TheWholeTorah.aiBeta

Heureux ceux dont la voie est intègre - Deuxième partie

Lire l'original
Introduction : Le plus grand psaume des Téhilim

Le psaume 119 est le plus long de tout le livre des Téhilim, et il est composé selon le principe de « Temanya Afé » - huit versets pour chacune des lettres de l'alphabet hébraïque. Le Malbim l'analyse avec précision et fait observer : dans cette longue prière, dont l'unique objet est la supplication que l'homme marche dans la Torah d'Hachem et garde Ses mitsvot, reviennent systématiquement dans chaque série huitaine six termes immuables - Torah, 'Edout (témoignages), Pikoudim (préceptes), Mitsvot (commandements), 'Houkim (décrets) et Michpatim (lois). Le Radak en dénombre davantage, mais le Malbim en compte six, et ce sont précisément les six notions que nous avons déjà rencontrées plus haut dans le psaume « Les cieux racontent la gloire de D.ieu ».

Six dénominations pour les mitsvot - et la distinction entre elles
Notre chapitre aborde de nombreux sujets : Torah, Mitsvot, 'Houkim, Michpatim, 'Edout, Pikoudim - des termes que nous retrouverons tout au long du chapitre. Et le Malbim explique la distinction entre eux : Torah - l'ensemble de la Torah d'Hachem, comprenant les enseignements relatifs à la foi, aux principes de pensée, aux traits de caractère et à toute la conduite humaine ; tout est réuni sous ce titre. Mitsvot - les commandements de la Torah en général, les préceptes pratiques. 'Houkim - comme chacun sait, les décrets dont la raison échappe à l'esprit humain. Michpatim - généralement les lois régissant les rapports entre les hommes, des lois qui ont une raison intelligible, comme dans « Et voici les lois que tu leur exposeras », où sont traités les cas du bœuf, du puits ou de la bête qui broute. 'Edout - les récits qui viennent témoigner de la grandeur du Saint, béni soit-Il, comme le livre de Beréchit et les récits des miracles, prodiges et merveilles. Pikoudim - les mitsvot ordonnées en souvenir d'événements particuliers, comme les téfilines en souvenir de la sortie d'Égypte ; toute mitsva accomplie en souvenir d'une autre chose entre dans la catégorie de « Tes préceptes » (Pikoudékha).
Verset 1 : Heureux ceux dont la voie est intègre
אַשְׁרֵי תְמִימֵי־דָרֶךְ הַהֹלְכִים בְּתוֹרַת יְהוָה׃ - Heureux ceux dont la voie est intègre, qui marchent selon la Torah de l'Éternel.

Qui sont ces « hommes intègres dans leur voie » ? Il s'agit de ceux dont le cheminement est parfait et sans faille. Et qui sont-ils ? « Ceux qui marchent selon la Torah d'Hachem » - ceux qui étudient la Torah. En effet, un homme ne peut être complet sans étudier la Torah, comme l'ont enseigné nos Sages : « Un homme ignorant ne saurait craindre la faute ». On ne peut craindre le péché lorsqu'on ignore ce que l'on doit observer. Interrogez quelqu'un : « Observes-tu le Chabbat ? » Il répondra : « Bien sûr, avec la plus grande rigueur ! » « Fais-tu attention à l'interdit de Borère (trier) ? » « Borère ? Qu'est-ce que c'est que Borère ? » Comment peut-on garder le Chabbat si l'on ignore ce qu'est le tri ? Il s'agit de fautes dans lesquelles chacun risque constamment de trébucher ; le Ya'arot Devach affirme, et le Michna Beroura le cite dans son introduction, qu'il est impossible de ne pas enfreindre le Chabbat chaque semaine si l'on n'en a pas étudié les lois. Par conséquent, explique le Radak, nul ne peut être intègre sans étudier la Torah - et c'est le sens de « Heureux ceux dont la voie est intègre, qui marchent selon la Torah d'Hachem » : en marchant selon la Torah d'Hachem, leur voie devient naturellement intègre et parfaite.

