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Edouyot Chapitre 8, Michna 5: deux témoignages : le remariage sur la foi d'un seul témoin et des ossements dans la chambre du bois

Edouyot, chapitre 8, michna 5. Dans cette michna sont rapportés deux témoignages distincts : le premier concernant les questions matrimoniales, et le second concernant les questions de pureté au Temple.

Le premier témoignage - le remariage de la femme sur la foi d'un seul témoin :

"Hé'id Rabbi Akiva michoum Ne'hemya ich Beit Deli, chemachiin haicha al pi ed é'had" - Rabbi Akiva a témoigné au nom de Ne'hemya, homme du village de Beit Deli, qu'on permet à une femme de se remarier sur la base du témoignage d'un seul témoin attestant que son premier mari est décédé.

Ce sujet a déjà été enseigné au début du sixième chapitre, et il convient de se demander en quoi ce témoignage se distingue de celui de Rabbi Yehouda ben Bava à cet endroit. Pour simplifier, supposons qu'il n'y a ici aucune nouveauté supplémentaire mais seulement une répétition, bien qu'il existe d'autres réponses possibles qui affinent la nuance entre les deux. En fin de compte, comme là bas, les Sages ont dit : selon la stricte loi, puisque la femme a le statut d'une femme mariée, il aurait fallu deux témoins valables pour agir dans une affaire relevant de l'interdit et lui permettre de se remarier. Mais les Sages ont ici allégé la règle afin d'éviter qu'elle ne reste agouna, coincée sans pouvoir jamais se remarier, et c'est pourquoi ils ont admis le témoignage d'un seul témoin, et même d'un témoin habituellement irrecevable.

La raison en est que deux hypothèses viennent contrebalancer la force du statut existant :

  • La vérité finira par se révéler : si le témoignage est mensonger, le mari risque d'apparaître un jour et de demander "où est ma femme ?" - car s'il est vivant, il finira par se manifester. Et nous tenons pour acquis qu'un homme ne ment pas sur une chose dont la vérité est destinée à éclater.

  • La gravité des conséquences : les Sages ont imposé une série de conséquences graves en cas d'erreur - la perte de sa ketouba, et les enfants qu'elle mettra au monde seront mamzerim, et ainsi de suite. De ce fait, ils ont supposé que la femme sera très rigoureuse et prudente pour vérifier qu'il est effectivement vrai que son mari est mort, et qu'elle-même en est convaincue avec certitude, avant de se remarier.

Le second témoignage - des ossements trouvés dans la chambre du bois :

"Hé'id Rabbi Yehochoua al atsamot chenimtseou bedir haetsim" - son témoignage portait sur des ossements humains trouvés dans le dir haetsim, l'entrepôt du bois. Il s'agit de la chambre du dir haetsim, l'une des quatre chambres situées dans la cour des femmes, à l'entrée de la première partie de l'enceinte du Temple. Du côté nord-est, la première chambre à droite de celui qui entre était destinée à conserver le bois utilisé pour le bûcher au-dessus de l'autel. Lorsque des restes humains y furent découverts, la question se posa : faut-il craindre qu'il existe là d'autres restes plus en profondeur, et commencer à les rechercher ?

À ce sujet, Rabbi Yehochoua a témoigné que les Sages ont tranché : "melaket etsem etsem vehakol tahor" - et cela comporte deux enseignements :

  1. "melaket etsem etsem" : il faut retirer les ossements isolés trouvés, un par un, et les évacuer tous, et cela suffit. Il n'est pas nécessaire de creuser plus profondément et de vérifier ce qui pourrait encore s'y trouver.

  2. "vehakol tahor" : on ne suppose pas que quelque chose ait été rendu impur par inadvertance en raison d'un contact avec ces ossements - ni une personne, ni les divers ustensiles du Temple, ni les offrandes.

La raison du second enseignement est simple : il s'agit d'un doute d'impureté dans un domaine public. La chambre du bois est considérée comme un domaine public, car des gens s'y trouvent et y viennent, trois ou plus - et un doute d'impureté dans un domaine public, son doute est considéré comme pur. C'est pourquoi tout demeure dans son état de pureté.

Quant au premier enseignement, il est expliqué dans la Guemara à un autre endroit qu'ils avaient effectivement envisagé de chercher et de vérifier quels autres ossements se trouvaient en d'autres endroits. Mais Rabbi Yehochoua a répondu : il y a eu le déluge, il y a eu Nabuchodonosor, et des ossements se trouvent partout. Il est certain que les bâtisseurs de l'enceinte du Temple ont vérifié cela en leur temps, et désormais nous pouvons supposer qu'il ne s'y trouve pas d'ossements et nous appuyer sur cette hypothèse. Nous ne déshonorons pas Jérusalem en déclarant la ville tout entière comme un seul grand cimetière, ainsi qu'il avait été proposé. C'est pourquoi on se contente de retirer ces quelques ossements isolés, et tout le reste est parfaitement pur.

Il convient de mentionner un autre point, bien que son lien avec notre sujet ne soit pas clair : la Guemara, dans le Bavli et dans le Yerouchalmi, raconte qu'il arriva un jour qu'un homme découvrit une dalle du sol qui n'était pas à sa place dans la chambre des bois, et il y avait là un indice qu'il s'agissait de l'endroit où était caché l'Arche du Témoignage. Avant même qu'il n'ait pu révéler la chose, il mourut ; et selon la version du Yerouchalmi, il commença à creuser et un feu jaillit et le saisit. Il en ressort un point distinct et indépendant de refus de creuser dans la chambre des bois, parce que des trésors cachés y sont enfouis.

En résumé : la loi a été tranchée selon ces deux témoignages : on permet à une femme de se remarier sur la base du témoignage d'un seul témoin attestant que son mari est mort ; et lorsque des ossements sont trouvés dans la zone du Temple, on suppose qu'il n'y en a pas d'autres, on les ramasse et on les évacue, et tout le reste est pur.