יְקוּמוּן עֵדֵי חָמָס אֲשֶׁר לֹא יָדַעְתִּי יִשְׁאָלוּנִי׃ - Des témoins de violence se lèvent : ils m'interrogent sur ce que j'ignore.
Contre ses biens matériels, David déclare : ils ont engagé de faux témoins pour déposer contre moi en matière financière. Et ils ont agi avec une grande ruse : s'ils m'avaient accusé d'actes que j'avais moi-même commis, j'aurais pu contester et réfuter leurs allégations. C'est pourquoi ils ont procédé par subterfuge : « אשר לא ידעתי ישאלוני » (ils m'interrogent sur ce que j'ignore). Lorsque quelqu'un vient prétendre que vous lui devez de l'argent, vous pouvez le nier. Mais s'il affirme : « Ton père m'a emprunté telle somme » - que puis-je savoir des affaires financières de mon père ? C'est précisément sur ce terrain qu'ils m'ont attaqué : sur ce dont je n'ai aucune connaissance. Ils m'ont réclamé des comptes sur des choses que j'ignore totalement, puis ils ont exigé que je paie, en ajoutant : « Laisserais-tu donc ton père en haut, dans l'au-delà, chargé de dettes impayées ? »
יְשַׁלְּמוּנִי רָעָה תַּחַת טוֹבָה שְׁכוֹל לְנַפְשִׁי׃ - Ils me rendent le mal pour le bien, causant l'isolement et le deuil à mon âme.
Ici, David en vient au mal qu'ils ont cherché à infliger à son âme. Le Malbim explique : selon la nature humaine, celui qui cause du tort à son prochain le fait généralement par vengeance, parce que l'autre l'a d'abord lésé - « tu m'as fait ceci, maintenant tu vas payer ». Mais David s'exclame : pour moi, ce fut « le mal pour le bien ». Le terme « ישלמוני » (ils me rendent) montre qu'ils ont agi comme s'ils réglaient une dette ou se vengeaient - et de quoi ? Du bien même que je leur avais fait. Et quant à son âme - « שכול לנפשי » (le deuil pour mon âme) : ils ont souhaité que mon âme soit endeuillée et dépouillée, tel un parent privé de ses enfants, une âme isolée et bannie de l'héritage de l'Éternel.
Il a déjà été souligné qu'une personne qui rend service à son prochain cherche bien souvent à figer ce bienfait : « Ne me rembourse surtout pas ». Pourquoi ? Parce qu'il lui est confortable de rester en position de force, de savoir que l'autre lui sera perpétuellement redevable. Rabbénou Yéro'ham de Mir enseignait que c'est une grave erreur : si vous avez fait du bien à quelqu'un, ménagez-lui des occasions de vous rendre la pareille, car personne n'aime demeurer redevable. Donnez-lui la possibilité de vous rembourser, ou du moins le sentiment qu'il le fait, et vous accomplirez ainsi envers lui une véritable bonté.
Dans la réalité, puisqu'un homme déteste se sentir débiteur, il se crée dans les situations où il ne peut pas payer une dynamique absurde : il en vient à nier la dette. S'il peut s'en acquitter, il paie. Mais s'il en est incapable, ou s'il n'a pas l'honnêteté de rembourser, il nie la dette, et pire encore, il s'en prend à vous : « De quel droit viens-tu me réclamer quoi que ce soit ? »
Le 'Hatam Sofer remarquait ainsi : c'est la raison pour laquelle nous constatons si souvent que ce sont précisément les personnes envers lesquelles nous avons été les plus bienveillants qui finissent par nous faire du mal. Pourquoi ? Parce qu'il est pénible d'être dans la posture du receveur, de celui qui a une dette envers vous, et la personne préfère vous nuire, comme pour proclamer : « Je ne te dois absolument rien ». On raconte qu'un homme s'acharnait un jour contre le 'Hatam Sofer avec une haine farouche, et le maître dit : « Je ne comprends vraiment pas pourquoi cet homme me persécute ainsi ; je n'ai pourtant pas le souvenir de lui avoir fait tant de bienfaits pour mériter une telle animosité ».
C'est exactement ce qui est formulé ici : « Ils me rendent le mal pour le bien ». J'ai agi avec bonté à leur égard - et voilà ce qu'ils me donnent en retour.
וַאֲנִי בַּחֲלוֹתָם לְבוּשִׁי שָׂק עִנֵּיתִי בַצּוֹם נַפְשִׁי וּתְפִלָּתִי עַל חֵיקִי תָשׁוּב׃ - Et moi, quand ils étaient malades, mon vêtement était un sac, j'affligeais mon âme par le jeûne, et ma prière revenait sur mon sein.
David décrit à quel point il n'a cherché que leur bien : lorsqu'ils tombaient malades, cela m'attristait tellement que j'en tombais malade à mon tour. Je devenais malade de te voir souffrant, mon cœur souffrait de ta maladie - et eux, en me voyant m'aliter, se réjouissaient. Moi je tombais malade de leurs maladies, et pendant que j'étais malade, eux se réjouissaient. Et quand ils étaient souffrants, je faisais tout ce qu'il était possible de faire : je revêtais un sac, j'affligeais mon âme par le jeûne, je jeûnais afin de prier pour leur guérison.
