Yechayahou chapitre 16. "Envoyez l'agneau au souverain du pays, depuis Séla vers le désert, jusqu'à la montagne de la fille de Tsion." Le Malbim explique qu'après que le prophète nous a décrit la chute de Moav, il vient maintenant leur donner un conseil sur la manière dont ils peuvent être sauvés. Il leur dit : voyez, vous n'avez aucune possibilité de salut, sauf une seule option : envoyer un messager aux habitants de Yerouchalayim et leur demander de vous donner l'autorisation et la possibilité d'habiter et de vous cacher au pays de Yehouda. Et maintenant, il vient pour ainsi dire décrire et mettre dans la bouche du messager les paroles qu'il devra dire aux habitants de Yehouda afin qu'ils soient disposés à vous recevoir. Ce messager est appelé "kar", nous verrons tout de suite pourquoi. Et le prophète leur promet : sachez que si vous envoyez un messager aux habitants de Yehouda pour leur demander la pitié, qu'ils acceptent de vous cacher, de vous protéger, je vous promets qu'ils auront pitié de vous. Bien que vous n'ayez pas été corrects envers eux, ils satisferont votre demande. Mais alors le prophète constate que Moav, dans son grand orgueil, ne veut pas s'abaisser et demander le salut aux habitants de Yehouda. C'est pourquoi le prophète leur dit : s'il en est ainsi, il s'avère que vous êtes les seuls responsables de votre chute. Vous êtes les seuls responsables de la situation terrible qui vous atteindra. Ce sont là essentiellement les propos qui s'exprimeront dans la prophétie du chapitre suivant.
"Envoyez l'agneau au souverain du pays, depuis Séla vers le désert." "Envoyez l'agneau (kar)", dit le Malbim, kar signifie messager. Pourquoi le messager est-il appelé kar ? Comment appelle-t-on une calèche ? Kirkara. Pourquoi appelle-t-on la calèche kirkara ? Parce que ceux qui y sont assis sautillent et cahotent (mekarkerim) sans cesse. Et je vous ai toujours dit, une expression qui se dédouble, cela veut dire qu'elle répète la chose à nouveau, n'est-ce pas ? Comme potsets, cela vient de pats, briser, pitsets signifie briser après avoir brisé. Ratsts, "il te brisera la tête", cela signifie briser, rotsets c'est briser après avoir brisé, jusqu'à en faire véritablement du gravier. Et il en est toujours ainsi en lachon hakodech : tout redoublement exprime le redoublement de la chose. Alors kirkara exprime le fait de cahoter continuellement, encore et encore. C'est pourquoi le coureur est appelé kar. "Envoyez des karim" signifie envoyer des coureurs, parce qu'on les envoyait dans des calèches, et les calèches cahotaient, apparemment leurs ressorts n'étaient pas terribles, alors elles cahotaient, c'est pourquoi il appelle le coureur kar. "Envoyez l'agneau", c'est le coureur qui courra rapidement. Et qui sera-t-il ? "Le souverain du pays". Le souverain de Moav sera lui-même votre messager, "depuis Séla vers le désert". Séla dans le désert, la royauté de Moav est à Séla. Quelqu'un sait où se trouve Moav ? Le rocher rouge, cela vous dit quelque chose ? Petra. La royauté de Moav est à Séla. Il y aura un messager "depuis Séla vers le désert", c'est-à-dire Séla dans le désert, qui est la tête du royaume de Moav, vers où ? "Jusqu'à la montagne de la fille de Tsion". Vers la tête du royaume de Yehouda. Afin de demander de l'aide à Yehouda, afin qu'ils vous reçoivent dans leur pays, envoyez donc un homme important, un kar, un messager, qui sera le souverain du pays, quel pays ? Depuis Séla vers le désert, le pays de Moav, jusqu'à la montagne de la fille de Tsion, vers le royaume de Yehouda.
Le Radak explique ici le kar d'une autre manière. Le Radak explique : il est écrit à propos de Mécha roi de Moav qu'il était noked. Quelqu'un sait ce qu'est un noked ? Un berger. Noked signifie berger. Mécha roi de Moav avait un troupeau nombreux. C'est pourquoi Mécha roi de Moav était noked. Et lorsque Moav était soumis à notre domination, il livrait au roi d'Israël cent mille agneaux et cent mille béliers en laine. C'est-à-dire un tribut, il payait un tribut chaque année. Mais à la mort d'Ahav, ce qui s'est passé, c'est que le roi de Moav a vu une occasion de se débarrasser de ce joug. "Et le roi de Moav se révolta contre le roi d'Israël." C'est pourquoi le prophète vient leur dire : "Envoyez l'agneau." Cela signifie ces mêmes agneaux et béliers que vous envoyiez au roi d'Israël en tribut et contre qui vous vous êtes révoltés, maintenant envoyez l'agneau, envoyez-le à présent comme tribut à qui ? Au roi de Yehouda. Certes, il n'y a plus ici le roi d'Israël auquel vous étiez soumis, mais il y a encore ici le royaume de Yehouda, alors envoyez cela à 'Hizkiyahou qui est roi de Yehouda, qui était un roi juste et fort dans son règne, soumettez-vous devant lui et payez-lui un tribut.
"Et il en sera comme d'un oiseau errant, d'une nichée chassée : les filles de Moav seront aux gués de l'Arnon." Et les enfants de Moav n'attendront pas que le messager, qui est leur souverain, revienne. Dès que le messager part pour Tsion, les filles de Moav traverseront par les gués de l'Arnon, qui est proche de la terre d'Israël. Ils n'attendront pas que le messager revienne donner le feu vert, mais à cause de la grande détresse qui régnera, ils courront, s'enfuiront, ne l'attendront pas, mais courront pour fuir par les gués de l'Arnon afin de venir en terre d'Israël. Et de plus, il dit qu'ils n'ont pas à craindre que les habitants de Yehouda ne les reçoivent pas, car assurément les habitants de Yehouda les recevront, comme nous l'avons dit, le prophète leur promet que les habitants de Yehouda les recevront. Et comment fuiront-ils ? "Comme un oiseau errant, une nichée chassée." Le Malbim dit : l'oiseau à qui on prend le nid, et qui revient maintenant avec son envol, arrive, cherche, ne trouve pas le nid, à cause de cela il n'a pas le choix, il est contraint d'errer. D'errer, de se chercher un autre nid. Nous parlons donc d'une situation où c'est d'abord le nid qui est chassé de l'oiseau, et l'oiseau ensuite erre. Pourquoi erre-t-il ? Parce qu'il n'a pas de nid, on lui a pris son nid. Il te dit : il en est de même dans le parabole. Si l'ennemi conquérait d'abord le pays, par cela le peuple serait contraint d'errer sans cesse. Mais ici il leur ordonne de fuir d'eux-mêmes. Il vaut mieux pour vous quitter le nid avant même qu'on ne vous l'ait pris. Car de toute façon on va bientôt vous prendre le nid. Et alors vous allez devenir un oiseau errant. C'est pourquoi il dit : je vous recommande, avant qu'on ne vous fasse ainsi, de quitter le nid de votre plein gré. Et alors l'oiseau erre d'abord, et ensuite le nid est chassé. Ensuite votre pays sera de toute façon abandonné. Mais n'attendez pas qu'ils viennent vous chasser en vous prenant le nid, car alors ils vous frapperont en réalité d'un coup dur, d'un coup mortel. C'est pourquoi je vous recommande que d'abord l'oiseau erre, quittez votre pays avant de recevoir le coup, avant que le nid ne soit chassé.
