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Chapitre 7 - Chiggayon sur Kouch ben Yemini - 1ère partie

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Introduction : Psaume 7 - Qui est Kouch ben Yemini ?

Le psaume 7 des Tehilim s'ouvre sur un titre énigmatique, et c'est de ce titre que dépend toute la compréhension du psaume. Comme à notre habitude, nous cherchons pour chaque chapitre à comprendre dans quel contexte il a été prononcé, quel est le récit à la suite duquel David a composé ce psaume. Ici, les commentateurs sont partagés : certains soutiennent que tout le psaume tourne autour du roi Chaoul, tandis que d'autres - et c'est la position du Malbim, que nous suivrons principalement - affirment qu'il s'agit d'un tout autre personnage.

שִׁגָּיוֹן לְדָוִד אֲשֶׁר־שָׁר לַיהוָה עַל־דִּבְרֵי־כוּשׁ בֶּן־יְמִינִי׃ - Chiggayon de David, qu'il chanta à l'Éternel au sujet des propos de Kouch, le Benjaménite.

Qu'est-ce qu'un « Chiggayon » ?

Rachi rapporte au nom de Menahem que le terme Chiggayon est l'un des noms désignant le chant, d'après le nom d'un instrument, et c'est ainsi qu'il explique également le verset de 'Havakouk : « Prière de 'Havakouk sur chigyonot ». De même, le Radak explique qu'il s'agit d'un genre de mélodie. Mais nos Sages (Hazal) ont proposé d'autres explications : Chiggayon provient de la racine évoquant l'erreur involontaire (michgué, chegaga). Le roi David a prié au sujet d'une méprise - le fait d'avoir entonné un cantique lors de la chute de Chaoul, comme il est écrit : « Et David adressa à l'Éternel ». Il s'avère qu'il a ressenti le besoin de faire téchouva pour cela, et c'est le sens de « Chiggayon de David, qu'il chanta à l'Éternel » - sur ce qu'il a chanté au Saint, béni soit-Il, lors de la mort de Chaoul. Toutefois, Rachi lui-même remarque que la suite du psaume n'étaye pas cette explication, c'est-à-dire que le texte ne semble pas traiter de ce sujet.

L'explication de Rachi : l'affaire de Yichbi de Nov

Rachi explique que ce psaume a été composé au sujet de l'affaire de Yichbi de Nov. Il est enseigné que le Saint, béni soit-Il, est venu demander des comptes à David et lui a dit : par ta faute, Doeg l'Édomite a été banni du monde à venir, et par ta faute, Chaoul et ses fils ont péri. David pria devant le Saint, béni soit-Il, et Celui-ci lui répondit : Je te laisse choisir - ou bien tu seras livré toi-même aux mains de l'ennemi et ta descendance ne s'éteindra pas, ou bien c'est ta descendance qui sera livrée. Dans un premier temps, David demanda à être livré lui-même. Mais lorsqu'il se retrouva avec Avichaï face à Yichbi de Nov et en grand danger de mort, Avichaï lui dit : Inverse ta prière ! Toi, reste en vie, et que tes fils vendent de la cire au marché - autrement dit, un homme ne doit pas se sacrifier pour ses enfants. David renversa alors sa prière et supplia de ne pas tomber aux mains de l'ennemi. C'est là le « Chiggayon de David » - la méprise (chegaga) de David d'avoir demandé au Saint, béni soit-Il, d'être livré aux mains de l'ennemi, « au sujet des propos de Kouch, le Benjaménite », c'est-à-dire au sujet de Chaoul dont la mort lui fut imputée. C'est pourquoi il inversa sa prière, demandant d'être sauvé et que sa descendance soit livrée.

Autre explication : « Chiggayon de David » ferait référence à l'erreur commise par David lorsqu'il coupa le pan du manteau de Chaoul. Selon cette approche également, « Kouch ben Yemini » désigne Chaoul. Le Radak affirme que selon tous les commentateurs, il s'agit bien de Chaoul - mais il n'avait évidemment pas lu le Malbim, qui vécut plusieurs siècles après lui et propose une tout autre voie.

Pourquoi Chaoul est-il appelé « Kouch » ?

