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2 Adar II

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La "chambre" cent-deux dans le palais du Hayom Yom.

Mardi 2 Adar II 5703.

Shiurim : Chumash, Pekudei, Shelishi, avec le commentaire de Rashi.

Tehillim, 2 du mois, du chapitre 10 au chapitre 17 inclus.

Tanya, nous en sommes encore au chapitre 34. Le Shiur quotidien commence par les mots "Ve'im yarchiv", et s'achève à la page 86 par les mots "Kemo shekatuv lekaman".

L'enseignement quotidien est un enseignement très intéressant, qui donne un grand principe sur la manière de se comporter et de mériter de recevoir une bénédiction d'un Tzadik. En guise d'introduction, nous lirons d'abord une lettre du Rebbe à ce sujet, puis nous verrons la source dont est tiré l'enseignement quotidien.

Le 7 Kislev 5712, le Rebbe écrit à un Juif qui avait apparemment demandé une bénédiction pour sa santé. La lettre est en yiddish, et en traduction le Rebbe lui dit : "Lorsque je serai sur le Tziyon de mon beau-père, je lirai le Pidyon Nefesh pour vous, et j'espère qu'il [mon beau-père] éveillera une grande miséricorde, pour que votre santé soit meilleure et aille en s'améliorant constamment". C'est le début de la lettre.

Ensuite, le Rebbe lui écrit : "Vous savez certainement que pour recevoir une bénédiction du Kadosh Baruch Hu, il faut des Kelim, c'est pourquoi je voudrais vous suggérer de commencer à faire particulièrement attention à la mise des Tefillin chaque jour", à l'exception du Shabbat et de Yom Tov bien sûr. Et le Rebbe lui explique pourquoi précisément les Tefillin : "Les Tefillin du bras, que l'on place face au cœur, apportent la santé au cœur, et les Tefillin de la tête, que l'on place face au cerveau - et le cerveau dirige en effet tout le corps et tous les organes par l'intermédiaire des nerfs - apportent la santé à tout le corps".

Le Rebbe lui suggère d'abord les Tefillin, puis de dire chaque jour quelques chapitres de Tehillim, et de donner chaque jour une somme à la Tzedakah sans faire de vœu jusqu'à Pesach qui vient sur nous pour le bien. La lettre a été écrite en Kislev, et le Rebbe demande que jusqu'à Pesach, il donne la Tzedakah chaque jour, et bien qu'il soit bon de donner la Tzedakah même après cela, qu'il le maintienne au moins jusqu'à Pesach - "Et j'espère recevoir de vous de bonnes nouvelles, que votre santé s'est améliorée et que les médecins sont satisfaits de votre état de santé". De cette lettre du Rebbe, on voit explicitement que pour que la bénédiction soit acceptée, elle doit avoir un Kli.

Il y a une lettre du Rebbe Rayatz, écrite dans un style beaucoup plus tranchant, et c'est de là qu'est tiré l'enseignement quotidien. Cette lettre du Rebbe Rayatz date du 27 Adar 5698, et il écrit à un Juif qui, apparemment, n'était pas lié, n'était pas un Chassid, et qui avait demandé une bénédiction. Le Rebbe Rayatz lui écrit : "S'il désire être sur la liste des Mekusharim - alors bien sûr les bénédictions s'accompliront".

Puis il lui donne le "menu" de ce qu'il doit faire pour être sur la liste des Mekusharim : "Fixer un Shiur pour apprendre les paroles du Dieu vivant, la Torah de la Chassidus Chabad, un Shiur fixe chaque jour, et le saint jour du Shabbat un Shiur double, et se conduire dans les voies de la Chassidus". Et il lui détaille - concernant le Nusach de la Tefillah, ainsi que l'immersion au Mikveh la veille du saint Shabbat, le saint Shabbat et le matin de Yom Tov, et dans la manière de mettre les Tefillin - que dans tout cela, il se conduise selon la voie de la Chassidus, "et de prêter attention à l'Arichus HaTefillah lors de moments particuliers". Et il conclut : "Et sinon - cela n'a aucune pertinence", si tout cela n'est pas accompli, vous n'êtes pas lié du tout.

"Et celui qui n'est pas un Mekushar et ne désire pas se conduire dans les voies des Chassidim et étudier la Torah de la Chassidus, et en particulier ceux qui s'y opposent, il est douteux que les bénédictions qu'on leur donne aient une quelconque utilité". Le Rebbe Rayatz dit : quand il s'agit de personnes qui ne font rien, je doute que la bénédiction que je vous donnerai agisse d'une quelconque manière. Et pourquoi ? C'est ici qu'intervient l'enseignement quotidien.

