Introduction : Poursuite de l'étude du psaume 36
Dans la partie précédente, nous nous sommes arrêtés sur l'argument de l'impie qui ouvre le chapitre, ainsi que sur les deux modes de rétribution par lesquels le Saint, béni soit-Il, dirige Son monde. Voyons à présent comment le Malbim élucide, à la lumière de ces principes fondamentaux, les versets qui s'offrent à nous - des versets dont chaque terme renferme tout un univers de providence, de salaire et de châtiment, et de libre arbitre.
Deux sortes de rétribution : le miracle dévoilé et la nature dissimulée
Nous avons expliqué qu'il existe deux sortes de rétribution. Il y a la rétribution par le biais de la nature - qui constitue elle aussi une rétribution, car tout fonctionne comme « le grand violon » face « au petit violon », et le monde entier réagit aux actes des hommes. Et face à elle, la rétribution miraculeuse, car le miracle est lui aussi une rétribution accordée par le Saint, béni soit-Il, et fait partie intégrante de l'ordre du monde. Le Malbim précise : sache qu'il existe entre eux une différence essentielle. Dans le miracle - comme l'ouverture de la mer Rouge, la descente de la manne et les faits semblables -, la main d'Hachem est manifeste aux yeux de tous. Si un miracle de sauvetage survenait de nos jours, nous dirions aussitôt : c'est par le mérite d'untel ou d'untel, un événement surnaturel s'est produit ici. En revanche, dans la nature, rien n'est ainsi perceptible. Demandez pourquoi il pleut : personne ne vous répondra que la pluie est tombée parce qu'hier deux personnes de plus ont assisté au cours de Torah. Chacun l'attribuera à la carte météorologique et à des causes naturelles, et nul n'y verra une raison spirituelle.
Tsedaka et Michpat : quelle est la différence ?
Le Malbim explique en plusieurs endroits que chez les hommes, la « Tsedaka » concerne le domaine entre l'homme et son Créateur, tandis que le « Michpat » relève du domaine entre l'homme et son prochain. Ne concevez pas ici la Tsedaka comme le simple don d'une pièce de monnaie ; lorsqu'il est écrit « Et pour toi, ce sera une Tsedaka », cela découle de la racine de Tsadik : tu as accompli un acte de justice et de droiture entre toi et ton Créateur. En revanche, le verset « Et voici les lois (Michpatim) que tu placeras devant eux » renvoie aux lois du bœuf qui a encorné, aux règles de l'esclave hébreu, à tous les litiges financiers et aux relations humaines - tout cela s'appelle Michpat.
Cette même distinction s'applique également au Saint, béni soit-Il. La « Tsedaka » venant de Sa part désigne les actes qu'Il accomplit au titre de Sa divinité, par pure générosité et par Sa seule volonté, procédant d'un éveil d'en Haut, sans aucun lien avec nos œuvres. Le « Michpat » venant de Sa part désigne au contraire une conduite fondée sur l'examen des actes des êtres humains : selon tes actions, tu es méritant ou non ; selon tes actions, le jugement tranche si tu dois recevoir ou non.
La conduite de l'Unité et la conduite de la Justice
Il en ressort donc que les miracles éclatants opérés par Hachem sont appelés « Tsedaka », puisqu'ils procèdent de Son pur vouloir. C'est précisément la définition donnée par le Ram'hal de la « conduite de l'Unité » (Hanhagat HaYi'houd) comparée à la « conduite de la Justice » (Hanhagat HaMichpat). La conduite de l'Unité ne tient compte d'aucun calcul terrestre ni d'aucune loi naturelle : pourquoi Hachem a-t-Il agi de la sorte ? Parce qu'Il l'a voulu ainsi, Son Unité absolue n'ayant à se conformer à aucun paramètre extérieur. Elle ne dépend ni des mérites ni de la question de savoir si l'on est digne de recevoir. La rédemption future relèvera de cette conduite de l'Unité, tout comme la délivrance d'Égypte en relevait - car l'ange protecteur de la mer argumentait : « Ceux-ci sont des idolâtres, et ceux-là sont des idolâtres ! » Quelle fut donc la raison pour laquelle la mer s'est ouverte ? La conduite de l'Unité. Sous cette conduite, Hachem ne prend en considération ni les détracteurs, ni les accusateurs, ni les réquisitoires contraires, tel un roi qui abat toutes les clôtures sans que nul ne puisse s'opposer à lui. Cependant, ce n'est pas là Sa conduite permanente. La règle constante demeure la conduite de la Justice - « C'est par la justice qu'un roi affermit le pays » -, par laquelle le Saint, béni soit-Il, juge d'après les œuvres des hommes et selon ce qui leur revient légitimement.
