Le chapitre 2 du livre d'Ezra est entièrement constitué d'une liste : noms de familles, noms de lieux et données chiffrées. Au premier abord, cela ressemble à un simple tableau récapitulatif, mais le Malbim nous révèle que chaque nuance de langage et chaque détail numérique enseignent un principe fondamental : qui est monté, d'où il est parti, quel était son but premier, qui était apte à entrer dans la communauté et qui ne l'était pas. Nous lisons l'intégralité du chapitre, y compris ces noms qui nous sont inconnus, afin que l'étude soit complète et pour rappeler l'importance et le mérite exceptionnel de ces hommes. De même que l'on dit « le nom des impies tombe en pourriture », on proclame que « la mémoire du juste est en bénédiction » : venez et constatez qui étaient ces personnes animées de ce réveil de l'âme et de l'esprit pour se lever et rebâtir la Maison de leur Dieu. Ces hommes ont été gravés à jamais dans les Écritures, afin que les générations futures sachent : telle famille a mérité ceci, telle autre a mérité cela.
וְאֵלֶּה בְּנֵי הַמְּדִינָה הָעֹלִים מִשְּׁבִי הַגּוֹלָה אֲשֶׁר הֶגְלָה נְבוּכַדְנֶצַּר מֶלֶךְ־בָּבֶל לְבָבֶל וַיָּשׁוּבוּ לִירוּשָׁלַיִם וִיהוּדָה אִישׁ לְעִירוֹ׃ - Et voici les enfants de la province qui montèrent de la captivité de l'exil, que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait exilés à Babylone, et qui retournèrent à Jérusalem et en Judée, chacun dans sa ville.
« Les enfants de la province » - ce sont les enfants de la province d'Erets Israël, qui montent à présent de la captivité de l'exil pour retourner sur leur terre. Or, dans le livre de Néhémie, au chapitre 7, ce passage est repris et dénombre à nouveau les rapatriés, mais les chiffres y sont différents. Lorsqu'on examine le texte, on constate que les effectifs ne correspondent pas, bien qu'il s'agisse en apparence de la même Alyah.
Le Malbim explique : il y a eu deux catégories de montées. La montée des notables, qui sont montés de Babylone même, et la montée des gens du peuple, les simples gens, venus du reste du pays. Lors du premier exil, l'exil de Yékhonia, les notables et les élites furent exilés, et Nabuchodonosor les installa à Babylone même - la capitale, le cœur de l'empire, auprès du palais royal. Plus tard, lorsqu'il exila les couches les plus modestes du peuple et que le Temple fut détruit, il rassembla les vignerons et les laboureurs, le peuple simple, et les installa dans la périphérie et non à Babylone même.
Dès lors, souligne le Malbim, s'éclaire la formulation des versets : dans notre texte, il est écrit « que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait exilés à Babylone », tandis que dans Néhémie, il est simplement dit « que Nabuchodonosor avait exilés », sans préciser « à Babylone ». Là-bas, il s'agit des déportés du second exil, l'exil de Sédécias et la destruction de Jérusalem, ces gens du peuple qui ne furent pas installés dans la capitale royale. Dans notre verset, en revanche, il est question de ceux qui avaient été exilés à Babylone même, dans la cité royale : les élites.
De là découle également une différence majeure quant à l'objectif de leur retour : les notables se rendirent à Jérusalem et, de là, se dispersèrent dans les autres villes de Judée, car leur préoccupation première était la reconstruction de Jérusalem et l'édification du Temple. En revanche, les gens simples allèrent directement vers les villes de Judée, chacun cherchant son champ et sa maison, désireux de voir ce qu'il restait de sa terre, de son héritage et de sa propriété.
Ici, le texte dit « et ils retournèrent à Jérusalem et Judée » (sans répétition de la préposition), alors que dans Néhémie, il est écrit « à Jérusalem et en Judée ». Quelle est la différence ? Le Malbim nous enseigne une règle : lorsque la préposition Lamed est répétée devant le premier et le second mot, cela indique que tous deux sont d'égale importance. En revanche, si le Lamed ne figure que sur le premier terme et non sur le second, cela montre que le premier constitue l'essentiel et jouit de la prééminence, tandis que le second lui est subordonné. Telle est aussi la logique grammaticale et ce que l'on comprend spontanément à la lecture : « à Jérusalem et Judée » signifie avant tout à Jérusalem, et secondairement en Judée.
Par conséquent, ici, où il est question des personnalités éminentes montant de Babylone, des érudits et des élites, leur dessein premier était Jérusalem, et c'est accessoirement qu'ils s'établirent ensuite dans le reste de la Judée. Dans Néhémie, au contraire, où il s'agit d'hommes plus simples absorbés par les nécessités matérielles, le texte porte « à Jérusalem et en Judée » : il était à leurs yeux aussi important de retourner en Judée que de monter à Jérusalem, car chacun cherchait sa maison, sa terre et son domaine patrimonial. De là procède la divergence des formulations, qui constitue le point de départ de l'explication des écarts de chiffres, le Malbim développant plus loin une analyse encore plus approfondie.
