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Psaume 40 - « Me voici, je viens pour accomplir » - 1ère partie

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Introduction

Nous poursuivons l'explication du psaume 40 des Téhilim, à travers les versets où le roi David expose ce que le Saint, béni soit-Il, attend véritablement de l'homme. Après avoir affirmé que le Créateur ne désire ni sacrifice ni oblation pour eux-mêmes, David proclame sa détermination à accomplir ce qui lui incombe. Dès lors, il met en lumière la nature profonde de sa reconnaissance : une louange qui ne procède pas d'une contrainte extérieure mais de l'intériorité du cœur, et une proclamation publique exempte de la moindre gloriole.

« Alors j'ai dit : Me voici, je viens » - L'explication du Radak

זֶבַח וּמִנְחָה לֹא חָפַצְתָּ, אׇזְנַיִם כָּרִיתָ לִּי, עוֹלָה וַחֲטָאָה לֹא שָׁאָלְתָּ׃ - Tu n'as désiré ni sacrifice ni oblation, Tu m'as creusé des oreilles ; Tu n'as réclamé ni holocauste ni sacrifice expiatoire.
אָז אָמַרְתִּי הִנֵּה בָאתִי, בִּמְגִלַּת סֵפֶר כָּתוּב עָלָי׃ - Alors j'ai dit : Me voici, je viens ; dans le rouleau du livre, il est prescrit à mon sujet.

Le Radak explique : « Alors j'ai dit » - c'est-à-dire au moment où j'ai été guéri de ma maladie, je me suis dit en mon cœur : Toi, Hachem, Tu n'as pas désiré de sacrifice ni d'oblation. Ce que Tu attends de moi, c'est uniquement que j'accomplisse Tes mitsvot, comme il est dit : « Tu n'as désiré ni sacrifice ni oblation, Tu m'as creusé des oreilles, Tu n'as réclamé ni holocauste ni expiatoire » - rien d'autre que l'observance de Tes commandements. C'est pourquoi le roi David s'écrie : me voici qui viens observer Tes commandements. Lesquels ? « Dans le rouleau du livre, il est écrit à mon sujet » - à mon sujet et au sujet de chacun des membres de Ton peuple. En d'autres termes : ce qui est prescrit dans la Torah et qu'il nous incombe de mettre en pratique. David affirme : ces obligations qui pèsent sur moi et qui sont écrites, je viens à présent les réaliser.

Toutefois, soulève le Radak, une précision grammaticale s'impose : le mot « méguila » (rouleau) est au féminin, alors que « katouv » (écrit) est au masculin. Il aurait donc fallu dire « béméguilat séfer ketouva alaï ». Le Radak répond que le terme masculin « katouv » se rapporte au mot « séfer » (livre) : dans le rouleau du *livre* - « séfer » étant masculin - il est écrit à mon sujet ; c'est là que sont consignés mes devoirs envers les commandements divins.

Le Midrash : « J'étais exclu et pourtant je suis venu »

Le Midrash dans Ruth Rabba (paracha 8) enseigne : Rabbi Yits'hak ouvrit son propos par ce verset : « Alors j'ai dit : Me voici, je viens ». Le Midrash explique : je devais entonner un cantique pour avoir pu venir, or le terme « az » (alors) se réfère au chant de louange, comme il est dit : « Az yachir Moshé ouvné Israël » (Alors Moïse et les enfants d'Israël chantèrent). Et quelle était la situation si extraordinaire qui exigeait un cantique ? David déclare : je faisais partie de ceux qui étaient frappés de l'interdit « il n'entrera point », et pourtant je suis venu ! En effet, David descendait de Ruth la Moabite, et la Torah stipule : « L'Ammonite et le Moabite n'entreront point dans l'assemblée d'Hachem ». J'aurais donc dû être exclu de la communauté d'Israël, et malgré cela, j'y suis entré - en vertu de l'enseignement traditionnel de nos Sages : « un Ammonite et non une Ammonite, un Moabite et non une Moabite ».