La conduite miraculeuse ne regarde ni le jugement, ni la nature, ni l'ordre établi ; elle relève de la pure bonté du Saint, béni soit-Il, sans égard à nos mérites. La conduite de la Justice, en revanche, s'exprime dans le cadre de la nature : faites le bien - vous recevrez le bien, faites le mal - vous subirez le mal ; la nature est conditionnée par nos actes et réagit en parfaite harmonie avec notre conduite.
« Ta justice est comme les puissantes montagnes, Tes jugements sont un vaste abîme »
צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי אֵל, מִשְׁפָּטֶיךָ תְּהוֹם רַבָּה, אָדָם וּבְהֵמָה תוֹשִׁיעַ יְהֹוָה׃ - Ta justice est comme les puissantes montagnes, Tes jugements sont un vaste abîme ; Tu sauves l'homme et l'animal, ô Éternel.
« Tsidkatekha » (Ta justice) - c'est la bienveillance divine qui ne tient pas compte des accusateurs et des détracteurs, la conduite de l'Unité divine (hanhagat hayihoud), les miracles dévoilés. Et elle est « comme les puissantes montagnes » (keharéré El), telle une haute montagne visible de tous : chacun voit la bonté d'Hachem, la présence d'Hachem, Son influence. Personne ne dira que la mer s'est fendue d'elle-même, et personne ne dira que c'est par hasard que la manne est tombée pour le peuple d'Israël précisément au moment où ils n'avaient plus rien à manger. Pour tous, il est évident que cela découle de Sa volonté bénie, on y perçoit la main d'Hachem.
En revanche, « Michpatekha » (Tes jugements) - la manière dont Hachem rétribue et punit - s'opère par des miracles cachés, à travers les lois de la nature, et cela constitue « un abîme immense » (tehom raba) : un endroit dont on ne discerne pas le fond. La conduite du Jugement (hanhagat hamichpat) est une conduite voilée. Nous ne voyons pas pourquoi tel individu est touché, à Dieu ne plaise, par un accident de la route. C'est un jugement, Hachem a exercé un jugement à son encontre - mais sur quoi ? C'est caché, nous n'y voyons pas la main d'Hachem. À l'inverse, lors de l'ouverture de la mer Rouge, tout le monde a vu la main d'Hachem de ses propres yeux.
Pourquoi le jugement est-il voilé ?
C'est de là, explique le Malbim, que provient le doute de beaucoup quant au principe de la rétribution et du châtiment. Un homme voit un tsadik souffrir sans savoir pourquoi ; il ignore qu'il s'agit de la conduite du Jugement pour une faute infime commise par ce juste dans cette incarnation ou dans un autre guilgoul. Et la question surgit immédiatement : pourquoi cette conduite ne serait-elle pas plus manifeste et limpide ? Car ce voilement lui-même engendre l'hérésie, comme nous l'avons vu dans le verset « Néoum pécha laracha » - le mécréant prétend qu'il n'y a pas de Dieu ni de salaire et de punition. Si tout était dévoilé, chacun verrait immédiatement que tel homme a été châtié parce qu'il le méritait, et que tel autre est comblé parce qu'il le méritait.
