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Chapitre 7 - La guérison d'Israël et la révélation de sa faute - Deuxième partie

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Introduction

Dans cette partie du chapitre 7, le prophète Hochéa poursuit ses réprimandes envers le royaume d'Éphraïm dans ses derniers jours. Le prophète décrit l'engrenage politique dans lequel les rois d'Israël se sont eux-mêmes enfermés en se tournant vers l'Égypte et l'Assyrie, et les compare à une galette cuite sur les braises sans personne pour la retourner : brûlée par en dessous et encore pâteuse au-dessus. C'est alors qu'apparaît la racine du mal : un peuple qui voit les malheurs s'abattre sur lui, ressent son abaissement, et pourtant ne revient pas vers Hachem, ne Le cherche pas, et va jusqu'à ne Lui attribuer que le malheur sans reconnaître le bien.

« Éphraïm se mêle parmi les peuples » - Qui a provoqué cette assimilation parmi les nations ?

אֶפְרַיִם בָּעַמִּים הוּא יִתְבּוֹלָל, אֶפְרַיִם הָיָה עֻגָה בְּלִי הֲפוּכָה׃ - Éphraïm se mêle parmi les peuples, Éphraïm est devenu comme une galette non retournée.

Le Malbim explique : c'est en assassinant leurs propres rois qu'ils ont eux-mêmes provoqué l'assimilation et la dispersion d'Éphraïm au milieu des nations. Comment ? Ménahem fit appel au roi d'Assyrie pour l'aider à consolider son trône. Et lorsque Pékah conspira contre Pékahya, fils de Ménahem, le roi d'Assyrie intervint pour régler ses comptes, et profita de l'occasion pour défendre la cause du roi de Juda en exilant le pays de Naftali. Plus tard, quand Hochéa ben Éla assassina Pékah, le roi d'Assyrie marcha contre Hochéa. On constate ainsi qu'ils ont provoqué leur propre perte : vous allez forger des alliances avec des empires étrangers pour qu'ils vous prêtent main-forte, et en fin de compte, ils deviennent votre pire piège. L'assassinat régulier des rois a contraint les souverains à chercher un appui extérieur, et dès que l'ennemi étranger est entré, il a frappé les habitants du pays.

La galette non retournée

Puisque le prophète a employé jusqu'ici la métaphore du four et du boulanger, il poursuit dans cette même image : ils n'ont pas été cuits correctement au four, mais ressemblaient à une galette qu'on n'a pas retournée. À l'époque, il existait la « harara », une galette cuite directement sur les braises, comme on le retrouve souvent dans la Guémara (le chien qui s'est emparé de la harara, etc.). Et le terme biblique de « 'ouga » ne désigne pas un gâteau moderne, mais un pain galette, appelé ainsi en raison de sa forme ronde : comme dans « 'ag 'ouga » (il traça un cercle) où 'Honi se tint, ou dans la comptine d'enfants « 'ouga 'ouga », où l'on tourne en rond. C'est aussi l'origine du mot « 'Halla », qui était également ronde à l'époque, dérivé de « ma'hol » (danse en rond), exprimant la rondeur. Cette galette était cuite sur les braises et il fallait la retourner pour qu'elle cuise convenablement des deux côtés ; sinon, la partie inférieure brûlait au contact des charbons ardents tandis que la partie supérieure demeurait crue. C'est là le sens de « Éphraïm est devenu comme une galette non retournée » : tel ce pain posé directement sur les braises, sans personne pour le retourner.

« Des étrangers ont dévoré sa force, et il ne le savait pas » - Le sens allégorique

אָכְלוּ זָרִים כֹּחוֹ וְהוּא לֹא יָדָע, גַּם שֵׂיבָה זָרְקָה בּוֹ וְהוּא לֹא יָדָע׃ - Des étrangers ont dévoré sa force, et il ne le savait pas ; des cheveux blancs ont aussi blanchi sur lui, et il ne le savait pas.

La galette non retournée se trouve, d'un côté, calcinée, et de l'autre, molle et immangeable. C'est exactement ce qui est arrivé à Éphraïm. « Des étrangers ont dévoré sa force » : le roi d'Assyrie a consumé leur vigueur, pillé leurs richesses et exilé une partie d'entre eux, ce qui correspond au dessous de la galette brûlé et calciné par les braises. « Des cheveux blancs ont aussi blanchi sur lui » : cela correspond à la face supérieure de la galette, restée comme une pâte molle et crue. Eux-mêmes sont ainsi devenus faibles, sans ressort ni consistance, leur vaillance ressemblant à celle d'un vieillard épuisé. D'en bas ils étaient consumés, et d'en haut affaiblis.