"Prenez conseil, exécutez le jugement, fais de ton ombre comme la nuit en plein midi, cache les fugitifs, ne trahis pas l'errant." Maintenant le prophète met pour ainsi dire dans la bouche du kar, c'est-à-dire du messager, des paroles qu'il viendra dire à la montagne de la fille de Tsion. Comme s'il disait : je te recommande, viens à eux et dis-leur les paroles suivantes. Dis-leur : "Prenez conseil, exécutez le jugement." "Conseil", un peuple pressé par ceux qui l'oppriment, par ceux qui veulent le conquérir, demande de l'aide afin de s'abriter à l'ombre d'un autre peuple, que quelqu'un d'autre le protège. Le Malbim dit que c'est l'une de trois possibilités. Si le peuple poursuivi a encore une certaine force et vaillance, s'il en a, son armée n'est pas complètement anéantie, il a la force de combattre afin de vaincre les ennemis, mais quoi ? Il lui manque la tactique. Le conseil. Comment, de quelle manière combattre, les stratagèmes de guerre. Alors il demande qu'on lui donne un conseil, comment vaincre l'ennemi, car des chars, j'en ai, j'ai seulement besoin de la tactique. C'est pourquoi il dit "Prenez conseil", comment le vaincre. Mais si le peuple poursuivi a déjà épuisé sa force, il ne peut plus lui tenir tête, il n'a plus d'armes pour combattre l'autre peuple, alors il demande qu'on lui envoie des troupes. Qu'on lui envoie des troupes pour combattre, car moi-même je n'ai plus d'armée. Et par ces troupes et cette armée on fera la guerre contre les ennemis. C'est pourquoi telle est la suite du verset. Au début "Prenez conseil". Ensuite "exécutez le jugement". C'est-à-dire vous rendrez un jugement de justice pour plaider notre cause. "Et il remettra aux juges", quel est le sens de pelilim ? Des juges, des magistrats. Alors "exécutez le jugement" signifie : si nous ne pouvons pas combattre, venez vous rendre notre jugement, venez vous combattre notre guerre, apportez vous une armée pour combattre à notre place. Et si l'ennemi est si fort que même le peuple que tu veux voir venir combattre pour toi n'est pas non plus assez fort pour anéantir l'ennemi, eux non plus ne pourront pas lui tenir tête, nous n'avons pas d'autre choix que de demander quoi ? De nous abriter à l'ombre de ce peuple. Au moins si vous n'allez pas combattre l'ennemi, donnez-nous un abri. Donnez-nous un endroit où nos réfugiés pourront être sauvés, se cacher de l'ennemi. Au moins "fais de ton ombre comme la nuit" et "cache les fugitifs". "Fais de ton ombre comme la nuit" signifie fais-nous de l'ombre. De l'ombre comme quoi ? Comme la nuit qui fait de l'ombre, ainsi fais-nous de l'ombre, et alors, par cela, "cache les fugitifs". Cache au moins les réfugiés, les fugitifs, ceux qui s'enfuient chez nous, qu'ils aient au moins une protection chez vous. Ainsi, pour ainsi dire, le prophète dit au messager ce qu'il devra dire au peuple d'Israël. Quand tu viendras à la fille de Tsion, et que toi, roi de Moav, tu verras ta situation difficile, demande-leur, s'ils ont un conseil, si tu as assez d'armée. Si tu n'as pas assez d'armée, demande-leur que leur armée à eux vienne combattre. S'ils ne peuvent pas venir combattre parce que leur armée est trop faible, demande-leur qu'au moins ils fassent de ton ombre comme la nuit, qu'ils fassent de l'ombre sur toi comme la nuit et qu'ils cachent les fugitifs, qu'ils te protègent de l'ennemi. Le Malbim dit : ici il présente pour ainsi dire la demande de ce messager en trois degrés. D'abord qu'ils leur fassent une bonté, qu'ils leur donnent dans leur pays un endroit caché afin que les ennemis ne les remarquent pas. Et cela ressemble à l'ombre de la nuit, en plein midi. Comme si : un pays paisible, tranquille, midi, pastoral, et soudain arrive une situation d'obscurité, un ennemi arrive. Ici donnez-nous de l'ombre, faites de l'ombre sur nous, un endroit où nous pourrons, où les réfugiés de l'ennemi pourront être sauvés. Maintenant, non seulement qu'ils leur donnent un endroit particulier pour se cacher, soit dans la forêt, soit dans les grottes, mais aussi "ne trahis pas l'errant". "Ne trahis pas l'errant" signifie : même celui qui errera dans le pays sans se cacher, ne le livre pas à l'ennemi. Il y a celui qui se cache dans la forêt, il y a celui qui se cache dans une grotte. Mais même si quelqu'un vient chez vous et ne se cache pas, mais circule librement, et sera un errant dans le pays, ne le livre pas à l'ennemi. Et pourquoi craint-il qu'on le livre ? De peur que la colère de l'ennemi ne s'enflamme contre nous, parce que nous cachons parmi nous leurs ennemis. Alors Achour se mettra en colère contre nous parce que nous sommes devenus un pays de réfugiés de Moav, alors que Moav est en guerre avec Achour. Alors je te demande, dit ainsi le kar, le messager de Moav, ou en réalité le roi de Moav, il demande ainsi à Israël : même celui qui circulera dans les rues, ne le dévoile pas et ne le livre pas par crainte du roi, par crainte d'Achour. Il leur dit une chose de plus : non seulement dissimulez-le complètement, mais donnez-leur l'autorisation d'habiter dans votre pays partout où ils voudront. Et c'est le verset suivant.
