Nous arrivons à la dernière partie du psaume, aux versets de supplication qui concluent « Prière de Moché, l'homme de D.ieu ». Jusqu'ici, le psaume a traité de la brièveté des jours de l'homme et du caractère éphémère de l'existence : « Le nombre de nos années s'élève à soixante-dix ans », « car cela passe vite et nous nous envolons », ainsi que de la requête : « Apprends-nous ainsi à compter nos jours, et nous acquerrons un cœur sage ». Dès lors, Moché Rabbénou formule des requêtes : qu'Hachem revienne de Son ardente colère, qu'Il nous rassasie de Sa bonté, qu'Il nous réjouisse à la mesure des jours de notre affliction, que nous méritions de contempler Son œuvre, et qu'Il affermisse l'ouvrage de nos mains. Suivons l'ordre des versets.
שׁוּבָה יְהֹוָה עַד־מָתָי וְהִנָּחֵם עַל־עֲבָדֶיךָ׃ - Reviens, Hachem, jusques à quand ? Et ravise-Toi au sujet de Tes serviteurs !
Le Radak fait remarquer que l'accent tonique du mot « שׁוּבָה » est mile'el : l'accent se trouve sous la lettre Beth et non sous le Chine. C'est pourquoi nous accentuons le Beth - « שׁוּבָה » - et non pas comme nous l'aurions lu si l'accent avait été sous le Chine. Le sens en est : Maître du monde, reviens vers nous, jusques à quand Te tiendras-Tu éloigné de nous ? « וְהִנָּחֵם עַל עֲבָדֶיךָ » - que le Saint, béni soit-Il, s'apaise face aux fautes de Ses serviteurs ; ce en quoi nous avons péché envers Toi, pardonne-le. C'est-à-dire que, pour ainsi dire, le Saint, béni soit-Il, se ravise de ce qu'Il nous a infligé et nous rapproche de nouveau de Lui.
Le Malbim explique : « Reviens » de l'ardeur de Ta colère - « jusques à quand ? » Jusqu'au moment où nous acquerrons un cœur sage. Et comme nous l'avons expliqué précédemment, nous désirons avoir le temps, de notre vivant, d'acquérir un cœur sage, d'atteindre Ton service et d'accomplir Tes mitsvot. C'est pourquoi nous implorons : reviens de Ton ardente colère le temps que nous parvenions à acquérir un cœur sage ; d'ici là, nous progresserons spirituellement, et Tu ne nous puniras pas dans Ta colère pour les fautes où nous avons trébuché.
Autre explication pour « וְהִנָּחֵם עַל עֲבָדֶיךָ » : que Ton courroux (evra) ne s'abatte pas sur Tes serviteurs vertueux. C'est ce que nous avons mentionné plus haut : à la suite de la faute d'Adam Harichon, la mort a été décrétée sur tout le genre humain. L'« evra » désigne une fureur générale, une colère qui dépasse pour ainsi dire la stricte mesure individuelle, puisque le monde entier subit le châtiment pour la faute originelle d'Adam. Nous supplions donc : apaise-Toi envers Tes serviteurs, afin que nous ne subissions pas une peine aussi terrible, et écarte ainsi de nous l'amertume de la mort.
Le Malbim apporte une explication supplémentaire : le terme « שׁוּבָה » évoque également le repos et la quiétude, à l'instar de l'expression « dans la quiétude et le repos » (bé-chouva va-na'hat), ou comme dans « Repose-Toi, Hachem, au milieu des myriades de milliers d'Israël » (Chouva Hachem rivvot alfé Israël), où le sens est aussi celui de la sérénité et de l'apaisement. Selon cette approche, « reviens » de Ta colère signifie que la fureur s'apaise, que l'indignation se calme, et que la colère ne continue pas à s'intensifier.
שַׂבְּעֵנוּ בַבֹּקֶר חַסְדֶּךָ וּנְרַנְּנָה וְנִשְׂמְחָה בְּכָל־יָמֵינוּ׃ - Rassasie-nous au matin de Ta bienveillance, et nous entonnerons des chants joyeux, et nous nous réjouirons tous nos jours.
Rachi explique : « Au matin » - au jour de la délivrance et du salut. La nuit est toujours l'expression de la détresse, du gémissement et de l'exil ; l'exil est comparé à la nuit, car il relève du voilement de la Face divine (hester panim). En revanche, le matin est l'instant où Hachem fera luire Sa Face sur nous. Et nous Lui demandons : rassasie-nous au matin de Ta bonté, c'est-à-dire que nous attendons ardemment d'être comblés à l'heure du salut, « et nous entonnerons des chants joyeux, et nous nous réjouirons tous nos jours » - nous exulterons et nous nous réjouirons alors même de toutes les épreuves que nous aurons traversées.