Non seulement je n'aurais pas dû intégrer l'assemblée, mais « dans le rouleau du livre, il est écrit à mon sujet » que je ne devais point venir. Où cela ? Dans la « méguila » - dans le rouleau des Lamentations (Eikha) : « Eux au sujet desquels Tu avais prescrit : Ils n'entreront point dans Ton assemblée ». Et dans le « séfer » - dans le livre de la Torah : « L'Ammonite et le Moabite n'entreront point dans l'assemblée d'Hachem ». Et malgré tout cela, je suis venu !

Bien plus encore, poursuit le Midrash en interprétant le verset sous une perspective opposée : « dans le rouleau du livre, il est écrit à mon sujet » - que je devais venir. Le Saint, béni soit-Il, a précisément inscrit à mon sujet dans le rouleau et dans le livre que j'entrerais. Dans la méguila - dans la Méguilat Ruth, au fil de la lignée généalogique : Pérèts, 'Hètsron, Ram, Aminadav, Na'hchon, Salma, Boaz, Oved, Yichaï, David. Il est ainsi attesté dans la Méguila que j'appartiens à cette dynastie et que j'ai mérité d'intégrer l'assemblée d'Hachem. Et dans le livre - dans le premier livre de Samuel : « Et Hachem dit : Lève-toi, oins-le, car c'est lui ».

Le Yalkout ajoute que le roi David est annoncé non seulement dans le livre de Samuel, mais déjà au cœur même de la Torah. Où cela ? Dans les paroles adressées par les anges à Loth : « Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici ». Nos Sages enseignent : que signifie l'expression « qui se trouvent » (hanimtsaot) ? Deux trouvailles précieuses (« métsi'ot ») : Ruth la Moabite et Naama l'Ammonite. Et quelle est la trouvaille dont il est question ? Comme il est écrit : « J'ai trouvé David Mon serviteur », ce que nos Sages ont commenté : où l'ai-Je trouvé ? À Sodome. Tel est le sens profond de : « Me voici, je viens ; dans le rouleau du livre, il est écrit à mon sujet » - dès la Torah, il est inscrit « tes filles qui se trouvent », d'où devait être issu le roi David. Ruth la Moabite donna naissance à la lignée royale, et Naama l'Ammonite devint l'épouse du roi Salomon.

« Faire Ta volonté, mon D.ieu, je l'ai désiré » - Une reconnaissance qui ne relève pas de l'obligation

לַעֲשׂוֹת רְצוֹנְךָ אֱלֹהַי חָפָצְתִּי, וְתוֹרָתְךָ בְּתוֹךְ מֵעָי׃ - Faire Ta volonté, mon D.ieu, je l'ai désiré, et Ta Torah est au fond de mes entrailles.

Le Malbim explique : « Faire Ta volonté, mon D.ieu, je l'ai désiré » - puisque je désire accomplir Ta volonté, cela signifie, dit David, que je viens T'offrir un sacrifice de reconnaissance non pas simplement parce que c'est prescrit dans la Torah - car j'agirais alors sous la contrainte d'un ordre divin -, mais par une prise de conscience intérieure de mon devoir de remercier Hachem. Et c'est une tout autre démarche : ce n'est pas comme un enfant à qui l'on dit « dis merci gentiment » et qui s'exécute, mais comme un adulte qui comprend de lui-même qu'il doit témoigner sa gratitude. David déclare : de moi-même, je désire accomplir un acte qui Te soit agréable, et je veux de mon propre chef manifester ma reconnaissance envers Toi.

