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Chapitre 35 - Le Pessa'h de Yoshiyahou et sa mort à Megiddo - 1ère partie

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Introduction : Le Pessa'h de Yoshiyahou

Le chapitre 35 du deuxième livre des Chroniques (Divrei HaYamim II) détaille le grandiose sacrifice de Pessa'h célébré par le roi Yoshiyahou avec tout son peuple. Après que le chapitre précédent a décrit le renouvellement de l'Alliance et l'éradication de l'idolâtrie, ce chapitre-ci vient exposer l'ordonnance du service : l'installation des Kohanim et des Léviim à leurs gardes (Michmarot), la mise à l'abri (Gueniza) de l'Arche, le prélèvement des offrandes de Pessa'h sur les biens du roi et des princes, l'ordre de l'abattage rituel (She'hita) et de l'aspersion du sang (Zérika), la préparation et la cuisson, et enfin ce témoignage exceptionnel : « Jamais un Pessa'h pareil n'avait été célébré en Israël depuis les jours du prophète Samuel ».

Verset 1 : Un Pessa'h conforme à la règle et en son temps
וַיַּעַשׂ יֹאשִׁיָּהוּ בִירוּשָׁלַ͏ִם פֶּסַח לַיהֹוָה וַיִּשְׁחֲטוּ הַפֶּסַח בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן׃ - Yoshiyahou célébra à Jérusalem un Pessa'h pour l'Éternel, et l'on immola le sacrifice de Pessa'h le quatorzième jour du premier mois.

Pourquoi le texte doit-il souligner : « Yoshiyahou célébra à Jérusalem un Pessa'h pour l'Éternel » ? Parce que tous les rois impies de Juda n'avaient pas accompli Pessa'h selon la règle ; le verset vient donc enseigner que Yoshiyahou a renouvelé et rétabli avec vigueur la mitsva du sacrifice de Pessa'h.

Et pourquoi préciser « le quatorzième jour du premier mois » ? Y aurait-il donc une autre date pour Pessa'h ? Le Metsoudat David explique : pour 'Hizkiyahou (Ézéchias), il est rapporté qu'il avait célébré Pessa'h au deuxième mois (ce qui a déjà été expliqué selon deux avis), c'est pourquoi le verset souligne ici que ce Pessa'h fut accompli selon la règle stricte, au premier mois (Nissan).

Verset 2 : L'installation des Kohanim et leur encouragement
וַיַּעֲמֵד הַכֹּהֲנִים עַל־מִשְׁמְרוֹתָם וַיְחַזְּקֵם לַעֲבוֹדַת בֵּית יְהֹוָה׃ - Il rétablit les Kohanim à leurs postes de garde et les encouragea au service de la Maison de l'Éternel.

Yoshiyahou assigne chaque Kohen à sa garde, tout en les stimulant et les encourageant à accomplir le service du Temple comme il se doit et avec perfection.

Verset 3 : La mise à l'abri de l'Arche
וַיֹּאמֶר לַלְוִיִּם הַמְּבִינִים לְכׇל־יִשְׂרָאֵל הַקְּדוֹשִׁים לַיהֹוָה תְּנוּ אֶת־אֲרוֹן־הַקֹּדֶשׁ בַּבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה בֶן־דָּוִיד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל אֵין־לָכֶם מַשָּׂא בַּכָּתֵף עַתָּה עִבְדוּ אֶת־יְהֹוָה אֱלֹהֵיכֶם וְאֵת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל׃ - Il dit aux Léviim qui instruisaient tout Israël et qui étaient consacrés à l'Éternel : Déposez l'Arche sainte dans la Maison qu'a bâtie Salomon, fils de David, roi d'Israël ; vous n'avez plus de charge à porter sur l'épaule. Servez à présent l'Éternel, votre Dieu, et Son peuple Israël.

« Les Léviim qui instruisaient (hamévimim) » : l'intention renvoie, comme l'explique le Metsoudat David, aux Kohanim, descendants de Lévi, qui transmettent la compréhension de la Torah au peuple d'Israël.

