Nous arrivons au verset 21 du deuxième chapitre de la Meguilat Eikha. Jusqu'à présent, l'auteur de la lamentation a décrit le désastre qui a frappé les femmes compatissantes dévorant leur propre progéniture, les « nourrissons choyés », ainsi que le « prêtre et prophète » massacrés dans le sanctuaire de l'Éternel. À présent, explique l'auteur du Lé'hem Dim'ah, il poursuit en décrivant comment le reste de la masse du peuple ne fut pas épargné non plus par ce fléau.
שָׁכְבוּ לָאָרֶץ חוּצוֹת נַעַר וְזָקֵן, בְּתוּלֹתַי וּבַחוּרַי נָפְלוּ בֶחָרֶב, הָרַגְתָּ בְּיוֹם אַפֶּךָ, טָבַחְתָּ לֹא חָמָלְתָּ׃ - Jeunes gens et vieillards gisent à terre dans les rues, mes jeunes filles et mes jeunes hommes sont tombés par le glaive ; Tu as tué au jour de Ta colère, Tu as égorgé sans pitié.
Après que les femmes ont dévoré leur progéniture, les nourrissons choyés, et après que ces enfants se sont effondrés au sol, défaillants de faim, sachez que les jeunes et les vieillards ont eux aussi péri couchés sur le sol des rues. Et voici la nuance : jeunes et vieillards dorment habituellement dans des lits, car ils sont les plus fragiles (l'enfant est jeune, et les vieillards sont des personnes affaiblies nécessitant une couche plus confortable). Malgré tout, ils ont péri couchés sur le sol nu. En revanche, « mes jeunes filles et mes jeunes hommes », qui sont plus robustes, « sont tombés par le glaive ».
La distinction établie dans le verset est très précise : pour les jeunes garçons et les vieillards, qui ne prennent pas part aux combats, il est dit « jeunes gens et vieillards gisent à terre dans les rues » - ils sont morts de faim, et le fait d'être couchés à terre découle de cette mort par inanition. Quant aux jeunes hommes et aux jeunes filles - les jeunes hommes étant les combattants et les jeunes filles leurs aides, ce qu'on appellerait de nos jours le soutien logistique, leur fournissant vivres et ravitaillement - il est dit à leur sujet qu'ils sont tombés par le glaive.
Dans le commentaire « Alon Bakhot », les mots « gisent à terre dans les rues » sont expliqués comme une référence aux victimes exécutées par Nevouzaradan afin d'apaiser le sang bouillonnant de Zacharie. C'est la suite directe du verset précédent : « Sera-t-il tué dans le sanctuaire du Seigneur, prêtre et prophète ? » - et en conséquence de quoi « ils gisent à terre dans les rues ». Comment cela s'est-il passé ? Il fit amener le grand Sanhédrin, puis le petit Sanhédrin, et les fit exécuter. C'est le sens de « jeune homme et vieillard » : les vieillards désignent les sages de la Torah, et l'on nommait également au Sanhédrin de jeunes prodiges érudits en Torah - et il les tua tous.
Ensuite, il fit venir les jeunes gens et les jeunes filles et les tua également, ce qui correspond à « mes jeunes filles et mes jeunes hommes sont tombés par le glaive » - de la main de Nevouzaradan, parce qu'un prêtre et prophète avait été assassiné dans le sanctuaire de l'Éternel. Puis il fit amener soixante mille jeunes prêtres (pir'hé kéhouna) et les massacra aussi, ce qui correspond à « Tu as tué au jour de Ta colère ». Enfin, il fit amener les écoliers (tinokot chel beit raban) et les massacra eux aussi ; c'est à ce propos qu'il est dit « Tu as égorgé sans pitié » - car même selon la stricte justice, et à plus forte raison selon la miséricorde, il convenait d'épargner de jeunes enfants, et pourtant ici « Tu as égorgé sans pitié ».