Soit dit en passant, la formule exacte de la Michna est : « Un homme ignorant ne saurait craindre la faute, et un homme fruste ('am ha'arets) ne saurait être pieux (hassid) ». Un 'am ha'arets ne peut être un 'hassid, mais il peut en revanche être un juste (tsaddik). Pourquoi ? Parce que pour se conduire en 'hassid, au-delà de la stricte obligation, il faut être capable de discerner si cette conduite pieuse ne nuit pas à un autre devoir, et veiller à ne pas accomplir un acte de piété aux dépens d'une autre mitsva. En revanche, le tsaddik est simplement celui qui accomplit ce qui est prescrit, et un 'am ha'arets peut très bien apprendre ce qui est écrit et l'observer fidèlement. Adopter une conduite de piété supérieure (midat 'hassidout), cela lui est assurément inaccessible.

Le Radak, ainsi que l'Ibn Ezra, expliquent en outre que le mot « voie » s'applique ici doublement : « Heureux ceux dont la voie est intègre, qui marchent dans la voie de la Torah d'Hachem » - le mot « voie » employé au début porte également sur la suite. Tout comme nous disons dans la prière : « Qui n'a pas fait notre part semblable à la leur, et notre sort à toute leur multitude » - dirions-nous que notre sort est comme celui de leur multitude ? C'est évidemment la négation « qui n'a pas fait » qui s'applique aussi à la suite : « et qui n'a pas fait notre sort semblable à toute leur multitude ». De même ici, le mot « voie » s'étend aussi à ce qui suit.

Verset 2 : Heureux ceux qui gardent Ses témoignages
אַשְׁרֵי נֹצְרֵי עֵדֹתָיו בְּכָל־לֵב יִדְרְשׁוּהוּ׃ - Heureux ceux qui gardent Ses témoignages, qui Le cherchent de tout cœur.

Dans le premier verset, il était question de l'homme qui s'habitue par lui-même à marcher sur le droit chemin. Ici, fait remarquer l'Ibn Ezra, il s'agit de celui qui préserve le témoignage reçu des pères, dont l'essence est le témoignage oculaire. C'est-à-dire : il y a des démarches auxquelles on s'exerce par soi-même, et il y a un héritage que l'on a reçu et acquis de ses ancêtres. La foi et la certitude de la présence d'Hachem nous ont été transmises par nos pères, car nos pères nous l'ont raconté. Ce sont eux qui nous transmettent la foi en D.ieu et le souvenir direct de la sortie d'Égypte - nous accomplissons la nuit du Séder et transmettons ainsi ces connaissances de pères en fils. C'est là le sens de « Heureux ceux qui gardent Ses témoignages » : ces témoignages attestés par les pères, qui viennent compléter l'effort personnel que nous fournissons pour nous engager sur le droit chemin.

Le Radak explique : heureux ceux qui gardent Ses témoignages, c'est-à-dire qui observent les témoignages d'Hachem. Et que sont ces témoignages ? Ce sont les mitsvot qui constituent un témoignage et un souvenir : le Chabbat, les fêtes, les tsitsit, les téfilines. (Remarquons au passage que ce que le Malbim appelle « pikoudim », préceptes, le Radak le désigne sous le nom de « 'edot », témoignages.) Et à partir de ces témoignages, dit le Radak, ils comprendront et sauront, non pas d'un cœur partagé, mais de tout leur cœur : « de tout leur cœur, ils Le cherchent ».

Ce qui signifie : lorsque l'on accomplit une mitsva, et que cette mitsva est le souvenir du fait qu'Hachem nous a fait sortir d'Égypte, le souvenir du fait qu'Hachem a créé Son monde en six jours et S'est reposé le septième jour, il ne s'agit plus d'une mitsva accomplie d'un cœur partagé. Ce n'est plus une mitsva faite avec des « peut-être que oui, peut-être que non », ce que l'on appelle « d'un cœur double » (belèv valèv). L'homme possède pour ainsi dire deux cœurs, le yetser hatov (bon penchant) et le yetser hara (mauvais penchant), c'est pourquoi il est écrit : « de tout ton cœur » (békhol lévavkha, avec deux bet) et non « békhol libkha », car les deux bet représentent les deux penchants, comme l'enseignent nos Sages. Celui qui sert Hachem dans le doute, avec scepticisme, en se disant : « c'est peut-être vrai, peut-être pas, peut-être y a-t-il une récompense », sert Hachem d'un cœur double. Mais celui qui préserve ces témoignages, qui garde la certitude que le Saint, béni soit-Il, a créé Son monde en six jours, qu'Il nous a donné la Torah et qu'Il nous a fait sortir d'Égypte, cherche Hachem de tout son cœur ; il n'a aucun doute, et son service divin atteint un niveau bien supérieur.