Cependant, cela ne peut se manifester par une action ordinaire que tout le monde accomplit, car celle-ci n'exprime pas une reconnaissance singulière. Offrir spontanément une oblation ou un présent à celui qui vous a fait du bien, tous les hommes le font, et un tel remerciement n'a rien d'exceptionnel. C'est pourquoi David ajoute : « et Ta Torah est au fond de mes entrailles ». Tout homme apporte un sacrifice parce que la Torah l'ordonne, alors que pour moi, cette Torah est inscrite au plus profond de mes entrailles - c'est-à-dire dans mon cœur, dans mon intériorité, dans mon esprit et ma conscience. C'est là qu'il est gravé que celui envers qui Hachem a agi avec bonté se doit de Lui témoigner sa gratitude. Chez le commun des hommes, l'action de grâce découle d'une obligation, comme l'enseigne la règle selon laquelle « quatre personnes doivent rendre grâce », et c'est pour cette raison qu'on remercie et qu'on offre un sacrifice. Mais David dit : Maître du monde, chez moi, cela provient de la Torah gravée dans mes entrailles, d'un sentiment d'estime profonde et d'une reconnaissance qui jaillissent de mon être intime. Dès lors, mes actes se distinguent de ceux du reste des hommes - car « faire Ta volonté, mon D.ieu, je l'ai désiré », et par conséquent, « Ta Torah est au fond de mes entrailles ».

Autres explications sur « Ta Torah est au fond de mes entrailles »

Rachi explique « et Ta Torah est au fond de mes entrailles » : même la nourriture que je consomme est conforme à Ta Torah. En d'autres termes, tout ce qui pénètre dans mes entrailles respecte Ta Loi. Et il faut savoir que l'homme doit veiller scrupuleusement à ce qu'il introduit dans sa bouche. On raconte qu'un jour, des Hassidim séjournaient dans une auberge et se mirent à débattre pour savoir si tel aliment pouvait être consommé, s'il était cachère ou non. Un homme assis près d'eux - il semble qu'il s'agissait de Rabbi Sim'ha Bounem de Pshis'ha - les entendit disserter longuement, tout en remarquant que des propos de médisance (Lachon Hara) et de commérage se glissaient dans leurs échanges. Il leur dit alors : Messieurs, je vois que vous êtes extrêmement vigilants sur ce que vous faites entrer dans votre bouche ; êtes-vous tout aussi vigilants sur ce que vous en faites sortir ? Il est certes capital que seuls des aliments cachères pénètrent dans nos entrailles, mais il n'est pas moins essentiel de ne pas en faire sortir des paroles blâmables. Quoi qu'il en soit, selon Rachi, « Ta Torah est au fond de mes entrailles » signifie que tout ce qui remplit mes entrailles est conforme à Ta Torah - je ne mange qu'avec les surveillances rabbiniques les plus rigoureuses (hakhcharim méhoudarim).

Ibn Ezra explique que « Ta Torah est au fond de mes entrailles » fait référence au secret : c'est l'expression du fait que la Torah est intériorisée en moi, dans le secret, à l'image du verset « Mange ce rouleau », qui signifie qu'il faut l'étudier et l'intégrer au plus profond de soi. Le Radak, quant à lui, affirme que « dans mes entrailles » signifie dans mon cœur, car le cœur fait partie des viscères, et le terme « entrailles » désigne globalement la dimension intérieure de l'homme. Que veut-il exprimer par là ? Que la Torah demeure enracinée en moi, que je n'en détourne pas mon attention ne serait-ce qu'un instant, et que le fil de ma pensée ne cesse jamais de s'occuper de son étude. Tel est le sens de « Ta Torah est au fond de mes entrailles » : une présence constante au plus profond du cœur.

« J'ai proclamé la justice dans une grande assemblée » - Sans recherche de gloire

בִּשַּׂרְתִּי צֶדֶק בְּקָהָל רָב, הִנֵּה שְׂפָתַי לֹא אֶכְלָא, יְהֹוָה אַתָּה יָדָעְתָּ׃ - J'ai proclamé la justice dans une grande assemblée, voici que je ne retiendrai point mes lèvres, Éternel, Tu le sais.

