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Psaume 50 - Réprimande aux hypocrites et aux imposteurs - Partie 3

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Introduction

Dans cette partie du psaume, le texte s'adresse au méchant et énumère ses actes : il offre des sacrifices et se donne des allures de juste, alors même qu'il court avec les voleurs, partage le sort des adultères, et que sa bouche et sa langue se complaisent dans le lachon hara et la tromperie. Le Saint, béni soit-Il, lui demande des comptes : quelle est l'utilité des décrets - des sacrifices - si tu as rejeté derrière ton dos les mitsvot fondamentales, les préceptes dictés par la raison. Suivons l'ordre des versets.

Si tu as vu un voleur, tu as couru avec lui
אִם רָאִיתָ גַנָּב וַתִּרֶץ עִמּוֹ, וְעִם מְנָאֲפִים חֶלְקֶךָ׃ - Si tu vois un voleur, tu cours avec lui, et ton partage est avec les adultères.

Que signifie « vatirets » (וַתִּרֶץ) ? Ibn Ezra rapporte deux explications, et tous les commentateurs adoptent l'une ou l'autre. Soit cela vient de la racine de la course (ritsah), comme dans « ratso vachov » (courir et revenir) : tu as vu un voleur et aussitôt tu cours avec lui pour voler ; soit cela vient du vouloir et de l'agrément (ratson) : tu as vu un voleur et immédiatement tu as consenti à t'associer à lui.

Le Malbim explique que c'est ici qu'intervient le reproche : quelle utilité y a-t-il dans les décrets (houkim), lorsque tu M'offres un sacrifice qui relève du décret suprarationnel, si tu as rejeté derrière ton dos les mitsvot fondamentales, ces préceptes dictés par la raison comme le vol, le meurtre ou l'adultère ? Bien que tu commettes des fautes d'une extrême gravité, tu te rends malgré tout au Beth Hamikdache pour offrir des sacrifices, afin de te présenter comme un juste qui observe les décrets divins. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : as-tu déjà accompli les mitsvot rationnelles, pour venir ainsi te poser en juste par l'observance des décrets ?

Fautes de pauvres et fautes de riches

Dans le Yalkout Eliezer, il est rapporté au nom du grand luminaire, le tsaddik Rav 'Haïm Feigelberg, rabbin de la sainte communauté de Kiskőrös : il y a des fautes provoquées par la pauvreté. Un homme vole parce qu'il s'est retrouvé dans une détresse financière, et c'est à ce propos qu'il est dit : « On ne méprise pas le voleur qui vole pour se rassasier quand il a faim ». Le vol, la ruse, toutes sortes de combines : la précarité l'y a poussé. Cela ne le justifie nullement, mais on peut encore lui trouver des circonstances atténuantes (limoud zekhout). En revanche, il existe des fautes engendrées par la richesse : « Yechouroun s'est engraissé et a regimbé ». Lorsqu'un homme est repu et possède des richesses, il sombre dans les débauches interdites (arayot), car il s'autorise tout ; rempli d'orgueil, il s'imagine que tout lui est dû, et quiconque pèche par orgueil trébuche dans l'adultère et autres turpitudes. Voilà donc les fautes des pauvres et les fautes des riches.

Mais celui qui cumule ces deux sortes de fautes n'a aucune excuse : c'est la preuve évidente que « l'âme du méchant désire le mal » et qu'il déteste la voie morale. C'est bien ce que déclare le verset : d'une part, « si tu as vu un voleur, tu as couru avec lui » - ce sont les fautes des pauvres ; et d'autre part, « et ton partage est avec les adultères » - ce sont les fautes des riches. On ne peut pas prétendre qu'il a volé poussé par le besoin, puisqu'il commet également les fautes des riches ; et on ne peut pas prétendre qu'il a commis l'adultère parce qu'Hachem l'a comblé de richesses, puisqu'il s'abaisse aussi aux fautes des pauvres. D'où cela provient-il donc ? Uniquement de la méchanceté pure. Voilà la preuve irréfutable que son cœur ne recherche que le mal.

Dans le Deguel Reouven, l'explication est différente : nos Sages enseignent que la poursuite de la débauche conduit à la pauvreté, comme il est écrit : « Car pour une femme prostituée, on est réduit à un morceau de pain ». C'est précisément le sens du texte : comment en es-tu arrivé à ne plus avoir de quoi manger, au point de courir à la moindre occasion de voler ? C'est parce que « ton partage est avec les adultères » : celui qui commet l'adultère tombe dans l'indigence, et il ne lui reste plus alors d'autre issue que d'aller voler.

Tu as livré ta bouche au mal
פִּיךָ שָׁלַחְתָּ בְרָעָה, וּלְשׁוֹנְךָ תַּצְמִיד מִרְמָה׃ - Tu as livré ta bouche au mal, et ta langue trame la tromperie.

