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Chapitre 3 - C'est vous seuls que J'ai connus - 1re partie

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Introduction : Préambule aux prophéties de châtiment

Le chapitre 3 d'Amos s'ouvre sur un appel solennel adressé au peuple tout entier, dans lequel le prophète pose le fondement de toutes les prophéties à venir. Le Malbim nous enseigne un principe fondamental : les versets qui s'étendent du début du chapitre jusqu'au verset 8 ne constituent pas une prophétie de châtiment en soi, mais plutôt une série d'introductions aux prophéties qui seront énoncées à partir du verset 9 et jusqu'à la fin du chapitre 4. Le Saint, béni soit-Il, souhaite préparer le peuple : lorsque vous verrez les malheurs survenir, sachez qu'il n'y a là ni hasard ni simple fatalité naturelle, mais une main directrice, une main qui a averti à l'avance.

« Contre toute la famille que J'ai fait monter du pays d'Égypte »

שִׁמְעוּ אֶת־הַדָּבָר הַזֶּה אֲשֶׁר דִּבֶּר יְהֹוָה עֲלֵיכֶם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל עַל כׇּל־הַמִּשְׁפָּחָה אֲשֶׁר הֶעֱלֵיתִי מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לֵאמֹר׃ - Écoutez cette parole que l'Éternel prononce sur vous, enfants d'Israël, contre toute la famille que J'ai fait monter du pays d'Égypte, en disant :

Qu'est-ce que « la famille » ? Le Radak explique : la nation, le peuple entier, est appelé « famille ». C'est ainsi que l'on trouve chez le prophète : « Si la famille d'Égypte ne monte pas... la pluie ne sera pas sur eux » - toute l'Égypte y est donc qualifiée de famille. Et quel est le sens de ces paroles ? C'est Moi qui vous ai fait monter du pays d'Égypte, Je vous ai acquis pour être Mon partage, afin que vous ne soyez pas soumis aux puissances célestes ni aux astres, mais que Ma providence particulière soit constamment attachée à vous.

« C'est vous seuls que J'ai connus » - La proximité est la source même de l'exigence

רַק אֶתְכֶם יָדַעְתִּי מִכֹּל מִשְׁפְּחוֹת הָאֲדָמָה עַל־כֵּן אֶפְקֹד עֲלֵיכֶם אֵת כׇּל־עֲוֺנֹתֵיכֶם׃ - C'est vous seuls que J'ai connus d'entre toutes les familles de la terre, c'est pourquoi Je vous demanderai compte de toutes vos fautes.

« Je vous ai connus » - signifie : Je vous ai aimés, selon l'explication de Rachi. Dans l'Écriture, le terme de connaissance exprime le lien, la proximité et l'amour. Le Malbim en apporte des preuves : « Car Je l'ai connu [aimé], afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui », « Je t'ai connu par ton nom », « L'Éternel connaît [aime] la voie des justes » - dans tous ces versets, le sens est que le Saint, béni soit-Il, est intimement attaché et plein d'amour. C'est vous seuls que J'ai aimés, et pourtant vous avez péché contre Moi.

Il y a là, en apparence, un paradoxe : parce que tu es mon fils, c'est pour cela que je te frappe ? On se serait plutôt attendu à ce que la proximité engendre un traitement de faveur. Le Radak explique : précisément parce que Je vous ai connus et choisis parmi tous les peuples, Je vous demanderai compte de vos fautes. Vous avez vu les signes et les prodiges, vous avez vu combien Je vous ai comblés de bienfaits et Me suis investi en vous, et au lieu d'accomplir Ma volonté, vous vous révoltez contre Moi - c'est pourquoi Je vous en demanderai compte. Cela s'entend tout à fait : un roi s'irrite bien plus contre les serviteurs qui se tiennent devant lui s'ils désobéissent à ses ordres, que contre ceux qui en sont éloignés.

Le Radak poursuit : quant aux nations idolâtres, le Saint, béni soit-Il, ne se préoccupe pas de savoir si elles agissent bien ou mal. En temps ordinaire, Hachem ne leur impose pas de réprimande morale. Ce n'est que lors de dérèglements majeurs, comme la violence de la génération du Déluge ou les abominations des hommes de Sodome, que le Saint, béni soit-Il, intervient pour ainsi dire. Mais envers Israël, parce qu'ils sont proches de Moi, Je les punis pour leurs fautes. C'est là le sens de : « Par Mes proches Je Me sanctifierai », ou encore : « Autour de Lui la tempête gronde violemment » - c'est précisément envers les proches, ceux qui se tiennent auprès du Saint, béni soit-Il, que l'exigence est la plus rigoureuse. Et c'est ce qu'ont enseigné nos Sages : « Il en va autrement des idolâtres, envers qui la rigueur du jugement n'est pas appliquée [avec la même sévérité] ».