"Que les fugitifs de Moav séjournent chez toi, sois pour eux un abri contre le dévastateur ; car l'oppresseur a cessé, la dévastation a pris fin, ceux qui foulaient ont disparu du pays." "Que les fugitifs de Moav séjournent chez toi", les fugitifs. Cela signifie : le kar, nous avons dit que c'est le souverain. Le souverain envoie maintenant des messagers, comme nous l'avons expliqué, vers qui ? Vers la fille de Tsion, vers Yehouda, n'est-ce pas ? Pour qu'ils les protègent. Alors au début il a demandé qu'on les laisse se cacher dans les forêts. Ensuite il demande que même celui qui circule dans les rues ne soit pas livré. Maintenant il demande qu'on leur donne aussi l'autorisation, en bref qu'ils soient des citoyens ordinaires. "Que les fugitifs de Moav séjournent chez toi". Maintenant il les appelle fugitifs, car qui parle ici ? Le kar. Le messager de Moav, qui est en réalité le roi de Moav. Donne la possibilité à mes fugitifs, à ceux qui s'enfuient, de pouvoir habiter chez vous. Partout où ils voudront. Et non seulement vous ne les livrerez pas à l'ennemi, mais "sois pour eux un abri contre le dévastateur". Cache-les de ceux qui veulent les dévaster, du dévastateur. C'est-à-dire combats pour eux, ainsi il demande à la fille de Tsion, combats pour eux si quelqu'un veut leur nuire afin de les dévaster.
"Car l'oppresseur a cessé, la dévastation a pris fin, ceux qui foulaient ont disparu du pays." Le Malbim explique qu'ici il compare Moav et l'ennemi à une bête qui vient téter le lait et les biens de Moav. Moav est comme une bête qui a du lait dans ses pis, et voici qu'arrive une autre bête, qui est-elle ? C'est le roi d'Achour, qui vient sucer et jouir de ce lait. Et voici l'analogie : il vient en réalité prendre tous leurs biens, tout le lait du pays. Et alors le messager, qui est en réalité le roi de Moav, dit : sachez, vous n'avez pas à craindre Achour. Pourquoi ? "Car l'oppresseur a cessé." "L'oppresseur a cessé" signifie que le suceur, l'ennemi, s'est déjà retenu de venir vers nous. Savez-vous pourquoi ? Parce que "la dévastation a pris fin". "La dévastation a pris fin", chod du langage de chadaïm (mamelles). C'est-à-dire il n'a plus rien à téter chez nous. Tous les biens sont déjà épuisés. N'est-ce pas ? Chod, comme "tu téteras le lait des rois", où là aussi le sens vient du langage de téter, du langage de mamelles. Puisqu'il n'y a plus de biens. Et non seulement cela, mais aussi "ceux qui foulaient ont disparu du pays". Les bêtes qui foulent aussi ont disparu du pays. C'est-à-dire, nous avons dit, il y a une bête qui a du lait. On vient téter le lait. Alors il y a une première étape où le lait s'épuise. Une deuxième étape où la bête s'épuise. Alors il dit : nous en sommes déjà arrivés non seulement à ce que la dévastation ait pris fin, non seulement à ce que le lait soit épuisé, mais aussi la bête elle-même est déjà épuisée. "Ceux qui foulaient ont disparu du pays." Cela signifie : les bêtes qui foulent aussi ont disparu du pays. Ce sont elles qui portent le lait. C'est-à-dire, ce qu'il veut leur dire par là : non seulement la richesse et les biens sont épuisés, mais aussi les habitants du pays, eux aussi ont disparu. S'il y a les habitants du pays, alors ils peuvent continuer à produire du lait. Ils produiront peut-être demain encore du lait. L'ennemi a intérêt à venir les prendre, à leur prendre des tributs. Mais si les habitants du pays aussi ont disparu, si le pays est détruit et sans habitants, alors dans cette situation il n'y a plus de chance que l'ennemi vienne vers nous, car il n'a rien à prendre chez nous. Il ne peut rien nous prendre. C'est pourquoi nous en sommes arrivés à une situation où nous n'avons plus de place, alors je demande, dit ce messager de Moav, qui nous avons dit être le roi de Moav lui-même, "sois pour eux un abri". Donnez-nous la possibilité de nous cacher dans votre région, que nous puissions habiter chez vous, donnez-nous la possibilité d'habiter partout où nous voudrons.
Il nous reste à expliquer : il y a ici un dédoublement et un triplement de mots dont nous voudrons comprendre la différence. Il est écrit "l'oppresseur a cessé (afes), la dévastation a pris fin (kala), ceux qui foulaient ont disparu (tamou) du pays". Afes, kala, tam. Le Malbim dit : quelle est la différence entre ces trois expressions qui, apparemment, viennent toutes exprimer une même notion que nous connaissons en lachon hakodech, celle de "terminé". Pourquoi dit-il "afes l'oppresseur, kala la dévastation, tamou ceux qui foulaient du pays" ? Le Malbim dit : afes parle de la chose qui est absente, elle n'est pas dans la réalité. Afes n'est pas là. C'est le sens de afes. Ayin veafes. Néant, non, n'existe pas dans la réalité. C'est le sens de afes. "De néant et de chaos." Maintenant, le verbe kala parle de la chose qui s'amenuise progressivement, s'amenuise et s'amenuise, jusqu'au kila (achèvement). C'est pourquoi nous verrons toujours l'expression : il n'est pas écrit "jusqu'à afes", mais il est écrit "jusqu'à kala". Pourquoi ? Parce qu'en réalité le kilayon (dépérissement) parle de la diminution lente jusqu'à parvenir à un état où la chose n'existe plus du tout. Mais le kilayon exprime un état de descente du oui vers le néant. Et quand je dis kala, cela signifie complètement terminé. Et kala vient du langage de kol (tout), du langage de kalil, l'avoir achevé entièrement, l'avoir terminé tout entier. Et cela vient aussi exprimer l'achèvement de la chose, comme "il acheva la maison", "il acheva son ouvrage". Le sens : il fit l'ouvrage, fit, fit, fit, fit, fit, jusqu'à l'achèvement. Il bâtit la maison, bâtit, bâtit, bâtit, bâtit, jusqu'à l'entièreté, jusqu'à l'achèvement. L'expression de kalil ou kala signifie toujours peu à peu jusqu'à l'achèvement de la chose. Cela peut donc être dans la construction et cela peut aussi être dans la destruction. En revanche, le verbe tamam, qui vient du langage de tamim, comme nous avons dit tamou, vient exprimer le fait même que la chose est absente, c'est-à-dire achevée, ou absente sans manque. Tam signifie complet. Alors je dis : au début il était tam, complet, il était là. Maintenant il est absent en totalité. Encore une fois, cela aussi est complet, mais en totalité il n'en reste rien. La chose a totalement pris fin. Il n'y en a plus, cela signifie en totalité, la chose s'est achevée en totalité, elle n'existe plus du tout. C'est pourquoi le Malbim dit : regarde, il est écrit "tout le peuple acheva de traverser". Tamou, en totalité. "Jusqu'à ce que s'achève leur année, ils appellent", en totalité. "Jusqu'à l'achèvement de vos cadavres", jusqu'à l'achèvement de la chose entière. Le sens est que la chose était en totalité. En revanche, remarquons : "mes jours se sont consumés (kalou) en fumée". Il n'est pas écrit "mes jours ont pris fin (tamou) en fumée", car mes jours n'ont pas pris fin, mais se sont consumés, s'amenuisant peu à peu. "Mes yeux se sont consumés dans les larmes", il n'est pas écrit tamou, car mes yeux n'ont vraiment pas pris fin, mais se sont amenuisés. Ou "la colère s'est consumée, mon courroux a pris fin". On ne dit pas que la colère était en totalité. Mais kala signifie kalil, toute ma colère, tout mon courroux. Autre exemple : "les prières de David fils de Yichaï se sont achevées (kalou)". En revanche, "les paroles d'Iyov ont pris fin (tamou)". Quelle est la différence ? Les paroles d'Iyov étaient complètes. Il a terminé, il a dit en totalité tout ce qu'il avait à dire. Mais quand je parle des prières et des louanges de David, quoi, n'a-t-il plus loué et glorifié Hachem ? A-t-il dit voilà, j'ai fini le livre, j'ai fini d'écrire ? Il est certain que cela ne peut être envisagé. C'est pourquoi il dit : remarque, chez David il est écrit kalou, cela signifie du langage de kalil, mais cela ne signifie pas en totalité. Il se peut qu'il y en ait encore. Il se peut qu'il y en ait encore. Mais tamou, tam signifie en totalité. Tamou signifie totalement achevé. Et chez David il ne convient pas de dire tamou, car qui achèvera les louanges de Hachem ? "Les louanges ont pris fin", voilà, il n'y a plus de louanges à Hachem béni soit-Il ? "Avons-nous achevé de louer notre Maître ?" Il n'y en a plus, il ne convient pas de dire "les prières de David ont pris fin" ou "les louanges de David", car les louanges de Hachem ne s'achèveront jamais. Mais "les paroles d'Iyov ont pris fin", cela convient bien de le dire, puisque les paroles d'Iyov ont vraiment pris fin, il a achevé tout ce qu'il avait à dire.