אֲשֶׁר־בָּאוּ עִם־זְרֻבָּבֶל יֵשׁוּעַ נְחֶמְיָה שְׂרָיָה רְעֵלָיָה מָרְדֳּכַי בִּלְשָׁן מִסְפָּר בִּגְוַי רְחוּם בַּעֲנָה מִסְפַּר אַנְשֵׁי עַם יִשְׂרָאֵל׃ - Qui vinrent avec Zorobabel, Josué, Néhémie, Seraïa, Réélaïa, Mardochée, Bilchan, Mispar, Bigvaï, Rehoum, Baana. Nombre des hommes du peuple d'Israël :
Tous les noms mentionnés ici sont des noms d'hommes, et ce sont les personnages éminents qui montèrent avec Zeroubavel. « Mordékhaï Bilchan » - nos Sages enseignent qu'il s'agit d'une seule et même personne, et non de Séraya, Réélya, Mordékhaï et Bilchan pris séparément. Et de qui s'agit-il ? De Mordékhaï HaYéhoudi. Pourquoi fut-il surnommé Bilchan ? Non pas un « linguiste » au sens moderne, mais « Bilchan », parce qu'il maîtrisait les langues - expert dans les soixante-dix langues, et il siégeait au Sanhédrin. Quant à « Yéchoua », c'est le nom d'un homme particulier, sans aucun rapport avec Yéhochoua ni, à Dieu ne plaise, avec la figure chrétienne impure.
Remarquez également que le mot « Mispar » apparaît ici à deux reprises : « Mispar Bigvaï » - c'est le nom d'un homme, tandis que « Mispar anchéi 'am Israël » - c'est un terme descriptif, venant préciser qu'il s'agit là du décompte des hommes du peuple d'Israël. C'est pourquoi le premier est vocalisé avec un kamats et le second avec un patah, afin que l'on ne pense pas qu'il y avait là un autre homme appelé Mispar.
בְּנֵי פַרְעֹשׁ אַלְפַּיִם מֵאָה שִׁבְעִים וּשְׁנָיִם׃ - Les fils de Par'och : deux mille cent soixante-douze.
Rachi fait remarquer que certains sont recensés d'après le nom de leur père et de leur famille, tandis que d'autres le sont d'après leur localité. Quelle est la raison de cette différence ? Le Malbim explique : lorsqu'il s'agissait d'une grande famille, le texte la dénombrait par son nom de famille. Mais lorsqu'il ne s'agissait pas d'une grande famille et que les habitants originaires d'un même lieu étaient nombreux, on ne pouvait pas compter trois personnes d'ici et quatre de là, car l'intention était de recenser par grands groupes - on les réunit donc et on les dénombra d'après leur localité : ceux qui avaient été exilés de tel endroit, ceux qui avaient été exilés de tel autre. On comprend dès lors pourquoi certains sont mentionnés selon leur ascendance et d'autres selon leur lieu d'origine.
Or la famille de Par'och était une grande famille, c'est pourquoi elle fut mentionnée par son propre nom : deux mille cent soixante-douze. Le texte poursuit : les fils de Chefatiya, trois cent soixante-douze ; les fils d'Arah, sept cent soixante-quinze. « Les fils de Pahat-Moav, pour les fils de Yéchoua et de Yoav » - Pahat-Moav était le chef de famille, et Yéchoua et Yoav étaient ses fils, et ils montèrent en terre d'Israël. De même, les fils d'Elam, les fils de Zatou, les fils de Zakaï, les fils de Bani, les fils de Bébaï, les fils d'Azgad, les fils d'Adonikam, les fils de Bigvaï, les fils d'Adin, les fils d'Ater pour Hizkiya, les fils de Bitsaï, les fils de Yora, les fils de Hachoum, les fils de Guébar - et face à eux, « les hommes de Bethléem, cent vingt-trois », qui furent recensés d'après leur localité.
Une autre raison motive ce dénombrement nominatif : nous verrons plus loin que certains posaient une difficulté quant à leur généalogie (leur yi'hous). Le texte vient donc nous indiquer qui monta avec une lignée attestée et qui monta sans généalogie établie. Cela comporte une portée halakhique considérable, car la Guémara dans le traité Guittin et en d'autres endroits examine ces questions généalogiques à la lumière de ce que nous apprenons ici dans le livre d'Ezra.
אַנְשֵׁי נְטֹפָה חֲמִשִּׁים וְשִׁשָּׁה׃ אַנְשֵׁי עֲנָתוֹת מֵאָה עֶשְׂרִים וּשְׁמֹנָה׃ - Les hommes de Netofa : cinquante-six. Les hommes d'Anatot : cent vingt-huit.
