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Baba Kama Chapitre 4, Michna 7: L'exécution d'un animal sans maître (hefker) ayant tué

Bava Kama, chapitre 4, Michnah 7. Nous continuons de discuter de l'obligation de mener un procès officiel et d'exécuter un animal ayant intentionnellement tué un Juif. La partie que nous avons étudiée précédemment faisait constamment référence au "baal" ou à "bealav" - le propriétaire du taureau meurtrier. D'où la question : quelle est la loi lorsque l'animal n'a pas de propriétaire au sens classique et habituel du terme ? Est-il tout de même passible de la même peine de mort ? Le Tanna Kamma, et c'est aussi la Halachah, soutiennent qu'il en est passible.

Dans le passage traitant du taureau meurtrier, le mot "chor" apparaît sept fois. La première occurrence est nécessaire au texte lui-même, tandis que les six occurrences supplémentaires viennent inclure des cas où l'on aurait pu penser que le taureau est exempté - parce qu'il n'a pas de propriétaire, ou parce que la loi serait conditionnée à l'existence d'un propriétaire - et malgré cela, il est lui aussi passible de la peine de mort.

Les six cas inclus par la Torah :

  • "Shor haichah" - le taureau appartenant à une femme. Comme le mot "baal" pourrait suggérer uniquement un homme, la Michnah nous enseigne qu'il n'y a pas de différence : le taureau d'une femme est également condamné à la même peine de mort.

  • "Shor hayetomim" - le taureau appartenant à des orphelins. On aurait pu penser qu'étant mineurs, ils ne seraient pas soumis aux mêmes exigences.

  • "Shor haapotropos" - le taureau géré par un tuteur. Même lorsqu'un tuteur a été nommé pour superviser les biens des enfants, les garder et gérer leurs affaires. En effet, ceux qui perdent financièrement de l'exécution du taureau sont ses propriétaires, c'est-à-dire les orphelins eux-mêmes, et on aurait pu l'exempter pour cette raison. Mais il n'en est rien : leur taureau, s'il a tué intentionnellement, est passible de mort.

  • "Shor hamidbar" - le taureau du désert. Un taureau devenu sauvage et sans maître (hefker), qui erre dans les collines. Il n'a pas de propriétaire officiel, et il est pourtant soumis aux mêmes lois.

  • "Shor hekdech" - le taureau consacré. Un taureau appartenant au Beit HaMikdach. Il n'y a pas de propriétaire au sens classique ici, puisque c'est pour ainsi dire Hakadoch Baroukh Hou et le Beit HaMikdach qui en sont les propriétaires ; et malgré cela, il est soumis à la loi.

  • "Shor hager chemét ve'ein lo yorchim" - le taureau d'un converti décédé sans héritiers. Un converti qui est mort sans laisser d'héritiers, et dont le taureau redevient un bien sans maître (hefker). Ce taureau est lui aussi passible de mort.

Dans ce dernier cas, il faut comprendre une chose : tout Juif au monde a des héritiers, car on trouvera toujours quelqu'un dans son arbre généalogique pour hériter de lui, aussi éloigné soit-il. Cependant, un converti est considéré comme un nouveau-né, comme une personne née de nouveau, et d'un point de vue halachique, ses parents ne sont plus ses parents. Il existe donc une réelle possibilité que cet homme se retrouve sans héritiers - s'il n'avait pas d'enfants, ou s'il s'est converti après avoir eu des enfants, qui ne sont pas ses héritiers, du moins pas selon la Torah (Mideoraïta). C'est pourquoi on aurait pu penser que ce taureau, resté sans propriétaire et devenu hefker, serait exempté - mais il n'en est rien.

Vous pourriez alors demander : en quoi le "taureau du désert" diffère-t-il du taureau du converti décédé ?

En réalité, il n'y a pas de différence fondamentale entre eux, il s'agit plutôt de deux niveaux distincts d'enseignement nouveau (hidouch). Premier niveau : un taureau qui avait un propriétaire - le converti - mais qui est décédé avant même que le taureau ne soit présenté devant le Beit Din, et la Torah vient nous enseigner qu'il est passible de mort. Deuxième niveau, qui est un enseignement encore plus grand : un taureau qui n'a jamais eu de propriétaire du tout, et qui est tout de même coupable, malgré l'usage du terme "propriétaire" dans la Torah. Et nous apprenons les deux, car il fallait six cas distincts pour correspondre aux six occurrences supplémentaires où le mot "chor" apparaît de manière apparemment superflue.

L'opinion de Rabbi Yehoudah :

"Rabbi Yehoudah omer" - Rabbi Yehoudah n'est pas de cet avis et considère qu'on ne doit tirer aucun enseignement des occurrences superflues du mot "chor" dans les versets. Par conséquent, on prend les versets au sens propre, et les animaux sans propriétaire ne sont pas soumis à l'éventualité de la peine de mort. C'est pourquoi le "Shor hamidbar" - le taureau sauvage et sans maître, le "Shor hekdech" - le taureau appartenant au Beit HaMikdach, et le "Shor hager chemét" - le taureau qui appartenait à un converti décédé sans héritiers, tous ceux-ci n'ont pas de propriétaire, et sont donc "patour min hamitah, lefi che'ein lahen be'alim" - exemptés de la peine de mort, car ils n'ont pas de propriétaire, tel qu'il est établi dans le verset que Rabbi Yehoudah interprète.

En conclusion halachique : La Halachah ne suit pas Rabbi Yehoudah mais le Tanna Kamma. En effet, dans tous ces six cas, cela n'a aucune importance : si une vache, ou tout autre animal ou bête sauvage - et même une poule - blesse intentionnellement un Juif et cause sa mort, un procès officiel est organisé. À l'issue de ce procès, en supposant que l'animal ait été "reconnu coupable" par des témoins ou de manière similaire, il est mis à mort.