Et comme nous l'avons déjà rappelé à plusieurs reprises : tout ce qui fait aujourd'hui l'objet de notre douleur et de nos larmes, tout ce sur quoi nous prononçons actuellement la bénédiction « Béni soit le Juge de vérité » (Baroukh Dayan HaÉmet), l'homme prononcera à l'avenir la bénédiction « Le Bon et Celui qui fait le bien » (HaTov VéHaMétiv). C'est le sens de ce qu'ont enseigné nos Sages : dans le monde futur, on récitera également HaTov VéHaMétiv sur les épreuves passées. On s'interroge : dans le monde à venir, il n'y aura plus de tourments, sur quelles épreuves bénira-t-on alors ? En vérité, il s'agit des souffrances d'aujourd'hui : dans les temps futurs, nous les comprendrons pleinement et nous réciterons sur elles HaTov VéHaMétiv, car nous réaliserons que tout était pour notre bien et procédait de la bonté d'Hachem envers nous. C'est là le sens de « Rassasie-nous au matin de Ta bienveillance » - le matin désigne la délivrance - « et nous entonnerons des chants joyeux, et nous nous réjouirons tous nos jours » : non seulement pour ce qui adviendra alors, mais aussi en contemplant toute l'histoire que nous aurons traversée, car nous comprendrons que toutes les afflictions vécues durant ces jours visaient notre bien et avaient pour but de répandre sur nous une abondance de bienfaits.
Le Ibn Ezra explique autrement : si Tu nous rassasies de Ta bonté le matin, alors nous exulterons et nous nous réjouirons tout le jour. Autrement dit, si nous commençons la journée par la bonté d'Hachem, nous aurons de la joie toute la journée. Et le "jour" ici représente la vie de l'homme, car tout le chapitre parle de la vie humaine : "יְמֵי שְׁנוֹתֵינוּ בָהֶם שִׁבְעִים שָׁנָה וְאִם בִּגְבוּרֹת שְׁמוֹנִים שָׁנָה". Et dans ce cas : si Tu commences à faire preuve de bonté envers nous dès notre jeunesse, par cela "nous chanterons et nous nous réjouirons tous nos jours", car tous les jours de notre vie s'écouleront dans une bonne voie.
Les paroles du Ibn Ezra viennent nous enseigner que l'homme doit consacrer ses premières années à la spiritualité. C'est pourquoi nous éduquons nos enfants dès le plus jeune âge uniquement à l'étude de la Torah. Est-ce que tous deviendront des avrekhim, des dayanim, des roches yechiva et des talmidé 'hakhamim ? Non. Mais dès le plus jeune âge, je lui donne tous les outils. Voilà l'aspiration : qu'il devienne un talmid 'hakham et qu'il éclaire les yeux d'Israël par la Torah. Et lorsqu'il atteindra un certain âge et décidera qu'il préfère aller étudier le droit, très bien, il n'y a aucun problème. À un certain âge, l'homme a besoin d'une subsistance, il ira travailler dans n'importe quel domaine ; travailler n'est ni une honte ni un défaut. Il n'y a aucun problème avec cela. Mais consacrer à cela les jours les plus précieux, les jours de la jeunesse, durant lesquels l'homme possède toute sa force et peut progresser sur le plan spirituel, consacrer ces jours-là à cela ?
Combien d'amis ai-je connus qui, lorsque j'étais à la yechiva, habitaient dans le même quartier et priaient dans la même synagogue, et dont les parents les ont envoyés à l'ORT ? Combien d'entre eux travaillent aujourd'hui dans le métier qu'ils y ont appris ? L'un a appris la mécanique auto, l'autre la serrurerie, l'autre la ferronnerie, l'autre le tournage, chacun a appris quelque chose de différent. Ils ont investi leurs meilleures années, et qu'en reste-t-il ? Qui parmi eux travaille aujourd'hui dans ce domaine ? Pas un seul. Et qu'est-ce que cela nous dit ? Que cela ne vaut pas la peine de prendre les années précieuses et de les investir dans l'acquisition d'un métier. Les années précieuses, investis-les dans le service d'Hachem, et alors ce sera bien plus facile pour toi toute ta vie. Et c'est ce que dit le Ibn Ezra : si Tu nous rassasies de Ta bonté le matin, si Tu fais preuve de bonté envers nous dans notre jeunesse et nous enseignes le chemin droit, alors nous nous réjouirons tous nos jours, même dans la vieillesse.