« Placez l'arche sainte dans la maison qu'a bâtie Salomon » - mais où se trouvait donc l'arche jusqu'à présent pour qu'il faille l'y replacer maintenant ? Le Radak écrit que Ménaché l'avait peut-être retirée de là lorsqu'il introduisit l'idole dans la Maison de Dieu, mais il s'en étonne vivement : Ménaché n'a-t-il pas fait téchouva à la fin de ses jours et retiré l'idole du Temple de Hachem ? Il eût alors été naturel qu'il remette l'arche à sa place.

Nos Sages (Hazal) apportent une autre explication : Yoshiahou ordonna de dissimuler l'arche afin qu'elle ne parte pas en exil avec les captifs. Il y avait une pierre à l'ouest du Saint des Saints sur laquelle reposait l'arche, devant laquelle se trouvaient la fiole de manne et le bâton d'Aharon. Lorsque Salomon bâtit le Temple, il savait que celui-ci finirait par être détruit ; il aménagea donc un lieu souterrain pour y cacher l'arche, au sein de cachettes profondes et tortueuses - des galeries souterraines -, afin que si le peuple devait, à D.ieu ne plaise, partir en exil, on puisse y dissimuler l'arche. Cette pierre servait de couvercle à cette cache. Yoshiahou ordonna donc de remiser l'arche dans ce lieu même que Salomon avait aménagé, comme il est dit : « Placez l'arche sainte », et l'on dissimula avec elle le bâton d'Aharon, la fiole de manne et l'huile d'onction.

Selon cela, l'expression « dans la maison qu'a bâtie Salomon » ne désigne pas le sanctuaire lui-même, mais les galeries souterraines de la Maison bâtie par Salomon. L'arche était bien là, et Yoshiahou ordonna simplement de la dissimuler dans ces galeries, afin d'éviter que les ennemis ne s'en emparent comme butin, ou que l'on doive l'emmener en exil - ce qui n'aurait pas été digne de l'arche de la Maison de Hachem -, ou encore que, s'ils partaient avec elle en exil, les nations ne viennent la capturer.

« Vous n'avez plus de fardeau sur l'épaule »

Quelle est l'intention du roi lorsqu'il déclare : « Vous n'avez plus de fardeau sur l'épaule » ? Le Malbim explique : vous n'avez plus à porter de fardeau sur l'épaule comme au désert, où le service des Lévites consistait en ce que « la charge des objets sacrés reposait sur eux, ils devaient la porter sur l'épaule ». Désormais, vous n'avez plus de fardeau à porter ; tout ce qui vous incombe est de servir Hachem et Son peuple par le service du Temple. Pourtant, cela semble étonnant : cette réalité était-elle nouvelle pour ce jour ? N'avaient-ils pas déjà cessé de porter des fardeaux sur l'épaule depuis leur entrée en terre d'Israël ?

Le Metsoudat David apporte une explication complémentaire : une fois que vous aurez porté l'arche sur l'épaule pour la déposer à sa place, vous n'aurez plus jamais de travail de portage sur l'épaule, et vous serez entièrement disponibles pour le service de Hachem lors des sacrifices. En d'autres termes, il ne vous reste qu'une seule tâche de ce genre à accomplir, après quoi vous n'aurez plus aucun fardeau.

Et le commentaire attribué à Rachi explique : le roi leur dit en substance : vous n'avez aucune charge de portage sur l'épaule pour aucun des ustensiles du Temple qui pourrait vous faire prétexter un manque de disponibilité pour le service de Hachem en raison d'un labeur épuisant, tel qu'il existait au désert lorsque les Lévites portaient l'arche. Dès lors que vous n'avez pas de fardeau sur l'épaule, que vous reste-t-il à faire ? Uniquement servir Hachem votre D.ieu et Son peuple Israël, offrir les sacrifices et accomplir le culte comme il se doit. C'est une introduction à sa demande : vous êtes libres, vous disposez de tout votre temps, vous n'êtes accablés d'aucune lourde tâche - consacrez-vous donc pleinement au service de Pessa'h. Car le service de Pessa'h est par lui-même très exigeant : l'abattage rituel (ché'hita), le dépouillement, le nettoyage des entrailles et autres tâches semblables constituent un travail loin d'être simple.

Versets 4-6 : La répartition des gardes et la préparation du peuple
וְהָכִינוּ לְבֵית־אֲבוֹתֵיכֶם כְּמַחְלְקוֹתֵיכֶם בִּכְתָב דָּוִיד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל וּבְמִכְתַּב שְׁלֹמֹה בְנוֹ׃ - Préparez-vous selon vos maisons paternelles, selon vos divisions, conformément à l'écrit de David, roi d'Israël, et à l'écrit de Salomon son fils.