Le Radak apporte une explication supplémentaire à l'expression « des cheveux blancs ont aussi blanchi sur lui » : l'homme a naturellement tendance à abandonner ses mauvaises voies au temps de la vieillesse, car il voit ses forces décliner et sent qu'il s'en va par le chemin de toute la terre, ce qui l'incite à faire téchouva avant sa mort. Quand l'homme est jeune, son sang bout, il est animé de désirs, de projets et de plaisirs, et la téchouva est bien loin de ses pensées. Mais lorsqu'il mûrit et vieillit, on le voit soudain fréquenter assidûment la synagogue, chercher la proximité et le lien avec le Créateur. Que s'est-il passé ? Il prend conscience que ses jours sont comptés, alors il ne prend plus de risques et reconsidère sa trajectoire. C'est précisément ce que dit le texte : ces épreuves sont à l'image des jours de la vieillesse, qui constituent un temps propice au repentir et au réveil spirituel. Les cheveux blancs ont blanchi sur lui, et pourtant, à l'époque de Pékah ben Remalyahou comme à celle de Hochéa ben Éla - les derniers rois -, ils ne sont point revenus de leur égarement ; ils n'ont pas agi comme le vieillard qui se repent à la fin de sa vie, mais ont persisté dans leur déchéance.

« L'orgueil d'Israël témoigne en face de lui » - Humiliés, ils ne sont pourtant pas revenus

וְעָנָה גְאוֹן יִשְׂרָאֵל בְּפָנָיו, וְלֹא שָׁבוּ אֶל ה' אֱלֹהֵיהֶם וְלֹא בִקְשֻׁהוּ בְּכָל זֹאת׃ - L'orgueil d'Israël a été abaissé sous ses yeux, et malgré tout cela, ils ne sont pas retournés vers Hachem leur Dieu et ne L'ont pas recherché.

Rachi explique d'après le Targoum : « וימך יקר ישראל ואינון חזן » (l'honneur d'Israël s'est affaissé et ils le voient) - ils constatent la chute de la gloire d'Israël, comment celle-ci est pour ainsi dire rabaissée et humiliée. Ils ont déjà été amoindris et abaissés, et malgré tout, « ils ne sont pas retournés vers Hachem leur Dieu ». Tu constates des conséquences désastreuses, pourquoi ne fais-tu pas téchouva ? Rachi précise que le mot « וענה » est ici au passé, comme dans « וקרא זה אל זה ואמר » (l'un criait à l'autre et disait) ou « ועשה לו כתונת פסים » (et il lui fit une tunique de plusieurs couleurs). En d'autres termes : bien que la dignité d'Israël ait déjà été bafouée et rabaissée, ils sont restés attachés à leurs mauvaises actions et n'en ont tiré aucune leçon.

Le Malbim relie cela à ce que nous avons vu plus haut au chapitre 5, verset 5 (« וְעָנָה גְאוֹן יִשְׂרָאֵל בְּפָנָיו »), où il expliquait que son orgueil sera brisé - qu'il ressentira lui-même qu'il subit des châtiments pour ses actes pervertis, ce qui brisera sa fierté, et alors « avec leur petit et leur gros bétail, ils iront chercher Hachem ». Lorsqu'il comprendra qu'il a lui-même causé son propre malheur et qu'il est responsable de toutes ses souffrances, il ira chercher Hachem. À présent, le prophète déclare : viens et vois que la chose s'est produite, et pourtant ils ne sont pas allés chercher Hachem. Voilà qu'ils ont été abaissés, leur situation s'est dégradée, ils sont plongés dans une grande misère et une profonde déchéance, et bien qu'ils se trouvent pour ainsi dire dans un état de soumission, ils ne se sont pas soumis à Hachem, n'ont pas fait téchouva, et n'ont même « pas cherché après Lui ». En effet, « Le chercher » sous-entend par des sacrifices et par la prière ; or parfois, un homme ne revient pas entièrement par la téchouva mais se tourne au moins vers Hachem, ce qui a déjà une valeur - comme s'il avait une adresse vers qui se tourner. Mais ici, bien qu'ils se soient tournés vers Hachem, toute leur démarche se réduisait à : « envoie-nous de l'aide, sauve-nous », sans aucune démarche accompagnée de sacrifices et de prières traduisant une reconnaissance de la faute et de la perversion.

« Comme une colombe crédule et sans cœur »

וַיְהִי אֶפְרַיִם כְּיוֹנָה פוֹתָה אֵין לֵב, מִצְרַיִם קָרָאוּ אַשּׁוּר הָלָכוּ׃ - Éphraïm a été comme une colombe crédule, sans discernement : ils ont appelé l'Égypte, ils sont allés vers l'Assyrie.

Le Radak explique : le prophète compare Éphraïm à une colombe qui se fait piéger dans un filet par pure naïveté. La colombe avance, aperçoit des grains, entre et mange, sans remarquer qu'elle se prend dans un filet - elle n'a pas l'esprit de comprendre qu'un piège a été tendu pour la capturer.

