Nous poursuivons le chapitre 45. Dès le chapitre 36, et en bien d'autres endroits du Tanya, nous avons rencontré quantité de formules qui disent à quel point ce monde-ci est bas. Or c'est précisément dans ce monde qu'est descendue la néchama, l'âme de chaque Juif. Dans ce chapitre, l'Alter Rebbe enseigne comment un homme peut éveiller en lui une immense compassion (ra'hamim rabbim) envers sa propre âme, et comment il trouvera dans cette compassion la force de servir Hachem.
Deux étapes dans cet éveil de la compassion :
La descente même de la néchama dans un corps : même si ce Juif n'a jamais fauté, supposons un juste depuis sa naissance, qui accomplit constamment la volonté du Créateur, dont les pensées ne sont pas des pensées futiles, dont les paroles ne sont pas des paroles vaines, chez qui tout est propre, le seul fait que la néchama soit enfermée dans un corps matériel constitue déjà pour elle une chute immense. Elle se trouvait dans un lieu si élevé, et la voici contrainte de s'occuper d'un lieu si bas.
« ובפרט כשיזכור על כל מעשיו ודיבוריו ומחשבותיו מיום היותו שלא טובים המה », « et plus encore lorsqu'il se souviendra de tous ses actes, de toutes ses paroles et de toutes ses pensées depuis le jour de sa naissance, qui ne sont pas bons ». L'Alter Rebbe emploie ici une formulation extrêmement délicate. Lorsqu'un homme fait le compte, depuis le jour où il est né, de tous ses actes, de ses paroles et de ses pensées, qu'il se rappelle que la néchama était présente dans chacun d'eux, associée pour ainsi dire à tout cela. Si la néchama réside dans un corps qui faute, un corps qui a des pensées mauvaises, des paroles et des actes qui ne sont pas bons, sa descente est plus basse encore : d'un lieu où elle était au sommet, elle se retrouve dans un lieu qui transgresse la volonté du Créateur. Et quelle pitié pour cette âme, prise au piège dans un corps qui l'entraîne, à chaque pas, à transgresser la volonté du Créateur.
[L'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot ne sont évidemment pas une descente, mais une immense élévation. Il est question ici de la méditation d'un homme qui n'accomplit pas encore la Torah et les mitsvot et qui cherche l'élan pour s'y mettre. C'est à lui que l'on dit : commence par méditer sur l'immense pitié que mérite ton âme, prisonnière d'un corps.]
« ומלך אסור ברהטים », « et le roi est attaché dans les rehatim ». Le mot rehatim reçoit plusieurs explications :
Rehatim au sens de cordes : le « roi », c'est pour ainsi dire le Saint béni soit-Il Lui-même, car la néchama est « une part de D.ieu d'en haut, littéralement », et Il lui est lié. Il se trouve donc, si l'on peut dire, attaché et ligoté par des cordes : partout où le Juif conduit son âme, elle y va, traînée derrière lui contre son gré. Et lorsque l'homme accomplit des actes et prononce des paroles qui ne sont pas bons, voilà le « roi » retenu par les cordes mêmes dont cet homme le ligote.
Rehatim au sens de courant d'eau : comme dans le verset de Béréchit « ברהטים בשקתות המים », les rigoles et les abreuvoirs, c'est-à-dire le flot des eaux. Sur cette base, le Zohar explique « ברהיטי מוחא », la course des pensées dans le cerveau, qui défilent sans interruption comme l'eau qui coule dans les rigoles. Le « roi », l'étincelle divine de l'âme présente en l'homme, est lié à ces pensées : quand courent dans son cerveau des pensées futiles et des pensées contraires à la volonté du Créateur, l'âme n'a pas le choix, elle est entraînée derrière elles, comme un homme attaché à un cheval au galop, emporté partout où l'animal le conduit. Et quelle pitié pour elle.