Maintenant voyons ce qui est écrit ici. L'ennemi, celui qui suce, comme nous avons dit, qui prend et tète le lait, il dit afes. Afes, comme nous l'avons expliqué, signifie qu'il n'est pas présent ici dans la réalité. Il n'a pas kala, il n'a pas tam, il ne vient simplement plus. Il a cessé d'apparaître. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus rien à prendre. À ce sujet l'expression afes, il n'est pas dans la réalité comme nous l'avons expliqué. Sur les pis dont nous avons parlé, qui sont les mamelles, qui expriment pour ainsi dire l'abondance que l'ennemi vient téter, la prospérité, à ce sujet il dit "kala la dévastation". Kala signifie qu'elle s'est peu à peu amenuisée. En revanche, sur ceux qui foulent, qui sont les enfants de Moav, il dit tamou. Cela signifie qu'un dépérissement a été décrété sur eux. Tamou signifie en totalité, qu'ils ont totalement pris fin et qu'il n'en est rien resté. C'est pourquoi "ceux qui foulaient ont pris fin", ce sont les enfants de Moav, car puisqu'il ne reste plus rien, alors ils ont quitté le pays et ont totalement pris fin.
"Et un trône sera affermi par la bonté, et l'on y siégera dans la vérité, dans la tente de David, un juge recherchant le droit et prompt à la justice." Le prophète leur dit : si vous faites ainsi, si vous envoyez un kar, un messager, pour demander de l'aide à Yehouda, je vous promets, vous n'avez pas à craindre que Yehouda vous repousse, que Yehouda ne vous reçoive pas. Je vous promets : "un trône sera affermi par la bonté". Un trône sera préparé pour le roi, afin que le roi siège et examine et enquête sur le jugement, pour voir s'il convient de plaider votre cause ou non. Et ne pensez pas qu'il jugera selon la stricte loi, car il se peut fort que selon la stricte loi il ne vous revienne vraiment pas que le roi d'Israël vous protège. Mais en tout cas ce sera par bonté. Ce trône, ce n'est que par sa bonté de vouloir faire du bien qu'il voudra effectivement vous faire du bien. "Et l'on y siégera dans la vérité, dans la tente de David." Il vous jugera dans la tente de David, cela signifie que David jugeait Israël, il était en tant que roi celui qui jugeait et rendait la justice à Israël. Il siégera sur le trône dans la tente de David "dans la vérité". Cela signifie : ne pensez pas que ce sera dans l'espoir d'une récompense. L'espoir de la récompense signifie afin de gagner quelque chose, afin de recevoir un certain profit. Non, mais ce sera par amour de la vérité. Il jugera le procès dans la vérité. Et plus que cela, "un juge recherchant le droit". Il sera un juge recherchant le droit, cela signifie non seulement que lorsque deux personnes se présentent devant lui en jugement, alors elles réclament un jugement et il les juge. Non, mais il recherche le droit. Il le poursuit, il veut chercher pour voir qui a raison dans son procès. Pas seulement qu'on s'adresse à moi et que je réagis après coup. Mais il enquête, réclame et recherche lui-même le droit et la vérité. Et alors il est "prompt à la justice". Après être parvenu à la conclusion, il rend la justice rapidement, et confirme ou renforce celui qui a raison, et témoigne, réprouve, affaiblit celui qui a tort. Et ce roi, qui est en réalité 'Hizkiyahou, qui est de la royauté de la maison de David, est prompt à la justice, il vous rendra justice rapidement, il ne tardera pas le jugement, c'est pourquoi vous n'avez pas à vous inquiéter, mais que ferez-vous seulement ? Vous enverrez un messager au royaume de Yehouda, à Israël, et ils vous jugeront déjà avec justice et vous protégeront.
