Dans ce cours, nous nous penchons sur deux versets centraux du chapitre 25 : « Ne te glorifie point devant le roi, et ne te tiens point à la place des grands », et sa suite : « Car il vaut mieux qu'on te dise : Monte ici ». Deux versets qui ont pour objet la vertu de l'humilité concrète : où l'homme se situe-t-il, comment se comporte-t-il en présence de plus grands que lui, et quel gain retire celui qui sait occuper une place inférieure à son rang véritable. Nous examinerons les explications du Gaon de Vilna et du Malbim, et nous en tirerons des enseignements tant sur la relation d'un disciple envers son maître que sur les relations conjugales.
Ce principe commence au foyer. Soudain elle acquiesce, soudain il approuve : « Tu sais quoi, tu as raison, faisons peut-être comme tu dis ». Que de sagesse est exigée d'un homme, et tout autant d'une femme : même si, dans l'absolu, elle est une « iteta ravrva » (une femme d'un niveau remarquable), et même lorsque la situation correspond au principe talmudique de « descends d'un degré pour prendre femme » - veiller à ne jamais donner cette impression à son mari. C'est là une véritable sagesse de vie.
Rav 'Haïm Kanievsky disait autrefois qu'il n'y a que deux motifs pour lesquels il faut recommander à un couple de divorcer. Le premier : lorsque les parents s'immiscent de manière si excessive que la vie devient impossible. En règle générale, il conseillait au couple d'aller habiter au loin, voire à l'étranger ; mais si la belle-mère continue de s'interposer directement, par courriel ou par tout autre biais, et qu'il n'y a plus de recours - il n'y a plus de choix. Et le second motif : lorsque la femme n'a aucun respect pour son mari, qu'elle le méprise, balaie ses paroles et qu'il est à ses yeux comme un zéro. Dans une telle situation, disait-il, elle ne commencera pas du jour au lendemain à l'estimer ni à le valoriser ; lorsqu'on en arrive là, il n'y a généralement plus grand-chose à faire.
On mesure d'ici toute la gravité de la chose : « et ne te tiens point à la place des grands » - sois prompt et docile envers l'autorité, qu'il s'abaisse, c'est-à-dire qu'il se fasse humble devant celui qui a préséance et autorité.
אַל תִּתְהַדַּר לִפְנֵי מֶלֶךְ וּבִמְקוֹם גְּדֹלִים אַל תַּעֲמֹד׃ (כה, ו) - Ne te glorifie point devant le roi, et ne te tiens point à la place des grands.
Le Gaon de Vilna explique ce verset d'une manière qu'il poursuivra au verset suivant : lorsque tu viens étudier auprès d'un sage, ne viens pas exposer devant lui tes déductions novatrices et ton propre savoir, mais veille toujours à recevoir la Torah de lui. Comme il est dit plus haut : « la sagesse est avec les humbles », et comme l'ont enseigné nos Sages : une parole vaut un séla, le silence en vaut deux.
Combien ces propos sont justes. Parfois, une personne vient interroger un rav - mais en réalité, elle vient lui faire la leçon. Elle entame par une question, puis enchaîne aussitôt : « Non, mais le Rav, c'est comme ceci, et là il faut que ce soit ainsi... ». De même lors des cours : certains viennent non pour suivre l'enseignement mais pour instruire l'assemblée, et à un certain stade, ils ne s'adressent même plus au rav mais prennent le public à témoin - comme s'ils étaient venus à leur secours, que le rav n'en savait rien et qu'il leur appartenait de l'enseigner à tous. C'est parfois un dérangement insupportable.
Et si tu penses que ce rav n'a rien à t'apporter - va ailleurs. Il se peut que tu aies raison, il est possible que tu saches déjà tout ce qu'il sait ; qui prétend que tu dois rester là ? Le Gaon de Vilna cessa lui-même, à un certain moment, de fréquenter le 'héder car il en savait déjà plus que le maître ; son père aussi ne lui enseigna que jusqu'à une certaine étape, après quoi il étudiait par lui-même - et qui aurait bien pu l'instruire ? Il se peut donc que tu aies raison, mais alors ce cours ne te convient pas. Pourquoi te rendre à un cours où tu te sens obligé de faire la leçon au sage ? Va vers un cours où tu as quelque chose à recevoir, où tu es prêt à écouter et à t'enrichir.