Après avoir précisé qu'il n'offre point ce sacrifice par simple obligation rituelle, mais par une volonté sincère et une reconnaissance profonde envers les bontés d'Hachem, David vient maintenant préciser, explique le Malbim : même si je relate ce miracle devant une vaste assemblée, qu'on n'aille point s'imaginer que je le fais par vanité ou orgueil, à la manière de celui qui proclamerait « regardez, j'ai accompli de bonnes actions, j'ai pratiqué la justice et c'est pourquoi Hachem m'a secouru » - « J'ai espéré avec ferveur en l'Éternel et Il S'est penché vers moi », preuve que je suis un homme d'élite, j'ai été vertueux et Hachem m'a récompensé. Bien au contraire, souligne le Malbim : il sied aux hommes intègres de dissimuler leur piété et de ne pas s'en enorgueillir devant les foules, car lorsqu'un homme tire vanité de sa justice, c'est le signe qu'elle n'est pas vouée au Ciel (léchem Chamayim), mais destinée au regard des hommes.

En réalité, ce sont les actions cachées de l'homme qui rayonnent véritablement, tandis que ce qui est accompli pour la renommée et le prestige ne diffuse qu'une très faible lumière. Nous avons déjà eu l'occasion de le souligner à maintes reprises dans nos cours, à la lumière des écrits du Mikhtav Mé-Eliyahou du Rav Dessler, qui affirme avec évidence que l'on n'acquiert le Monde futur que par des actes accomplis de manière désintéressée (Lichma). C'est également ce qu'enseigne le Rambam : pour mériter le Monde futur, l'action doit être accomplie pour la gloire du Ciel ; si elle ne l'est pas, elle ne permet pas d'acquérir le Monde futur. C'est à ce propos qu'il est dit : chaque Tsadik ne souffrira en haut que de la voûte nuptiale (la 'houppah) de son prochain. Et à Novardok, on avait coutume de dire : ne lis pas « de sa 'houppah », mais « de son camouflage » (mé'hipouyo) - chaque Tsadik éprouvera un regret cuisant dans l'au-delà et s'écriera : pourquoi ne me suis-je pas dissimulé davantage ? Pourquoi ne me suis-je pas caché davantage ? Mon compagnon a su mieux se cacher, et c'est grâce à cela qu'il a accédé à un degré bien plus élevé ! Il sied donc aux hommes parfaits de cacher leur justice et de ne pas s'en glorifier devant les foules, faute de quoi leur démarche semblerait dénuée de pureté d'intention.

C'est pourquoi David déclare : « J'ai proclamé la justice » - j'ai annoncé mes actes de piété devant une foule nombreuse, et « voici que je ne retiendrai point mes lèvres » - je ne dois pas retenir mes lèvres d'en parler. Et si l'on demandait : pourquoi donc le publier, alors qu'il vaut mieux pour l'homme cacher ses actions ? À cela, David répond : « Éternel, Tu le sais » - Tu sais pertinemment que mon intention n'est nullement de me glorifier.

צִדְקָתְךָ לֹא כִסִּיתִי בְּתוֹךְ לִבִּי, אֱמוּנָתְךָ וּתְשׁוּעָתְךָ אָמָרְתִּי, לֹא כִחַדְתִּי חַסְדְּךָ וַאֲמִתְּךָ לְקָהָל רָב׃ - Je n'ai point enfoui Ta justice au fond de mon cœur, j'ai proclamé Ta fidélité et Ton salut, je n'ai point dissimulé Ta bonté et Ta vérité à la grande assemblée.

« Je n'ai point enfoui Ta justice au fond de mon cœur » - la justice et les bienfaits dont Tu as usé envers moi, je n'ai pas voulu les cacher ni les dissimuler au fond de mon cœur ; j'ai voulu au contraire que tous connaissent les actes de justice que Tu accomplis, afin que soient reconnues les œuvres bienfaisantes d'Hachem. « J'ai proclamé Ta fidélité et Ton salut » - en évoquant Ton salut, tout mon dessein était de proclamer la foi en Toi. En racontant les délivrances d'Hachem, on amène les hommes à la foi. Comme l'expliquent les maîtres hassidiques au sujet du verset « J'ai cru, car j'ai parlé » : lorsqu'un homme désire parvenir à la foi, il doit parler, parler des actes d'Hachem, de Sa puissance et de Sa main directrice, et faire le récit de Sa justice. Et lorsque je raconte à tous la délivrance, je répands par là même la foi en Toi.