"פיך שלחת ברעה" - dire des choses mauvaises sur autrui. "ולשונך תצמיד מרמה" - tu joins sur les gens des paroles de tromperie, et le mot תצמיד est une expression de jonction, comme dans "צמיד פתיל" (couvercle bien attaché).

Le Radak explique : "פיך שלחת ברעה" - pour médire des hommes, et le terme "שלחת" (tu as envoyé) est dit par extension. Est-ce que réellement tu as pris ta bouche et l'as envoyée ? C'est en fait une expression imagée, comme on dit de celui qui s'est envolé de sa place : "il a déployé ses ailes et il est parti" - a-t-il vraiment des ailes ? Il en va de même ici : c'est comme si l'on envoyait la bouche dire du mal, tu l'as libérée et envoyée pour qu'elle profère des paroles mauvaises. Et jusqu'à aujourd'hui on utilise l'expression connue "il s'est déchaîné contre lui".

Et le Radak ajoute que c'est aussi l'une des fautes commises en secret, car il médit des gens à l'intérieur de sa maison, ou bien il prend quelqu'un à part et lui dit tout bas : dis-moi, n'est-ce pas qu'untel a fait ceci et cela ? J'ai entendu telle et telle chose sur lui. La médisance, l'homme la pratique en général en secret.

Il y eut une histoire avec le Hafets Haïm qui, vers la fin de sa vie, avait l'ouïe qui s'affaiblissait, et on voulut lui acheter un appareil auditif, mais il refusa catégoriquement. On lui dit : le Rav doit entendre, les gens veulent poser des questions. Il leur répondit : celui qui a besoin de moi sait crier, il vient vers moi, hausse la voix et je l'entends. Au contraire, je me réjouis qu'il en soit ainsi, car jusqu'à présent j'avais toujours peur que les gens viennent me raconter de la médisance, et maintenant je suis plus tranquille - car la médisance, on ne la crie pas. "Honorable Rav, avez-vous entendu ce qu'on dit sur untel ? Le Rav sait-il ce qui se passe à tel et tel endroit ?" - cela se dit à voix basse. Le crier à pleine voix, ce n'est pas leur habitude. Donc je suis plus tranquille, et j'ai moins peur qu'on vienne me raconter de la médisance.

"ולשונך תצמיד מרמה" - le Radak explique : tu joins tes paroles à celles d'un homme qui médit comme toi. Tu t'attaches aux médisants tels que toi, aux gens de ton espèce dont l'affaire est la médisance et le colportage.

La médisance porte sur des choses vraies

Le Malbim explique : "פיך שלחת ברעה" - médire de ton prochain, et pas seulement des paroles vraies, mais "ולשונך תצמיד מרמה" - tu y as encore accolé des paroles de tromperie, tu as inventé sur lui des histoires sans fondement. On apprend d'ici un grand principe : la médisance porte sur des choses vraies. C'est l'une des erreurs les plus répandues chez ceux qui sont éloignés des mitsvot, l'homme étant persuadé que si ce qu'il a dit est vrai, ce n'est pas de la médisance - "je l'ai vu de mes propres yeux, tu ne me crois pas ?". Mais si la chose n'est pas vraie, cela devient déjà une diffamation (motsi chem ra), qui est plus grave.

Et pour comprendre cela, pensez à l'exemple le plus simple : si l'on te disait, écoute, on colporte sur toi, mais sache que tout ce qu'on dit n'est que la vérité, ce ne sont que des faits - es-tu d'accord ? Personne n'est d'accord. Suis-je parfait ? Mais pourquoi as-tu besoin de raconter à tout le monde ce qui me fait honte et mes défauts ? C'est cela que la Torah veut empêcher : que l'homme ne recherche pas la honte de son prochain, même quand c'est vrai. Est-ce que parce que c'est vrai il t'est permis de le diffuser aux autres ? Je ne parle pas d'un homme dangereux pour la collectivité, de celui qui vole les gens, ou d'un artisan dont je sais qu'il est voleur et escroc et qu'il s'apprête à tromper celui qui l'engage - pour ceux-là il existe des lois, et c'est pour cela que le Hafets Haïm a composé tout un livre de lois sur la médisance : quand c'est permis, dans quelle situation et de quelle manière. Mais penser que si c'est vrai c'est permis, c'est de la médisance pure et simple.

D'ailleurs, cette erreur chez les laïcs découle de la loi sur la diffamation. Selon la loi, il est interdit de publier des propos diffamatoires, et un journaliste ne peut pas attribuer à une personne - un ministre, un député ou un simple citoyen - une chose qui n'a pas eu lieu. Mais si j'ai raconté qu'untel a détourné, volé et pris, et qu'il m'a poursuivi en justice et que j'ai prouvé avoir dit la vérité - je suis acquitté. Tout ce que je dois prouver, c'est que j'ai dit la vérité. Selon eux, si tu as dit la vérité il n'y a pas de motif pour une plainte en diffamation. De là vient la déformation qui consiste à penser que la médisance ne porte que sur le mensonge. Mais selon la Halakha, la médisance porte sur la vérité, et pour le mensonge c'est la catégorie de la diffamation (motsi chem ra).

