Le psaume 107 est le grand psaume de reconnaissance, énumérant ceux qui doivent rendre grâce au Saint, béni soit-Il, pour les avoir tirés de la détresse vers la délivrance. Dans cette partie, nous nous penchons sur le dernier de ces groupes : ceux qui descendent sur la mer dans des navires. Le psaume dépeint la tempête, l'effroi des naufragés, le salut soudain et l'action de grâce qui s'ensuit ; puis il en vient à décrire la providence divine en général, la façon dont Il transforme une terre habitée en désolation et une terre en ruine en lieu de peuplement, abaisse les puissants et élève les indigents - tout cela afin que nous méditions et comprenions que rien dans ce monde n'est le fruit du hasard.
יוֹרְדֵי הַיָּם בָּאֳנִיּוֹת עֹשֵׂי מְלָאכָה בְּמַיִם רַבִּים׃ - Ceux qui descendent sur la mer dans des navires, qui accomplissent leur tâche sur les grandes eaux.
À première vue, la question se pose : la mer n'est pas plus basse que la terre ferme, elle repose à sa surface ; pourquoi donc est-il dit « ceux qui descendent sur la mer » ? La raison en est que pour atteindre la mer, l'homme arrive toujours d'un endroit plus élevé, car la mer se trouve généralement en creux par rapport à la topographie environnante - sans quoi elle inonderait le monde entier. Par rapport au rivage qui l'entoure, la mer est située en contrebas ; c'est pourquoi il faut descendre pour y accéder, d'où l'expression « ceux qui descendent sur la mer ».
Le Malbim rapporte une autre explication au nom de son père : la descente désigne le fait d'entrer au fond du navire. Le navire est profond, et celui qui y monte descend en réalité à l'intérieur, comme le dit le verset : « Il trouva un navire... et y descendit ». Ici également, « ceux qui descendent sur la mer dans des navires » fait référence à la descente dans la cale du bateau, vers l'intérieur, ce qui constitue une véritable descente.
Cette tâche renvoie à toutes les manœuvres nécessaires à la navigation : le pavillon, le mât, les cordages, les rames et les divers agrès du navire. Les marins étaient ceux qui accomplissaient cette tâche - leur rôle consistait à déployer la voile, à la replier en temps voulu et à l'orienter selon la direction voulue.
Et que désignent les « grandes eaux » ? Le Radak explique : c'est le pélagos, le grand large, où le travail requis est bien plus ardu. Et qu'est-ce que le pélagos ? Rachi, dans le traité Chabbat, commente l'expression mafliguim (« ceux qui prennent le large ») : « ils s'éloignent de la terre ferme vers la mer » ; c'est le terme employé pour le départ d'un navire, car le navigateur s'éloigne de la terre habitée. Rachi rapporte toutefois une autre explication au nom de Rabbénou Yaakov, selon laquelle le milieu de la mer est appelé pélagos (terme issu de la langue vernaculaire). De même, nous trouvons dans le Targoum Yonatan sur la Torah au verset « les abîmes se sont figés au cœur de la mer » : « au milieu du pélagos de la grande mer ». Ainsi, le pélagos désigne le cœur de la mer, la haute mer. Il s'ensuit que « ceux qui accomplissent leur tâche sur les grandes eaux » sont ceux qui manœuvrent en pleine mer, là où le travail est infiniment plus périlleux et exigeant.
Le Malbim explique qu'il s'agit ici de la suite du rassemblement des exilés : lorsqu'ils reviennent de leur exil et voyagent par voie maritime à bord de navires, le Saint, béni soit-Il, leur montre à nouveau Ses merveilles, afin qu'ils louent l'Éternel pour Sa bonté une fois parvenus en terre d'Israël. Deux catégories se distinguent ici : il y a « ceux qui descendent sur la mer dans des navires », et parmi eux « ceux qui accomplissent leur tâche sur les grandes eaux » - les marins expérimentés qui maîtrisent les manœuvres expertes pour maintenir le navire au cœur de la tempête et échapper au naufrage, comme nous le verrons bientôt.
הֵמָּה רָאוּ מַעֲשֵׂי יְהֹוָה וְנִפְלְאוֹתָיו בִּמְצוּלָה׃ - Eux ont vu les œuvres de l'Éternel et Ses merveilles dans l'abîme.
Ils voient les miracles d'Hachem et Ses œuvres, à quel point le Saint, béni soit-Il, les sauve même dans une situation où ils sont sur le point de se noyer. Le Radak ajoute qu'ils observent de grands poissons et le fracas de la mer, et qu'ils constatent à travers cela que le Saint, béni soit-Il, a donné à l'homme la sagesse de résister à tout cela : de se construire un navire qui le transporte d'un lieu à un autre et le maintient à flot même lorsque la mer est déchaînée. En cela même, on discerne les œuvres d'Hachem : quelle sagesse Il a accordée à l'homme pour réchapper même à une telle tourmente !