L'auteur du Lé'hem Dim'ah relève l'insistance des mots « Tu as tué au jour de Ta colère ». Qu'est-ce que ce « jour de Ta colère » ? Il existe un jour prédestiné à la calamité, un jour de courroux et de fureur : c'est le jour du 9 Av, jour d'ardente colère. C'est en ce jour qu'il fut décrété que nos pères mourraient dans le désert, en ce jour que fut détruit le Premier Temple, et en ce jour que fut détruit le Second Temple. Et comme cet événement s'est produit « au jour de Ta colère », il est dit « Tu as égorgé sans pitié » : dès lors que ce jour était en soi propice au châtiment, la tragédie qui s'est abattue fut d'une rigueur absolue.
Le livre 'Lehaïr' rapporte une histoire racontée par Rabbi Yehiel Tsouker. Je préciserai d'emblée qu'il s'agit d'une histoire difficile, mais elle vient montrer la grandeur d'Israël, des sommets que nous ne pouvons ni imaginer ni décrire. Elle fut racontée par un élève qui étudiait à la yeshiva 'Hidouché HaRim' de Gour, et qui était très proche du machguia'h, Rabbi Guedalia Eisner, un homme saint et sublime, qui donnait des cours aux élèves sur le livre 'Sfat Emet'.
Lors d'un de ces cours, un élève poussa un grand et profond soupir. Lorsque le machguia'h l'entendit, il s'emporta contre lui et le réprimanda : quel est ce soupir ? Te manque-t-il quelque chose ? N'as-tu pas un lit pour dormir ? N'as-tu pas trois repas par jour ? As-tu la charge d'un foyer, des soucis, un gagne-pain à assurer ? Sur quoi soupires-tu ? Et ne sais-tu pas que le soupir d'un juif cause de la peine à la Chekhina ? Car le Saint béni soit-Il a promis "Je suis avec lui dans la détresse", et quand un juif soupire, la Chekhina soupire.
À la fin du cours, cet élève entra chez le machguia'h et lui demanda, avec un certain étonnement : le Rav ne sait-il pas que ce garçon est en recherche d'un chidoukh depuis longtemps déjà et que ce n'est pas facile pour lui, et que c'est pourquoi il a poussé ce soupir ? Peut-être le Rav le juge-t-il trop sévèrement. Rabbi Guedalia Eisner lui répondit : je vais te raconter une histoire que je n'ai jamais racontée à personne.
"J'étais dans les camps de la terreur, à Auschwitz. Les nazis, que leur nom soit effacé, ont assassiné ma femme et toute ma famille, et il ne me restait qu'une fille unique, dernier vestige de ma famille, et je n'ai plus d'autres descendants. Le Saint béni soit-Il avait doté cette jeune fille d'une beauté particulière, ce qui me poussait d'autant plus à veiller sur elle et à la protéger de toutes mes forces. Partout où j'allais, je l'emmenais avec moi, et je ne la quittais pas des yeux un seul instant.
Au bout de quelques mois, ils nous séparèrent de force, et par chance ils la transférèrent au camp des femmes qui était accolé au nôtre. Régulièrement, j'allais me tenir près de la clôture et je regardais vers le camp des femmes, pour voir ce qu'il advenait de ma fille, dans une surveillance constante. Les gens s'étonnaient parfois de me voir regarder vers le camp des femmes, cela leur paraissait étrange, mais cela m'était égal : j'y voyais une mission sublime, veiller sur elle de toutes mes forces.
Un jour, un commandant allemand, que son nom soit effacé, passa par là, vit ma fille et voulut l'emmener de l'autre côté de la clôture, à cause de sa beauté. Elle s'agrippa à la clôture de toutes ses forces et se mit à hurler. Moi, je me tenais de l'autre côté, et il était clair pour quoi il l'emmenait. Elle commença à crier : papa, papa, que fait-on ? L'Allemand sortit un couteau et lui dit : si tu ne lâches pas la clôture, je t'égorge sur le champ. Et elle criait : papa, que fait-on ? Je lui dis : c'est l'une des trois transgressions dont il est dit qu'on doit se laisser tuer plutôt que de les commettre. Et elle ne lâcha pas la clôture. Et sous mes yeux, il égorgea ma fille unique, qui était tout ce qui me restait de ma famille."
Et le machguia'h conclut : même alors, je n'ai pas laissé échapper un soupir. Même alors, je n'ai pas laissé échapper un soupir. Et toi, tu viens me parler d'un garçon en recherche de chidoukh qui a soupiré ? As-tu de quoi soupirer ? La peine de la Chekhina est-elle si peu de chose à tes yeux ?