La racine profonde de cette idée a déjà été expliquée dans l'étude du Nefech Ha'Haïm : la réalité spirituelle est qu'Israël est relié aux mondes supérieurs par un fil d'argent. Leur âme provient des sphères supérieures, de la sainte Merkava, de l'enchaînement des mondes - Atsilout, Beria, Yetsira, Assia. Chaque acte accompli par un membre d'Israël ici-bas ébranle et fait vibrer l'ensemble des mondes. En revanche, un non-juif n'a pas ce lien direct avec les mondes supérieurs, et ses actes ne montent même pas jusqu'au plafond.

C'est pourquoi, lorsque Titus détruisit le Temple, rien ne se passa. Nos Sages ont rapporté : une voix céleste sortit et lui dit : « C'est de la farine déjà moulue que tu as moulue ». Il pénétra dans le Saint des Saints et y commit une faute abominable sur un Sefer Torah, et rien ne lui arriva. En revanche, un Cohen Gadol qui y entrait sans la purification requise était ressorti à l'aide d'une chaîne, mort sur le coup. Comment cela se fait-il ? C'est comparable à un chien qui entrerait dans le Sanctuaire : va-t-on le condamner au Karet ? À la mort ? Qu'attend-on d'un chien ? Mais un homme qui pénètre dans un lieu qui lui est interdit est passible de Karet, passible de mort. L'exigence est à la mesure de l'homme dont l'action influe sur tous les mondes supérieurs. C'est pourquoi Hachem déclare : c'est vous seuls que J'ai connus, c'est à vous que Je suis uni, c'est pourquoi Je vous demanderai compte de toutes vos fautes.

Et la parabole du père et du fils est excellente : c'est précisément ton propre fils qui reçoit une gifle de ta part parce qu'il a commis une faute grave (sans encourager la violence, cela n'est cité qu'à titre d'exemple). En revanche, le fils du voisin a fait exactement la même chose, voire sept fois pire - et tu ne lèveras pas la main sur lui. Et ce n'est pas seulement parce que tu ne veux pas d'ennuis avec son père, mais parce que, fondamentalement, tu n'as rien à voir avec lui : que son père s'en occupe ! Mais toi, mon fils - « Je vous ai connus », voilà pourquoi Je vous demanderai des comptes. Quand on est proche de quelqu'un, on a des exigences envers lui ; quand quelqu'un nous est étranger, nous n'avons aucune exigence à son égard.

Le Malbim ajoute : il n'y a aucune autre famille sur la terre que Je connaisse comme vous, d'une connaissance qui est une providence permanente, une hachgaha spirituelle constante. Toutes les autres familles de la terre sont soumises aux lois de la nature, à la conduite de l'armée céleste et à l'influence des astres, tandis que nous sommes guidés directement par Hachem Lui-même. Eretz Israël est « une terre sur laquelle l'Éternel, ton D.ieu, a constamment les yeux, du commencement à la fin de l'année », alors que les terres des nations sont dirigées par les soixante-dix princes célestes. « Il ne les connaît pas » ne signifie aucunement un manque d'omniscience, à D.ieu ne plaise, mais signifie que le Saint, béni soit-Il, ne porte pas Son regard et Son attention sur eux par une providence directe et constante.

Il en découle que vous êtes soumis à une exigence bien plus grande. C'est pourquoi Israël est mis en garde même contre le chittouf (l'association), ce dont le non-juif n'est pas averti de la même manière. Un non-juif peut aller à l'église, servir Hachem tout en croyant en cet homme-là, et selon la majorité des Décisionnaires, cela ne lui est pas interdit. Mais pour un Juif, une église est un lieu d'avoda zara. Et s'il disait : « Mais je crois aussi en Hachem ? », on lui répondra : tu as l'interdiction du chittouf, l'interdiction d'associer le Nom divin à quoi que ce soit d'autre. On apprend de là : « Je vous ai connus » - J'ai sur vous une providence constante que Je n'ai pas sur les autres nations, et vous êtes donc infiniment plus avertis et tenus pour responsables qu'eux.

La chaîne de questions du prophète

Les versets suivants sont tous formulés sous forme d'interrogations, une question après l'autre, chacune visant à adresser un reproche moral au peuple. Nous allons les examiner une à une, et voir pour chacune plusieurs explications.

הֲיֵלְכוּ שְׁנַיִם יַחְדָּו בִּלְתִּי אִם־נוֹעָדוּ׃ - Deux hommes marchent-ils ensemble sans s'être concertés ?