Et non seulement cela, mais "et ma prière revenait sur mon sein" : je priais avec une telle intention, du fond du cœur et en secret, une prière intérieure dans le sein, et non pour montrer aux autres que je priais pour eux. Car sinon, on aurait pu dire : David, au plus profond de toi tu priais pour qu'ils meurent, et ce n'est qu'en apparence que tu montrais ton souci pour eux. À cela il répond : non et non, ma prière était intérieure, dans mon sein, en secret. Et pas une seule fois, mais "revenait" - je revenais prier encore et encore.
Le Radak explique autrement : certains disaient de lui, de ses ennemis Ahitofel et Doëg l'Édomite, que ce n'est qu'en apparence que tu montres que leurs maladies te font mal, mais en cachette, derrière le rideau, qui sait ce que tu pries : Maître du monde, prends-les vite, fais-les périr. David leur répond : la prière que j'ai priée sur eux, qu'elle revienne sur moi ! Et il apporte cela comme preuve : le roi David dirait-il une telle chose, qu'une malédiction vienne sur lui ? C'est donc certain que je n'ai prié pour eux que pour qu'ils vivent et que le bien soit avec eux, et c'est pourquoi je pouvais dire "revenait sur mon sein" - je le souhaite pour moi-même.
De ce qui est écrit ici "mon vêtement était un sac", je me suis souvenu d'une histoire : il y avait quelqu'un qui se faisait passer pour un juste et revêtait un sac, se montrant comme un ascète. Et tous le méprisaient, car ils reconnaissaient que c'était du théâtre, et ils l'appelaient sot. Une fois, il arriva chez le Maguid de Mézéritch, et le Maguid connaissait son histoire. Avant d'entrer, il tira un peu le sac vers l'extérieur - car le sac se porte toujours en dessous, et par-dessus une chemise et un manteau - afin qu'il soit visible de l'extérieur et que le Rav remarque qu'il portait un sac. Il entra, et entendit le Maguid se dire à lui-même : ce n'est pas un sot. L'homme se réjouit : le Rav est d'accord que ce qu'on dit de moi n'est pas vrai. Le Maguid lui dit : ce n'est pas de toi que j'ai parlé. Il demanda : et de qui ? Il lui répondit : du mauvais penchant, il est écrit qu'il est "un roi vieux et sot", et s'il a réussi à te faire entrer dans son sac, alors il n'est vraiment pas sot, c'est un grand malin. Regarde comme il a rusé avec toi et t'a fait entrer dans son sac, au point que tu penses déjà être je ne sais quel juste.
כְּרֵעַ כְּאָח לִי הִתְהַלָּכְתִּי כַּאֲבֶל אֵם קֹדֵר שַׁחוֹתִי׃ - Comme un ami, comme un frère pour moi je me comportais, comme celui qui pleure sa mère j'étais assombri et courbé.
Le Malbim dit : je me suis conduit avec eux comme s'ils étaient un ami et un frère pour moi. De même que je me soucie de mon frère malade et de mon ami malade, ainsi je me suis soucié d'eux, et j'allais tout le temps les visiter. "Comme celui qui pleure sa mère" - comme un homme qui porte le deuil de sa mère, qui, à cause de la grande douleur du deuil, devient sombre et courbé, et l'on voyait sur moi à quel point leurs maladies me faisaient mal.
Rachi explique qu'on peut comprendre "comme celui qui pleure sa mère" de deux façons : comme un homme qui pleure sa mère, ou comme une mère qui pleure son fils. Et les deux sont justes, car tant l'homme qui pleure sa mère éprouve une grande douleur que la mère qui pleure son fils - et dans les deux cas nous arrivons au même résultat. Mais il faut comprendre : pourquoi est-il dit "comme celui qui pleure sa mère" et non "comme celui qui pleure son père" ? Un homme ne porte-t-il pas le deuil de son père ?
Le Radak explique qu'en vérité un homme souffre davantage de la mort de sa mère que de celle de son père : c'est d'elle qu'il a été formé dans son ventre, c'est elle qui l'a allaité, sevré et élevé jusqu'à ce qu'il grandisse, et même après avoir grandi, c'est elle qui se trouve à la maison et lui prépare tous ses besoins en nourriture et en boisson. Et comme le rapporte la Guemara, naturellement le fils aime davantage sa mère, tandis qu'il honore son père davantage et le craint davantage. C'est pourquoi il est dit "chacun craindra sa mère et son père" - dans la crainte on place la mère en premier, car naturellement il n'a pas de crainte envers elle, il se sent très proche d'elle, tandis qu'envers le père il a plus de distance et de crainte. En revanche "honore ton père et ta mère" - car honorer la mère lui vient de toute façon naturellement, parce qu'il est proche d'elle et qu'elle le gâte, tandis que le père reçoit pour ainsi dire moins du côté de l'honneur.
À ce propos, quelqu'un remarqua un jour : quand le fils appelle à la maison et que le père décroche, la première question est "où est maman ?". Le fils développe moins de lien avec le père. Le père garde ses distances : bonjour, comment ça va, Dieu merci, maman est à la maison ? Tandis que la mère développe la conversation - c'est bien que tu aies appelé, comment vas-tu, et elle raconte ce qu'elle a vécu. Les hommes sont brefs et pragmatiques, au point que parfois le père demande : pourquoi as-tu appelé, tu as besoin de quelque chose ? Tel est le sens de "celui qui pleure sa mère" - qu'un homme porte davantage le deuil de la mort de sa mère.