Préparez-vous, chacun selon sa maison paternelle, comme le roi David a organisé les divisions de garde, puis à l'époque de Salomon - vous servirez selon ces mêmes sections.

וְעִמְדוּ בַקֹּדֶשׁ לִפְלֻגּוֹת בֵּית הָאָבוֹת לַאֲחֵיכֶם בְּנֵי הָעָם וַחֲלֻקַּת בֵּית־אָב לַלְוִיִּם׃ - Et tenez-vous dans le sanctuaire selon les groupes des maisons paternelles pour vos frères, les enfants du peuple, et selon la répartition des maisons paternelles pour les Lévites.

« Selon les groupes » (liflougot) - du terme péleg, division. Tenez-vous répartis selon vos divisions, et comme l'explique le Malbim : chaque maison paternelle d'Israël se tiendra face à une maison paternelle de Lévites. C'est-à-dire placez-vous face à face, chaque maison paternelle de Lévites préparant le service pour la maison paternelle d'Israël qui lui fait face, en leur prêtant aide et assistance.

וְשַׁחֲטוּ הַפָּסַח וְהִתְקַדְּשׁוּ וְהָכִינוּ לַאֲחֵיכֶם לַעֲשׂוֹת כִּדְבַר־יְהֹוָה בְּיַד־מֹשֶׁה׃ - Et immolez le sacrifice de Pessa'h, sanctifiez-vous et préparez les offrandes pour vos frères, afin d'agir selon la parole de l'Éternel transmise par Moché.

Immolez le sacrifice de Pessa'h et sanctifiez-vous, c'est-à-dire purifiez-vous, et encouragez également vos frères à se purifier et à offrir les sacrifices, pour agir conformément à la parole de l'Éternel transmise par Moché.

Verset 7 : Le roi finance de sa propre poche
וַיָּרֶם יֹאשִׁיָּהוּ לִבְנֵי הָעָם צֹאן כְּבָשִׂים וּבְנֵי־עִזִּים הַכֹּל לַפְּסָחִים לְכׇל־הַנִּמְצָא לְמִסְפַּר שְׁלֹשִׁים אֶלֶף וּבָקָר שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים אֵלֶּה מֵרְכוּשׁ הַמֶּלֶךְ׃ - Et Yochiya préleva pour les enfants du peuple du petit bétail, des agneaux et des chevreaux, le tout pour les sacrifices de Pessa'h, pour tous ceux qui étaient présents, au nombre de trente mille, ainsi que trois mille têtes de gros bétail ; tout cela provenait des biens du roi.

« Vayarem » (il préleva) signifie qu'il mit à part, comme dans l'expression de la Torah « vous prélèverez » (tarimou). Pour tout le peuple présent, le roi préleva du petit bétail pour les sacrifices de Pessa'h, atteignant le nombre de trente mille têtes de petit bétail, agneaux et chevreaux. Quant au gros bétail, qui n'est pas apte pour le sacrifice de Pessa'h, il était destiné aux sacrifices de paix de la fête (chalmé 'haguiga), au nombre de trois mille.

Remarquez ce fait remarquable : « tout cela provenait des biens du roi ». Le peuple n'est pas venu apporter chacun son propre animal, comme cela se fait habituellement pour le korban Pessa'h, où l'on s'associe et où chacun participe financièrement de sa poche ; c'est le roi lui-même qui a financé trente mille bêtes de petit bétail et trois mille de gros bétail.

Versets 8-9 : Les contributions des dignitaires aux cohanim et aux léviim
וְשָׂרָיו לִנְדָבָה לָעָם לַכֹּהֲנִים וְלַלְוִיִּם הֵרִימוּ חִלְקִיָּה וּזְכַרְיָהוּ וִיחִיאֵל נְגִידֵי בֵּית הָאֱלֹהִים לַכֹּהֲנִים נָתְנוּ לַפְּסָחִים אַלְפַּיִם וְשֵׁשׁ מֵאוֹת וּבָקָר שְׁלֹשׁ מֵאוֹת׃ - Et ses ministres prélevèrent des offrandes volontaires pour le peuple, pour les cohanim et pour les léviim. 'Hilkiya, Zekharyahou et Ye'hiel, dirigeants de la Maison de Dieu, donnèrent aux cohanim pour les sacrifices de Pessa'h deux mille six cents têtes de petit bétail et trois cents têtes de gros bétail.

