Nous en sommes à la vingt-cinquième leçon de la chaîne des générations, dans la troisième partie de l'histoire du Rebbe Maharash. Aujourd'hui, nous parlerons des « fils » du Rebbe Maharash.
« a) Harav Shneur Zalman Aharon » - né le 19 Tammuz 5619, et il est décédé le 11 Marcheshvan 5669. Il porte le nom de l'Admour Hazaken - le nom Shneur Zalman - et celui de son grand-père maternel : sa mère était la Rabbanit Rivkah, et son père était Rabbi Aharon de Shklov, gendre de l'Admour Haemtsahi. Il se trouve donc que le premier fils fut nommé d'après l'Admour Hazaken et d'après le grand-père de l'autre côté.
Lors de sa brit, après qu'on lui eut donné son nom, son grand-père le Rebbe le Tsemach Tsedek le surnomma « Raza », et depuis lors il fut toujours appelé ainsi - les initiales de Rabbi Zalman Aharon. Le Tsemach Tsedek employa alors l'expression du Zohar « raza tmira », le secret caché, car « raza » signifie secret, et « Raza » sont les initiales de son nom.
De nombreuses histoires sont racontées à son sujet, et nous en rapporterons quelques-unes brièvement. On raconte qu'il possédait par nature de bonnes midot, et qu'en même temps il avait un cœur fort et était un homme extrêmement solide. Même lorsqu'il fut éprouvé par de dures souffrances, et de grandes souffrances furent son lot dans la vie, il souriait toujours, et jamais de sa vie il ne laissa tomber une larme - et tout cela pour ses propres souffrances ; mais la peine d'autrui le touchait profondément.
Un jour, quelqu'un demanda au Raza, après que son frère cadet, le Rebbe Rashab, eut été nommé Rebbe : ton frère est-il digne d'être Rebbe ? Il lui répondit : « Toute chose au monde possède un intermédiaire entre les extrêmes. Il y a l'homme immensément riche et il y a le pauvre qui va de porte en porte, et il y a toujours un intermédiaire entre les deux ; il y a l'homme de bonté au plus haut degré et il y a le grand cruel, et il y a toujours un intermédiaire entre les deux. Mais entre un Rebbe et un homme ordinaire, il n'y a pas d'intermédiaire - soit il est un Rebbe, soit il est un ramai (un imposteur), et il n'y a pas de milieu. » Et il conclut : « Et mon frère, un ramai - certainement pas. » Il répondit ainsi à la question.
Voici une autre belle parole de lui. Un jour, il vit un 'hassid qui multipliait les mortifications et les jeûnes, et il lui dit une parabole : dans une certaine ville, on décida de construire de nouveaux bains publics, et on imposa des taxes à tous les habitants pour participer aux frais de construction. Les riches, qui avaient de l'argent, donnèrent ; les pauvres, qui n'en avaient pas, apportèrent des ustensiles de la maison en gage, afin de venir un jour les racheter en payant. Il y avait là un homme avisé, qui vint auprès du chef de la communauté et lui dit : si tu veux construire des bains publics, prends davantage d'argent aux riches et dispense les pauvres - car qu'obtiendras-tu d'eux ? Des objets sans valeur ? Tu n'en retireras rien.
Et voici la leçon : le corps est la ville, et ses habitants sont les membres. Il y a des habitants riches - les yeux, les oreilles et la bouche ; et il y a des habitants pauvres - l'estomac et le ventre. Tu veux prélever des taxes ? Ne t'occupe pas des pauvres et ne commence pas à jeûner, mais occupe-toi des riches : veille sur tes yeux, sur ta bouche et sur tes oreilles, et c'est de là que tu prélèveras les taxes ; et ne t'occupe pas de ceux dont tu ne retireras rien de substantiel. Il existe encore de nombreuses histoires à son sujet, et celles-ci ne sont que de brefs extraits.
« b) Kevod Kedushat Admour Harav Shalom Dov Ber » - c'est le Rebbe Rashab, dont nous parlerons avec l'aide de Hachem longuement lorsque nous arriverons par la suite à son histoire.
« c) Harav Avraham Sender, décédé à l'âge de 8 ans ». Il y a des endroits où il apparaît qu'il était en réalité le premier fils, l'aîné d'entre eux. Et l'on voit ici une chose étonnante : il est décédé à l'âge de huit ans, et il est appelé « Harav ». Le Rebbe Rashab, son frère, racontait à son sujet qu'il était extraordinaire dans ses facultés, doté de mo'hin et de midot, et qu'il s'éteignit à l'âge de huit ans, du vivant du Rebbe le Tsemach Tsedek.