« כי יעקב חבל נחלתו », « car Yaakov est la corde de Son héritage ». Le peuple d'Israël est appelé « Yaakov », et il est l'héritage du Saint béni soit-Il. Seulement, ce lien est décrit comme une « corde » : une corde dont une extrémité est fixée en haut, sur le toit, et dont l'autre extrémité pend en bas, et même dans un immeuble de deux cents étages, cela reste une seule et même corde. Chaque mouvement que l'homme fait à l'extrémité inférieure se répercute en haut ; s'il tire vers le bas, il entraîne le tout. De même dans le nimchal : le Juif est comme cette corde, et lorsqu'il commet ici-bas des fautes, il entraîne pour ainsi dire avec lui son âme et la racine de son âme vers des lieux qui ne sont pas bons. Et inversement : quand on l'éveille d'en haut, quand une voix céleste proclame, il ressent ici-bas une secousse, un ébranlement. C'est le sens de « וכמשל המושך בחבל וכו' », « à l'image de celui qui tire sur une corde ». (Ce point sera développé plus loin, dans Iguéret haTechouva.)
« והוא סוד גלות השכינה », « et c'est le secret de l'exil de la Chekhina ». Le Saint béni soit-Il se trouve pour ainsi dire en exil et Se laisse affecter par nos actes. Et pourquoi a-t-Il décidé d'être affecté par nos actes ? C'est un « secret », Il en a décidé ainsi. Et puisqu'Il en a décidé ainsi, que l'âme soit affectée par les actes du corps, quelle immense pitié elle mérite, elle qui est entraînée vers le bas.
« וע"ז נאמר וישוב אל ה' וירחמהו », « et c'est à ce sujet qu'il est dit : il reviendra vers Hachem et Il aura pitié de lui ». À première vue, le verset signifie que le Saint béni soit-Il aura pitié du Juif. Mais ici il est expliqué autrement : « וישוב אל ה' », qu'il fasse téchouva et revienne vers le Saint béni soit-Il, « וירחמהו », que ce soit lui qui ait pitié du « Nom de Hachem » présent en lui, de sa néchama divine qui est une étincelle de Lui-même. Pourquoi la laisserait-il enfoncée dans la boue ? Qu'il revienne, pour qu'elle n'y reste pas enlisée. Et même s'il est vrai que le Saint béni soit-Il a pitié du Juif, le travail demandé ici est « לעורר רחמים רבים », « d'éveiller une immense compassion » envers l'âme divine qui est en lui, « על שם ה' השוכן אתנו », « envers le Nom de Hachem qui réside avec nous ». Car même celui qui faute et se trouve au plus bas des abîmes, le Saint béni soit-Il est avec lui, en tout lieu, « כדכתיב: השוכן אתם בתוך טומאתם », « ainsi qu'il est écrit : Qui réside avec eux au sein de leurs impuretés ». L'homme impur entraîne pour ainsi dire le Saint béni soit-Il avec lui jusque-là, et il n'est pas de plus grande pitié que celle-là.
Telle est la méditation qui précède l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot, et nous allons voir immédiatement que la Torah elle-même est la solution et le lien. Même si l'homme n'est pas parvenu à éveiller dans son cœur l'amour de Hachem ou la crainte de Hachem, qu'il emprunte la ligne médiane, la voie de la compassion, qui est la midda de tiféret, et qu'il éveille de la pitié pour son âme : c'est cela qui lui donnera la force.
« וזהו שאמר הכתוב וישק יעקב לרחל וישא את קולו ויבך », « et c'est ce que dit le verset : Yaakov embrassa Ra'hel, il éleva la voix et pleura ». Tous les récits que la Torah rapporte au sujet des saints Patriarches ne sont jamais de simples histoires. Qui met bout à bout l'ensemble de ces récits constate qu'à peine une infime fraction de leurs années nous est racontée : Yaakov est resté vingt ans chez Lavan, et de toutes ces années nous n'avons qu'un résumé général, pas une description jour après jour. Si donc la Torah a choisi d'insister, de développer et de détailler certains épisodes, c'est qu'ils nous concernent et nous parlent encore aujourd'hui : il s'agit d'un enseignement éternel. La Torah n'est pas un livre d'histoire, c'est un livre venu nous enseigner et nous indiquer une conduite.