וַיֹּאמֶר וַיַּעֲמֵד רוּחַ סְעָרָה וַתְּרוֹמֵם גַּלָּיו׃ - Il ordonna et fit lever un vent de tempête, qui souleva ses vagues.
Le Saint, béni soit-Il, décréta et parla, et fit se lever un vent de tempête sur la mer. « Vaya'amed » n'a pas ici le sens d'arrêter le vent ; le Radak explique : « Vaya'amed roua'h se'ara » équivaut à « Il suscita un vent de tempête » - Il dressa contre eux un vent violent, et ce même vent soulève les vagues.
יַעֲלוּ שָׁמַיִם יֵרְדוּ תְהוֹמוֹת נַפְשָׁם בְּרָעָה תִתְמוֹגָג׃ - Ils montaient aux cieux, descendaient aux abîmes ; leur âme se fondait dans l'angoisse.
Qui sont ceux qui « montent aux cieux » ? Ibn Ezra répond : soit les vagues, soit les navigateurs, et l'on peut dire les deux à la fois - les vagues et l'équipage montent jusqu'au ciel et descendent aux abîmes. Et de ces hauts et de ces bas continuels, « leur âme se fondait dans l'angoisse » : « titmogag » signifie qu'elle fond. Face au péril et à l'effroi, tandis que le navire tangue violemment et qu'ils comprennent qu'ils sont sur le point de sombrer, leur âme se liquéfie et s'évanouit en eux.
יָחוֹגּוּ וְיָנוּעוּ כַּשִּׁכּוֹר וְכׇל־חׇכְמָתָם תִּתְבַּלָּע׃ - Ils titubaient et chancelaient comme un homme ivre, et toute leur sagesse s'évanouissait.
Plusieurs explications ont été données pour le terme « ya'hogou ». Rachi explique qu'il s'agit d'une notion de brisure, comme dans « be'hagvé hasela » (dans les fentes du rocher) - un endroit comportant des crevasses et des brisures dans la roche, et comme dans « la terre de Juda sera pour l'Égypte une cause de terreur (le'haga) », qui renvoie à la fracture. Le Radak, quant à lui, explique que « ya'hogou » se rapporte au mouvement, au sens de tournoiement, comme on utilise aujourd'hui le mot « 'hag » dans le sens de tourner ; et même « le'haga » est interprété par lui comme un tremblement de peur, le fait de s'agiter sous l'effet de l'effroi. Le Metsoudat Tsion enseigne que « ya'hogou » exprime la danse et le mouvement tourbillonnant, s'appuyant sur l'expression « hamon 'hogég » - une foule qui danse.
« Comme un homme ivre » : l'ivrogne lui aussi titube dans son ébriété, incapable de tenir sur ses jambes ni de rester en place, constamment vacillant. De même, les passagers du navire ainsi que les marins ne parviennent plus à tenir debout dans la tempête, alors que le navire monte et descend sans répit. On raconte l'histoire d'un conducteur arrêté pour avoir zigzagué sur la route, à une époque qui précédait l'éthylotest ; le policier lui demanda de marcher quelques mètres le long de la ligne blanche sur le bas-côté. L'homme lui répondit : « Vous vous moquez de moi ? Redressez d'abord la ligne ! » L'homme ivre tangue et titube, tout son corps n'est que mouvement.
Quelle est cette sagesse ? C'est le savoir-faire des capitaines et des marins pour diriger le navire, même dans les pires tourmentes. Et dans quel sens comprendre « titbala' » ? Le Radak explique : elle sera détruite, un terme de ruine et d'anéantissement ; de même le Metsoudat Tsion, par analogie avec « Hachem a détruit (bila') sans pitié », ce qui signifie qu'Il a anéanti sans merci - leur sagesse est donc anéantie. Ibn Ezra, quant à lui, explique « titbala' » dans le sens de se recouvrir ou d'être engloutie, comme dans « les épis ont dévoré (vativala'na) », où les épis maigres ont recouvert les épis gras, et comme dans « ils n'entreront pas pour voir quand on enveloppera (khevala') les objets sacrés », au moment où l'on recouvre les ustensiles du Sanctuaire. Selon cette explication, toute leur sagesse se trouve voilée, comme s'ils n'en avaient jamais possédé la moindre trace.
Le Malbim, fidèle à sa démarche, propose ici une explication originale, qui s'applique à ceux qui « accomplissent leur travail sur les grandes eaux ». Lorsque le navire commence à être violemment ballotté, on jette l'ancre, et grâce à cela, il ne s'élève plus vers les hauteurs, car l'ancre le retient vers le bas. Cependant, l'ancre le fixe alors en un point précis, et le bateau se met à tourner autour de ce point - il ne peut plus s'éloigner, mais il décrit un certain rayon selon la longueur de la chaîne. C'est là le sens de « ils tournoient et vacillent » (yahogou veyanou'ou) : yahogou provient de la racine 'houg, le compas, qui trace un cercle. Une fois l'ancre jetée, le navire décrit un mouvement circulaire sur place, tel un homme ivre qui tourne sur lui-même sans parvenir à tenir debout. « Et toute leur sagesse s'engloutit » - car ils pensaient que le jet de l'ancre sauverait le vaisseau, alors qu'en réalité, le bateau menace de se briser sur place. Il s'avère ainsi que même ce qu'ils ont accompli avec toute leur sagesse ne leur a été d'aucune utilité.