Au sujet des « hommes d'Anatot », le Malbim renvoie à son commentaire sur le livre de Jérémie. Là-bas, au chapitre 16, verset 3, le texte déclare : « Car ainsi parle l'Éternel au sujet des fils et des filles nés en ce lieu, de leurs mères qui les ont enfantés et de leurs pères qui les ont engendrés dans ce pays : ils mourront de maladies douloureuses, ils ne seront ni pleurés ni enterrés, ils seront comme du fumier à la surface du sol ; ils périront par le glaive et par la famine, et leurs cadavres serviront de pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre ». Et à propos de qui cela fut-il dit ? Au sujet des hommes d'Anatot, qui étaient de grands impies et persécutaient cruellement Jérémie. C'est à leur sujet que Jérémie pria : « Fais-les trébucher sur des pauvres indignes » - de sorte que même si, par hasard, une mitsva s'offrait à eux, ce soit un imposteur qui vienne leur demander l'aumône, afin que même la tsédaka qu'ils accompliraient ne leur apporte aucun mérite. Et tout un passage du traité Berakhot est consacré au sort que Jérémie réclama contre eux.
La chose est particulièrement frappante, car le verset de Jérémie contredit en apparence notre texte : nous voyons ici que cent vingt-huit hommes montèrent d'Anatot - bien vivants, respirant et en parfaite santé. Où est donc passée la sentence ?
Le Malbim explique : ce qui a été annoncé là-bas au sujet des pères concernait un décret d'anéantissement où qu'ils se trouvent, et c'est pourquoi le verset précise « et sur leurs pères qui les ont engendrés dans ce pays », car ils devaient mourir quel que soit le lieu où ils seraient. En revanche, pour les enfants, le décret ne visait que ceux nés dans cet endroit précis, et tant qu'ils demeuraient à Anatot. Lorsqu'ils quittent Anatot et n'y habitent plus, la destruction ne s'applique pas à eux. C'est pourquoi les hommes d'Anatot qui sont montés ici, au nombre de cent vingt-huit, sont leurs fils qui leur ont succédé, et non les hommes d'Anatot eux-mêmes dont la prophétie annonçait la disparition et la mort.
בְּנֵי עֵילָם אַחֵר אֶלֶף מָאתַיִם חֲמִשִּׁים וְאַרְבָּעָה׃ - Les fils d'un autre Élam : mille deux cent cinquante-quatre.
Et au sein de la liste : les fils d'Azmaveth, les ressortissants de Kiryat-Arim, Kephira et Beéroth, les fils de Rama et de Guéva, les hommes de Mikhmass, les hommes de Beth-El et de Aï, les fils de Nébo, les fils de Magbish. Puis « les fils d'un autre Élam » - or les fils d'Élam ont déjà été recensés plus haut au verset 7, au nombre de mille deux cent cinquante-quatre. Mais le texte vient préciser : il ne s'agit pas du même Élam dont nous avons parlé précédemment, mais d'un autre Élam. Viennent ensuite les fils de Harim, les fils de Lod, Hadid et Ono, les fils de Jéricho, et les fils de Senaa : trois mille six cent trente.
הַכֹּהֲנִים בְּנֵי יְדַעְיָה לְבֵית יֵשׁוּעַ תְּשַׁע מֵאוֹת שִׁבְעִים וּשְׁלֹשָׁה׃ - Les Cohanim : les fils de Yédaya, de la maison de Yéchoua, neuf cent soixante-treize.
Après avoir dénombré les enfants d'Israël, le texte recense à présent séparément les Cohanim et les Léviim ; parmi les Léviim, il compte les chantres et les portiers, et pour finir, il mentionne les Nétinim - ces serviteurs des Cohanim, préposés à couper le bois et à puiser l'eau. Parmi les Cohanim : les fils de Yédaya, les fils d'Immer : mille cinquante-deux, les fils de Pash’hour : mille deux cent quarante-sept, les fils de Harim : mille dix-sept.
הַלְוִיִּם בְּנֵי־יֵשׁוּעַ וְקַדְמִיאֵל לִבְנֵי הוֹדַוְיָה שִׁבְעִים וְאַרְבָּעָה׃ הַמְשֹׁרְרִים בְּנֵי אָסָף מֵאָה עֶשְׂרִים וּשְׁמֹנָה׃ - Les Léviim : les fils de Yéchoua et de Kadmiel, des fils de Hodavia, soixante-quatorze. Les chantres : les fils d'Assaf, cent vingt-huit.
Les fils d'Assaf sont les chantres, tout comme nous disons « Shir Mizmor LéAssaf » (Psaume d'Assaf) - Assaf faisait partie des chantres. Après eux viennent les fils des portiers : les fils de Shalloum, les fils d'Ater, les fils de Talmon, les fils d'Akoub, les fils de Hatita, les fils de Shobaï, en tout cent trente-neuf.