L'enseignement quotidien vient dans la continuité directe de cette phrase dans la lettre : Car "La bénédiction a besoin de quelque chose auquel s'accrocher" - la bénédiction doit s'agripper à quelque chose. Et il apporte un exemple : "Et comme la pluie sur un champ labouré et semé, ou les premières et dernières pluies sur les produits du champ et du vignoble" - comme la pluie qui tombe sur un champ que l'on a déjà labouré et semé, ou le Yoreh et le Malkosh (la première ou la dernière pluie) qui tombent sur les produits du champ et du vignoble, quand il y a déjà quelque chose qui a poussé, alors la pluie peut agir. "Mais dans un champ en friche, ni labouré ni semé, la pluie, le Yoreh et le Malkosh n'apportent aucune utilité" - dans un champ où l'on n'a rien fait, vide, la pluie n'apporte aucune utilité.

Dans la source, le Rebbe Rayatz a écrit "n'apportent... quelque utilité", et le Rebbe a omis le mot "quelque" : "n'apportent... utilité" - ils n'apportent tout simplement rien. Le Rebbe Rayatz conclut la lettre en demandant que le Kadosh Baruch Hu éclaire l'esprit de cet homme, afin qu'il ait la conscience de comprendre que c'est la seule façon dont la bénédiction peut descendre.

Ce sujet apparaît dans une autre lettre, avec des expressions différentes, et il s'y trouve un ajout intéressant. Le Rebbe y dit que la bénédiction n'est pas seulement une expression des lèvres, la prononciation de quelques mots, mais qu'elle est fondamentalement un éveil de miséricorde et de supplications, quand le Rebbe bénit, il éveille la miséricorde et supplie, "et elles s'accomplissent la plupart du temps là où il y a des Kelim pour contenir la parole de la bénédiction". S'il y a des Kelim - la bénédiction s'accomplit, et s'il n'y a pas de Kelim - il ramène de nouveau le Mashal, que s'il y a des épines et des ronces et que le champ n'est pas semé, cela n'apporte aucune utilité. De même, une bénédiction n'apporte de l'utilité qu'à celui qui observe la Torah et les Mitzvot, car il est un Kli pour la bénédiction.

Puis il conclut par un point intéressant - le sujet de la pluie. La pluie est un Mashal dans la Chassidus pour quelque chose qui vient par un éveil d'en bas (Itaruta Diletata), car la pluie "monte de la terre" - vient d'en bas et éveille ensuite une bénédiction d'en haut, et par conséquent elle est conditionnée par des préparations préalables. Mais la rosée est d'emblée un éveil d'en haut (Itaruta Dileila), qui vient de lui-même et ne dépend aucunement de la Avodah de l'homme - et par cela, elle ouvre une porte à la bénédiction. La rosée n'est pas retenue et ne dépend de rien. C'est pourquoi le Rebbe dit : je vous bénis pour que le Kadosh Baruch Hu vous donne un bon cœur et un esprit fort pour mettre les Tefillin, garder le Shabbat et accomplir les Mitzvot, et si vous le faites également, le Kadosh Baruch Hu vous aidera pour que tout s'arrange. En d'autres termes, je ne vous laisse pas sans bénédiction - je vous donne comme la rosée, en vous éveillant à vouloir commencer à faire quelque chose, mais sans rien, il est certain que cela ne fonctionne pas.

Le lien de l'enseignement quotidien avec son emplacement dans le Hayom Yom. On peut tout d'abord trouver un lien général avec la Parashat HaShavua. Nous sommes dans la Parashat Pekudei, et il s'y trouve un verset où Moshe Rabbeinu a vu tout ce qu'Israël a fait dans la construction du Mishkan : "Et Moshe vit toute l'œuvre, et voici, ils l'avaient faite... et Moshe les bénit". Et voici le point : quand Moshe Rabbeinu les a-t-il bénis ? Quand il a vu tout ce qu'ils avaient fait. On peut dire que c'est aussi la suite de l'enseignement que nous avons lu hier, où était rapportée l'expression "Yaaleh Veyavo... Pokdenu bo livrecha", et aujourd'hui vient l'explication de la manière dont arrive la bénédiction - de cette forme.

Pour conclure, dans la suite des enseignements par rapport à la progression du Yad Hachazakah du Rambam. Nous avons dit que nous commençons maintenant les allusions au Sefer Zeraim dans le Rambam, et c'est exactement tout le sujet d'aujourd'hui - le Sefer Zeraim. Vous voulez qu'il y ait de la semence et que cela pousse, et tout le Sefer Zeraim traite de ce qui pousse. Si vous voulez que quelque chose pousse, et si vous voulez qu'il y ait une bénédiction - il faut bien sûr qu'il y ait un labour et des semailles, et alors la bénédiction aura de quoi s'accrocher et sur quoi exister avec l'aide d'Hashem.