Rachi explique qu'il y a ici une réclamation envers le peuple. Les gens disaient aux prophètes : « Ne prophétisez pas », nous ne voulons pas vous entendre, ne nous dites pas ce que dit Hachem. Hachem leur répond : pensez-vous donc que le prophète prophétise de sa propre initiative ? Tout comme lorsque vous voyez deux personnes marcher ensemble - au même instant, le même jour, dans la même direction et avec la même intention - vous comprenez immédiatement qu'elles se sont concertées pour partir ensemble, de même devez-vous comprendre que la prophétie ne tombe pas par hasard sur le prophète, à moins qu'Hachem ne lui ait assigné Ses paroles. Le prophète ne prophétise pas de son propre cœur.

Le Radak interprète ce verset au sens littéral, et non comme une parabole : venez et voyez ce qui vous est arrivé après avoir péché contre Moi. Auparavant, vous pouviez cheminer seuls et être en sécurité sur la route, sans craindre les agressions, les périls ni les ennemis. Mais aujourd'hui, après vos fautes, nul ne sort dans la rue à moins de s'être donné rendez-vous pour marcher à deux. C'est le témoignage d'une déchéance : la sécurité personnelle s'est tellement dégradée. Et d'où cela provient-il, sinon du fait que vous avez délaissé et abandonné la voie d'Hachem ?

Le Radak rapporte également le commentaire d'Ibn Ezra, qui suit la ligne de Rachi avec une nuance : ces paroles constituent une métaphore. Constatez par vous-mêmes que les paroles du prophète sont vraies, car le prophète annonce l'avenir et cet avenir se réalise. Pourriez-vous prétendre qu'il s'agit d'un hasard ? Tout comme vous comprenez que deux personnes ne marchent pas ensemble sans s'être concertées, comprenez qu'il est impossible qu'un prophète annonce une chose et qu'elle s'accomplisse exactement comme il l'a prononcée, à moins que Quelqu'un ne lui ait confié ces paroles et ne lui ait transmis ce message. Ainsi, selon Rachi : aucune parole ne sort de la bouche des prophètes sans que Je Me sois concerté avec eux ; et selon Ibn Ezra : il est impossible que ces paroles se réalisent à moins qu'elles ne viennent de Moi. Vous auriez dû en déduire qu'il ne faut pas désobéir aux ordres des prophètes.

Et le Malbim, fidèle à sa méthode, explique qu'il s'agit là du premier principe : quand vous voyez que vous subissez un châtiment, sachez qu'il vient de Moi. Ne croyez pas au hasard, à l'influence des corps célestes, à la carte synoptique ou à toute autre explication naturelle. Quand vous voyez soudain plusieurs nations s'unir pour vous nuire - des nations pourtant éloignées les unes des autres, sans aucun lien, voire en tension mutuelle - penseriez-vous vraiment que personne ne les a rassemblées et concertées pour marcher contre vous ? Sachez qu'il s'agit d'un plan délibéré, motivé par le fait que vous avez abandonné Mes voies ; c'est pourquoi J'ai réuni deux éléments pour marcher de concert, car leur rencontre a été décrétée par Moi.

« Le lion rugit-il dans la forêt »

הֲיִשְׁאַג אַרְיֵה בַּיַּעַר וְטֶרֶף אֵין לוֹ הֲיִתֵּן כְּפִיר קוֹלוֹ מִמְּעֹנָתוֹ בִּלְתִּי אִם־לָכָד׃ - Le lion rugit-il dans la forêt s'il n'a point de proie ? Le lionceau fait-il entendre sa voix du fond de son repaire sans avoir rien capturé ?

Rachi explique : lorsque le lion saisit sa proie, il a pour habitude de rugir, et il ne rugit que s'il tient une proie. « A capturé » [lakhad] signifie saisir. C'est en ce sens que l'Écriture déclare : « Il rugira comme des lionceaux, il grondera et saisira la proie », ou encore : « Comme le lionceau et le lion grondent sur leur proie » : quand le lion et le lionceau grondent-ils ? Lorsqu'il y a une proie. Et qui est le lion ici ? Nabuchodonosor. Un lion surgira de son fourré, il rugira contre vous, et à Dieu ne plaise, il aura une proie : il se repaîtra de vous.

Rachi apporte une autre explication, par voie d'allégorie : les prophètes comparent l'esprit de sainteté (Roua'h Hakodech) qui repose sur eux au rugissement d'un lion, comme il est dit plus loin : « Le lion a rugi, qui ne craindrait ? Le Seigneur D.ieu a parlé, qui ne prophétiserait ? » Le rugissement représente la voix suprême qui descend vers le prophète au moment où il reçoit sa prophétie. C'est là ce qu'Il leur dit : l'esprit de sainteté entrerait-il dans la bouche des prophètes à moins qu'un châtiment n'ait été décrété devant Lui ? Pensez-vous que le prophète prophétise de lui-même, sans qu'il y ait là un châtiment réel que Je lui ai ordonné d'annoncer ? Cela s'accorde admirablement avec ce que nous avons expliqué au verset précédent : le prophète dirait-il de telles choses sans que Je me sois concerté avec lui ? Et si Je me suis concerté avec lui et lui ai annoncé un châtiment, prononcerait-il un malheur s'il n'y avait pas réellement de proie, c'est-à-dire si le châtiment ne devait pas s'abattre ? « Le lionceau fera-t-il entendre sa voix du fond de sa tanière sans avoir capturé ? » - le Saint, béni soit-Il, prononcerait-Il des paroles si dures à moins que vous ne soyez pris au piège de la faute, du péché et de l'égarement ? Il est certain que vous êtes pris au piège de vos transgressions, et c'est pourquoi Il transmet ces paroles aux prophètes. Dès lors, pourquoi dites-vous aux prophètes : « Ne prophétisez point » ?