La différence entre "פיך" (ta bouche) et "לשונך" (ta langue)

Le Malbim explique la différence entre "פיך" et "לשונך", un principe que nous avons vu d'innombrables fois dans le livre de Michlei : la bouche est extérieure et la langue plus intérieure. "פיך" est toujours une expression de quelque chose d'extérieur, du mal connu et reconnu de tous ; "לשונך" est quelque chose de plus intérieur, lié à la pensée. Quand je raconte sur toi des propos de honte véridiques, je n'ai pas besoin d'y investir de la réflexion - je t'ai vu voler, j'ai raconté que tu as volé. Mais quand je veux inventer sur toi une histoire, là il faut réfléchir, pour que l'histoire s'ajuste, soit acceptée par le cœur des auditeurs et paraisse logique. C'est pourquoi lorsqu'il s'agit de tromperie - "ולשונך תצמיד מרמה", cela requiert de la pensée ; tandis que pour raconter ce que tu as vu, "פיך" suffit, une parole extérieure sans réflexion.

Rachi explique "תצמיד" dans le sens d'habitude : tu habitues chez toi la tromperie à médire. Tu es comme attaché à cette mauvaise habitude du mauvais langage, et de même que "צמיד פתיל" est une chose collée à une autre, ainsi tu attaches à ta langue l'habitude du langage trompeur.

Tu t'assieds, tu parles contre ton frère
תֵּשֵׁב בְּאָחִיךָ תְדַבֵּר, בְּבֶן אִמְּךָ תִּתֶּן דֹּפִי׃ - Tu t'assieds et tu parles contre ton frère, sur le fils de ta mère tu jettes l'opprobre.

Une remarque de lecture : on lit « בְּבֶן אִמְּךָ » en milra (accent tonique sur la dernière syllabe), car le signe de cantilation (le revia) se trouve sur la lettre khaf. Si le revia avait été sur le mem, nous aurions lu en mile'el (accent sur l'avant-dernière syllabe). C'est toujours l'accent de cantilation qui indique s'il faut prononcer un mot en mile'el ou en milra, et comme il se trouve ici à la fin du mot, la lecture se fait en milra.

Le Malbim explique : après avoir couru avec les voleurs et frayé avec les adultères, le verset évoque maintenant le moment de repos - « tu t'assieds ». Et que se passe-t-il lorsque tu es assis ? Même là, tu ne restes pas tranquille et tu ne trouves aucun repos : « tu parles contre ton frère », tu calomnies ton propre frère en affirmant qu'il est un voleur ou un débauché, comme si tu étais animé par la crainte du Ciel et affligé par les pécheurs, lui attribuant ainsi des fautes. Et ce n'est pas tout : « sur le fils de ta mère tu jettes l'opprobre ».

Pourquoi mentionner précisément « le fils de ta mère » ? Selon l'explication simple de Rachi, reprise également par le Malbim, les tensions sont généralement plus vives avec un frère issu du même père qu'avec un frère issu de la même mère. La raison en est simple : avec le frère de mère, il n'y a pas de partage d'héritage, et la proximité fraternelle est donc plus sereine. Avec le frère de père, au contraire, des querelles d'intérêts éclatent souvent sur les parts d'héritage : l'un a reçu ceci, l'autre cela. Il s'agit ici de l'époque de nos Sages, où l'héritage selon la Torah revenait exclusivement aux fils du père (de nos jours, le partage se fait généralement selon des accords préalables). Or, non content de dénigrer ton frère de père, tu en viens à calomnier jusqu'au fils de ta mère, avec lequel tu n'as pourtant aucun litige financier et qui ne partage aucun bien paternel avec toi.

Et que signifie le mot « dofi » (opprobre) ? Rachi explique qu'il s'agit d'une parole infamante destinée à repousser autrui, de la racine de « yehodfénou » (le repousser). Pourquoi utilise-t-on ce terme de dofi ? Parce qu'il découle de l'action de repousser : tu cherches à écarter ton frère, et tu dis du mal de lui afin qu'il soit rejeté de tous.

Le Metsoudat David propose une autre approche : « même sur le fils de ta mère ». La fraternité du côté du père ne repose que sur une présomption juridique ('hazaka), à savoir que l'épouse a conçu de son mari et que la plupart des unions se rapportent à l'époux légitime. En revanche, pour le frère issu de la même mère, la certitude est absolue : des témoins ont vu les deux enfants naître du même sein maternel, et sa filiation fraternelle est indiscutable. C'est ce que souligne le verset : non seulement tu calomnies « ton frère » de père, mais même envers le fils de ta mère, dont la fraternité est absolue, tu profères des paroles dénigrantes.

