Introduction : Des anciens viennent consulter, mais le cœur est ailleurs
Le chapitre 14 de Yé'hezkel s'ouvre sur une scène en apparence tout à fait innocente : un groupe d'anciens se présente devant le prophète et s'assied devant lui, à la manière de disciples venus entendre la parole d'Hachem. Mais aussitôt, le Saint, béni soit-Il, Se révèle à Yé'hezkel et dévoile les secrets de leur cœur. L'ensemble du chapitre examine ce que signifie véritablement « consulter Hachem », quel est le statut de celui qui vient vers le prophète tout en restant attaché à ses idoles, quel est le sort du faux prophète ainsi que de celui qui le consulte, et enfin, l'ordre des fléaux et des jugements qui s'abattent sur une terre pécheresse.
(1) וַיָּבוֹא אֵלַי אֲנָשִׁים מִזִּקְנֵי יִשְׂרָאֵל וַיֵּשְׁבוּ לְפָנָי׃
(2) וַיְהִי דְבַר־יְהֹוָה אֵלַי לֵאמֹר׃
(3) בֶּן־אָדָם הָאֲנָשִׁים הָאֵלֶּה הֶעֱלוּ גִלּוּלֵיהֶם עַל־לִבָּם וּמִכְשׁוֹל עֲוֺנָם נָתְנוּ נֹכַח פְּנֵיהֶם הַאִדָּרֹשׁ אִדָּרֵשׁ לָהֶם׃ - (1) Des hommes parmi les anciens d'Israël vinrent à moi et s'assirent devant moi.
(2) Et la parole d'Hachem me fut adressée en ces termes :
(3) Fils d'homme, ces hommes ont fait monter leurs idoles dans leur cœur et ont placé devant leurs yeux l'obstacle de leur faute ; Me laisserai-Je vraiment consulter par eux ?
Ces trois versets sont lus ensemble parce qu'ils offrent la juste perspective sur ce qui se déroule ici. Le texte emploie le singulier « וַיָּבוֹא » (et il vint) au lieu du pluriel « וַיָּבֹאוּ » (et ils vinrent), qui aurait été grammaticalement attendu pour une collectivité. Rachi explique : ils étaient tous unis d'un même cœur pour le mal. Comme un seul homme avec un seul cœur, mais cette fois dans une intention néfaste. Le Malbim souligne quant à lui la différence : les anciens de Juda venus devant lui au chapitre 8 étaient des justes et venaient sincèrement consulter Hachem ; ceux qui se présentent ici étaient des impies et ne venaient pas véritablement Le chercher.
C'est pourquoi, dès qu'ils s'assoient, le Saint, béni soit-Il, lui révèle : « Ces hommes ont fait monter leurs idoles dans leur cœur » - ils élèvent leur cœur vers leurs idoles, ils pratiquent l'idolâtrie. Il y a celui qui sert les idoles de manière purement extérieure, et il y a celui qui les fait véritablement monter dans son cœur, les imagine dans les replis de sa pensée et s'y attache de tout son être. Ceux-ci appartiennent à cette seconde catégorie.
« Et ont placé devant leurs yeux l'obstacle de leur faute » - le Malbim explique : l'homme commet une transgression par l'intermédiaire d'une cause qui le fait trébucher. Il s'agit parfois d'un aliment interdit, parfois d'une vision interdite, parfois d'autre chose encore. Il y a donc ici deux composantes : l'obstacle d'une part, et la faute elle-même d'autre part. Or, lorsqu'un homme trébuche, que doit-il faire ? Éliminer l'obstacle, car s'il ne l'écarte pas, chaque fois qu'il passera par là, il trébuchera à nouveau. S'il y a un spectacle interdit et qu'il ne s'en détourne pas, chaque fois qu'il le croisera, il faillira de nouveau. Si une pierre dépasse du sol et qu'il y a trébuché une fois, il fera peut-être attention la fois suivante ou la surlendemain, mais à la troisième, il chutera encore. Pour s'assurer de ne plus trébucher, il doit impérativement écarter la cause qui a provoqué la chute précédente.
Or, ces hommes font exactement le contraire : ils placent délibérément l'obstacle sous leurs yeux afin d'y trébucher encore et encore. Ils s'arrangent pour que la cause les incitant à la faute soit constamment à leur portée. Dans le langage d'aujourd'hui : l'individu ne va nulle part sans son smartphone. Il place l'obstacle sous ses yeux afin de pouvoir toujours y faillir, et au lieu de « Que tes yeux regardent droit devant toi », que le Ciel nous en préserve.