וַיִּצְעֲקוּ אֶל־יְהֹוָה בַּצַּר לָהֶם וּמִמְּצוּקֹתֵיהֶם יוֹצִיאֵם׃ - Ils crièrent vers l'Éternel dans leur détresse, et de leurs angoisses Il les fit sortir.
Ils crient vers Hachem pour qu'Il les délivre. Le Radak explique : qu'Il les ramène sur la terre ferme. Autre explication possible : qu'Il les fasse sortir de l'angoisse dans laquelle ils sont plongés.
יָקֵם סְעָרָה לִדְמָמָה וַיֶּחֱשׁוּ גַּלֵּיהֶם׃ - Il réduit la tempête au silence, et leurs flots s'apaisèrent.
Le sens simple rejoint l'explication du Radak : Il ramène la tempête au calme, cette même tempête qui faisait rage auparavant - Hachem la réduit au silence. Mais le Malbim propose un sens novateur : « yakem se'arah » selon son sens littéral, Il suscita et dressa une tempête. Et pourquoi ? Pour montrer que c'est la main d'Hachem qui a agi ainsi et que cela ne relève aucunement d'un phénomène naturel. Tout d'abord, le Saint, béni soit-Il, déchaîna la tempête avec une puissance extrême, puis immédiatement après, fit succéder le silence absolu. C'est ce contraste saisissant qui frappe les esprits : un instant la tourmente, l'instant suivant le silence. C'est là que les merveilles du Saint, béni soit-Il, atteignent leur apogée, lorsque le fracas cède soudain la place au calme plat et que les flots s'apaisent, attestant sans équivoque que c'est la main d'Hachem qui a opéré.
Quant au Radak, qui doit lui aussi éclairer le sens littéral - puisque « yakem » signifie généralement dresser ou soulever une tempête -, il apporte une précision : « yakem se'arah » se rapporte au passé, la tempête qu'Il avait suscitée auparavant est celle-là même qui se transforme désormais en silence ; non pas qu'Il suscite à présent une nouvelle tempête. « Et leurs flots s'apaisèrent » (vaya'hechou galehem) - les vagues qui se dressaient contre le navire et ses passagers se sont tues, se sont apaisées et ont cessé de s'agiter.
וַיִּשְׂמְחוּ כִי־יִשְׁתֹּקוּ וַיַּנְחֵם אֶל־מְחוֹז חֶפְצָם׃ - Ils se réjouirent de ce qu'ils s'apaisèrent, et Il les guida vers le havre de leur désir.
Trois expressions sont employées ici : « démama », « ha'hachaa » et « chetika ». Le Malbim explique : la « démama » exprime toujours l'interruption soudaine d'un état antérieur. Dans la langue courante aussi, on dit « le moteur s'est tu », « son cœur s'est arrêté » - il y avait une parole et elle s'est tue, il y avait du bruit et il a cessé. En revanche, le verbe « leha'hachot » (garder le silence) implique un silence originel, une absence première de parole et d'agitation, non pas une chose en cours qui s'interrompt, mais une retenue dès l'origine. Quant au verbe « lichtok », il désigne l'apaisement par opposition à la dispute et au tumulte, comme dans « Faute de calomniateur, la querelle s'apaise » (yichtok madon) ou « et la mer s'apaisa de sa fureur » (vayichtok hayam miza'po). Dès lors, dans les écrits de nos Sages, la chetika a trait principalement au silence des hommes (l'absence de parole), tandis que dans les textes bibliques, elle s'applique également aux éléments inanimés.
Selon cela : « Il transforme la tempête en calme » - cette même tempête qui faisait rage s'apaise désormais, cesse son tumulte. « Et leurs flots se taisent » - les vagues se calment comme si elles n'avaient jamais été agitées. « Et ils se réjouissent de ce qu'elles se soient apaisées » - le silence est l'opposé de ce qui régnait auparavant, c'est pourquoi la joie est immense. Et le Malbim ajoute que la joie est proportionnelle au fracas qui l'a précédée : plus le vacarme était grand, plus grande est la joie lorsqu'il est réduit au silence.
