Nous entreprenons l'étude de l'ouvrage Zéra Chimchon sur le rouleau de Chir HaChirim. Avant d'aborder le texte lui-même, il convient de présenter brièvement son auteur. Les écrits traditionnels enseignent qu'avant d'étudier un livre, il faut savoir qui l'a composé, et le 'Hazon Ich écrit que le peuple d'Israël doit connaître le cœur de ses Sages : savoir auprès de quel maître l'on reçoit la Torah. On ne reçoit pas la Torah de n'importe qui, et il importe de connaître sa stature et sa grandeur. Nous évoquerons d'abord l'auteur du Zéra Chimchon et son époque, puis ses écrits, et enfin la ségoula toute particulière attachée à l'étude de ses œuvres, qui a suscité un formidable renouveau ces dernières décennies.
Qui était l'auteur du Zéra Chimchon ?
L'auteur du Zéra Chimchon est Rabbi Chimchon 'Haïm Na'hmani, qui vécut entre les années 5466 et 5539 (soit environ soixante-treize ans), il y a près de trois siècles. Rabbin et auteur prolifique issu du judaïsme italien, il exerça des fonctions rabbiniques dans les communautés de Modène, de Sienne et de Reggio d'Émilie, en Italie. Il était le petit-fils de Rabbi Yéhouda Matslia'h Padova, grand rabbin de la communauté de Modène.
Ses maîtres furent Rabbi Éphraïm HaCohen à Modène, Rabbi Binyamin HaCohen Vitali à Reggio d'Émilie, et à Mantoue les kabbalistes Rabbi David Finzi et Rabbi Aviad Sar-Chalom Bazila. Ces noms ne nous disent presque rien aujourd'hui, car ils ne se sont pas fait connaître par des ouvrages étudiés dans l'ensemble du peuple d'Israël, mais surtout parmi les kabbalistes ; ils nous sont donc moins familiers.
C'est d'ailleurs un phénomène remarquable que l'on observe souvent : pour des personnalités éminentes qui ont acquis une immense renommée, lorsqu'on consulte les approbations (haskamot) accordées à leurs livres, on s'aperçoit que les rabbins sollicités leur étaient supérieurs - car nul ne demande d'approbation à moins grand que soi. Pourtant, ce sont précisément ces approbateurs que nous ne connaissons plus, tandis que l'auteur nous est familier. Quiconque examine les approbations des ouvrages du 'Hafets 'Haïm constatera que certains rabbins signataires sont tombés dans l'oubli, alors que le 'Hafets 'Haïm, lui, est universellement connu. Cela nous enseigne que la postérité découle généralement du livre imprimé et diffusé dans les maisons d'étude : la Michna Beroura, Chemirat HaLachon, et d'autres encore. C'est ainsi que l'auteur est devenu bien plus illustre que des maîtres d'une envergure colossale qui n'ont pas légué de tels trésors spirituels sous forme d'écrits pour les générations futures, et sont donc restés dans l'ombre au fil du temps.
Sa grandeur, ses disciples et sa démarche halakhique
Rabbi Chimchon 'Haïm était réputé pour sa parfaite maîtrise de tous les domaines de la Torah, tant dans sa dimension révélée que cachée. Il forma de nombreux disciples, parmi lesquels Rabbi Israël Binyamin Bassan, fils de Rabbi Yéchayahou Bassan (le Mahari Bassan), ainsi que son neveu Rabbi David Zakout, l'un des plus grands rabbins d'Italie et kabbaliste renommé. Il occupa des fonctions rabbiniques dans plusieurs villes d'Italie, notamment à Modène et à Sienne, et fut le grand rabbin de Reggio d'Émilie.
En matière de Halakha, il adoptait une ligne rigoureuse. Selon lui, les allègements proviennent des forces de l'impureté, d'où sa propension à la sévérité. C'est du reste la conception des kabbalistes, car le saint Ari enseigne que celui dont l'âme tend vers les positions indulgentes porte en elle une imperfection. En d'autres termes, lorsqu'on expose une règle à quelqu'un et qu'il demande aussitôt : « Attendez, n'y a-t-il personne qui autorise ? », c'est là, selon le Ari, le signe d'une faille dans l'âme. Cela ne signifie pas qu'il soit obligatoire d'être systématiquement rigoureux, mais celui qui s'impose des rigueurs témoigne de la pureté de son âme, tandis que celui qui recherche sans cesse des facilités révèle une faille intérieure.