Et malheureusement, de nos jours également, bien des personnes manquent de discernement pour comprendre qu'un autre filet est tendu et piège tant de gens estimables. Autrefois, c'était un filet pour capturer les oiseaux ; aujourd'hui, c'est le réseau Internet, dans lequel les gens tombent comme une colombe crédule et sans cœur. Au début, on ne cherchait que des cours de Torah, au début, on voulait seulement un moyen d'effectuer des opérations bancaires - voilà la colombe naïve - puis on s'est laissé séduire et on a fini par atterrir dans des endroits où l'on n'aurait jamais dû aller. Nos Sages ont pourtant déjà enseigné qu'il n'y a pas de garant face à l'immoralité (Ein apotropous le'arayot). Ce qu'un homme doit faire, ce n'est pas compter sur sa seule volonté, mais mettre des filtres. Même celui qui y est contraint pour sa subsistance doit installer des protections telles que, même s'il est très calé en informatique, il ne puisse pas les contourner, et pas seulement des blocages sur son ordinateur, mais au niveau du fournisseur d'accès lui-même. C'est l'unique condition sous laquelle les Guedolei Israël permettent à une personne dans l'obligation de manier ces outils d'y avoir recours. Autrement, on est semblable à une colombe naïve et sans discernement, prise au piège par sa propre candeur.

Revenons à notre sujet. Le Radak explique : les membres d'Éphraïm allaient solliciter l'aide de l'Assyrie et de l'Égypte, et leur naïveté résidait dans le fait qu'ils étaient certains que ceux-ci viendraient à leur secours. Et que s'est-il passé en réalité ? Non seulement ils ne sont pas venus les aider, mais ils sont venus leur nuire. La colombe s'avance en toute innocence, et c'est avec cette même naïveté qu'ils étaient persuadés d'obtenir là-bas soutien et assistance.

L'État d'Israël ne voit plus depuis longtemps dans l'ONU une aide ou un appui, une instance auprès de laquelle on pourrait se plaindre des agissements du Hamas et du Hezbollah - ils savent bien qu'aucun secours ne viendra de là. Et de la même manière exactement, nous ne nous sommes jamais tournés vers la Cour suprême (Bagats) pour lui demander secours dans les affaires religieuses. Quand Aharon Barak a été honoré par le mouvement réformé après avoir quitté son siège de juge, nous avons bien compris d'où venait le vent, à qui nous avions affaire et quel était le programme. C'est pourquoi nous n'avons pas songé un seul instant à leur demander aide et soutien - d'une part parce qu'ils sont les derniers à vous venir en aide, et d'autre part parce que le simple fait de solliciter leur secours équivaut à leur conférer une légitimité, comme s'ils représentaient pour nous une autorité judiciaire. Or, ils ne représentent absolument rien pour nous, pas même la poussière de la terre. Nous prions chaque jour : « Rétablis nos juges comme autrefois et nos conseillers comme au début », et tout juge qui tranche selon des lois autres que celles de la sainte Torah - selon les termes du Choul'han Aroukh d'après le Rambam - lève la main contre la Torah de Moché. Nous savons par avance à qui ne pas nous adresser. Mais Éphraïm a agi comme une colombe crédule : en être naïf, il s'est tourné vers l'Assyrie et l'Égypte, persuadé qu'il trouverait auprès d'eux secours et assistance.

Le Targoum Yonatan traduit « כיונה פותה » par « כיונה סריחתא ». L'auteur du Aroukh explique que cela signifie qu'elle se frappe et se lacère le visage, et le Radak précise que cela provient de la langue arabe, où une femme qui se frappe et s'écorche le visage est appelée « char'ha » ou « sar'ha ». C'est-à-dire qu'elle ressemble à une colombe qui s'égratigne et se frappe elle-même face à la détresse et au malheur. Ceci rappelle la coutume des Arabes qui, lors d'un deuil, se lacèrent le visage et s'arrachent les cheveux, pratique que la Torah interdit formellement : « Vous ne ferez point d'incision sur votre chair pour un mort », « Vous ne vous ferez point d'incisions ».

Et le Malbim explique « comme une colombe crédule et sans cœur » : ils ont agi en tout sans intelligence et sans discernement, sans mesurer les conséquences. En effet, ils étaient déjà soumis au royaume d'Assyrie, l'Assyrie les avait déjà conquis, et dans une telle situation, pourquoi vas-tu appeler l'Égypte à l'aide ? Le roi d'Assyrie a interprété cela comme une rébellion directe : je suis le souverain ici, et toi, tu fais appel à l'Égypte pour te secourir ! C'est ainsi que le roi d'Assyrie découvrit une conspiration de la part de Hochéa fils d'Éla, qui avait envoyé des émissaires à So, roi d'Égypte ; c'est pourquoi il est écrit : « il l'enferma dans une maison de détention », « il assiégea Samarie », « et il exila Israël en Assyrie ». Voilà déjà une première folie : tu es soumis à un roi, tu t'adresses à un autre monarque, et ce faisant, tu te brouilles mortellement avec le premier en conspirant contre lui.

