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Chapitre 7 - La montée d'Ezra et la lettre du roi

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Introduction : La montée d'Ezra et son dessein

Le chapitre 7 du livre d'Ezra ouvre une page entièrement nouvelle dans l'histoire du retour à Sion. Jusqu'à présent, le récit s'est concentré sur la reconstruction du Temple - sur le pilier de la 'Avoda (le service divin). Désormais, Ezra le Scribe entre en scène, avec pour mission d'ériger le pilier de la Torah au sein d'Israël. Ce chapitre présente la généalogie d'Ezra, le récit de sa montée vers Jérusalem, ainsi que le texte officiel de la lettre que lui remit le roi Artaxerxès - un édit qui lui apporte une aide précieuse, un soutien financier et une autorité judiciaire pour affermir la Torah à Jérusalem.

Verset 1 : « Après ces événements » - Qui est Artaxerxès ?
וְאַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה בְּמַלְכוּת אַרְתַּחְשַׁסְתְּא מֶלֶךְ פָּרָס עֶזְרָא בֶּן שְׂרָיָה בֶּן עֲזַרְיָה בֶּן חִלְקִיָּה׃ - « Après ces événements, sous le règne d'Artaxerxès, roi de Perse, Ezra, fils de Seraya, fils d'Azaria, fils de 'Hilkiya... »

« Après ces événements » : après l'achèvement de la reconstruction du Temple. Selon un avis, cet Artaxerxès n'est autre que Darius lui-même ; dès lors, la montée d'Ezra eut lieu un an seulement après l'édification du Sanctuaire. Cependant, selon le Ba'al HaMaor (Rabbi Zera'hia Halévy) et le Radak dans son commentaire sur le livre de 'Hagaï, Artaxerxès était un autre roi qui régna après Darius. D'après cette perspective, on ne peut concevoir qu'Ezra soit monté un an seulement après la reconstruction du Temple, car un an plus tard, Darius était encore sur le trône ; si le texte mentionne le règne d'Artaxerxès, intervenu bien plus tard, la montée d'Ezra eut donc lieu de nombreuses années après. Le Malbim précise qu'il est impossible de trancher définitivement : il est difficile d'identifier ce souverain avec certitude et de dater précisément l'année de la montée d'Ezra.

Versets 1-5 : La généalogie d'Ezra jusqu'à Aharon HaKohen

« Ezra, fils de Seraya » : dans les Chroniques (Divré HaYamim), il apparaît qu'Ezra était le petit-fils de Seraya, et non son fils direct. On retrouve le même cas avec « Zekharia ben Ido », qui était en fait le petit-fils d'Ido. Le verset poursuit l'énumération de cette chaîne généalogique :

בֶּן אֲבִישׁוּעַ בֶּן פִּינְחָס בֶּן אֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן הַכֹּהֵן הָרֹאשׁ׃ - « ...fils d'Avishoua, fils de Pin'has, fils d'El'azar, fils d'Aharon, le Grand Prêtre. »

« Le Kohen HaRosh » : le premier de tous les prêtres. Il en ressort qu'Ezra était lui-même Kohen, descendant direct d'Aharon.

Verset 6 : « Un scribe versé dans la Torah de Moshé »
הוּא עֶזְרָא עָלָה מִבָּבֶל וְהוּא סֹפֵר מָהִיר בְּתוֹרַת מֹשֶׁה אֲשֶׁר נָתַן ה' אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל וַיִּתֶּן לוֹ הַמֶּלֶךְ כְּיַד ה' אֱלֹהָיו עָלָיו כֹּל בַּקָּשָׁתוֹ׃ - « Cet Ezra monta de Babylone ; il était un scribe versé dans la Torah de Moshé, donnée par l'Éternel, Dieu d'Israël. Et le roi lui accorda toutes ses demandes, grâce à la main bienveillante de l'Éternel, son Dieu, sur lui. »

Le souverain accéda à l'ensemble des requêtes formulées par Ezra et ordonna de les accomplir. De plus, selon un avis de nos Sages (Hazal), Ezra ne faisait qu'un avec le prophète Malakhi.