Qu'est-ce qu'un « me'hoz » ? Un me'hoz est une limite, une frontière, comme dans l'expression « עם שאול עשינו חוזה » - nous avons fixé une limite, et non pas au sens de rédiger un contrat. C'est ainsi que le Radak explique : « vers le me'hoz de leur désir » - vers la limite de leur désir, leur destination. De même, « ולא חזו ימיו » ne signifie pas qu'ils n'ont pas vu, mais qu'ils ne connaissaient pas leur limite, la durée fixée de ses jours et le temps qu'il devait vivre. Dans le langage parlé moderne, le sens a dévié et l'on désigne un endroit particulier par « telle région » (me'hoz), mais selon le Tanakh, le terme « me'hoz » désigne une limite, un terme.
Et que signifie « Et Il les guida vers le port de leur désir » ? On aurait pu penser, dit le Radak, que si le Saint, béni soit-Il, avait complètement arrêté le vent, le navire ne pourrait plus atteindre sa destination. C'est pourquoi le verset vient enseigner que le Saint, béni soit-Il, leur accorda un vent favorable pour les guider jusqu'au terme de leur voyage - Il n'a pas totalement fait taire le vent, mais Il leur a donné une brise qui les conduise vers leur destination.
Un ministre russe demanda un jour à Rabbi Yits'hak de Volozhin : « Vous, les Juifs installés ici, vous récitez la prière "Hanoten techoua lamelakhim" (Celui qui donne le salut aux rois), et demandez que le royaume dans lequel vous résidez l'emporte dans ses guerres - car après tout, vous vivez ici. Or en Pologne, contre laquelle nous sommes en guerre, il y a aussi des Juifs qui prient pour que leur propre souverain triomphe. Que fait-on de cela au Ciel ? »
Il lui répondit avec finesse : « Regarde comment nous ouvrons cette prière : "Celui qui donne le salut aux rois et la domination aux princes... qui fraye une route dans la mer et un sentier dans les eaux impétueuses". A priori, quel rapport la mer a-t-elle avec cette bénédiction adressée aux rois et aux princes ? C'est qu'il y a un navire qui navigue d'est en ouest, et un autre qui navigue d'ouest en est. L'un espère un vent arrière pour le mener à bon port, et l'autre attend un vent arrière dans la direction opposée. À l'époque, où l'on ne naviguait qu'à la voile, l'un des deux semblait condamné à ne pas pouvoir arriver. Pourtant, "Il fraye une route dans la mer et un sentier dans les eaux impétueuses" - le Saint, béni soit-Il, trace des chemins distincts, un sentier pour l'un et un sentier pour l'autre, et chacun parvient à sa destination. En d'autres termes : ne dirigez pas le monde à la place du Saint, béni soit-Il. Il sait fort bien composer avec des situations contradictoires en apparence. Ne cherchez pas d'objections : la volonté du Saint, béni soit-Il, s'accomplira, même face à des prières qui semblent opposées. »
Le Malbim explique : « Et ils se réjouissent de ce qu'elles se soient apaisées » - leur joie était double. D'une part, parce que les flots s'étaient tus ; d'autre part, parce qu'ils étaient arrivés sains et saufs à destination. C'est pourquoi :
יוֹדוּ לַיהֹוָה חַסְדּוֹ וְנִפְלְאוֹתָיו לִבְנֵי אָדָם׃ וִירוֹמְמוּהוּ בִּקְהַל־עָם וּבְמוֹשַׁב זְקֵנִים יְהַלְלוּהוּ׃ - Qu'ils rendent grâce à l'Éternel pour Sa bonté, et pour Ses merveilles envers les fils de l'homme ! Qu'ils L'exaltent dans l'assemblée du peuple, et qu'ils Le louent au conseil des anciens !
Qu'ils rendent grâce à Hachem pour la bonté d'avoir été sauvés, et lorsqu'ils arrivent à destination, ils expriment leur reconnaissance ; quant aux merveilles qu'Il a accomplies pour eux en mer, ils les racontent aux hommes. De là découle la mitsva de relater Ses merveilles, de remercier le Saint, béni soit-Il, et de proclamer les miracles qu'Il a opérés.
Le Malbim précise : lorsqu'ils touchent terre, ils rendent grâce au milieu des foules innombrables d'Israël et devant les anciens. Or, il existe une différence entre l'exaltation (« romemout ») et la louange (« tehila »). L'exaltation découle du fait que Ses actes semblent parfois contradictoires, ce qui correspond à la masse du peuple - qui ne saisit pas intimement le Saint, béni soit-Il, et pour qui Il demeure élevé, transcendant et inaccessible. La louange, en revanche, se rapporte aux actions manifestes, et cela correspond au « conseil des anciens » - les anciens désignant les Talmidé 'Hakhamim, qui connaissent le Saint, béni soit-Il, et discernent Ses œuvres. L'exaltation relève d'une dimension plus mystérieuse et inaccessible, propre au peuple simple pour qui le Saint, béni soit-Il, est infiniment élevé et pour ainsi dire insaisissable dans le concret de la réalité.