Dès lors, « Me laisserai-Je vraiment consulter par eux ? » - Moi, Hachem, vais-Je Me laisser solliciter par eux pour satisfaire leur volonté et répondre à leur demande ? Ces hommes sont pécheurs dans leurs actes et hérétiques par leurs pensées idolâtres. Reste-t-il le moindre espoir qu'ils fassent téchouva ? Après que leurs idoles ont été gravées sur la table de leur cœur et qu'ils ont dressé l'obstacle devant leurs yeux pour l'avoir en permanence sous le regard, quelle chance y a-t-il que Je leur réponde ? Ils n'ont aucun désir de changer de voie, bien au contraire, ils prennent toutes les dispositions pour demeurer dans leur dévoiement. En termes simples, le Saint, béni soit-Il, dit à Yé'hezkel : Ne te laisse pas impressionner par eux. Ils viennent vers toi soi-disant pour consulter Hachem, mais ils n'en ont nullement l'intention. Je te révèle les secrets de leur cœur : leur cœur est un cœur pervers.
« Moi, Hachem, Je lui répondrai » - Deux orientations opposées
(4) לָכֵן דַּבֵּר־אוֹתָם וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כֹּה־אָמַר אֲדֹנָי יֱהֹוִה אִישׁ אִישׁ מִבֵּית יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יַעֲלֶה אֶת־גִּלּוּלָיו אֶל־לִבּוֹ וּמִכְשׁוֹל עֲוֺנוֹ יָשִׂים נֹכַח פָּנָיו וּבָא אֶל־הַנָּבִיא אֲנִי יְהֹוָה נַעֲנֵיתִי לוֹ בָא בְּרֹב גִּלּוּלָיו׃ - C'est pourquoi parle-leur et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur D.ieu : Tout homme de la maison d'Israël qui fait monter ses idoles dans son cœur et qui place l'obstacle de sa faute devant ses yeux, puis vient trouver le prophète, Moi, Hachem, Je lui répondrai selon la multitude de ses idoles.
Ce verset fait l'objet de deux explications contradictoires. Commençons par celle du Malbim, qui s'inscrit dans la continuité de ce qui vient d'être développé. Le Saint, béni soit-Il, déclare : puisque ces individus ne viennent pas véritablement pour consulter et connaître la vérité, mais cherchent plutôt à en « faire une affaire », à se tenir au courant des dernières nouvelles, à savoir ce qui se passe par simple curiosité. Et d'où sait-on qu'il ne vient pas sincèrement chercher Hachem ? Du fait même qu'au moment où il se présente, ses idoles occupent encore son cœur et l'obstacle de sa faute se tient devant ses yeux. Alors pourquoi est-il venu ? « Moi, Hachem, Je lui répondrai (נעניתי לו) » - au sens où il se sert de Moi, pour ainsi dire, comme d'un sujet d'occupation, pour avoir de quoi discuter et se distraire. « Venant avec la multitude de ses idoles » - il arrive plongé dans ses idoles afin de contester les paroles du prophète et de polémiquer avec lui. D'autres fois, ils venaient pour entendre un propos du prophète, puis ressortir en le diffusant comme s'il venait d'eux-mêmes, comme s'ils en étaient les auteurs. Et bien d'autres manières tortueuses encore, dénuées de toute intention de faire téchouva, de se rapprocher du service d'Hachem ou d'entendre des paroles de réprimande. C'est le prolongement direct de « Me laisserai-Je vraiment consulter par eux ? » - ces gens ne sont pas intègres, et il ne convient pas que J'accède à leur requête ni que Je leur transmette un message.
En revanche, le Targoum Yonatan propose une lecture diamétralement opposée, que suit également Rachi. Voici ses termes : « Prophétise donc sur eux et dis-leur : Ainsi parle D.ieu, l'Éternel : Tout homme de la maison d'Israël qui fixera le culte de ses égarements dans son cœur » - qui fera monter le culte idolâtre dans son cœur, « et placera l'embûche de ses péchés devant son visage » - conservant l'obstacle de sa faute devant lui, « et viendra vers le prophète » - « Moi, Hachem, Je lui répondrai par Ma parole », « car il est venu solliciter un enseignement de Ma part », « bien qu'il y mêle une abondance de cultes erronés » - même si son idolâtrie s'y trouve mêlée, qu'il ne s'est pas purifié et ne vient pas avec un cœur pur, Je lui répondrai néanmoins parce qu'il est venu consulter.
Le Radak explique dans ce sens : ils sont venus consulter Hachem, mais sans avoir abandonné leur idolâtrie. Ils voulaient associer le culte d'Hachem à l'idolâtrie, servir Hachem en « chittouf ». Ils cherchaient Hachem, mais ne parvenaient pas non plus à se détacher de leurs idoles. Dès lors, le Saint, béni soit-Il, dit : à ces hommes-là, J'apporterai Mon aide et Je répondrai, afin de les aider à se détacher de l'idolâtrie. C'est une explication à l'opposé de celle du Malbim.