C'est sur cela que David HaMélekh poursuit : « Adam ouvéhéma tochia Hachem » (Hommes et bêtes, Tu les sauves, Hachem). Il ne s'agit pas ici de deux créatures distinctes, mais de chacun d'entre nous, qui est constitué de deux composantes : une dimension humaine et une dimension animale. Car physiquement, il n'y a pas de différence fondamentale entre nous et l'animal ; lorsqu'on veut savoir ce qui convient à l'être humain, on effectue des tests sur des souris de laboratoire, et l'on en vient même à transplanter un cœur de porc chez l'homme. Le Midrach énumère d'ailleurs plusieurs points par lesquels l'homme s'apparente à la bête : il mange comme la bête, fait ses besoins comme la bête, dort comme la bête, et ainsi de suite. Sur le plan physiologique, l'homme ne diffère en rien de l'animal, et il est soumis comme lui aux lois de la nature : quand on le blesse, il a mal, et quand on le réjouit, il éprouve du plaisir.
Et qu'est-ce que l'« Adam », la part véritablement humaine en lui ? C'est la partie spirituelle, psychologique, intellectuelle - la dimension par laquelle l'homme choisit de faire le bien ou le mal. Quand on parle d'« être humain », s'agit-il simplement de soixante-dix kilos de chair ? Certainement pas. L'homme est avant tout son âme et sa dimension spirituelle, et c'est dans cette part qu'il puise la force d'agir à l'encontre de la bête qui sommeille en lui.
« Un chat est forcé d'être un chat »
Une bête n'a pas d'autre choix que d'être une bête. On raconte que Zvi Inbal courait un jour pour attraper un bus, mais dès que le chauffeur l'aperçut, il ferma les portes. Il se dit : moi aussi, je suis israélien, et glissa son pied entre les deux portes. Le seul choix qui restait au chauffeur était de démarrer en lui écrasant le pied. À l'époque, les chauffeurs étaient plus civilisés, et il comprit que ce n'était pas une option. Avant même que le chauffeur n'ouvre, Zvi Inbal lui glissa une question : « Sais-tu quelle est la différence entre toi et un chat ? » La question fit mouche : le chauffeur ouvrit la porte et demanda : « Alors, quelle est la différence ? » Il lui répondit : « La différence, c'est qu'un chat est forcé d'être un chat, alors que toi, tu peux aussi choisir d'être un être humain. »
C'est une formule percutante. Tu as le pouvoir d'être un être humain, comme tu as celui de ne pas l'être. On n'emploierait jamais une telle expression pour un animal : on ne dit pas d'un animal qu'il n'est « pas un chien », « pas un chat » ou « pas un lion ». L'homme est la seule créature dont on peut dire : « ce n'est pas un homme », ce qui signifie que l'animal a pris le dessus sur lui. L'animal est conditionné : touchez une vache, elle sursaute ; agitez un drap rouge devant un taureau, il charge. Et il existe des personnes qui agissent comme des bêtes, totalement conditionnées : on sait exactement quel mot prononcer pour faire exploser le volcan. Mais en l'homme réside la force d'agir contre la bête qui est en lui : j'avais envie d'exploser, et je suis capable de me retenir, de ravaler ma salive et de ne pas réagir. En vertu de quoi ? Grâce à la dimension humaine, grâce à l'intellect et à la néchama. Le corps est conditionné : si j'avance la main vers le feu, elle se retire aussitôt, c'est un réflexe. Pourtant, l'homme est capable de maintenir sa main dans le feu quatre secondes de plus, et cela provient de la part spirituelle qui est en lui.
Sur quoi mérite-t-on un salaire ?
Les actes que l'homme accomplit par pure nature, par son côté animal, ne donnent lieu ni à une récompense ni à une punition. Le fait qu'un homme n'avale pas de poison mortel ne lui vaut aucune récompense : l'animal lui aussi veut vivre ; posez un chat sur un toit, il s'avancera jusqu'au bord puis fera demi-tour. L'instinct de conservation existe chez chaque créature. Le libre arbitre, affirme le Malbim, ne s'exerce que là où l'homme accomplit le bien simplement parce que c'est bien, même si cela s'oppose à son propre intérêt. Mon intérêt personnel est de garder mon argent dans ma poche, et pourtant, à la vue d'un nécessiteux, je suis capable d'agir contre mon intérêt et de donner de ce qui m'appartient : c'est là qu'intervient le bris du penchant (chevirat hayétser). Celui que l'on a provoqué et qui se retient agit contre sa nature : la nature dicte « on m'énerve, j'explose », mais lui a agi par sa dimension spirituelle et son pouvoir de décision, triomphant ainsi de sa nature.