Que signifie « un scribe diligent (sofer mahir) dans la Torah de Moché » ? Au sens littéral, on pourrait comprendre qu'il écrivait avec rapidité. Cependant, Ibn Ezra explique qu'il exposait et enseignait avec vivacité : sa parole et son étude étaient promptes et fluides. Le Métsoudat Tsion, quant à lui, explique que « sofer » signifie ici un sage, à l'image de l'expression du Talmud : « un sofer bénit et l'ignorant (bour) s'en va » - le sofer s'oppose donc au bour ; et si le bour est un ignorant ('am haarets), le sofer désigne nécessairement un érudit, un talmid 'hakham.

Les trois piliers du monde à l'époque de la Grande Assemblée

Le Malbim explique : Chimon HaTsadik était l'un des derniers survivants de la Grande Assemblée (Anché Knesset HaGuedola), et c'est lui qui a dit : « Le monde repose sur trois piliers : sur la Torah, sur le culte (l'Avoda) et sur la bienfaisance (Guemilout 'Hassadim) ». Pourquoi a-t-il dit cela ? Parce qu'à l'époque de la Grande Assemblée, ces trois piliers ont été concrètement consolidés par trois figures éminentes, trois piliers du monde juif. Par Zorobabel et Yéhochoua le Grand Prêtre - les premiers à être montés -, le Temple fut rebâti, consolidant ainsi le pilier de l'Avoda. Après eux s'est levé Ezra, maître éminent dans la Torah, venu établir et affermir le pilier de la Torah. Enfin vint Néhémie qui, comme nous le verrons, était davantage préposé à la direction civile et politique, rebâtit les murailles de la ville et guida le peuple - ce qui relève de la bienfaisance. Ainsi, ces trois piliers furent tous consolidés à cette époque charnière.

Et pourquoi Ezra est-il monté ? C'est ce que le texte nous révèle : « et il était un scribe versé dans la Torah de Moché » - il est monté pour rétablir le pilier de la Torah. C'est pourquoi la main bienveillante de Dieu reposait sur lui par providence divine (hachgaha pratit), afin d'empêcher que la Torah ne tombe dans l'oubli au sein d'Israël. Il fallait impérativement envoyer de Babylone vers la terre d'Israël un grand sage capable de prendre en main la direction spirituelle et de raffermir le pilier de la Torah.

Versets 7-8 : Ceux qui sont montés avec Ezra
וַיַּעֲלוּ מִבְּנֵי יִשְׂרָאֵל וּמִן הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וְהַמְשֹׁרְרִים וְהַשֹּׁעֲרִים וְהַנְּתִינִים אֶל יְרוּשָׁלָ‍ִם בִּשְׁנַת שֶׁבַע לְאַרְתַּחְשַׁסְתְּא הַמֶּלֶךְ׃ - Des enfants d'Israël, des prêtres, des Lévites, des chantres, des portiers et des Néthiniens montèrent aussi à Jérusalem, la septième année du roi Artaxerxès.
וַיָּבֹא יְרוּשָׁלָ‍ִם בַּחֹדֶשׁ הַחֲמִישִׁי הִיא שְׁנַת הַשְּׁבִיעִית לַמֶּלֶךְ׃ - Il arriva à Jérusalem au cinquième mois, la septième année du roi.

Des membres des enfants d'Israël, des prêtres et des Lévites montent ainsi, tous en la septième année du roi Artaxerxès - et nous ne reviendrons plus sur le débat concernant l'identité de ce roi. Ezra avait sollicité la permission du monarque pour monter et prêter main-forte au peuple, le roi la lui accorda, et il parvient à Jérusalem au cinquième mois, qui correspond à la septième année du règne.

Verset 9 : « Ce fut le fondement de la montée depuis Babylone »
כִּי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן הוּא יְסֻד הַמַּעֲלָה מִבָּבֶל וּבְאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַחֲמִישִׁי בָּא אֶל יְרוּשָׁלָ‍ִם כְּיַד אֱלֹהָיו הַטּוֹבָה עָלָיו׃ - Car au premier jour du premier mois fut résolu le départ de Babylone, et au premier jour du cinquième mois il arriva à Jérusalem, grâce à la main bienveillante de son Dieu sur lui.

Le premier jour du premier mois marqua le fondement, le début de la montée. D'après Ibn Ezra, le terme « yessod » se rattache à la notion de « sod » (délibération secrète) : c'est alors qu'ils tinrent conseil, concertèrent leurs plans et organisèrent en secret la montée ; toutefois, en pratique, ils ne partirent du fleuve d'Ahava que le 12 du mois, comme nous le verrons plus loin.