Le Sha'arei 'Haïm apporte une nuance subtile : il arrive qu'un homme dise du mal de son propre frère, et dans quel dessein ? Pour acquérir une légitimité et s'autoriser à médire d'autrui. Il donne l'impression d'être intransigeant avec le mal en disant : « Vous voyez, même si mon propre frère commet une mauvaise action, je ne l'épargne pas non plus ! » Il justifie ainsi ses mauvais penchants et fortifie ses habitudes de médisance. Tel est le sens de : « tu t'assieds et tu parles contre ton frère », afin que « sur le fils de ta mère », qui t'est pourtant plus proche encore par le sang, tu puisses également jeter l'opprobre ; et par cette démonstration feinte d'un zèle pour la vérité, tu t'autorises ensuite à médire librement de tous les autres.

Voilà ce que tu as fait, et J'ai gardé le silence
אֵלֶּה עָשִׂיתָ וְהֶחֱרַשְׁתִּי, דִּמִּיתָ הֱיוֹת אֶהְיֶה כָמוֹךָ, אוֹכִיחֲךָ וְאֶעֶרְכָה לְעֵינֶיךָ׃ - Voilà ce que tu as fait, et J'ai gardé le silence ; tu t'es imaginé que Je serais semblable à toi : Je vais te reprendre et tout étaler sous tes yeux.

Le Radak explique : c'est précisément parce que J'ai gardé le silence que tu as agi ainsi. Tous ces actes - courir avec les voleurs, t'asseoir pour médire de ton frère, dénigrer le fils de ta mère -, tu te les es permis parce que Je n'ai pas réagi, dit le Saint béni soit-Il, Je ne t'ai pas puni sur-le-champ et ne t'ai pas rétribué selon tes méfaits. « Tu t'es imaginé que Je serais semblable à toi » : tu as pensé que, de même que tu ignores ce qui est dans le cœur d'autrui, de même J'ignorerais ce qui est enfoui dans le tien ; et tout comme les secrets t'échappent, tu as cru qu'ils M'échappaient aussi. Hachem déclare alors : « Je vais te reprendre et tout étaler sous tes yeux » - Je mettrai toutes tes actions devant toi et Je te montrerai que Je savais tout.

Et si l'on demande : puisqu'Il ne l'a pas puni jusqu'à présent, comment Hachem, sachant tout, le laisse-t-il continuer ainsi ? À cela, le Saint béni soit-Il répond : bien que J'aie différé ton châtiment avec patience, l'heure viendra où les impies seront dévoilés et où la vérité éclatera entre les justes et les coupables, comme il est écrit dans Malakhi : « Et vous reviendrez et verrez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne L'a pas servi ». Le fait que la justice n'ait pas encore été rendue ne provient aucunement d'un défaut de connaissance, mais de la patience infinie d'Hachem ; et le moment venu, toute la réalité sera mise en lumière.

Le Radak rapporte également : « Et j'en ai entendu une autre explication de la bouche d'un ancien ». « Tu as agi ainsi et J'ai gardé le silence » - pour tous les méfaits que tu as commis, J'ai patienté et Me suis contenu. Mais « tu t'es imaginé que Je serais comme toi » - tu as pensé que J'étais un corps semblable au tien. C'est-à-dire qu'en plus de toute ta méchanceté, tu as sombré dans l'anthropomorphisme, concevant le Saint, béni soit-Il, comme un être corporel et matériel. C'est à ce propos qu'Il affirme : « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux », car c'est là le pire des égarements, et Je ne garderai pas le silence. Tant qu'un homme comprend que D.ieu est D.ieu et que lui-même n'est que chair et sang, même s'il trébuche dans la faute, il lui reste une réparation possible et un espoir ; mais dès lors qu'il conçoit D.ieu comme un corps semblable à lui, c'est la perte totale de la foi, et là, il n'y a plus de retenue divine mais une sainte rigueur.

Rachi explique : « Tu t'es imaginé que Je serais comme toi » - tu as supposé que Je serais comme toi à agréer les mauvaises actions. Tu te satisfais de tes mauvais actes, et tu as cru que J'étais semblable à toi, que ces agissements ne Me dérangeaient pas. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, dit : « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux », et Je te montrerai que les méfaits que tu commets ne Me sont point agréables.

Le Metsoudat David précise à quelle époque s'applique « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux » : Sache que J'entrerai en débat avec toi - et le terme « Okhikha » dans la langue des prophètes renvoie toujours à une confrontation judiciaire - et cela aura lieu dans le monde futur. Le fait que « tu as agi ainsi et J'ai gardé le silence » concerne ce monde-ci, où le Saint, béni soit-Il, laisse l'homme poursuivre ses mauvaises actions afin de préserver le libre arbitre ; car si quiconque commettait le mal en subissait immédiatement le châtiment, où serait le libre arbitre ? Mais viendra un temps, celui de la rétribution, où « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux » - l'homme arrivera dans le monde de vérité et verra l'ensemble de ses actes étalé devant lui.