« Afin de saisir la maison d'Israël par leur cœur »
(5) לְמַעַן תְּפֹשׂ אֶת־בֵּית־יִשְׂרָאֵל בְּלִבָּם אֲשֶׁר נָזֹרוּ מֵעָלַי בְּגִלּוּלֵיהֶם כֻּלָּם׃ - Afin de saisir la maison d'Israël par leur cœur, eux qui se sont tous détournés de Moi à cause de leurs idoles.
Selon le Targoum Yonathan : « Afin de rapprocher la maison d'Israël et de mettre le repentir dans leur cœur » - en Me laissant consulter et en leur répondant, Je saisirai leur cœur et Je les rapprocherai de Mon service, et ainsi ils se détacheront de leur attachement aux idoles. « Eux qui se sont détournés de Moi » [אֲשֶׁר נָזֹרוּ מֵעָלַי] - *nazorou* vient de la même racine que le *nazir* qui s'abstient et se sépare : ils se sont éloignés de Moi par leurs idoles, et ainsi Je saisirai la maison d'Israël par leur cœur pour les ramener à Mon service.
Le Radak donne une autre explication : « Je les saisirai par leur cœur » - ils s'imaginent pouvoir Me cacher leur cœur ; ils commettent des actes mauvais et pervers en pensant que Je n'en sais rien. Je les saisirai par leur cœur en dévoilant les idoles de leur cœur et leurs mauvaises pensées, et Je révélerai aux yeux de tous les actes abominables qu'ils accomplissent.
Nos Sages en ont tiré un principe fondamental : en matière d'idolâtrie (*avoda zara*), le Saint, béni soit-Il, associe la pensée à l'acte. « Afin de saisir la maison d'Israël par leur cœur » - serait-ce seulement par le cœur ? En effet, mais il s'agit ici d'idolâtrie, de faux dieux. Dans le cas de l'idolâtrie, le Saint, béni soit-Il, leur demande des comptes et les juge même s'il n'y a eu là qu'une simple pensée du cœur, et on les juge comme s'ils avaient concrètement servi des idoles. Pourquoi précisément ici ? Le Radak l'explique : parce qu'après avoir été exilés, ils ne pratiquaient plus l'idolâtrie par des actes concrets, mais ils y pensaient encore ; c'est pourquoi Hachem les a saisis « par leur cœur » à ce sujet.
Et pourquoi associe-t-on ainsi la pensée à l'acte en matière d'idolâtrie ? Dans deux domaines seulement, le Saint, béni soit-Il, juge l'homme sur la simple pensée : l'idolâtrie et les pensées d'immoralité (*arayot*). La raison en est que dans ces deux cas, la pensée elle-même constitue la faute. Ce n'est pas une règle générale pour toute pensée : si quelqu'un réfléchit à la façon de voler, la pensée en elle-même n'est pas une transgression, car la Torah n'a pas dit « tu ne penseras point à voler », mais « tu ne voleras point ». En revanche, dès lors que l'on pense à servir des idoles, il n'en faut pas plus pour renier Hachem. Sans la moindre action, on a déjà renié. Pour renier le Saint, béni soit-Il, il n'y a rien besoin de faire concrètement ; il suffit de se dire en son cœur « je ne crois pas », et cela suffit. Lorsqu'un homme songe à servir une idole, quelle hérésie est plus grave que celle-là ? Et puisque cette pensée constitue en soi la faute, c'est pour elle-même qu'il est puni. Il en va de même pour les pensées immorales, à propos desquelles la Torah formule une interdiction formelle : « Ne vous laissez pas détourner par votre cœur ». Celui qui nourrit une telle pensée coupable transgresse, par cela même et sans même passer à l'acte, un commandement de la Torah. C'est pourquoi, dans ces deux domaines, l'homme est puni également pour la pensée.
Il existe un troisième principe que beaucoup ignorent, pourtant enseigné explicitement dans la Guémara : un homme habitué à commettre une faute et qui, une fois, en a été empêché par la force des choses, est jugé comme s'il l'avait commise. C'est-à-dire que si quelqu'un a l'habitude constante de voler, et qu'un jour, s'apprêtant à passer à l'acte, il aperçoit des policiers et décide de ne pas voler aujourd'hui, rentrant chez lui en « juste » - on le juge comme s'il avait volé, parce qu'il en avait pris l'habitude. D'ailleurs, des termes de Rachi à cet endroit ressort une précision remarquable : cela ne s'applique pas uniquement à celui qui est coutumier de la transgression ; le simple fait d'avoir renoncé à la faute, ne fût-ce qu'une seule fois, mais sans que ce soit par crainte d'Hachem, fait qu'on le juge comme s'il l'avait commise. Quand donc le Saint, béni soit-Il, ne demande-t-Il pas de comptes sur l'intention coupable ? Seulement lorsque l'homme s'apprêtait à fauter mais y a renoncé en raison de l'ordre divin et de la crainte d'Hachem. Mais s'il y a renoncé pour toute autre raison, même s'il n'était pas habitué à cette faute, il est jugé comme l'ayant commise et en est puni par le Ciel. Telle est la nuance rigoureuse qui se dégage des termes de Rachi, et qui le désire pourra s'y référer dans le texte même.