Verset 10 : Les trois préparations d'Ezra
כִּי עֶזְרָא הֵכִין לְבָבוֹ לִדְרֹשׁ אֶת תּוֹרַת ה' וְלַעֲשֹׂת וּלְלַמֵּד בְּיִשְׂרָאֵל חֹק וּמִשְׁפָּט׃ - Car Ezra avait appliqué son cœur à étudier la Torah de l'Éternel, à la pratiquer et à enseigner en Israël lois et ordonnances.

Ce que le texte entend par « selon la bienveillante main de Dieu sur lui », c'est qu'une véritable providence divine l'accompagnait, et que la main d'Hachem veillait sur lui pour le préserver en chemin. Et pourquoi ? Grâce au mérite de la Torah. Car il avait préparé son cœur à trois choses : premièrement, « à scruter la Torah de l'Éternel » - il approfondissait lui-même intensément l'étude de la Torah. Deuxièmement, « et à la pratiquer » - il l'appliquait personnellement, car ce n'est pas l'étude théorique qui est l'essentiel, mais l'accomplissement concret ; l'essentiel n'est pas seulement d'expliquer, mais de mettre en pratique. Par jeu de mots, on dit parfois avec humour à propos de cette même maxime : « ce n'est pas le discours (midrach) qui importe, mais l'histoire vécue (ma'assé) » - un orateur enchaîne les sermons et l'assemblée s'endort ; racontez-leur une histoire réelle, et vous verrez comme ils se réveillent ! Et troisièmement, il poursuivait un but sacré : « et à enseigner en Israël lois et ordonnances » - transmettre aux autres aussi bien le « 'hok » que le « michpat ». Le 'hok désigne les décrets divins qui échappent à la logique humaine, tandis que le michpat concerne les lois civiles et relationnelles, accessibles à la raison.

Verset 11 : « Parcheguen hanichtewane » et pourquoi les Sages sont appelés « Soferim »
וְזֶה פַּרְשֶׁגֶן הַנִּשְׁתְּוָן אֲשֶׁר נָתַן הַמֶּלֶךְ אַרְתַּחְשַׁסְתְּא לְעֶזְרָא הַכֹּהֵן הַסֹּפֵר סֹפֵר דִּבְרֵי מִצְוֺת ה' וְחֻקָּיו עַל יִשְׂרָאֵל׃ - Et voici la copie de la lettre que le roi Artaxerxès remit à Ezra le prêtre, le scribe, scribe des paroles des commandements de l'Éternel et de Ses décrets concernant Israël.

Il s'agit du décret, du document officiel que le roi lui avait remis. Le roi l'avait rédigé en langue perse, et on l'avait transcrit en araméen, la langue parlée dans la région syrienne. C'est là le sens de « nichtewane », comme cela a été expliqué précédemment : une copie collationnée et certifiée conforme à la lettre originale. Et pourquoi Ezra est-il qualifié de « scribe » (sofer) ? Non pas simplement parce qu'il rédigeait des actes, mais comme le verset le précise : « scribe des paroles des commandements de l'Éternel et de Ses décrets concernant Israël » - celui qui dénombre et étudie les paroles des mitsvot divines.

C'est précisément ce que demandent nos Sages : pourquoi qualifions-nous les Maîtres de « Scribes » (Soferim), comme dans l'expression « ceci est interdit selon les paroles des Scribes » (Divré Soferim) ? Les Sages répondent que ces maîtres comptaient véritablement (du verbe « lispor ») : ils comptaient minutieusement les lettres de la Torah et en vérifiaient le nombre exact, notant par exemple que la lettre vav du mot « ga'hon » marque la moitié de la Torah en lettres, ou que tel autre endroit marque la moitié en mots. Une autre explication est qu'ils dénombraient les commandements et les obligations halakhiques. Par exemple : « Il y a quatre causes principales de dommages : le bœuf, la fosse, la bête qui broute et le feu ». Les Sages les ont recensées et dénombrées. Lorsqu'on quantifie une chose, on l'inscrit dans une structure aisée à mémoriser. « Quinze femmes exemptent leurs rivales » : encore un nombre précis ; ils ont compté dans toute la Torah combien de femmes se trouvaient dans ce cas, ce qui facilite grandement la mémorisation. « Il y a quatre commencements d'années » : quand un chiffre est énoncé, on s'efforce de retrouver le quatrième. L'indication d'un nombre permet toujours de fixer la mémoire, sachant avec certitude qu'il n'y en a ni plus ni moins. C'est pourquoi ils ont été appelés « Soferim », car ils comptaient et répertoriaient tout avec exactitude.