Car même si à un certain stade il sort travailler et n'est pas un avrekh qui médite la Torah tous ses jours, il a tout de même reçu les fondations dès son jeune âge, et par la suite toute sa vie est construite convenablement et comme il se doit. Il a reçu les fondations censées lui apporter une spiritualité pour l'éternité. On ne peut pas dire de lui qu'il a gaspillé son temps. En revanche, celui qui a appris le tournage et qui a finalement fait autre chose a pris ses meilleures années et a gaspillé son temps. Et celui qui a étudié à la yechiva, même s'il sort travailler, possède les fondations : il arrive à un cours et comprend de quoi on parle, il s'assoit devant une Guemara et peut comprendre le sujet. Et celui à qui manquent les fondations, parfois de nombreuses années plus tard, ne peut plus les rattraper. Il arrive au cours, et si le rav n'est pas venu, il n'ouvrira pas la Guemara pour regarder ce qui est écrit, c'est pour lui un livre scellé, car il n'a pas de fondations. Et celui qui a des fondations, même si le rav n'est pas venu, commencera à étudier seul ; il sait comment on étudie la Guemara, il sait comment aborder les textes. C'est pourquoi même si tu dis que tous ne continuent pas, les fondations, je dois les donner, et ensuite ce qu'il adviendra de lui adviendra, mais les fondations, je les ai données.
Et à propos, une grande erreur commise par beaucoup consiste à dire que l'homme doit enseigner à son fils un artisanat, que l'homme doit enseigner à son fils un métier. Les gens oublient : la Torah ne dit pas "tu enseigneras à ton fils un artisanat". Qu'est-il écrit dans la Torah ? "וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ וְדִבַּרְתָּ בָּם". La Torah nous ordonne d'enseigner la Torah à l'enfant ; c'est le rôle du père, c'est une mitsva positive, le père a le commandement d'enseigner la Torah à son fils. Certes, nos Sages disent qu'il est recommandé que l'homme enseigne à son fils un artisanat, qu'il est recommandé qu'on lui apprenne à nager, et quelques autres choses qu'il est recommandé que l'homme donne à son enfant comme préparation à la vie. Mais quel est le commandement que la Torah ordonne ? "וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ".
Et d'autant plus que les affaires de la matérialité incombent au Saint béni soit-Il, tandis que la spiritualité nous incombe. La spiritualité est mon rôle, et je ne peux pas la rejeter sur Hachem. "Si Hachem le veut, il sera aussi un talmid 'hakham" : il n'y a pas de "si Hachem le veut" ici, c'est ton rôle. "Si Hachem le veut, je mettrai les téfilines aujourd'hui" : si toi tu le veux, tu les mettras. Mais "si Hachem le veut, j'aurai une subsistance" : la subsistance incombe au Saint béni soit-Il. Et que fait l'homme ? La part du Saint béni soit-Il, il la prend sur lui-même : il se soucie que son enfant ait une subsistance, et le pousse sans cesse à aller faire telles études, à progresser ainsi, et à obtenir un diplôme. Et pendant ce temps, s'est-il soucié du quart de cela pour sa spiritualité ? Dit le Saint béni soit-Il : sa spiritualité, Je te l'ai confiée, le "וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ", Je te l'ai confié ; pourquoi te soucies-tu de Ma part, la subsistance ? Laisse-Moi cela, et la spiritualité, voilà de quoi tu dois te soucier, c'est ton rôle. Et l'homme inverse les rôles.
Il y avait un juif, originaire d'Allemagne, qui vint trouver Rabbi El'hanan Wasserman. En Allemagne, on prônait beaucoup le principe de Torah et travail, et je parle des milieux 'harédim là-bas, pas des éloignés. Ils prônaient toujours l'apprentissage d'un métier et l'instruction, que l'homme ait aussi un diplôme. De plus, dans les yechivot d'Allemagne, la loi interdisait d'étudier uniquement les matières sacrées, et on était obligé d'obtenir aussi un diplôme. Et des roches yechiva, par exemple les roches de la yechiva Kol Torah, le Rav Mertzbach et d'autres, sont venus d'Allemagne avec un diplôme, un doctorat et ainsi de suite. Ils l'ont toujours gardé discret et n'y voyaient rien dont il fallait se vanter, mais quoi qu'il en soit on les y obligeait. Là-bas c'était très ancré, que l'homme doive avoir à la fois la Torah et le travail.
Un jour arriva l'un des parents d'un élève de la yechiva de Rabbi El'hanan Wasserman, et il dit au rav qu'il voulait retirer son fils de la yechiva pour qu'il fasse des études générales et se perfectionne dans les sciences, afin d'avoir une source de subsistance. Le rav lui dit : pourquoi est-ce si important pour toi ? Laisse-lui cela pour plus tard ; maintenant il est encore à la yechiva et en pleine force, qu'il investisse son temps dans l'étude de la Torah. Le père lui dit : Rav, nos Sages disent pourtant qu'il est bon d'allier l'étude de la Torah au dérekh érets, et nos Sages disent que l'homme doit enseigner à son fils un artisanat.