Le Radak rapporte encore une autre explication au nom de son père : « comme le deuil d'une mère » fait référence au deuil du nourrisson dont la mère est morte. En effet, à leur époque, il n'existait pas de substituts de lait maternel, et lorsque la mère mourait sans qu'il y ait de nourrice, c'était la plus grande des détresses. Lorsque le père meurt, le nourrisson a encore sa mère pour l'allaiter, mais quand sa mère disparaît, qui va le nourrir ?
וּבְצַלְעִי שָׂמְחוּ וְנֶאֱסָפוּ נֶאֶסְפוּ עָלַי נֵכִים וְלֹא יָדַעְתִּי קָרְעוּ וְלֹא דָמּוּ׃ בְּחַנְפֵי לַעֲגֵי מָעוֹג חָרֹק עָלַי שִׁנֵּימוֹ׃ - Mais quand je trébuche, ils se réjouissent et s'attroupent ; des misérables se rassemblent contre moi à mon insu, ils déchirent sans relâche. Avec des hypocrites et des railleurs de festin, ils grincent des dents contre moi.
Le Radak explique : je me souciais d'eux lorsqu'ils étaient malades, tandis que lorsque je suis tombé malade, ils se sont grandement réjouis et ont fait la fête. « Quand je trébuche » (betsal'i) - lorsque je boitais sous la douleur de mes membres, ils se réjouissaient et s'attroupaient, se réunissant pour se raconter les nouvelles et jubiler ensemble : As-tu entendu ? David est malade ! Quel est son état ? Dit-on qu'il va s'en sortir ou non ? « Des misérables » (nékhim) - le Radak explique qu'il s'agit d'individus vils et méprisables, comme il est dit : « Fils d'insensés, fils de gens sans nom, chassés de la terre ».
« À mon insu » (vélo yada'ti) - David déclare : je ne comprends pas ce qui les a poussés à venir se réjouir de mon malheur, alors qu'au contraire, j'avais mal de leur propre souffrance et ne leur avais rendu aucun mal. « Ils déchirent sans relâche » (kar'ou vélo damou) - ils ont ouvert leur bouche toute grande à force de rire. La racine de déchirement exprime ici une ouverture béante, comme dans « élargir tes yeux avec du fard » (tikre'i vafoukh 'einayikh) - ouvrir grand les yeux, ou encore « et y percer des fenêtres » (vekara' lo 'halonay) - percer une ouverture. De même, ils ont fendu leur bouche pour éclater de rire et jubiler à mes dépens. D'autres expliquent : en disant du mal de moi, c'est comme s'ils arrachaient des lambeaux de ma chair. Et le Radak rapporte au nom de son père : ils ont provoqué une déchirure irréparable, causant des torts que nul ne peut réparer.
Rachi explique : par une flatterie empreinte de raillerie lors de repas arrosés, flattant Saül pour qu'il les nourrisse et les abreuve, ils grinçaient des dents contre moi. Comme c'est souvent le cas lorsque l'expression est obscure, les interprétations abondent : quel est le sens de « ma'og », que signifie ce mot et quel est son lien avec la flatterie et la raillerie ? Rachi explique que « ma'og » se rapporte à la nourriture. Pour élucider un mot rare, la méthode consiste à recourir à la concordance : on le recherche ailleurs dans les Écritures pour observer son contexte. On retrouve ce terme à propos du prophète Élie : lorsqu'il demanda à la veuve de Sarepta si elle avait de quoi manger, elle lui répondit qu'elle n'avait qu'une galette (« ma'og ») ; preuve en est que « ma'og » désigne bien de la nourriture.
D'ailleurs, c'est également l'origine de l'expression araméenne « akhil kourtsa », qui désigne systématiquement la délation. Pourquoi ? Parce que celui qui venait dénoncer quelqu'un auprès du roi recevait un repas en récompense. De nos jours, le fisc accorde à l'informateur un pourcentage sur les sommes récupérées, mais jadis, on ne donnait pas de pourcentage : on offrait un festin. « Kourtsa » désigne un gâteau : le souverain l'honorait et lui offrait une pâtisserie pour lui avoir révélé qu'un tel avait dissimulé des biens ou tenté de voler le trésor royal. Ici de même, parce qu'ils voulaient obtenir de la nourriture de Saül, ils allaient le flatter - une flatterie moqueuse et bouffonne pour obtenir à boire et à manger, pour ce fameux « ma'og ».
