Le quatre-vingt-huitième « cheder » dans le heikhal du Hayom Yom.
Mardi 18 Adar I 5703.
Cours : 'Houmach, Ki-Tissa, chelichi, avec le commentaire de Rachi.
Tehilim, 18e jour du mois, chapitres 88 et 89.
Tanya, nous nous trouvons au chapitre 30. Le cours quotidien commence par les mots « vehiné be'emet » et se termine à la page 76 sur le mot « ba'arikhout ».
L'enseignement du jour est un enseignement bref, qui constitue en fait une précision sur une halakha écrite dans le Seder Birkot HaNehenin de l'Admour HaZaken. Cet enseignement attire l'attention sur la nuance que comporte cette halakha. Lisons d'abord la halakha, qui se trouve au premier chapitre du Seder Birkot HaNehenin, halakha 13.
L'Admour HaZaken parle dans cette halakha d'une personne qui a mangé tous les types d'aliments sur lesquels on récite la berakha meéin chaloch, c'est-à-dire qu'elle a mangé des sept espèces, des fruits, également des minei mezonot et qu'elle a aussi bu du vin. Elle n'a pas besoin de réciter sur chacun d'eux une berakha meéin chaloch séparée, mais elle inclut le tout dans une seule berakha, selon l'ordre d'importance : elle dit d'abord « al hami'hya », puis « al hagefen », puis « al pri haetz ».
L'Admour HaZaken détaille le texte que l'on récite. Dans le premier passage, on dit « al hami'hya veal hakalkala veal hagefen veal pri hagefen veal haetz veal pri haetz veal tenouvat hasadé veal eretz 'hemda », et lorsqu'on arrive à la fin de la berakha, avant la 'hatima, on dit « venodé lekha al haaretz veal hami'hya veal pri hagefen veal hapérot ».
Et ici il faut être attentif : dans la 'hatima de la berakha on dit « baroukh ata Hachem al haaretz veal hami'hya veal pri hagefen vehapérot ». Autrement dit, lorsqu'on mentionne les fruits, on ne redit pas « veal », comme on l'a fait pour les deux mentions précédentes, « veal hami'hya » et « al pri hagefen », mais lorsqu'on arrive aux fruits on dit « al pri hagefen vehapérot », sans le mot « veal ».
Dans l'exemple de la halakha, comme nous l'avons dit, il s'agit d'une personne qui a mangé les trois choses : des mezonot, des fruits des sept espèces et aussi du vin. Mais l'enseignement que le Rabbi rapporte ici dans le Hayom Yom concerne une personne qui a bu du vin et mangé uniquement des fruits des sept espèces. La halakha est exactement la même : elle récite une seule berakha sur les deux, et dans la 'hatima de la berakha on n'ajoute pas non plus le mot « veal ».
Lisons maintenant l'enseignement du jour, puis nous en expliquerons la raison. Le Rabbi dit dans cet enseignement : « Dans la berakha meéin chaloch, si l'on a bu du vin et mangé des fruits des sept espèces, on conclut : « veal pri hagefen veal hapérot, baroukh ata Hachem al pri hagefen vehapérot » (et non « veal » hapérot) » - dans la conclusion qui précède la 'hatima, à la fin du texte, on dit « veal pri hagefen veal hapérot », c'est-à-dire que l'on mentionne le « veal » pour le pri hagefen, qui est le vin, et de nouveau « veal » pour les fruits des sept espèces que l'on a mangés. Mais dans la 'hatima de la berakha on dit « baroukh ata Hachem al pri hagefen vehapérot », et non « veal hapérot » : on n'ajoute pas le mot « veal » en mentionnant les fruits, on les inclut : « al pri hagefen vehapérot ».
Cette halakha ne s'applique que lorsqu'on récite la berakha sur du vin et sur des fruits des sept espèces ensemble. En revanche, si par exemple une personne a mangé des minei mezonot et des fruits des sept espèces, alors dans la conclusion finale de la berakha elle dira bien « al haaretz veal hami'hya veal hapérot » : là, elle dira bien « veal ». Toute la précision selon laquelle on ne dit pas « veal » ne vaut que lorsqu'il s'agit du pri hagefen et des fruits.
Et quelle en est la raison ? Parce qu'il existe une opinion selon laquelle une personne qui boit du vin conclut « al hapérot » : selon cette opinion, on ne dit pas sur le vin « al pri hagefen », mais dans la 'hatima de la berakha sur le vin on dit « veal hapérot ». Bien que l'Admour HaZaken ne tranche pas comme cette opinion, il en ressort selon elle que si l'on termine la dernière berakha en disant « veal pri hagefen veal hapérot », les mots « veal hapérot » conviendraient aussi au vin ; il se trouverait alors que l'on conclut sur le vin par deux 'hatimot, « veal pri hagefen » et « veal hapérot », les deux expressions convenant au vin.
C'est pourquoi l'Admour HaZaken, qui tient compte de cette opinion, a modifié le texte de la 'hatima de la berakha et écrit dans la halakha que l'on dira « vehapérot ». Comment comprend-on alors la 'hatima de la berakha ? Comme si l'on disait « veal pri hagefen vehapérot » : « hagefen » désigne le vin, et « vehapérot » les autres fruits. En revanche, si l'on disait « veal hapérot », cela donnerait l'impression que l'on répète une seconde fois le « pri hagefen » selon cette même opinion. Telle est la raison pour laquelle il faut dire « vehapérot » sans « veal », et c'est ce point que le Rabbi souligne dans l'enseignement du jour, en précisant que nous devons prêter attention à l'omission du mot « veal ».
Pour conclure le cours, comme nous l'avons vu les jours précédents, nous constatons au fil de nombreux cours le lien du cours quotidien avec l'ordre du Michné Torah du Rambam. Dans les enseignements précédents, nous avons vu l'allusion au Sefer Hafla'a, le livre dans lequel nous nous trouvons actuellement, et nous avons également étudié, dans un enseignement précédent, le lien avec les premières halakhot du Sefer Hafla'a, les Hilkhot Chevouot.
Dans l'enseignement du jour, nous trouvons une allusion aux deux ensembles de halakhot suivants du Sefer Hafla'a : les Hilkhot Nedarim et les Hilkhot Nezirout. Et quel est le lien ? Dans les Hilkhot Nedarim, au cinquième chapitre, il y a tout un développement au sujet du vin : lorsqu'une personne a fait le voeu de ne pas boire de vin, quand cela inclut aussi des aliments cuits dans du vin et quand cela ne l'inclut pas ; il y a là tout un développement sur le sujet du vin, et de même l'enseignement du jour parle de « si l'on a bu du vin ».
Il y a également ici un lien avec les Hilkhot Nezirout, dans lesquelles le Rambam parle des choses interdites au nazir : la vigne, les fruits de la vigne et tout ce qui provient de la vigne. Tels sont les sujets abordés dans le cours quotidien ; « al pri hagefen veal hapérot » fait allusion à la fois à ce dont il est question dans les Hilkhot Nedarim et à ce dont il est question ensuite dans les Hilkhot Nezirout.