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Psaume 42 - La soif de D.ieu en exil - 1re partie

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Introduction : Le chant du maître de chant sur l'exil

Le Psaume 42 ouvre une série de deux psaumes étroitement liés - les psaumes 42 et 43 - qui expriment tous deux l'ardente nostalgie de l'âme envers D.ieu au cœur de l'exil et de la dissimulation de la Face divine. Nous examinerons d'abord l'identité des auteurs de ce psaume, puis la magistrale introduction posée par le Malbim, sans laquelle il est impossible de comprendre la structure du texte.

לַמְנַצֵּחַ מַשְׂכִּיל לִבְנֵי־קֹרַח׃ - Au chef des chantres. Maskil des fils de Kora'h.

Qui sont les « fils de Kora'h » ?

Rachi rapporte que les auteurs de ce psaume sont Assir, Elkana et Aviassaf. À l'origine, ils avaient suivi le dessein de leur père, mais au moment de la controverse, ils s'en sont détachés par le repentir. Lorsque la terre ouvrit sa bouche et que tout leur entourage fut englouti, un espace s'aménagea pour eux dans les profondeurs de la terre et demeura intact, conformément au verset : « Et les fils de Kora'h ne moururent point ». C'est là, dans les entrailles de la terre, qu'ils entonnèrent un cantique et composèrent ces psaumes. Ils en remontèrent ensuite, l'esprit de sainteté reposa sur eux, et ils prophétisèrent sur les exils, sur la destruction du Temple et sur la royauté de la maison de David. Telles sont les paroles des fils de Kora'h.

Ibn Ezra propose une autre explication : « Pour les fils de Kora'h » se réfère à l'un des fils d'Héman, petit-fils du prophète Samuel, car Samuel lui-même comptait parmi les descendants de Kora'h. Ibn Ezra rapporte également au nom de Rabbi Moché que ce psaume a été prononcé à Babylone, ce qui explique qu'il évoque la réalité de l'exil, comme nous le verrons au fil des versets.

Et que signifie « Maskil » ? Ibn Ezra explique que ce terme est intransitif : à qui s'adresse cet enseignement de sagesse ? Qui instruit qui ? D'autres soutiennent qu'il ne s'agit pas d'un verbe mais d'un nom, à l'instar de « ma splendeur s'est changée pour moi en ruine (lemach'hit) », où le mot désigne la destruction elle-même. La différence équivaut à celle qui existe entre le mot « fer à repasser » (l'outil) et « repasser » (l'action). Il en va de même ici : « Maskil » ne désigne pas l'acte d'instruire autrui, mais est un nom signifiant la sagesse ou l'intelligence. Et selon Ibn Ezra, « Maskil » s'apparente aux autres ouvertures poétiques des psaumes - comme « Lamnatséa'h » ou « Guitit » : le début du psaume est intitulé « Maskil », un enseignement de sagesse et d'élévation que nous transmet l'auteur inspiré.

L'introduction du Malbim : Trois pertes majeures subies lors de l'exil

Le Malbim explique que ce psaume a été composé par l'un des maîtres de chant parmi les descendants de Kora'h. En effet, les descendants de Kora'h officiaient comme Lévites dans le parvis du Temple, et le rôle des Lévites était le chant : ils étaient les chantres. L'un de ces chantres, qui dirigeait le chant dans le Beth Hamikdach, chante ici au sujet de l'exil.

Ce chant se divise en trois parties, correspondant aux trois choses que nous avons perdues en exil. La première est le dévoilement de la Présence divine (la Chekhina) et la prophétie. À l'époque du Temple, la Chekhina se manifestait, le Saint, béni soit-Il, se révélait à nous tant à travers les miracles permanents qui s'accomplissaient au Beth Hamikdach qu'à travers les prophètes qui recevaient Ses messages. La deuxième concerne les signes et les prodiges miraculeux. En exil, nous sommes plongés dans la dissimulation de la Face, privés de miracles visibles, comme il est dit : « Nous ne voyons plus nos signes, il n'y a plus de prophète ». La troisième est la souffrance elle-même, l'affliction et les douleurs qui nous accablent dans notre condition d'exilés.

