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Baba Batra Chapitre 2, Michna 13: Les branches d'un arbre qui penchent vers le champ du voisin

Bava Batra, chapitre 2, Michna 13. Cette Michna traite des branches d'un arbre qui penchent au-dessus du champ du voisin : quel est leur statut, et jusqu'où le propriétaire du champ est-il autorisé à les couper.

Les mots de la Michna : Ilan chehou noteh lesedeh chavero - un arbre qui penche au-dessus du champ de son voisin, kotsets melo hamardea al gabé hamacharessa - il coupe à la hauteur de l'aiguillon sur la charrue. Lorsque les branches de l'arbre dérangent le voisin dans son travail agricole, il a le droit de les couper, car elles lui font obstacle. Mais si elles ne le dérangent pas du tout - par exemple une branche très haute au-dessus du champ, qui n'est sur le chemin de personne - il n'a pas le droit de la couper.

Melo hamardea al gabé hamacharessa - à la hauteur de l'aiguillon sur la charrue :

Le mardea est l'aiguillon des taureaux. L'aiguillon sert à stimuler et faire avancer, et il est conçu pour faire avancer le taureau qui tire la charrue. Il s'agit d'un bâton avec une pointe acérée à son extrémité, une sorte de petit pic en métal, avec lequel on pique l'animal lorsqu'il est paresseux et ne bouge pas, pour qu'il continue d'avancer et de labourer.

Celui qui laboure son champ se tient debout ou assis à l'arrière de la charrue, et tient dans sa main l'aiguillon - le bâton qui dirige le taureau - de manière verticale, puisqu'il ne le pointe pas vers l'animal en permanence. Il s'avère que le point le plus haut qui nécessite un espace de passage lorsque la charrue traverse le champ est l'extrémité supérieure de l'aiguillon. C'est la mesure donnée par la Michna : il coupe l'arbre à la pleine hauteur de l'aiguillon lorsqu'il est tenu sur la charrue, au-dessus de la tête du laboureur. Il est permis de couper selon cette mesure, car l'arbre fait obstacle en chemin ; au-delà de cela - il n'est pas autorisé.

Ouvacharouv ouvachikma keneged hamichkolet - et pour le caroubier et le sycomore, selon le fil à plomb :

Pour un arbre plus grand et plus épais, avec de lourdes branches, la règle est différente : il est permis de couper tout ce qui penche au-delà de la limite de la propriété. La raison en est que ces branches projettent de l'ombre, et nuisent ainsi au soleil qui atteint le champ, à la pluie qui y tombe et à la formation de la rosée.

La signification de l'expression keneged hamichkolet - selon le fil à plomb, est face à la ligne du fil à plomb et dans son alignement. Le fil à plomb est un outil utilisé dans les travaux de construction : un petit poids en plomb attaché au bout d'un fil. (Le mot latin pour plomb est plumbum, d'où le nom du plombier en anglais - plumber - qui s'occupe des tuyaux en plomb, ainsi que le symbole du plomb dans le tableau périodique : Pb. Cela n'a aucun rapport avec la prune). Le poids en plomb tend le fil tout droit vers le bas de manière verticale, ce qui permet de voir exactement où passe la limite de la propriété. L'application au cas présent : il coupe le long de la ligne de démarcation de manière verticale et droite vers le haut, et retire les branches du caroubier ou du sycomore qui penchent au-dessus, car elles projettent trop d'ombre qui endommage les récoltes en dessous, ou les prive de pluie et de rosée.

Bet hachelahin - le champ irrigué :

Le Bet hachelahin est un champ qui a besoin d'irrigation et d'eau supplémentaire au-delà de l'eau de pluie. Le propriétaire d'un tel champ a désespérément besoin de chaque goutte de pluie et de toute l'humidité qu'il peut obtenir. C'est pourquoi il argumentera contre chaque branche qui penche au-dessus de son champ : mon champ ne reçoit pas la pluie dont il a besoin, car même une seule branche empêche un peu de pluie de tomber à l'intérieur ; de plus, le feuillage crée une sorte d'isolation, ce qui réchauffe légèrement l'air au-dessus du champ et diminue la rosée qui s'y forme. La rosée et la pluie lui sont essentielles, et par conséquent, personne d'autre n'a le droit de pencher même un peu au-dessus d'un champ de ce type.

Et c'est pourquoi nous avons enseigné : Bet hachelahin - pour un champ irrigué, kol haïlan keneged hamichkolet - tout arbre selon le fil à plomb. Cela ne se limite pas au caroubier et au sycomore, mais tout arbre qui penche au-dessus du champ diminue l'eau qui y arrive et qui y est conservée, et le propriétaire du champ est obligé de combler le manque en transportant des seaux, et son champ risque même de ne pas pousser correctement. C'est pourquoi rien n'a le droit de pencher au-dessus de ce champ, et il est permis de tout couper exactement le long de la ligne de démarcation - keneged hamichkolet - selon le fil à plomb, exactement dans la ligne du fil à plomb.

L'avis d'Abba Chaoul :

Abba Shaoul ajoute et dit : "Kol ilan srak - keneged hamishkolet" - pour tout arbre stérile, on coupe à la verticale (selon le fil à plomb). Un ilan srak est un arbre qui ne produit pas de fruits propres à la consommation, et selon lui, il n'y a aucune utilité justifiant qu'il penche au-dessus du champ de son prochain, c'est pourquoi on le coupe entièrement le long de la ligne de séparation. S'il s'agit d'un arbre fruitier - on comprend pourquoi son propriétaire souhaite le conserver, et tant que le champ n'est pas un beit hashelachin (champ irrigué), il est permis de laisser une branche pencher au-dessus ; mais pour un arbre stérile, dont les fruits n'ont aucune utilité alimentaire, Abba Shaoul affirme qu'on ne doit pas du tout le permettre.

En résumé : La Halacha a été tranchée selon le Tanna Kama et non selon Abba Shaoul. La règle qui en ressort : on ne doit pas laisser une branche pencher au-dessus du champ du voisin et lui causer une quelconque gêne ; mais là où cela ne cause absolument aucune gêne, et que la branche ne se trouve pas sur son chemin, le voisin n'est pas en droit d'exiger qu'elle soit coupée.