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Chapitre 53 - Les quatre amot de halakha

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Nous abordons la seconde moitié du chapitre 53, après nous être arrêtés au folio 74b (page 148). Commençons par une brève récapitulation de ce que nous avons appris jusqu'ici, puis nous poursuivrons avec l'aide de Hachem.

Le thème général qui traverse les derniers chapitres, depuis le chapitre 51, est l'explication de la notion de hachraat haChekhina, la « résidence » de la Présence divine. Que signifie cette expression bien connue selon laquelle la Chekhina réside dans le Saint des Saints ? Le Saint béni soit-Il est pourtant présent partout : quel sens y a-t-il à désigner un lieu particulier ?

L'explication s'est construite à partir de l'analogie avec l'âme de l'homme. Bien que l'âme elle-même se trouve dans tout le corps, il existe malgré tout un endroit précis où réside la vitalité générale de tous les membres. Avant que cette vitalité n'atteigne chaque membre en particulier, selon sa force, sa capacité et sa nature propre, il existe un centre unique qui contient la vitalité de l'ensemble des membres : le cerveau, dans la tête.

Et dans le nimchal, l'objet de l'analogie : il y a l'essence du Créateur, qui se trouve assurément partout, « leit atar panouy miné », il n'est aucun endroit vide de Lui ; et il y a la vitalité divine particulière, qui éclaire de façon détaillée chaque détail de la création et tout l'ordre du hichtalchelous, l'enchaînement descendant des mondes. Entre les deux se situe le niveau appelé Chekhina : la vitalité globale de toutes les créatures, à l'image du cerveau dans la tête qui contient la vitalité d'ensemble des membres.

Où réside donc la Chekhina ? De même que dans l'analogie elle réside dans le cerveau, de même dans le nimchal : la vitalité divine générale, celle qui contient tous les détails qui en découleront par la suite, réside dans le niveau appelé mo'hine (les « facultés intellectuelles » du monde), qui est l'aspect du Saint des Saints dans chaque monde.

Dans chaque monde se trouvent les dix sefirot : les mo'hine, les midot (les attributs émotionnels) et la sefira de malkhout. Les mo'hine de chaque monde en sont le centre vital, englobant tous les détails de ce monde, tandis que c'est depuis la sefira de malkhout que la vitalité se déverse concrètement vers les créatures de ce monde.

Par conséquent, lorsqu'on dit que la Chekhina réside dans le Saint des Saints, cela signifie qu'elle réside au niveau des mo'hine de ce monde. La Chekhina elle-même est la sefira de malkhout du monde d'Atsilout, et elle porte ce nom parce qu'elle contient la vitalité de l'ensemble des mondes et de tout l'ordre du hichtalchelous. Dans le monde de Beria, qui vient immédiatement après Atsilout, la Chekhina réside dans le Saint des Saints de ce monde, c'est-à-dire dans les mo'hine de Beria ; de là elle descend à travers toutes les sefirot jusqu'à la malkhout de Beria, d'où sont créées les créatures de ce monde. Et ainsi de suite dans le monde de Yetsira, et ainsi de suite dans le monde d'Assia.

Rappelons un point essentiel : les mo'hine divins de chaque monde sont la sagesse divine, c'est-à-dire la Torah, expression de la sagesse infinie du Créateur. Il en ressort que la Chekhina se révèle dans la Torah, puisque la Torah est les mo'hine de chaque monde et qu'elle contient en elle la vitalité de tous les mondes. Or la Torah se trouve dans tous les mondes : dans Atsilout et plus haut encore, comme dans Beria, Yetsira et Assia ; et dans chaque monde, la révélation de la Chekhina est en réalité la révélation de la Torah telle qu'elle est dans ce monde. Voilà le contenu du chapitre 52.

Chapitre 53 : la résidence de la Chekhina dans le Beit haMikdach.

Après avoir étudié la résidence de la Chekhina dans les mondes spirituels de Beria, Yetsira et Assia, nous sommes arrivés, au chapitre 53, au monde d'Assia matériel. Là aussi la Chekhina réside : dans le Beit haMikdach, dans le Saint des Saints. Dans le cours précédent, nous avons appris que, dans le Saint des Saints de ce monde matériel, brille une lumière divine plus élevée que tous les mondes : plus élevée que Beria, que Yetsira et qu'Assia. Et nous avons détaillé la différence entre le premier et le second Temple.

  • Dans le premier Temple : dans le Saint des Saints brillait la lumière de la Chekhina, c'est-à-dire la sefira de malkhout du monde d'Atsilout. Pourquoi cette lumière est-elle plus élevée que tous les mondes, alors même qu'elle éclaire dans ce monde matériel ? Parce que la révélation de la Chekhina se fait dans la Torah, dans les mo'hine, et que l'essentiel de la Torah, la source qui contient en elle la Torah tout entière, y compris telle qu'elle est dans les mondes supérieurs, ce sont les Dix Commandements. Et puisque les Dix Commandements se trouvaient dans le Saint des Saints du premier Temple, c'est là que se trouvait la totalité de la Torah ; la lumière qui y brillait était donc la plus grande de toutes.