Verset 12 : L'ouverture de la lettre - « Guemir oukhe'ènet »
אַרְתַּחְשַׁסְתְּא מֶלֶךְ מַלְכַיָּא לְעֶזְרָא כָהֲנָא סָפַר דָּתָא דִּי אֱלָהּ שְׁמַיָּא גְּמִיר וּכְעֶנֶת׃ - Artaxerxès, roi des rois, à Ezra le prêtre, scribe de la loi du Dieu des cieux, parfait, et à présent.

Voici ce qui était consigné dans la lettre. Les rois avaient coutume d'inscrire leur nom en tête du document, c'est pourquoi la missive s'ouvre par « Artaxerxès ». Le « roi des rois » écrit cette lettre à qui ? À Ezra le prêtre, scribe de la loi du Dieu des cieux. Et que signifie « guemir » ? Le Malbim a déjà expliqué plus haut que « guemir » n'est pas le nom d'un individu, mais équivaut à l'abréviation « vé-gomer » (et ainsi de suite) : lorsqu'on ne cite qu'une partie d'un verset, on ajoute à la fin « vé-gomer », c'est-à-dire « etc. », tout comme dans l'expression talmudique « vé-idakh zil guemor » (et pour le reste, va et apprends). Ici aussi, au lieu d'énumérer tous les titres ou noms, le texte écrit « guemir » jusqu'à « oukhe'ènet », ce dernier terme clôturant la formule. En d'autres termes, si l'on souhaitait énumérer Réouven, Chimon, Lévi, Yéhouda jusqu'à Yossef, on dirait : « Réouven, etc., Yossef » - depuis Réouven jusqu'à Yossef. Tel est le sens de « guemir... oukhe'ènet ».

Versets 13-14 : Autorisation d'alyah et pouvoir d'inspection
מִנִּי שִׂים טְעֵם דִּי כׇל מִתְנַדַּב בְּמַלְכוּתִי מִן עַמָּא יִשְׂרָאֵל וְכָהֲנוֹהִי וְלֵוָיֵא לִמְהָךְ לִירוּשְׁלֶם עִמָּךְ יְהָךְ׃ - De ma part est donné l'ordre que quiconque, dans mon royaume, fait partie du peuple d'Israël, de ses prêtres et des Lévites, et se montre disposé à partir pour Jérusalem, aille avec toi.

C'est de moi qu'émanent cette autorisation et cet ordre : tout volontaire dans mon royaume issu du peuple d'Israël, de ses prêtres ou des Lévites, qui souhaite se rendre à Jérusalem - « qu'il parte avec toi » - est autorisé à t'accompagner, et je lui octroie la pleine permission de se mettre en route.

כׇּל קֳבֵל דִּי מִן קֳדָם מַלְכָּא וְשִׁבְעַת יָעֲטֹהִי שְׁלִיחַ לְבַקָּרָה עַל יְהוּד וְלִירוּשְׁלֶם בְּדָת אֱלָהָךְ דִּי בִידָךְ׃ - Puisque tu es envoyé de la part du roi et de ses sept conseillers pour inspecter la Judée et Jérusalem, selon la loi de ton Dieu qui est entre tes mains.

Puisque tu es envoyé de la part du roi et de ses sept conseillers - et l'on retrouve ces sept conseillers voyant la face du roi à l'époque d'Assuérus. « Levakara » signifie enquêter et examiner la situation des Juifs de Jérusalem : s'occupent-ils de la Torah et des mitsvot, et le font-ils conformément aux préceptes de la Torah ? Examine-les, inspecte leur conduite et répands la crainte de Hachem dans leurs cœurs. C'est pourquoi quiconque souhaite partir pour étudier la Torah et la parole de Hachem à Jérusalem partira avec toi, qu'il soit Israélite, Cohen ou Lévi.