Le Radak rapporte au nom de Menahem ben Sarouk et d'autres que « ma'og » provient du mot « 'ouga » (gâteau ou galette) - non pas un repas quelconque, mais un véritable gâteau, comme la femme l'avait dit à Élie : « si ce n'est une galette (ma'og) ». D'ailleurs, pourquoi un gâteau s'appelle-t-il « 'ouga » en hébreu ? Parce qu'il était traditionnellement rond (du verbe « 'ag », tracer un cercle). C'est ce que chantent les enfants à l'école maternelle : « 'Ouga, 'ouga, 'ouga, bem'agal na'houga » ; l'enfant s'imagine qu'il s'agit d'une chanson sur un gâteau, mais le terme « 'ouga » vient ici de l'expression rabbinique « tracer un cercle et s'y tenir » ('ag 'ouga ve'amad betokhah). Voulant dire qu'ils dansaient en rond, ils disaient « 'ouga, 'ouga ». Bien que Bialik n'ait pas besoin de nos commentaires, de nos jours on ne saisit plus toujours les finesses du Lashon Hakodech et l'on prête aux mots des sens erronés. Il en va de même pour la « 'Hala » : autrefois, la 'hala était ronde, et son nom découle de « ma'hol », qui évoque la rondeur d'une danse en cercle.
D'après cela, explique le Radak : ces individus sont les « flatteurs, railleurs de gâteaux » - des jouisseurs livrés à leurs désirs, en quête perpétuelle de douceurs, et ce sont eux qui grincent des dents contre moi. Que signifie ce grincement de dents ? On a coutume d'y voir l'expression de la colère, mais le Radak l'interprète autrement : il s'agit d'une manifestation de joie. Lorsqu'un homme assiste à son propre triomphe, c'est-à-dire à la chute de ses ennemis, cela provoque un grincement de dents, comme il est dit dans les Lamentations : « ils ont grincé des dents » - ils ont contemplé notre ruine en grinçant des dents. Cela demande un certain éclaircissement, car lorsque l'homme se réjouit, il sourit et ne grince pas des dents ; il faut donc expliquer ce lien. Quoi qu'il en soit, selon le Radak, « ils grincent des dents contre moi » signifie qu'ils affichaient un large sourire narquois en assistant à ma déchéance et en espérant la voir aboutir.
Le Malbim interprète le verset différemment : « Mais quand je trébuche » (ouvetsal'i) - parce que « sombre, je marchais courbé », je ne tenais plus debout et je devais m'allonger sur le côté (« tséla' », comme dans « le côté du Tabernacle »). Lorsque je me suis effondré d'épuisement et me suis alité, ils se sont réjouis et rassemblés. Mais lorsqu'ils venaient me rendre visite, ils ne laissaient rien paraître de leur joie, car il n'aurait pas été convenable de sourire ouvertement devant moi ; c'est pourquoi « des affligés se rassemblent contre moi » (nékhim) - ils venaient me voir avec une mine abattue et consternée : Ah, David, quel déchirement, quelle situation tragique ! Ils prenaient l'air d'hommes à l'esprit brisé, d'êtres compatissants. Pourtant, au fond de leur cœur, ils jubilaient. « Ils déchirent sans relâche » (kar'ou vélo damou) - tant ils brûlaient de me voir mourir, ils ont déchiré leurs vêtements comme si j'étais déjà mort ! Or, celui qui déchire ses habits pour un défunt le fait dans le silence et le recueillement du deuil, tandis qu'eux, après avoir déchiré leurs habits, laissaient éclater leur joie par des quolibets et des moqueries, allant jusqu'à « grincer des dents contre moi », ce qui, selon le Malbim, traduit le mépris - explication des plus vraisemblables. Ainsi, extérieurement, ils affectaient des mines éplorées et déchiraient déjà leurs vêtements comme pour un mort, non par affliction, mais pour célébrer leur joie, leur moquerie et leur dérision à mon encontre.
Le Talmud dans Sanhédrin enseigne : Rava a exposé : que signifie ce verset : « Mais quand je trébuche, ils se réjouissent et s'attroupent ; des êtres méprisables s'assemblent contre moi à mon insu, ils déchirent sans relâche » ? David dit devant le Saint, béni soit-Il : « Maître du monde, il est révélé et su devant Toi que s'ils déchiraient ma chair, mon sang ne coulerait pas. » C'est-à-dire : ils m'ont tellement humilié que s'ils m'avaient déchiré la chair, aucune goutte de sang n'en serait sortie. Comme le dit la Guémara au sujet d'une personne qui éprouve une vive honte : « le rouge s'en va et la pâleur s'installe » (azil soumka vé-ati 'hivra). Dans un premier temps, son visage rougit et le sang monte aux joues ; s'il a de quoi répondre, tout va bien. Mais s'il n'a rien à répondre, il devient comme un mort : le sang quitte son visage, et c'est là la deuxième phase. C'est pourquoi nos Sages ont dit que faire honte à son prochain équivaut à le tuer - lui adresser des paroles humiliantes, c'est comme lui ôter la vie. David dit : telle était ma situation ; ils m'ont tellement humilié que mon sang s'est retiré, et s'ils avaient déchiré ma chair, aucun sang n'aurait coulé.
Bien plus encore : lorsqu'ils étudiaient les quatre peines de mort du Beth Din, ils interrompaient leur étude pour me demander : « David, de quelle mort punit-on celui qui a une relation avec une femme mariée ? » Une question d'apparence purement halakhique et théorique, mais leur intention réelle était : « Et qu'en est-il de Bat-Chéva ? Tu portes de telles fautes ! » David leur répondit : « Celui qui a une relation avec une femme mariée est passible de strangulation, mais il a une part au Monde futur ; en revanche, celui qui fait pâlir de honte son prochain en public n'a pas de part au Monde futur. » Et vous, qui « déchirez sans relâche » en m'humiliant de la sorte, vous perdez votre part au Monde futur. Tandis que moi, même selon votre version prétendant qu'il y a eu là l'acte d'une femme mariée, celui-ci conserve encore sa part au Monde futur.