Bien des personnes ayant vécu une expérience de mort imminente ont décrit comment l'on leur a présenté la totalité de leurs actes jusque dans les moindres détails. Un article, réimprimé plus tard dans un feuillet à des milliers d'exemplaires, relatait l'histoire d'un jeune homme victime d'un accident de la route qui avait traversé un état de mort clinique. Il subit environ dix-huit interventions chirurgicales ; on l'avait déjà recouvert d'un drap et déclaré décédé, mais un soignant s'obstina à pratiquer une réanimation et parvint à le sauver - miraculeusement, on lui enfonça un stylo dans la gorge pour dégager ses voies respiratoires. Il raconta ensuite être parvenu dans le monde de vérité où l'on commença à exposer devant lui tous ses actes. L'un des détails qui le marqua profondément : on lui montra qu'un jour, chez sa grand-mère, il avait utilisé son téléphone - à l'époque des lignes fixes - et on lui dit : « Tu as volé un demi-chekel à ta grand-mère ». C'était d'ailleurs le titre de l'article : « Tu as volé un demi-chekel à ta grand-mère » - pour avoir utilisé le téléphone sans demander la permission. Il rapporta bien d'autres choses sur lesquelles il fut jugé, ainsi que ce qu'on lui révéla au sujet d'autrui, sur qui allait décéder ou divorcer, événements qui se vérifièrent par la suite. Finalement, il fit téchouva et témoigna en d'innombrables occasions. Nous voyons qu'En Haut, tout est consigné - « Il Se souvient de tous les oublis » - et « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux », c'est là-bas que l'on dispose sous les yeux de l'homme l'ensemble de ses actions. Dès lors, même si l'on constate ici-bas que le Saint, béni soit-Il, patiente, « tu as agi ainsi et J'ai gardé le silence », qu'on n'aille pas s'imaginer qu'il n'y a ni jugement ni juge.

Le Malbim explique selon son approche propre que cet homme ne s'est pas contenté de commettre de mauvaises actions, mais qu'il les impute en outre à son frère : « Un tel est un voleur, un tel est adultère » - alors que lui-même commet ces actes. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Pourquoi diffames-tu les autres alors qu'ils n'ont rien fait de tout cela ? Pourtant, Je sais bien que « tu as agi ainsi » - ce dont tu accuses ton frère, c'est toi qui l'as fait - « et J'ai gardé le silence », Je n'ai pas révélé tes turpitudes aux yeux de tous, bien qu'elles soient véridiques. Comment oses-tu dès lors attribuer à ton frère des mensonges ? Je détiens sur toi des vérités que Je n'ai pas divulguées, et toi, tu publies des faussetés sur ton frère !

Et le Malbim poursuit : « Tu t'es imaginé » - tu t'es figuré en ton âme - « que Je serais comme toi », que Ma nature ressemblerait à la tienne, semant des querelles comme toi. Si tel était le cas, J'aurais dû répandre de faux bruits à ton sujet, tout comme tu calomnies les autres. Mais constate que Je ne suis pas comme toi : « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux » - ce que Je disposerai devant toi ne sera que ce que tu as réellement accompli, sans agir à ta manière en inventant contre ton frère des choses inexistantes. De plus, ces actes, Je les dissimule aux autres, ils ne seront exposés « qu'à tes yeux », tandis que toi, tu inventes des calomnies sur ton frère et les publies au grand jour. Il y a donc deux qualités supérieures dans la réprimande divine : premièrement, la stricte vérité sans aucune invention ; deuxièmement, uniquement devant tes yeux et non aux regards de tous.

L'ouvrage Bina Le'ïtim, cité dans le Méam Loez, explique que le verset se rattache à ce qui a été énoncé plus haut : « Tu as livré ta bouche au mal et ta langue trame la tromperie ». Le Saint, béni soit-Il, dit au médisant : Les fautes que tu racontes sur ton prochain, tu les as commises toi-même, et Je ne les ai pas dévoilées à autrui. « Tu t'es imaginé que Je serais comme toi » - et puisque tu es allé colporter des inventions sur les autres, désormais J'agirai à ta manière : ce que tu as fait - et qui est la pure vérité - Je le divulguerai publiquement. C'est ce que disent nos Sages : les transgressions qu'un homme commet en secret finissent par être exposées et publiées au grand jour.