L'expression « ben Yemini » (fils de Benjamin) est claire : il appartenait à la tribu de Binyamin. Mais pourquoi le qualifier de « Kouch » ? Nos Sages expliquent : de même que l'Éthiopien (Kouchi) se distingue par sa peau, de même Chaoul se distinguait par ses actes. Et selon la version citée par le Radak : de même que la peau du Kouchi ne change pas, de même la haine de Chaoul envers David demeurait immuable. Le Kouchi ne s'éclaircit pas, ne change pas de couleur, et ainsi la haine de Chaoul pour David ne variait point. Autre possibilité : « se distinguait par ses actes » dans un sens positif, c'est-à-dire qu'il se démarquait par sa bonté, puisqu'il est écrit qu'il n'y avait pas en Israël de meilleur que lui, et le verset déclare : « Chaoul était âgé d'un an lorsqu'il régna » - ce que nos Sages interprètent : pur comme un enfant d'un an sans péché, car par sa droiture, il se distinguait du commun des hommes et atteignait un niveau spirituel exceptionnel.

Le Radak ajoute une explication : il fut appelé Kouch parce qu'il était beau, à l'image du verset « la femme kouchite », que le Targoum traduit par « une femme d'une grande beauté » (ita chapirta). C'est un euphémisme (sagi nahor), à l'instar d'un père qui donne à son bel enfant un surnom pour conjurer le mauvais œil (ayin hara). Selon cette idée, « les propos de Kouch, le Benjaménite » fait référence au roi d'une grande beauté en Israël, c'est-à-dire Chaoul ben Yemini. Quant au Midrach, il demande : pourquoi l'avoir surnommé Kouch ? Parce qu'il est dit : « Même dans ta pensée, ne maudis pas un roi ». Puisque David devait ici formuler un grief à l'égard de Chaoul, il ne voulut pas le nommer explicitement et lui donna un autre nom pour lui épargner l'affront - car même en pensée, il convient de ne pas maudire un roi.

L'explication du Malbim : Kouch, un personnage à part entière

Jusqu'ici, ces explications reposent sur l'idée que le psaume concerne Chaoul : soit David a regretté d'avoir coupé le pan du manteau, soit il a regretté d'avoir prié pour qu'il soit livré entre les mains de ses ennemis, soit il a regretté d'avoir remercié et chanté pour Hachem lors de la chute de Chaoul. Mais le Malbim explique que Kouch Ben Yemini n'était pas Chaoul, mais un homme nommé Kouch Ben Yemini. Ce Kouch a poursuivi David, et ne s'en est pas tenu là, mais a pris avec lui un groupe d'hommes pour le combattre. Or, ce conseil s'est retourné contre lui, car en fin de compte, « il a creusé une fosse, il l'a approfondie, et il est tombé dans le gouffre qu'il avait préparé » - ces hommes qu'il avait entraînés avec lui sont tombés à cause de son propre conseil et de son propre acte, et leur chute est donc venue de leur propre initiative.

D'ailleurs, même si l'on interprète qu'il s'agit de Chaoul, la chose s'explique de la même façon : sa chute est venue de ses propres actes. En effet, Chaoul a été tué à la suite de l'épisode de Nov, la ville des Cohanim, comme il est dit « c'est par ta faute qu'il a été banni » - on accuse David, qui en fuyant chez Ahimélekh fils d'Ahitouv l'a compromis, Doeg l'Edomite qui se trouvait là l'a rapporté à Chaoul, et Chaoul a fait massacrer toute la ville de Nov, la cité sacerdotale. David se trouve ainsi avoir causé la mort des Cohanim de Nov, de Doeg et de Chaoul. Et observons bien : Chaoul a massacré Nov, la ville des Cohanim, puis il a été tué lui-même à la guerre - son épée a donc pénétré son propre cœur. Il comptait frapper David en éliminant ceux qui, selon lui, l'aidaient, et c'est finalement lui-même qu'il a frappé, puisqu'il a ainsi causé sa propre mort. Et comme nous le verrons plus loin : il a creusé une fosse, et c'est dans cette même fosse, dans le gouffre qu'il a préparé, qu'il est tombé.

