sa sublimité et Son élévation ? S'Il crée un lien avec ceux qui sont pétris d'argile, avec l'homme, alors Il nous donne des choses qui sont à notre portée. Il ne nous parle pas de choses qui ne sont pas à notre portée. Comme un enseignant crée un lien avec ses élèves et les enseigne selon l'étendue de leur cœur et non selon l'étendue de son propre cœur.