Juger son prochain du côté du mérite

Le Ohel Yaakov, cité par le Méam Loez, explique qu'il y a là un argument rigoureux contre l'impie. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Si tu avais plaidé que ta faute provenait d'un égarement passager, d'un coup de folie, ou de toutes sortes de justifications par lesquelles un homme tente de s'excuser - tu aurais été dispensé du châtiment, à condition que toi aussi tu aies jugé les autres du côté du mérite. Car quiconque juge autrui avec bienveillance, mesure pour mesure, le Ciel le juge favorablement. Mais toi - « tu as livré ta bouche au mal », tu condamnes les autres, cherchant sans cesse en eux des fautes et des péchés, y décelant des aspects négatifs qu'ils soient avérés ou non ; tu prouves par là que tu sais parfaitement discerner le bien du mal. Si tu avais plaidé en faveur d'autrui, « et J'ai gardé le silence » aurait pu s'appliquer, car comme tu juges les autres avec bienveillance, on t'aurait jugé avec indulgence. Mais puisque tu charges les autres de culpabilité, Je ne garderai plus le silence : « Je te reprendrai et J'étalerai tout sous tes yeux ».

Et c'est là un grand secret, comme l'enseigne le Baal Chem Tov : lorsqu'un homme juge favorablement son prochain, le Ciel fait, pour ainsi dire, taire les accusateurs qui pèsent sur lui. Même s'il existe des récriminations contre lui, le Saint, béni soit-Il, dit : « Il n'aperçoit point d'iniquité en Jacob, Il ne voit pas d'injustice en Israël » - Je refuse d'entendre des accusations contre lui. Mais lorsqu'un homme médit et juge les autres du côté de la faute, cela réveille immédiatement contre lui les procureurs célestes.

On rapporte à ce propos un fait authentique : le Baal Chem Tov comptait de nombreux opposants, et à Mezhybizh même, l'un d'eux cherchait constamment à l'attaquer. Une fois, durant la fête de Souccot, alors qu'il se trouvait dans sa soucca, cet homme tint sur lui des propos médisants et très durs. Le lendemain, le Baal Chem Tov le croisa et lui dit : Est-ce convenable ? Est-ce beau ? Est-ce digne ? Parler de la sorte dans une soucca ? La soucca, un lieu si élevé et si saint, les lumières enveloppantes de Bina (Makifin de-Bina), et y proférer du lachon hara ? L'homme lui demanda : D'où le Rav sait-il que j'ai dit du lachon hara à son sujet dans la soucca ? Il lui répondit : Un ange me l'a révélé. L'opposant répliqua : Mais les anges ont-ils le droit de faire de la médisance ? Le Rav écoute-t-il le lachon hara des anges ? Le Baal Chem Tov lui dit : Viens et Je te dirai quel ange me l'a dévoilé - c'est l'ange destructeur créé par le lachon hara même que tu as proféré qui me l'a appris. Les anges sacrés ne font pas de médisance, mais un ange engendré par la médisance provient du lachon hara et s'en va colporter du lachon hara. Chose prodigieuse ! On constate ainsi que si l'on prend garde au lachon hara, aucun ange ne racontera de mal sur nous ; mais si l'on n'y prend pas garde, on engendre soi-même des anges qui viendront raconter le mal à notre sujet.

Comprenez donc ceci, vous qui oubliez D.ieu
בִּינוּ נָא זֹאת שֹׁכְחֵי אֱלוֹהַּ, פֶּן אֶטְרֹף וְאֵין מַצִּיל׃ - Comprenez donc ceci, vous qui oubliez Dieu, de peur que Je ne déchire sans que personne ne vienne délivrer.

Le Radak explique : réfléchissez à cela, vous qui oubliez Dieu - méditez sur cette réprimande et faites techouva de vos mauvaises actions et de cet oubli d'Hachem jusqu'à présent. « De peur que Je ne déchire sans que personne ne délivre » - dit le Saint, béni soit-Il : Je ne patienterai plus lorsque viendra l'heure du jugement, et alors Je déchirerai sans que personne ne délivre, comme il est dit dans la prophétie de Malakhi : « De peur que Je ne vienne frapper la terre d'anathème ».

Le Metsoudat David explique, selon sa ligne directrice mentionnée plus haut, que ces paroles concernent la vie du monde futur : méditez sur ces sujets, car tous les actes sont conservés pour le monde futur. « De peur que Je ne déchire » - pour punir l'homme dans le monde futur, « sans que personne ne délivre ». Y a-t-il donc ici-bas un sauveur ? En effet, oui : ici-bas, si tu fais techouva, il y a un salut, et il est encore possible d'échapper au jugement d'Hachem par le repentir. Mais si tu ne réfléchis pas à temps à ces choses et que tu arrives dans le monde futur - alors « Je déchirerai sans que personne ne délivre », et rien ne pourra te sauver. Même si tu voulais faire techouva, la différence entre Kora'h et ses fils s'est jouée en une fraction de seconde : lorsque la terre a commencé à s'ouvrir, les fils de Kora'h ont fait techouva, et un refuge leur a été réservé dans le Géhinom d'où ils entonnent des chants ; tandis que Kora'h n'a fait techouva que plus tard, au fond de la terre - « Moché est vérité et sa Torah est vérité » - et c'était déjà trop tard. Méditez donc dès à présent, tant qu'il est encore en votre pouvoir de faire techouva.