Verset 3 : De plus, ils ne commettent point d'iniquité
אַף לֹא־פָעֲלוּ עַוְלָה בִּדְרָכָיו הָלָכוּ׃ - De plus, ils ne commettent point d'iniquité, ils marchent dans Ses voies.

Rachi commente : s'ils possèdent aussi cela - de n'avoir pas commis d'iniquité et d'avoir marché dans Ses voies - heureux sont-ils. C'est le « achré » par lequel nous avons ouvert. Et pourquoi est-il nécessaire d'ajouter « ils marchent dans Ses voies » ? Parce que « ne pas commettre d'iniquité » n'est qu'une abstention, et l'inaction ne suffit pas. Leur récompense n'est complète que s'ils « marchent dans Ses voies », comme il est écrit : « Éloigne-toi du mal », mais cela ne suffit pas, il faut aussi « et fais le bien ». Même si l'on s'écarte du mal, il n'y a pas de plénitude tant que l'on ne fait pas le bien.

Le Radak rapporte que certains expliquent le mot « af » (de plus) selon la modalité d'un raisonnement a fortiori (kal va'homer). Car à première vue, cela semble étonnant : on vient de parler d'un homme qui garde Ses témoignages et cherche Hachem de tout son cœur, et voilà qu'on ajoute qu'il ne braque pas de banques ? On rabaisse son niveau ! En réalité, le sens est : à plus forte raison - à plus forte raison n'ont-ils pas commis d'iniquité. C'est semblable au verset de Job : « af chokhné baté 'homer », qui signifie : « à plus forte raison ceux qui habitent des maisons d'argile ». Il en va de même ici : s'ils observent Ses témoignages, qui sont des commandements positifs, à plus forte raison se garderont-ils de commettre une iniquité, et ils marcheront dans les voies d'Hachem.

Le Malbim explique : « De plus, ils ne commettent point d'iniquité » se réfère aux commandements négatifs ; « ils marchent dans Ses voies » se réfère aux commandements positifs. C'est-à-dire qu'ils sont scrupuleux tant envers les interdictions qu'envers les devoirs prescrits.

D'autres commentateurs proposent une explication différente, d'inspiration un peu 'hassidique : « De plus, ils ne commettent point d'iniquité » - le simple fait qu'ils n'aient pas commis d'iniquité leur sera compté comme s'« ils avaient marché dans Ses voies » ; par le seul fait de s'abstenir de faire le mal, l'homme est considéré comme marchant dans la voie d'Hachem. Cependant, le Radak rejette cette interprétation : « cette explication n'est pas exacte », car ainsi que nous l'avons expliqué au premier psaume à propos de « Éloigne-toi du mal et fais le bien », l'homme n'atteint pas sa perfection s'il se détourne du mal sans accomplir le bien. On ne saurait affirmer que le simple fait de ne pas commettre d'iniquité fait déjà de lui un tsadik.

Pourtant, nos Sages ont formulé textuellement ce principe : celui qui reste assis sans commettre de transgression reçoit une récompense équivalente à celle de celui qui accomplit une mitsva. Mais la Guémara dans Kiddouchin (39b) précise : cela ne s'applique qu'à celui à qui l'occasion d'une faute s'est présentée et qui s'en est gardé. On ne peut pas affirmer de manière générale que quiconque s'abstient d'une faute est considéré comme accomplissant le bien ; cela ne vaut que si l'opportunité d'une faute s'est concrètement présentée à lui et qu'il y a résisté. Nous ne recevons pas de récompense simplement parce que nous ne mangeons pas de porc en ce moment, ni parce que nous ne commettons pas de meurtre en cet instant. Mais si nous sommes confrontés à une épreuve - même s'il ne s'agit pas d'une épreuve insurmontable - et que nous la surmontons, c'est pour cela que nous recevrons un salaire.

C'est une autre illustration de la règle selon laquelle un homme n'a pas le droit de dire : « le porc me dégoûte » - mange-t-on en fonction de ce qui est savoureux ou dégoûtant ? Bien au contraire, l'homme doit dire : le porc est très bon, mais je n'en mange pas parce que la Torah l'a ordonné. Pourtant, ce n'est pas là la récompense que l'on reçoit à chaque instant, car en ce moment même, on ne s'est pas abstenu d'en manger par obéissance à la Torah, mais simplement parce qu'on ne nous a pas servi de porc. Et pour cela, on ne reçoit pas de récompense.