Nos Sages apprennent de là qu'il faut exprimer sa reconnaissance devant dix personnes - « qu'ils L'exaltent dans l'assemblée du peuple » -, et que deux d'entre elles doivent être des talmidé 'hakhamim (érudits en Torah) - « et qu'ils Le louent au conseil des anciens », les anciens désignant les talmidé 'hakhamim. Le Radak explique quant à lui que le terme « qu'ils L'exaltent » s'applique à tous les navigateurs : lorsqu'ils remercient Hachem, ils L'exaltent et Le louent au sein de l'assemblée du peuple, et ils Le louent également au sein de l'assemblée des anciens et des sages, car l'appréhension spirituelle des sages est d'un niveau bien plus élevé.
יָשֵׂם נְהָרוֹת לְמִדְבָּר וּמֹצָאֵי מַיִם לְצִמָּאוֹן׃ אֶרֶץ פְּרִי לִמְלֵחָה מֵרָעַת יוֹשְׁבֵי בָהּ׃ - Il change les fleuves en désert et les sources d'eau en terre aride, la terre fertile en sol salin, à cause de la méchanceté de ses habitants.
Rachi explique que le Saint, béni soit-Il, transforme les cités des nations en ruines. Le Radak éclaire le lien avec ce qui précède : après avoir mentionné les quatre catégories de personnes qui doivent remercier Hachem pour Ses bontés, Lui qui a transformé leur deuil en réjouissance et les a tirés de la détresse vers la délivrance, le texte vient nous enseigner que le Saint, béni soit-Il, suscite parfois des situations inverses : Il transforme le bien en mal pour punir les habitants d'un lieu. Du mal vers le bien quand on accomplit Sa volonté, et du bien vers le mal quand on ne l'accomplit pas. Tout procède de Lui, béni soit-Il, et Il modifie les lois de la nature selon Son bon vouloir, contrairement à ce que s'imaginent les insensés qui croient que le sort des hommes dépend du hasard.
« Il change les fleuves en désert » - un endroit traversé de cours d'eau et de sources devenait naturellement un lieu d'habitation, car à l'époque, on construisait les villes près des points d'eau ; or, le Saint, béni soit-Il, assèche précisément ces sources et les transforme en terres arides.
Le Malbim explique qu'après avoir évoqué les bontés d'Hachem envers les individus, le texte décrit Sa conduite envers la collectivité - des pays entiers ou des populations entières. On constate parfois qu'en raison de la perversité de ses habitants, le Saint, béni soit-Il, ravage toute une contrée : un endroit où coulaient des fleuves devient un désert, une région de sources et de résurgences devient un sol desséché, transformant une terre fertile en terre saline où plus rien ne pousse. Et cette « terre aride » (tsimaon) est pire qu'un simple désert, car c'est un lieu d'aridité totale ; et tout cela « à cause de la méchanceté de ses habitants », car ils ont corrompu leurs actes.
יָשֵׂם מִדְבָּר לַאֲגַם־מַיִם וְאֶרֶץ צִיָּה לְמֹצָאֵי מָיִם׃ וַיּוֹשֶׁב שָׁם רְעֵבִים וַיְכוֹנְנוּ עִיר מוֹשָׁב׃ - Il change le désert en étang et la terre aride en sources d'eau ; Il y établit les affamés, et ils y fondent une ville habitable.
Rachi explique : Il destine une terre en ruine à être bâtie - un lieu dévasté se reconstruit, et là où s'étendait le désert, le Saint, béni soit-Il, fait jaillir des cours d'eau. Le Radak précise qu'il s'agit de la continuité du verset précédent : aux méchants, Hachem retire les fleuves et les assèche, tandis que pour les justes - là même où il n'y avait aucun cours d'eau -, Il transforme le désert en étang et fait naître des sources à leur intention. Le Malbim ajoute que la « terre aride » (erets tsiya) désigne un lieu encore plus sec que le désert, et c'est précisément cet endroit qui devient une source jaillissante, au point que le désert alentour se change en nappe d'eau.
« Il y établit les affamés » - ceux qui souffraient de la faim dans d'autres contrées, le Saint, béni soit-Il, les installe là, et c'est pour ainsi dire à leur intention que le lieu devient prospère. Comme l'explique le Radak : « et ils y fondent une ville habitable » - ces hommes venus de toutes parts, privés de subsistance dans leur pays d'origine, arrivent en ce lieu où Hachem a changé le désert en étang, et y trouvent de quoi vivre. À l'égard de ceux qu'Il agrée, le Saint, béni soit-Il, rassemble ces affamés et leur accorde de quoi subsister.