פסוקים טו-יט: שלושה מיני כספים והכלים
וּלְהֵיבָלָה כְּסַף וּדְהַב דִּי מַלְכָּא וְיָעֲטוֹהִי הִתְנַדַּבוּ לֶאֱלָהּ יִשְׂרָאֵל דִּי בִירוּשְׁלֶם מִשְׁכְּנֵהּ׃ - Et pour apporter l'argent et l'or que le roi et ses conseillers ont généreusement offerts au Dieu d'Israël, dont la demeure est à Jérusalem.

J'autorise également par là à transporter et à acheminer l'argent et l'or du roi et de ses conseillers, ainsi que de tous ceux qui font des offrandes volontaires pour le Dieu d'Israël, dont la résidence est à Jérusalem. Tu seras l'émissaire chargé de cette tâche, et je t'apporterai moi-même mon soutien en t'assurant une protection.

וְכֹל כְּסַף וּדְהַב דִּי תְהַשְׁכַּח בְּכֹל מְדִינַת בָּבֶל עִם הִתְנַדָּבוּת עַמָּא וְכָהֲנַיָּא מִתְנַדְּבִין לְבֵית אֱלָהֲהֹם דִּי בִירוּשְׁלֶם׃ - Ainsi que tout l'argent et l'or que tu trouveras dans toute la province de Babylone, avec les dons volontaires du peuple et des prêtres, offerts pour la maison de leur Dieu à Jérusalem.

Tout l'argent et l'or que tu trouveras parmi les offrandes faites par les nations de toutes les provinces de Babylone, ainsi que la contribution volontaire du peuple et des Cohanim pour la Maison de leur Dieu à Jérusalem - tout cela requiert d'être mis sous bonne garde.

כׇּל קֳבֵל דְּנָה אׇסְפַּרְנָא תִקְנֵא בְּכַסְפָּא דְנָה תּוֹרִין דִּכְרִין אִמְּרִין וּמִנְחָתְהוֹן וְנִסְכֵּיהוֹן וּתְקָרֵב הִמּוֹ עַל מַדְבְּחָה דִּי בֵּית אֱלָהֲכֹם דִּי בִירוּשְׁלֶם׃ - C'est pourquoi tu achèteras soigneusement, avec cet argent, des taureaux, des béliers, des agneaux, ainsi que leurs oblations et leurs libations, et tu les offriras sur l'autel de la maison de votre Dieu à Jérusalem.

Pour les besoins du service sacré, tu achèteras avec cet argent des taureaux, des béliers et des agneaux, comme nous l'avons expliqué précédemment, ainsi que leurs offrandes végétales et leurs libations, et tu les offriras sur l'autel.

וּמָה דִי עֲלָךְ וְעַל אֶחָךְ יֵיטַב בִּשְׁאָר כַּסְפָּא וְדַהֲבָה לְמֶעְבַּד כִּרְעוּת אֱלָהֲכֹם תַּעַבְדוּן׃ - Et ce qu'il vous paraîtra bon de faire, à toi et à tes frères, avec le reste de l'argent et de l'or, faites-le selon la volonté de votre Dieu.

Ce qui semblera juste à tes yeux et aux yeux de tes frères de faire avec le surplus de l'argent et de l'or, pour agir selon la volonté de votre Dieu, vous aurez toute latitude pour l'accomplir.

וּמָאנַיָּא דִּי מִתְיַהֲבִין לָךְ לְפׇלְחָן בֵּית אֱלָהָךְ הַשְׁלֵם קֳדָם אֱלָהּ יְרוּשְׁלֶם׃ - Quant aux ustensiles qui te sont remis pour le service de la maison de ton Dieu, livre-les fidèlement devant le Dieu de Jérusalem.

Quant aux ustensiles qui te sont remis pour le service du Saint, béni soit-Il, dépose-les dans le Temple de Jérusalem. Il y avait donc ici trois sortes de contributions : premièrement, les dons du roi et de ses conseillers ; deuxièmement, les offrandes des nations de toute la province ; troisièmement, les dons de l'ensemble du peuple d'Israël. C'est à ce sujet que le roi lui dit : de l'argent restant, je t'autorise à disposer selon ta volonté, mais pour les ustensiles, je ne te le permets pas - les ustensiles offerts, tu les prendras et les remettras intacts. En effet, quiconque a fait don d'ustensiles désire qu'ils servent directement au culte du Temple, et non pas qu'on les retire, qu'on les vende ou qu'on en fasse un tout autre usage.