Ainsi, « j'ai proclamé Ta fidélité et Ton salut » signifie : si j'ai relaté Ton salut, c'était afin de diffuser la foi en Toi, pour qu'en entendant que Toi, Hachem, Tu sauves quiconque s'abrite en Toi, tous reconnaissent que Tu veilles également sur moi et que mes délivrances émanent de Toi. C'est pourquoi « je n'ai point dissimulé Ta bonté et Ta vérité à la grande assemblée » : comme mon intention n'est nullement de me glorifier, je n'ai aucune hésitation à proclamer cela devant une foule nombreuse, car je ne suis pas venu vanter mes propres mérites, mais bien Ta justice, montrant que Toi, Hachem, Tu sauves ceux qui se réfugient en Toi. Mon désir était que le Nom divin soit sanctifié par là, et qu'ainsi les hommes placent leur confiance et leur foi en Hachem.

Rachi : « J'ai annoncé » au sens de chant de louange

Rachi explique que « j'ai annoncé la justice » fait référence au cantique de la mer Rouge (Chirat Hayam), au cantique du puits (Chirat Habe'er) et au cantique de Débora. On peut penser que Rachi a suggéré avec précision, par voie d'homélie (Derach), que « Bissarti » (בישרתי, j'ai annoncé) s'apparente à « bé-chirati » (בשירתי) - j'ai chanté ; car tous les exemples qu'il cite sont des cantiques : le cantique de la mer, le cantique du puits et le cantique de Débora. « J'ai annoncé la justice dans une grande assemblée » signifie ainsi : j'ai chanté les actes de justice qu'Hachem a accomplis envers nous, devant une vaste foule. « Voici, je ne retiendrai point mes lèvres » : je n'empêcherai pas mes lèvres de proclamer la louange d'Hachem, comme dans l'expression « Tu ne retiendras pas Ta miséricorde » (lo tikhla ra'hamékha), qui signifie : Tu ne refuseras pas Tes bontés.

Les miracles cachés - l'explication de Rabbi Yéivi

Le Mé'am Lo'éz rapporte une explication au nom de Rabbi Yéivi au sujet de ce que David dit avoir proclamé dans une grande assemblée : quatre catégories de personnes doivent rendre grâce publiquement - ceux qui ont traversé le désert, ceux qui ont navigué sur les mers et les fleuves, ceux qui sortent de prison, et celui qui a guéri de sa maladie, selon le moyen mnémotechnique tiré du verset « Et tous les vivants Te rendront grâce à jamais » (véKhol Ha'Hayim Yodoukha Séla). Ce sont là les miracles manifestes, pour lesquels on rend grâce devant une grande assemblée. Le roi David déclare : bien que j'aie fait cela, « je ne retiendrai point mes lèvres » de Te remercier continuellement, même pour les miracles cachés. Ce pour quoi il faut rendre grâce publiquement, je l'ai déjà proclamé dans une grande assemblée ; mais il convient aussi de rendre grâce pour ce qui s'est accompli en secret. Et c'est à ce propos qu'il dit : « Hachem, Toi, Tu le sais » - les miracles cachés, seul Hachem les connaît, car ils ne sont point visibles, conformément au verset « À Celui qui fait de grands prodiges, Lui seul » : Lui seul, car seul Hachem en a connaissance, tandis que l'homme l'ignore.