L'homme, un microcosme
Le Saint, béni soit-Il, a fixé dans l'homme toutes les lois de la nature dispersées dans l'ensemble de la Création. L'homme est un microcosme, un « petit monde », et cela comprend toutes les natures des animaux. C'est pourquoi on nous dit : « Sois audacieux comme le léopard, léger comme l'aigle, rapide comme le cerf et fort comme le lion » - suis-je donc un aigle ? Suis-je un lion ? C'est plutôt que tout est en toi. Parfois, on t'énerve et tu te hérisses comme un hérisson en décochant des flèches ; parfois, on t'effraie et tu te recroquevilles et t'enfuis comme un lièvre ; et parfois, tu es comme un lion et tu combats avec vaillance. Quelle nature y a-t-il en toi ? Toutes les natures, et l'homme doit savoir quelle force déployer et à quel moment. De même, nos Sages ont dit que sa poussière a été rassemblée du monde entier - Hazal ont expliqué que c'était pour que la terre l'accueille en tout lieu lors de sa mort, mais on voit en tout cas que pour créer l'homme, il a fallu tout y intégrer : il y a en lui du magnésium, de l'or, du fer, certes en quantités infimes, mais tout s'y trouve. L'homme englobe en lui toute la nature.
Mais le Saint, béni soit-Il, a confié à l'âme humaine, la dimension intellectuelle et spirituelle, la maîtrise de la nature - et avant tout, la maîtrise de sa propre nature. Et remarquez combien cela est admirable : nous avons expliqué que l'homme est le petit violon qui correspond au grand violon qu'est le monde. Qui est capable de maîtriser le monde ? Seul celui qui est capable de se maîtriser lui-même, car lui seul a reçu les clés. Tu te maîtrises toi-même : tu maîtriseras aussi le monde entier.
Que s'est-il passé lorsque Moché Rabbénou a perdu la maîtrise de lui-même et a dit : « Écoutez donc, rebelles » ? À cet instant précis, le rocher est devenu sourd, insensible, hermétique. Alors qu'auparavant, lorsqu'il se maîtrisait, le monde entier était soumis sous ses pieds. Si tu te maîtrises toi-même, tu maîtriseras aussi autrui et la nature ; si tu ne te maîtrises pas, la nature non plus ne t'écoutera pas, tu auras beau lui parler du matin au soir. Et si tu prends un bâton pour frapper, certes tu la contraindras et la menaceras, mais ce n'est pas là une véritable écoute.
C'est ainsi que Chaoul a dit à David : « Je sais que tu régneras assurément ». Tout le monde demande : comment le savais-tu, Chaoul est-il donc aussi parmi les prophètes ? La réponse est : j'ai vu que tu as été capable de couper le pan de mon manteau sans me tuer - tu possèdes une maîtrise extraordinaire sur ta nature. Celui qui est capable de maîtriser ses penchants régnera aussi sur les autres, et comment celui qui ne se maîtrise pas lui-même pourrait-il diriger les autres ? Et celui qui dirige les autres règne sur le monde entier, car les clés lui ont été remises entre les mains.
Pourquoi Hachem a-t-Il dissimulé le jugement ?
À présent, on comprend pourquoi « Ta justice est comme les hautes montagnes » tandis que « Tes jugements sont un grand abîme » : parce que « Tu sauves l'homme et la bête, ô Éternel ». Le Saint, béni soit-Il, veut sauver l'être humain, qui est composé d'homme et d'animal. Et comment le sauvera-t-Il ? En faisant en sorte que l'homme choisisse le bien par discernement et réflexion. Si l'on te dévoilait ouvertement le bien et le mal, ce serait comparable à quelqu'un qui n'enfonce pas sa main dans le feu - il n'y a aucune récompense pour cela. Personne ne commettrait de fautes, et personne ne mériterait de salaire : tout serait évident, chaque transgression recevrait un jugement immédiat et chaque mitsva une récompense immédiate - sur quoi mériterais-tu une récompense ? Mais comme le Saint, béni soit-Il, a voulu t'accorder une abondance infinie grâce à ta victoire sur toi-même, Il a dû te dissimuler les jugements. S'ils étaient manifestes, tu choisirais le bien simplement par intérêt. C'est pourquoi « Tes jugements sont un grand abîme » - cela, Je le cache. Et par ce moyen, « Tu sauves l'homme et la bête, ô Éternel » : il y a un salut tant pour la part spirituelle que pour la part animale de l'homme, car ils disposent du libre arbitre, et grâce à lui, ils méritent une récompense pour avoir choisi le bien.