Et voici la seconde folie : après avoir appelé l'Égypte, il est écrit que Hochéa se rendit en Assyrie - « le roi d'Assyrie l'enferma et l'emprisonna dans une maison d'arrêt, puis le roi d'Assyrie envahit tout le pays, monta contre Samarie et l'assiégea pendant trois ans ». Il s'avère qu'au départ, Hochéa fils d'Éla (à ne pas confondre avec le prophète Hochéa - il s'agit ici du roi Hochéa fils d'Éla, le dernier roi d'Éphraïm) s'y est rendu de son propre gré, en vassal soumis et en esclave, et le roi d'Assyrie ne l'a pas laissé repartir, puis est monté assiéger Samarie. Il apparaît donc que s'il était resté à Samarie, sa situation aurait été bien meilleure. C'est exactement « une colombe crédule et sans cœur » : tu poses un acte insensé et dénué de toute logique. Tu vas te jeter dans la gueule d'un roi avec qui tu es en conflit, en te rendant toi-même sur son territoire ? Il ne s'agit pas ici d'un État de droit, mais d'un régime comparable à celui de l'Iran, qui décide du jour au lendemain d'instaurer un pouvoir d'ayatollahs et d'emprisonner tout le personnel diplomatique américain. Aujourd'hui, aucun État ne ferait cela, car c'est contraire aux usages diplomatiques élémentaires ; mais face à des ayatollahs, qui se soucie des règles ? Il détient des otages, et tant que les Américains ne débloquent pas les fonds, ils ne les récupéreront pas. Finalement, ces pauvres gens ont été tués lors d'une opération de sauvetage ratée. Ce n'est là qu'une comparaison pour comprendre : quand on est en litige avec quelqu'un, on ne va pas se livrer pieds et poings liés entre ses mains, surtout lorsqu'il n'y a chez lui ni foi ni loi. C'est pourtant ce qu'a fait Hochéa : il a cru qu'il irait amadouer le roi d'Assyrie, mais celui-ci l'a jeté en prison, et n'ayant plus de roi en face de lui, il est venu conquérir le pays. « Ils ont appelé l'Égypte » - tu t'es brouillé avec l'Assyrie qui est le suzerain sur place ; « ils sont allés vers l'Assyrie » - et par-dessus le marché, tu t'es livré toi-même à lui en vaincu, comme un fruit mûr tombant dans les mains de l'ennemi. En fin de compte, cela a causé un tort immense, et ce fut une folie absolue.

« כַּאֲשֶׁר יֵלֵכוּ אֶפְרוֹשׂ עֲלֵיהֶם רִשְׁתִּי » - Tout vient de Lui, béni soit-Il

כַּאֲשֶׁר יֵלֵכוּ אֶפְרוֹשׂ עֲלֵיהֶם רִשְׁתִּי, כְּעוֹף הַשָּׁמַיִם אוֹרִידֵם, אַיְסִירֵם כְּשֵׁמַע לַעֲדָתָם׃ - Tandis qu'ils marcheront, J'étendrai sur eux Mon filet ; comme l'oiseau du ciel Je les ferai descendre, Je les châtierai selon ce qui a été annoncé à leur communauté.

Vous pensez qu'Oshéa a commis ici un acte d'insensé, dénué de toute logique ? Le Saint, béni soit-Il, vous dit : détrompez-vous, cela vient de Moi. « J'étendrai sur eux Mon filet » - Je lui ai tendu un piège là-bas, et c'est par ce moyen que J'ai mis dans son cœur l'idée de s'y rendre, afin de lui faire payer ses fautes, lui qui comptait parmi les rois impies.

Et le Malbim explique cette parabole : le chasseur ne peut pas attraper l'oiseau du ciel lorsqu'il vole haut. Que fait-il ? Il déploie un filet au sol, et l'oiseau, apercevant des graines et des grains, descend vers le filet et s'y fait capturer. De la même façon, le roi d'Assyrie ne pouvait pas atteindre Oshéa ben Élah tant qu'il restait à Samarie assiégée. Mais Hachem déclare : J'ai déployé un filet devant lui, et telle une colombe naïve, il s'est rendu de lui-même, comme un serviteur soumis, chez le roi d'Assyrie, où il a été pris au piège. Ce n'est pas une folie survenue par hasard dans son esprit - c'est Moi qui ai instillé en lui cette folie.

« Je les châtierai selon ce qui a été annoncé à leur communauté » - le Malbim explique que c'est comme s'il était écrit : « Dès qu'ils entendront Mes réprimandes dans leur communauté - alors Je les rachèterai », ce qui fait le lien avec le verset suivant. En d'autres termes : même alors, dans cette situation critique, il y avait encore un remède s'ils avaient accepté les leçons morales et écouté la réprimande. Le Saint, béni soit-Il, dit : Je pensais que s'ils écoutaient le moussar, « Je les instruirai dans leur communauté » : venez et constatez ce qui vous a fait dévier du chemin, ce qui vous a poussés à abandonner Hachem. Et Je pensais qu'en entendant cela, ils feraient téchouva, prendraient conscience des ravages causés par la faute, et qu'ainsi « Je les rachèterais » - il aurait été possible de les délivrer de la détresse où ils se trouvaient aux mains du roi d'Assyrie.