Et c'est sur cela que nous disons : « Louez Hachem, vous toutes les nations, célébrez-Le, vous tous les peuples ! Car Sa bonté a prévalu sur nous ». Tout le monde pose la question suivante : si Sa bonté a prévalu sur nous, c'est au peuple d'Israël de Le louer et de Le célébrer, alors pourquoi est-il écrit « Louez Hachem, vous toutes les nations » ? La réponse réside dans Tes miracles qui nous accompagnent chaque jour, que nous ne voyons ni n'entendons même pas. Qui donc Le louera ? Les nations. Cet ennemi parti préparer un engin explosif et qui a sauté avec dans les airs sans que personne n'en sache rien, ignorant tout de ses sinistres desseins et de la manière dont ils ont avorté : eux le savent, et ce sont eux qui loueront Hachem pour nous avoir préservés. « Louez Hachem, vous toutes les nations, car Sa bonté a prévalu sur nous » : louez-Le, vous, car vous seuls savez ce que vous complotiez contre nous, tandis que nous continuons notre chemin en toute innocence sans savoir à quel péril nous avons échappé. Ce sont là des miracles cachés. Et c'est à leur sujet que David s'exclame : « Hachem, Toi, Tu le sais » - je ne retiendrai point mes lèvres de célébrer aussi les miracles cachés que Toi seul connais, comme il est écrit : « À Celui qui fait de grands prodiges, Lui seul », car le bénéficiaire du miracle ne reconnaît pas lui-même le prodige opéré pour lui. C'est pourquoi David déclare qu'à chaque instant, il ne retiendra pas ses lèvres de rendre grâce, car en cet instant même, Tu as assurément accompli pour moi un miracle, en cet instant même, j'ai bénéficié d'une délivrance, en cet instant même, Tu me combles de Ta bienveillance, et c'est ce miracle caché que je célèbre à chaque instant.

Miséricorde, bonté et vérité

אַתָּה יְהֹוָה לֹא תִכְלָא רַחֲמֶיךָ מִמֶּנִּי, חַסְדְּךָ וַאֲמִתְּךָ תָּמִיד יִצְּרוּנִי׃ - Toi, Hachem, ne retiens point Ta miséricorde loin de moi ; que Ta bonté et Ta vérité me préservent toujours.

Toi, Hachem, ne me refuse point Ta miséricorde ; compte-moi cela comme un mérite, et accorde-moi ainsi le salut. Le Malbim explique qu'Hachem délivre l'homme selon l'une de ces trois voies : soit par miséricorde (ra'hamim) - lorsqu'Hachem voit un être misérable, pauvre et affligé, Il prend pitié de lui et le sauve ; soit par bonté gratuite ('hessed) - en comblant cet homme de Ses bienfaits même s'il n'est pas dans l'affliction ; soit par fidélité à la vérité (émeth) - en vertu d'une promesse qu'Il lui a faite, car la fidélité exige d'accomplir Sa parole. C'est pourquoi le verset conclut : « Que Ta bonté et Ta vérité me préservent toujours ».

En conclusion :

Dans ces versets, le roi David nous enseigne deux principes majeurs. Le premier - « Faire Ta volonté, mon D.ieu, est mon désir, et Ta Torah est au plus profond de mes entrailles » : la véritable reconnaissance ne s'acquitte pas comme d'une obligation extérieure, mais découle d'une prise de conscience intérieure que la Torah est gravée dans le cœur et dans l'intimité même de l'homme, englobant aussi bien ce qui entre dans sa bouche que ce qui en sort. Le second - « J'ai proclamé la justice dans une grande assemblée » : bien qu'il convienne aux hommes accomplis de dissimuler leur piété, car la lumière des actes cachés est plus grande que celle des actes manifestes et que c'est uniquement dans la pureté d'intention (Lishma) que l'on acquiert le Monde futur, David publie le miracle non pas pour faire l'éloge de sa propre justice, mais pour exalter celle d'Hachem, afin de conduire la multitude à la foi et à la confiance en D.ieu (Émouna et Bita'hon). Et par-dessus tout, David nous enseigne que même les miracles cachés, dont Hachem seul a connaissance, exigent notre gratitude à chaque instant - car à chaque instant s'accomplit un miracle pour nous, et nous devons implorer Hachem de ne point nous retenir Ses miséricordes, et que Sa bonté et Sa vérité veillent sur nous à jamais.