Ces ministres étaient les notables du peuple qui se dévouèrent à cette œuvre. 'Hilkiya, Zekharyahou et Ye'hiel étaient les hauts responsables, les intendants de la Maison de Dieu, et ils prenaient en charge les gardes sacerdotales placées sous leur autorité. Ils donnèrent aux cohanim deux mille six cents bêtes de Pessa'h et trois cents têtes de gros bétail, ce qui correspond à peu près à la même proportion d'un dixième que celle observée chez le roi.

וְכׇנַנְיָהוּ וּשְׁמַעְיָהוּ וּנְתַנְאֵל אֶחָיו וַחֲשַׁבְיָהוּ וִיעִיאֵל וְיוֹזָבָד שָׂרֵי הַלְוִיִּם הֵרִימוּ לַלְוִיִּם לַפְּסָחִים חֲמֵשֶׁת אֲלָפִים וּבָקָר חֲמֵשׁ מֵאוֹת׃ - Et Konanyahou, Chemayahou et Netanël ses frères, ainsi que 'Hachavyahou, Yeïel et Yozavad, chefs des léviim, prélevèrent pour les léviim, pour les sacrifices de Pessa'h, cinq mille têtes de petit bétail et cinq cents têtes de gros bétail.

Toutes ces personnes mentionnées ici étaient les chefs des léviim, et elles prélevèrent pour les léviim cinq mille bêtes de Pessa'h et cinq cents têtes de gros bétail. Le verset précédent traitait de la part réservée aux cohanim, et ici le texte détaille celle des léviim. Il arrive que l'Écriture mentionne les cohanim de manière globale au sein des enfants de Lévi, ou qu'elle parle des léviim dans un sens général, mais ici elle distingue expressément les léviim pour eux-mêmes et les cohanim pour eux-mêmes. Le Malbim résume ainsi : Yochiya préleva les offrandes pascales nécessaires au peuple d'Israël, les ministres offrirent et donnèrent celles qui étaient requises pour les cohanim, et les chefs des léviim prélevèrent celles nécessaires aux léviim.

Verset 10 : Le service est parfaitement en place
וַתִּכּוֹן הָעֲבוֹדָה וַיַּעַמְדוּ הַכֹּהֲנִים עַל־עׇמְדָם וְהַלְוִיִּם עַל־מַחְלְקוֹתָם כְּמִצְוַת הַמֶּלֶךְ׃ - Le service fut ainsi préparé, et les Cohanim se tinrent à leur poste et les Léviim selon leurs divisions, conformément à l'ordre du roi.

« Le service fut ainsi préparé » - le service fut établi selon les règles requises, comme dans l'expression « établis-le sur son socle », de manière tout à fait convenable. « Et les Cohanim se tinrent à leur poste » - chaque garde (michmar) à sa fonction, et de même pour les Léviim, chaque groupe de lévites dans sa division propre. Et le tout conformément à l'ordre du roi, qui avait prescrit que chaque garde se tienne séparément.

Verset 11 : La che'hita, la réception du sang et l'aspersion
וַיִּשְׁחֲטוּ הַפָּסַח וַיִּזְרְקוּ הַכֹּהֲנִים מִיָּדָם וְהַלְוִיִּם מַפְשִׁיטִים׃ - Ils égorgèrent le sacrifice de Pessa'h ; les Cohanim firent l'aspersion du sang reçu de leurs mains, tandis que les Léviim dépouillaient les bêtes.

Le texte ne précise pas qui a abattu l'animal, et n'attribue expressément aux Cohanim que l'aspersion du sang (zérica). En effet, comme cela a déjà été mentionné : à partir de la réception du sang (kabbala), le service relève exclusivement des Cohanim, tandis que la che'hita est valide même lorsqu'elle est accomplie par un non-Cohen (zar). C'est pourquoi, ici, l'abattage et le dépouillement furent effectués par les Léviim, tandis que l'aspersion - et avec elle la réception du sang - incombait aux Cohanim. C'est là le sens de l'expression « de leur main » : les Léviim égorgeaient de leur main, et les Cohanim recevaient le sang dans un réceptacle et le transportaient vers l'autel.