Le Radak propose encore une tout autre explication : « De plus, ils ne commettent point d'iniquité » - puisqu'ils cherchent Hachem de tout leur cœur, ils ont l'assurance qu'ils ne commettront pas d'iniquité, et qu'aucune occasion de faute ne se présentera jamais à eux ; « ils marchent dans Ses voies » - toute sa vie, cet homme marchera dans les voies d'Hachem. Le texte ne cherche pas à dire qu'il n'est simplement « pas un pécheur », mais que si l'on cherche Hachem de tout son cœur, l'occasion de trébucher ne se présentera pas. Car « il n'est point d'homme juste sur la terre qui fasse le bien sans jamais pécher », et chacun est susceptible de chuter, à Dieu ne plaise, dans l'iniquité ; le verset vient donc enseigner que celui qui cherche Hachem de tout son cœur ne sera pas atteint par l'iniquité, mais marchera toujours et exclusivement dans les voies d'Hachem. C'est dans le sens de ce qu'ont dit nos Sages : « À celui qui vient pour se purifier, on prête assistance » - les Cieux le protègent et l'aident à ne pas tomber dans la faute.

Les témoignages qui engagent aussi dans l'action

Le Malbim ajoute : au-delà de ce que nous avons expliqué, à savoir que les témoignages sont précieux pour être étudiés, approfondis, et pour contempler les miracles que le Saint béni soit-Il a accomplis pour nous, ce qui nous conduit à Le servir d'un cœur entier, ils sont également bénéfiques sur le plan pratique. En effet, les témoignages nous enseignent les voies d'Hachem. Or, dans ces voies divines, nous voyons qu'Il punit les pécheurs - Sodome, la génération de la dispersion (Dor Hapalaga), la génération du Déluge - et accorde une belle récompense à ceux qui suivent Ses voies, à l'image d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. C'est ainsi que l'on se préserve et que l'on comprend « ils ne commettent point d'iniquité », parce qu'« ils marchent dans Ses voies ». Nous constatons que celui qui chemine dans la voie d'Hachem est gratifié par Lui, et c'est précisément ce que nous enseigne le livre de Beréchit - également appelé « Sefer Hayachar » (le Livre des Justes) : lorsqu'un homme est droit dans les voies d'Hachem, il reçoit une rétribution de Sa part, béni soit-Il. Les témoignages attestant du salaire et de la punition nous retiennent de commettre une injustice ou de faire le mal, et nous obligent, pour ainsi dire, à marcher dans les voies d'Hachem et à nous y attacher.

Quelle est la précision exacte de l'expression « ils n'ont pas commis (pa'alou) d'iniquité » ? Le Malbim explique en plusieurs endroits qu'il existe une différence entre « po'el » (agir, s'affairer) et « 'ossé » (faire, accomplir) : la « pe'oula » désigne le fait même de s'affairer à une chose, tandis que la « 'assiya » se rapporte à l'acte achevé. Tant que l'on s'occupe de la chose, cela s'appelle une « pe'oula ». Le verset nous enseigne donc que ces justes ne s'occupent même pas d'une chose qui comporte de l'iniquité, quand bien même ils ne mèneraient pas l'acte à son terme. Parfois, un homme se dit : « Très bien, je vais seulement m'y intéresser, mais je ne commettrai pas la faute elle-même, ou bien je ne mènerai pas l'affaire jusqu'au bout. » On lui répond : non, ces justes « n'ont même pas ébauché d'iniquité » - même le simple fait de s'en occuper, bien qu'inachevé, ne se trouve point chez eux.

Verset 4 : Tu as ordonné Tes préceptes, pour qu'on les garde avec grand soin
אַתָּה צִוִּיתָה פִקֻּדֶיךָ לִשְׁמֹר מְאֹד׃ - Tu as prescrit Tes ordonnances, pour qu'on les observe avec grand soin.

Ibn Ezra commente : « Tu as ordonné Tes préceptes » - cela s'adresse au cœur. Et quel est le sens de « Tu as ordonné », où les as-Tu ordonnés ? Par l'intermédiaire des prophètes. Le sens en est le suivant : tout a commencé par Toi - Tu as ordonné Tes préceptes afin que nous observions tous Tes commandements. Et pourquoi a-t-Il ordonné de les garder « avec grand soin » (méod) ? Le Radak explique : afin que l'homme ne commette pas d'erreur à leur sujet, et que tout son cœur y soit consacré. C'est cela « garder avec grand soin » : il faut ici une garde exemplaire, une véritable minutie. On ne peut pas simplement dire « je ferai de mon mieux » ; il faut ici une vigilance sans faille, une garde scrupuleuse.