« אוֹי לָהֶם כִּי נָדְדוּ מִמֶּנִּי » - « Malheur à eux, car ils se sont éloignés de Moi »

אוֹי לָהֶם כִּי נָדְדוּ מִמֶּנִּי, שֹׁד לָהֶם כִּי פָשְׁעוּ בִי, וְאָנֹכִי אֶפְדֵּם וְהֵמָּה דִּבְּרוּ עָלַי כְּזָבִים׃ - Malheur à eux, car ils se sont éloignés de Moi ! Ruine sur eux, car ils se sont rebellés contre Moi ! Je voudrais les racheter, mais ils profèrent des mensonges sur Moi.

Ils auraient dû se réveiller et comprendre : malheur à nous, nous avons abandonné Hachem et nous nous sommes détournés de Lui, un dévastateur s'abat sur le pays parce que nous avons fauté contre Lui. Et s'ils avaient agi ainsi - « alors Je les aurais rachetés ». Mais non seulement ils ne se sont pas amendés, mais « ils ont proféré des mensonges sur Moi » : ils n'ont pas accepté d'écouter la leçon morale, n'ont pas discerné que le malheur provenait d'Hachem, et ils sont allés jusqu'à nier la Providence divine ainsi que le principe de la rétribution. Il s'avère donc que même les épreuves que J'ai amenées sur eux n'ont servi à rien, et la punition doit par conséquent s'abattre inévitablement.

Nous avons vu le mot « ayessirem » compris dans le sens d'épreuves et de châtiments (yissourim), et c'est ainsi que Rachi l'explique également au nom de Dounash ben Labrat, qui était un illustre grammairien. Mais Rachi rapporte une autre explication au nom de Menahem, selon laquelle « ayessirem » dérive de la racine liée aux liens et entraves (mossérot), c'est-à-dire : Je les attacherai avec des liens. Et au sujet de « ils ont proféré des mensonges sur Moi », Rachi explique : Je voulais les préserver du malheur en leur envoyant des prophètes, J'ai envoyé Jérémie pour leur adresser des reproches, et ils lui ont rétorqué : « Tu débites des mensonges, tu n'es pas envoyé par Hachem ». J'envoie auprès d'eux un messager, et ils prétendent que ses paroles sont mensongères et ne viennent pas d'Hachem - dans un tel état, ils ne méritent assurément pas que Je les rachète.

« וְלֹא זָעֲקוּ אֵלַי בְּלִבָּם » - « Et ils n'ont pas crié vers Moi dans leur cœur »

וְלֹא זָעֲקוּ אֵלַי בְּלִבָּם כִּי יְיֵלִילוּ עַל מִשְׁכְּבוֹתָם, עַל דָּגָן וְתִירוֹשׁ יִתְגּוֹרָרוּ יָסוּרוּ בִי׃ - Et ils n'ont pas crié vers Moi dans leur cœur lorsqu'ils gémissaient sur leurs couches ; pour du blé et du vin nouveau ils s'assemblent, ils s'écartent de Moi.

Même lorsqu'ils gémissent sur leurs couches sous le poids de leurs tourments, ils ne font que se lamenter : ils ne crient pas vers Hachem et ne Le recherchent pas. Et même s'ils crient, ce n'est pas du fond du cœur, mais seulement du bout des lèvres, motivé uniquement par la détresse de l'instant. Il n'y a là aucun cri authentique jaillissant du cœur dans un désir sincère de revenir vers Hachem.

« על דגן ותירוש יתגוררו » - le Malbim explique que ce terme vient de megourim (séjourner, résider), ils errent et résident d'un endroit à l'autre : ils sont arrivés à une situation terrible où ils n'ont plus de blé chez eux, et ils sont contraints d'aller vivre chaque fois ailleurs pour assurer leur subsistance. Le Radak, en revanche, explique que lorsque les marchands de blé et de moût arrivaient en ville, tout le monde s'attroupait autour d'eux ; « יתגוררו » viendrait donc d'une racine signifiant le rassemblement, selon l'une des explications de « lo tagourou » et de « magor missaviv » - tagourou s'entendant comme te'egrou (amasser, rassembler). C'est-à-dire qu'en raison de l'ampleur de la famine et de la détresse, ils s'amassaient et se rassemblaient autour du vendeur. Rachi, quant à lui, explique que « יתגוררו » dérive de megourot, les greniers où l'on entrepose la récolte, et selon cela, c'est là la raison pour laquelle ils ne font pas techouva : possédant des greniers pleins de blé, ils se sentent rassasiés et ne manquent de rien. C'est donc une explication diamétralement opposée : ce n'est pas la famine qui est décrite ici, mais bien la satiété, à cause de laquelle ils n'ont pas ressenti le besoin d'implorer Hachem.