Versets 20-22 : Tout provient du trésor royal, et du sel sans restriction
וּשְׁאָר חַשְׁחוּת בֵּית אֱלָהָךְ דִּי יִפֶּל לָךְ לְמִנְתַּן תִּנְתֵּן מִן בֵּית גִּנְזֵי מַלְכָּא׃ - Et le reste des besoins de la Maison de ton Dieu qu'il t'incombera de fournir, tu le donneras sur la maison des trésors du roi.

Tous les autres besoins - tout ce dont tu crains le manque et tout ce que tu estimes nécessaire d'acquérir - tu fourniras tout à partir du trésor royal.

וּמִנִּי אֲנָה אַרְתַּחְשַׁסְתְּא מַלְכָּא שִׂים טְעֵם לְכֹל גִּזַּבְרַיָּא דִּי בַּעֲבַר נַהֲרָה דִּי כׇל דִּי יִשְׁאֲלֶנְכוֹן עֶזְרָא כָהֲנָא סָפַר דָּתָא דִּי אֱלָהּ שְׁמַיָּא אׇסְפַּרְנָא יִתְעֲבִד׃ - Et par moi, le roi Artaxerxès, l'ordre est donné à tous les trésoriers d'au-delà du fleuve : tout ce que vous demandera Ezra, le prêtre, scribe de la loi du Dieu des cieux, sera promptement exécuté.

J'ordonne une directive à tous les trésoriers d'au-delà du fleuve, préposés aux trésors royaux : tout ce que demandera Ezra, vous l'exécuterez et l'accomplirez en toute diligence.

עַד כְּסַף כַּכְּרִין מְאָה וְעַד חִנְטִין כּוֹרִין מְאָה וְעַד חֲמַר בַּתִּין מְאָה וְעַד בַּתִּין מְשַׁח מְאָה וּמְלַח דִּי לָא כְתָב׃ - Jusqu'à cent talents d'argent, cent kors de froment, cent baths de vin, cent baths d'huile, et du sel sans prescription de quantité.

Tout ce dont il aura besoin, vous le donnerez du trésor royal, et tout ce qu'il réclamera sera fourni avec diligence : cent talents d'argent, cent kors de blé, et du sel sans restriction - le sel, vous leur en donnerez à volonté. En effet, comme nous l'avons expliqué, les carrières de sel relevaient toujours du monopole royal, et le roi en possédait donc en abondance.

Verset 23 : « Adrazda » - le sceau de la Maison de Dieu
כׇּל דִּי מִן טַעַם אֱלָהּ שְׁמַיָּא יִתְעֲבֵד אַדְרַזְדָּא לְבֵית אֱלָהּ שְׁמַיָּא דִּי לְמָה לֶהֱוֵא קְצַף עַל מַלְכוּת מַלְכָּא וּבְנוֹהִי׃ - Tout ce qui est ordonné par le Dieu des cieux sera exécuté avec zèle pour la Maison du Dieu des cieux, afin que la colère ne s'abatte point sur le royaume du roi et de ses fils.

Selon Ibn Ezra, « Adrazda » évoque la promptitude, et le roi déclare : j'ordonne que le commandement du Créateur du monde soit exécuté en toute hâte. Mais Rachi explique qu'« Adrazda » se rattache au terme arabe désignant le sceau, signifiant que la chose sera accomplie avec diligence sous le sceau royal, pour l'honneur de la Maison du Saint, béni soit-Il. Le Malbim l'explique de même par l'idée de sceau : le roi prescrit l'usage d'un sceau particulier portant l'inscription « sceau de la Maison de Dieu ». Tout ce qui émanera de la Maison de Hachem sera authentifié par cette empreinte, et aura la même autorité que si cela provenait directement du Dieu des cieux - à l'image d'un décret scellé de l'anneau royal qui a force de parole royale. Ce privilège rehaussera la gloire du Temple, doté pour ainsi dire d'une juridiction propre et d'un sceau distinct, ce qui confère une immense dignité à la Maison de Dieu, ce sceau étant revêtu de l'approbation et de l'autorité du roi. Et pourquoi donc ? Le roi précise : de peur que Dieu ne s'irrite contre ma royauté si Son culte n'est pas convenablement accompli ; j'exige donc avec force que l'on se hâte et que l'on s'acquitte de tout avec la minutie et le zèle requis, afin de nous préserver du courroux divin.