« Combien est précieux Ton bienfait, ô Dieu ! »
מַה יָּקָר חַסְדְּךָ אֱלֹהִים, וּבְנֵי אָדָם בְּצֵל כְּנָפֶיךָ יֶחֱסָיוּן׃ - Combien est précieux Ton bienfait, ô Dieu ! Les enfants des hommes s'abritent à l'ombre de Tes ailes.
Rachi explique selon le sens littéral : il ne convient pas d'étendre Ta bonté à ces impies, mais seulement aux êtres humains qui s'abritent à l'ombre de Tes ailes - seul celui qui se réfugie sous Tes ailes est digne que Tu déverses sur lui Ta bonté, et ce sont eux qui « se rassasient de l'abondance de Ta maison, et Tu les abreuves au torrent de Tes délices ». En d'autres termes : n'accorde pas de bonté aux impies.
Et le Malbim explique : « Ton bienfait » (Hassdekha) correspond, comme nous l'avons expliqué, à la providence de l'Unité (Hanhagat HaYihoud), une conduite divine qui ne dépend pas des actes mais uniquement de Sa volonté, qu'Il soit béni. Et cette bonté est « précieuse » (Yakar) - c'est-à-dire rare et inestimable. Pourquoi ? Parce que le Saint, béni soit-Il, ne gouverne pas Son monde par le seul Hessed, mais par la justice : « Un roi affermit le pays par la justice ». Il ne fait appel au Hessed que dans des cas exceptionnels, comme lors de la délivrance d'Égypte et lors de la rédemption future. Le Malbim enseigne constamment que le terme « Yakar » désigne une chose rare. Pourquoi les diamants sont-ils chers ? S'il y avait autant de diamants que de sable, ils ne vaudraient rien, et on s'en servirait pour paver les routes à la place du gravier. Toute chose est précieuse à proportion de sa rareté. De même, la réalité spirituelle divine est rare en ce monde, et les justes sont peu nombreux. « Combien est précieux Ton bienfait » - combien est rare et sublime cette bonté divine si exceptionnelle, ce bienfait par lequel Hachem a implanté dans l'homme une parcelle divine d'en haut, une étincelle divine.
« Et les enfants des hommes s'abritent à l'ombre de Tes ailes »
« Les enfants des hommes » - ceux qui relèvent de la dimension humaine et non de la dimension animale - s'abritent à l'ombre de Tes ailes. Et qu'est-ce que « l'ombre de Tes ailes » ? Ce sont les actes que l'homme accomplit, par lesquels il se rapproche d'Hachem et attire sur lui une abondance divine et une spiritualité d'en haut, jusqu'à devenir une entité spirituelle digne de goûter aux délices de l'Éden éternel dans la vie du monde futur. Aux degrés les plus élevés, dès ce monde-ci, l'homme se dépouille de la matérialité, comme Élie et comme Hénoc ; et aux degrés inférieurs, cela ne s'accomplit que là-bas, mais il finira par devenir une réalité spirituelle et divine. Et cette bonté est réservée à l'homme seul : toutes les créatures sont soumises à la nature, et seuls les êtres humains se trouvent sous l'ombre de Dieu, sous la providence particulière et personnelle accordée par Lui, qu'Il soit béni - tel un oiseau qui déploie ses ailes sur ses oisillons, et tout cela grâce à l'âme qui est spirituelle et divine. Les autres êtres vivants ne s'abritent pas à l'ombre des ailes d'Hachem, car ils sont matériels et purement animaux.
