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3 Adar I

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Le soixante-treizième "cheder" dans le palais du Hayom Yom.

Lundi 3 Adar I 5703.

Cours : Houmach, Terouma, deuxième lecture (chéni), avec le commentaire de Rachi.

Tehilim, 3 du mois, du chapitre 18 jusqu'au chapitre 22 inclus.

Tanya, suite du chapitre 27, à partir du mot "veadraba". On termine le cours à la page 34 par les mots "adayin kanal".

La source de la pensée du jour se trouve dans une lettre écrite par le Rebbe Rayatz le 3 Tevet 5698. Je donnerai un peu de contexte sur cette lettre intéressante. Elle est adressée à la direction d'une association nommée "Agoudat Taharat Bnot Israël" à Vienne, qui avait soumis une question au Rebbe : il y a des femmes qui observent, durant leur période de nidah, les harchakot etc., mais qui demandent pourquoi il faut précisément s'immerger au mikvé ; et selon elles, si on le leur explique de manière rationnelle, elles s'immergeront aussi au mikvé, car elles souhaitent comprendre l'idée. Et l'association pense que si elles connaissent effectivement la raison de la chose, elles l'observeront.

Ils demandent donc au Rebbe, premièrement : faut-il réellement faire l'effort de le leur expliquer de façon logique ; et deuxièmement : comment le leur expliquer. Le Rebbe Rayatz leur répond dans la suite de la lettre et leur donne les bases de ce que l'on peut expliquer à ce sujet, mais avant d'aborder la question elle-même, il commence par introduire le sujet de la mitsva d'ahavat Israël.

Il y dit que l'ahavat Israël est une mitsva qui s'applique en tout lieu et en tout temps : prêter attention à ce qui arrive à autrui - homme ou femme, vieillard ou vieille femme, jeune homme ou jeune fille, garçon ou fillette ; et que cela touche au corps ou à l'âme. Tout ce qui concerne autrui entre dans le cadre de la mitsva d'ahavat Israël, et elle incombe à chacun. Et il apporte plusieurs preuves du fait que c'est une mitsva extrêmement importante - qu'elle est la porte d'entrée de la prière, etc.

Puis il rapporte qu'il a entendu de son père, le Rebbe Rachab, qui l'a entendu de son père, le Rebbe Maharach, qui l'a entendu au nom de l'Admour HaZaken - et c'est ici qu'apparaît la pensée du jour. Mais avant de lire cette pensée, ajoutons un passage écrit plus loin dans la lettre, où il parle de l'importance des harchakot et de l'immersion au mikvé.

Il dit qu'il y a dans la Torah beaucoup de mitsvot et de très nombreuses halakhot - des centaines de halakhot - qui témoignent à quel point le Saint béni soit-Il veut protéger le corps du Juif. Et il donne un exemple : les lois des aliments interdits, la vie de famille et autres, qui visent toutes à protéger le corps du Juif. Il apporte une autre preuve du principe "'hamira sakanta méissoura" - le danger est plus grave que l'interdit ; c'est pourquoi, dans les choses interdites, on trouve parfois des situations où l'on peut permettre, mais lorsqu'il s'agit d'un problème de danger, on est bien plus strict et on ne permet pas, car il s'agit d'un danger pour le corps, ce qui est très important.

Puis il dit que l'interdit de nidah n'est pas seulement un interdit mais aussi un danger. Outre le fait que c'est un interdit de la Torah, il comporte un danger : les fils et les filles qui naissent d'une vie de famille sans taharah et sans immersion - au-delà de l'interdit - sont, dit-il, le plus souvent malades ou atteints d'un défaut, dans le corps ou dans l'esprit, que ce soit à la naissance ou plus tard ; ils ont un problème psychique ou physique. C'est pourquoi, combien faut-il s'efforcer dans l'ahavat Israël et expliquer l'importance de ce sujet, puisque cela touche à la naissance d'enfants en bonne santé et autres. Tel est le contenu de la lettre.