הַנְּתִינִים בְּנֵי־צִיחָא בְנֵי־חֲשׂוּפָא בְּנֵי טַבָּעוֹת׃ - Les Nétinim : les fils de Tsiha, les fils de Hassoufa, les fils de Tabbaot.
Les Nétinim sont les Guibonim qui étaient coupeurs de bois et puiseurs d'eau, comme nous l'avons mentionné. Le texte les énumère par leurs noms : les fils de Kéros, les fils de Siaha, les fils de Padon, les fils de Levana, les fils de Hagaba, les fils d'Akoub, les fils de Hagab, les fils de Shalmaï, les fils de Hanan, les fils de Guiddel, les fils de Gahar, les fils de Reaya, les fils de Retsin, les fils de Nekoda, les fils de Gazzam, les fils d'Ouzza, les fils de Passéa’h, les fils de Bessaï, les fils d'Assna, les fils de Meounim, les fils de Nefoussim, les fils de Bakbouk, les fils de Hakoufa, les fils de Harhour, les fils de Batslout, les fils de Mehida, les fils de Harsha, les fils de Barkos, les fils de Sisra, les fils de Témah, les fils de Netsiah, les fils de Hatifa.
בְּנֵי עַבְדֵי שְׁלֹמֹה בְּנֵי־סֹטַי בְּנֵי־הַסֹּפֶרֶת בְּנֵי פְרוּדָא׃ - Les fils des serviteurs de Salomon : les fils de Sotaï, les fils de Hassophéreth, les fils de Perouda.
Qui sont les « fils des serviteurs de Salomon » ? La Guémara dans le traité Yevamot rapporte un avis selon lequel un non-juif ou un esclave qui a commerce avec une fille d'Israël engendre un mamzer. Selon cette opinion, ces enfants étaient donc des mamzerim, car ils descendaient des serviteurs de Salomon qui, en raison de leur rang élevé, avaient épousé des filles d'Israël qui leur avaient donné des enfants. Ce point est directement lié à ce que nous mentionnerons plus loin : le chetouki et l'assoufi. En revanche, selon l'avis qui juge l'enfant cachère, ils sont assimilés à des esclaves affranchis. Et quel est le statut d'un esclave cananéen affranchi ? Un Juif à part entière. Ils étaient les fils des serviteurs de Salomon, avaient le statut d'esclaves affranchis et relevaient de la catégorie des « prosélytes et affranchis » mentionnée dans le traité Yevamot, assimilés aux convertis - car un esclave est en quelque sorte à demi-juif, astreint aux mitsvot au même titre qu'une femme, et dès que son maître l'affranchit, il devient un Juif à part entière.
Cependant, du fait que le texte les dénombre aux côtés des Netinim, explique le Malbim, on comprend qu'ils appartenaient aux sept nations cananéennes que Salomon avait assujetties au tribut de corvée, comme il est précisé dans les Chroniques : Salomon ne les avait pas tous convertis, mais en avait astreint une partie à la corvée. C'est pourquoi leur statut est rigoureusement identique à celui des Netinim.
Quant aux « fils de Hassoféret » - précise le Malbim, il ne faut pas penser qu'il s'agissait d'une femme scribe et que le hé initial est l'article défini : le nom propre à part entière est « Hassoféret ». C'est exactement comme pour « les fils de Hodavia », où le mot complet est Hodavia sans que le hé ne serve d'article. Viennent ensuite les fils de Yaala, les fils de Darkon, les fils de Guidel, les fils de Chefatia, les fils de Hatil, les fils de Pokhéret-Hatsvaïm, les fils d'Ami.
כׇּל־הַנְּתִינִים וּבְנֵי עַבְדֵי שְׁלֹמֹה שְׁלֹשׁ מֵאוֹת תִּשְׁעִים וּשְׁנָיִם׃ - Total des Netinim et des fils des serviteurs de Salomon : trois cent quatre-vingt-douze.
C'est précisément là que réside l'importance de ce dénombrement : établir clairement la distinction entre les personnes aptes au mariage et celles qui ne le sont pas. Si un homme venait affirmer : « Je suis de la famille de Hatil », on lui répondait : « Hatil ? Ils font partie des Netinim, descendants des Gabaonites, ils n'appartiennent pas aux enfants d'Israël et ne sont pas admis à entrer dans l'assemblée d'Israël. » Ainsi, par la connaissance exacte de l'origine généalogique, on savait si une personne était autorisée à se marier dans la communauté ou si elle en était exclue.
וְאֵלֶּה הָעֹלִים מִתֵּל מֶלַח תֵּל חַרְשָׁא כְּרוּב אַדָּן אִמֵּר וְלֹא יָכְלוּ לְהַגִּיד בֵּית־אֲבוֹתָם וְזַרְעָם אִם מִיִּשְׂרָאֵל הֵם׃ - Et voici ceux qui montèrent de Tel-Mélah, Tel-Harcha, Kerouv, Addan, Immer, et qui ne purent faire connaître leur maison paternelle ni leur descendance pour établir s'ils étaient d'Israël.