Dans le sefer Tenoufa Le'haïm, Rav 'Haïm Palagi s'appuie sur les paroles de nos Sages à propos des versets : « Quel est l'homme qui a bâti une maison neuve et ne l'a point encore inaugurée ? Qui a planté une vigne et n'en a point encore joui ? Qui s'est fiancé à une femme et ne l'a point encore épousée ? » Nos Sages en tirent l'ordre chronologique adéquat : l'homme doit d'abord bâtir une maison, puis planter une vigne (s'assurer une source de revenus), et enfin prendre femme. Le Rambam souligne qu'il ne faut pas agir à la manière des insensés qui se marient en premier, puis cherchent à bâtir une maison, puis à planter une vigne, se retrouvant finalement sans moyens de subsistance. De nos jours, certes, il est bien difficile d'appliquer ces règles à la lettre : à l'époque, on construisait facilement sa propre demeure, mais aujourd'hui, avec la réalité des prêts immobiliers, certains ne posséderont peut-être jamais de maison à eux.
En tout cas, souligne Rabbi 'Haïm Palagi, le principe est suggéré ici même dans les versets : « et ils établirent une ville habitable » - c'est la maison ; ensuite « ils ensemencèrent des champs, plantèrent des vignes et récoltèrent des fruits » - c'est la plantation de la vigne ; puis « Il les bénit et ils se multiplièrent considérablement » - selon l'expression « D.ieu les bénit... fructifiez et multipliez-vous », c'est-à-dire qu'il épouse une femme et engendre des enfants. L'Écriture a donc également disposé les choses selon l'ordre convenable que l'homme doit suivre d'après le derekh érets.
וַיִּזְרְעוּ שָׂדוֹת וַיִּטְּעוּ כְרָמִים וַיַּעֲשׂוּ פְּרִי תְבוּאָה׃ וַיְבָרְכֵם וַיִּרְבּוּ מְאֹד וּבְהֶמְתָּם לֹא יַמְעִיט׃ - Ils ensemencèrent des champs, plantèrent des vignes et récoltèrent des fruits abondants. Il les bénit et ils se multiplièrent considérablement, et Il ne laissa pas décroître leur bétail.
Le Radak explique : ils ensemencèrent des champs et plantèrent des vignes et ils réussirent, et « le fruit de la récolte » (peri tevouah) signifie fruits et récoltes, le verset répétant l'idée en des termes différents. Le Malbim, quant à lui, explique que « peri tevouah » désigne un fruit parvenu à son terme, car le mot tevouah implique que le fruit a atteint sa pleine maturité. Si l'on dit seulement « fruit », il pourrait encore s'agir d'un fruit vert ; mais « peri tevouah » est un fruit qui est arrivé à son parfait achèvement.
« Il les bénit et ils se multiplièrent considérablement » - Il les bénit dans leurs biens, et « ils se multiplièrent » par les enfants ; « et Il ne laissa pas décroître leur bétail » - qu'il n'y ait parmi eux ni bête qui avorte ni bête stérile, et à plus forte raison parmi leurs épouses. Ils jouirent ainsi d'une abondance tant en biens matériels qu'en descendance. Et le Malbim montre que ces éléments se répondent avec précision : en parallèle à « ils ensemencèrent des champs » - les champs prospérèrent grandement, « et récoltèrent des fruits abondants » ; et en face de « ils établirent une ville habitable » - « Il les bénit et ils se multiplièrent considérablement », Il les bénit en biens, ils eurent de nombreux fils et filles, et Il ne laissa pas non plus décroître leur bétail.
וַיִּמְעֲטוּ וַיָּשֹׁחוּ מֵעֹצֶר רָעָה וְיָגוֹן׃ - Puis ils diminuèrent et courbèrent l'échine sous l'oppression, le malheur et le chagrin.
Une difficulté surgit ici : après avoir dépeint une telle idylle, comment comprendre ce soudain « puis ils diminuèrent et courbèrent l'échine » ? Rachi résout la question en expliquant qu'il s'agit d'un regard rétrospectif : ils étaient initialement courbés et réduits en nombre par l'oppression, le malheur et le chagrin, et toute l'abondance décrite est venue ensuite sur eux ; le verset ne veut pas dire qu'ils ont décru après coup.
Le Radak, quant à lui, explique que les événements se sont bien déroulés dans cet ordre : pour nous enseigner que tout procède de Lui, béni soit-Il, que par Sa volonté Il les enrichit et par Sa volonté Il les appauvrit, c'est bel et bien après « Il les bénit et ils se multiplièrent considérablement » que survient « puis ils diminuèrent et courbèrent l'échine ». Lorsque telle est la volonté divine, leur situation s'inverse. Et pourquoi ? À cause de leur faute : ils s'enorgueillirent de leur trop grand bonheur - « Yechouroun s'est engraissé et a regimbé », ressentant que « c'est ma force et la puissance de ma main ». C'est là ce que nous avons vu plus haut : « à cause de la méchanceté de ses habitants », à la suite de leurs mauvaises actions, le Saint, béni soit-Il, les amoindrit. « Ils diminuèrent » est le contraire de « ils se multiplièrent », et « ils courbèrent l'échine » s'oppose à leur démarche fière et altière d'autrefois - ils sont désormais sombres et abattus, la tête courbée.