Rabbi El'hanan Wasserman lui dit : je veux te poser une question. Bon, suivons ton raisonnement : enseigner un artisanat à son fils est une mitsva. Dis-moi, circoncire son fils est-ce une mitsva ? Il lui dit : bien sûr, quelle question, une mitsva explicite dans la Torah. Il lui dit : et que se passe-t-il si un homme circoncit son premier fils et que, que Dieu nous en préserve, il meurt ; il circoncit son deuxième fils, et il meurt. Quelle est la loi maintenant, le troisième, le circoncit-on ou non ? Il lui dit : certainement pas, c'est le cas où ses frères sont morts à cause de la circoncision. Il lui dit : un instant, je ne comprends pas, c'est pourtant une mitsva, et tu renonces à cette mitsva ? Il lui dit : mitsva ou pas mitsva, mais quoi, vas-tu tuer l'enfant ?! Rabbi El'hanan lui dit : que tes oreilles entendent ce que ta bouche prononce ! Aujourd'hui, hélas, la réalité a prouvé que celui qui va apprendre un métier, c'est "morte à cause du travail". Tous ceux qui sont allés à l'université, que reste-t-il de leur judaïsme ? Que reste-t-il de leur spiritualité ? Et même si tu dis que c'est une mitsva de lui enseigner un métier, bon, une mitsva ; la circoncision aussi est une mitsva, et si les frères sont morts, circoncit-on ? Ici tu vois combien sont morts, "nombreuses sont toutes ses victimes". Et tu vas faire une chose pareille ?
Le père ne l'écouta pas. Et l'on raconte que ce fut comme une inadvertance sortie de la bouche d'un souverain : peu de temps après, le fils s'éteignit, à Dieu ne plaise. Il lui avait dit : « Elle est morte à la tâche », et c'était là comme prononcer un décret de mort, que le Ciel nous en préserve. On voit de là que même si un homme se dit : « C'est vrai, il faut les deux », viens et vois où et comment. Comprenons bien : nous n'avons pas aujourd'hui d'institutions éducatives dont on puisse dire : « Je l'enverrai là-bas, il y étudiera à la fois la Torah et un métier, et il en ressortira craignant Dieu. » De tels établissements n'existent pas. Si seulement, en l'envoyant dans une sainte yéchiva sans rien d'autre, il pouvait en sortir craignant Dieu ! Plaise à Dieu, que de prières faut-il pour cela ! Et si l'on l'envoie d'emblée dans un cadre de compromis, qui cherche à combiner et à mêler la Torah à d'autres choses, quelles sont les chances qu'il en ressorte craignant Dieu ? C'est pourquoi, selon les mots de l'Ibn Ezra : « Rassasie-nous au matin de Ta bonté » - si Tu nous accordes Ta bonté dans notre jeunesse et nous enseignes le droit chemin, nous nous réjouirons tous nos jours, et même au temps de la vieillesse subsisteront en lui les empreintes des fondations reçues dans sa jeunesse. Car la Torah, l'homme l'emporte avec lui partout, alors que tout autre métier finit par disparaître.
שַׂמְּחֵנוּ כִּימוֹת עִנִּיתָנוּ שְׁנוֹת רָאִינוּ רָעָה׃ - Réjouis-nous selon les jours où Tu nous as affligés, selon les années où nous avons vu le malheur.
Le Malbim, commentant également le verset précédent, explique que la demande comporte deux volets. Soit dès le « matin » - et le Malbim suit ici la ligne de l'Ibn Ezra -, c'est-à-dire dès le commencement, à l'aube de l'existence, dans les années de jeunesse qui constituent le matin de la vie humaine, rassasie-nous de Ta bonté, afin que nous n'ayons aucune épreuve et ne soyons pas confrontés aux vicissitudes et aux malheurs du temps, et qu'ainsi « nous jubilions et nous nous réjouissions tous nos jours » - sans connaître la moindre détresse tout au long de notre existence, puisque le départ aura été harmonieux. Et si malgré tout il nous a été décrété de souffrir au « matin », durant nos jeunes années, alors du moins : « Réjouis-nous selon les jours où Tu nous as affligés » - fais en sorte que nous recevions par la suite une joie à la mesure des jours passés dans la souffrance. Si c'est possible d'emblée : « Rassasie-nous au matin de Ta bonté » ; et si nous n'en avons pas le mérite et subissons des épreuves au matin, qu'au moins au déclin du jour Tu nous combles de bienfaits à hauteur des malheurs du matin, en nous accordant pour la suite de notre vie un bien équivalent aux années de souffrance de notre jeunesse.
Rachi explique : réjouis-nous aux temps messianiques à l'égal des jours où Tu nous as affligés durant l'exil, et selon le compte des années où nous avons vu le malheur.
