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Histoire du Rebbe Tsemach Tsedek - quatrième partie

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Dix-huitième leçon sur la Chalcheles HaYachas (la chaîne des générations) - histoire du Rebbe Tsemach Tsedek, quatrième partie.

Pour l'année 5608, il est écrit brièvement : « 5608 - il imprime le Likoutei Torah ». Mais derrière ces quelques mots se tient toute une histoire. Nous avons déjà lu plus haut qu'en 5597 le Tsemach Tsedek imprima le livre « Torah Or », qui en est la première partie ; et il a fallu plus de dix ans, jusqu'en 5608, pour que la seconde partie, le « Likoutei Torah », soit imprimée. Que s'est-il passé entre-temps ?

À la suite des dénonciations des maskilim, toutes les imprimeries juives de Russie furent fermées au mois de Tévet 5597 - y compris l'imprimerie de Kapoust, dans laquelle avait été imprimé le « Torah Or ». Ils eurent tout juste le temps d'imprimer le « Torah Or », et aussitôt après l'imprimerie fut fermée. Les Russes n'autorisèrent que deux imprimeries : une imprimerie en activité à Vilna, et une autorisation de principe pour une imprimerie à Jitomir. L'imprimerie de Vilna supportait à peine la pression des demandes de toutes les communautés juives - imprimer des siddourim, des houmachim, des michnayos et les ouvrages de base - et elle avait du travail par-dessus la tête, au point qu'il était impossible d'y ajouter quoi que ce soit.

La seconde imprimerie, celle de Jitomir, bien qu'autorisée sur le principe, mit du temps avant que l'autorisation effective ne soit délivrée et qu'elle n'ouvre réellement - jusqu'en 5608. Cette année-là, lorsqu'ils reçurent l'autorisation effective de faire fonctionner l'imprimerie, ils imprimèrent la seconde partie du « Torah Or », qui reçut alors un nouveau nom : « Likoutei Torah ».

Autre chose se produisit entre l'impression du « Torah Or » et celle du « Likoutei Torah » : durant ces dix années, les chassidim apprirent que le Rebbe Tsemach Tsedek possédait des remarques, des hagahos et des explications sur les maamarim de l'Admour HaZaken, et ils insistèrent beaucoup auprès de lui pour que, lorsqu'il imprimerait la seconde partie, il y intègre également toutes ses explications et ses hagahos. Au début il refusa, et finalement il accepta et ces textes y furent inclus.

Qu'est-ce qui amena cela ? Comme cela est détaillé dans le « Migdal Oz », en résumé : le Tsemach Tsedek rêva que l'Admour HaZaken lui apparaissait et lui demandait d'imprimer, mais il décida de ne raconter ce rêve à personne. Ensuite, trois de ses fils firent exactement le même rêve, et chacun vint séparément vers son père en lui disant : « Papa, j'ai rêvé telle et telle chose. » Alors le Tsemach Tsedek accepta, et toutes ses hagahos furent intégrées à la seconde partie, au « Likoutei Torah » - comme on le voit avec les très nombreuses parenthèses du « Likoutei Torah », qui sont les hagahos du Tsemach Tsedek.

Le point suivant : « 5614 - il protesta contre l'exigence du ministerium, suivant la proposition de Lilienthal, d'abréger le siddour de la prière pour les garçons d'Israël et d'introduire un Houmach abrégé pour les enfants d'Israël ». Nous avons déjà parlé plusieurs fois des maskilim, qui causèrent de nombreux problèmes et luttèrent par toutes sortes de moyens pour arracher tout ce qui est divin et spirituel aux enfants d'Israël ; ils poussaient à des assemblées et à des dénonciations, et voulaient introduire des changements dans l'éducation. Ce Lilienthal, mentionné ici par son nom, était l'un des plus grands maskilim ; il naquit à Munich, en Allemagne, et fut éduqué dans un milieu de gens ayant abandonné la religion et d'assimilés, et lorsqu'il arriva en Russie il fit énormément de dégâts.

Celui qui souhaite voir les détails de cette histoire de façon développée les trouvera dans le kountres « Le Tsemach Tsedek et le mouvement de la Haskala ». On y rapporte une réponse longue et détaillée du Tsemach Tsedek à leur exigence d'abréger le Houmach. Ils prétendaient : pourquoi y introduire tous ces récits ? Il y a des récits que les enfants ne sont pas censés entendre ni connaître - et ils tentèrent par toutes sortes de moyens d'abréger et de couper. Le Tsemach Tsedek rédige longuement une réponse à chaque argument, avec une argumentation détaillée expliquant pourquoi cela n'a pas lieu d'être. Par exemple, sur l'exigence de retirer certains versets qui apparemment n'auraient pas leur place, il développe que la Torah est la Torah de Hachem, que tout ce qui s'y trouve est divin, et qu'il est inconcevable que l'intelligence humaine s'en mêle et décide de ce qui convient et de ce qui ne convient pas ; tout doit rester tel quel, car tout vient de Hachem. Un développement entier sur chaque point. Cela se passa cette année-là, en 5614.