Quant au Malbim, il oriente l'explication du verset dans une autre direction : jusqu'à présent, ils « se sont tous détournés de Moi à cause de leurs idoles » - tous avaient abandonné le service d'Hachem pour s'attacher aux idoles, ce qui s'était traduit par des actes concrets. Mais ces anciens voulaient les capturer également dans leur cœur, afin que non seulement par l'acte, mais aussi par la pensée, ils soient entièrement voués au péché. Ils cherchaient à aggraver la faute, pour que même dans leurs pensées ils s'éloignent d'Hachem. C'est dans ce but qu'ils sont venus trouver le prophète : pour polémiquer avec lui, proposer une alternative, montrer que les propos du prophète n'étaient pas exacts, y chercher des failles ou des formulations dont ils pourraient s'emparer pour prouver que ses paroles n'étaient pas vraies. Comme il est écrit dans Jérémie 23 : « Qui dérobent Mes paroles l'un à l'autre » - ils vont écouter une parole du prophète, la lui dérobent et en dénaturent le sens à leur guise.
« Revenez et détournez-vous »
(6) לָכֵן אֱמֹר אֶל־בֵּית יִשְׂרָאֵל כֹּה אָמַר אֲדֹנָי יֱהֹוִה שׁוּבוּ וְהָשִׁיבוּ מֵעַל גִּלּוּלֵיכֶם וּמֵעַל כׇּל־תּוֹעֲבֹתֵיכֶם הָשִׁיבוּ פְנֵיכֶם׃ - C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Revenez et détournez-vous de vos idoles, et détournez vos visages de toutes vos abominations.
Revenez de votre voie, et détournez votre cœur des idoles que vous portez en vous - éloignez-en votre esprit. « Détournez vos visages » - de cette pierre d'achoppement de votre faute qu'ils dressaient devant leur face, détournez-en vos regards. Et que signifie « Revenez et détournez » ? Le Radak explique que le prophète s'adresse ici aux anciens d'Israël : faites vous-mêmes techouva, et faites revenir ceux qui vous entourent - vos épouses, vos fils, vos jeunes gens. Et que les idoles ne soient plus devant vos yeux, c'est-à-dire ne vous laissez plus attirer par l'idolâtrie ni par les faux dieux.
Même le converti, et même celui qui vient consulter - « Moi, l'Éternel, Je lui répondrai par Moi-même »
(7) כִּי אִישׁ אִישׁ מִבֵּית יִשְׂרָאֵל וּמֵהַגֵּר אֲשֶׁר־יָגוּר בְּיִשְׂרָאֵל וְיִנָּזֵר מֵאַחֲרַי וְיַעַל גִּלּוּלָיו אֶל־לִבּוֹ וּמִכְשׁוֹל עֲוֺנוֹ יָשִׂים נֹכַח פָּנָיו וּבָא אֶל־הַנָּבִיא לִדְרׇשׁ־לוֹ בִי אֲנִי יְהֹוָה נַעֲנֶה־לּוֹ בִּי׃ - Car tout homme de la maison d'Israël, ou parmi les prosélytes qui séjournent en Israël, qui se séparera de Moi, placera ses idoles dans son cœur et mettra l'obstacle de son iniquité devant sa face, puis viendra vers le prophète pour Me consulter par son intermédiaire, Moi, l'Éternel, Je lui répondrai par Moi-même.
Pourquoi mentionne-t-on ici les prosélytes ? Le Radak explique qu'à cette époque, certains Chaldéens s'étaient convertis et avaient embrassé la foi d'Israël. Lorsque les enfants d'Israël furent exilés parmi eux, les nations constatèrent que le Saint, béni soit-Il, était présent et accompagnait le peuple d'Israël. Et c'est là une merveille : en principe, l'exil exprime la faiblesse d'un peuple et, pour ainsi dire, la faiblesse de sa divinité ; pourtant, ils ont vu de leurs propres yeux que le Saint, béni soit-Il, demeurait avec Israël jusque dans son exil, et cela les ramena vers le D.ieu de vérité. Ils ont discerné deux choses : d'abord, comment Hachem réside au milieu d'eux ; ensuite, qu'Il leur demande des comptes pour leurs fautes. Ils ont donc vu là la main d'Hachem : « Pourquoi l'Éternel a-t-il ainsi traité ce pays ? Pourquoi cette immense colère ? Parce qu'ils ont abandonné l'alliance du D.ieu de leurs pères. » Même les nations sont parvenues à cette conclusion.