Les deux premiers éléments sont explicitement mentionnés dans les versets : « Un peuple a-t-il jamais entendu la voix du D.ieu vivant » - voilà le dévoilement de la Chekhina et la prophétie, la proximité avec Hachem ; « Ou bien D.ieu a-t-il jamais entrepris de venir Se choisir une nation du milieu d'une autre nation, par des épreuves, par des signes et par des prodiges » - voilà les signes et les prodiges. Tous deux se sont manifestés dans le désert, et tous deux ont perduré en terre d'Israël. De même, Isaïe proclame : « Et Son peuple se souvint des jours d'autrefois, de Moïse : Où est Celui qui les fit remonter de la mer avec le berger de Son troupeau ? » - ce sont les miracles, l'ouverture de la mer Rouge ; « Où est Celui qui mit en lui Son esprit de sainteté ? » - c'est la prophétie. Deux privilèges immenses dont nous sommes privés en exil.

Trois fois « Pourquoi t'abats-tu, ô mon âme ? »

L'absence de prophétie, de Roua'h Hakodech (esprit de sainteté) et de dévoilement de la Chekhina touche directement l'âme elle-même. L'âme aspire intensément à s'unir à Dieu, et en l'absence de dévoilement de la présence divine et de dialogue spirituel avec le Saint béni soit-Il, elle se sent seule et délaissée. C'est de cela que traite la première partie du psaume, et c'est sur ce point que le psalmiste réconforte son âme.

Remarquons que l'expression « Pourquoi es-tu abattue, mon âme » apparaît à trois reprises dans ces deux psaumes, correspondant aux trois pertes subies. La première fois, elle vient consoler l'âme de son abattement dû au manque de prophétie et de Roua'h Hakodech. Le deuxième aspect - l'absence de miracles et de prodiges - touche à l'honneur divin, car c'est par les miracles que Sa grandeur se manifestait ; c'est sur cela que repose la seconde partie du psaume, à partir du verset 6, où la consolation de l'âme revient au verset 12. Le troisième aspect - l'exil, la dispersion et les souffrances du peuple d'Israël - concerne l'ensemble de la maison d'Israël ; c'est le sujet du psaume 43, où sont exposées les requêtes de la communauté d'Israël demandant à Hachem de rassembler ses exilés, et où la consolation réapparaît pour la troisième fois (43, 5).

« Les délivrances de Sa face » face à « la délivrance de ma face et mon Dieu »

מַה־תִּשְׁתּוֹחֲחִי נַפְשִׁי וַתֶּהֱמִי עָלָי הוֹחִלִי לֵאלֹהִים כִּי־עוֹד אוֹדֶנּוּ יְשׁוּעוֹת פָּנָיו׃ - Pourquoi es-tu abattue, mon âme, et gémis-tu sur moi ? Espère en Dieu, car je Le louerai encore pour les délivrances de Sa face !
מַה־תִּשְׁתּוֹחֲחִי נַפְשִׁי וּמַה־תֶּהֱמִי עָלָי הוֹחִילִי לֵאלֹהִים כִּי־עוֹד אוֹדֶנּוּ יְשׁוּעֹת פָּנַי וֵאלֹהָי׃ - Pourquoi es-tu abattue, mon âme, et pourquoi gémis-tu sur moi ? Espère en Dieu, car je Le louerai encore, Lui, la délivrance de ma face et mon Dieu !