Tel-Mélah, Tel-Harcha, Kerouv, Addan : ce sont tous des noms de localités. Les gens qui en sont montés ne pouvaient pas déclarer de quelle famille ils provenaient, ni prouver par leur lignée s'ils étaient d'Israël. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient des assoufim (enfants trouvés). L'assoufi est un enfant recueilli sur la place publique dans un endroit majoritairement non-juif ; selon toute vraisemblance, de qui est-il issu ? D'un non-juif. Il devient donc impossible de savoir s'il est cachère ou mamzer. C'est ce qui figure parmi les dix catégories généalogiques (assara youhassin) : le chetouki et l'assoufi. L'assoufi, parce qu'il a été recueilli (néessaf) dans la rue. Et le chetouki, d'où vient cette appellation ? De ce que lorsqu'il demande à sa mère : « Maman, de qui suis-je le fils ? », elle lui réplique : « Tais-toi (chetok), ne pose pas de questions ! » Sa mère lui impose le silence pour étouffer toute interrogation embarrassante.
בְּנֵי־דְלָיָה בְנֵי־טוֹבִיָּה בְּנֵי נְקוֹדָא שֵׁשׁ מֵאוֹת חֲמִשִּׁים וּשְׁנָיִם׃ - Les fils de Delaya, les fils de Tobia, les fils de Nekoda : six cent cinquante-deux.
Eux aussi montèrent de Tel-Mélah.
וּמִבְּנֵי הַכֹּהֲנִים בְּנֵי חֳבַיָּה בְּנֵי הַקּוֹץ בְּנֵי בַרְזִלַּי אֲשֶׁר לָקַח מִבְּנוֹת בַּרְזִלַּי הַגִּלְעָדִי אִשָּׁה וַיִּקָּרֵא עַל־שְׁמָם׃ - Et parmi les fils des prêtres : les fils de Habaïa, les fils de Hakots, les fils de Barzillaï, qui avait pris pour femme une des filles de Barzillaï le Guil'adite et fut appelé de leur nom.
Le Malbim explique : la famille de Hakots était une famille de Cohanim, comme cela apparaît dans les Chroniques (Divré HaYamim) - ils formaient la septième garde sacerdotale (michmar). Or, un léger doute plana soudain sur la généalogie des enfants. D'où provenait ce doute ? Du fait que Hakots avait pris pour femme l'une des filles de Barzillaï. Barzillaï le Guiladite était un personnage très éminent à l'époque de David, c'est pourquoi les fils issus de cette union furent appelés, en signe d'honneur, « fils de Barzillaï » - d'après le nom de la mère.
Nous trouvons déjà ailleurs des personnages désignés par le nom de leur mère en signe de prestige, bien qu'ils eussent un père : Yoav ben Tserouya, Avichaï ben Tserouya. Et qui était Tserouya ? La sœur de David. Puisqu'elle était la sœur du roi David, c'était un titre d'honneur de dire « le fils de Tserouya », et on ne les appelait pas par le nom du père, mais par celui de la mère.
C'est ce qu'indique le verset : c'est Hakots qui prit femme parmi les filles de Barzillaï le Guiladite, et 'Hovaya est le fils né de cette femme, « et il fut appelé de leur nom » - il fut nommé tant d'après son père que d'après sa mère. C'est pourquoi on appelle ces descendants à la fois « les fils de Hakots » et « les fils de Barzillaï ».
אֵלֶּה בִּקְשׁוּ כְתָבָם הַמִּתְיַחְשִׂים וְלֹא נִמְצָאוּ וַיְגֹאֲלוּ מִן־הַכְּהֻנָּה׃ - Ceux-là cherchèrent leur registre généalogique, mais on ne le trouva point ; ils furent donc déchus du sacerdoce comme souillés.
Tant qu'ils possédaient leur registre généalogique, on savait exactement qui était chacun, qui était son père et d'où il venait. On pouvait dire : voici le registre de filiation, tout y est consigné. « Mais pourtant on t'appelle ainsi ! » - qu'importe comment on m'appelle, ouvrons le livre et vérifions ! Cependant, avec l'exil et les pérégrinations, ces registres généalogiques furent perdus - le livre de généalogie que possédait chaque famille quant à son lignage, et chaque individu pour son ascendance propre - et par conséquent, le doute s'installa.