« Que cela t'apportera-t-il ? » - Une question animale
Dès lors, lorsqu'un homme vient demander : « Que t'apportera cette mitsva ? », c'est une question purement animale, car il conçoit l'être humain comme un être grossier et matériel, à l'égal d'une bête. Et en vérité, si l'homme n'était qu'un animal, la question serait légitime : prenez un singe, mettez-lui des téfilines - quelque chose a-t-il changé ? Un singe avec des téfilines ou sans téfilines, c'est le même singe sous deux formats différents, rien n'a changé en lui. Mais si l'on comprend que l'homme est une part divine d'En haut, on saisit que les actes que l'on accomplit ne sont pas seulement physiques ; il s'agit d'une action spirituelle et intérieure. De même que personne ne s'approche d'un poste de radio pour y chercher le petit bonhomme assis à l'intérieur du récepteur - nous comprenons tous qu'il s'agit d'ondes, une réalité subtile et invisible (bien que les ondes puissent encore être mesurées par des instruments matériels, cela reste une bonne métaphore) -, de même, il faut comprendre que l'homme n'est pas ce simple amas de molécules visible aux yeux.
Il faut savoir que lorsque l'homme accomplit un acte, celui-ci opère dans les mondes supérieurs, dans les sphères spirituelles. Soit dit en passant, il existe aujourd'hui des photographies spéciales permettant de capturer les auras, et l'on peut voir un homme avant la pose des téfilines et après les avoir mises. Il est bien connu que certaines couleurs de l'aura, comme le jaune ou d'autres teintes semblables, témoignent d'un niveau spirituel élevé. On observe ainsi qu'au moment précis où il pose les téfilines, l'aura se transforme, et dès qu'il les retire, cette aura retombe. L'homme matérialiste pense que l'être humain n'est qu'un bloc de chair, et c'est pourquoi il demande : que cela t'apporte-t-il vraiment ? Et sur le plan purement physique, il a raison, cela n'apporte rien. Mais si l'on comprend que l'homme est constitué de strates spirituelles, on sait quelle influence immense la pose des téfilines exerce sur l'âme, et quel ravage est causé à l'âme lorsqu'on ne les met pas. Certains maîtres affirment même qu'un homme qui n'a pas mis les téfilines un seul jour entre dans la catégorie du « Karkafta dé-la mana'h téfiline » (un crâne qui n'a pas posé les téfilines), qui font partie de ceux qui descendent au Guéhinam et n'en remontent pas - même pour un seul jour, car on comprend alors de quoi l'âme a été privée lorsqu'on a négligé les téfilines.
De là se comprend tout l'argument du mécréant au début du chapitre : « Car il s'aveugle à ses propres yeux, refusant de reconnaître sa faute pour la haïr », c'est-à-dire : quelle raison y a-t-il de haïr la faute ? C'est une affirmation qui découle du fait que le mécréant ne voit dans l'homme qu'un assemblage de tendons et d'os, et dès lors, il ne voit véritablement aucun sens à l'accomplissement des mitsvot. Mais si l'homme est une créature spirituelle, on comprend que par chaque action accomplie ici-bas, on exerce un impact dans les sphères célestes.
En conclusion : « Ta justice est comme les hautes montagnes » - la conduite d'Unicité et les miracles dévoilés apparaissent aux yeux de tous comme une montagne imposante, tandis que « Tes jugements sont un abîme immense » - la conduite de la justice, par laquelle Hachem rétribue l'homme selon ses actes, s'opère par des miracles cachés et à travers les lois de la nature. Et pourquoi Hachem a-t-Il dissimulé ce jugement ? Parce que « Tu sauves l'homme et la bête, ô Éternel » : l'homme est constitué à la fois d'une bête et d'un homme véritable, et ce n'est que par la dissimulation du jugement que son libre arbitre est préservé, lui permettant de choisir le bien parce qu'il est le bien, et de mériter, par son dépassement de soi, une abondance infinie. « Combien est précieuse Ta bonté, ô Dieu ! » - le 'Hessed est rare et précieux comme un diamant, car la conduite du monde repose sur la justice ; « et les fils de l'homme s'abritent à l'ombre de Tes ailes » - seul l'homme, en vertu de son âme spirituelle, a le mérite de se trouver sous la providence particulière du Créateur. Et quiconque comprend cela ne demande plus jamais « Que cela t'apportera-t-il ? », mais sait que chacun de ses actes opère dans les mondes supérieurs.