אֲדַנָי כַּמָּה תִרְאֶה הָשׁהבָה ץפשִׁי מִשֹּאֵיהֶם מִכְּפִירִים יְחִידָתִי׃ - Seigneur, jusques à quand regarderas-Tu ? Délivre mon âme de leurs ravages, ma vie précieuse des lionceaux !
David déclare : moi, je ne connaissais pas leurs pensées, j'ignorais qu'en venant prétendument me rendre visite, ils venaient pour rire et se moquer. Mais Toi, Maître du monde - « jusques à quand regarderas-Tu » : Toi, Tu vois tout, et combien Ton regard dépasse le nôtre, combien cette vue divine est immense ! Tu sais donc parfaitement ce qui se cache dans leur cœur.
« Délivre mon âme de leurs ravages (cho'éhem) » - le mot « cho'éhem » se rattache à la notion de tumulte et de vacarme (chaon) : lorsque je me trouve parmi eux, je suis en danger, c'est pourquoi je Te demande de préserver mon âme d'eux. Et si l'on me disait : « Sépare-toi d'eux et éloigne-toi, va dans le désert ! » - David répond : si je pars au désert, je serai exposé au danger des lionceaux et des lions qui s'y trouvent, car jusqu'à nos jours, le désert de Juda abritait des bêtes féroces comme des lions et des hyènes. C'est pourquoi il ajoute : « ma vie précieuse des lionceaux » - sauve mon âme, mon être unique, des fauves si je viens à m'isoler là-bas.
אוֹדְךָ בְּקָהָל רָב בְּעַם עָצוּם אֲהַלְלֶךָּ׃ - Je Te rendrai grâce dans une grande assemblée, je Te louerai au milieu d'un peuple nombreux.
Et parce que Tu me sauveras en toute circonstance - que ce soit de leur tumulte ou des bêtes sauvages -, je Te rendrai grâce dans une grande assemblée. En effet, la reconnaissance exprimée devant une foule nombreuse a bien plus de portée. Une personne qui a obtenu une délivrance, qui a prié pendant quarante jours, a été exaucée et s'est engagée à faire connaître ce bienfait - cette publication même constitue une louange encore plus éclatante. Il en va de même pour le sacrifice de reconnaissance (Korban Toda), accompagné de quarante pains qui doivent être consommés en un seul jour : puisqu'il est impossible de manger seul quarante pains en une seule journée, on réunit nécessairement du monde pour y participer, et la Toda est ainsi proclamée publiquement. On voit bien que le principe de la reconnaissance consiste à louer Hachem au sein d'une grande assemblée pour nous avoir sauvés des hommes malfaisants et des bêtes féroces.
אַל יִשְׂמְחוּ לִי אַיְבַי שֶׁקֶר שֹׂנְאַי חִתnnָם יִקְרְצוּ עָיִן׃ - Que ceux qui me sont injustement ennemis ne se réjouissent pas à mon sujet, que ceux qui me haïssent sans cause ne clignent pas de l'œil !
Quelle est la différence entre un ennemi (« oyev ») et un être haineux (« soné ») ? L'ennemi manifeste son hostilité ouvertement, et sa joie devant notre chute est également visible de tous. C'est pourquoi David dit : « qu'ils ne se réjouissent pas à mon sujet », évoquant la joie ostensible de ceux qui sont de véritables ennemis. En général, on devient l'ennemi de quelqu'un pour une raison précise, parce qu'il a causé un tort qui a engendré cette hostilité. À cela, David répond : « mes ennemis menteurs (oyévay chéker) » - votre hostilité repose sur un mensonge ; je ne vous ai rien fait et ne vous ai jamais causé le moindre mal.
L'adversaire haineux, quant à lui, nourrit sa rancœur dans son cœur, sans afficher ouvertement son animosité. Il ne se réjouit pas au grand jour, mais par des clins d'œil complices : extérieurement, il s'exclame avec compassion : « Quel malheur, est-ce possible, cela brise le cœur ! », tout en faisant un clin d'œil à son compagnon. C'est le sens de : « que ceux qui me haïssent sans cause ne clignent pas de l'œil ». Et pourquoi « sans cause » (sin'at 'hinam) ? Car d'ordinaire, on conçoit de la haine envers quelqu'un en raison d'un défaut ou d'une tare qu'on a repérés chez lui. Or David affirme : il n'y a en moi aucun défaut ni aucune souillure qu'ils auraient pu trouver ; leur haine est donc totalement gratuite. Ils ne laissent pas éclater leur haine au grand jour, mais ils échangent des clins d'œil complices, se réjouissant en secret de ma chute.
כִּי לֹא שָׁלוֹם יְדַבֵּרוּ וְעַל רִגְעֵי אֶרֶץ דִּבְרֵי מִרְמוֹת יַחֲשֹׁבוּן׃ - Car ils ne parlent point de paix, et contre les gens paisibles de la terre ils conçoivent des propos trompeurs.