Le Radak donne une explication semblable à celle de Rachi : lorsque le lion part chasser sa proie, il rugit, et lorsqu'il rugit, les bêtes se figent de frayeur, lui permettant de se servir à son gré. De même, quand l'ennemi viendra, à D.ieu ne plaise, il prendra tout ce qu'il voudra, et il est exclu qu'il reparte les mains vides. « Le lion rugit-il dans la forêt sans avoir de proie ? » - s'il rugit, vous resterez pétrifiés et il fera de vous sa proie, en vous capturant ou en vous tuant. Cette menace est imminente et bien réelle ; ne pensez donc pas que les prophètes inventent ces avertissements de leur propre chef.

Le Radak rapporte également le commentaire d'Ibn Ezra : le lion a-t-il pour coutume de rugir sur sa proie sans la dévorer ? Mon rugissement retentirait-il en vain ? J'ai prononcé des paroles sévères, ce rugissement resterait-il sans effet ? Face à ce rugissement, vous auriez dû redresser vos voies, or vous n'avez pas fait techouva. Et si le lion monté de son fourré fait retentir sa voix sur la proie, celle-ci peut-elle échapper à ses griffes ? De même pour vous, comment pouvez-vous espérer échapper à Mon décret ? Si vous voyez qu'un lion qui rugit repart inévitablement avec sa proie, à plus forte raison lorsque Je décrète un châtiment, celui-ci s'accomplira nécessairement. Vous auriez donc dû prendre au sérieux les paroles des prophètes.

Lion et lionceau : deux étapes, deux visages du châtiment

Le Malbim poursuit dans sa propre voie et voit ici une seconde introduction aux prophéties qui débutent au verset 9 : le lion qui rugit dans la forêt tient assurément une proie, il ne rugit pas sans raison. De même, le roi d'Assyrie, comparé à un lion, lorsqu'il viendra, rugira, et son rugissement ne sera pas vain : il viendra déchirer sa proie, et nul ne pourra lui échapper.

Et remarquez bien, observe le Malbim : la parabole est ici dédoublée. Il y a le lion (arié) et, en face, le lionceau (kefir) ; le lion rugit (yich'ag), tandis que le lionceau fait entendre sa voix (yiten kolo) ; le lion rugit dans la forêt, et le lionceau depuis sa tanière. Quelle est la différence ? Le Malbim a déjà expliqué à maintes reprises cette nuance : le arié est le lion adulte, pleinement mûr, tandis que le kefir est le jeune lion. Moins sûr de sa force, le jeune lion reste tapi dans sa tanière, guettant le passage d'une proie pour bondir dessus. Le lion adulte, bien plus puissant, ne craint pas de s'aventurer au dehors : c'est pourquoi il rugit en pleine forêt et non retranché dans son repaire. De plus, le jeune lion, plus faible, « fait entendre sa voix », alors que le lion adulte « rugit » - or un rugissement possède une puissance infiniment supérieure à une simple émission de voix.

À quoi cette allégorie fait-elle allusion ? Le lion représente le roi d'Assyrie. D'une part, il rugira contre eux sur leur propre sol, sortant de son pays pour venir jusqu'ici, tel le lion adulte quittant sa tanière pour s'avancer dans la forêt. D'autre part, il en capturera d'autres « dans sa tanière », c'est-à-dire que le roi d'Assyrie restera chez lui et que vous vous rendrez vous-mêmes à lui. Quand cela s'est-il produit ? Lorsque Osée, fils d'Ela, se rendit auprès du roi d'Assyrie, qui l'arrêta aussitôt, le jeta en prison et s'empara de lui comme un jeune lion embusqué dès qu'il eut franchi la frontière assyrienne. L'Éternel déclare : de toute façon, nul n'échappera à Ma main.

Le Malbim ajoute encore : « Le lion rugit-il dans la forêt sans avoir de proie ? » - le lion rugit dès qu'il aperçoit la proie, avant même de l'avoir capturée, car il a une telle confiance en sa vigueur qu'il sait d'avance qu'il s'en emparera. En revanche, pour le jeune lion, « le lionceau fera-t-il entendre sa voix du fond de sa tanière sans avoir capturé ? » - ce n'est qu'une fois la proie effectivement saisie qu'il pousse son cri.