Au milieu de la lettre, comme je l'ai mentionné, est rapportée la parole de l'Admour HaZaken. Lisons maintenant son texte : "Rabbénou HaZaken a dit : la mitsva d'ahavat Israël s'applique envers un enfant du peuple d'Israël que l'on n'a jamais vu" - la mitsva d'ahavat Israël s'adresse à un Juif né dans le peuple d'Israël, même si tu ne l'as jamais vu ; puisqu'il est juif, tu as la mitsva de l'aimer, indépendamment du fait que tu le connaisses, que tu l'aies vu, ou qu'il puisse t'en résulter quelque chose. Et de là : "et à plus forte raison envers un membre de la communauté d'Israël qui se trouve dans son lieu de résidence, qui est un fils ou une fille de sa communauté" - s'il y a un Juif, un compagnon, qui se trouve dans ton lieu de résidence, il est absolument certain que la mitsva d'ahavat Israël s'applique envers lui, puisqu'il est un fils ou une fille de ta communauté.

Parfois cela est plus difficile, car ici l'ahavat Israël engage - il faut s'entendre avec lui et vivre avec lui ; alors qu'envers une personne que l'on ne connaît pas, et que l'on ne rencontrera peut-être plus jamais, il est plus facile de développer de l'amour, puisque cela engage moins. C'est pourquoi l'Admour HaZaken dit que la mitsva s'applique envers chacun - qu'on le connaisse ou non.

Il est connu que le jour où il accepta la nessiout, en 5711, dans ses paroles, le Rebbe posa plusieurs fondements, dont l'un était le sujet de l'ahavat Israël. Le Rebbe dit qu'il y a trois choses - l'amour de D.ieu, l'amour de la Torah et l'ahavat Israël - qu'il est impossible de séparer les unes des autres ; et bien plus, c'est l'ahavat Israël qui amène à l'amour de D.ieu et à l'amour de la Torah, et pas nécessairement l'inverse. Car il se peut que tu aies l'amour de D.ieu, mais s'il n'est pas assez fort, tu n'arriveras pas à l'ahavat Israël. L'ahavat Israël est un fondement très grand.

Quant au lien de cette pensée précisément avec ce jour, le 3 Adar I, il semble y avoir un rapport avec le cours quotidien de Houmach. Ce jour est le lundi (chéni) de la parachat Terouma, où il est question des keroubim, et la Torah dit que les keroubim doivent être "le visage de l'un vers l'autre". Certains commentateurs - et en particulier le "Keli Yakar" - expliquent que cette idée, que les keroubim aient le visage tourné l'un vers l'autre, indique la paix et l'amitié qui doivent régner entre les Juifs, exprimées par la paix et l'union entre les keroubim. Il y a là un lien de contenu.

Et maintenant, en lien avec la suite des livres du Michné Torah du Rambam - comment cela s'accorde-t-il avec les pensées quotidiennes ? Nous sommes au début du Sefer Kedoucha, et comme nous l'avons déjà vu dans la pensée précédente concernant le titre du Sefer Kedoucha, ce livre comprend les Hilkhot Issourei Bia, les Hilkhot Maakhalot Assourot et les Hilkhot Chekhita. Ainsi, la pensée du jour correspond aux Hilkhot Issourei Bia.

Premièrement, si l'on connaît le contexte dans lequel la lettre a été écrite - elle a été entièrement écrite exactement sur ce sujet, pour éveiller les Juifs au sujet des issourei bia. Et outre cela, dans le Rambam, dans les Hilkhot Issourei Bia, il est question de ceux qui naissent d'issourei bia, qui ont des définitions halakhiques et des statuts différents, comme le mamzer et autres ; et malgré cela, s'il est un enfant du peuple d'Israël - né d'un Juif - la mitsva d'ahavat Israël s'applique envers lui, selon les termes de la parole "envers un enfant du peuple d'Israël". Quelle que soit la situation, il doit toujours y avoir le sujet de l'ahavat Israël. Tel est le lien général avec le sujet des Hilkhot Issourei Bia.