La chose est terrible pour qui l'observe. "Vois, ô Éternel, et regarde" : Maître du monde, vois : mes vierges et mes jeunes gens sont tombés par l'épée. Qui peut croire avec une telle foi, avec un tel attachement ? Et c'est ce qui est dit dans le Cantique des cantiques : "Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras, car l'amour est fort comme la mort, la jalousie est dure comme le Chéol, ses flammes sont des flammes de feu, une flamme divine. Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour et les fleuves ne l'emporteront pas, si un homme donnait tous les biens de sa maison pour l'amour" : il donna par amour ce qu'il avait de plus cher, tant est grand l'amour d'Israël pour le Saint béni soit-Il.
Et l'homme se plaint et se lamente, il a des objections et des questions : pourquoi ceci, et pourquoi cela ne pourrait-il pas aller mieux, et pourquoi là on m'a fait cela, et là on m'a pris cela, et là je n'ai pas reçu cela. Et il ne prête pas attention à ce dont il se plaint : des futilités. C'est cela qui te préoccupe ? C'est cela qui te dérange ?
J'ai lu un article rapporté par 'Hidabrout', rédigé par un professeur principal de classe de troisième au collège 'Kalman' de Ramat HaSharon : une conversation imaginaire entre 'Haya Erlich, une jeune fille du Berlin de l'année 1940 (en plein cœur des jours des décrets nazis) et Itaï Naor du Tel Aviv de l'année 2015. Il est clair qu'il s'agit d'une conversation imaginaire, mais écoutez-la.
'Haya : salut, tu as l'air très abattu. Itaï : oui, je traverse des jours difficiles. 'Haya : peut-être puis-je t'aider ? Itaï : comment ? As-tu des relations dans les bureaux d'El Al ? 'Haya : qu'est-ce qu'El Al ? Itaï : une grande compagnie aérienne israélienne. 'Haya : il y a une compagnie aérienne israélienne ? Itaï : bien sûr, chaque pays a au moins une compagnie aérienne, donc l'État d'Israël aussi. 'Haya : l'État d'Israël ? Il y a un État pour le peuple juif ? Où est-il ? Itaï : entre l'Égypte et la Syrie, entre la Jordanie et la mer Méditerranée. 'Haya : n'est-ce pas le pays du Tanakh ? Le pays des rêves ? Itaï : des rêves chimériques, là-bas tout va de travers.
Haya : Par exemple ? Itaï : Mais tout ! Dans la police, il y a plein d'affaires, n'en parlons pas. Haya : La police ? Qui sont les policiers ? Des policiers juifs ? Itaï : Bien sûr, qui d'autre ? Haya : Comment ça, qui d'autre ? Les nazis, les Polonais, les Hongrois, les Roumains, les unités de SS - est-ce qu'on manque de policiers ? Itaï : Mais pas du tout, de quoi parles-tu, c'est notre pays ! Que veux-tu que je te dise - le système des impôts ici est exaspérant, le Bitouah Leoumi (la sécurité sociale) ne t'écoute même pas. Haya : Qu'est-ce qu'on construit avec vos impôts ? Des camps de travail ? Itaï : Quoi ? On construit de nouvelles villes, des routes, de l'éclairage public, des parcs, on peuple la terre. Haya : Alors, qu'y a-t-il de mal à cela ?
Itaï : C'est que la vie coûte très cher ici. Tout est cher en Israël - les appartements, les voitures, les courses, même se garer en ville est payant. Haya : Tu as une voiture personnelle ? Itaï : Évidemment, deux voitures, une pour moi et une pour ma femme, pour qu'on puisse emmener les enfants aux activités et aux spectacles. Haya : Ouah, on dirait le Gan Eden. Moi, ce que je préfère, ce sont les pièces de théâtre en yiddish. Itaï : En yiddish ? C'est dépassé depuis longtemps, seulement en hébreu ! Haya : On parle chez vous dans notre langue ? En hébreu ? J'en ai des frissons.