"Nous avons entendu l'orgueil de Moav, très orgueilleux, son orgueil, sa fierté et son emportement ; ses vantardises ne sont pas exactes." Le prophète dit : je leur donne de bons conseils, mais il ne semble pas qu'ils prennent ces conseils au sérieux. Car nous avons entendu "l'orgueil de Moav, très orgueilleux". La grandeur de Moav a pour ainsi dire un grand orgueil. Nous avons entendu que Moav s'enorgueillit de ne pas s'abaisser, [se disant] : moi, j'irais vers Yehouda leur demander de l'aide ? J'ai aidé leurs ennemis, et maintenant je viendrais comme un misérable et un captif leur demander de l'aide ? Et nous avons entendu qu'il y a chez Moav trois défauts. Premièrement, son gaava (orgueil). Le gaava signifie qu'il a de l'arrogance, un esprit d'orgueil. Ce n'est pas digne de lui. Deuxième chose, c'est son gaon (fierté). Le Malbim dit : quelle est la différence entre gaon et gaava ? Gaon, c'est ce dont l'homme s'enorgueillit vraiment. Ce qu'on appelle avoir des justificatifs pour cela. Gaava en revanche, c'est un mensonge. Il s'enorgueillit de quelque chose qu'il n'a pas. Alors son gaava, il a un esprit d'orgueil sur ce qu'il n'a pas, car en vérité selon sa situation il n'a maintenant pas de quoi s'enorgueillir. D'autre part nous avons aussi entendu parler de son gaon, ce dont il a de quoi s'enorgueillir vraiment, qu'ils sont une grande nation, une nation forte ; certes on les a appauvris, mais ils sont une grande et forte nation. Et troisième chose, c'est son gaava, son gaon, et la troisième chose c'est son emportement (evrato). Nous avons aussi entendu une autre chose qui les empêche de s'aplatir devant le peuple d'Israël, c'est son emportement. Il a une haine, une haine conservée dans son cœur depuis les temps anciens. "Sa fureur, il l'a gardée à jamais." Il a une haine ancienne envers Israël. Et par conséquent, "ses vantardises ne sont pas exactes". Ses pensées ne sont pas exactes, cela signifie : ce que je lui planifie, ce que je lui destine et lui propose, va donc demander au peuple d'Israël de te protéger, "ses vantardises ne sont pas exactes". Ses pensées ne vont pas dans cette direction. Il n'a pas l'intention de faire comme je le lui conseille. Badav (ses vantardises) signifie que la pensée est considérée comme les rameaux (badei) de l'arbre, elle se ramifie. L'homme pense à une certaine chose, et de là il passe à une autre chose, et de là il compare une chose à une autre et passe à une troisième chose. Ainsi en est-il des pensées de l'homme. C'est pourquoi comment sont appelées les pensées, en dehors de badav ? Seifav (ses branches). Aussi selon la même idée. N'est-ce pas ? Les rameaux de l'arbre sont aussi appelés seifim. Cela signifie qu'ils se ramifient à partir du tronc de l'arbre. Alors les badim de l'homme sont ses seifim, cela signifie qu'ils se ramifient à partir de ses pensées, car les pensées se ramifient et passent d'une chose à l'autre. Alors il dit : je suis certain, "ses vantardises ne sont pas exactes". Ses pensées ne sont pas de faire ce que je lui conseille. Il n'ira pas s'abriter auprès des rois de Yehouda. Premièrement, il se fie à sa fierté et à sa vaillance, nous sommes encore une grande nation. Deuxième chose, moi je me soumettrais ? Je suis si important, il a un tel orgueil, il se tient en si haute estime, moi je me soumettrais ? Et la troisième chose, c'est la haine qu'il a envers nous, qui l'empêche de s'adresser à ceux qu'il considère comme inférieurs à lui, tant sa haine envers eux est grande, [se disant] : moi, je leur demanderais aide et secours ?
C'est pourquoi le prophète dit : "C'est pourquoi Moav gémira sur Moav, tout entier il gémira ; pour les fondations de Kir-'Harécheth vous soupirerez, tout accablés." Puisque vous aviez un conseil pour être sauvés, et que vous n'avez pas agi selon le conseil que je vous ai donné, à ce sujet nous disons : "son sang est sur sa tête". Tu t'es causé toi-même le malheur, tu avais la possibilité d'en être sauvé et tu ne l'as pas été. Alors qui pleurera sur toi ? Personne ne pleurera sur toi. Tu t'es nui à toi-même, tu ne pleureras que sur toi-même. Personne ne pleurera sur toi. Quand quelqu'un subit quelque chose qui n'est pas de sa faute, alors beaucoup s'attristent pour lui, beaucoup pleurent sur lui. Mais quand quelqu'un a été averti, prends garde, il va t'arriver ceci, on l'a averti à plusieurs reprises et il n'a pas écouté, et cela lui est arrivé, là on ne s'attriste pas pour lui, on dit : idiot, on t'avait averti, pourquoi as-tu agi contre ce qu'on t'avait dit ? Pleure toi-même sur toi, personne ne pleurera sur toi. C'est ce qu'il leur dit : "C'est pourquoi Moav gémira sur Moav". Qui pleurera sur Moav ? Seul Moav gémira sur Moav. Et pour que tu ne penses pas que seule une partie d'entre eux gémira sur une autre partie, mais "tout entier il gémira". C'est-à-dire que la destruction sera totale, qu'elle englobera tout le pays, et par conséquent tous pleureront. "Pour les fondations de Kir-'Harécheth." Cela signifie : achichei vient du langage de murailles fortifiées, de forteresses, comme "ses fondations sont tombées". Que sont les ochyot ? Les fondations. Les fondations sont les ochyot. Les puissantes forteresses, ce sont les grandes fondations. "Les fondations de Kir-'Harécheth", qui sont là, ces endroits, la coutume était d'y faire sortir les vaillants, qui se tenaient sur la muraille, qui se tenaient sur les remparts afin de combattre l'ennemi. Telle était la coutume. Mais "pour les fondations de Kir-'Harécheth", cela signifie que ces remparts sur lesquels se tenaient les vaillants, "vous soupirerez, tout accablés". Savez-vous qui l'on y fera sortir ? Seulement les accablés (nekhaïm). Nekhaïm signifie ceux qui ont été frappés à la guerre. Vous les amènerez là pour se soigner. Mais en vérité vous n'aurez pas de vaillants qui sortiront pour combattre. Nekhaïm, dit le Malbim, vient du langage de nakhé, frappé à la guerre. Et tehgou signifie retirer. Comme "ôte (hago) les scories de l'argent", ou "écarté (hougé) du chemin", cela signifie retirer. Alors là, ceux qu'on retirera de la guerre à cause de leur infirmité, c'est-à-dire de leurs blessures, ce sont eux que vous amènerez à Kir-'Harécheth. Vous n'y amènerez pas de vaillants pour pouvoir combattre, car vous n'en aurez pas de tels.
