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Avoda Zara Chapitre 5, Michna 11: la cachérisation d'un pressoir enduit de poix par des non-juifs

Avoda Zara, chapitre 5, michna 11. Le sujet de la michna : comment cachériser un pressoir (gat), le lieu où l'on foulait les raisins afin d'en extraire le jus pour faire du vin. On peut comparer le pressoir à une grande baignoire ou à un bassin peu profond : les raisins sont posés sur le sol, on les foule, et le jus qui s'en écoule est recueilli pour faire du vin.

Contexte : la poix du pressoir :

La structure du pressoir est faite de pierre, de bois ou de terre cuite. Afin de l'imperméabiliser contre l'eau, on avait l'habitude de l'enduire de poix, une matière obtenue par le traitement du bois, une sorte de résine épaisse à l'odeur forte et désagréable. À l'époque de la michna, la façon de tempérer cette odeur et de l'empêcher de gâter le vin consistait à mélanger un peu de vin à la poix elle-même. De là vient le problème : lorsque ce sont des ouvriers non-juifs qui ont étalé la poix sur le pressoir, ce vin contenu dans la poix devient du yin nessekh (vin de libation), et il risque de rendre interdit le vin produit dans le pressoir.

Quel est le statut d'un pressoir enduit de poix par un non-juif ? La michna distingue selon la matière dont le pressoir est fait :

  • "Gat chel even chezifeta oved kokhavim - menagveha vehi tehora" - un pressoir bâti sur de la pierre, comme un socle rocheux, qui a été imperméabilisé à la poix par un non-juif, il suffit de l'essuyer (niggouv). Le sens littéral de niggouv est le séchage, mais en pratique il s'agit de laver à l'eau et de sécher avec de la cendre, puis de répéter l'opération une seconde fois. De cette manière, tout le vin qui se trouve en surface est lavé et même absorbé par la cendre, et une fois que cela a été fait deux fois, cela suffit : on ne craint pas qu'un vin supplémentaire suinte de la poix vers le jus de raisin. Il convient de noter que "vehi tehora" ne désigne pas une pureté opposée à l'impureté rituelle, mais l'aptitude à l'usage.

  • "Vechel ets" - concernant un pressoir dont le corps est fait de bois, les Tanaïm sont partagés :

    1. "Rabbi omer : yenagev" - selon Rabbi, son statut est identique à celui du pressoir de pierre, et il ne craint pas l'absorption qui aurait pénétré dans le bois. Il suffit de laver et de sécher deux fois.

    2. "Vachakhamim omrim : yiklof et hazefet" - selon les Sages, pour imperméabiliser un pressoir de bois contre l'eau, il faut une couche de poix épaisse contenant beaucoup de vin, et le lavage et l'absorption ne suffisent pas ; du yin nessekh risque de s'infiltrer vers les raisins. C'est pourquoi il faut retirer toute la poix (le peler) et enduire à nouveau de poix.

  • "Vechel heres - af al pi chekilef et hazefet, harei zo assoura" - la terre cuite absorbe beaucoup, et il est difficile, voire impossible, d'en faire ressortir ce qui a été absorbé en elle. C'est pourquoi, même si l'on a pelé toute la poix qui tapissait le pressoir, cela ne suffit pas : on craint que la terre cuite ait absorbé de la poix le vin devenu yin nessekh, et que ce vin ressorte à l'avenir dans le jus de raisin. Un tel pressoir est interdit, et on ne peut pas le cachériser en pelant la poix, ni même en lavant et en séchant.

La méthode de cachérisation pour un pressoir de terre cuite : remplissage et vidange :

Néanmoins, il existe un moyen de le cachériser : après avoir pelé la poix, on emploie une méthode appelée milouy veïrouy (remplissage et vidange) - milouy signifie remplir, et ïrouy signifie verser au-dehors. On remplit le pressoir d'eau et on la laisse pendant vingt-quatre heures, afin d'extraire de la terre cuite tout ce qu'elle a absorbé, puis on la vide. On procède ainsi une deuxième fois, et de même une troisième fois. Après trois fois où l'eau est restée vingt-quatre heures et a fait ressortir des parois de terre cuite tout le vin qu'elles avaient absorbé, on peut considérer que tout le vin a disparu, et désormais le pressoir est apte à l'usage.