La première fois, le texte dit « les délivrances de Sa face », tandis que les deux autres fois, il dit « la délivrance de ma face et mon Dieu ». Quelle est la signification de ce changement ? Le Malbim explique : si l'on a compris la division du propos, on comprend également cette nuance. Au départ, il s'agit du retour de la Chekhina, d'où l'expression « les délivrances de Sa face » : puissions-nous mériter de contempler Sa face, qu'Hachem fasse rayonner Sa face vers moi et ne la voile plus. En revanche, lorsqu'il est question du rétablissement des prodiges et du salut pour sortir Israël de l'exil et de ses souffrances, il est dit « ma face et mon Dieu », car c'est là que se manifeste Son lien personnel avec moi. Et nous avons déjà rappelé la méthode du Malbim : le Nom « Elohim » seul désigne le Maître de l'univers tout entier, tandis que « mon Dieu » (Elohaï) relève de la providence particulière (hachgaha pratit), pour veiller sur moi, accomplir des miracles pour moi et me prêter main-forte. Lorsqu'il s'agit des délivrances par miracles et prodiges, Il est « mon Dieu », accomplissant des prodiges par providence individuelle ; il en va de même lorsqu'Il me fait sortir d'exil. Mais pour le premier sujet, le dévoilement de la présence divine et la prophétie, il suffit en soi qu'Hachem me découvre Sa face : « les délivrances de Sa face ».

« Comme un cerf brame » - L'ardente aspiration de l'âme

כְּאַיָּל תַּעֲרֹג עַל־אֲפִיקֵי־מָיִם כֵּן נַפְשִׁי תַעֲרֹג אֵלֶיךָ אֱלֹהִים׃ - Comme un cerf brame après les cours d'eau, ainsi mon âme soupire après Toi, ô Dieu !

Que signifie « ta'arog » ? Rachi explique qu'il s'agit du cri propre au cerf : tout comme le lion rugit, l'ours gronde, le bœuf meugle et les oiseaux pépient, de même les cerfs brament. Ainsi, la « 'ariga » désigne l'émission du cri du cerf.

Rachi rapporte également les paroles de nos Sages : la biche est la plus pieuse des bêtes sauvages. Lorsque les animaux ont soif d'eau, ils se rassemblent auprès d'elle pour qu'elle lève les yeux vers le Ciel. Que fait-elle alors ? Elle creuse une cavité, y plonge ses cornes et pousse un cri plaintif - tel est le sens de « ta'arog » - et le Saint béni soit-Il la prend en pitié, et l'abîme fait monter de l'eau pour elle.

Il reste à comprendre : pourquoi le texte dit-il « comme un cerf (ayal, masculin) brame (ta'arog, au féminin) » ? Il aurait fallu dire « comme un cerf brame (ya'arog, masculin) » ou bien « comme une biche (ayala) brame (ta'arog) ». Le Malbim l'explique très simplement : le nom « ayal » englobe aussi bien les mâles que les femelles, il n'y a donc pas lieu de s'en étonner. Et pourquoi le verbe « ta'arog » est-il conjugué au féminin ? Parce qu'en général, la femelle pousse des cris plus intenses que le mâle. Il en est souvent ainsi dans le règne animal, où un même terme générique désigne à la fois le mâle et la femelle : on dit « ours » (dov) et l'on ne trouve pas dans l'Écriture de mot spécifique pour la femelle, et de même pour le léopard (namer). En revanche, pour le lion (arié), il existe un terme distinct pour la femelle : la lionne (leviya).

La soif de l'âme : par nature et par aspiration au « Dieu vivant »

צָמְאָה נַפְשִׁי לֵאלֹהִים לְאֵל חָי מָתַי אָבוֹא וְאֵרָאֶה פְּנֵי אֱלֹהִים׃ - Mon âme a soif de D.ieu, du D.ieu vivant ! Quand pourrai-je venir et paraître devant la face de D.ieu ?

La soif de l'âme spirituelle envers sa splendeur originelle dépasse de loin la soif du corps envers l'eau. Et que vient ajouter la précision « pour le D.ieu vivant » ? Le Radak explique que cette formule vient exclure les divinités des nations : leurs dieux sont morts, dépourvus de force, et toutes les idoles sur lesquelles ils s'appuient n'ont aucune vie. Quant aux mots « Quand pourrai-je venir et paraître », ils évoquent le pèlerinage des trois fêtes de l'année : quand aurai-je de nouveau le mérite que nos visages paraissent dans le Beth Hamikdache ?