Le Radak, quant à lui, affirme qu'il ne s'agit pas d'un décompte littéral des jours où nous avons souffert, car il serait impossible que la durée de la rédemption corresponde au nombre de jours de l'exil et qu'ensuite le monde soit détruit. Le sens est plutôt le suivant : de même que Tu nous as affligés durant ces jours et nous y as fait voir le malheur, réjouis-nous de même pour l'éternité. En effet, si l'on interprétait cela selon le compte exact des jours, le monde n'est censé durer que six mille ans (« chit alfey chanin kaïm alma ») ; or, le dernier exil compte à lui seul deux mille ans, et il faudrait que le Saint, béni soit-Il, prolonge la durée du monde de deux mille années supplémentaires pour nous réjouir à hauteur des jours de notre affliction, ce qui est impensable. Certes, certains suggèrent que les jours précédant la délivrance et l'avènement du Messie s'allongeront, et qu'alors se réalisera véritablement « selon les jours où Tu nous as affligés » - le nombre de jours ne changerait pas, mais leur durée s'étirerait. Cependant, le Radak rejette cette explication : la prière demande en réalité une joie éternelle en compensation des jours où Tu nous as affligés.
Le Malbim rappelle qu'il a déjà expliqué cette distinction dans le livre de Yé’hezkel : lorsqu'on emploie le terme « jours », on fait référence à la continuité globale du temps, à sa durée en elle-même ; tandis que les « années » désignent les composantes particulières qui s'y découpent. On peut considérer la durée tout entière comme un seul ensemble - ce sont les « jours » ; ou s'attacher aux détails qui la constituent, et celle-ci se subdivise alors en « années ». Il en va de même dans le verset : « Rappelle-toi les jours d'autrefois, comprenez les années de chaque génération ». L'ensemble des jours depuis la création du monde jusqu'à sa fin est désigné par « les jours du monde », formant une unité globale, un seul bloc temporel ; mais lorsqu'on aborde les composantes de ce bloc, on parle des « années de chaque génération », les années propres à chaque époque. De plus, l'expression « chaque génération », comme le Malbim l'expose en plusieurs endroits, exprime toujours la parcellisation de cette longue durée : chaque génération correspond à une époque distincte, porteuse de sa propre réalité, de sorte que « chaque génération » renvoie aux moments particuliers.
Dès lors, en plus de nous réjouir face à la durée globale - tel est le sens de « selon les jours où Tu nous as affligés », le temps considéré comme un tout -, les mots « selon les années où nous avons vu le malheur » signifient : tiens compte du décompte des années, descends dans le détail de chaque année où nous avons connu le mal, et accorde-nous en retour bonté et réjouissance. Il y a donc ici à la fois une prise en compte de la réalité générale et une attention portée aux détails de chaque souffrance et de chaque année, afin qu'à leur égard aussi Tu nous accordes le bien en compensation.
יֵרָאֶה אֶל־עֲבָדֶיךָ פָעֳלֶךָ וַהֲדָרְךָ עַל־בְּנֵיהֶם׃ - Que Ton œuvre apparaisse à Tes serviteurs, et Ta splendeur sur leurs enfants.
Le Radak explique : que l'œuvre de la rédemption apparaisse à Tes serviteurs, afin que les pères et les enfants voient tous le salut - tel est le sens de « et Ta splendeur sur leurs enfants ». De fait, nous prions à chaque génération, et les pères implorent que la délivrance advienne de leur vivant ; c'est pourquoi nous demandons d'avoir le privilège de contempler la rédemption de notre vivant et du vivant de nos enfants, de voir la majesté du Saint, béni soit-Il, et Son action se déployer alors que nous sommes encore en vie, afin que nous et nos enfants méritions de contempler ce salut.
Le Malbim explique que nous demandons à voir et à percevoir Ton œuvre (po'alékha), la manière dont Tu agis et interviens dans le monde, afin que par ce biais, « Ta splendeur apparaisse sur leurs enfants ». Pour bien comprendre cela, il convient de distinguer entre pe'oulah (l'action en cours, le processus) et ma'assé (l'œuvre achevée, l'acte accompli), ainsi que le Malbim l'expose dans le livre de Chémot (chapitre 15) et en plusieurs autres endroits. Le ma'assé désigne l'aboutissement de la chose, le coup d'achèvement final (makah bepatich), le moment où l'ouvrage est terminé. En revanche, le po'al correspond à l'effort que déploie l'homme pour amener l'œuvre à sa conclusion. Par définition : le po'al est le cheminement, lorsque nous sommes encore au cœur de la démarche ; et le ma'assé est l'aboutissement, l'instant où l'objet prend corps et entre dans la réalité concrète. On s'active à bâtir jusqu'à ce que l'ouvrage soit achevé et que l'édifice se dresse, marquant la fin du ma'assé ; mais le po'al correspond au travail mené en plein cœur de l'action, à la manière dont l'ensemble s'élabore.