Et le Malbim ajoute, ce qui constitue le pivot de tout le psaume : Kouch et le groupe qui l'accompagne sont en quelque sorte la verge de la colère du Saint, béni soit-Il, pour châtier David ; mais lorsque le Saint, béni soit-Il, considère les actes de ces mécréants face aux bonnes actions de David, Sa colère se détourne de lui et Il châtie précisément les persécuteurs. Ils ont poursuivi David - et l'épée se retourne contre eux.

פסוק ב: חסיה וישועה
יְהוָה אֱלֹהַי בְּךָ חָסִיתִי הוֹשִׁיעֵנִי מִכָּל־רֹדְפַי וְהַצִּילֵנִי׃ - Éternel, mon D.ieu, en Toi j'ai mis mon refuge ; sauve-moi de tous mes persécuteurs et délivre-moi !

« En Toi j'ai mis mon refuge » - et c'est là la raison même pour laquelle Tu me sauveras. On connaît la distinction établie par le Gaon de Vilna entre la confiance (Bitahon) et le fait de s'abriter (Hassia). « Placer sa confiance » (livtoa'h) vient de la notion de promesse (havtaha) : quelqu'un vous a fait une promesse. « S'abriter » (la'hassot) signifie que personne ne vous a rien promis, mais que vous venez vous abriter sous sa protection, comme ce chevreau venu se réfugier sous les pans du vêtement de Rabbi. C'est comparable à un homme qui, lors d'une salve de roquettes dans le sud, court se mettre à l'abri dans une pièce sécurisée : lui a-t-on garanti qu'il serait sauvé ? Non, il s'abrite en ce lieu sans que le protecteur ne lui ait fait de promesse. C'est à ce sujet que le Gaon de Vilna explique : « Mieux vaut s'abriter en Hachem que de se confier aux grands » - il vaut mieux s'abriter en Hachem même sans promesse formelle, plutôt que de voir un puissant venir vous promettre de vous sauver. Auprès du Saint, béni soit-Il, le refuge est plus sûr que n'importe quelle promesse faite par un être de chair et de sang.

Et qu'ajoute la délivrance (Hatsala) au salut (Yéchoua) ? Le Malbim explique : « Et délivre-moi » - même s'il est déjà tombé entre les mains de l'ennemi, que le Saint, béni soit-Il, l'arrache à son emprise, puis le conduise vers le salut complet. La délivrance intervient lorsque l'on est déjà captif et qu'il faut en être extrait.

פסוק ג: פן יטרוף כאריה
פֶּן־יִטְרֹף כְּאַרְיֵה נַפְשִׁי פֹּרֵק וְאֵין מַצִּיל׃ - De peur qu'il ne déchire mon âme comme un lion, la mettant en pièces sans que personne ne vienne me délivrer.

Si Tu ne me délivres pas, il déchirera mon âme tel un lion ravisseur. Et vois, Maître du monde, qu'il est déjà en train de démembrer mes membres (« porek »), sans que personne ne vienne me sauver. Le Malbim explique qu'après avoir capturé sa proie, le lion broie les os et les sépare, et c'est là le sens de « porek ». Il est également intéressant de noter le commentaire d'Ibn Ezra, selon lequel le lion est qualifié de « porek » parce qu'il brise la nuque (mifréket), de la même racine. Quoi qu'il en soit, « porek » signifie qu'il met la proie en pièces. C'est-à-dire : Maître du monde, je me trouve déjà dans une situation où j'ai besoin d'un secours immédiat.

פסוק ד: אם יש עוול בכפיי
יְהוָה אֱלֹהַי אִם־עָשִׂיתִי זֹאת אִם־יֶשׁ־עָוֶל בְּכַפָּי׃ - Éternel, mon D.ieu, si j'ai fait cela, s'il y a de l'injustice dans mes mains...

Comme nous l'avons expliqué, ce Kouch a été pris au piège de ses propres actes ; David ne l'a pas tué, c'est la fosse qu'il avait lui-même creusée qui l'a fait tomber. Et pourtant, certains ont accusé David d'être responsable de sa chute. Non content d'avoir poursuivi David, non content d'être tombé tout seul, on en vient encore à accuser le poursuivi ! C'est toujours ainsi : ils préparent des explosifs, sautent avec ce qu'ils ont préparé, et à la fin, c'est nous les coupables ; ils creusent des tunnels, et l'on nous reproche d'être intervenus et de les avoir bouchés avec du béton. C'est toujours les Justes que l'on finit par accuser. C'est ainsi que David fut accusé du fait que ce Kouch qui le poursuivait s'est retrouvé pris au piège de ses propres mains et est tombé dans la fosse qu'il avait lui-même creusée.