Et que signifie « sous l'oppression (otser), le malheur et le chagrin » ? Cela équivaut à « sous la contrainte et le malheur ». Le terme « otser », précise le Radak, désigne la domination d'autrui sur eux, courbés sous le joug, comme dans « Par l'oppression (otser) et le jugement il a été enlevé » dans Isaïe - signifiant que les nations règnent sur eux. C'est d'ailleurs le sens de l'expression « yorech etser » (héritier du trône) : celui qui gouverne le peuple et reçoit la royauté, le souverain étant désigné comme un otser (guide ou dominateur) parmi le peuple. Cette domination étrangère leur cause malheur et chagrin : le malheur - l'atteinte physique et la perte matérielle ; le chagrin - la douleur qui pèse sur leur cœur. Le Radak rapporte encore une autre explication au nom d'Ibn Ezra : « otser » s'entend comme dans la fermeture de la matrice (otser ré'hem), c'est-à-dire la stérilité - à l'opposé de « ils se multiplièrent considérablement », où régnait une forte natalité, alors que désormais la matrice se ferme et ils n'ont plus d'enfants.
Le Malbim explique : parfois, ils diminuent par le fait d'un pouvoir tyrannique (otser ra'ah), un gouvernement cruel qui les asservit, et par là « ils diminuèrent » - car nombre d'entre eux sont massacrés, tandis que les survivants « courbent l'échine » sous le poids de leur chagrin.
שֹׁפֵךְ בּוּז עַל־נְדִיבִים וַיַּתְעֵם בְּתֹהוּ לֹא־דָרֶךְ׃ - Il déverse le mépris sur les puissants et les égare dans un désert sans chemin.
Les « nedivim » (nobles, grands de ce monde) sont les riches et les notables, et le Saint, béni soit-Il, transforme leur honneur en mépris et en opprobre. « Il déverse le mépris » : une profusion d'ignominie et de honte qu'Il répand sur eux à pleines mains. « Et les égare dans un désert sans chemin » : ils n'ont plus le moindre conseil ni stratagème pour échapper au malheur qu'Il a fait fondre sur eux ; ils errent dans les ténèbres, désemparés, ne sachant où aller ni quelle voie emprunter pour être sauvés. Le texte vient dépeindre une réalité où l'homme s'enorgueillit et où le Saint, béni soit-Il, le rabaisse.
וַיְשַׂגֵּב אֶבְיוֹן מֵעוֹנִי וַיָּשֶׂם כַּצֹּאן מִשְׁפָּחוֹת׃ - Mais Il élève le pauvre au-dessus de la misère, et rend ses familles aussi nombreuses qu'un troupeau.
En revanche, c'est précisément le démuni qu'Hachem protège et délivre de la misère où il croupissait, selon le sens d'élever et de fortifier, à l'opposé de « ils s'abaissent ». Il humilie les riches et les orgueilleux, tandis qu'Il élève et sauve les indigents et les humbles. « Et rend ses familles aussi nombreuses qu'un troupeau » : à l'inverse de ce qui a été dit des puissants qui déclinent, ici, chez les pauvres, les familles deviennent aussi nombreuses qu'un troupeau.
Certains appliquent cette image aux riches : ils ont beaucoup d'argent mais peu d'enfants, alors que les pauvres ont beaucoup d'enfants et peu d'argent. D'autres ajoutent : lorsqu'un homme fait fortune, sa famille grandit soudainement. Tant que sa situation financière est médiocre, son proche n'est pas pressé de rappeler leur lien de parenté, et il est même gêné que l'on sache qu'il est de sa famille. Mais que celui-ci s'élève à une haute position, aussitôt : « C'est le cousin au troisième degré de ma grand-mère ! » Il accourt alors vers lui et lui dit : nous sommes de la même famille ! Et d'où cela sort-il ? Jusqu'à aujourd'hui tu ne me connaissais pas, mais maintenant, Baroukh Hachem, tu as de l'argent, alors cela vaut la peine de faire connaissance. « Les amis du riche sont nombreux » : lorsqu'un homme est fortuné, tout le monde l'aime.
C'est un peu dans l'esprit de ce qui est écrit : « Ce sera pour vous un jubilé, et vous retournerez chacun dans sa propriété, et chacun dans sa famille vous retournerez ». Tout le monde s'interroge : « chacun dans sa propriété », cela se comprend, car la terre vendue revient à son propriétaire d'origine lors du Yovel, mais « chacun dans sa famille », aurait-on donc vendu sa famille ? En réalité, on te dit : ne t'en fais pas, lorsque tu retourneras dans ta propriété, tu découvriras subitement quelle famille nombreuse tu possèdes ! Combien de connaissances dont tu ignorais jusqu'au nom t'appellent pour prendre de tes nouvelles, s'intéressent soudain à toi et viennent te rendre visite. C'est là le sens de « Il élève le pauvre au-dessus de la misère », et aussitôt « et rend ses familles aussi nombreuses qu'un troupeau » : se révèle alors à lui une famille aussi vaste qu'un troupeau dans les champs.