Nous l'avons déjà souligné : si l'on t'invite à prendre la parole alors que tu as l'occasion d'écouter, préfère l'écoute à la parole. Comme le disait ce sage : quand je parle, je répète des notions que je connais déjà ; quand quelqu'un d'autre parle, j'apprends du nouveau. On retrouve cette attitude chez Moché Rabbénou : « Moché entendit cela, et la chose lui plut ». Les maîtres de la 'Hassidout font remarquer : jusqu'alors, Moché parlait, et voilà qu'une fois il écoute - et la chose lui plut, cela lui fut agréable. Il est bon d'écouter, on apprend du nouveau. Pourquoi parler continuellement ? « Et la chose lui plut » - il trouva agréable, pour une fois, d'être celui qui écoute.
C'est pourquoi, si tu étudies auprès d'un Rav, ne viens pas lui enseigner la Torah, viens recevoir de lui la Torah. Une parole vaut un séla, le silence en vaut deux.
Le Gaon de Vilna poursuit dans la même ligne : « Ne te tiens pas à la place des grands » - là où se tiennent les sommités, ne t'installe pas. Si le maître auprès duquel tu viens étudier est trop grand pour toi, s'il te dépasse de loin, ne te tiens pas devant lui ; va trouver un autre Rav, moins vertigineux, auprès duquel tu seras capable de véritablement recevoir la Torah.
C'est précisément ce que nous trouvons chez Rabbi Méïr : au début, il étudiait chez Rabbi Akiva, mais il s'asseyait en cours sans rien comprendre. Il s'agissait pourtant de Rabbi Méïr, dont les pairs ne parvenaient pas à sonder toute la profondeur de la pensée ! Quelle profondeur était la sienne, et pourtant, à ses débuts, il ne parvenait pas à saisir Rabbi Akiva. Il alla alors étudier auprès de Rabbi Ishmaël, et une fois fortifié en sagesse, il revint chez Rabbi Akiva et déclara : à présent, je commence à comprendre Rabbi Akiva, je commence à saisir de quoi il parle.
C'est une erreur que commettent beaucoup de jeunes gens : ils veulent étudier dans telle yéchiva prestigieuse, entendre les cours de tel grand Rav - mais ce maître les dépasse infiniment, et ils ne comprennent absolument rien à ses propos. Dans quel but ? Pour pouvoir dire dans vingt ans : « J'ai assisté aux cours d'un tel » ? Quelqu'un disait un jour : « J'ai étudié dans telle yéchiva. » On lui demanda : « Dis-moi, y as-tu étudié ou y as-tu simplement séjourné ? » Ce sont deux réalités totalement différentes. Parfois, un homme s'imagine qu'il étudie dans un endroit donné, mais il ne pénètre pas le sujet, il n'est pas dans le rythme, il n'a pas le niveau requis. Il est souvent bien préférable de se tourner vers un maître plus modeste, que l'on est capable d'assimiler et de comprendre, plutôt que d'aller vers un géant inaccessible dont on ne peut saisir la profondeur des paroles.
Le Malbim explique : « Ne te glorifie pas devant le roi » - ne fais montre d'aucun apparat en présence du monarque, car auprès du roi, ton honneur n'est rien, il n'a ni consistance ni nom. Et si tu manifestes une quelconque autorité à ses côtés, cela constitue une atteinte à la dignité royale. En affichant ta grandeur, tu prétends en fait : « Moi aussi, je suis quelqu'un », comme pour dire : « Pardon, monseigneur le roi, poussez-vous un peu, c'est à mon tour de prendre de la place ».
Nous avons déjà vu qu'Urie le Hittite fut sanctionné pour cela lorsqu'il dit : « וַאדֹנִי יוֹאָב » (« et mon maître Yoav ») - ton maître Yoav ? Mais tu es en train de t'adresser à David ! En présence de David, tu n'as d'autre seigneur que le roi lui-même. Pourquoi attribuer soudain de l'autorité à un autre ? On voit donc que faire valoir sa propre gloire devant le roi rabaisse et méprise la souveraineté royale.