Le Malbim ajoute que cette aspiration revêt deux aspects. Il y a d'abord une aspiration naturelle : tout comme le cerf a soif d'eau par nature, de même l'âme, parce qu'elle est d'essence spirituelle, a naturellement soif de D.ieu et de sainteté. Puis, il existe une aspiration supplémentaire liée au fait qu'Hachem est un « D.ieu vivant », c'est-à-dire le D.ieu qui dispense la vie à toute chose. La vitalité de l'âme dépend entièrement du Saint, béni soit-Il, ainsi qu'il est écrit : « Et vous qui êtes attachés à Hachem votre D.ieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui ». C'est pourquoi elle s'écrie : « Quand pourrai-je venir et paraître devant la face de D.ieu » comme au temps jadis, car c'est Hachem qui donne la vie à mon âme.

« Mes larmes sont devenues mon pain » - Le pain de l'âme

הָיְתָה־לִּי דִמְעָתִי לֶחֶם יוֹמָם וָלָיְלָה בֶּאֱמֹר אֵלַי כׇּל־הַיּוֹם אַיֵּה אֱלֹהֶיךָ׃ - Mes larmes sont devenues mon pain, jour et nuit, lorsqu'on me dit tout le jour : Où est ton D.ieu ?

Le Malbim explique : le pain du jour correspond au repas du matin, et le pain de la nuit, au repas du soir, car à l'époque, on ne prenait que deux repas quotidiens, et trois seulement le Chabbat. Le psalmiste dit alors : au lieu de savourer du pain au matin et au soir, ce sont les larmes qui ont composé mes repas. Je pleure matin et soir, et pourquoi ? Parce qu'on me répète à longueur de journée : « Où est ton D.ieu ? » Et comme l'explique le Radak : s'Il est le vrai D.ieu, pourquoi ne te sauve-t-Il pas, pourquoi ne te délivre-t-Il pas de l'exil ?

Et ce pain de larmes m'éveille encore plus ardemment vers les eaux pures de la sainteté, vers les sources du salut, vers la prophétie et le roua'h hakodech. En d'autres termes, outre l'aspiration naturelle de l'âme, une autre nostalgie nous habite : celle d'une lumière dont nous sommes privés et que nous aspirons ardemment à retrouver. De là jaillissent une volonté ardente et un profond désir qu'Hachem nous rétablisse dans cette réalité où nous mériterons de contempler Sa présence.

Dans une remarque incidente, le Malbim précise pourquoi le texte compare précisément les larmes au pain. Quel est le pain de l'âme ? « Venez, mangez de mon pain, et buvez du vin que j'ai mêlé » : c'est l'étude de la Torah, les sacrifices et le service divin. Privé désormais de ce pain spirituel, de quoi puis-je me nourrir ? De mes larmes. Comment ? Lorsqu'un homme pleure, ce qui le tourmente s'échappe avec ses larmes et lui apporte l'apaisement. C'est une vérité d'expérience : ce qui détruit l'homme n'est pas ce qu'il mange, mais ce qui le ronge. Le drame commence lorsque l'individu se consume de l'intérieur. Mais s'il extériorise son chagrin - selon le verset : « L'anxiété dans le cœur de l'homme, qu'il l'exprime » - et s'ouvre à autrui, il se sent déjà soulagé. Même si son interlocuteur restait muet comme une souche et se contentait d'écouter, il repartirait en disant : je me sens bien plus léger. L'autre n'a rien dit, il n'est pas intervenu, et c'est là toute sa grandeur ; s'il avait parlé, il aurait peut-être brisé l'élan. Au moins, il m'a permis de formuler tout ce qui pesait sur mon cœur. Le simple fait de vider son trop-plein émotionnel, de pleurer, constitue une libération et une purification.