Quatre actes majeurs constituent le service d'un sacrifice : la che'hita (l'abattage), la kabbala (la réception du sang), la holakha (son transport) et la zérica (l'aspersion). La kabbala consiste à recueillir le sang jaillissant de la gorge de l'animal. La holakha consiste à l'acheminer vers l'autel. La zérica consiste à le projeter contre le coin de l'autel ou à l'endroit qui lui est assigné : certains sacrifices requièrent une aspersion au-dessus du fil rouge ('hout hassikra), d'autres au-dessous, certains exigent deux aspersions équivalant à quatre, d'autres quatre aspersions distinctes sur les quatre cornes - l'autel connaissait ainsi plusieurs modalités d'aspersion.

Verset 12 : Un verset inversé - les émorim et les sacrifices de Pessa'h
וַיָּסִירוּ הָעֹלָה לְתִתָּם לְמִפְלַגּוֹת לְבֵית־אָבוֹת לִבְנֵי הָעָם לְהַקְרִיב לַיהֹוָה כַּכָּתוּב בְּסֵפֶר מֹשֶׁה וְכֵן לַבָּקָר׃ - Ils mirent à part ce qui devait monter sur l'autel afin de le distribuer par divisions de familles patriarcales aux gens du peuple, pour qu'on l'offrît à l'Éternel selon ce qui est écrit dans le livre de Moïse ; et ils firent de même pour le gros bétail.

Le verset est difficile en lui-même : de quel holocauste ('ola) s'agit-il, et pourquoi faudrait-il le retirer ? Et comment pourrait-on donner un holocauste à une maison paternelle des membres du peuple, alors que la 'ola doit être entièrement consumée sur l'autel ? De plus, il est écrit ensuite « pour qu'on l'offrît à l'Éternel », or ce n'est pas le peuple qui offre sur l'autel, mais les Cohanim !

Le Metsoudat David explique, dans une voie également suivie par le Malbim, que le verset traite de chaque sujet de manière indépendante, selon une syntaxe inversée (passouk messouras). « Ils mirent à part ce qui devait monter (vayassirou ha'ola) » : cela désigne les émorim (les graisses sacrificielles) qui montent sur l'autel, c'est-à-dire qu'ils prélevèrent les émorim. « Afin de les distribuer par divisions de familles patriarcales aux gens du peuple » : cette proposition ne se rapporte pas à la 'ola, mais aux sacrifices de Pessa'h, dont on remettait la chair au peuple pour être consommée. « Pour qu'on l'offrît à l'Éternel » : cette fin de phrase se rattache au début du verset, c'est-à-dire aux émorim, qui doivent être offerts à l'Éternel. C'est ainsi que le texte s'éclaire. « Et ils firent de même pour le gros bétail » : ils procédèrent de façon identique pour le bétail destiné aux sacrifices de paix de la fête (chelmé 'haguiga), en prélevant d'abord les émorim avant de remettre la viande à ses propriétaires.

Verset 13 : Cuisson à l'eau et rôtissage
וַיְבַשְּׁלוּ הַפֶּסַח בָּאֵשׁ כַּמִּשְׁפָּט וְהַקֳּדָשִׁים בִּשְּׁלוּ בַּסִּירוֹת וּבַדְּוָדִים וּבַצֵּלָחוֹת וַיָּרִיצוּ לְכׇל־בְּנֵי הָעָם׃ - Ils firent rôtir le sacrifice de Pessa'h au feu selon la règle, et firent cuire les autres viandes saintes dans des marmites, des chaudrons et des plats, et s'empressèrent de les apporter à tous les membres du peuple.

Le commentaire attribué à Rachi explique que « selon la règle » signifie rôti au feu. Le Radak fait remarquer que l'on ne trouve nulle part ailleurs le terme de « cuisson » (bichoul) appliqué à un rôti : partout ailleurs, « bichoul » désigne une cuisson à l'eau ou au bouillon, mais ici, il s'agit d'une cuisson qui est en réalité un rôtissage, car « bichoul » est un terme générique englobant tous les modes de cuisson par la chaleur, y compris le rôtissage.