« Qui se séparera de Moi » - il s'éloignera de Moi, comme dans le verset « ils se sont retirés en arrière ». « Placera ses idoles dans son cœur » - il ne leur rend pas seulement un culte extérieur, mais elles sont véritablement attachées à son cœur. « Et mettra l'obstacle de son iniquité devant sa face » - bien qu'il sache qu'il y a là une pierre d'achoppement et qu'il va y succomber, au contraire, il la place devant ses yeux pour continuer à y trébucher. Et malgré tout, il se rend auprès du prophète pour consulter Hachem par son intermédiaire, afin que le prophète intercède pour lui par la parole d'Hachem et que sa volonté soit satisfaite. C'est à ce propos que le Saint, béni soit-Il, déclare : « Moi, l'Éternel, Je lui répondrai par Moi-même » - Je lui répondrai pour la gloire de Mon Nom. C'est-à-dire que Je n'exaucerai pas sa demande, mais Je lui répondrai d'une manière qui lui sera des plus désagréables, comme nous le verrons au verset suivant. Puisqu'il ne vient pas d'un cœur pur ni pour faire techouva, mais avec ses idoles sur le cœur et l'obstacle de sa faute sous les yeux, et qu'il ose néanmoins venir consulter Hachem, le Saint, béni soit-Il, dit : Je lui ferai payer comme il se doit.
Le Malbim explique que « et qui viendra vers le prophète pour Me consulter par lui » équivaut à « pour Me consulter à son profit » - il vient Me consulter pour son propre intérêt, pour connaître l'avenir. Quant à l'expression « Na'aneh-lo », tous les commentateurs s'interrogent : que signifie cette forme ? Du point de vue grammatical, on dirait bien que Réouven répond (né'éné) à Chimon, mais à la première personne, on ne dirait pas « Moi, Je suis répondu » ou « Je me réponds », mais « Je répondrai » (E'éné). Bien que ce soit devenu aujourd'hui une formule courante, la lettre Noun n'est pas à sa place. Observez des verbes similaires : si l'on vous dit « prends », vous répondez « je prendrai » (Eka'h), et non pas avec un Noun. De plus, « na'aneiti » renvoie d'ordinaire au passé. Mais le Malbim explique : « Na'aneh » signifie ici qu'il y aura pour lui une occupation, une affaire (du sens d'inyan). Cet homme cherche à deviner l'avenir, à s'occuper et à savoir ce qu'il adviendra. Il n'a nullement l'intention de faire techouva, ni de consulter Hachem pour que le prophète redresse sa conduite par la parole divine. Il cherche simplement une « occupation ».
(8) וְנָתַתִּי פָנַי בָּאִישׁ הַהוּא וַהֲשִׂמֹתִיהוּ לְאוֹת וְלִמְשָׁלִים וְהִכְרַתִּיו מִתּוֹךְ עַמִּי וִידַעְתֶּם כִּי־אֲנִי יְהֹוָה׃ - Je tournerai Ma face contre cet homme, J'en ferai un signe et un sujet de proverbes, et Je le retrancherai du milieu de Mon peuple ; et vous saurez que Je suis l'Éternel.
« Je tournerai Ma face contre cet homme » - chaque fois qu'apparaît cette expression, elle signifie que Je concentrerai Ma providence et toute Mon attention pour le châtier, Me détournant pour ainsi dire de tout le reste afin de fixer Ma face sur cet homme. « J'en ferai un signe et un sujet de proverbes » - il deviendra une désolation, ainsi qu'un signe et une parabole. Toutes les plaies et les calamités qui s'abattront sur lui serviront de signe d'avertissement pour les rebelles ; les gens verront ce qui lui est arrivé et en feront un proverbe en disant : « Qu'il te soit fait comme à un tel ! » Le Malbim ajoute sur « et un sujet de proverbes » (au pluriel) : même après sa mort, il demeurera un proverbe, car lorsqu'on voudra souhaiter le malheur à un impie, on lui dira : « Qu'il t'arrive comme à un tel ! » Et cela s'accomplira par : « et Je le retrancherai du milieu de Mon peuple ; et vous saurez que Je suis l'Éternel ».
« Moi, l'Éternel, J'ai séduit » - Cinq explications à une difficulté majeure
(9) וְהַנָּבִיא כִי־יְפֻתֶּה וְדִבֶּר דָּבָר אֲנִי יְהֹוָה פִּתֵּיתִי אֵת הַנָּבִיא הַהוּא וְנָטִיתִי אֶת־יָדִי עָלָיו וְהִשְׁמַדְתִּיו מִתּוֹךְ עַמִּי יִשְׂרָאֵל׃ - Et si le prophète se laisse séduire et prononce une parole, c'est Moi, l'Éternel, qui aurai séduit ce prophète ; J'étendrai Ma main contre lui, et Je le détruirai du milieu de Mon peuple d'Israël.
« Et si le prophète se laisse séduire et prononce une parole » - s'il prononce une parole qui n'est pas la vérité. C'est ici que surgit une difficulté à laquelle les commentateurs s'attellent : comment peut-il être dit « c'est Moi, l'Éternel, qui aurai séduit ce prophète » ? En effet, le Saint, béni soit-Il, ne séduit personne vers le mal ; Il lui laisse la possibilité, mais ne le tente pas. De plus, si c'est Hachem qui l'a séduit, pourquoi le détruire ? En apparence, il ne le mériterait pas !