Le Malbim explique : « Comprenez donc ceci » - méditez sur cela, car vous êtes de « ceux qui oublient Dieu ». Si vous n'aviez pas oublié Dieu, vous craindriez Hachem qui connaît tous vos actes, et vous ne tromperiez pas par hypocrisie et flagornerie en vous faisant passer pour des justes par l'apport de sacrifices et en médisant sur les autres. Si vous croyiez en Dieu et Me craigniez, vous auriez peur « de peur que Je ne déchire sans que personne ne délivre ». Souvenez-vous qu'Hachem connaît les secrets, « Je te réprimanderai et Je mettrai tout sous tes yeux », et qu'Il a le pouvoir de déchirer sans recours possible - hâtez-vous donc de faire techouva.

Celui qui offre en sacrifice la reconnaissance M'honorera
זֹבֵחַ תּוֹדָה יְכבְּדָנְנִי, וְשָׂם דֶּרֶךְ אַרְאֶנּוּ בְּיֵשַׁע אֱלֹהִים׃ - Celui qui offre en sacrifice la reconnaissance M'honorera, et à celui qui règle sa voie, Je ferai voir le salut de Dieu.

Rachi explique : celui qui M'apporte un sacrifice de techouva et d'aveu de ses fautes, c'est lui qui M'honore. Et ne va pas croire que J'ai besoin de tes sacrifices, comme nous l'avons vu plus haut ; mais quel est ce sacrifice ? La techouva. Le repentir est appelé un sacrifice, car lorsque l'homme fait techouva, il sacrifie ses désirs, et cela surpasse tout : j'ai une envie, une pulsion, et je les immole sur l'autel d'Hachem. J'ai un lachon hara bien croustillant sur le bout de la langue, et je sacrifie mon envie pour l'honneur d'Hachem, je ferme la bouche et je ne le dis pas. Voilà le sacrifice agréé. Et « toute reconnaissance (toda) » a le sens de vidouï - le fait d'avouer ses fautes, et c'est là le plus grand honneur que l'homme puisse rendre à Dieu. « Et à celui qui règle sa voie (vésam derekh) » - celui qui oriente son chemin vers Hachem et revient à Moi, J'enseigne et Je trace la voie aux pécheurs, et « Je lui ferai voir Mon salut » : à quiconque cherche seulement à faire techouva, Je montrerai le droit chemin pour parvenir au « salut de Dieu », pour mériter la délivrance parfaite.

Le Radak explique que « celui qui sacrifie la reconnaissance » englobe les deux : à la fois sacrifier et confesser - il y a là à la fois une offrande et un vidouï, ce qui démontre qu'il révère Mes commandements. En revanche, celui qui offre un sacrifice sans confesser ses fautes, c'est de lui qu'il est dit : « Qu'ai-Je besoin de la multitude de vos sacrifices ? » - qu'ai-Je à faire de ton offrande ? À plus forte raison pour « celui qui règle sa voie », celui qui corrige ses actes, qui n'a assurément même pas besoin de sacrifice, car il vaut mieux ne pas pécher que de devoir apporter des offrandes. Et celui qui « règle sa voie » - qui redresse ses voies et s'engage dans la bonne direction - « Je lui ferai voir le salut de Dieu » : au moment de la délivrance, au jour du jugement, seuls subsisteront les justes ; ils contempleront le salut de Dieu et jouiront du bien pour l'éternité, à tout jamais.

Le Radak apporte une autre explication au mot « vesam » : une notion d'agencement ou d'ordre, comme dans « Et voici la Torah qu'a disposée (sam) Moché », qu'Onkelos traduit par « qu'a ordonnée Moché » - c'est-à-dire celui qui organise ses voies de manière juste et droite, et alors « Je lui ferai voir le salut de Dieu ». Cela rejoint l'enseignement de nos Sages : ne lis pas « vesam » mais rattache-le à la notion d'évaluation (chouma), comme dans « celui qui évalue ses voies » - avant chaque action qu'il s'apprête à accomplir, il procède à une estimation, pèse le pour et le contre afin de savoir s'il convient d'agir ainsi, et examine sa conduite. L'idée reste la même : il ordonne sa démarche pour discerner la voie juste, et quiconque agit de la sorte - « Je lui ferai voir le salut de Dieu ».

Le Malbim explique : « Celui qui offre un sacrifice de reconnaissance » - à celui qui souhaite offrir un tel sacrifice, le Saint, béni soit-Il, dit qu'il ferait mieux de M'honorer d'une autre façon : ne t'associe pas aux voleurs et aux adultères, comme nous l'avons vu précédemment, et alors « Je lui ferai voir le salut de Dieu » - et non par des sacrifices mêlés à de mauvaises actions. Cela concorde avec l'explication de Rachi, selon laquelle l'essentiel réside dans le sacrifice de la techouva, bien plus précieux que toutes ces offrandes apportées tout en persistant dans le mal.