Le Malbim, quant à lui, explique : puisque le petit bétail était destiné au korban Pessa'h et le gros bétail à la 'haguiga, ils ont rôti le Pessa'h au feu et ont fait cuire la 'haguiga. Dès lors, le verset se subdivise ainsi : « Ils firent cuire le Pessa'h au feu » - c'est-à-dire qu'ils rôtirent le Pessa'h -, « et les sacrifices consacrés, ils les firent cuire dans des marmites » - c'est-à-dire que les autres sacrifices, qui nécessitaient une cuisson dans un liquide, furent cuits au sens propre.

« Sirot » : des marmites. « Doudim » : des récipients de cuisson, comme nous le trouvons à propos des fils d'Éli : « tout ce que la fourchette amenait... il frappait dans la marmite, dans le chaudron », car ils prenaient et saisissaient la viande avant même que les sacrifices ne soient offerts. Quant à « tsela'hot », il ne s'agit pas des assiettes que nous connaissons aujourd'hui, mais, comme l'explique le Radak, sirot, doudim et tsela'hot sont diverses sortes de chaudrons et de marmites ; et comme le prouve le sens littéral du verset qui emploie le terme « et ils firent cuire », il s'agissait bien d'ustensiles de cuisson.

« Et ils les apportèrent en hâte à tous les enfants du peuple » : ce sont les Léviim qui coururent et servirent tout Israël. Ce n'est qu'après avoir préparé pour l'ensemble du peuple qu'ils préparèrent pour eux-mêmes, ainsi que pour les Cohanim, qui n'avaient pas non plus le temps de préparer pour eux-mêmes.

Verset 14 : Les Léviim préparent pour les Cohanim
וְאַחַר הֵכִינוּ לָהֶם וְלַכֹּהֲנִים כִּי הַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן בְּהַעֲלוֹת הָעוֹלָה וְהַחֲלָבִים עַד־לָיְלָה וְהַלְוִיִּם הֵכִינוּ לָהֶם וְלַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן׃ - Et ensuite, ils préparèrent pour eux-mêmes et pour les Cohanim, car les Cohanim, fils d'Aharon, étaient occupés à offrir les holocaustes et les graisses jusqu'à la nuit ; les Léviim préparèrent donc pour eux-mêmes et pour les Cohanim, fils d'Aharon.

Après avoir préparé le Pessa'h pour le peuple, les Léviim préparèrent leurs propres sacrifices et ceux des Cohanim. La raison en est que les Cohanim étaient affairés à faire monter les holocaustes et les graisses sur l'autel jusqu'à la nuit ; c'est pourquoi les Léviim préparèrent également pour eux. De même, ils préparèrent pour les Léviim qui ne pouvaient pas quitter leur poste - les chantres et les portiers - pour lesquels ils apprêtèrent également le Pessa'h.

Verset 15 : Les chantres et les portiers à leur poste
וְהַמְשֹׁרְרִים בְּנֵי־אָסָף עַל־מַעֲמָדָם כְּמִצְוַת דָּוִיד וְאָסָף וְהֵימָן וִידֻתוּן חוֹזֵה הַמֶּלֶךְ וְהַשֹּׁעֲרִים לְשַׁעַר וָשָׁעַר אֵין לָהֶם לָסוּר מֵעַל עֲבֹדָתָם כִּי־אֲחֵיהֶם הַלְוִיִּם הֵכִינוּ לָהֶם׃ - Et les chantres, fils d'Assaf, étaient à leur poste selon le commandement de David, d'Assaf, d'Héman et de Yedoutoun, le voyant du roi ; et les portiers se tenaient à chaque porte, sans avoir à quitter leur service, car leurs frères, les Léviim, préparaient pour eux.

C'est ce que nous avons mentionné : leurs frères les Léviim préparaient également pour les portiers, car ceux-ci ne pouvaient s'écarter de leur garde - les uns se tenaient pour chanter et les autres pour garder les portes, et il leur était interdit de quitter leur poste. Les chantres, fils d'Assaf, se tenaient à leur poste conformément à l'ordonnance de David, qui les avait répartis en gardes de service. « Et Assaf, Héman et Yedoutoun, le voyant du roi » : chacun d'entre eux était un voyant du roi, c'est pourquoi l'expression est employée au singulier.