Verset 24 : Exemption fiscale pour les desservants du Temple
וּלְכֹם מְהוֹדְעִין דִּי כׇל כָּהֲנַיָּא וְלֵוָיֵא זַמָּרַיָּא תָרָעַיָּא נְתִינַיָּא וּפָלְחֵי בֵּית אֱלָהָא דְנָה מִנְדָּה בְלוֹ וַהֲלָךְ לָא שַׁלִּיט לְמִרְמֵא עֲלֵיהֹם׃ - Et nous vous faisons savoir qu'à l'égard de tous les Cohanim, des Léviim, des chantres, des gardiens des portes, des Nétinim et des serviteurs de cette Maison de Dieu, nul n'a le droit de leur imposer tribut, taxe ou droit de passage.

Nous faisons savoir que nul n'aura d'autorité sur tous les Cohanim, les Léviim, les chantres, les portiers et les Nétinim - et les Nétinim sont les fendeurs de bois et les puiseurs d'eau, issus des Guivonim - et que nul ne leur imposera de taxe ni de capitation. Ils seront affranchis des impôts du roi et de ses corvées, car ils sont au service du Beit Hamikdache.

Remarquez bien : il y a des vérités que même un roi non juif comprenait, et que, hélas, certains dirigeants juifs ne saisissent pas. Il avait compris qu'envers ceux qui se consacrent à la Maison d'Hachem et à Son service, il n'y a pas lieu d'imposer des taxes. C'est ainsi que la Guémara enseigne que les Talmidé 'Hakhamim ne paient pas la taxe de garde de la ville, car ils n'ont pas besoin de protection. Et à propos des gardes armés, la Guémara dit : « Inhou natouré karta ? Inhou 'harouvé karta ! » (Sont-ils les gardiens de la ville ? Ils en sont les destructeurs !) : ceux qui patrouillent avec des armes, non seulement ne protègent pas, mais sont une cause de ruine en raison de leurs mauvaises actions. Et qui protège véritablement ? Ceux qui s'adonnent à la Torah.

פסוקים כה-כו: מינוי דיינים והסמכות לענוש
וְאַנְתְּ עֶזְרָא כְּחׇכְמַת אֱלָהָךְ דִּי בִידָךְ מֶנִּי שָׁפְטִין וְדַיָּנִין דִּי לֶהֱוֺן דָּאיְנִין לְכׇל עַמָּא דִּי בַּעֲבַר נַהֲרָה לְכׇל יָדְעֵי דָּתֵי אֱלָהָךְ וְדִי לָא יָדַע תְּהוֹדְעוּן׃ - Et toi, Ezra, selon la sagesse de ton Dieu que tu détiens, nomme des magistrats et des juges qui rendent la justice pour tout le peuple d'outre-fleuve, pour tous ceux qui connaissent les lois de ton Dieu ; et à ceux qui ne les connaissent pas, vous les ferez connaître.

Et toi, Ezra, je t'ordonne : selon la sagesse divine qui est entre tes mains, nomme des juges et des magistrats (dayanim) pour juger tout le peuple de la région située au-delà du fleuve, tous ceux qui connaissent la loi de ton Dieu. Et si tu n'as pas assez de juges qualifiés pour rendre la justice - « Oudi la yeda tehod'oun », celui qui ne sait pas, vous l'instruirez ; autrement dit, organisez une sorte de formation de dayanim, formez-les pour qu'ils soient aptes à siéger et à juger.

וְכׇל דִּי לָא לֶהֱוֵא עָבֵד דָּתָא דִי אֱלָהָךְ וְדָתָא דִּי מַלְכָּא אׇסְפַּרְנָא דִּינָה לֶהֱוֵא מִתְעֲבֵד מִנֵּהּ הֵן לְמוֹת הֵן לִשְׁרֹשִׁי הֵן לַעֲנָשׁ נִכְסִין וְלֶאֱסוּרִין׃ - Et quiconque n'appliquera pas la loi de ton Dieu et la loi du roi, que la sentence soit exécutée contre lui avec rigueur : soit la mort, soit le bannissement, soit la confiscation des biens, ou l'emprisonnement.