« יסורו בי » - le Malbim explique que cette expression s'apparente à celle du ben sorer oumoré (le fils rebelle et indocile) : ils sont rétifs et insoumis, s'écartent du droit chemin, gloutons et ivrognes, et ils ne se tournent pas vers Hachem ni ne Le recherchent.

« וַאֲנִי יִסַּרְתִּי חִזַּקְתִּי זְרוֹעֹתָם »

וַאֲנִי יִסַּרְתִּי חִזַּקְתִּי זְרוֹעֹתָם, וְאֵלַי יְחַשְּׁבוּ רָע׃ - Et Moi, J'ai affermi, J'ai fortifié leurs bras, et envers Moi ils trament le mal.

Le Radak explique : lorsqu'ils étaient prospères et forts face à leurs ennemis, d'où leur venait cette force ? « ואני יסרתי », au sens de lier et d'affermir (des mosserot, des liens), comme dans « moussar melakhim ». Le Saint, béni soit-Il, dit : qui a lié et fortifié leurs bras ? C'est Moi. Leur victoire sur les ennemis venait de Moi, mais ils prétendent que cela ne découle pas de Moi, mais de leur propre vaillance. « ואליי יחשבו רע » - quand le bien leur arrive, ce ne serait pas grâce à Moi, mais quand le malheur frappe, c'est de Ma faute. Je les ai fortifiés et ils ne M'ont pas reconnu, et dès qu'un malheur est survenu, ils Me l'ont imputé.

Et telle est bien la nature humaine. S'il lui arrive un bonheur et qu'il réussit une entreprise, on lui demande : comment as-tu réussi ? Il répond : « Siata diChmaya, crois-moi, Hachem m'a aidé ! » Autrement dit : mon cher, c'est moi qui ai tout fait, mais on ne peut tout de même pas écarter Hachem sans un mot. En revanche, si cet homme trébuche, s'il subit des épreuves et des maladies, et qu'on lui demande ce qui lui arrive, il répond : « Tout vient d'Hachem, tout dépend de Lui. » Tous ses malheurs viendraient d'Hachem et toutes ses réussites de lui-même, Hachem n'ayant apporté qu'une modeste contribution - un simple hommage du bout des lèvres. Il ne se dit nullement : écoute, il faut faire techouva, « nos fautes ont causé cela », je dois examiner ce que j'ai commis de travers pour qu'Hachem m'envoie ces épreuves. Il s'imagine faire preuve de bitahon, sans s'apercevoir qu'il refuse d'assumer la moindre responsabilité, comme s'il s'agissait d'un décret céleste sans aucun rapport avec ses actes : ainsi Hachem l'a voulu, un point c'est tout. Mais ses succès, il se garde bien de les attribuer à un décret céleste : ceux-là, c'est moi qui les ai accomplis, c'est moi qui ai agi, Hachem s'est borné à m'aider un peu. C'est à ce propos que le Saint, béni soit-Il, déclare : « Et Moi, J'ai affermi, J'ai fortifié leurs bras » - là, ils ne M'ont pas vu ; et dès que survient le mal : « et envers Moi ils trament le mal ».

Et le Malbim relie cela au terme « יסורו בי » mentionné plus haut, qui les dépeint comme un fils rebelle et indocile : lorsque J'ai châtié ce fils rebelle, Mon intention était de « fortifier leurs bras », de leur donner la force de faire techouva et de se rapprocher à nouveau d'Hachem, tout comme nous l'avons vu : « Je les châtierai selon leur assemblée, et Moi Je les rachèterai », car Je pensais que par l'effet de ces épreuves, il serait possible de les délivrer de la détresse. Mais « envers Moi ils trament le mal » : ils ne conçoivent pas que toute Mon intention dans ces souffrances est de les ramener, mais s'imaginent plutôt qu'Hachem cherche à leur nuire. Ils ne comprennent pas que toutes ces épreuves sont destinées à les sauver, un instant avant qu'Hachem n'amène des châtiments bien plus sévères - afin de susciter un réveil ; ils s'imaginent au contraire que ces souffrances n'ont d'autre but que de les opprimer et de les accabler, parce qu'Hachem leur voudrait du mal.

« יָשׁוּבוּ לֹא עָל הָיוּ כְּקֶשֶׁת רְמִיָּה »

יָשׁוּבוּ לֹא עָל, הָיוּ כְּקֶשֶׁת רְמִיָּה, יִפְּלוּ בַחֶרֶב שָׂרֵיהֶם מִזַּעַם לְשׁוֹנָם, זוֹ לַעְגָּם בְּאֶרֶץ מִצְרָיִם׃ - Ils reviennent, mais pas vers le Très-Haut, ils sont devenus comme un arc trompeur ; leurs princes tomberont par le glaive à cause de la fureur de leur langue : telle sera leur dérision au pays d'Égypte.