Verset 16 : Tout le service parfaitement réglé
וַתִּכּוֹן כׇּל־עֲבוֹדַת יְהֹוָה בַּיּוֹם הַהוּא לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְהַעֲלוֹת עֹלוֹת עַל מִזְבַּח יְהֹוָה כְּמִצְוַת הַמֶּלֶךְ יֹאשִׁיָּהוּ׃ - Ainsi fut organisé tout le service de l'Éternel en ce jour-là, pour faire le Pessa'h et faire monter des holocaustes sur l'autel de l'Éternel, selon le commandement du roi Yoshiyahou.

« Ainsi fut réglé tout le service de l'Éternel en ce jour » - tout s'est déroulé dans un ordre parfait et une grande minutie, tant pour le Pessa'h que pour les holocaustes, selon les termes du Metsoudat David. Et le Malbim explique : « célébrer la Pâque » - cela concerne les besoins d'Israël ; « et offrir des holocaustes » - ce sont les graisses et les émorim offerts au Très-Haut et brûlés sur l'autel.

Verset 17 : Le Pessa'h et la fête des Matzot
וַיַּעֲשׂוּ בְנֵי־יִשְׂרָאֵל הַנִּמְצְאִים אֶת־הַפֶּסַח בָּעֵת הַהִיא וְאֶת־חַג הַמַּצּוֹת שִׁבְעַת יָמִים׃ - Les enfants d'Israël qui se trouvaient là célébrèrent la Pâque en ce temps-là, et la fête des Azymes pendant sept jours.

« La Pâque et la fête des Matzot » - cela englobe les sacrifices réguliers de chaque jour, les holocaustes de réapparition (olot réiya) et les sacrifices de paix de fête (chalmé 'haguiga). En effet, le sacrifice de Pessa'h ne fait pas partie des sept jours : il est offert le 14 Nissan, avant même la fête, et consommé la nuit du Séder ; en plus de lui, il y a sept jours que l'on célèbre sous le nom de fête de Pessa'h.

Verset 18 : « Et il ne fut point célébré de Pâque semblable »
וְלֹא־נַעֲשָׂה פֶסַח כָּמֹהוּ בְּיִשְׂרָאֵל מִימֵי שְׁמוּאֵל הַנָּבִיא וְכׇל־מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל לֹא־עָשׂוּ כַּפֶּסַח אֲשֶׁר־עָשָׂה יֹאשִׁיָּהוּ וְהַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וְכׇל־יְהוּדָה וְיִשְׂרָאֵל הַנִּמְצָא וְיוֹשְׁבֵי יְרוּשָׁלָ͏ִם׃ - Et aucune Pâque semblable à celle-là n'avait été célébrée en Israël depuis les jours du prophète Samuel ; et aucun des rois d'Israël n'avait célébré une Pâque comme celle que célébrèrent Josias, les prêtres, les Lévites, tout Juda et Israël qui s'y trouvaient, ainsi que les habitants de Jérusalem.

Pourquoi est-il écrit ici « depuis les jours du prophète Samuel », alors que dans le livre des Rois il est dit « depuis les jours des Juges » ? Le Radak explique : Samuel était lui-même un juge, par conséquent, en disant « depuis les jours du prophète Samuel », on vise également l'époque des Juges.

Ici, tous les commentateurs soulèvent une grande difficulté : comment peut-on affirmer qu'aucune Pâque semblable n'avait été célébrée ? Il y a pourtant eu de grands rois tsaddikim - le règne de David, le règne de Salomon et d'autres - qui ont assurément célébré Pessa'h dans les règles de l'art. D'autant plus qu'à cette époque, une grande partie du peuple d'Israël n'était déjà plus sur la terre.