Dès lors, dit le Malbim : nous demandons à contempler Ton œuvre, la façon dont Tu agis et conduis le monde, pour que par ce regard la splendeur divine apparaisse sur leurs enfants. En effet, c'est en observant les actions d'Hachem dans la création que nous parvenons à saisir Sa splendeur. Quand on observe la façon dont le Saint, béni soit-Il, agit dans Son univers, non seulement à travers les résultats ultimes, mais en remarquant comment Il agence et enchaîne les causes pour mener à bien le dessein divin, on discerne alors Sa Providence, on voit la main d'Hachem, et l'on accède à la foi authentique. On découvre comment le Saint, béni soit-Il, conduit chaque détail pas à pas vers son accomplissement.
C'est comparable au regard que nous devons porter sur les miracles de la Méguila : non pas seulement sur le dénouement, mais sur l'enchaînement des événements. Tout à coup, Mordékhaï découvre le complot de Bigtan et Térech ; il en avertit le roi, mais celui-ci ne lui accorde aucune récompense sur le moment. Tout cela relève de « Ton œuvre » (po'alékha), ce sont les étapes de la construction. Le dénouement est la pendaison de Haman, la remise de ses biens à Mordékhaï et le salut du peuple juif face au décret : voilà l'achèvement (ma'assé). Cependant, en s'attardant sur les détails, on perçoit le processus, le fil conducteur, et l'on y reconnaît la main d'Hachem. C'est précisément l'objet de notre prière : nous voulons saisir Ton œuvre, et atteindre par là la splendeur divine, en prenant conscience que le Saint, béni soit-Il, gouverne Son univers et en observant comment Il le dirige concrètement. Nous mesurons alors l'immensité de Sa miséricorde dans chacune des démarches qu'Il entreprend pour nous faire du bien en notre fin dernière.
וִיהִי נֹעַם אֲדֹנָי אֱלֹהֵינוּ עָלֵינוּ וּמַעֲשֵׂה יָדֵינוּ כּוֹנְנָה עָלֵינוּ וּמַעֲשֵׂה יָדֵינוּ כּוֹנְנֵהוּ׃ - Que la grâce du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous ! Et l'œuvre de nos mains, affermis-la pour nous ; oui, l'œuvre de nos mains, affermis-la !
Rachi commente : « Que la grâce du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous » - que Sa Présence divine (Chékhinah) et Ses consolations reposent sur nous ; la Chékhinah constitue cette douceur divine répandue sur nous. Vient ensuite la requête : « et l'œuvre de nos mains, affermis-la pour nous » - fais en sorte que nos actes soient guidés et solidement fondés (au sens d'un édifice fermement établi sur son assise), qu'ils soient durables, convenables et dignes. À première vue, la formule « oui, l'œuvre de nos mains, affermis-la » semble une redite. Rachi précise toutefois que la première mention se rapporte à l'édification du Tabernacle (Mishkan) : Moché Rabbénou a prié et béni le peuple d'Israël afin que la Présence divine réside dans l'ouvrage qu'ils avaient confectionné ; tandis que la seconde formule constitue une bénédiction sur l'ensemble de leurs entreprises quotidiennes, pour que la prospérité s'attache à leurs actes. Ce sont deux dimensions distinctes : la réussite et la bénédiction dans les actions que nous entreprenons au quotidien ; et au-delà, une fois la tâche achevée, le privilège d'accueillir la Présence divine. C'est pourquoi le verset formule deux suppliques bien distinctes.
Le Radak explique quant à lui que ce verset s'applique avant tout aux temps messianiques : alors seulement l'œuvre de nos mains sera durable et féconde, comme il est dit : « Ils ne peineront point en vain et n'engendreront point pour l'effroi ». Cela répond au constat dressé plus haut dans le psaume sur la brièveté de nos jours, marqués par « la peine et le tourment » - que reste-t-il de soixante-dix années d'existence qui s'envolent si vite ? Mais à l'époque de la rédemption, la grâce d'Hachem sera sur nous, nous aurons le temps d'accomplir de nobles actions, et Dieu établira nos œuvres de manière pérenne et juste. Selon le Radak, la répétition relève de son principe explicatif habituel : une même idée exprimée en des termes variés, soit pour en renforcer la portée, soit par élégance poétique. Cette lecture diverge totalement de celle du Malbim, pour qui tout redoublement dans le texte scripturaire apporte un sens nouveau, excluant l'idée d'une simple synonymie stylistique.
Le Malbim enseigne que la « douceur » (ne'imout) désigne la satisfaction profonde et le plaisir que l'homme retire des actions qu'il a menées : lorsqu'il s'est investi dans une tâche et qu'il en voit aboutir le fruit désiré, il en ressent une véritable félicité.