Il convient de remarquer ici une difficulté dans une source citée par le Malbim, source qui suscite l'interrogation. Le Malbim écrit que le lion rugit lorsqu'il aperçoit sa proie, comme il est écrit : « Les lionceaux rugissent après la proie » [hakefirime choaguime lataref], car il est certain de sa force pour la capturer. Or, l'explication porte précisément sur le lion adulte (arié), qui rugit dès qu'il aperçoit la proie, à la différence du jeune lion (kefir) qui ne fait entendre sa voix qu'après l'avoir capturée ! Au lieu de citer un verset mentionnant un arié, le Malbim cite un verset qui parle de kefirime. Si le texte disait : « Les lions [ariot] rugissent après la proie », cela concorderait parfaitement avec son propos. Mais la formule « Les lionceaux [kefirime] rugissent après la proie » paraît déroutante, puisque les jeunes lions ne rugissent pas mais « font entendre leur voix », et qu'ils ne le font qu'après avoir capturé leur proie.

On pourrait proposer l'explication suivante : peut-être le Malbim estime-t-il que c'est uniquement lorsque l'Écriture mentionne « lion » (arié) et « lionceau » (kefir) ensemble qu'elle entend établir une distinction entre le grand et le petit. En revanche, lorsqu'un verset emploie le terme « lionceaux » (kefirime) seul, il désigne l'espèce tout entière, et lorsqu'on fait référence à l'espèce, on vise généralement les individus adultes et non les petits. C'est semblable à ce que l'on observe fréquemment avec le terme « esprit » (roua'h) : quand on dit que le souffle ou l'âme s'exprime, cherche-t-on nécessairement à distinguer entre nechama, roua'h et nefech ? De même, lorsqu'il est dit : « Il insuffla dans ses narines une haleine de vie [nichmat 'hayim] », s'agit-il spécifiquement du niveau de nechama à l'exclusion du roua'h et du nefech ? Non, c'est une désignation globale. Ainsi, le terme kefirime peut parfois constituer un nom générique désignant les lions adultes. Toutefois, cette réponse soulève encore une difficulté, car dans ce même passage des Psaumes, le Malbim explique précisément kefirime comme des jeunes lions, tout comme il le fait ici. Cette preuve citée par le Malbim reste donc pour l'heure une énigme.

« L'oiseau tombe-t-il dans un piège à terre... »

הֲתִפֹּל צִפּוֹר עַל־פַּח הָאָרֶץ וּמוֹקֵשׁ אֵין לָהּ הֲיַעֲלֶה־פַּח מִן־הָאֲדָמָה וְלָכוֹד לֹא יִלְכּוֹד׃ - L'oiseau tombe-t-il sur un piège à terre sans qu'il y ait un piège pour lui ? Le filet s'élève-t-il du sol sans avoir rien capturé ?

Rachi explique : est-il concevable qu'un oiseau tombe sur un piège au sol sans que ce piège ne le fasse trébucher ? En d'autres termes, pensez-vous pouvoir commettre des fautes sans qu'elles ne deviennent pour vous un filet et un piège, sans qu'elles ne vous causent chute et ruine ? « Le piège s'élèvera-t-il du sol sans rien capturer ? » - vos fautes monteraient-elles vers le Ciel sans vous piéger en retour, sans que vous soyez saisis à cause d'elles ?

Le Radak voit ici une autre parabole, destinée à enseigner : sachez que l'ennemi qui viendra ici ne repartira pas les mains vides. De même qu'il a été expliqué précédemment - le lion n'a-t-il point de proie ? Le lionceau n'a-t-il rien capturé ? - il est inévitable que s'il vient, il conquerra, frappera et dévorera. Il en est de même ici : lorsque le roi d'Assyrie arrivera, il capturera, et nous serons pris dans le piège comme un oiseau capturé.

Le Radak cite, au nom du Sage, que c'est précisément l'oiseau du ciel qui est pris ici en exemple, car l'homme n'a point d'emprise directe sur l'oiseau pour le saisir, ni de pouvoir de contrôle sur lui. Les bêtes de la terre nous sont proches et il est plus aisé de les capturer, tandis que l'oiseau du ciel est éloigné de nous et difficile à attraper. Un « pakh » est un piège tendu, comme dans l'expression « ils m'ont tendu un piège », un dispositif préparé pour que l'animal y tombe : pour les bêtes et les fauves, on creusait une fosse recouverte de branchages fins et de feuilles, et l'animal avançait et y tombait. Et le « mokèch », comme nous l'avons déjà expliqué, était parfois un obstacle placé devant la fosse, contre lequel l'animal butait avant de tomber dans le piège.