On leur dit alors : comment vous nomme-t-on ? Fils de Hakots, fils de Barzillaï. Hakots, nous savons que ce sont des Cohanim, mais d'où vous vient ce nom de Barzillaï ? Ton père a probablement épousé une femme étrangère à la prêtrise ou inapte à épouser un Cohen, et dès lors, quel est ton statut ? Un 'halal (profane). C'est peut-être précisément pour cette raison qu'on vous a affublé d'un second nom, parce que vous vous êtes mêlés à une famille qui ne vous convenait pas sur le plan sacerdotal. Et ce n'est pas tout : comme vous vous êtes alliés à une autre famille, certains ont pu ne plus se sentir liés aux obligations de la famille de Hakots, en disant : « Je me rattache à la famille de Barzillaï » - la famille de Barzillaï a le droit d'épouser une femme divorcée ? Moi aussi, j'épouserai une femme divorcée ! Dès lors qu'ils ne portaient pas seulement le nom de Hakots mais aussi celui de Barzillaï, ils ont fini par relâcher leur vigilance et se considérer comme des personnes ordinaires, non-Cohanim ; nous n'avons donc plus aucune certitude qu'ils soient tous ici d'authentiques Cohanim. C'est pourquoi on leur déclara : la seule solution est de retrouver vos registres généalogiques. « Mais on ne les trouva point » - et la conséquence fut immédiate : « ils furent donc déchus du sacerdoce ».
וַיֹּאמֶר הַתִּרְשָׁתָא לָהֶם אֲשֶׁר לֹא־יֹאכְלוּ מִקֹּדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים עַד עֲמֹד כֹּהֵן לְאוּרִים וּלְתֻמִּים׃ - Et le Tirchata leur dit de ne point manger des choses très saintes, jusqu'à ce qu'un Cohen se présentât avec les Ourim et les Toumim.
Nos Sages expliquent : le Tirchata n'est autre que Néhémie fils de 'Hakhaliya. Et pourquoi fut-il appelé ainsi ? Car, comme nous le verrons plus loin, il se tenait au service du roi ; sa tâche consistait à servir le vin au monarque et à en goûter au préalable - ainsi qu'il était d'usage d'en vérifier la saveur pour s'assurer qu'on n'avait pas tenté d'empoisonner le roi. Certains rois en donnaient d'abord à boire à un chien, tandis que d'autres préposaient un homme pour goûter à tous les mets royaux afin de s'assurer qu'aucun poison mortel ne s'y trouvait. Par la force des choses, Néhémie devait boire un vin qu'un non-Juif avait touché et transporté - un vin susceptible d'être considéré comme yayin néssek (vin de libation idolâtre), ou du moins sétam yénam (vin ordinaire des nations). C'est pourquoi nos Sages ont dit qu'il fut nommé « Tirchata », notrikon (acronyme) de « hitir chetiya » (on lui permit de boire), car on lui accorda une dispense exceptionnelle de boire de ce vin, bien que ce soit ordinairement interdit.
Et que signifie cette parole : « jusqu'à ce qu'un Cohen se présentât avec les Ourim et les Toumim » ? Pourtant, durant l'époque du Second Temple, il n'y avait pas d'Ourim ni de Toumim, ceux-ci faisant partie des cinq éléments qui faisaient défaut par rapport au Premier Temple ! Et pourquoi aurait-on besoin des Ourim et Toumim ici ? Parce que les Ourim et Toumim servaient de « révélateur » : on pouvait les interroger au sujet de chacun, et ce que diraient les Ourim et Toumim ferait foi, les pierres du pectoral dévoilant les secrets cachés. Mais puisqu'il n'y avait pas d'Ourim et Toumim, Néhémie leur vendait-il une illusion ?
Rachi répond : c'est comparable à un homme qui dirait à son compagnon « jusqu'aux temps messianiques, cette affaire n'aboutira pas ». On demande à quelqu'un quand il viendra, et il répond : avec l'aide de Dieu, quand le Machia'h viendra, je serai chez toi - c'est-à-dire que cela n'arrivera pas de sitôt. Certes, lorsque le Machia'h viendra, mais d'ici là, non. Il en va de même ici : il leur dit, je regrette, mais je ne peux pas vous réintégrer avant qu'il n'y ait à nouveau les Ourim et les Toumim, c'est-à-dire jusqu'à la venue du Machia'h. Il ne leur fait miroiter aucune illusion quant à la présence immédiate des Ourim et Toumim, car ils savent pertinemment qu'il n'y en a pas.
Le Malbim, quant à lui, explique selon ce que nous avons vu dans le livre de Daniel : toute la période qui s'étend du début du Second Temple jusqu'à sa fin n'était pas qualifiée de délivrance mais portait le nom d'exil, et ce pour deux raisons. La première est que la majorité du peuple se trouvait encore en exil - un peu plus de cinquante mille personnes seulement étaient montées, et tout le reste n'était pas venu. La seconde est que cette époque constituait un début de délivrance (at'halta degueoula), une période probatoire de quatre cent vingt ans : si vous êtes méritants et prouvez que vous êtes véritablement dignes du Beth Hamikdach et du service de Dieu, au terme de ces quatre cent vingt ans le Troisième Temple sera bâti, descendra tout construit du feu céleste, et ce sera la délivrance absolue et parfaite. Mais sinon, à Dieu ne plaise, ce sera l'exil, bien pire encore que le premier : car au premier exil un terme et une durée avaient été fixés, tandis qu'au second exil dans lequel nous nous trouvons hélas, aucun terme n'a été assigné, ni fin ni échéance.
