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Edouyot Chapitre 7, Michna 3: le mélange d'eaux vives et d'eaux de pluie

Nous avons devant nous le traité Edouyot, chapitre 7, michna 3. Cette michna traite du mélange d'eaux de pluie et d'eaux de source, et de la question de savoir si le statut de ce mélange est celui des eaux de pluie ou celui des eaux de source. Commençons par exposer les fondements du sujet, afin de bien saisir le sens des choses.

La purification se fait au moyen de l'eau, et celle-ci peut être de deux sortes : les eaux vives, qui jaillissent d'une source dans le sol, ou les eaux de pluie qui se sont rassemblées en un même endroit. Cette question a déjà été abordée précédemment dans le traité.

Les avantages des eaux vives :

  1. Trois domaines de la halakha exigent précisément des eaux vives : l'immersion du zav, l'aspersion sur le metsora en vue de sa purification, et la préparation des eaux de faute, c'est à dire les eaux de la vache rousse.

  2. La quantité d'eau : celui qui s'immerge dans un mikvé d'eaux de pluie rassemblées a besoin de quarante séa. Dans les eaux de source, il n'existe aucune exigence de minimum, et toute quantité suffit, pourvu que l'on puisse y immerger entièrement l'objet que l'on cherche à purifier.

  3. Rassemblées ou courantes : les eaux de pluie ne sont valides que lorsqu'elles sont rassemblées et non courantes, tandis que les eaux de source sont valides même lorsqu'elles sont en mouvement, sortant de la paroi et dévalant la pente ; là aussi, on peut y immerger un petit ustensile et le purifier.

De là surgit la question : un petit ruisseau qui jaillit d'une source, dans lequel coulent ses eaux vives, et auxquelles s'ajoutent aussi des eaux de pluie, autrement dit ce petit cours d'eau est une combinaison d'eaux de source et d'eaux de pluie, son statut est-il celui des eaux de source avec tous leurs avantages, ou non ?

La réponse est que tant que la majorité des eaux de ce petit torrent proviennent de la source, tous les avantages des eaux de source y sont conservés. Telle est l'idée en résumé.

Le langage de la michna : "zohalin" et "notfin" :

Le langage de la michna peut induire en erreur, car il est emprunté à une michna du traité Mikvaot. En général, lorsque le mot "zohalin" apparaît dans le contexte des mikvaot, il désigne les eaux de pluie qui coulent ; "zohel" signifie couler, comme dans l'expression "zohalé afar" qui se rapporte aux petites créatures qui rampent sur le sol, et ici aussi il s'agit d'eaux qui se déplacent sur la surface du sol.

Cependant, dans le contexte de notre michna, "zohalin" se rapporte à un petit flot courant dont l'origine est une source, et c'est pourquoi il entre dans la catégorie des eaux vives. Quant aux eaux de pluie, elles sont appelées dans la michna "notfin", du terme "nétef" et "tipa" (goutte) : des eaux qui gouttent, à la manière de la pluie.

Et voici le langage de la michna : "Hé'id Rabbi Tsadok al zohalin cherabou al hanotfin" - Rabbi Tsadok a témoigné au sujet d'un petit cours d'eau qui est une combinaison de "zohalin", des eaux de source qui coulent en flot et qui constituent la majorité, et de "notfin", des eaux de pluie qui constituent la minorité, "chéhem kecherim" - le mélange est valide pour servir comme eaux de source, comme eaux vives, en vue de la préparation des eaux de faute, les eaux de la vache rousse, et de choses semblables.

"Oumaassé haya bevirat hapilia" - un fait qui est arrivé en un lieu nommé Birat Hapilia, où se trouvait un petit cours d'eau qui était une combinaison d'eaux de pluie et d'eaux de source, et l'on voulait savoir si l'on pouvait utiliser ces eaux pour la purification d'un metsora et pour des cas semblables. "Ouva maassé lifné 'hakhamim vehikhchirouhou" - les Sages ont examiné le cas et ont déclaré ces eaux valides, et ils ont établi que leur statut est celui d'eaux de source à tous égards, puisque leur majorité est constituée d'eaux de source.

En résumé : dans cette michna, nous avons appris les avantages des eaux vives par rapport aux eaux de pluie, aussi bien dans les trois domaines qui exigent précisément des eaux vives, que pour la quantité d'eau et que pour la permission de l'écoulement. Nous avons précisé le sens des termes "zohalin" et "notfin" dans le langage de notre michna, et nous avons appris du témoignage de Rabbi Tsadok et du fait survenu à Birat Hapilia qu'un mélange dont la majorité est constituée d'eaux de source a le statut d'eaux de source à tous égards.