Ce verset est très difficile à appréhender. Le Radak l'explique ainsi : « לא על » - « 'Al » désigne le Très-Haut (Elyon). Quand la détresse fond sur eux, ils reviennent et crient - mais vers qui ? Vers l'idolâtrie. Ils ne s'adressent pas au Roi qui est « 'Al », au Saint, béni soit-Il, mais reviennent vers les idoles en criant pour qu'elles viennent les délivrer.

« היו כקשת רמיה » - un arc trompeur. Le Radak explique qu'il s'agit de la situation où un tireur bande son arc en direction d'une cible, et au tout dernier moment le dévie ailleurs pour tirer. Il a donné l'illusion qu'il allait atteindre quelqu'un, pour finalement en frapper un autre. Et bien que la tromperie émane du tireur et non de l'arc - puisque l'arc projette la flèche là où on le dirige -, on attribue néanmoins cette traîtrise à l'arc lui-même, qui laissait présager une direction pour en prendre finalement une tout autre. Il en va de même pour Israël : parfois, ils faisaient techouva sous le coup des épreuves dont Hachem les châtiait, mais ils agissaient comme un arc trompeur - un instant ils semblent se diriger ici, et à la dernière seconde ils bifurquent vers un autre chemin. Leur repentir n'était qu'éphémère et superficiel, et aussitôt ils retournaient à leurs égarements.

Et voici l'exemple que cite le Radak : voyez ce qui s'est produit à l'époque d'Eliyahou. Eliyahou était parvenu à amener le peuple tout entier à s'écrier : « Hachem est D.ieu, Hachem est D.ieu ! », et l'on était convaincu qu'une ère nouvelle s'ouvrait alors - ils avaient abandonné les prophètes de Baal, tourné le dos à Jézabel et au mensonge, tous étaient redevenus serviteurs d'Hachem. Et pourtant, immédiatement après, ils sont retournés vénérer les Baalim, les veaux d'or et les idoles, persistant dans leur déchéance. « Ils reviennent » - mais « pas vers le Très-Haut », il n'y a aucun retour authentique vers Hachem ; et même lorsqu'ils semblent revenir, ce n'est que comme un arc trompeur, une démarche purement temporaire, après quoi ils reprennent aussitôt leurs errements passés.

« Tomberont par le glaive leurs princes, à cause de la fureur de leur langue » - les ministres qui les dirigeaient sur une mauvaise voie leur disaient : Allons en Égypte et demandons-leur de l'aide, allons vers les autres peuples pour qu'ils nous secourent - l'essentiel étant de ne pas se tourner vers Hachem. Ils proposaient de chercher du secours ailleurs, et c'est là « la fureur de leur langue », car par ces démarches ils provoquent l'indignation divine et irritent Dieu. C'est pourquoi leur châtiment est qu'« ils tomberont par le glaive » : cette initiative elle-même les a précipités et leur a causé du tort, certains périssant en route vers l'Égypte et y trouvant la mort. C'est ainsi qu'il est dit dans la prophétie de Yechayahou : « Prophétie sur les bêtes du Néguev... le lion et la lionne en sortent » - certains se faisaient dévorer par les bêtes féroces et d'autres tombaient sous le glaive de l'ennemi. Il s'avère donc que le conseil prodigué par leurs princes d'aller implorer le secours de l'Égypte est un conseil néfaste qui les conduit au massacre par l'épée, « à cause de la fureur de leur langue », car par ce conseil ils attisent la colère d'Hachem.

« Telle sera leur dérision au pays d'Égypte » - Rachi explique : lorsqu'ils arrivaient en Égypte, les Égyptiens se raillaient d'eux en disant : Pourquoi êtes-vous revenus chez nous, pour nous apporter des calamités ? N'était-ce pas suffisant de nous avoir rendu la vie amère lors de la sortie d'Égypte, pour que vous reveniez à présent nous attirer d'autres malheurs ? Il vous a pourtant été dit : « Vous ne les reverrez plus jamais ». C'est là le sens de « telle sera leur dérision au pays d'Égypte » : les Égyptiens se moquaient d'eux lorsqu'ils venaient chercher refuge sous leur protection.

Explication du Malbim : D'un filet à l'autre et la flèche qui se retourne

Le Malbim explique « ils retournent, mais pas vers le Haut » selon le fil de la parabole précédente. Nous avons vu qu'Hachem dit avoir déployé Son filet contre eux, contre cette colombe naïve et cet oiseau qui s'imaginait voler au plus haut des cieux. « Ils retournent » - ils s'échappent du filet, mais lorsque cet oiseau s'en dégage, au lieu de se sentir libéré et de s'élever vers le haut, il se heurte à un autre filet et y retombe. « Ils retournent » - on aurait pu penser qu'il s'agirait d'un retour vers Dieu (une Techouva), mais « pas vers le Haut » : l'oiseau ne monte pas après être sorti du piège ; au contraire, il passe d'un filet à un autre. Et c'est là l'image exacte de ce qui s'est produit : ils se sont d'abord tournés vers l'Égypte, et après qu'Hochéa fils d'Éla s'est adressé à So, il s'est rendu en personne auprès du roi d'Assyrie, et ce dernier l'a jeté en prison.