  • Le revêtement dans le premier Temple : cette lumière venait se saisir dans un revêtement matériel, puisque les Dix Commandements étaient écrits et gravés sur des tables de pierre. Et dès lors qu'elle se revêt dans des tables matérielles, ce n'est évidemment plus la même intensité qu'à sa source supérieure : elle s'est contractée et abaissée. Et pourtant, elle demeure plus élevée que le monde d'Assia spirituel et que le monde de Yetsira. La lumière de la Chekhina descendait jusqu'aux mo'hine de Beria, de là jusqu'à la malkhout de Beria, et se revêtait aussitôt dans les pierres du Saint des Saints. C'est pourquoi ces pierres étaient « l'œuvre de D.ieu » et se tenaient par miracle : une expression tangible du fait qu'elles n'existaient pas selon les lois de la nature. Toutes les autres choses de la nature sont descendues et se sont contractées encore et encore jusqu'à entrer dans le cadre des lois naturelles, tandis que ces pierres ne sont pas descendues ni contractées de la sorte. Cela manifestait qu'elles se tenaient à un niveau plus élevé : la malkhout de Beria.

  • Dans le second Temple : la Guemara dit que la Chekhina n'y résidait pas. Cela ne veut pas dire qu'elle n'y résidait pas du tout, puisque même dans le second Temple nul n'avait le droit d'entrer dans le Saint des Saints, hormis le Cohen Gadol le jour de Kippour, mais qu'elle n'y résidait pas de la même manière ni avec la même intensité que dans le premier. Du côté de la lumière, il n'y avait pas de changement, car les Dix Commandements, qui sont la Torah tout entière, étaient présents là aussi ; mais du côté du revêtement, la résidence descendait plus bas : jusqu'à la malkhout de Yetsira, laquelle se revêtait dans les mo'hine du monde d'Assia spirituel, et pas plus bas. Et cela reste malgré tout plus élevé que tout ce qui existe dans le monde, car tout ce qui est dans le monde descend bien davantage, jusqu'à la malkhout d'Assia spirituel et jusqu'à l'Assia matériel.

Nous nous étions arrêtés au milieu de la page, à la ligne commençant par le mot « adam », à la fin du passage traitant du second Temple : « וְלָכֵן לֹא הָיָה רַשַּׁאי שׁוּם אָדָם לִכָּנֵס שָׁם לְבַד כֹּהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים », « c'est pourquoi nul n'avait le droit d'y entrer, hormis le Cohen Gadol le jour de Kippour ».

À partir d'ici, nous allons examiner ce qu'il en est aujourd'hui, alors que le Beit haMikdach est détruit. Il est certain que la Chekhina réside aussi maintenant ; la question est de savoir où se trouve ce niveau appelé Saint des Saints, et sous quelle forme il subsiste.

Sur ce point, la Guemara dans le traité Berakhot déclare : « אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד », « depuis que le Beit haMikdach a été détruit, le Saint béni soit-Il n'a plus dans Son monde que les quatre amot de la halakha », et elle appuie cela sur le verset « אוֹהֵב ה' שַׁעֲרֵי צִיּוֹן מִכֹּל מִשְׁכְּנוֹת יַעֲקֹב », « Hachem aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Yaakov ».

Explication : les « demeures de Yaakov » désignent les lieux où les Juifs étudient la Torah en général, tandis que les « portes de Tsion », comme l'explique la Guemara sur place, sont les lieux distingués par la halakha. C'est pourquoi « Hachem aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Yaakov » : c'est dans les lieux distingués par la halakha que réside la Chekhina, et c'est précisément en eux que « le Saint béni soit-Il n'a plus dans Son monde que les quatre amot de la halakha ».

En résumé : dans cette partie, nous avons revu le principe de la résidence de la Chekhina, la vitalité globale de toutes les créatures, qui réside dans l'aspect des mo'hine, le Saint des Saints de chaque monde, et qui se révèle dans la Torah de ce monde. De là nous sommes passés au monde d'Assia matériel : dans le premier Temple, la lumière de la Chekhina brillait dans le Saint des Saints avec un revêtement allant jusqu'à la malkhout de Beria, et c'est pourquoi les pierres relevaient de « l'œuvre de D.ieu » et se tenaient par miracle ; dans le second Temple, bien que du côté de la lumière il n'y eût pas de changement, le revêtement descendait jusqu'à la malkhout de Yetsira, revêtue dans les mo'hine d'Assia spirituel. Enfin, nous avons ouvert la question du temps de l'exil, en citant la Guemara selon laquelle le Saint béni soit-Il n'a plus dans Son monde que les quatre amot de la halakha.

Dans la partie suivante, nous expliquerons ces propos : que sont ces quatre amot de la halakha, et de quelle manière la Chekhina y réside depuis que le Beit haMikdach est détruit.