Que vient nous dire le verset ? Par ses ruses et son habileté, l'homme parvient à faire tomber l'oiseau et à le capturer dans un piège, bien qu'il soit loin de lui. Hachem leur dit : Je suis pourtant bien au-dessus de vous - ne pourrais-Je donc pas vous faire tomber dans un piège, vous qui êtes sur terre ? En d'autres termes : n'êtes-vous pas entre Mes mains ? Toi, tu peux capturer un oiseau distant de toi, et Moi qui suis proche de toi, Je ne pourrais pas te capturer ? Comment avez-vous pu penser échapper à Hachem ? Nulle sagesse ne prévaut contre Moi, et il n'existe aucun moyen d'échapper au piège dans lequel J'ai décrété que vous seriez pris. Et quel est ce piège ? C'est l'ennemi.

Et ne pensez pas, ajoute le Radak, qu'il portera un coup puis repartira aussitôt. « Le piège se relève-t-il du sol sans rien capturer ? » - on posait le filet sur le sol, et lorsqu'on le relevait et le tirait, c'était le signe qu'il contenait du gibier ; sinon, pourquoi le relever ? On le laissait jusqu'à ce qu'un oiseau ou une bête s'y fît prendre. Si on le retirait de sa place, c'est qu'une proie y avait nécessairement été capturée. Il en va de même pour l'ennemi : croiriez-vous qu'il quittera le pays sans emmener de captifs, sans vous exiler, sans vous tourmenter et vous affliger ? Lorsqu'il viendra, non seulement il vous frappera d'un coup sévère, mais lorsqu'il repartira d'ici, il vous capturera et vous emmènera avec lui.

Le Malbim résume ainsi ce point : tout cela vient exprimer que lorsqu'Israël est capturé par le roi d'Assyrie, il y a Quelqu'un qui a posé le filet et qui a dissimulé le piège. Ne croyez pas que cela arrive par hasard. Deux rois se sont concertés pour vous faire la guerre - n'est-ce pas Moi qui les ai réunis ? Un piège se relève du sol - n'est-ce pas Moi qui l'ai conçu ? Le roi d'Assyrie vient - n'est-ce pas de Mon fait ?

« Si l'on sonne du chofar dans une ville »

אִם־יִתָּקַע שׁוֹפָר בְּעִיר וְעָם לֹא יֶחֱרָדוּ אִם־תִּהְיֶה רָעָה בְּעִיר וַיהֹוָה לֹא עָשָׂה׃ - Si l'on sonne du chofar dans une ville, le peuple ne tremblera-t-il pas ? S'il arrive un malheur dans une ville, n'est-ce pas l'Éternel qui l'a causé ?

Rachi explique : la sentinelle se tenait sur les hautes tours, voyait les troupes approcher et sonnait du chofar pour avertir le peuple. Et qui sont les sonneurs de chofar que J'envoie ? Ce sont les prophètes - « Crie à plein gosier, ne te retiens pas ! ». Le prophète doit sonner du chofar, c'est-à-dire proclamer d'une voix puissante sa prophétie et ses avertissements au peuple. Et tout comme il est inconcevable que l'on sonne du chofar dans une ville sans que le peuple ne tremble - car aussitôt tout le monde est saisi d'effroi - de même vous auriez dû trembler devant les paroles des prophètes.

Et si l'on cherche une illustration dans notre réalité contemporaine : lorsqu'on entend retentir des sirènes d'alarme modulées, le cœur manque un battement. À moins d'apprendre immédiatement qu'il s'agissait d'un exercice dans la région du Gouch Dan ou ailleurs ; mais sans cela, chacun est saisi d'angoisse. Le prophète leur dit : comment n'avez-vous pas tremblé devant les paroles des prophètes ? Pourtant, les prophètes cherchent à vous sauver du malheur. Tout comme le chofar qui retentit dans la ville et invite chacun à fuir a pour but de sauver, de même le prophète qui crie d'une voix forte et vous appelle à faire téchouva vient pour vous sauver.

Le Radak fait remarquer que le Targoum traduit : « Si l'on sonne du chofar dans une ville hors de son temps ». D'où tire-t-il cela ? Le verset ne dit pas expressément « hors de son temps ». Le Radak explique alors : il arrive souvent que l'on sonne du chofar en son temps - pour une réjouissance, des chants, pour rassembler le peuple, ou pour des décrets promulgués par les notables de la ville, qui sonnent du chofar et de la trompette pour en informer le public. De telles sonneries n'effraient personne. Mais si l'on sonne du chofar hors de son temps - ni pour une fête, ni pour un rassemblement, ni pour une proclamation de décrets - on comprend aussitôt qu'il y a un danger imminent, que l'ennemi est proche. Dès lors, comment ne tremblez-vous pas devant les paroles du prophète que Je vous ai envoyé ? « S'il arrive un malheur dans une ville, n'est-ce pas l'Éternel qui l'a causé ? » - comment pouvez-vous imaginer qu'un malheur s'abatte sur une ville sans qu'il vienne de Hachem ? Le prophète vous a annoncé ces choses à l'avance, vous les voyez s'accomplir sous vos yeux, et alors que le malheur arrive, vous ne faites pas téchouva ?