Rachi explique que « J'ai séduit » (pitéti) ne signifie pas qu'Il l'a incité au mal, mais qu'Il a ouvert la voie à la possibilité mauvaise, selon le principe : « à celui qui vient pour se souiller, on ouvre la porte ». Je lui ai donné la possibilité de faire le mal, et cela constitue en soi la tentation, d'où l'enseignement : à celui qui vient se souiller, on ouvre la porte.
Le Radak explique cela dans l'esprit du récit « Qui séduira A'hav ? » : le Saint, béni soit-Il, chercha un moyen pour qu'A'hav soit séduit, afin qu'il s'en aille combattre et tombe à Ramot de Guil'ad, en punition de l'acte abominable : « As-tu assassiné et aussi hérité ? » Il en va de même ici. Le Radak cite l'exemple d'A'hav ben Kolaya et de Tsidkiya ben Maasséya, dont il est écrit qu'ils commettaient l'adultère avec les femmes de leurs prochains, venant leur affirmer qu'ils en avaient reçu l'ordre par prophétie. Ils avaient un accord secret : Tsidkiya venait dire à des femmes d'avoir des relations avec A'hav ben Kolaya, prétendant que telle était la prophétie ; et A'hav ben Kolaya venait dire à d'autres femmes d'avoir des relations avec Tsidkiya ben Maasséya, affirmant que cela leur avait été ordonné prophétiquement. Personne ne soupçonnait qu'ils agissaient pour leur propre plaisir, puisqu'il s'agissait prétendument d'une prophétie transmise par des prophètes. Ils commettaient encore bien d'autres méfaits en secret, poursuit le Radak ; alors, pour dévoiler leurs actes et rendre leur déshonneur public, que fait le Saint, béni soit-Il ? Il les pousse à trébucher sur une affaire précise, par laquelle ils sont démasqués et leurs agissements exposés aux yeux de tous.
Et telle est la réalité : à la fin de tout, tout s'entend, crains Dieu et garde Ses commandements. L'homme qui commet des fautes en secret, l'Écriture le rend public au grand jour. Et l'on peut constater cela jusqu'à nos jours - nulle puissance n'est éternelle. Même des hommes que l'on a pu considérer pendant des générations comme des justes et des hommes de bonnes actions, à la fin de tout, tout s'entend et leur opprobre éclate aux yeux de tous. Et c'est bien assez d'affront et d'indignation, mais ce qui fait le plus mal, c'est l'affront fait à la sainte Torah : ceux qui se sont parés de toutes sortes de plumes de piété et de gloriole, et soudain on découvre derrière eux un lourd passé d'infamies, les faits sont diffusés dans les médias et prennent un écho terrible, et le cœur saigne devant l'effroyable profanation du Nom divin ('Hilloul Hachem) qui en résulte.
Deux de ces imposteurs qui se paraient de fausse prophétie étaient A'hav ben Kolaya et Tsidkiya ben Maasséya. Pour démontrer à tous leur imposture, le Saint, béni soit-Il, mit sur leur route Nabuchodonosor et sa fille : ils tentèrent de séduire cette dernière, et finalement le roi de Babylone les fit brûler vifs par le feu. Ils devinrent ainsi un signe et un proverbe : lorsqu'on voulait prédire à quelqu'un une fin funeste, on citait en exemple A'hav ben Kolaya et Tsidkiya ben Maasséya. C'est ainsi qu'eux et leur infamie devinrent publics, afin que tous sachent que leurs actes procédaient de la méchanceté et qu'à Dieu ne plaise, cela ne venait pas d'Hachem. À cet égard, il y a bien une dimension de séduction : la séduction visait à le faire tomber dans un piège où sa honte serait exposée au grand jour.
Rav Saadia Gaon explique que « j'ai séduit » signifie : j'ai élucidé et révélé qu'il s'est laissé séduire. Il ne s'agit pas de dire que Dieu l'a séduit Lui-même, mais qu'Il a prouvé que son acte résultait d'une séduction, c'est-à-dire de son mauvais penchant.
Le Malbim explique que « Moi, l'Éternel, j'ai séduit » est en réalité la prétention du prophète lui-même : « Si le prophète se laisse séduire et prononce une parole » - et que dit-il ? Qu'Hachem l'a séduit pour accomplir cette mission. Il ne s'agit pas d'une parole du Saint, béni soit-Il, affirmant qu'Il l'a incité à proférer une fausse prophétie, mais bien de la prétention mensongère du prophète. Le prophète prétend pour ainsi dire que le Saint, béni soit-Il, a insisté auprès de lui et l'a incité à prononcer ces paroles.