Le Rebbe le Tsemach Tsedek dit à son fils, le Rebbe Maharash, au sujet du petit-fils décédé : « Il était la neshamah de l'Admour Hazaken. » Des choses extraordinaires sont racontées à son sujet : à l'âge de quatre ans, son grand-père, le Tsemach Tsedek, étudiait avec lui les Michnayot, et l'enfant lui-même relevait avec précision toutes les nuances énoncées dans la Guemara et les disait de lui-même, déjà à l'âge de quatre ans. C'était un enfant très frêle, il ne savait absolument pas ce qu'était un jeu et n'a jamais joué, et il était occupé en tout temps par la Torah et la prière.
Le Rebbe raconta un jour, lors du farbrengen du 20 Menachem Av 5712, comme cela apparaît dans la sichah, qu'il est connu que l'Admour Hazaken s'est éteint avant son temps : son départ eut lieu lors de la fuite devant Napoléon, et au milieu du chemin il y eut une erreur dans la direction empruntée, ce qui provoqua son départ avant son temps. Et ce fils du Rebbe Maharash, Avraham Sender, était la neshamah de l'Admour Hazaken, venue vivre dans ce monde le nombre d'années dont l'Admour Hazaken s'était éteint avant son temps.
On raconte qu'au moment de son départ, alors qu'il était un enfant de huit ans, se trouvaient présents son grand-père le Rebbe le Tsemach Tsedek, son père le Rebbe Maharash et ses frères, et il dit des choses extraordinaires avec une sérénité d'esprit extraordinaire : « Le grand-père, l'Admour Hazaken, m'appelle pour que je vienne à lui. » Il demanda qu'on l'habille de vêtements de Chabbat, pria min'hah avec joie, acheva de dire « Aleinou lechabéa'h », commença à dire « Chema Yisrael », et lorsqu'il termina les derniers mots « Hachem E'had » - son âme sortit. C'est ce fils extraordinaire mentionné ici, Harav Avraham Sender, décédé à l'âge de 8 ans.
« d) Harav Menachem Mendel » - né le 7 Adar 5627. D'après la date, on voit qu'il naquit durant la première année après le départ du Rebbe le Tsemach Tsedek, qui s'éteignit le 13 Nissan 5626, comme nous l'avons déjà raconté ; et comme il naquit avant la fin de l'année, il fut nommé d'après le Tsemach Tsedek.
Lui aussi était très doué. Dans l'histoire, il apparaît une chose qu'il écrivit à son père, le Rebbe Maharash, alors qu'il avait l'âge de la bar mitsvah : un acrostiche complet suivant tout l'alphabet, une lettre très émouvante, entièrement en araméen et sous une forme des plus intéressantes.
Il s'éteignit à l'âge de soixante-quinze ans, en 5702. Et il y a une chose intéressante liée à sa sépulture : en raison de sa situation économique, il quitta la Russie et s'installa à Paris, en France, puis il s'installa sur l'île de Corse, qui appartient elle aussi à la France, et c'est là qu'il décéda et qu'il fut enterré.
Il existe en France une loi selon laquelle, après vingt ans, on laboure la tombe, et c'est ce qui devait également arriver à sa tombe. Treize ans après son décès, en 5715, le Rebbe demanda au 'hassid Rabbi Binyamin Gorodetsky de transférer son corps de France vers la Terre Sainte. L'opération fut menée en secret, par crainte que des membres de la famille ne s'y opposent : on ouvrit la tombe, on l'en sortit et on remit la stèle en place comme s'il y était resté. En pleine nuit, on le sortit et on le transporta par bateau vers la Terre Sainte ; il arriva au port de Haïfa durant l'hiver 5716, et en pleine nuit il fut enterré dans l'ancien cimetière de Tsfat.
Et même alors, on ne construisit pas de stèle, mais on fit une stèle en béton sans aucune inscription ; rien n'y fut écrit, et seuls quelques rares initiés savaient ce qui se trouvait en ce lieu. Cela dura ainsi de nombreuses années. En 5739, plusieurs anciens des Anash vinrent auprès du Rav Bistritzky, alav hashalom, rav de Tsfat, et lui racontèrent qu'ils connaissaient exactement l'emplacement. Il écrivit au Rebbe, et sur l'instruction du Rebbe une nouvelle stèle fut érigée et tous les détails y furent inscrits. Le Rebbe paya, et il voulut prendre en charge le paiement de tous les frais liés à cela.
Et voici ce qui est intéressant : lorsque son corps fut ramené de France en 5716, le Rebbe désira vivement et demanda au Rav Efraim Wolff, qui s'occupait de cela, qu'on fasse venir un photographe pour photographier le corps de Harav Menachem Mendel, et il dit : « Je veux voir une photo du corps du Rebbe Menachem Mendel. » Le Rav Efraim Wolff ne réussit pas à trouver de photographe en pleine nuit, car à l'époque ce n'était pas comme aujourd'hui où chacun a un appareil photo dans sa poche. Mais le Rav Efraim Wolff raconta qu'il s'efforça de voir le corps - quinze ans après son décès - et il vit qu'il était totalement intact dans son corps, comme s'il venait de décéder à l'instant. C'était un grand Juif, le fils du Rebbe Maharash.