À cela, David répond : même si c'était moi qui l'avais fait, même si je l'avais tué, il n'y aurait aucune iniquité dans mes mains, car il venait pour m'assassiner, et la règle est claire : « Si quelqu'un vient pour te tuer, lève-toi tôt pour le tuer d'abord ». « Éternel mon D.ieu, si j'ai fait cela, s'il y a de l'iniquité dans mes mains » - y a-t-il la moindre injustice à neutraliser celui qui vient pour vous tuer ?

Et selon le Metsoudate David ainsi que les commentateurs qui suivent la voie de nos Sages, selon lesquels ce psaume se rapporte au regret éprouvé par David à l'égard de Chaoul, le verset fait référence au pan du manteau coupé, au sujet duquel il est dit : « Le cœur de David lui battit ». C'est sur ce point que David s'exclame : y a-t-il de l'iniquité dans mes mains pour l'avoir humilié et avoir laissé le roi avec un manteau déchiré, à la manière des gens de basse condition ?

Verset 5 : Im gamalti cholemi ra

אִם־גָּמַלְתִּי שׁוֹלְמִי רָע וָאֲחַלְּצָה צוֹרְרִי רֵיקָם׃ - Si j'ai rendu le mal à celui qui était en paix avec moi, ou si j'ai dépouillé sans raison mon oppresseur.

« Cholemi » désigne celui qui était en paix avec moi, comme l'explique le Radak. Le Malbim va dans le même sens en traduisant « mon allié, l'homme de ma paix », mais il interprète la fin du verset différemment : « Va'a'haletsa » vient de la racine désignant les pionniers armés partant au combat (haloutsim). C'est-à-dire : ai-je rendu le mal à celui qui était en paix avec moi en m'équipant pour combattre celui qui m'opprime gratuitement et sans raison ? Y a-t-il un mal à ce que je sois parti combattre celui qui me poursuit sans motif ?

Le Radak, quant à lui, explique : celui qui était en paix avec moi - lui ai-je rendu le mal comme lui me le fait ? J'étais pourtant en paix avec lui, j'étais le gendre de Chaoul, je menais ses combats, et lui me poursuit et me rend le mal pour le bien ! Bien au contraire, Maître du monde, regarde : non seulement je ne lui ai pas rendu le mal, mais « va'a'haletsa tsoreri rekam » - j'ai délivré celui qui m'opprimait et je l'ai laissé repartir les mains vides, c'est-à-dire que je l'ai sauvé de la mort sans exiger le moindre tribut de sa part.

Où avons-nous vu cela ? Lorsque David et Avichaï allèrent de nuit dérober la cruche d'eau près de Chaoul endormi au milieu du camp retranché, Avichaï dit : « Laisse-moi le frapper de ma lance jusqu'à terre, d'un seul coup, je n'y reviendrai pas à deux fois » - ne crains pas qu'il se relève pour combattre ! Mais David répondit : « Qui a jamais porté la main sur l'oint de l'Éternel et est resté impuni ? », et il s'y opposa catégoriquement. De même dans la caverne : « David retint ses hommes par des paroles et ne leur permit pas de se jeter sur Chaoul ». Ils lui disaient pourtant : voici ce que l'Éternel avait annoncé, qu'Il livrerait ton ennemi entre tes mains, le moment est venu ! Mais David refusa formellement. J'ai donc renvoyé les mains vides celui qui m'opprimait.

Verset 6 : Yiradof oyev nafchi

יִרַדֹּף־אוֹיֵב נַפְשִׁי וְיַשֵּׂג וְיִרְמֹס לָאָרֶץ חַיָּי וּכְבוֹדִי לֶעָפָר יַשְׁכֵּן סֶלָה׃ - Que l'ennemi poursuive mon âme et l'atteigne, qu'il foule à terre ma vie et fasse résider ma gloire dans la poussière, Sélah !