Le Malbim rapporte encore une autre explication au nom d'Abarbanel, qui interprète le verset sous forme interrogative : « Si le prophète se laisse séduire et prononce une parole, est-ce Moi, l'Éternel, qui ai séduit ce prophète-là ? » Cela vient-il de Moi ? Cette séduction provient-elle de Moi ? Non, il a parlé sous l'effet de ses illusions et de ses convoitises, et cela ne vient nullement de Moi. Cette lecture vient également résoudre la difficulté. Et le Malbim conclut : « Que le lecteur choisisse » - il existe ici plusieurs voies d'explication, et toutes viennent lever la difficulté.
La responsabilité du consultant : « La faute du consultant sera comme la faute du prophète »
(10) וְנָשְׂאוּ עֲוֺנָם כַּעֲוֺן הַדֹּרֵשׁ כַּעֲוֺן הַנָּבִיא יִהְיֶה׃ - Et ils porteront leur faute : la faute de celui qui consulte sera égale à la faute du prophète.
« Et ils porteront leur faute » - ceux qui accueillent la prophétie porteront eux aussi leur iniquité. Ils ne pourront pas arguer : « Le prophète m'a trompé ». Celui qui consulte le prophète verra sa faute être égale à celle du prophète lui-même. Et la raison en est simple : tu n'avais pas à aller consulter de faux prophètes. Les vrais prophètes étaient renommés et reconnus, et leur prophétie avait été éprouvée une, deux et trois fois, et avérée comme authentique prophétie. Tu sais bien qui est le véritable prophète, alors pourquoi ne l'as-tu pas suivi ? En vérité, il t'était agréable et commode d'entendre les propos des faux prophètes, et c'est pourquoi tu les as suivis. Par conséquent, ton châtiment sera à la mesure du leur.
(11) לְמַעַן לֹא־יִתְעוּ עוֹד בֵּית־יִשְׂרָאֵל מֵאַחֲרַי וְלֹא־יִטַּמְּאוּ עוֹד בְּכׇל־פִּשְׁעֵיהֶם וְהָיוּ־לִי לְעָם וַאֲנִי אֶהְיֶה לָהֶם לֵאלֹהִים נְאֻם אֲדֹנָי יֱהֹוִה׃ - Afin que la maison d'Israël ne s'égare plus loin de Moi, qu'elle ne se souille plus par toutes ses transgressions, et qu'ils soient pour Moi un peuple et que Je sois pour eux un Dieu, oracle du Seigneur Dieu.
Tout ce châtiment, infligé au faux prophète comme à son consultant, vise à ce que la maison d'Israël ne s'égare plus en matière de foi et ne se souille plus par les fautes causées par les faux prophètes qui la poussaient au péché. C'est pourquoi Hachem déclare : Je punirai les faux prophètes. Et par là, précise le Malbim, l'intention visait aussi A'hav ben Kolaya et Tsidkiya ben Maasséya, qui devinrent une fable et un proverbe, et dont l'infamie fut rendue publique, afin que tous sachent que leurs actes procédaient de la méchanceté et qu'à Dieu ne plaise, cela ne venait pas d'Hachem.
Un pays qui pécherait : les quatre vagues et l'ordre des jugements
(13) בֶּן־אָדָם אֶרֶץ כִּי תֶחֱטָא־לִי לִמְעׇל־מַעַל וְנָטִיתִי יָדִי עָלֶיהָ וְשָׁבַרְתִּי לָהּ מַטֵּה־לָחֶם וְהִשְׁלַחְתִּי־בָהּ רָעָב וְהִכְרַתִּי מִמֶּנָּה אָדָם וּבְהֵמָה׃ - Fils d'homme, si un pays venait à pécher contre Moi en commettant une infidélité, J'étendrais Ma main sur lui, Je lui briserais le soutien du pain, J'enverrais contre lui la famine et J'en retrancherais hommes et bêtes.
Dans la Torah, les châtiments surviennent par vagues, et ils sont tous inclus dans ce qui est énoncé ici. Ces malheurs se divisent en plusieurs catégories : les fléaux célestes, c'est-à-dire ce qui provient directement du Ciel comme la peste, qui est une épidémie, ou la famine ; les maux causés par des créatures douées de volonté [sans libre arbitre], à savoir les animaux sauvages ; et les maux causés par des êtres doués de libre arbitre, c'est-à-dire les hommes - comme le fléau de l'épée et d'autres maux semblables. Ce sont là toutes les formes de malheurs qui existent dans le monde.
Le Malbim explique : si l'on suit l'ordre de la Tokhe'ha (les réprimandes), on constate que la première vague comprend la peste, qui relève des maladies, ainsi que l'épée - « vous serez battus devant vos ennemis ». La deuxième vague comprend la famine - « votre terre ne donnera pas sa récolte ». La troisième vague comprend les bêtes féroces. Et la quatrième vague mentionne à nouveau l'épée, la peste et la famine.