À l'opposé de cette attitude, le roi David s'écrie : « וְשִׂחַקְתִּי לִפְנֵי ה' » (« et je me réjouirai devant Hachem »), et il sautait et tournoyait comme un homme du commun devant Hachem. Aurais-je des prétentions d'autorité devant Hachem ? Afficherais-je de la grandeur devant Lui ? Bien au contraire, devant Hachem, je ne suis qu'un simple serviteur sans apparat.
Il en va de même pour « Ne te tiens pas à la place des grands » : place-toi plutôt à un rang inférieur à ton niveau réel, et non à un rang plus élevé. Voyez combien cela contrarie la nature humaine : si mon niveau est de cinquante et qu'il n'y a pas de niveau cinquante - seulement soixante ou quarante -, où irons-nous nous installer ? À soixante, invariablement ! Le premier réflexe est toujours de revendiquer le rang supérieur. Or, le verset vient te dire : non, mon ami, ne te tiens pas à la place des grands. Installe-toi plutôt à un rang inférieur au tien.
כִּי טוֹב אֲמָר לְךָ עֲלֵה הֵנָּה מֵהַשְׁפִּילְךָ לִפְנֵי נָדִיב אֲשֶׁר רָאוּ עֵינֶיךָ׃ (כה, ז) - Car mieux vaut qu'on te dise : « Monte ici », plutôt que d'être abaissé devant un noble que tes yeux ont vu. (25, 7)
Au sens simple, explique le Malbim : si tu te tiens à une place humble, que te dira-t-on ? « Monte ici » - un instant, untel, où es-tu assis ? Viens, monte ici ! Et ce sera pour toi un honneur. Mais si tu te tiens à la place des grands, on t'abaissera.
Et combien cette situation est fréquente ! Quelqu'un arrive à une sim'ha vêtu d'une redingote (frak), et se dirige donc naturellement vers la table d'honneur. Notre homme est encore jeune, et il y a là des personnalités plus éminentes, mais il porte un frak, un habit respectable. Et que se passe-t-il ? Tout à coup arrive le Roch Yéchiva du 'hatan, puis arrive le père du 'hatan, puis le Rav de la kala... Le père est alors contraint de s'approcher de vous et de vous dire : « Pardonnez-moi, pourriez-vous vous décaler un peu vers la droite ? Un peu vers la gauche ? » Et à force de glisser à droite et à gauche, vous vous retrouvez à tomber de l'estrade ! Pourquoi s'infliger un tel embarras ? Ne vaut-il pas mieux s'asseoir à une place modeste, comme tout un chacun, sur une chaise à une table ordinaire ? Le père du 'hatan ou de la kala viendra alors vous dire : « Rav untel, que faites-vous ici ? Venez, asseyez-vous plutôt là-haut ! » C'est bien là « Mieux vaut qu'on te dise : Monte ici » - il vaut bien mieux qu'on vous invite à monter plutôt qu'on vous fasse descendre en vous disant : « Pardonnez-moi, veuillez vous déplacer, car quelqu'un de plus honorable vient d'arriver. »
De prime abord, la fin du verset semble complètement détachée du reste : que signifie « que tes yeux ont vu » ? Nous rapporterons à ce sujet plusieurs explications. Rachi commente : ce que je te dis, tes propres yeux l'ont vu ; tu peux témoigner par toi-même de la véracité de cette réalité.
Le Malbim explique : ce que je t'ai dit, c'est que si tu te tiens à une place modeste, on te dira « Monte ici » et tu seras honoré ; mais si tu te tiens à la place des grands, on t'abaissera devant un noble que tes yeux ont contemplé en t'imaginant être à son niveau, et ce sera pour toi une honte. En d'autres termes : il ne faut pas qu'on t'humilie devant un noble auquel tes yeux t'ont fait croire égal. Tu le regardes en te disant : « Lui et moi, c'est la même chose, je suis comme lui » - c'est pourquoi il est dit de ne pas te tenir là face à un noble « que tes yeux ont vu », dont tu t'imaginais être à la hauteur.