Le Malbim explique : les ennemis répandaient sur lui des calomnies infamantes et l'accusaient d'actes graves qu'il n'avait jamais commis. Et lorsqu'on leur demandait quelle en était la preuve et qui avait vu - selon l'adage « celui qui veut mentir éloigne son témoignage » -, ils répondaient : « Nous l'avons entendu d'un tel et d'un tel. » Et si vous demandez : « Faites-les venir ! », ils vous répliquent : « Va donc les trouver sous dix tefahim [au fond de la tombe], c'est là qu'ils se trouvent. » Comment pourrais-je les interroger et vérifier si tu dis vrai ? C'est ainsi qu'ils forgeaient contre moi de fausses accusations et les attribuaient à ceux qui n'étaient plus de ce monde. C'est le sens de « Car ils ne parlent point de paix » : ils ne tiennent pas des propos pacifiques mais répandent des calomnies contre moi ; et « ils conçoivent des propos trompeurs » : ils profèrent des mensonges à mon sujet et les font reposer sur les « rig'é érets », ceux qui reposent et dorment dans la terre, c'est-à-dire les défunts. On répand une calomnie sur moi, et si vous demandez à l'auteur d'où il la tient, il répondra : « Un tel, qui est mort à présent, me l'a raconté de son vivant. » Et peut-être est-il justement décédé pour avoir raconté ce lachone hara ? Mais à cela, il ne songe pas ; il se contente de dire : « C'est lui qui me l'a dit, et si on l'a dit sur David, c'est que c'est certainement vrai. »
וַיַּרְחִיבוּ עָלַי פִּיהֶם אָמְרוּ הֶאָח הֶאָח רָאֲתָה עֵינֵנוּ׃ - Ils ont ouvert une large bouche contre moi, disant : « Ah ! Ah ! Nos yeux l'ont vu ! »
Par la suite, ils s'accrochèrent à cette même diffamation, et bien plus encore : ils prétendirent même l'avoir vue de leurs propres yeux. Une fois que la rumeur eut pris de l'ampleur, ils gagnèrent en assurance, et allez prouver que vous n'avez pas de sœur ! L'un d'eux affirme déjà : « Oui, je l'ai vu de mes propres yeux. » « Héah, héah ! » - le Radak explique qu'il s'agit d'une exclamation de réjouissance, et sa répétition marque une double joie : il se réjouit de voir ma chute. « Nos yeux l'ont vu » : nous avons vu nous-mêmes David commettre de tels méfaits. Or, c'est le propre du mensonge de se propager et de s'enraciner, tout comme le lachone hara tend à se diffuser et à trouver créance auprès de ceux qui l'écoutent. C'est ainsi que tous ceux qui ouvrent une large bouche contre lui, en se moquant et en dissertant sur ses « mauvaises actions », voient leurs paroles acceptées par l'auditoire, d'autant plus lorsqu'ils affirment : « Nos yeux l'ont vu ! » - nous l'avons constaté nous-mêmes, on ne nous l'a pas simplement rapporté.
Le Radak cite au nom de Dounash, de Rachi et de Rabbi Moché Gikatilla que le mot « rig'é » est apparenté à l'expression « rogué'a hayam vayéhémou galav » (Il fend la mer et ses flots grondent), où le verbe ne désigne pas le calme ou l'apaisement, mais le déchirement ou la fente - Hachem fend la mer. Selon ce sens, l'intention est la suivante : certains complotent contre moi dans des cachettes, dans les crevasses et les recoins secrets de la terre. Cependant, le Radak s'en étonne : le verset parle d'une pensée - « ils conçoivent des propos trompeurs » -, or la pensée est de toute façon cachée et n'exige nul refuge pour être élaborée. S'il s'agissait de paroles et de propagande, on comprendrait la nécessité de se dissimuler de peur d'être démasqué ; mais lorsqu'il s'agit de simples pensées, pourquoi aurait-on besoin de crevasses ou de lieux secrets ?
C'est pourquoi le Radak estime que l'explication la plus plausible est l'autre interprétation citée par Rachi, selon laquelle « rig'é érets » provient de la racine évoquant le repos et la tranquillité (margo'a). C'est aussi l'approche du Malbim, à ceci près que le Malbim a interprété « ceux qui reposent dans la terre » comme étant les morts, tandis qu'ici le repos s'entend au sens de sérénité : il s'agit des personnes humbles, douces et paisibles, qui sont plus effacées et n'ont rien de menaçant ou d'intimidant. Et sur qui est-il le plus facile de médire ? Sur les humbles, sur ceux qui ne riposteront pas, sur les plus calmes. Essayez donc de dire quelque chose contre un homme colérique : vous n'y réfléchirez pas à deux fois, et vous ne seriez peut-être même plus en état de penser après la réplique reçue ! Avec eux, on ne fait pas d'audace et l'on ne profère rien qui risque de vous retomber dessus. C'est pourquoi la médisance s'attaque précisément aux « rig'é érets », aux humbles de la terre et aux personnes douces et paisibles : c'est contre eux que l'on répand des calomnies.