Et encore : il ne faut pas regarder les Patriarches avec les lunettes d'hommes comme nous. « Les Patriarches sont eux-mêmes le char divin (merkava) », comme le Tanya le rappelle à plusieurs reprises : c'étaient des êtres saints d'en haut. Certes, ils avaient un corps physique, ils ont circulé dans ce monde-ci, et nous connaissons précisément les lieux où ils sont passés, mais c'étaient des hommes d'une tout autre dimension, et même ce point commun n'est pas si commun que cela.
Même celui qui étudie le 'Houmach avec Rachi, dans le sens simple du texte, et non en Kabbala ou en 'hassidout, trouve déjà ici la preuve que quelque chose de plus profond se joue : Rachi ne commente pas le « וישק », le baiser, mais les pleurs, parce que Yaakov arrivait les mains vides, et plus encore parce qu'il voyait qu'elle ne serait pas enterrée auprès de lui (Ra'hel fut ensevelie au tombeau de Ra'hel et non au Caveau de Makhpéla). On voit donc qu'il ne s'agit pas d'une scène ordinaire, mais de choses derrière lesquelles se tient une profondeur.
Ajoutons un autre exemple : lorsque Éliézer vient en mission pour Avraham chercher Rivka pour Its'hak, il lui met aux mains « deux bracelets... dix pièces d'or de poids », et Rachi commente sur place : « deux bracelets », allusion aux deux Tables « jointes » (tsemoudim) ; « dix pièces d'or de poids », allusion aux Dix Commandements. Rachi, dans le sens simple du verset, nous enseigne qu'il ne s'agit pas de simples cadeaux, mais d'allusions à des réalités futures. À plus forte raison pour l'acte accompli par Yaakov notre père.
Car l'acte lui-même est étonnant : dès le premier regard, il lui donne un baiser. Où est la pudeur, où est la conduite convenable ? [Et l'on dit avec humour : Yaakov notre père a vu que des Juifs, quelques générations plus tard, liraient ce récit et l'interpréteraient de travers, de façon toute humaine et même grossière, et c'est sur cela qu'il a pleuré.] Quel est donc le sens intérieur de tout cela ?
« כי רחל היא כנסת ישראל, מקור כל הנשמות », « car Ra'hel, c'est Knesset Israël, la source de toutes les âmes ». [Et l'on sait que Ra'hel et Léa symbolisent des niveaux dans le peuple d'Israël, d'où le « Tikoun Ra'hel » et le « Tikoun Léa » du Tikoun 'Hatsot.]
« ויעקב במדתו העליונה שהיא מידת הרחמים שבאצילות », « et Yaakov, selon sa midda supérieure, qui est la midda de la compassion dans Atsilout ». De même qu'Avraham est 'hessed et Its'hak guevoura, Yaakov est la ligne médiane, la midda de tiféret et de ra'hamim, « הוא המעורר רחמים רבים עליה », « c'est lui qui éveille une immense compassion sur elle ». Yaakov regarde le peuple d'Israël et éveille de la pitié pour le Juif qui se trouve dans un monde matériel pareil. Et ce n'est pas une histoire vieille de milliers d'années, c'est une réalité actuelle : à chaque instant, la midda de Yaakov éveille une immense compassion sur Ra'hel.
« וישא את קולו », « il éleva la voix », vers le haut, « למעלה למקור הרחמים העליונים הנקרא אב הרחמים ומקורם », « vers le haut, vers la source des compassions supérieures, appelée le Père des compassions et leur source ».
« ויבך », « et il pleura », « לעורר ולהמשיך משם רחמים רבים על כל הנשמות ועל מקור כנסת ישראל, לעלותן מגלותן ולייחדן ביחוד העליון, אור אין סוף ברוך הוא », « pour éveiller et faire descendre de là une immense compassion sur toutes les âmes et sur la source de Knesset Israël, afin de les faire remonter de leur exil et de les unir dans l'union supérieure avec la lumière de l'Infini, béni soit-Il ».