Le Malbim explique que les « pikoudim » (préceptes) sont les mitsvot qui portent un témoignage sur l'œuvre d'Hachem et Sa providence. Les téfilines, par exemple, font partie selon le Malbim de ces « pikoudim », car ils témoignent du fait que le Saint béni soit-Il nous a fait sortir d'Égypte d'une main forte et d'un bras étendu ; le Chabbat témoigne qu'Hachem a créé Son monde en six jours. Et pourquoi sont-ils appelés « pikoudim » ? Parce qu'en eux est déposé (moufkad) ce qu'ils viennent enseigner : Hachem a déposé dans cette mitsva l'enseignement de la sortie d'Égypte, et dans la consommation de la matsa, Il a déposé l'enseignement de la rédemption d'Égypte, et ainsi de suite.

Dès lors, « Tu as ordonné Tes préceptes » signifie que Tu les as prescrits pour qu'à travers eux, on vienne « à les observer avec grand soin ». Car les témoignages eux-mêmes se rapportent aux événements passés : le témoignage qu'il y a eu la sortie d'Égypte, le témoignage qu'Hachem a créé Son monde en six jours, le témoignage qu'Hachem accorde salaire et châtiment ; et les « pikoudim » représentent la mitsva concrète accomplie en souvenir de ce témoignage. Ce sont ces préceptes qu'il faut garder avec le plus grand soin, tel un écrin renfermant des pierres précieuses et des perles rares. Pourquoi ? Parce que dans ces préceptes se trouve enfouie la sortie d'Égypte, s'y trouve enfouie la création du monde en six jours.

À partir de là, on comprend pourquoi celui qui n'observe pas le Chabbat et le profane en public est considéré comme un non-juif. Pourquoi ? Parce qu'il a perdu la perle précieuse contenue dans le précepte. Qu'y a-t-il de déposé au sein des « pikoudim » ? Le témoignage. Le Chabbat constitue le témoignage qu'Hachem a créé Son monde en six jours ; si l'on perd le précepte et que l'on n'observe pas le Chabbat, on perd le témoignage. On ne porte plus le témoignage qu'Hachem a créé Son monde en six jours, et celui qui n'en témoigne pas est considéré comme reniant l'œuvre de la Création. Cela valait surtout à leur époque, car de nos jours, l'homme agit souvent pour son plaisir, pèche par désir matériel : une personne récite le kiddouch, affirme sa foi, tout en allant au match de football, sans y voir de contradiction. Mais selon la définition de nos Sages, celui qui profane le Chabbat en public renie l'œuvre de la Création. Il en va de même pour celui qui ne met pas les téfilines : c'est comme s'il déclarait qu'Hachem ne nous a pas fait sortir d'Égypte d'une main forte, et que c'est pour cela qu'il ne les met pas. Il s'ensuit donc que si l'on ne garde pas scrupuleusement ces préceptes, on perd ce qui y est déposé : le témoignage de la sortie d'Égypte, le témoignage de la création du monde et le témoignage du salaire et de la punition.

En conclusion :

L'ouverture de ce psaume dresse devant nous une véritable échelle d'élévation spirituelle : « Heureux ceux dont la voie est intègre, qui marchent selon la Torah d'Hachem » - il n'y a point de perfection sans l'étude de la Torah, car un ignorant ne saurait craindre le péché. « Heureux ceux qui gardent Ses témoignages, qui Le recherchent de tout cœur » - celui qui préserve les témoignages reçus de ses pères sert Hachem d'un cœur entier, sans duplicité. « Ils ne commettent point d'iniquité, ils marchent dans Ses voies » - il ne suffit pas de s'écarter du mal sans faire le bien, et il n'y a pas de salaire pour une simple abstention sans mise à l'épreuve ; en revanche, celui qui recherche Hachem de tout son cœur est assuré d'une aide céleste pour ne point faillir, selon le principe : « à celui qui vient pour se purifier, on prête assistance ». Enfin, « Tu as ordonné Tes préceptes, pour qu'on les garde avec grand soin » - les mitsvot sont comme un écrin renfermant des perles précieuses, dépositaires des grands témoignages de la sortie d'Égypte, de la création du monde, du salaire et du châtiment ; elles exigent dès lors une garde irréprochable, et non une simple promesse d'« essayer ».