Le Midrach Vayikra Rabba

Concluons par les paroles du Midrach dans Vayikra Rabba, parachat Tsav, section 9 : « Autre explication : "Celui qui offre un sacrifice de reconnaissance M'honorera (yekhabedaneni)" - Rav Houna enseigne au nom de Rav A'ha : il n'est pas écrit "yekhabedéni" mais "yekhabedaneni" » - avec deux noun, un honneur après l'autre ; pour celui qui agit ainsi, il y a là un honneur renouvelé rendu à Hachem, béni soit-Il. « Autre explication : Rabbi Bérékhia au nom de Rabbi Abba bar Kahana : il n'est pas écrit "yekhabedéni" mais "yekhabedaneni" - il M'a honoré dans ce monde-ci, il M'honorera dans le monde futur ». Un double honneur : ici-bas dans ce monde, et il méritera également d'honorer l'Omniprésent dans le monde futur.

« Et dispose son chemin » - le Midrash enseigne : ce sont ceux qui déblaient les routes, des hommes qui parcourent les chemins et ôtent les pierres d'achoppement et les obstacles. C'est là le sens de « dispose son chemin » : il prépare sa voie pour que la route soit droite et que nul n'y trébuche. Autre explication : « Et dispose son chemin » - ce sont les maîtres et les enseignants qui instruisent les enfants avec foi et dévouement, veillant à agir avec vérité et droiture. Autre explication, rapportée par Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda au nom de Rabbi Menahem bar Rabbi Yossi : ce sont les marchands qui vendent des fruits dont les dîmes ont déjà été prélevées. Le commerçant aurait pu vendre ses fruits comme d'habitude et laisser l'acheteur prélever les dîmes chez lui, mais il tient à préserver la communauté de tout écueil et de toute faute ; il prélève donc lui-même les dîmes avant de vendre. Cela relève également de « celui qui dispose son chemin », au sens où il examine sa conduite : par quel moyen puis-je épargner une faute à autrui ? Autre explication : « Et dispose son chemin » - ce sont ceux qui allument des lampes pour éclairer la foule, installant des lumières dans les ruelles sombres pendant la nuit, permettant ainsi aux passants de cheminer sans trébucher.

Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Shaoul n'a mérité la royauté que parce que son grand-père allumait des lampes pour le public. On raconte qu'il y avait des passages obscurs entre sa maison et la maison d'étude, et il y allumait des lumières pour éclairer la foule. Un verset dit : « Et Ner engendra Kish », tandis qu'un autre verset dit : « Kish, fils d'Aviel ». Comment accorder ces deux textes ? Son véritable nom était Aviel, mais parce qu'il allumait des lampes pour la communauté, il mérita d'être appelé du nom de « Ner » (la lampe). Or, la lampe évoque également la royauté, comme il est dit : « J'ai préparé une lampe pour mon oint » - le père mérita la lampe et le fils mérita la royauté. En vertu de quoi ? Parce qu'il aplanissait les chemins et allumait la lumière afin que les hommes puissent marcher sans trébucher. Dès lors, l'homme doit, dans tous les aspects de son existence, incarner ce principe de « disposer son chemin » : chercher constamment comment soulager son prochain et lui venir en aide par tous les moyens possibles.

En conclusion :

Dans ce passage, le verset dévoile la figure de l'impie hypocrite : il court aux côtés des voleurs et fait cause commune avec les adultères - cumulant ainsi les transgressions des pauvres et celles des riches, ce qui prouve qu'il ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante et n'agit que par pure méchanceté. Sa bouche et sa langue sont livrées au mal et à la duplicité, et il va jusqu'à imputer ses propres fautes à son frère et au fils de sa mère pour paraître vertueux. Le Saint, béni soit-Il, lui déclare : ne te méprends pas sur Mon silence - « Voilà ce que tu as fait et Je Me suis tu » ; Je ne suis point semblable à toi, car Mes reproches ne s'appuient que sur la vérité et se dresseront sous tes propres yeux. « Comprenez donc cela, vous qui oubliez Dieu » - à présent, dans ce monde-ci, il est encore possible de trouver un sauveur par la Téchouva ; plus tard, « Je déchirerai sans que nul ne vienne sauver ». La voie véritable consiste en ceci : « Celui qui offre un sacrifice d'action de grâce » - un sacrifice de repentir et d'aveu, par lequel l'homme immole ses désirs et ses passions, et « dispose son chemin » - en ordonnant, pesant et examinant ses voies, et en écartant les obstacles devant ses semblables. Et quiconque se conduit ainsi reçoit cette promesse : « Je lui ferai contempler le salut de Dieu ».