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Avoda Zara Chapitre 1, Michna 3: les fêtes idolâtres de l'idolâtrie 1:3

Avoda Zara, chapitre 1, michna 3. Après les règles générales énoncées précédemment, la michna vient détailler les fêtes précises auxquelles elle fait référence. Il s'agit de fêtes qui faisaient partie de la culture romaine qui régnait en terre d'Israël au deuxième siècle, à l'époque de la michna. Ces fêtes nous sont aujourd'hui inconnues et ne sont plus identifiables, mais il convient d'appliquer ces principes à toute fête païenne pratiquée en chaque lieu où l'homme habite.

"Vééllou éidéihen chel ovdé kokhavim" :

Voici la liste des fêtes précises auxquelles la michna fait allusion :

  • "Kalanda" - selon le Bartenoura, les huit jours qui suivent le solstice d'hiver. Si l'on place le solstice d'hiver au vingt-deux décembre, il s'agit donc de la période allant du vingt-trois au trente et un décembre.

  • "Vessatournoura" - une fête distincte : les huit jours qui précèdent le solstice d'hiver, qui est le jour le plus court de l'année.

Le Bartenoura rapporte au nom de la Guemara qu'il s'agit de fêtes païennes dont l'origine remonte jusqu'aux jours d'Adam, le premier homme. Après la faute, le monde commença à devenir plus obscur, à mesure que les jours raccourcissaient, et Adam s'effraya, craignant que le monde ne parvienne à sa fin. Le mot solstice est composé de 'sol' - le soleil, et de 'stice', de la racine stasis - se tenir immobile ; c'est le point de retournement après lequel les jours se remettent à s'allonger, et le soleil ne penche plus autant vers l'horizon occidental.

Lorsqu'Adam vit que le monde ne parvenait pas à sa fin, mais que telle est la marche du monde (les jours s'allongent et raccourcissent), cela devint une célébration en soi : durant les huit premiers jours il pria pour que le monde n'arrive pas à sa fin, puis il célébra le fait qu'il n'y soit pas parvenu. Les non-Juifs et les idolâtres s'emparèrent de cela et en firent des fêtes pour eux-mêmes.

Il convient de noter que dans des sources extérieures on trouve que l'Empire romain avait une fête nommée Kalanda, qui est le premier jour du mois romain. Il y avait donc environ douze jours de Kalanda par an, le premier de chaque mois, et c'était considéré comme un moment particulièrement propice au remboursement des dettes ; c'est pourquoi c'était un jour où il était particulièrement mauvais de traiter avec eux. Ainsi, c'était une petite célébration chaque mois à l'époque de l'Empire romain.

Quant à "satournoura", il est difficile de la trouver dans ces sources. Il existe une fête distincte et connue nommée Saturnales, dont le nom dérive de 'Saturne', qui est le nom d'une divinité idolâtre ainsi que le nom d'une planète de nos jours. C'était une fête de sept jours autour de la période de l'hiver, célébrée chaque année dans la débauche et le débridement d'un carnaval.

Le jour de kartessim et les jours de la royauté :

  • "Yom kartessim" - selon le Bartenoura, l'anniversaire de la victoire des Romains sur les Grecs, l'Empire grec. Il est possible qu'il y ait là une allusion à l'année 167 avant l'ère commune, au cours de laquelle les Romains vainquirent l'Empire macédonien lors de la troisième guerre macédonienne.

  • "Véyom guenoussia chel melakhim" - le jour du couronnement du nouvel empereur.

  • "Véyom halééda" - le jour de la naissance de l'empereur.

  • "Véyom hamita" - l'anniversaire de sa mort. Ces jours ont été ajoutés par Rabbi Méir.

Ces jours étaient célébrés dans l'Empire en hommage à l'empereur, qui, à différentes époques et en différents lieux, était lui aussi considéré comme une sorte de divinité.

L'avis des Sages - "kol mita chéyech ba seréfa" :

"veChakhamim omerim : kol mita chéyèch ba serèfa - yèch ba avoda zara" - selon les Sages, la chose dépend : ce n'est pas chaque anniversaire de la mort de l'empereur et du début du règne de son fils qui est considéré comme une fête païenne. S'ils ont observé une crémation, c'est à dire qu'ils ont pris les objets de l'empereur défunt et les ont brûlés, ce qui indique qu'il était si éminent qu'il ne convient à personne d'autre de posséder ses objets, alors il est considéré comme une demi divinité, et l'anniversaire de sa mort est considéré comme une fête païenne, une fête que nous interdisons en tant que telle.

"vechéèn ba serèfa - èn ba avoda zara" - l'anniversaire de la mort d'un empereur pour lequel, à sa mort, on n'a pas brûlé ses objets, prouve qu'il n'était pas si important à leurs yeux et qu'aucun lien idolâtre ne s'y rattachait. C'est pourquoi les restrictions de l'avoda zara ne s'y appliquent pas.

Les fêtes privées de l'individu :

En outre, dit la Mishnah, il existe la possibilité que chaque personne ait sa propre fête privée et personnelle, fondée sur des événements survenus dans sa vie privée. Ce jour là, il est interdit de commercer avec lui, bien que le reste de la société ne célèbre rien et soit ouvert aux affaires du point de vue de la Halakha :

  • "yom taglakhat zékano oubéloryito" - le jour où l'idolâtre rase sa barbe et sa bloriyt, c'est à dire la mèche de cheveux à l'arrière de sa tête qu'il avait coutume de laisser pousser, comme une sorte d'événement annuel. C'est une célébration personnelle et un événement d'avoda zara, et c'est pourquoi il est interdit de commercer avec lui, de lui prêter ou de lui emprunter le jour de sa fête privée.

  • "véyom chéala bo min hayam" - le jour où il est revenu d'un voyage sur les océans, qui est bien entendu très dangereux.

  • "véyom chéyatsa bo mibèt haassourim" - la loi est la même le jour où il a été libéré de prison. Il va célébrer, et c'est pour lui une fête personnelle ; il est interdit de commercer avec lui, de peur qu'il n'attribue ce qui lui arrive à sa divinité personnelle.

  • "véoved kokhavim chéassa michté livno" - le repas de noces que le non juif organise pour son fils. Il apparaît que les Richonim n'avaient pas cette partie de la Mishnah, et elle provient vraisemblablement d'une braïta d'un autre endroit et n'appartient pas à la Mishnah à l'origine ; quoi qu'il en soit, cette même idée s'applique aussi ici.

"éno assour éla oto hayom véoto ich bilvad" - durant tous ces jours il existe des restrictions, mais elles sont limitées à cette personne précise et uniquement le jour de sa célébration particulière. Les autres personnes autour de lui, ainsi que les jours qui ont précédé sa célébration, ne sont nullement restreints en matière de commerce, d'achat, de vente, de prêt et ainsi de suite.