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Edouyot Chapitre 2, Michna 8: la michna sur les trois décisions de Rabbi Akiva (Kelim)

Nous sommes au deuxième chapitre, michna 8. La michna rapporte trois choses que Rabbi Akiva a dites : "Chelocha devarim amar Rabbi Akiva, al chnayim hodou lo veal e'had lo hodou lo" - sur deux de ses propos les Sages furent d'accord avec lui, et sur un ils ne le furent pas. Nous allons examiner les trois dans l'ordre.

La première chose - "al sandal chel sayadim chehou tamé midras" :

Cette chaussure, à savoir tout simplement le sandale des ouvriers de la chaux, contracte la impureté de midras. Pour comprendre les choses, il faut poser le contexte, que nous avons déjà rencontré dans ce traité : l'une des catégories d'impureté s'appelle 'midras'. Un objet destiné à porter le poids d'une personne (une selle, une chaise, un tapis ou des chaussures) contracte l'impureté de la part de quatre personnes dont l'impureté émane de leur corps : le zav, la zava, la nida et la yolédet. Ceux-ci transmettent l'impureté par voie de midras, c'est-à-dire même sans contact direct : si l'un d'eux s'est tenu avec ses chaussures sur l'objet, et même s'il avait des chaussettes aux pieds, les chaussures deviennent impures. Et non seulement elles deviennent impures, mais elles deviennent avot hatoumaa (source première des sources d'impureté). C'est une loi exceptionnelle.

La question est de savoir si cette loi s'applique dans notre cas. La règle est que l'impureté de midras s'applique à tout ce qui est destiné à porter le poids d'une personne, y compris les chaussures. Or les chaussures dont il est ici question ne sont pas de vraies chaussures, mais une sorte de sabot de bois destiné à protéger les ouvriers de la chaux. La chaux est une matière très corrosive qui brûle la peau, et c'est pourquoi les ouvriers avaient besoin de protéger leurs vêtements et leur peau. Certes ils marchent avec ce sabot de-ci de-là, mais il n'est pas destiné à la marche ordinaire.

  • L'avis de Rabbi Akiva : les ouvriers marchent effectivement avec en allant et en revenant, et dès lors qu'ils chaussent cet équipement, ils le gardent même à la maison et marchent avec. Puisqu'il en est ainsi, sa destination n'est pas uniquement la protection de la peau, mais aussi la marche, et il s'avère donc qu'il est destiné à porter le poids d'une personne et par conséquent soumis à l'impureté de midras.

  • L'avis des Sages : sa destination principale est la protection de la peau, et selon certains commentateurs parmi les Richonim, la protection des vêtements ou des chaussures qui se trouvent en dessous. Ces planches de bois ne sont nullement destinées à la marche, mais constituent uniquement un équipement de protection, et non pour porter le poids d'une personne. Et même s'ils marchent un peu avec, ce n'est qu'accessoire, et ce n'est pas là leur objectif.

Malgré cela, la loi est que le sandale est impur de midras. C'est la première des trois choses.

La deuxième chose - "veal chayaré tanour arbaa" :

Un four qui s'est brisé, si la hauteur de ses restes est de quatre téfa'him, ceux-ci contractent l'impureté. La michna ajoute : "chehayou omrim chelocha" - au début les Sages disaient que la mesure minimale pour contracter l'impureté était de trois téfa'him, "vehodou lo" - et ils sont revenus sur leur position à cause de l'avis de Rabbi Akiva et ont dit que la mesure était de quatre.

Ici aussi le contexte est complexe. Les ustensiles contractent l'impureté, c'est-à-dire qu'ils sont susceptibles de la recevoir. Les fours à l'époque de la michna étaient assez simples : de grands cylindres de terre cuite collés au sol, avec un trou dans leur base. On mettait le combustible et le feu dans le bas, la chaleur montait vers le haut, et parfois il y avait une étagère sur le côté. La taille standard pour faire un four neuf, petit et ordinaire, est de quatre téfa'him de hauteur. Certes, si le four se brise un peu par le haut et qu'il reste à une hauteur de trois téfa'him, il fonctionne encore, mais a priori le point de départ de tous les fours est de quatre téfa'him.

Un ustensile qui s'est brisé cesse de contracter l'impureté, et la question est de savoir dans quelle mesure il doit se briser pour perdre son statut d'impureté. Nous examinerons le cas d'un très grand four, dont la hauteur était de dix ou neuf téfa'him, et qui maintenant s'est brisé en grande partie : est-il encore considéré comme le même four qui contracte l'impureté ?