D'après cela, que devait-il se passer au terme des quatre cent vingt ans du Second Temple ? La délivrance et le Troisième Temple, dont la gloire surpasserait celle du premier, la splendeur, le Machia'h, et tous ces miracles, signes et prodiges de l'époque du Premier Temple - tout devait revenir. Et c'est de cela que parle Néhémie. Il ne cherche pas à leur dire « jusqu'à ce que vienne le Machia'h » sur un ton d'exclusion, mais plutôt : sous peu, après ce Temple-ci, le Troisième Temple sera édifié, après la période d'épreuve viendra la délivrance éternelle, et nous pourrons alors consulter les Ourim véToumim et savoir.
כׇּל־הַקָּהָל כְּאֶחָד אַרְבַּע רִבּוֹא אַלְפַּיִם שְׁלֹשׁ־מֵאוֹת שִׁשִּׁים׃ - « Toute l'assemblée réunie était de quarante-deux mille trois cent soixante personnes. »
Un « ribo » équivaut à dix mille ; ainsi, le total s'élève à quarante-deux mille trois cent soixante. Pourtant, lorsqu'on vérifie les chiffres et que l'on additionne tous les détails - comme Rachi l'a déjà relevé - « dans le détail, ils ne sont que trente mille ». Où sont donc passés les quelque treize mille restants ?
Une première réponse : tout ce qui a été énuméré ici concerne les tribus de Juda et de Benjamin, mais des membres des autres tribus sont également montés, au nombre de treize mille. En d'autres termes, l'essentiel des rapatriés appartenait à Juda et Benjamin, auxquels se sont ajoutés treize mille hommes issus des autres tribus, inclus dans le total global.
Le Malbim propose une autre explication : le texte n'a dénombré en détail que ceux qui faisaient partie de la grande vague d'alya massive ; par la suite, un flux continu et discret n'a cessé d'arriver, finissant par former treize mille personnes supplémentaires. Le décompte initial n'a recensé que ceux qu'il était aisé de dénombrer ensemble, « toute l'assemblée réunie ». Mais lorsqu'un homme arrive aujourd'hui d'un côté, un autre demain d'ailleurs, y avait-il un registre aux frontières ? Pouvait-on vérifier et compter chaque personne descendant du navire ? Ces arrivées éparses ont formé treize mille personnes de plus, et c'est ainsi que le Malbim résout la contradiction apparente entre le total général et la somme des détails.
Le Malbim ajoute encore, revenant à la question posée au début : certains noms sont mentionnés ici et omis dans Néhémie, d'autres figurent dans Néhémie et non ici, et les chiffres semblent parfois diverger. Comment résoudre ces disparités ? Le Malbim explique que certaines personnes étaient tantôt recensées selon leur famille, tantôt selon leur ville d'origine. Par exemple, si le texte indique ici sept cents membres pour telle famille et que Néhémie en compte huit cents, les cent supplémentaires ont simplement été comptabilisés selon leur ville ; dans la rubrique « les enfants de telle ville : tant », « les enfants de Bethléem : tant », c'est là que figurent les cent personnes absentes du décompte familial. Les divergences relevées ne sont donc qu'apparentes et purement formelles, sans contradiction réelle sur les effectifs.
Le Malbim évoque une autre possibilité, bien qu'un peu forcée : s'il est écrit ici sept cents et là-bas huit cents, c'est peut-être que huit cents personnes sont montées, mais que cent sont reparties en arrière - certains étaient montés puis sont finalement retournés dans leur contrée d'exil ; le texte récapitule alors l'effectif après ces départs. Toutefois, le Malbim précise qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une solution si forcée, puisqu'on peut s'en tenir à la première explication : tantôt le recensement se fait d'après le lieu, tantôt d'après la famille.
מִלְּבַד עַבְדֵיהֶם וְאַמְהֹתֵיהֶם אֵלֶּה שִׁבְעַת אֲלָפִים שְׁלֹשׁ מֵאוֹת שְׁלֹשִׁים וְשִׁבְעָה וְלָהֶם מְשֹׁרְרִים וּמְשֹׁרְרוֹת מָאתָיִם׃ - « Sans compter leurs serviteurs et leurs servantes, au nombre de sept mille trois cent trente-sept ; ils avaient aussi deux cents chantres et chanteuses. »
Le texte énumère ensuite leur bétail : leurs chevaux étaient au nombre de sept cent trente-six, leurs mulets deux cent quarante-cinq, leurs chameaux quatre cent trente-cinq, et six mille sept cent vingt ânes.
וּמֵרָאשֵׁי הָאָבוֹת בְּבוֹאָם לְבֵית יְהוָה אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם הִתְנַדְּבוּ לְבֵית הָאֱלֹהִים לְהַעֲמִידוֹ עַל־מְכוֹנוֹ׃ - Plusieurs des chefs de famille, en arrivant à la Maison de l'Éternel qui est à Jérusalem, firent des dons volontaires pour la Maison de Dieu, afin de la rétablir sur son emplacement.