Le Radak propose encore une autre explication : les « rig'é érets » sont les nantis et les insouciants qui vivent sur terre dans le confort et la tranquillité ; il s'agit de la haute société, de ceux qui jouissent de l'abondance dans leurs maisons et leurs palais. Dès lors, l'expression « 'al rig'é érets » se rattache à ceux qui tiennent ces mauvais propos : « Car ils ne parlent point de paix » - qui ? Les méchants ; « et sur les rig'é érets » - c'est-à-dire de concert avec les rig'é érets. Ces méchants s'associent aux privilégiés installés paisiblement dans le pays, et ces derniers se joignent à eux pour médire et tramer du mal contre moi. Ces flatteurs et ces moqueurs, unis aux nantis insouciants, tiennent tous des propos mensongers à mon sujet : moi, je suis exilé, tandis qu'eux sont assis dans leur bien-être et déversent sur moi leurs calomnies.
רָאִיתָה יְהֹוָה אַל תֶּחֱרַשׁ אֲדֹנָי אַל תִּרְחַק מִמֶּנִּי׃ - Tu l'as vu, Éternel, ne garde point le silence ! Seigneur, ne T'éloigne pas de moi !
Le Malbim explique : Toi, Maître du monde, Tu vois bien qu'ils me dénigrent à propos de faits dont ils n'ont jamais été témoins, alors même qu'ils ont osé dire : « Ils ont ouvert une large bouche contre moi, nos yeux l'ont vu ! » - alors qu'en vérité, ils n'ont rien vu du tout. David s'adresse au Saint béni soit-Il : « Je n'ai aucune preuve matérielle à leur opposer, je ne peux pas démontrer qu'ils n'ont rien vu, car on m'objectera toujours que je cherche simplement à me disculper. Mais 'Tu l'as vu, Éternel' : Toi, Tu sais si leurs allégations sont vraies ou fausses, Tu as vu la vérité et Tu en es le témoin. Et puisqu'il ne se trouve personne pour témoigner et démentir leurs propos, 'ne garde point le silence' : fais éclater ma droiture au grand jour et proclame la vérité ! Et comment ? Par ce vœu : 'Seigneur, ne T'éloigne pas de moi !' En prenant ma défense et en plaidant ma cause, Tu prouveras publiquement que je dis vrai et qu'eux mentent, et que leur unique dessein était de m'accabler de fausses accusations. »
הָעִירָה וְהָקִיצָה לְמִשְׁפָּטִי אֱלֹהַי וַאדֹנָי לְרִיבִי׃ - Réveille-Toi et lève-Toi pour mon jugement, mon Dieu et mon Seigneur, pour défendre ma cause !
Rachi ainsi que le Malbim expliquent tous deux que l'expression « réveille et éveille » (ha'irah vehakitsah) est un verbe transitif (qui s'applique à autrui). On peut dire à Réouven : réveille-toi, lève-toi - c'est-à-dire réveille-toi toi-même. Mais on peut aussi dire : Réouven, réveille Chimon - et cela s'applique alors à autrui. Ici, tous deux interprètent ce verbe au sens transitif. Selon Rachi : Maître du monde, éveille la cour céleste pour qu'elle me rende justice face à mes ennemis. Et le Malbim explique que cela fait écho à ce qu'ils ont proféré : ils ont tenu des propos trompeurs et ont raconté des récits au nom des défunts - réveille donc et fais sortir les morts de leur tombe afin qu'ils prouvent que leurs paroles sont mensongères.
Ceci rappelle ce qui s'est produit avec le célèbre Rabbi Kalonymus. Lorsqu'on accusa les Juifs d'avoir assassiné un jeune chrétien pour se laver dans son sang, Rabbi Kalonymus demanda à assister aux funérailles. Il s'y rendit, plaça un Nom saint sur la bouche du jeune homme, et celui-ci se leva pour déclarer : « C'est tel prêtre qui m'a assassiné », puis il retomba inanimé. Toute la ville fut en émoi ; on mena l'enquête et l'on découvrit que le prêtre l'avait effectivement tué pour monter une accusation mensongère contre les Juifs. C'est à la suite de cet événement que l'on ajouta dans la prière de Nishmat Kol 'Haï le passage : « Il fait revivre les morts et guérit les malades, ouvre les yeux des aveugles et redresse les courbés, fait parler les muets et dévoile les mystères » - Il fait revivre les morts et fait parler les muets, car le mort est devenu muet, et par ce biais, Il dévoile les mystères. D'ailleurs, chez les Yéménites, ce passage ne figure pas, ce qui montre qu'il s'agit d'un ajout plus tardif. Quoi qu'il en soit, nous apprenons de là qu'il existe une dimension où les mystères sont dévoilés par la résurrection des morts. Et tel est le sens : Réveille et éveille, Maître du monde, les défunts au nom desquels on répand des calomnies sur moi, afin qu'ils proclament la vérité. Et face à ceux qui prétendent « nos yeux ont vu », je Te supplie : « et mon Seigneur, pour ma querelle » - lève-Toi pour défendre ma cause contre ceux qui attestent avoir vu de leurs propres yeux.
Le Malbim ajoute que le réveil complet (hakitsah) va toujours plus loin que le simple éveil (he'irah) : l'éveil marque le début de l'action, tandis que le réveil complet en constitue l'accomplissement total. Il en va de même pour les termes « mon jugement » (michpati) et « ma querelle » (rivi) : le jugement correspond au verdict final, alors que la querelle se dresse contre les faux témoins, avec lesquels Hachem engage le litige. D'abord intervient la querelle, puis vient le jugement qui en est l'aboutissement. Toi, Hachem, conteste contre les faux témoins et fais éclater mon jugement au grand jour.