  • L'avis initial des Sages : tant qu'il reste trois téfa'him, puisqu'à partir de cette hauteur le four fonctionne, il remplit encore toute sa fonction et par conséquent contracte l'impureté.

  • L'avis de Rabbi Akiva : lorsque les gens fabriquent des fours, ils ne les font pas a priori de moins de quatre téfa'him. Par conséquent, un four qui s'est brisé, même s'il s'est brisé en grande partie, est impur, à condition qu'il reste quatre téfa'him, et sinon il est pur.

Et ils ont tranché comme lui.

La troisième chose - "ve'échad lo hodou lo" :

Il s'agit de l'avis de Rabbi Akiva avec lequel on n'a pas été d'accord : "al kissé chénitlou chnayim mé'hipouyav zé bétsad zé". Selon le Bartenoura et la plupart des commentateurs, bien que le mot "'hipouyav" soit le même que celui rencontré à la fin du premier chapitre à propos de la chaise de mariée, il s'agit ici d'une chaise ordinaire à laquelle il manque deux planches. L'image de base est une sorte de caisse en bois servant de base à la chaise, à laquelle on ajoute parfois par la suite un dossier pour le confort. En pratique, cela ressemble davantage à un tabouret qu'à une chaise.

Les planches de bois disposées le long de sa partie supérieure constituent l'assise. La manière habituelle était de placer trois planches dans la largeur, chacune ayant une largeur d'environ trois ou quatre pouces. Tant que les trois planches sont en place, la chaise est intacte et confortable. Même si l'une d'elles se brise, on peut encore s'arranger sur deux, et même si les deux planches extérieures se brisent et qu'il ne reste que celle du milieu, on peut s'arranger sur une seule. Mais si l'on retire deux planches adjacentes, comme celle de l'extérieur et celle du milieu, il ne reste qu'une planche étroite. Désormais il n'est plus confortable de s'y asseoir, et elle cesse de fonctionner comme chaise. Il faut donc dire qu'elle a perdu son statut d'ustensile susceptible de recevoir l'impureté : c'était un ustensile en tant que chaise, et maintenant c'est une chaise sur laquelle on ne s'assied pas, réellement cassée, et par conséquent la réception de l'impureté a cessé de s'appliquer à elle.

À ce sujet, Rabbi Akiva dit : même si l'on ne peut plus utiliser la caisse en bois comme chaise, on peut l'utiliser pour ranger des objets. On ne la jette pas, mais on la garde comme une sorte de petite caisse dont le couvercle est cassé, dans laquelle on peut poser des choses. Par conséquent, elle reçoit encore l'impureté, car elle possède un réceptacle. En revanche, l'avis des Sages, qui est aussi la loi : elle ne remplit plus sa fonction principale. Lorsqu'on a fabriqué cet objet, on l'a fabriqué pour être une chaise sur laquelle s'asseoir, et non une caisse pour ranger des objets. Par conséquent, une fois qu'elle est cassée en tant que chaise, elle ne reçoit plus l'impureté.

Et dans les termes de la Michna : "ve'échad lo hodou lo" - il y en avait un qui n'était pas d'accord avec Rabbi Akiva, "al kissé chénitlou chnayim mé'hipouyav" - deux des trois planches de l'assise se sont brisées (certains ont expliqué "'hipouyav" du terme "kaf", comme les saillies qui se trouvent sur une clé), "zé bétsad zé" - deux planches adjacentes, de sorte qu'un grand trou béant apparaît à l'endroit de l'assise. "chéRabbi Akiva métamé" - qu'elle reçoit encore l'impureté, car bien qu'on ne puisse s'y asseoir confortablement, on peut y ranger des choses.

Il y a à ce sujet une autre explication : la chose ne dépend pas du rangement, mais du fait que, même si l'on ne peut s'y asseoir confortablement, on peut s'y asseoir à l'étroit en cas de besoin. Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, où les gens s'asseyaient sur les rebords des pétrins, de même on peut s'asseoir ici sur une fine bande de quatre pouces de large restée de la chaise cassée. Selon cette explication, Rabbi Akiva dit que la chaise fonctionne encore.

"va'hakhamim métaharin" - les Sages disent qu'elle ne reçoit pas l'impureté. Selon la première explication : elle n'a pas été faite pour le rangement, et le fait qu'on puisse y ranger des choses ne suffit pas à changer les choses. Et selon la seconde explication : le fait qu'on puisse s'asseoir sur quelque chose ne suffit pas à en faire une chaise, puisqu'elle est cassée, et par conséquent elle ne reçoit pas l'impureté. Voilà l'essentiel de la Michna ici.