Le Radak explique : cela signifie qu'il n'y avait jamais eu de Pessa'h semblable où tout Israël était animé d'un cœur si entier pour servir l'Éternel. C'est ce qui est dit également à propos de cette époque dans le livre de Samuel : « toute la maison d'Israël soupirait après l'Éternel », « et les enfants d'Israël ôtèrent les Baals ». Même lors du Pessa'h célébré par 'Hizkiyahou (Ézéchias), beaucoup d'Israélites n'étaient pas présents, et bien plus encore, certains s'étaient moqués des courriers qu'il avait envoyés. Nous avons vu plus haut que 'Hizkiyahou avait envoyé des courriers pour convaincre le peuple de venir offrir le sacrifice pascal, mais bon nombre d'entre eux s'étaient tellement accoutumés à l'idolâtrie qu'ils méprisaient le service divin et raillaient les émissaires. De plus, parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem, beaucoup étaient impurs et consommèrent le Pessa'h dans l'impureté. Il en ressort que même à l'époque de 'Hizkiyahou, le Pessa'h n'atteignit pas une telle perfection, car ici le peuple se tenait à un niveau spirituel supérieur et agissait d'un cœur parfaitement dévoué au service de l'Éternel.

Le Malbim cite au nom de l'Abravanel (« le RI » - Rabbi Isaac Abravanel) deux raisons : la première, c'est qu'auparavant on offrait toujours des sacrifices sur les hauts lieux (bamot), et jamais il n'y avait eu d'époque où toute idolâtrie et tous les hauts lieux eussent été abolis de la sorte. La seconde, c'est que tous les Israélites qui se trouvaient alors en terre d'Israël se rassemblèrent pour cette célébration. De ce point de vue, aucune fête n'égala la grandeur de ce Pessa'h.

Le commentaire attribué à Rachi s'étonne lui aussi : comment est-il possible qu'une telle Pâque n'ait pas été célébrée durant toute l'époque des Juges, aux jours de Samuel le voyant, ni sous David et Salomon, alors qu'Israël résidait sur sa terre dans la paix et la tranquillité, sous l'autorité d'un roi unique - car on ne saurait prétendre qu'ils étaient divisés, le royaume n'étant pas encore scindé à l'époque de David - et que leur cœur était tourné vers le Ciel ? La réponse est la suivante, telle que l'a formulée Rabbi Éliézer fils de Rabbi Méchoulam zatsal : jamais une Pâque semblable n'avait eu lieu, où le roi et les princes fournirent du bétail pour les sacrifices de Pessa'h en abondance ainsi que du gros bétail pour les sacrifices de fête, et où le roi ordonna aux Lévites de tout préparer et de distribuer à chaque individu selon ses besoins. De ce point de vue, il n'y eut jamais d'autre fête pareille : le roi finança sur ses propres deniers la totalité des sacrifices de Pessa'h de tout le peuple, les princes offrirent également des bêtes pour les chalmé 'haguiga, et les Lévites reçurent l'ordre de tout apprêter et de pourvoir à chaque foyer. Une telle chose ne s'était jamais produite, car auparavant chacun apportait ses propres offrandes, achetant son agneau et son bétail. Ici, le roi a tout pris en charge, et un tel Pessa'h n'avait véritablement jamais existé.

En conclusion :

Le chapitre 35 s'ouvre sur la grande fête de Pessa'h de Yochiyaou : un Pessa'h célébré en son temps et selon ses règles, le 14 du premier mois, avec les Cohanim à leurs gardes et les Léviim selon leurs divisions. Yochiyaou ordonne d'enfouir l'Arche dans les galeries souterraines préparées par Chlomo, et annonce aux Léviim qu'ils n'ont plus désormais de charge à porter sur leurs épaules, de sorte que toute leur vigueur est disponible pour le service d'Hachem et pour le service de Pessa'h. Le roi prélève de ses propres biens trente mille têtes de petit bétail et trois mille bovins ; les ministres font de même pour les Cohanim, et les chefs des Léviim pour les Léviim. Tout l'ordre du service - Che'hita, aspersion du sang, dépouillement, retrait des Emourim, rôtissage et cuisson - s'accomplit parfaitement, au point que les Léviim préparent également les offrandes pour les Cohanim, les chantres et les gardes qui ne peuvent quitter leur poste. Enfin, l'Écriture atteste qu'aucun Pessa'h semblable n'avait été célébré depuis l'époque du prophète Chmouel : d'un cœur entier de tout Israël, sans Bamot et sans idolâtrie, et avec la générosité du roi et des princes qui ont financé les sacrifices de tout le peuple - ce qui n'avait jamais existé auparavant.

Chapitre 35 - Le Pessa'h de Yoshiyahou et sa mort à Megiddo - 1ère partie · Divrei HaYamim B · דברי הימים ב