Il convient de bien distinguer : dans l'ordre des dix sefirot, la midda de la compassion est tiféret ('hessed, guevoura, tiféret) ; et il y a la compassion telle qu'elle est dans sa source supérieure, au-dessus des dix sefirot. On le reconnaît dans la prière : dans un moment de faveur on dit « Av haRa'hamim », et aux moments ordinaires « Av haRa'haman ». Durant les dix jours de téchouva on dit chaque jour « Mi khamokha Av haRa'haman », et à Min'ha de Chabbat « Mi khamokha Av haRa'hamim ». « Av haRa'hamim » désigne la source même de la compassion, un niveau infiniment plus élevé, tandis que « Av haRa'haman » qualifie un niveau inférieur. Et Yaakov notre père, qui est la midda de la compassion telle qu'elle est en bas, élève la voix pour éveiller et faire descendre des compassions supérieures elles-mêmes.
Une fois que l'homme a éveillé de la compassion sur son âme, est-elle perdue pour autant ? Non. Le « וישק », le baiser, enseigne comment relier Ra'hel à sa source supérieure : « בבחינת נשיקין, שהיא אתדבקות רוחא ברוחא », « sous l'aspect des nechikin, le baiser, qui est l'attachement d'un souffle à un souffle », l'attachement de l'esprit de l'homme à l'esprit de la Divinité. Le baiser au sens physique : la bouche de celui qui embrasse rejoint l'intériorité de la bouche de l'autre. De même entre le Juif et le Saint béni soit-Il : l'homme relie son intériorité à l'intériorité divine. À l'instant où un Juif étudie la Torah, où sa bouche prononce les paroles de la Torah et où il se les relie, il embrasse pour ainsi dire le Saint béni soit-Il.
Et d'où savons-nous que l'on peut appeler cela un baiser ? D'un verset explicite du Chir haChirim : « כמו שכתוב ישקני מנשיקות פיהו », « ainsi qu'il est écrit : qu'Il m'embrasse des baisers de Sa bouche ». Et Rachi y explique : qu'Il nous dévoile les secrets de la Torah et ses raisons. Voilà le baiser : le dévoilement de l'intériorité à travers la parole de la Torah.
« דהיינו התקשרות דבור האדם בדבר ה' זו הלכה », « c'est-à-dire l'attachement de la parole de l'homme à la parole de Hachem, qui est la halakha ». Celui qui étudie les halakhot étudie la volonté divine, et le voilà aussitôt attaché au Créateur d'un attachement de baiser.
« וכן מחשבה במחשבה », « et de même la pensée dans la pensée » : il relie sa pensée à la pensée de la sainteté, la Torah et les mitsvot.
« ומעשה במעשה », « et l'acte dans l'acte » : il relie son acte à l'acte que le Saint béni soit-Il désire, « שהוא מעשה המצות, ובפרט מעשה הצדקה וחסד », « qui est l'accomplissement des mitsvot, et en particulier l'acte de tsedaka et de 'hessed ».
Et pourquoi précisément la tsedaka et le 'hessed ? « דחסד דרועא ימינא », selon l'expression du Pata'h Eliyahou : le 'hessed est pour ainsi dire le bras droit divin. L'homme qui investit son argent dans la tsedaka se relie au « bras droit », et le côté droit influe sur le corps tout entier, « והוא בחינת חיבוק ממש, כמו שכתוב: וימינו תחבקני », « et c'est littéralement l'aspect de l'étreinte, comme il est écrit : et Sa droite m'enlace ». Tandis que « ועסק התורה בדבור ומחשבת העיון הן בחינת נשיקין ממש », « l'occupation de la Torah par la parole et par la pensée de l'étude approfondie sont littéralement l'aspect des nechikin ».
Il ressort de ce verset que Yaakov notre père donne une directive valable pour chaque Juif jusqu'à aujourd'hui : avant de commencer à étudier la Torah, médite sur ce qui se joue ici. Yaakov, qui est la midda de la compassion, cherche à élever le Juif. Éveille de la compassion sur ton âme, et de là donne un « baiser » à la Torah : cette élévation te rattachera à la racine de la chose.