Le Malbim voit ici la quatrième introduction aux prophéties à partir du verset 9. Le chofar est le signe que l'épée s'abat sur le pays ou que des malheurs approchent, et le peuple ne manquera pas de trembler. C'est une introduction à ce qui sera dit au chapitre 4, à partir du verset 4 jusqu'à la fin du sujet, où il est rapporté qu'Hachem sonne du chofar par l'intermédiaire des prophètes et met en garde contre les calamités imminentes - la famine, les sauterelles, la peste, l'épée - et pourtant ils ne tremblent pas, ils ne s'inquiètent pas, et attribuent tout ce qui est arrivé au hasard et à des causes naturelles. Si vous comprenez que tout vient d'Hachem, pourquoi ne faites-vous pas téchouva ?

« Car le Seigneur D.ieu ne fait rien »

כִּי לֹא יַעֲשֶׂה אֲדֹנָי יֱהֹוִה דָּבָר כִּי אִם־גָּלָה סוֹדוֹ אֶל־עֲבָדָיו הַנְּבִיאִים׃ - Car le Seigneur D.ieu ne fait rien sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs les prophètes.

Le Saint, béni soit-Il, ne fait rien sans avoir dévoilé ce secret à Ses serviteurs les prophètes. Or, vous voyez bien que Ses serviteurs les prophètes connaissent ce secret, prophétisent et vous annoncent les malheurs et ce qui va arriver. Dès lors, pourquoi ne craignez-vous pas que ces prophètes connaissent véritablement le secret d'Hachem et vous avertissent pour cette raison ? Prenez au moins garde, n'endurcissez pas votre nuque ! Et pourquoi dites-vous aux prophètes : « Ne prophétisez pas » ? Ils viennent pourtant vous sauver ; et s'ils connaissent le secret, c'est le signe qu'ils viennent de la part d'Hachem, et s'ils viennent d'Hachem, ils viennent vous épargner ces décrets prophétisés, tandis que vous continuez comme si de rien n'était.

Le Malbim ajoute ici une précision : vous pourriez vous dire que plus rien ne sert, que nous avons trop fauté, qu'il est inutile de faire téchouva, qu'Hachem n'acceptera plus notre repentir, que le décret est scellé et irrémédiable, et que par conséquent la téchouva ne servira à rien. À cela, il répond : sachez que lorsqu'Hachem promulgue un décret et prononce une sentence, Il ne l'exécute pas immédiatement. Il en informe d'abord Ses serviteurs les prophètes et les envoie avertir le peuple, afin qu'ils reviennent de leurs mauvaises actions, pour que le décret soit annulé et ne s'applique pas. Et le prophète a assurément accompli l'ordre d'Hachem en allant en informer le peuple. Hachem ne fait rien sans en avertir au préalable.

C'est ce que nous trouvons chez Éli le Cohen : ses fils 'Hophni et Pin'has manquaient de respect envers les sacrifices et les fidèles venus les offrir, et le Saint, béni soit-Il, lui envoya un prophète pour le réprimander. Par la suite, comme il est dit : « Et il ne les a pas réprimandés » - c'est-à-dire qu'il n'a pas réprimandé ses fils, ou du moins pas convenablement - une prophétie fut transmise à Chmouel : « Voici que Je vais faire en Israël une chose telle que quiconque l'entendra en aura les deux oreilles qui tinteront », tant l'événement serait effroyable. Et nous savons tous ce qui est advenu : 'Hophni et Pin'has périrent, l'Arche de D.ieu fut capturée, sa belle-fille fit une fausse couche, et Éli lui-même tomba à la renverse et se brisa la nuque. Un drame effroyable frappa Israël ce jour-là, une suite de tragédies - et tout cela lui avait été annoncé à l'avance par le prophète, il avait reçu un avertissement et une mise en garde sur ce qui allait se produire. Dès lors, pour vous aussi, ce que vous recevez ici est un message d'Hachem avant le malheur, afin que vous fassiez téchouva. Pourquoi prétendez-vous n'avoir plus aucune chance ? Faites téchouva ! Pourquoi persister dans vos voies et raidir votre cou ?

Un « vort » du Gaon de Vilna : « Quand entre le vin, sort le secret »

À propos de ce verset, le Gaon de Vilna formule une pensée remarquable. Il explique que l'expression « quand entre le vin, sort le secret » peut s'interpréter par voie d'allusion (remèz). Si l'on examine où le mot « secret » (sod) est mentionné dans le Tanakh, on ne le trouve qu'en trois endroits : « Le secret d'Hachem est pour ceux qui Le craignent » (Psaumes 25), « Son intimité [Son secret] est avec les hommes droits » (Proverbes 3, 32), et dans notre verset : « Sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs les prophètes » (Amos 3, 7).