Le point suivant : « 5616 - sa cour brûla », celle du Rebbe à Loubavitch, « ainsi que cinq caisses [pleines de] manuscrits ». Ici les choses sont écrites de façon très brève, mais en détail cela est raconté bien plus longuement. À cette époque, un très grand incendie éclata à Loubavitch, qui non seulement brûla la cour du Tsemach Tsedek, mais se propagea et de nombreuses maisons furent incendiées.

Le Rebbe Tsemach Tsedek ne conservait pas chez lui de nombreux manuscrits, mais les avait dispersés - une partie chez le chamach et une partie chez le Rav, pour diverses raisons. Chez le Rav seul se trouvaient vingt volumes énormes : douze volumes de nigleh et huit de chassidus. En nigleh, par exemple, il y avait deux mille feuillets, dans lesquels le Tsemach Tsedek avait complété tous les simanim du Choulhan Aroukh de l'Admour HaZaken qui avaient brûlé - il compléta tout. C'est un trésor immense que le Tsemach Tsedek avait déposé entre les mains du Rav.

On raconte que lorsque l'incendie éclata, le Rebbe courut lui-même vers la maison du chamach. Le chamach était un homme simple, qui ne savait pas apprécier la valeur du trésor qui se trouvait chez lui, et au moment d'un incendie les gens s'affolent et sauvent ce qu'ils peuvent ; c'est pourquoi le Tsemach Tsedek courut chez lui afin de sauver les manuscrits. Et lorsqu'il arriva là-bas, il vit le chamach lui-même sortir avec la caisse en criant : « Rebbe, j'ai sauvé cela ! » - le chamach avait compris ce qui était déposé chez lui.

Chez le Rav, le Rebbe ne courut pas, mais il envoya un Juif que l'on appelait « Tsvi le Jaune » (il était apparemment roux), et lui dit : « Cours à la maison du Rav et aide-le à sortir les manuscrits. » Il s'avère que le Rav sauva pour lui-même un sac de plumes et une ruche de miel, et ne se souvint pas du tout de la précieuse caisse qui lui avait été confiée. Tsvi le Jaune essaya, et ils n'y parvinrent pas - ils restèrent bloqués dans la porte, et il y a là des descriptions - et les manuscrits ne furent pas sauvés, ils brûlèrent. Le Rebbe lui en tint extrêmement rigueur, et longtemps après, le Rav comprit que le Rebbe lui en tenait rigueur parce qu'il avait rassemblé ses affaires personnelles et oublié l'essentiel, ce qui avait été déposé chez lui.

Poursuivons : « 5621 - le 8 Tévet il devint veuf ». En Tévet, la Rabbanit Chaya Mouchka, l'épouse du Tsemach Tsedek, quitta ce monde. Après son départ, le Tsemach Tsedek dit : « Mon monde s'est obscurci pour moi », et cela se passa cinq ans avant son propre départ. Bien qu'il ait été bien souvent un homme fort et vigoureux - et il existe des descriptions étonnantes sur le peu qu'il dormait et sur le fait qu'il n'avait presque pas besoin de manger, et ainsi de suite - durant les cinq dernières années il fut, lehavdil, malade et en proie à des souffrances très dures. Après le départ de la Rabbanit, il cessa de recevoir les chassidim en yechidous, et disait que la faculté de donner un conseil lui avait été retirée, et toutes sortes d'expressions de ce genre ; dès l'instant où la Rabbanit quitta ce monde, il y eut un déclin dans toute cette affaire. Cela se passa en Tévet 5621. La Rabbanit Chaya Mouchka repose à Loubavitch - il y a là-bas l'ohel des Rabbaniyos, et c'est là qu'elle se trouve.

Le dernier point de ce passage est le départ du Rebbe lui-même : « Le mercredi », à minuit trente-sept, « dans la nuit du jeudi, le 13 Nissan 5626, il quitta ce monde et il repose dans la ville de Loubavitch ». [On raconte que la veille on avait ajouté au Tsemach Tsedek le nom « Meïr ».] Tel fut le départ du Tsemach Tsedek, et ce même jour, le 13 Nissan, est également le jour du départ de Rabbi Yossef Karo. Dans le livre « Migdal Oz », on rapporte une allusion tirée d'un verset de la Meguilas Esther : « Et les scribes du roi furent appelés au premier mois, le treizième jour de ce mois » - « les scribes du roi » fait allusion au Beis Yossef, qui écrivit le Choulhan Aroukh, et au Tsemach Tsedek, qui écrivit énormément ; et tous deux, les scribes du roi, furent appelés auprès du Roi le 13 Nissan, qui est le jour de leur départ.