Terumot chapitre 8, michna 4. La michna aborde un sujet entièrement nouveau, qui s'applique aussi bien à la Terumah qu'aux aliments profanes (h'oulin) : l'interdiction de laisser des liquides découverts, tels que l'eau et le vin. La crainte fondamentale est qu'un serpent en ait bu et y ait laissé son venin, les rendant ainsi toxiques à la consommation.
"Yayin chel Terumah chenitgalah - yichafèkh" :
La michna énonce : "Yayin chel Terumah chenitgalah - yichafèkh" - un vin de Terumah laissé découvert d'une manière telle qu'il est possible qu'un serpent en ait bu et y ait déposé son venin : la halakhah est qu'il faut le déverser.
Le point nouveau de la michna est que, bien qu'il soit interdit de gaspiller de la Terumah pure, il est néanmoins dit ici qu'on doit la déverser. La raison en est la règle bien connue selon laquelle le danger est plus grave qu'un interdit, et l'on s'y montre plus strict que pour les interdits. Par conséquent, chaque fois qu'existe une quelconque crainte de danger et de toxicité, non seulement il est permis de déverser le vin et de s'en débarrasser, mais c'est même une obligation de le faire et de ne pas le boire.
La Guemara rapporte que celui qui possède un chat peut lui donner ce liquide à boire, car les chats sont immunisés contre le venin du serpent.
La michna poursuit : "vééin tsarikh lomar chel h'oulin" - il va de soi que s'il ne s'agissait pas de vin de Terumah mais de vin profane ordinaire, on ne doit pas le boire, et il faut le déverser.
Trois liquides interdits en raison du découvert :
"Chelochah machkin assourin michoum guilouy" - trois types de liquides sont interdits s'ils ont été laissés découverts d'une manière telle qu'un serpent aurait pu y accéder, et il faut les déverser :
"hamayim" - l'eau ordinaire.
"vehayayin" - le vin, ainsi que le jus de raisin.
"vehah'alav" - le lait.
La Guemara ajoute à ceux-ci d'autres liquides : le miel, l'ail pilé et mélangé, la saumure de poisson et d'autres semblables.
En revanche, "ouchéar kol machkin moutarin" - les autres liquides, tels que les jus et les boissons légères, sont permis même s'ils ont été laissés découverts, car les serpents n'en boivent pas, et il n'y a aucune raison de craindre qu'un serpent en ait bu.
Combien de temps de découvert rend-il interdit ?
"Kama yishhou vihiyou assourin ? Kedei sheyétsé harahach mimakom karov véyichté" - combien de temps les boissons doivent-elles rester découvertes pour être interdites au titre du guiloui (découvrement) ? Il suffit d'une courte durée pendant laquelle un serpent caché à proximité aurait pu sortir et boire. Le mot "rahach" désigne le reptile, c'est à dire le serpent, et "mimakom karov" (d'un endroit proche) signifie même d'une cachette toute proche, comme sous l'anse de la marmite ou du gobelet. Il suffit qu'il sorte, avale une gorgée rapide et disparaisse, pour que le vin, l'eau et autres boissons semblables deviennent interdits au titre du guiloui.
En résumé : cette durée n'est pas longue du tout, et par conséquent, selon le sens simple de la halakha, tout vin, eau ou lait laissés découverts de façon qu'un serpent aurait pu en boire deviennent immédiatement interdits, et même le vin de Terumah, que l'on jette lui aussi, car le danger est plus grave que l'interdit.