"Car les champs de 'Hechbon sont désolés, la vigne de Sivma ; les maîtres des nations ont brisé ses ceps, ils atteignaient Yaézer, erraient dans le désert ; ses sarments s'étendaient, traversaient la mer." "Les champs de 'Hechbon sont désolés." Cela signifie : l'endroit où sont les vignes et les arbres est appelé chadmot. N'est-ce pas ? Où apparaît encore chadmot ? "Des champs de 'Amora." "Car leur vigne vient de la vigne de Sedom et des champs de 'Amora." Chadmot signifie un endroit de vignes et d'arbres. Et aussi "la vigne de Sivma", c'est une vigne très très excellente. Alors il dit : "les champs de 'Hechbon sont désolés". 'Hechbon signifie que c'est la royauté de Moav, n'est-ce pas ? Le nom de la ville est 'Hechbon. "Car les champs de 'Hechbon sont désolés." Oumlal (désolés) signifie que ces mêmes endroits qui étaient importants, magnifiques, sont devenus misérables. Et aussi "la vigne de Sivma", qui est une vigne des plus excellentes, des plus choisies, sont devenus misérables. "Les maîtres des nations ont brisé ses ceps." "Les maîtres (baalei)", explique le Malbim, baalei c'est comme baali (le pilon). Le mortier avec lequel on pile les grains. Il est écrit "quand tu pilerais le sot dans un mortier au milieu des grains avec le pilon (baali), sa sottise ne le quitterait pas". Nous avons expliqué une fois pourquoi "tu pilerais le sot dans un mortier au milieu des grains", n'est-ce pas assez de le piler dans le mortier ? Eli (le pilon), c'est celui qui frappe. Le mortier, c'est la partie inférieure. Pourquoi faut-il aussi les grains ? Au milieu des grains avec le pilon ? Sa sottise ne le quitterait pas, il pense qu'on ne le vise pas lui, qu'on vise les grains. Alors il te dit : quand on met les grains, les grains c'est la récolte, pour les piler avec le pilon, et qu'on y met le sot, alors le sot ne tire pas de conclusions, il n'apprend pas. Pourquoi ? Car il te dit : on ne me vise pas moi, on vise les grains. Moi je me suis seulement retrouvé là par erreur. C'est pourquoi sa sottise ne le quitte pas, il pense qu'on ne le vise pas lui, qu'on vise les grains. Alors il te dit ici : eux, Moav, en arriveront à une situation où "les maîtres des nations", baalei signifie avec le pilon (eli), "ont brisé ses ceps". Ils frapperont la vigne, car la vigne a des sarments ou des chorikim, cela signifie des branches qui s'entrelacent. Et eux, ces branches qui s'entrelacent, se relient les unes aux autres. Elles deviennent liées les unes aux autres, comme une sorte de mosaïque où elles sont attachées les unes aux autres. Mais eux, les maîtres des nations, "ont brisé (halmou) ses ceps". Halmou signifie qu'ils les frapperont avec force. Le Malbim dit : quelle est la différence entre halam et hika (frapper) ? Hika signifie frapper une chose. Mais laholem, cela signifie le mettre, le frapper de coups si durs jusqu'à la désunion. Jusqu'à ce qu'il se désagrège à force de coups. Et c'est ce qui s'est passé ici. Par le pilon des nations, "ont brisé ses ceps". Ces mêmes sarments de la vigne, ces mêmes branches se sépareront déjà. Ce qui était auparavant relié et entrelacé l'un à l'autre se séparera déjà. Et à tel point qu'ils se sépareront, et s'étireront jusqu'à Yaézer. Jusqu'à un endroit appelé Yaézer. C'est le parabole. Quelle est l'analogie ? Il veut dire : eux, les vaillants que vous avez soi-disant, vous dites nous avons des vaillants qui viendront combattre, et ils sont comme la vigne, comme les sarments de la vigne, ils sont liés l'un à l'autre, cela signifie qu'ils sont forts, liés l'un à l'autre pour aller combattre. Il dit : ne pensez pas qu'ils pourront tenir contre les nations qui seront face à eux. Au contraire, les nations les frapperont, une telle frappe, un tel coup, "ont brisé ses ceps", jusqu'à ce qu'ils se séparent. Ils ne réussiront pas à rester unis ensemble. "Ils atteignaient Yaézer", ils s'enfuiront. Ils ne réussiront pas à tenir dans le lien de la guerre, mais seront contraints de fuir et se disperseront jusqu'à Yaézer. C'est un nom d'endroit. Et de là "ils erraient dans le désert". Jusqu'au désert ils erreront. Et cela signifie déjà que chacun s'enfuit déjà pour soi, ils fuiront vers les déserts, ce sont vos vaillants dont vous pensiez qu'ils pourraient s'unir contre l'ennemi. "Ses sarments s'étendaient, traversaient la mer." "Ses sarments (chlou'hoteha)", ce sont les branches, celles qui ne sont pas entrelacées. Le Malbim explique qu'il y a une différence entre chlou'hoteha et nitchou, netouchoteha. Quelle est la différence, dit le Malbim ? Les chlou'hot s'étendent en longueur. Il y a une chlou'ha, une branche en longueur. La vigne produit des branches qui s'allongent. En revanche, les netouchim sont sur toute l'étendue du champ, cela signifie en largeur. Un étalement en largeur. Alors ses chlou'hot, cela signifie celles qui s'étendent en longueur, ce sont les branches qui ne sont pas entrelacées, mais qui sont envoyées, et elles seront étalées sur le sol, elles ont été abandonnées et dispersées en largeur. Celles qui étaient censées être des chlou'hot, celles qui devaient aller au loin, à la place se sont dispersées en largeur. Elles ne réussiront pas à aller combattre l'ennemi. Et quelle est en réalité l'analogie ? Sur le reste du peuple, qui ne s'est pas rassemblé ensemble pour aller à la guerre comme les ceps dont nous avons expliqué qu'ils sont saisis et organisés ensemble pour aller à la guerre, unis. Mais eux, le peuple, ils se disperseront et iront aussitôt errer vers les pays, vers d'autres pays. "Ses sarments s'étendaient, traversaient la mer." Ils traverseront la mer par grande peur afin de fuir l'ennemi.
"C'est pourquoi je pleure du pleur de Yaézer sur la vigne de Sivma, je t'arrose de mes larmes, 'Hechbon et Elalé, car sur ta récolte d'été et sur ta moisson est tombé le cri." "C'est pourquoi je pleure du pleur de Yaézer." Cela signifie : quand je pleurerai le pleur de Yaézer sur la chute de Yaézer, alors je pleurerai aussi la vigne de Sivma. Je pleurerai aussi sur les vaillants de Sivma, comme nous avons expliqué que Sivma est une vigne excellente, cela signifie sur les vaillants, car lorsque Yaézer tombera, je sais déjà que Sivma tombera. Alors au moment où je pleurerai le pleur de Yaézer, je pleurerai aussi la vigne de Sivma, car elle aussi est destinée à tomber. "Je t'arrose de mes larmes, 'Hechbon et Elalé." 'Hechbon et Elalé aussi, eux aussi, sur eux aussi il y aura le pleur. C'est-à-dire, eux aussi tomberont. "Car sur ta récolte d'été et sur ta moisson est tombé le cri." Ta récolte d'été, ce sont les fruits de l'été, n'est-ce pas ? Comme les ketsiot (figues sèches). Et sur ta moisson, c'est-à-dire sur ce qui est moissonné, "est tombé le cri (heidad)". Le heidad, nous le verrons dans le verset suivant, quand ils allaient moissonner ou vendanger, ils s'encourageaient les uns les autres, et le faisaient dans la joie, ils criaient heidad. Et au contraire, il veut dire : au lieu qu'à 'Hechbon on crie heidad sur le vin qu'ils vendangent, sur la récolte qu'ils moissonnent, à la place ce sera un heidad de guerre. C'est ce qu'il dit : "sur ta récolte d'été et sur ta moisson", quel heidad ? Pas le heidad de la vendange, pas le heidad de la moisson, mais "le cri est tombé". Un heidad qui exprime la chute, un heidad qui exprime la voix des ennemis criant heidad afin de venir contre vous.