שׇׁפְטֵנִי כְצִדְקְךָ יְהֹוָה אֱלֹהָי וְאַל יִשְׂמְחוּ לִי׃ אַל יֹאמְרוּ בְלִבָּם הֶאָח נַפְשֵׁנוּ אַל יֹאמְרוּ בִּלַּעֲנוּהוּ׃ - Juge-moi selon Ta justice, Hachem mon Dieu, et qu'ils ne se réjouissent point à mes dépens ! Qu'ils ne disent pas en leur cœur : « Ah ! voilà ce que désirait notre âme ! », qu'ils ne disent pas : « Nous l'avons englouti ! »
Toi, Tu feras triompher mon jugement selon Ta justice, et non selon le mensonge qu'ils ont forgé. Alors, « qu'ils ne se réjouissent pas à mes dépens », ces ennemis perfides. « Qu'ils ne disent pas en leur cœur : Ah ! voilà le désir de notre âme » - ceux-là voulaient mon humiliation et se réjouiraient de ma chute ; « qu'ils ne disent pas : Nous l'avons englouti » - ceux qui voulaient le mettre à mort.
יֵבֹשׁוּ וְיַחְפְּרוּ יַחְדָּו שְׂמֵחֵי רָעָתִי יִלְבְּשׁוּ בֹשֶׁת וּכְלִמָּה הַמַּגְדִּילִים עָלָי׃ - Qu'ils aient honte et rougissent ensemble, ceux qui se réjouissent de mon malheur ! Qu'ils soient revêtus de honte et d'opprobre, ceux qui s'élèvent avec orgueil contre moi !
« Qu'ils aient honte, ceux qui se réjouissent de mon malheur » - ce sont ceux qui disent « nous l'avons englouti » ; « qu'ils soient revêtus de honte et d'opprobre, ceux qui s'élèvent contre moi » - ceux qui ont accumulé sur moi honte et opprobre, c'est eux qui seront revêtus de honte. Cela signifie qu'ils subiront la mesure exacte de ce qu'ils ont voulu m'infliger.
יָרֹנּוּ וְיִשְׂמְחוּ חֲפֵצֵי צִדְקִי וְיֹאמְרוּ תָמִיד יִגְדַּל יְהֹוָה הֶחָפֵץ שְׁלוֹם עַבְדּוֹ׃ - Qu'ils exultent et se réjouissent, ceux qui désirent ma justification, et qu'ils disent sans cesse : Que soit magnifié Hachem, qui veut la paix de Son serviteur !
Et face à ceux qui disaient « Ah ! voilà le désir de notre âme » et qui jubilaient de ma déchéance, qu'ils exultent et se réjouissent à présent, ceux qui aspirent toujours à proclamer mon innocence, à l'opposé de ceux qui cherchent sans cesse à me dénigrer. Et ils diront « Que soit sans cesse magnifié Hachem » : il y aura là un véritable Kiddouch Hachem, car le Saint, béni soit-Il, préserve Ses serviteurs. Et lorsque le Saint, béni soit-Il, rend justice face aux impies, qu'Il protège, préserve et réhabilite l'honneur des justes, Son Nom grandit dans le monde - « Que soit magnifié Hachem, qui veut la paix de Son serviteur », car Hachem désire la paix de Son serviteur et prend Lui-même Sa défense.
וּלְשׁוֹנִי תֶּהְגֶּה צִדְקֶךָ כׇּל הַיּוֹם תְּהִלָּתֶךָ׃ - Et ma langue méditera Ta justice, tout le jour Ta louange.
David conclut ce psaume : si ceux « qui désirent ma justification » louent le Saint béni soit-Il de m'avoir sauvé - ils Le louent alors pour un bienfait qui n'est pas directement le leur, et malgré cela ils célèbrent, glorifient et exaltent le fait qu'Hachem ait fait du bien à leur ami. Quant à moi, le bénéficiaire direct de ce bienfait, à plus forte raison et d'autant plus convient-il que je médite et que je rende grâce - « et ma langue méditera Ta justice », pour remercier Hachem du bienfait qu'Il m'a accordé. Et de même qu'eux diront constamment « Que grand soit Hachem », moi aussi je proclamerai « tout le jour Ta louange ».
Et le Malbim explique : « Et ma langue méditera Ta justice » - au sujet du châtiment des méchants, dans lequel se révèle la justice d'Hachem qui leur réclame des comptes. « Tout le jour Ta louange » - c'est la récompense des justes, pour laquelle je louerai et célébrerai Hachem d'accorder leur rétribution aux tsaddikim. Et cela est d'une grande précision : « Ta justice » se rapporte au fait qu'Hachem a rendu la justice, et en quoi consiste cette justice - à punir le méchant ; tandis que « Ta louange » est une action de grâce pour le bienfait, et quel est ce bienfait - accorder une récompense aux justes et veiller sur eux. C'est pourquoi David déclare : je rends grâce à Hachem, « tout le jour Ta louange ».