L'ennemi poursuit mon âme, il l'atteint, foule ma vie à terre, et de surcroît fait habiter ma gloire dans la poussière, l'abaissant jusqu'à terre. Comment cela se traduit-il ? Par le fait que, non content de poursuivre David, il a donné à sa persécution une prétendue justification juridique : prétendant que c'était David qui le poursuivait et cherchait à lui ravir la royauté. Non seulement il m'a traqué, mais il m'a en outre dépeint de façon dégradante, comme un homme passible de mort et comme un rebelle qui tente d'usurper le trône.

Telle est l'explication selon l'approche propre au Malbim. Toutefois, le Malbim intègre également ici l'interprétation de nos Sages selon laquelle Kouch Ben-Yemini désigne Chaoul. Selon cette lecture, l'intention de David est la suivante : j'avais le pouvoir de le frapper, comme nous l'avons vu lorsque j'ai coupé le pan de son manteau, et si je l'avais tué, cela aurait été conforme au droit, car la halakha stipule que si quelqu'un se lève pour te tuer, lève-toi tôt pour le tuer d'abord. « Que l'ennemi poursuive mon âme » : il a le statut de « rodef » (agresseur poursuivant une victime), et il est permis de tuer celui qui poursuit notre âme pour nous tuer ; et pourtant, je n'ai pas agi ainsi. Quant au terme « Sélah », comme nous l'avons toujours expliqué d'après le Malbim, il signifie que le sujet s'arrête ici ; à partir de là, David commence à dépeindre la chute de Kouch.

Grammaire : « Yirdof » - Kal et Kaved à la fois

Mais auparavant, penchons-nous sur le mot « Yirdof » lui-même. Le Malbim explique qu'il s'agit d'un mot composé à la fois de la forme simple (Binyan Kal) et de la forme intensive (Binyan Kaved - lourd). Nous avons souvent rappelé qu'en Lashon Hakodesh, de nombreux termes peuvent s'employer au Kal ou au Kaved : « Rotsea'h » au Kal, « Meratsea'h » au Kaved. On appelle cette dernière forme « lourde » parce qu'elle pèse davantage sur les organes de la phonation : « Rotsea'h » sort aisément de la bouche, tandis que « Meratsea'h » se prononce avec plus de lourdeur. Il en va de même pour « Rodef » face à « Meradef ». La règle générale veut que le Binyan Kal indique une action accomplie avec légèreté ou simplicité, alors que le Binyan Kaved exprime une intensité accrue.

Ici, explique le Malbim, se trouve la combinaison des deux : « Yirdof » relève d'un côté du Kal, et de l'autre de « Meradef », qui est Kaved. Pourquoi ? Parce que « Meradef » ne désigne pas nécessairement celui qui poursuit lui-même, mais une forme causale : il pousse d'autres à poursuivre, tout comme « Ma'asseh » amène autrui à agir. Nous trouvons donc ici un double sens : non seulement il poursuit lui-même, mais il ne s'en contente pas et entraîne d'autres personnes dans sa traque. C'est pourquoi le verset use d'une tournure qui embrasse l'un et l'autre, avec cette double portée : il poursuit lui-même et lance d'autres personnes à ses trousses.

En conclusion :

Nous avons commencé par « Chiggayon de David » et la divergence entre les commentateurs : selon Rachi, le Radak et nos Sages, il s'agit de Chaoul, surnommé « Kouch » parce qu'il n'a pas varié dans sa haine, ou en raison de sa beauté, ou encore pour ne pas dénigrer explicitement un roi ; quant au Malbim, Kouch Ben Yemini est un personnage à part entière, qui poursuivit David, incita d'autres personnes contre lui et finit par tomber dans la fosse qu'il avait lui-même creusée. David commence par se réfugier en D.ieu - « En Toi je m'abrite », ce refuge constituant en soi la cause du salut -, et implore une délivrance immédiate face au lion déchiqueteur. Puis il se soumet au jugement : il n'y a nulle injustice entre mes mains, je n'ai point rendu le mal à celui qui était en paix avec moi, et j'ai même épargné mon oppresseur les mains vides alors qu'il était en mon pouvoir de le tuer. Tout ce développement conduit à un principe fondamental : les persécuteurs tombent par l'effet même de leurs actes, et l'épée qu'ils dirigeaient contre le juste se retourne contre leur propre cœur.