Menachot chapitre 7, Michna 2. Dans la Michna précédente, nous avons commencé à discuter des pains de la Toda - les quatre sortes de pains qui accompagnent le korban Toda. Il existe deux autres korbanot dont les pains constituent un sous-groupe de ces quatre sortes : avec le premier korban viennent trois des quatre sortes, et avec le second, deux seulement. Nous allons maintenant examiner ces deux korbanot et la manière dont leurs mesures sont calculées.
Le korban des Milouïm :
Les korbanot des Milouïm furent offerts pendant les sept jours de l'inauguration du Michkan dans le désert, lors de l'initiation d'Aharon et de ses fils à la kehouna. Ce sont des korbanot particuliers, un événement unique dans l'histoire, et avec eux furent apportées trois sortes de pain - ces mêmes trois sortes de pain matza qui viennent avec le korban Toda.
Le korban du Nazir :
Le sujet du Nazir est une section distincte - un homme ou une femme qui prend sur soi la nézirout : s'abstenir des produits de la vigne, de se rendre impur au contact d'un mort et de se raser les cheveux. A la fin de cette période, ils apportent des korbanot et redeviennent purs, et le korban inclut deux sortes de pains parmi ceux qui accompagnent la Toda - les 'halot de matza et les rekikin. Ces deux sortes sont identiques au maafé tanour, les deux sortes de min'hat nedava qui sont cuites au four.
Notre Michna traite des ingrédients et des mesures de farine de ces pains.
Hamilouïm hayou bahen kematza chebatoda - Les Milouïm comprenaient [les mêmes pains] que la matza de la Toda :
Lors des Milouïm, les trois sortes de pain matza qui viennent avec le korban Toda furent apportées - 'halot, rekikin et revoukha :
'Halot - de la farine pétrie avec de l'huile et cuite.
Rekikin - de la farine mélangée avec de l'huile et cuite, et après la cuisson ointe d'huile.
Revoukha - la pâte est d'abord ébouillantée dans de l'eau chaude, puis cuite au four et frite.
Tout comme les trois sortes de pain matza viennent avec les pains de la Toda, ainsi viennent-elles également lors des Milouïm.
Yech bo chetei yadot bamatza chebatoda - Il contient deux parts de la matza de la Toda :
Dans le korban du Nazir, qui complète la période de sa nézirout, seules deux des sortes de pains venant avec la Toda sont apportées :
Chalot - les pains cuits, semblables à une matsa séfarade.
Rekikin - semblables à une matsa ashkénaze.
Vein bo revoucha - il n'y a pas de sacrifice échaudé (ravouch) qui accompagne le sacrifice du nazir.
Le calcul des mesures :
Pour les trois chalot qui accompagnent les Milouim, le calcul est identique au calcul des trois sortes de pains de matsa du sacrifice de Toda : un eifa, qui représente dix issaron selon les mesures du désert, est divisé en trente chalot - dix de chaque sorte. Selon les mesures de Jérusalem, qui étaient légèrement plus grandes, au lieu de dix-huit kavim dans un eifa, il y a quinze kavim dans un eifa ; et quinze kavim pour trente chalot font un demi-kav pour chaque halla, comme expliqué précédemment.
Dans les sacrifices du nazir, le calcul est un peu plus complexe, car il s'agit de deux tiers de la recette, c'est-à-dire deux tiers de la quantité totale de farine. En termes de kavim de Jérusalem : deux tiers de quinze font dix. C'est ce que dit la Michna : Assara kavim yerouchalmiyot - dix kavim de Jérusalem, qui correspondent à six issaron et deux tiers, avec lesquels on réalise la recette pour les deux types de pains qui accompagnent le nazir.
Explication du calcul : pour préparer les pains de Toda, on consacre un eifa, soit dix issaron, aux trois sortes de pains de matsa. Celui qui en prépare deux sur trois prend deux tiers des dix issaron - soit six issaron et deux tiers, c'est-à-dire trois issaron et un tiers pour chacune des deux sortes. La Michna considère trois et un tiers comme "trois et plus", et puisque la quantité ici est doublée, c'est-à-dire six et deux tiers, le reste d'un tiers est également doublé, c'est-à-dire "et plus" deux fois. D'où le terme Adayin - comme pour dire "des plus" au pluriel : six issaron et encore deux fois un tiers d'issaron, pour la préparation de la recette du nazir.
Oumikoulan haya notel echad measer Terouma :
De chaque sorte de pain - que ce soit parmi les quatre pains de Toda, les trois matsot des Milouim ou les deux pains du nazir - on prélève un pour la Terouma, et c'est le kohen qui le mange. Comme il est dit : "Il en offrira un de chaque oblation en Terouma pour l'Eternel" - un de chaque sorte comme Terouma pour l'Eternel, comme un cadeau au Créateur. Et de la même manière que la Terouma est la part prélevée et donnée au kohen, cette Terouma est également prélevée et donnée au kohen pour être mangée.
La Michna déduit de la formulation du verset :
Echad - "qu'il ne prenne pas de morceau", c'est-à-dire un pain entier de chaque sorte et non un pain coupé. Même si l'un des pains s'est cassé après l'abattage de l'animal, on ne donne pas le morceau au kohen, mais il doit recevoir un pain entier et complet.
Mikol korban - "que toutes les oblations soient égales", c'est-à-dire que toutes les sortes sont de statut égal, "et qu'il ne prenne pas d'une oblation pour une autre" - qu'on ne prélève pas d'une sorte à la place d'une autre.
Il n'est pas possible que le kohen dise : "Je préfère les rekikin, alors je renonce aux chalot ; donne-moi deux rekikin au lieu d'un de chaque sorte, et toutes les dix chalot resteront pour toi". Mais il faut un de chacune des quatre sortes, de façon égale, et on ne remplace pas une sorte par une autre de sorte que le kohen reçoive un en plus d'une sorte et un en moins d'une autre.
Et enfin il est dit : Lakohen hazorek et dam hachelamim lo yihye - le kohen qui asperge le sang du sacrifice de Chelamim est celui qui acquiert cette halla de chaque sorte, et on en déduit que les kohanim prélèvent un de chaque sorte pour leur propre consommation. Cette consommation s'apparente un peu à la Terouma : les kohanim la mangent à Jérusalem, eux, leurs familles et tous les membres de leur foyer, mais pas les étrangers (zarim).
Et le reste des pains - les neuf restants de chaque type - reviennent aux propriétaires, à la personne qui a apporté le sacrifice, qu'il s'agisse du nazir qui achève sa nezirout ou de celui qui apporte le sacrifice de todah, et ils les mangent avec les membres de leur famille. Cette consommation est comme celle des Kodachim Kalim (sacrifices de moindre sainteté) : à l'intérieur des murs de Jérusalem et en état de pureté, mais elle est permise à toute personne, kohen et non kohen indifféremment, à quiconque les propriétaires invitent à leur table - à condition qu'elle soit consommée dans le délai qui lui est imparti.