« Ils firent des dons volontaires pour la Maison de Dieu » - afin de pouvoir venir y accomplir le service divin et la rétablir sur son emplacement.
כְּכֹחָם נָתְנוּ לְאוֹצַר הַמְּלָאכָה זָהָב דַּרְכְּמוֹנִים שֵׁשׁ־רִבֹּאוֹת וָאֶלֶף וְכֶסֶף מָנִים חֲמֵשֶׁת אֲלָפִים וְכָתְנֹת כֹּהֲנִים מֵאָה׃ - Selon leurs moyens, ils donnèrent au trésor des travaux : soixante et un mille darkemonim d'or, cinq mille mines d'argent, et cent tuniques sacerdotales.
« Selon leurs moyens, ils donnèrent » - en proportion de leurs revenus et de leurs capacités. Les « darkemonim » sont des pièces d'or. « Et cent tuniques de Kohanim » - des vêtements sacerdotaux, afin que les Kohanim puissent assurer le service.
וַיֵּשְׁבוּ הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וּמִן־הָעָם וְהַמְשֹׁרְרִים וְהַשּׁוֹעֲרִים וְהַנְּתִינִים בְּעָרֵיהֶם וְכָל־יִשְׂרָאֵל בְּעָרֵיהֶם׃ - Les Kohanim, les Leviim, des gens du peuple, les chantres, les portiers et les Nétinim s'établirent dans leurs villes, et tout Israël dans ses villes.
Les Kohanim, les Leviim, une partie du peuple, les chantres, les portiers et les Nétinim, tous regagnèrent leur pays et leur patrie. Mais au début, ils ne se précipitèrent pas pour reconstruire le Temple : ils commencèrent par ensemencer des champs, planter des vignes et récolter les fruits de la terre. Pourquoi ? Parce que la base élémentaire de tout, c'est la subsistance. Si l'on entreprend aussitôt de bâtir le Beth Hamikdach, de quoi mangera-t-on ? De quoi boira-t-on ? Où habiteront les enfants et les familles ? Le premier impératif consistait donc à leur bâtir des maisons, à y installer les familles, à aménager des abris pour le bétail qu'ils avaient emmené avec eux, à labourer les champs et à les ensemencer. Ce n'est qu'une fois la nourriture assurée que l'on peut commencer à bâtir le Beth Hamikdach.
Le Malbim apporte une explication supplémentaire : n'ayant pas reçu l'autorisation de reconstruire la muraille - comme cela apparaîtra plus loin -, ils ne s'installèrent pas à Jérusalem, mais chacun regagna sa propre ville. Au départ, ils étaient venus pour s'établir à Jérusalem, mais on leur refusa le droit de rebâtir la muraille - question qui sera développée au chapitre suivant -, par crainte qu'une muraille ne soit un moyen de se rebeller contre le roi et de se protéger contre son autorité. Dès lors, ils n'eurent d'autre choix que d'aller vivre dans leurs villes respectives. En effet, s'il y a une muraille, on choisit d'habiter à Jérusalem pour y être protégé ; mais si l'on ne peut de toute façon pas en construire, pourquoi ne pas retourner chez soi et s'installer là où l'on a ses attaches ?
Le chapitre 2 n'est pas une simple liste aride, mais un véritable titre de gloire et un certificat de généalogie. Le Malbim nous enseigne que la différence entre la liste d'Ezra et celle de Néhémie découle de deux vagues de montée : les notables de Babylone, dont l'objectif premier était Jérusalem et la reconstruction du Temple (« vers Jérusalem et Juda »), et les gens simples de la province, qui cherchaient chacun leur patrimoine (« vers Jérusalem et vers Juda »). Le décompte selon le nom de famille ou selon la ville résout également les écarts numériques, et le total général englobe le flux continu de ceux qui poursuivirent leur montée ainsi que les membres des autres tribus. Au cœur de cette liste, nous avons découvert la généalogie de Mordékhaï Bilchan, le statut des Nétinim et des serviteurs de Salomon, les cas de chetouki et d'assoufi, la famille de Hakots qui avait perdu ses registres généalogiques, ainsi que les paroles du Tirchatha - Néhémie - : « jusqu'à ce que se lève un Kohen pour les Ourim VéToumim », ce qui, selon Rachi, équivaut à dire « jusqu'aux temps messianiques », tandis que pour le Malbim, cela renvoie au terme des quatre cent vingt années d'épreuve du Second Temple, moment où devait advenir la rédemption complète. Et enfin, la sagesse de l'ordre des priorités : d'abord les maisons, les champs et les vignobles, et seulement ensuite la construction du Beth Hamikdach - car le service divin ne peut s'accomplir sans une base matérielle pour subsister.