Et la conclusion du chapitre : « והנה על ידי זה יכול לבוא לבחינת אהבה רבה בהתגלות לבו, כדכתיב: ליעקב אשר פדה את אברהם, כמו שכתוב במקום אחר », « et voici que par cela il peut parvenir à l'aspect de l'amour immense révélé dans son cœur, ainsi qu'il est écrit : à Yaakov qui a racheté Avraham, comme cela est expliqué ailleurs ». L'homme commence par la compassion, et à la fin l'amour de Hachem s'éveille lui aussi en lui.
Le verset « Ainsi parle Hachem... à Yaakov qui a racheté Avraham » est déroutant : où trouve-t-on que Yaakov ait racheté Avraham notre père ? Dans le sens simple, il faudrait déplacer les mots, comme s'il était dit : « Ainsi parle Hachem, qui a racheté Avraham, à Yaakov », c'est-à-dire que le Hachem qui parle à Yaakov est Celui-là même qui a racheté Avraham.
Mais le Midrach donne à cette formulation une explication fort intéressante : si Avraham notre père a été racheté d'Our Kasdim et sauvé de la fournaise, ce fut par le mérite de Yaakov. C'est comparable à un roi qui voulait jeter un homme dans une fournaise. On vint plaider devant lui divers arguments pour le sauver, et il répondit : aucun de ces arguments ne me convainc. Jusqu'à ce que vienne le défenseur, qui dit : je vois par une vision de l'avenir que cet homme se mariera un jour, et que sa fille épousera le fils du roi. Le roi dit : si tel est le cas, allons-nous brûler cet homme et empêcher cela ? Sortez-le de là. De même Avraham fut racheté par le mérite de Yaakov, puisque de lui devait sortir Yaakov et tout le peuple d'Israël. C'est pourquoi il est dit « à Yaakov qui a racheté Avraham » : Yaakov est la cause et la source de ce rachat.
Et l'intériorité de la Torah l'explique ainsi : Avraham est le 'hessed, et la midda de 'hessed, c'est l'amour. Un homme dont l'amour est bloqué, qui ne parvient pas à éveiller dans son cœur l'amour de Hachem, son amour est comme enfermé dans la fournaise, sous verrou et sous barre. Comment rachètera-t-il l'« Avraham » qui est en lui ? « À Yaakov qui a racheté Avraham » : qu'il prenne la midda de Yaakov, la midda de la compassion, qu'il éveille de la pitié pour son âme, et il verra que cette compassion rachète son amour.
En résumé : nous avons appris dans cette partie comment l'homme éveille une immense compassion sur son âme : par la descente même de l'âme dans le corps, et plus encore par le souvenir de tous ses actes, de ses paroles et de ses pensées « qui ne sont pas bons ». Nous avons expliqué « ומלך אסור ברהטים » selon deux sens : les cordes, et la course des pensées (« rehitei mo'ha ») ; puis « יעקב חבל נחלתו » et le « secret de l'exil de la Chekhina » ; puis « וישוב אל ה' וירחמהו », qu'il ait pitié du « Nom de Hachem » « qui réside avec eux au sein de leurs impuretés ». Nous nous sommes ensuite arrêtés sur le verset « וישק יעקב לרחל וישא את קולו ויבך » : Yaakov est la midda de la compassion qui éveille la pitié sur Ra'hel, Knesset Israël, source de toutes les âmes ; « il éleva la voix » vers le « Père des compassions et leur source » ; et « il l'embrassa » est l'aspect des nechikin, la jonction de l'intériorité de l'homme avec l'intériorité divine, dans la parole, la pensée et l'action, et en particulier dans la tsedaka et le 'hessed, qui sont l'aspect de l'étreinte. Et pour finir : « à Yaakov qui a racheté Avraham », car c'est la midda de la compassion qui délivre l'amour.
Le chapitre 45 est un chapitre qui se tient par lui-même : tout son propos est de prendre la midda de la compassion et d'arriver par elle à l'amour de Hachem, et il n'a pas de suite dans le chapitre suivant. Dans la prochaine partie, nous aborderons avec l'aide de Hachem le chapitre suivant du Likoutei Amarim.