Le Malbim ajoute encore : bien au contraire, le fait même de t'abaisser devant un noble incitera les gens à te dire « Monte ». Pourquoi ? Parce qu'ils reconnaîtront ainsi que « tes yeux ont vu » : on dira que cet homme a du derekh erets, un regard lucide et le sens des réalités. Il voit bien que les places sont restreintes, et il choisit de s'asseoir plus bas avant d'en arriver à la honte. Dès lors, on se dit : cet homme mérite le respect, car on constate que sa vision des choses est juste, son discernement est exact, et il ne court pas vainement après les honneurs. C'est le sens de la maxime : « Ton abaissement est ton élévation. » Ce par quoi l'homme s'efface est précisément ce qui l'élève. À l'inverse, quant à celui qui cherche à s'imposer pour que tous l'honorent, la réalité montre qu'en règle générale, non seulement on ne l'honore pas, mais on se moque de lui.
On a raconté à ce sujet une histoire sur le 'Hafets 'Haïm : à la yéchiva de Radin venait parfois un homme d'un certain âge pour échanger avec les élèves sur des sujets de Torah. Il était quelque peu instruit, mais aimait se faire remarquer et étaler son savoir. Les élèves aiment ce genre de personnage - pour s'en moquer, pour railler son manque de tact et sa quête d'honneurs. Sentant qu'on riait de lui, il alla trouver le 'Hafets 'Haïm et lui dit : « Rabbi, je ne comprends pas : pourquoi le Rav est-il tant honoré, alors que de moi, les élèves se moquent et me méprisent ? » Le 'Hafets 'Haïm lui répondit : « Il est pourtant écrit que quiconque fuit l'honneur, l'honneur le poursuit, et quiconque poursuit l'honneur, l'honneur le fuit. Peut-être est-ce parce que je fuis l'honneur que celui-ci me poursuit ; et peut-être feriez-vous bien d'examiner vos propres actes. »
L'homme comprit l'allusion et commença à fuir les honneurs. Quelque temps plus tard, il revint voir le 'Hafets 'Haïm et lui dit : « Rabbi, cela fait un moment que je fuis l'honneur, mais rien n'y fait : personne ne commence à me courir après, l'honneur ne me poursuit pas ! » Le 'Hafets 'Haïm lui répondit : « Je vais vous dire la vérité. Telle est la nature de l'honneur : lorsqu'il voit quelqu'un fuir, il se met à le poursuivre ; mais s'il s'aperçoit que le fuyard regarde en arrière, il s'arrête net. Vous fuyez l'honneur, mais vous jetez constamment un coup d'œil par-dessus votre épaule pour voir s'il s'est mis à courir, si l'honneur est déjà en route - l'honneur s'en aperçoit et fait aussitôt demi-tour. Il vous faut fuir sans regarder en arrière, sans jeter le moindre coup d'œil, et alors il vous poursuivra. »
En d'autres termes : fuis véritablement, et non dans l'espoir de recueillir des éloges. Il y a des gens qui affectent l'humilité afin qu'on les honore précisément pour leur modestie : non seulement pour leur grandeur et leur sagesse, mais pour que l'on sache aussi à quel point ils sont humbles - au cas où on ne le saurait pas encore ! C'est ce que dit le verset : mieux vaut t'abaisser devant un noble pour qu'on te dise « Monte ici », car on constatera chez toi une véritable vertu d'humilité, puisque ton abaissement est ton élévation.
Le Gaon de Vilna explique ce verset en continuité avec le verset précédent. Nous avons dit : ne fais pas l'important devant le roi, ne t'enorgueillis pas face au Talmid 'Hakham auprès duquel tu viens étudier, et ne prétends pas lui faire la leçon ; si tu n'en es pas digne et que tu n'as pas le niveau requis, va d'abord étudier auprès de quelqu'un de moins éminent que lui, et seulement ensuite, quand tu seras prêt, tu pourras aller apprendre auprès de ce maître illustre. « Ne te tiens pas à la place des grands » - à moins d'avoir véritablement le niveau pour recevoir son enseignement.
« Car il vaut mieux qu'on te dise : monte ici » - lorsque tu étudies auprès d'un maître dont tu comprends l'enseignement et que tu grandis dans la Torah, on te dira alors : monte ici, tu peux désormais étudier auprès de Rabbi Akiva, pourquoi resterais-tu chez Rabbi Yishmaël ? Eux-mêmes te feront monter. Mais lorsque tu essaies de sauter à un niveau bien trop grand pour toi, c'est pour toi une véritable chute.