Et remarquez bien : le « secret d'Hachem », pour qui ? Pour ceux qui Le craignent (Yéreav) - la lettre Youd. Qui a droit au secret d'Hachem ? Les hommes droits (Yécharim) - encore la lettre Youd. « Sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs les prophètes » (Névi'im) - la lettre Noun. Qu'obtient-on ? Yayin (vin : Youd, Youd, Noun). Quand le vin (yayin) entre, le secret (sod) se dévoile. Qui accède au secret ? Celui qui incarne le « vin » : celui qui Le craint (Yéré), l'homme droit (Yachar) et le prophète (Navi). Ce sont là les trois seuls endroits où la notion de secret est mentionnée.

« Le lion a rugi, qui ne tremblerait ? »

אַרְיֵה שָׁאָג מִי לֹא יִירָא אֲדֹנָי יֱהֹוִה דִּבֶּר מִי לֹא יִנָּבֵא׃ - Le lion a rugi, qui ne tremblerait ? Le Seigneur D.ieu a parlé, qui ne prophétiserait ?

Lorsqu'un lion rugit, qui ne craindrait pas, alors même qu'il ne s'agit que du rugissement d'un animal et non de la voix du Saint, béni soit-Il ? À plus forte raison, quand Hachem a parlé, qui ne prophétiserait pas ? Il va de soi que si Hachem transmet un message, les prophètes tremblent à Sa parole, obéissent à Sa voix et avertissent le peuple. Dès lors, pourquoi le peuple ne fait-il pas téchouva ?

À partir de là, le Malbim va plus loin et propose une lecture renouvelée de la fin du verset 6. Si le chophar sonne dans la ville et que le peuple ne tremble pas - s'ils ne font pas téchouva, et qu'ensuite un malheur survient dans la ville, sache que ce décret, ce n'est pas Hachem qui l'a fait. Et que signifie « ce n'est pas Hachem qui l'a fait » ? Qu'il vous est directement imputable. Car Je vous avais prévenus, et comment pouviez-vous espérer être sauvés sans trembler ? Il s'avère donc que la formule « אִם תִּהְיֶה רָעָה בְּעִיר וַה' לֹא עָשָׂה » n'est pas une interrogation rhétorique, comme nous l'avions expliqué plus haut, mais une affirmation : étant donné que J'ai fait sonner le chophar dans la ville et que tu ne t'en es pas ému, que l'épreuve et le désastre ont frappé et que vous avez subi des dommages - qui est responsable du préjudice ? C'est toi.

Et c'est bien là ce qu'il affirme : le mal ne vient pas d'Hachem, il vient de toi. Ne dis pas : « Hachem, pourquoi as-Tu fait cela ? » - « Ce sont vos fautes qui ont détourné ces biens », ce sont tes propres actes qui en sont la cause. Comme il est dit : « La folie de l'homme pervertit sa voie, et c'est contre Hachem que son cœur s'irrite ». Ne viens pas récriminer contre Hachem : c'est toi-même qui as attiré sur toi ce malheur, ils se sont eux-mêmes causé cette perte. Car Hachem n'agit jamais sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs les prophètes et sans avoir averti par leur voix ; dès lors que vous avez été prévenus et que vous n'avez pas réagi, c'est vous qui avez provoqué le malheur, et vous n'avez à vous en prendre qu'à vous-mêmes.

En conclusion :

L'ouverture du chapitre 3 constitue une triple introduction aux prophéties de châtiment qui vont suivre. D'abord, le prophète nous enseigne que la proximité spirituelle est la source même de l'exigence : « C'est vous seuls que J'ai connus » - une Providence rapprochée, un lien direct avec les mondes supérieurs, et par conséquent une responsabilité accrue et une rigueur de jugement qui ne s'appliquent pas aux nations du monde. Ensuite, à travers une série de questions rhétoriques - deux hommes marchant ensemble, le lion qui rugit, le lionceau qui fait entendre sa voix, l'oiseau capturé dans le filet, le chophar qui retentit dans la ville - il établit trois vérités fondamentales : que les épreuves ne sont pas le fruit du hasard mais sont voulues et décrétées par Hachem ; que la menace n'est pas une vaine parole mais s'accomplira sans faillir ; et que le Saint, béni soit-Il, ne fait rien sans avertir d'abord par Ses prophètes. De là découle cette conclusion percutante : la prophétie n'est pas une condamnation inéluctable mais un appel à la téchouva ; or, dès lors que nous avons été avertis sans trembler, nous n'avons à nous en prendre qu'à nous-mêmes.