Itaï : Des frissons ? Tu verrais quels frissons tu aurais quand on t'appelle pour les milouïm (la réserve) en plein coup de feu au travail, quand le patron est sous pression - c'est un cauchemar. Haya : Les milouïm ? Explique-moi. Itaï : Une mobilisation de quelques semaines à l'armée. Haya : Vous avez une armée ? On vous permet de vous battre ? Itaï : Tu plaisantes, qui a besoin de nous le permettre ? Haya : Alors c'est sûrement une armée avec des matraques, comme la police juive d'ici, les kapos. Itaï : Des matraques ? Mais où vis-tu ? Il y a des chars, des avions, des navires, plein de soldats, on a tout ! Mais ce n'est pas facile ici, au bout du compte, le gouvernement fait ce qu'il veut.
Haya : Un gouvernement ? Vous avez votre propre parlement ? Itaï : Un parlement ? Tu me fais rire - des gens assis à chauffer des sièges pendant quatre ans, dans le meilleur des cas, jusqu'à ce qu'on les réélise. Haya : On les élit ? Il est possible chez vous de choisir ses dirigeants ? Ce n'est pas une dictature ? Itaï : Une démocratie, madame, une démocratie ! Et c'est exactement cela le problème : la majorité impose son avis à la minorité qui a raison. Haya : Incroyable... Vous avez donc une terre biblique, un État, des policiers, une armée, un parlement, une démocratie, une économie et même une voiture personnelle. Si j'avais ne serait-ce qu'une seule de ces choses, je remercierais Hachem chaque jour ! Itaï : Laisse tomber, tu ne comprends rien. Bref, je veux partir, quitter le pays, changer d'air, aller ailleurs, dans un endroit ouvert et accueillant, sans pression, quelque chose de propre, sans ennemis à chaque coin de rue. Haya : Où iras-tu ? Itaï : Je pensais à Berlin, en Allemagne. Le Milky y est moins cher, après tout.
Vous comprenez ? Alors de quoi gémis-tu ? Pourquoi pleures-tu ? Tu n'as pas besoin de remonter deux mille ans en arrière : recule de soixante-dix ans, regarde ce que les gens ont traversé, et tu comprendras que tous tes soucis, tous tes problèmes et tout ce que tu traverses - tout cela n'est rien, tout cela devient dérisoire, ce n'est absolument rien. Lève-toi chaque matin et dis : merci, Maître du monde ! Merci de me faire vivre dans un endroit où je peux faire ce que je veux, où je sors de chez moi sans crainte, où je peux aller étudier la Torah, prier et servir le Saint, béni soit-Il, où j'ai une subsistance, une maison, une épouse, des enfants, où j'ai tout. Certes, il y a un problème ici et un problème là - mais est-ce là l'essentiel ? Est-ce pour cela que tu gémis ?
Dans le livre 'Aleï Merorot du Gaon Tsaddik Rabbi Yehoshoua Moshé Aharonson zts"l, est rapporté un récit bouleversant décrivant les jours terribles et douloureux qu'a traversés le peuple d'Israël, et nous rappelant ce verset : « Mes jeunes filles et mes jeunes gens sont tombés par le glaive ».
À la période de la fête de Chavou'ot, au printemps, les nazis déplaçaient les Juifs d'un endroit à un autre, et le long du chemin où ils passaient poussaient déjà des fruits. À la sortie du camp, un jeune garçon grimpa sur l'un des arbres et cueillit deux petites pommes encore vertes. Ce garçon s'appelait Podembski. Lorsqu'un Allemand s'en aperçut, sans hésiter, sans sommations ni explications, il lui tira simplement dessus - telle était la règle là-bas.
Le jeune homme gisait dans son sang, agonisant, mais toujours en vie. On le ramena au camp. Lorsque le commandant du camp l'apprit, il ordonna de le placer dans la salle d'eau et de ne pas s'approcher de lui : ne rien faire pour lui et ne lui apporter aucun secours. Et là-bas, quiconque désobéissait aux ordres du commandant recevait lui aussi une balle dans la tête - il n'y avait ni tribunaux, ni justice, ni recours.