« Plutôt que de t'abaisser devant un noble » - si tu t'obstines à rester auprès du maître le plus érudit en disant : « Je vais faire des efforts, je vais m'appliquer, je veux absolument étudier chez lui », qu'arrivera-t-il ? Tu seras humilié, et tu perdras même ce que tu avais appris au départ « devant le noble que tes yeux ont vu ». Au début, tu apprenais auprès de quelqu'un qui était à ta portée, dont tu pouvais recevoir l'enseignement ; et à présent, après avoir sauté plusieurs échelons, tu oublieras même la Torah de ce maître qui était à ton niveau. Ne vaut-il donc pas mieux étudier d'abord auprès de celui que tu comprends, pour que l'on te fasse monter ensuite, le moment venu, vers un sage plus éminent ?
Et pourquoi est-il appelé « noble » (nadiv) ? Le Gaon de Vilna explique : parce qu'il est inférieur au roi et n'a pas sa pénétration d'esprit. Le roi incarne pour ainsi dire la finesse et la vivacité d'esprit, tandis que le noble est généreux dans sa transmission, sans avoir l'acuité du roi. C'est pourquoi il est dit : « Ne te glorifie pas devant le roi » - ne va pas étudier d'emblée auprès du grand sage qui a le statut de roi, mais contente-toi d'abord du maître accessible, comparable au noble, et l'on te dira ensuite : « Monte ici ».
Autre explication : on sait qu'à l'époque, lorsque l'on s'asseyait devant le sage, la hiérarchie était très précise. Plus un disciple était sage, plus on le plaçait près du maître qui dispensait l'enseignement, et plus il était novice ou moins érudit, plus il s'asseyait au loin ; c'est ainsi que l'on se rapprochait progressivement, selon son mérite et sa sagesse.
C'est à ce sujet qu'il est dit : il vaut mieux qu'on te dise « monte ici ». C'est-à-dire que lorsque tu débutes, va t'asseoir au fond. Ne dis pas : « Moi, je comprends très bien, je peux m'asseoir au premier rang ». Bien au contraire, assieds-toi derrière ; et lorsqu'on entendra les questions que tu poses et que l'on remarquera la justesse de tes interventions, comprenant que tu saisis parfaitement l'étude, on te dira alors : viens, monte, tu peux t'asseoir devant, pourquoi restes-tu derrière ? Cela vaut infiniment mieux que de venir t'asseoir devant et de t'entendre dire : un tel, peut-être devriez-vous passer aux rangs du fond ? C'est une humiliation, car tu n'es pas à ce niveau et tu as pris une place qui ne te convenait pas. Il vaut donc mieux agir ainsi, plutôt que d'être humilié devant un noble et de perdre également les connaissances que tes yeux ont vues, y compris ce que tu avais acquis par toi-même. Mieux vaut gravir les degrés pas à pas.
Ces deux versets enseignent un même principe : l'homme doit se placer à un niveau inférieur à son rang véritable, et non chercher les hauteurs. Devant le roi, l'honneur d'un homme n'a aucune valeur, et tout apparat qu'il s'attribue constitue un déshonneur pour le souverain - à l'image de David qui dansait avec ferveur devant l'Éternel comme un homme du peuple. Dans la Torah, cela est d'autant plus vrai : quiconque vient étudier auprès d'un sage doit venir pour recevoir et non pour enseigner, et si le maître est d'une envergure trop haute pour lui, qu'il apprenne d'abord auprès de celui dont il est capable de comprendre les propos, à l'instar de Rabbi Meïr qui étudia chez Rabbi Yishmaël jusqu'à ce que son esprit s'aiguise, avant de retourner auprès de Rabbi Akiva. « Car il vaut mieux qu'on te dise : monte ici » - mieux vaut que l'on t'élève plutôt que l'on te rabaisse ; et comme l'enseignait le 'Hafets 'Haïm : celui qui fuit véritablement les honneurs, sans regarder en arrière, voit l'honneur courir après lui, car ton abaissement est en vérité ton élévation.