De là, le Malbim déduit un principe : du fait que la famine apparaît à la fin, les plaies vont nécessairement crescendo. Il n'arrive jamais qu'Hachem inflige un coup terrible pour le faire suivre de coups plus légers, car il s'agit toujours d'une situation où l'on refuse d'écouter, et le Saint, béni soit-Il, assène alors un châtiment encore plus rigoureux. Dès lors, la famine, qui apparaît comme la dernière plaie, est assurément la plus redoutable de toutes. Comme le proclamait déjà le prophète : « Mieux valait le sort de ceux qui ont péri par le glaive que celui des victimes de la faim », qui s'éteignent lentement, transpercées de privations, car la mort par la faim est une agonie lente et atroce.
Il a déjà été expliqué que, du point de vue spirituel également, la mort par la faim est la plus tragique. Pourquoi ? Lorsqu'un homme est menacé par l'épée, il fait téchouva ; même à ses derniers instants, et même à partir du moment où il est frappé, il se repent, accepte sur lui le joug de la royauté céleste, récite le vidouy (confession) et meurt au moins dans la téchouva et la confession. En revanche, pour celui qui souffre de la faim et meurt d'inanition, le spectacle est effroyable. Les maîtres du Moussar soulignent à quel point il est terrible qu'un homme, à ses ultimes instants, n'ait devant les yeux qu'un petit pain frais ou un verre de boisson ! C'est sur cette vision qu'il achève le chant de sa vie, absorbé par ces images, et c'est au milieu de tels délires, de ces obsessions et de ces affres atroces de la faim qu'il rend l'âme. Il en ressort donc que la famine est cruelle tant sur le plan physique que spirituel, car l'homme meurt en proie au désir obsessif de nourriture, et non dans la pensée d'amender ses mauvaises actions. C'est pourquoi la mort par la faim est la plus terrible de toutes.
C'est à la lumière de cela que le Malbim explique le verset : « אֶרֶץ כַּי תֶחֱטָא־לִי לִמְעָל־מַעַל » - c'est-à-dire lorsqu'on marche avec Moi « d'un cœur rebelle » (« békéri ») à quatre reprises, comme nous l'avons vu : la quatrième vague constitue le point ultime. Or, il est écrit : « Deux fois, trois fois avec l'homme agit Dieu », et de même : « Au troisième crime... mais au quatrième, Je ne révoquerai pas Mon arrêt » - ce qui signifie qu'il n'y a de répit que deux ou trois fois ; ensuite, à la quatrième, c'en est fini, c'est l'anéantissement total. C'est pourquoi : « וְעָטִיתִי יָדִי עָלֶיחָ וְשָׁבַרְתִי לָחּ מַטֵּח־לָחֶם וְהִשְׁלַחְתִי־בָחּ רָעָב » correspond au quatrième ordre où il est dit : « Quand Je vous briserai le bâton du pain ». Puis : « וְהִכְרַתִּי מִמֶּנָּה אָדָם וּבְהֵמָה » correspond au cinquième degré, « vous mangerez la chair de vos fils », qui est la malédiction la plus terrible de toutes : la famine sera si atroce que les parents dévoreront, à Dieu ne plaise, la chair de leurs propres fils et filles.
En résumé : Le chapitre s'ouvre sur les anciens qui se présentent devant Yé'hezkel « comme un seul homme, d'un même cœur » - mais pour le mal, et aussitôt le Saint, béni soit-Il, dévoile que leurs idoles occupent leur cœur et que l'obstacle de leur faute est dressé sciemment devant eux, afin qu'ils y trébuchent sans cesse. De là découlent deux orientations pour interpréter l'expression « Je lui répondrai » (na'anéti lo) : selon le Malbim, ils ne viennent que pour chercher matière à polémique, interroger l'avenir et argumenter ; tandis que selon le Targoum Yonatan et le Radak, ils viennent consulter Hachem sans s'être purifiés, et Hachem leur répond afin de saisir leur cœur et de les rapprocher. De là découle le principe fondamental selon lequel, pour l'idolâtrie et les pensées d'immoralité sexuelle (arayot), l'homme est puni pour la simple pensée, et que celui qui renonce à une faute sans que ce soit par crainte d'Hachem est jugé comme s'il l'avait commise. Vient ensuite l'appel : « Revenez et faites revenir » - faites téchouva pour vous-mêmes et pour votre entourage ; puis le verdict frappant le faux prophète et celui qui le consulte, tous deux coupables au même titre, Hachem dévoilant publiquement l'opprobre de ceux qui se parent du mensonge, à l'image d'A'hav ben Kolaya et Tsidkiya ben Maasséya devenus un signe et un sujet de proverbe. Enfin, le chapitre détaille l'ordre des jugements sur une terre coupable de trahison, par des vagues toujours plus accablantes, jusqu'à la famine, la plus atroce de toutes les morts - pour le corps comme pour l'âme.