Pendant une journée entière, des cris affreux et déchirants s'échappèrent de la salle d'eau, des cris à fendre le cœur. Au cœur de la nuit, certains prirent des risques insensés, allèrent chercher un peu d'eau et la lui apportèrent. Le lendemain, voyant que le jeune homme refusait de mourir, le commandant ordonna de lui tirer une autre balle - et fait prodigieux, le jeune homme continua à vivre.
Le commandant, voyant le jeune garçon encore agoniser en se débattant, en fut stupéfait ; il fit venir des dizaines de femmes allemandes de la ville et les invita au camp pour assister à ce curieux spectacle : un adolescent qui avait reçu deux balles et continuait à lutter et à vivre. Chose incroyable : avec quelle indifférence ces dames allemandes, respectables, raffinées et cultivées, contemplaient ce garçon de seize ans baignant dans son sang et luttant pour sa survie, sans que cela n'éveille en elles le moindre tressaillement ! Comme si ce n'était rien : un Juif de plus qui crève, comme on regarderait un cafard renversé sur le dos qui s'agite.
Ce même jour, quatre autres Juifs furent assassinés pour des motifs semblables, ayant tenté eux aussi de prendre des fruits sur le chemin menant au camp de travail. Les cinq corps furent chargés sur une charrette et des détenus furent envoyés pour les enterrer dans le cimetière chrétien. Au début, on creusa des tombes pour tous les cinq, croyant que le jeune garçon était déjà mort. On enterra quatre corps, puis on s'aperçut que le jeune homme bougeait encore, et qu'il leur criait même : « Que faites-vous ? Maman, regarde ce qu'ils me font ! »
Ils savaient que, selon la Halah'a, l'enterrer vivant constituerait un meurtre, ce qui est strictement interdit, car on ne ferme pas les yeux d'un mourant (un gossès), cela étant assimilé à une effusion de sang. Ils convinrent donc entre eux : quoi qu'il advienne, même s'ils nous menacent d'une balle dans la tête si nous refusons de l'enterrer, nous préférerons recevoir une balle dans la tête plutôt que de l'ensevelir. Yéharèg vé'al ya'avor - se laisser tuer plutôt que transgresser.
Et que s'est-il passé ? À cet instant, un officier supérieur passa sur les lieux. Mis au courant de la situation, il sortit son arme, déchira la chemise du jeune homme et lui tira une balle en plein cœur. Au moment où il déchira la chemise, ils constatèrent qu'il portait des tsitsit. Ils comprirent alors en partie l'origine de la protection qui l'avait gardé en vie jusque-là. Ce jeune homme était un disciple du Rav Lowenthal d'Onio. C'est ainsi que prit fin cet épisode, et ils purent alors l'amener à kévèr Israël.
Le verset 21 décrit le fléau qui s'est abattu sur toutes les couches du peuple : jeunes et vieillards, les personnes fragiles qui ont coutume de reposer sur un lit, gisaient à terre et mouraient de faim, tandis que les jeunes hommes et les jeunes filles - les combattants et ceux qui les soutenaient - tombaient sous le glaive. Selon le Alon Bakhot, il s'agit du massacre du Grand et du Petit Sanhédrin, des jeunes gens et des jeunes filles, de soixante mille jeunes prêtres et des enfants des écoles par Nébouzaradan, afin d'apaiser le sang de Zacharie. « Tu as tué au jour de Ta colère » - en ce jour propice aux calamités, le 9 Av, où fut décrétée la mort de la génération du désert et où furent détruits les deux Temples, d'où la suite : « Tu as massacré sans pitié ». C'est sur cela que nous implorons : « Vois, Hachem, et regarde » - Maître du monde, regarde les souffrances endurées par Ton peuple Israël, contemple son héroïsme et son attachement indéfectible, aie pitié et répands sur lui Ta miséricorde. Même si de lourds décrets pesaient sur nous, avec la guerre de Gog et Magog et tout ce qui doit survenir, le peuple d'Israël a déjà bu la coupe d'amertume jusqu'à la lie. Nous avons épuisé la souffrance, et il ne reste plus désormais que la Guéoula complète. D'ici là, apprenons de tout cela à cesser de gémir pour des riens, et levons-nous chaque matin pour remercier le Maître du monde de toutes choses.