"La joie et l'allégresse ont disparu du verger, dans les vignes on n'exulte plus, on ne pousse plus de cri de joie ; le vin, on ne le foule plus dans les pressoirs, j'ai fait cesser le cri." "La joie et l'allégresse ont disparu." La joie (sim'ha), dit le Malbim, il y a une différence entre sim'ha et guil. La sim'ha indique toujours une joie permanente. En revanche, guil c'est une joie momentanée. Momentanée, à un moment donné. On a annoncé à quelqu'un qu'il a gagné à la loterie, alors nous exprimerons cela par guil. Nous ne l'exprimerons pas par sim'ha. On lui a annoncé qu'on a éliminé Ben Laden, alors c'est guil, ce n'est pas sim'ha. Sim'ha est une chose permanente. Un homme qui se réjouit de manière permanente, cela s'appelle "et tu ne feras que te réjouir". Sim'ha est le contraire de la tristesse. Guil est une chose qui se renouvelle en un instant, il a trouvé un objet, une bonne nouvelle, cela s'appelle guil. "La joie et l'allégresse ont disparu." Alors la sim'ha, qui est la joie permanente, on se réjouit toute l'année, quand il a chez lui de la nourriture à manger, il a de la récolte dans sa maison, il a de la nourriture à satiété. Et le guil, c'est ce dont on se réjouit sur le moment au temps de la moisson, quand il rassemble maintenant toute la récolte, il a une joie momentanée, maintenant, à cause de la grande richesse qu'il fait entrer dans sa maison. Alors il dit : non seulement ils ne rassembleront pas la récolte à la maison, mais ils ne la moissonneront même pas du tout. La récolte ne poussera même pas du tout. Pourquoi ? Car on détruira le pays, comme le prophète le leur a dit auparavant, l'ennemi viendra et détruira votre pays. "Dans les vignes on n'exulte plus, on ne pousse plus de cri de joie sur le vin." "Dans les vignes on n'exulte plus." Dans les vignes il n'y aura pas de situation où ils accomplissent l'ouvrage, et où c'était leur coutume de chanter, de chanter, de fredonner, des danses dans les vignes, n'est-ce pas ? Ils faisaient la joie dans les vignes, comme cela se faisait chez David le roi, quand il alla vers Naval le Carmélite, "car nous sommes venus pour un jour de fête". Pourquoi ? Car au moment où ils rassemblaient cela, ils faisaient la joie. Ainsi aussi, chez qui d'autre l'avons-nous vu ? Amnon et Tamar, comment s'est déroulé le meurtre d'Amnon ? Après ce qu'il fit à Tamar, Avchalom lui demanda, puisqu'ils faisaient maintenant la fête dans le champ, sur la moisson et sur tout ce qu'il y avait, il demanda que le roi vienne. David le roi dit : je ne peux pas, alors il dit : envoie au moins ton fils aîné, envoie Amnon. Et Amnon vint avec eux à cette fête, et là il saisit l'occasion et l'assassina. On voit qu'il était leur coutume, quand ils rassemblaient la récolte, que c'était un jour de fête pour eux, un jour de joie pour eux. Alors il dit : "dans les vignes on n'exulte plus". Dans les vignes il n'y aura pas de situation où ils accomplissent l'ouvrage, et où c'était leur coutume de chanter, de chanter, de fredonner. Et non seulement on n'exulte plus, mais aussi "on ne pousse plus de cri de joie (yeroa)". Yeroa signifie aussi un cri pour appeler les ouvriers à venir, cela non plus n'aura pas lieu. Aucun ouvrier ne viendra du tout, puisqu'il n'y a pas de récolte dans les vignes. Maintenant il ajoute et dit : non seulement ils ne vendangeront pas les vignes, mais aussi "le vin dans les pressoirs", il a déjà du vin dans les pressoirs, les raisins sont déjà prêts là, ils ont déjà mis les raisins dans le pressoir, mais malgré tout "on ne le foule plus". Celui qui avait l'habitude de fouler le vin ne le foulera plus. Pourquoi ? Car "j'ai fait cesser le cri". J'ai fait cesser d'eux le heidad. Le heidad, c'était leur manière d'appeler les ouvriers à venir fouler les raisins. Alors le heidad, je l'ai fait cesser. Ils ne crieront pas heidad pour rassembler, car ils ne trouveront pas là du tout d'êtres humains. Heidad, de quel langage est dérivé le mot heidad ? C'est un appel. Un appel est appelé heidad. Cela vient du langage de "l'écho des montagnes". La voix qui résonne dans les montagnes. Tu cries et il te répond hé hé hé hé, c'est l'écho. Heidad. Et ce sont les fouleurs du vin, les fouleurs des raisins, quand ils sont dans le pressoir, ils criaient. Et c'était aussi la coutume des gens qui partaient au combat, eux aussi criaient des cris de guerre, n'est-ce pas ? Eux aussi crient heidad. Alors dans le verset précédent il dit "le cri est tombé". À la place où aurait dû être le heidad des gens qui foulent le vin, je l'ai fait cesser. Et qu'y a-t-il eu à la place ? "Le cri est tombé", que l'armée de l'ennemi vienne et qu'ils crient heidad afin de combattre contre vous, Moav.
"C'est pourquoi mes entrailles frémissent comme une harpe pour Moav, et mon intérieur pour Kir-'Harès." Maintenant il compare la harpe sur laquelle on pince les cordes, et le son, comment sort le son ? Par la caisse. Car la harpe a une caisse de résonance, n'est-ce pas ? Elle a le ventre de la harpe, dans lequel les sons entrent, une guitare, un violon, un oud, n'est-ce pas ? Tous ces instruments de musique ont une sorte de ventre dans lequel entrent les sons et d'où ils ressortent ensuite, c'est de là que sort la musique. Ainsi il décrit ses entrailles comme les cordes. Les entrailles seraient pour ainsi dire les cordes que l'on pince, et la cavité du corps, qui est la cavité de la harpe d'où le son se fait entendre. Et il vient rapporter les cordes à Moav, et la cavité de la harpe c'est Kir-'Harès. Selon ce que nous avons expliqué plus haut, "aux fondations de Kir-'Harécheth", n'est-ce pas ? Où l'on amenait les infirmes, où l'on amenait les blessés, ceux qui ont été blessés dans la bataille. Il dit : là se fera entendre la voix du gémissement et du cri, quand on pincera et frappera les cordes de Moav. Comme si le mur était la caisse de résonance, et Moav les cordes que l'on pince, et à travers la caisse de résonance sort le son. Alors quand on frappera Moav, d'où sortira le son ? De Kir-'Harécheth. Cela signifie que là se trouveront tous les misérables et opprimés et blessés du champ de bataille, ils seront là dans ce mur, dans ce même rempart, dans cette même tour d'où l'on avait coutume de combattre, où l'on amenait les vaillants ; il dit : au lieu d'y amener les vaillants, tous les opprimés, tous les frappés on les y amènera. Et alors Moav criera comme une harpe, comme des cordes que l'on pince, et le son sort de la caisse de résonance, alors le son sortira de Kir-'Harécheth.