De nombreuses recherches sur l'indice du bonheur ont cherché à identifier à quel moment l'être humain se sent le plus comblé. Toute sa vie, l'homme court après le bonheur. On s'imagine souvent que le sommet de la félicité consisterait à partir aux Caraïbes et à se prélasser sur un transat un verre à la main. Pourtant, les études démontrent le contraire. À quel moment l'homme est-il véritablement heureux ? Lorsqu'il se trouve dans l'élan de l'action, engagé dans la réalisation d'un projet, face à un défi qui exige des efforts pour être relevé. C'est dans le déploiement du travail et dans l'effort d'accomplissement que réside la plus grande joie humaine. C'est pourquoi, lorsqu'un entrepreneur monte une affaire - peu importe que beaucoup d'entreprises finissent par péricliter -, la phase d'aménagement, l'installation des meubles, l'achat du matériel constituent les instants où il se sent pleinement heureux. L'homme s'épanouit dans le défi : lorsqu'une difficulté se dresse et qu'il mobilise toute son énergie pour la vaincre et bâtir, c'est alors qu'il goûte au bonheur. On remarque ainsi que même en vacances, beaucoup continuent de chercher une transaction à conclure ou un projet à faire avancer : l'esprit réclame cette stimulation pour se sentir vivant, tandis que l'inaction pure ne procure aucune joie durable.
Cette réalité prend tout son sens lorsqu'on la transpose sur le plan spirituel. Celui qui étudie le Daf Hayomi et termine le traité Yévamot ressent une joie immense devant ce magnifique accomplissement ; aussitôt, il se fixe un nouvel objectif en abordant le traité Kétoubot. L'existence humaine a besoin d'idéaux à conquérir, et c'est là que réside le bonheur véritable. À l'inverse, l'individu dépourvu de tout projet est le plus démuni et le plus éloigné de la joie de vivre ; il ne trouve aucune raison profonde d'exister pour stimuler ses journées et le pousser à créer, concevoir et bâtir. L'être humain a un besoin fondamental d'avoir des sommets à atteindre.
Tel est le sens des paroles du Malbim : la douceur est le plaisir que l'artisan retire de son ouvrage, pour avoir mené son labeur jusqu'à la finalité voulue. Un homme s'est investi, a œuvré, a construit, et lorsqu'il voit le fruit de son travail prendre vie, une immense satisfaction l'envahit. Comme l'ont énoncé nos Sages : « Un homme préfère une mesure issue de son propre travail à neuf mesures obtenues d'autrui ». Pourquoi ? Parce qu'il y a investi sa peine et ses efforts. C'est l'instant de la véritable joie : après s'être dépensé et avoir persévéré, on contemple le fruit de son labeur. Celui qui récolte les légumes qu'il a lui-même semés et arrosés des semaines durant éprouve une fierté sans égale. L'homme puise sa joie la plus authentique dans l'accomplissement concret de ce qu'il a lui-même façonné.
Le Malbim explique : c'est lorsque nous atteignons la perfection qu'Hachem trouve de la douceur dans l'ensemble de la Création - car Il a tout créé pour Sa gloire. Le Saint, béni soit-Il, a créé l'univers afin que Son Nom soit exalté dans Son monde, et lorsque nous œuvrons dans ce sens, il y a pour ainsi dire une douceur pour Hachem béni soit-Il : « Que la grâce d'Hachem notre D.ieu soit sur nous ». Comment ? En ce que les créatures perçoivent la gloire divine ; alors le Saint, béni soit-Il, fait rayonner Sa face vers nous, car nous accomplissons la finalité de la Création, nous sommes la volonté d'Hachem dans Son monde. Le Saint, béni soit-Il, a créé Son monde pour Israël - « Béréchit », pour Israël qui est appelé « réchit » (prémices). C'est ainsi que la Création accomplit son but suprême, qui est de faire régner la gloire du Ciel dans le monde. Nous remplissons cette vocation en servant Hachem et en Le priant, et de ce fait, la gloire du Ciel se manifeste sur nous : on voit que le peuple d'Israël a ce mérite, qu'Hachem le ramène sur sa terre, le délivre, lui rebâtit le Beth Hamikdach, et par là, le Nom du Créateur béni soit-Il est exalté et sanctifié. Les actions du Saint, béni soit-Il, atteignent alors leur dessein ultime, puisque tout a été créé pour Sa gloire.
« Et l'œuvre de nos mains, affermis-la sur nous » - le Malbim explique que les œuvres manuelles de l'homme dans le domaine matériel ne sont pas établies « sur » lui. Prenons un homme qui a bâti une maison : le terme « affermir » (lekhonen) renvoie aux fondations (yessod) ; or, les fondations de la maison reposent sur des pierres, et ces pierres reposent sur la poussière de la terre. La maison n'est donc pas fondée sur vous : vous êtes le bâtisseur, vous n'êtes pas couché en dessous pour que l'on construise au-dessus de vous, vous n'êtes ni le socle ni le fondement de cet édifice. Bien au contraire, c'est l'artisan qui s'établit sur sa maison pour y habiter ; c'est vous que l'on installe sur la maison : vous siégez à l'intérieur, soutenu par la maison que vous avez bâtie, et ce n'est pas la maison qui repose sur vous. Il en va de même pour tout travail matériel, pour toute réalité de construction terrestre et pour toute entreprise humaine d'ici-bas.