Cependant, cela ne résout pas le fond du problème. Ces larmes coulent justement de notre éloignement d'Hachem ; l'obscurité et la soif restent donc entières, car les larmes sont salées et ne font qu'attiser la soif. Il s'agit d'un répit illusoire, tel un comprimé calmant face à une maladie grave : il apaise l'espace d'un instant, mais ne guérit rien. L'aspiration et l'angoisse subsistent, tandis que résonne encore la provocation : « Où est ton D.ieu ? »

« L'épreuve rassasie l'homme »

Rachi commente l'expression « Mes larmes sont devenues mon pain » : d'ici, nous apprenons que la détresse rassasie l'homme au point de lui ôter l'envie de manger. C'est ce qui est dit de 'Hanna : « Elle pleurait et ne mangeait point » - sous le poids de son épreuve et de ses pleurs, elle avait perdu l'appétit. C'est une réalité bien connue : les personnes en dépression maigrissent parce qu'elles n'ont plus faim. L'un des plus grands défis auprès des malades consiste à leur dire : « Prends, mange », alors qu'ils répondent n'avoir aucune envie, aucun goût, aucun intérêt ; et pourtant, ces personnes jouissaient auparavant d'un excellent appétit.

On raconte qu'un homme vint trouver un rabbin pour se lamenter de sa situation financière catastrophique, égrenant la longue liste de ses soucis. Le rabbin lui demanda : « Et l'appétit, l'as-tu ? » L'homme s'écria : « Ah ça, Baroukh Hachem, un appétit pour deux ! Mais je n'ai rien pour le satisfaire. » Le rabbin lui répondit : « Sache que tu possèdes déjà un demi-million de dollars. » L'homme s'étonna : « Comment cela ? » Le rabbin poursuivit : « Il y a deux heures, un homme richissime est venu me trouver avec son épouse. Cette femme a totalement perdu l'appétit et n'a plus que la peau sur les os. Son mari m'a confié avoir dépensé un demi-million de dollars en médecins, traitements et voyages pour qu'elle retrouve l'envie de manger. Toi, tu as cette grâce gratuitement. Tu possèdes donc déjà un demi-million de dollars. »

D'autres commentateurs l'expliquent différemment. Le Radak précise : « Mes larmes ont été mon pain jour et nuit » - c'est-à-dire qu'avec mon pain, jour et nuit, se mêlaient mes larmes. Je pleurais tout en mangeant, car les pleurs m'accompagnaient en permanence. Et ces larmes, selon les termes d'Ibn Ezra, coulent sur la longueur de l'exil et sur la douleur de ne plus pouvoir monter en pèlerinage pour se réjouir devant Hachem. Quant à l'expression « jour et nuit », Ibn Ezra explique qu'elle désigne le secret et le grand jour, le jour représentant ce qui est manifeste et la nuit le temps de l'obscurité ; mes larmes étaient continuelles. « Où est ton D.ieu ? » - alors que j'avais autrefois le mérite de monter trois fois par an, et que j'en suis désormais privé.

En conclusion :

Ce psaume est le chant de l'un des maîtres de chant parmi les fils de Kora'h au sujet de l'exil. Il est structuré face aux trois pertes subies lors de cet exil : le dévoilement de la Présence divine (la Chekhina) et la prophétie, les signes et prodiges, ainsi que la souffrance même de l'exil - et c'est en regard de ces trois éléments que retentit par trois fois « Pourquoi t'abats-tu, mon âme ? », ce qui éclaire aussi la variation entre « les délivrances de Sa face » et « le salut de ma face et mon D.ieu ». L'âme aspire à D.ieu comme le cerf aspire aux cours d'eau, tant de par sa nature spirituelle que parce que sa vitalité dépend du « D.ieu vivant » ; et privée de son pain - la Torah, les sacrifices et le service divin -, elle se nourrit de ses larmes. Mais ces larmes soulagent sans guérir : elles sont elles-mêmes salées et assoiffantes, et en elles réside cette immense nostalgie : quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de D.ieu ?