"Et il arrivera, quand on verra que Moav s'est épuisé sur le haut lieu, qu'il viendra à son sanctuaire pour prier, et il ne pourra rien." Après que Moav sera humilié, après qu'il se sera souillé de son sang et sera blessé, "Moav s'est épuisé (nilaa)". Qu'est-ce que nilaa ? Il n'aura plus la force de tenir. Jusqu'à maintenant il a combattu, mais il s'est fatigué, il n'a plus la force de combattre contre eux. Alors, "il viendra à son sanctuaire". Il viendra à ses lieux saints, cela signifie à l'endroit qui lui est destiné là pour l'idolâtrie, afin de prier. En général, quand est-ce qu'un homme éloigné de la foi prie ? Quand toutes les échéances ont expiré. Un homme dont la foi est forte, alors avant d'aller accomplir une action matérielle, il prie. Pourquoi ? Tout en dépend. Tout dépend de la prière. L'action matérielle, je dois faire un effort. Mais en réalité tout dépend de la prière. En revanche, chez l'homme éloigné de la foi, c'est exactement l'inverse. D'abord je vais agir. Si je ne réussis pas, alors il y en a Un en haut, il se peut que dans certaines situations Il puisse m'aider. N'est-ce pas ? C'est ainsi qu'il voit les choses. Alors il dit : "quand on verra que Moav s'est épuisé". "Et il arrivera, quand on verra que Moav s'est épuisé." Qu'est-ce que nireh (on verra) ? Le Malbim explique que nireh vient du langage de mépris. Comme "en la donnant en spectacle", ou "le jabot (moura) et ses saletés", moraata, n'est-ce pas ? Cela signifie la partie méprisée de l'oiseau, moraata. "Et il arrivera, quand on verra", après qu'il verra qu'il a été humilié et souillé, "que Moav s'est épuisé", par cela il s'est épuisé, il s'est fatigué, il n'a plus de force. Que fait-on quand un peuple n'a plus de force ? Alors "il viendra à son sanctuaire pour prier". Il y va, il dit : allons prier au sanctuaire, peut-être mon idole m'aidera. Mais "il ne pourra rien". Cela ne l'aidera pas à pouvoir par cela combattre les ennemis. Sa prière non plus ne le renforcera pas.
"Telle est la parole que Hachem a dite à Moav depuis longtemps." Ce que nous avons dit maintenant, c'est la prophétie que Hachem annonce à Moav depuis longtemps. Et alors en réalité il nous explique aussi pourquoi il ne pourra rien. Pourquoi en fin de compte la prière ne l'aidera-t-elle pas ? Parce qu'il y a à ce sujet une prophétie. "Telle est la parole que Hachem a dite à Moav depuis longtemps." Cette chose a été décrétée depuis de longs jours par les prophètes anciens. Et puisqu'il en est ainsi, une seule chose de Sa parole ne retournera pas à Lui à vide. Puisque cela a déjà été décrété, la prière non plus ne sera d'aucune utilité à Moav.
"Et maintenant Hachem a parlé en disant : Dans trois ans, comme les années d'un salarié, la gloire de Moav sera avilie avec toute la grande multitude, et il ne restera qu'un petit reste, minime, sans importance." Et maintenant Hachem parle afin de rapprocher leur châtiment. "Dans trois ans, comme les années d'un salarié." Rachi explique : à cause de ces trois années durant lesquelles ils ont aidé et assisté San'hériv, quand San'hériv assiégeait Chomron, ils sont venus l'aider. Dis, l'ont-ils aidé pour que cela leur profite, en ont-ils tiré quelque chose ? Il dit : non, c'était volontaire. Ils l'ont aidé sans, sans en tirer aucun profit, sans intérêt. Comme s'ils étaient ses salariés. Ah, c'est ainsi ? Vous allez aider les ennemis d'Israël, et non pas à cause d'un profit, mais simplement, comme on dit, pour le nom du Ciel, vous allez aider les ennemis d'Israël ? C'est pourquoi "la gloire de Moav sera avilie". Toi, gloire de Moav, ta gloire sera honte et mépris, car San'hériv viendra et vous fera captifs et s'en ira. Et c'est ce qu'il dit : "la gloire de Moav sera avilie avec toute la grande multitude". Toute la grande multitude qui sera avec San'hériv, tous amèneront Moav à un état de honte et de captivité. "Et il ne restera qu'un petit reste, minime, sans importance." Qu'est-ce que "un petit reste, minime, sans importance" ? Cela signifie : ce qui restera, il ne restera qu'un tout petit peu. C'est-à-dire, d'un peu il restera encore un peu. C'est ce qu'on appelle le peu du peu. Il y aura peu, et de ce peu encore seulement un peu restera, alors c'est le peu du peu, c'est le sens de "un petit reste, minime". Ceux qui étaient déjà infimes, qui étaient déjà minuscules, il n'en restera encore qu'un peu d'entre eux. Une minorité après une minorité. Ils seront un petit reste, minime, "sans importance (lo kabir)". Et même ce peu, pour que tu ne penses pas qu'ils seront forts, mais ils seront lo kabir. Kabir vient dire nombreux. Kabir signifie beaucoup. Beaucoup de quoi ? Cela peut être beaucoup, une grande récolte. Ou cela peut être sur la force. En général cela porte sur la force, n'est-ce pas ? Ici il vient dire : ce peu sera peu en quantité, première chose, deuxième chose aussi lo kabir, cela signifie qu'il ne sera pas non plus en qualité, mais ils seront peu nombreux, tant en quantité qu'en qualité. Rachi apporte une autre explication : qu'est-ce que "dans trois ans, comme les années d'un salarié" ? Rachi dit, et le Malbim l'explique aussi ainsi : trois années ont été décrétées sur vous pour une longue durée. C'est-à-dire pas de manière immédiate. Mais elles seront resserrées, et le châtiment ne tardera plus, mais Hachem a décidé d'amener ce décret de manière immédiate. Pourquoi ? "Comme les années d'un salarié." Comme le salarié resserre et est précis dans les années de son salariat. Il ne restera pas deux jours de plus pour un pourboire. Les jours de salariat sont terminés, à l'instant même il part, n'est-ce pas ? Un ouvrier aussi ne reste pas deux heures de plus au travail. Je suis salarié, le travail est terminé, il prend, poinçonne sa carte et rentre chez lui. Il dit : Hachem vous amènera cela comme les années d'un salarié. Comme le salarié dont le temps est très très resserré, ainsi Hachem ne fera pas le décret sur une longue durée, mais le resserrera et l'amènera tout entier d'un seul coup, trois années contre ces trois années durant lesquelles vous avez opprimé Israël, ainsi Hachem se vengera des ennemis et des nations, amen et amen.