Mais il en va tout autrement des bonnes actions relevant de l'âme et du domaine spirituel. Pour les actes spirituels, dit le Malbim, l'homme devient lui-même le socle et la base de l'œuvre de ses mains : vous êtes le fondement de vos bonnes actions. Il donne un exemple : celui qui étudie la Torah voit son étude s'établir sur son intelligence et sur son âme. Sur quoi repose la Torah ? Sur l'âme de l'homme. Autrement dit, c'est moi qui suis le fondement, et la Torah repose sur moi. Quand j'ai construit une maison matérielle, c'est la maison qui est le fondement sur lequel je repose ; mais lorsque j'érige un édifice spirituel, cette dimension spirituelle repose sur moi, et l'homme lui-même en est le fondement. De même, pour celui qui accomplit une mitsva avec ferveur et sincérité, la mitsva trouve son socle et son assise dans l'âme de celui qui agit ; l'homme est l'âme agissante, le socle de cette spiritualité qui vient résider sur lui.
C'est précisément ce que nous demandons : que l'œuvre de nos mains soit établie « sur nous ». Non pas sur un élément extérieur, ce qui signifierait que je n'ai œuvré que pour le matériel ; mais si je travaille pour la spiritualité, je deviens ce socle, ce fondement sur lequel repose la sainteté : les mitsvot et la Torah pénètrent en moi, j'en suis la base. Et tout ce que nous accomplissons, Hachem l'affermira, car ces actes sont agréables à Ses yeux. C'est le sens de notre prière : « et l'œuvre de nos mains, affermis-la », que tout vienne reposer sur nous, que l'œuvre de nos mains s'affermisse sur nous, car nous avons accompli des actes spirituellement purs et élevés.
Le Malbim souligne : jusqu'ici s'étendent les paroles de l'homme de D.ieu en prière. C'est le dernier verset de ce psaume, et il constitue une prière à la fois collective et personnelle. Il forme aussi une introduction au chapitre suivant : Moché Rabbénou y prie également pour lui-même, car le décret a été prononcé qu'il n'entrerait pas en terre d'Israël, d'où ce titre : « Prière de Moché, homme de D.ieu ». Moché déclare en quelque sorte : je ne comprends pas la vigueur de Ta colère, « et Ton courroux est à la mesure de la crainte qui T'est due » - pourquoi Hachem s'est-Il irrité contre moi ? C'est une première requête, où il implore qu'Hachem revienne sur Sa décision à son sujet. Deuxièmement, il demande que se manifestent les hauts faits d'Hachem à travers l'œuvre de ses mains. Et quelle est l'œuvre de ses mains ? Ce peuple qu'il a fait sortir d'Égypte : qu'il ait le mérite de le faire entrer en terre d'Israël ! Autrement dit, qu'Hachem lui fasse miséricorde pour qu'il entre en terre d'Israël, permettant ainsi à la splendeur divine d'apparaître sur ses fils qui lui succéderont, et qu'il atteigne l'élévation spirituelle liée à l'entrée dans le pays. Enfin, il demande que le peuple d'Israël tout entier puisse y entrer sans périr dans le désert. C'est ainsi que s'achève la prière de Moché Rabbénou ; dans le chapitre suivant, nous verrons quelle réponse lui fut accordée.
En conclusion de la prière de Moché, nous formulons quatre requêtes : qu'Hachem revienne de Son ardente colère et nous accorde le temps d'acquérir un cœur sage, sans que Son courroux ne pèse sur Ses serviteurs ; qu'Il nous rassasie de Sa bienveillance « au matin » - au jour de la délivrance selon Rachi, ou dès les années de jeunesse selon Ibn Ezra et le Malbim, car c'est là que se forgent les fondations qui soutiennent l'homme sa vie durant ; qu'Il nous réjouisse à la mesure des jours de notre affliction, collectivement et individuellement, proportionnellement aux années de malheur traversées ; et enfin, que nous méritions de contempler Son œuvre, ce processus par lequel Il agence les causes, car la vue de l'action divine permet de percevoir la splendeur d'Hachem et d'accéder à la foi authentique. Et enfin : « Que la grâce d'Hachem notre D.ieu soit sur nous » - que la Présence divine et la bénédiction reposent sur nos actes, et que l'œuvre de nos mains soit affermie sur nous : non pas de simples édifices extérieurs sur lesquels nous nous reposons, mais une structure spirituelle dont nous sommes le socle, une Torah et des mitsvot qui résident au plus profond de l'âme humaine. C'est ainsi que la Création accomplit pleinement sa finalité, car tout a été créé pour Sa gloire.