Et quiconque n'accomplira pas la loi de Dieu et la loi du roi, son jugement sera promptement rendu et l'on tranchera selon la gravité de la faute : soit la peine de mort, soit « lecheroshi » - l'éradiquer du monde (l'exil ou le retranchement), soit « la'anache nikhssin » - une sanction financière (confiscation), ou « le'essourin » - la prison ou les châtiments corporels. Tout cela figurait dans la lettre que le roi remit à Ezra le Scribe, afin qu'il l'emporte et la montre à Jérusalem, pour que tous se renforcent dans le service de la Maison de Dieu, dans l'observance scrupuleuse des mitsvot et dans la soumission à l'autorité d'Ezra.

פסוקים כז-כח: "אשר נתן כזאת בלב המלך"
בָּרוּךְ ה' אֱלֹהֵי אֲבֹתֵינוּ אֲשֶׁר נָתַן כָּזֹאת בְּלֵב הַמֶּלֶךְ לְפָאֵר אֶת בֵּית ה' אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלָ‍ִם׃ - Béni soit l'Éternel, Dieu de nos pères, qui a mis une telle pensée dans le cœur du roi, pour glorifier la Maison de l'Éternel qui est à Jérusalem.

C'est ainsi qu'Ezra écrit dans son livre : rendez grâce à Hachem car Il est bon, car c'est le Saint, béni soit-Il, qui a inspiré une telle disposition dans le cœur du roi. Ce n'est pas un heureux hasard qui aurait fait que le roi fût de bonne humeur à ce moment précis - le « hasard » n'existe pas ; c'est Hachem qui a ainsi disposé son cœur.

וְעָלַי הִטָּה חֶסֶד לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ וְיוֹעֲצָיו וּלְכׇל שָׂרֵי הַמֶּלֶךְ הַגִּבֹּרִים וַאֲנִי הִתְחַזַּקְתִּי כְּיַד ה' אֱלֹהַי עָלַי וָאֶקְבְּצָה מִיִּשְׂרָאֵל רָאשִׁים לַעֲלוֹת עִמִּי׃ - Et Il a étendu Sa bienveillance sur moi devant le roi, ses conseillers et tous les puissants ministres du roi. Et moi, fortifié par la main de l'Éternel mon Dieu sur moi, j'ai rassemblé d'Israël des chefs pour monter avec moi.

De plus, il rend grâce pour la bonté particulière qui lui a été accordée : le roi lui a témoigné sa bienveillance, l'a estimé et l'a comblé de dons, et il a également trouvé grâce aux yeux de tous les puissants ministres du roi - les sept conseillers. Fort de ce constat, voyant que la bienveillante main d'Hachem reposait sur lui, il prit courage et rassembla des chefs d'Israël pour monter avec lui de Babylone, afin qu'ils puissent accomplir tous les décrets du roi, enseigner la Torah à Son peuple Israël et bâtir l'édifice spirituel du peuple juif, au-delà de sa simple reconstruction matérielle.

En résumé :

Le chapitre 7 inaugure l'étape du pilier de la Torah au sein du retour à Sion. Ezra, Cohen descendant d'Aharon et scribe versé dans la Torah de Moché, monte de Babylone non pour empiler des pierres, mais pour édifier des hommes : « Il avait appliqué son cœur à étudier la Torah d'Hachem, à la mettre en pratique et à enseigner en Israël lois et préceptes » - il a étudié, accompli et transmis. Le roi Artaxerxès lui remet un décret exceptionnel : liberté d'émigration pour tout volontaire, offrandes financières émanant du roi, des nations et d'Israël, approvisionnement prélevé sur les trésors royaux, sel sans restriction, exonération d'impôts accordée aux desservants du Beth Hamikdach, et pleine autorité pour instituer des juges et appliquer la justice. Or, loin d'attribuer ce succès à la chance ou à ses qualités humaines, Ezra s'exclame : « Béni soit Hachem, le D.ieu de nos pères, qui a inspiré une telle pensée au cœur du roi » - c'est la main bienveillante d'Hachem sur lui, une providence particulière qui l'a accompagné par le mérite de la Torah, afin qu'elle ne tombe jamais dans l'oubli au sein d'Israël.

Chapitre 7 - La montée d'Ezra et la lettre du roi · Sefer Ezra · ספר עזרא