« Ils ont été comme un arc trompeur, leurs princes tomberont par le glaive » - le Malbim explique que le verset se lit comme si l'on disait : « Leurs princes ont été comme un arc trompeur ». Les ministres qui sont allés trouver le roi d'Assyrie s'y sont rendus afin de dénoncer Hochéa fils d'Éla, rapportant qu'il avait fait la paix avec l'Égypte et tramé une conspiration contre lui. Mais ils n'ont pas discerné qu'ils se tiraient ainsi une balle dans le pied : ils espéraient obtenir par là l'appui et le secours de l'Assyrie, or qu'a fait l'Assyrie à la place ? Elle est venue et a frappé tous les habitants du pays. Tu es allé calomnier la conduite d'Hochéa fils d'Éla, et par contrecoup, le roi d'Assyrie est venu et t'a ôté la vie. Leurs princes ont donc agi comme un arc trompeur : ceux-là mêmes qui voulaient décocher une flèche contre Hochéa fils d'Éla - voilà que le roi d'Assyrie a ensuite assiégé Samarie et les a fait périr eux aussi.

Et le Malbim précise : un arc trompeur est comparable à un boomerang, que l'on projette au loin et qui revient frapper celui qui l'a lancé. De nos jours, on pourrait comparer cela à un ricochet : lors d'un tir, un projectile ricoche et se retourne contre le tireur. Tel est l'arc trompeur : vous avez voulu décocher une flèche contre Hochéa fils d'Éla, et la flèche est revenue sur vous - les flèches de leur propre langue. C'est bien ce que dit le verset : « à cause de la fureur de leur langue ». Selon l'explication du Malbim, l'enseignement est lumineux : le piège de l'arc trompeur s'est refermé sur eux par le péché de la médisance, par ces propos dénigrants qu'ils sont allés rapporter au roi d'Assyrie pour lui faire attaquer leur propre peuple, et c'est précisément ce qui a provoqué leur effondrement.

« Telle sera leur dérision au pays d'Égypte » - ils se sont rendus ridicules là-bas, en terre d'Égypte. Considérez la situation : ils sont allés dénoncer auprès de l'Assyrie l'entente d'Hochéa avec l'Égypte, et en fin de compte, l'Assyrie s'est retournée contre eux. Quant aux Égyptiens, spectateurs de la scène, ils se sont raillés de la manière dont ils s'étaient portés préjudice à eux-mêmes.

Et hélas, telle est bien souvent la réalité humaine : certains sont prêts à se saborder eux-mêmes, pourvu qu'un rival ne conserve pas la tête. On observe aujourd'hui ce phénomène au sein de divers mouvements d'extrême gauche, financés par le New Israel Fund, qui vont diffamer le peuple d'Israël à l'étranger, ou encore certains universitaires qui réclament à l'étranger l'application d'un boycott académique contre nous. Impose-toi d'abord un boycott à toi-même ! Mais non, il exige qu'on l'impose à l'ensemble du pays, alors qu'il appartient lui-même à ce milieu universitaire. Il est tout simplement prêt à se tirer une balle dans le pied, à seule fin d'éclabousser quelqu'un d'autre. C'est l'attitude du « que je meure avec les Philistins ». On constate ainsi cet égarement absolu qui sévissait déjà à cette époque, et cette triste réalité se perpétue malheureusement de nos jours.

En conclusion :

À travers ces versets, le prophète dépeint Éphraïm comme une galette non retournée : calcinée par le dessous sous le feu de l'Assyrie qui a consumé sa vigueur, et demeurée informe et molle par le dessus, tel un vieillard aux cheveux blancs dont les forces déclinent - sans qu'il ne le sache ni n'en prenne conscience. Il a vu sa grandeur s'effondrer sans pour autant revenir vers Hachem, sans même Le rechercher par la prière ou les sacrifices. Pareil à une colombe naïve et sans discernement, il a cherché l'appui de l'Égypte puis s'est livré de lui-même à l'Assyrie, tombant tout droit dans le filet que le Saint, béni soit-Il, avait déployé sur lui. Même les épreuves, dont l'unique objet était de les fortifier dans la voie du retour, sont restées sans effet : ils se sont attribué le bien et ont imputé le malheur à Hachem, allant jusqu'à tenir des propos trompeurs sur Lui et à récuser la Providence. Enfin, ils ont agi comme un arc trompeur : leur repentir n'a été qu'un faux-semblant, et les flèches de leur médisance se sont retournées contre eux tel un boomerang, jusqu'à faire d'eux un objet de dérision en terre d'Égypte. La leçon pour les générations est éclatante : savoir discerner le piège tendu avant d'y sombrer, reconnaître que tout procède de Sa volonté, béni soit-Il - la réussite comme l'épreuve - et comprendre que les souffrances n'ont d'autre dessein que d'éveiller le cœur à la Techouva.