יִרְאוּ יְשָׁרִים וְיִשְׂמָחוּ וְכׇל־עַוְלָה קָפְצָה פִּיהָ׃ - Les hommes droits le verront et se réjouiront, et toute iniquité fermera la bouche.
Les hommes droits voient le châtiment infligé aux méchants et se réjouissent, car ils constatent ainsi la conduite d'Hachem dans le monde. « Et toute iniquité fermera la bouche » : quiconque commet l'injustice se tait et a honte de parler, en voyant les voies d'Hachem et Sa providence : tu as commis un forfait, le Ciel t'en demande compte. C'est ainsi que l'explique le Malbim : les hommes droits sont ceux qui marchent dans la droiture, et ils se réjouissent de discerner à travers cela la direction d'Hachem ; et toute iniquité ferme la bouche devant la rétribution et le châtiment.
מִי־חָכָם וְיִשְׁמׇר־אֵלֶּה וְיִתְבּוֹנְנוּ חַסְדֵי יְהֹוָה׃ - Qui est sage ? Qu'il prenne garde à ces choses, et qu'ils méditent sur les bontés de l'Éternel !
Le Radak explique : seul celui qui est sage se préservera de toutes ces épreuves évoquées dans le psaume, c'est-à-dire de tous ces périls - en les gravant dans son cœur et en reconnaissant que tout émane de Lui, béni soit-Il. Dès lors, il n'a nul besoin d'en faire l'expérience concrète ; il n'est pas nécessaire de subir tous ces fléaux pour faire téchouva, car on s'amende bien avant cela.
« ויתבוננו חסדי השם » (Et ils méditeront sur les bontés d'Hachem) - on peut contempler les bontés divines, observer comment le Saint, béni soit-Il, prodigue Ses bienfaits à ceux qui accomplissent Sa volonté. Certes, il arrive que l'on voie des justes souffrir et que l'on s'interroge, mais l'Écriture nous enseigne : contemple le cours du monde et tu verras que, pour l'essentiel, « Il est un Dieu fidèle et sans iniquité », « qui rend à chacun selon ses voies et selon le fruit de ses actes ». Même si une apparente injustice surgit parfois aux extrémités, nous constatons en définitive qu'Hachem comble de bien les personnes intègres, et non les autres.
Et même si cela n'apparaît pas immédiatement, une perspective historique montre toujours que ceux qui ont fait le mal finissent par disparaître, tandis que ceux qui ont fait le bien subsistent. Au sein du peuple d'Israël, cela ressort avec évidence : « ואתם הדבקים בהשם אלוקיכם חיים כולכם היום » (Et vous qui êtes attachés à Hachem votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui). De tous les courants dissidents - les Esséniens, les Sadducéens, les Boéthusiens, les Karaïtes - il ne reste plus rien. Il en va de même pour les réformateurs, dont la voie s'épuise déjà aux États-Unis, raison pour laquelle ils viennent livrer bataille ici. Avec le recul du temps, seuls subsistent ceux qui servent Hachem : ceux qui sont attachés à Hachem votre Dieu sont tous vivants aujourd'hui.
Le Malbim conclut : « Qui est sage ? » - celui qui a fait siens les principes de la sagesse - celui-là gardera ces enseignements, en tirera la compréhension de la conduite d'Hachem, et par là « méditera sur les bontés d'Hachem », discernant que le monde n'est nullement abandonné au hasard, mais que tout relève des bontés d'Hachem et de Sa providence.
Dans cette partie du psaume, nous avons vu les navigateurs qui descendent sur la mer dans des navires - descendant dans les flancs du navire et au cœur des flots, ces hommes de métier dont toute la sagesse et toutes les manœuvres s'évanouissent au plus fort de la tempête, au point qu'il ne leur reste plus qu'à crier vers Hachem. Et le Saint, béni soit-Il, fait succéder à l'ouragan un silence absolu, dans un contraste saisissant, afin de signifier que la main d'Hachem a accompli cela, et Il les conduit vers le port de leurs vœux - car « Hachem trace une voie dans la mer » et sait gouverner même des situations aux antipodes l'une de l'autre. De là, le psaume s'est tourné vers la conduite générale du monde : des fleuves réduits en désert et le désert changé en nappe d'eau, une contrée fertile dévastée par la méchanceté de ses habitants et un lieu aride bâti pour les affamés, des princes couverts d'opprobre et l'indigent qu'Hachem met à l'abri de toute misère. Et la conclusion s'impose : « מי חכם וישמור אלה » (Qui est sage et retiendra ces choses ?) - le sage retient la leçon de tous ces faits sans avoir besoin d'éprouver lui-même les souffrances ; il observe et reconnaît que tout procède de la providence et des bontés du Saint, béni soit-Il. Qu'Hachem nous accorde le mérite d'y méditer.