Il s'adonnait également à la poésie religieuse, et une partie de ses poèmes fut imprimée par ses disciples. Il composa notamment un poème en l'honneur du mariage du Ram'hal.
« Zéra Chimchon » - Le titre qui révèle tout
C'est ici que nous abordons la question de la ségoula. Le Rav avait un fils unique, qui mourut de son vivant. Le Rav se trouva ainsi sans descendance pour perpétuer son nom ; c'est pourquoi il donna à ses écrits des titres évocateurs de cette continuité : Zéra Chimchon (la semence de Samson) - je n'ai pas de descendance, voici ma semence ; Toldot Chimchon (la postérité de Samson) - je n'ai pas d'enfants, voici ma postérité. Il promit que quiconque étudierait ses livres mériterait d'immenses bénédictions et délivrances, comme nous le verrons bientôt dans ses propres termes.
Le 'Hida le mentionne dans son ouvrage Chem HaGuédolim et écrit à son sujet qu'il avait entendu dire qu'il était expert en Kabbale pratique, et qu'il avait ordonné d'ensevelir tous ses manuscrits dans sa tombe. Il s'agit vraisemblablement de ses traités de Kabbale et non de ses ouvrages de Peshat accessibles à tous, car pour les écrits kabbalistiques, on redoute que certains ne s'en emparent pour tenter des opérations de Kabbale pratique. Le Rav fut inhumé dans la ville de Reggio d'Émilie, en Italie, où il exerçait son rabbinat ; trente ans plus tard, ses ossements furent transférés dans un autre cimetière, et depuis lors, l'emplacement exact de sa sépulture s'est perdu et demeure inconnu à ce jour.
Ses ouvrages
Ses ouvrages sont : Toldot Chimchone sur le traité Avot, imprimé à Livourne en l'an 5526 ; Zéra Chimchone sur les cinq livres de la Torah et les cinq Méguilot, imprimé à Mantoue en l'an 5598 ; et Korban Kétoret, son recueil de poèmes, qui ne fut pas imprimé de son vivant à l'exception d'une longue élégie pour Ticha Béav. Nous commençons, avec l'aide d'Hachem, l'étude du Zéra Chimchone sur le 'Houmach et les cinq Méguilot, en débutant par Chir Hachirim, l'une de ces cinq Méguilot.
Le texte de la page de titre de la première édition
Le livre que nous avons sous les yeux est le « Zéra Chimchone Elucidé », un ouvrage destiné à expliquer les propos de l'auteur du Zéra Chimchone afin de les rendre plus accessibles. Il s'agit en effet d'un Talmid 'Hakham érudit et d'un génie qui écrivait il y a près de trois cents ans, dans une langue dense qui exige explication. Nous étudierons les enseignements à leur source, selon notre habitude de privilégier le texte original plutôt que les commentaires, tout en ajoutant ponctuellement des explications pour éclairer le sujet.
Et voici le texte de la page de titre, reproduit d'après la première édition de l'an 5598 : « Zéra Chimchone, composé par le sage éminent dont les sources de sagesse se sont répandues au-dehors, et dont le nom devint célèbre aux portes de la ville lorsqu'il diffusa la Torah dans les cités de Modène, Pise et Sienne, et dont la lumière de la Torah brille à présent dans la sainte communauté de Reggio, que Dieu la protège. C'est lui qui composa le livre Toldot Chimchone sur le traité Avot, et qui exprime des paroles tournées vers le Très-Haut par sa sagesse et son pilpoul droit et pénétrant, le grand rabbin, notre maître et enseignant Rabbi Chimchone 'Haïm, fils de notre maître et enseignant le sage Rabbi Na'hman Mikhaël Na'hmani, que son souvenir soit pour la vie du monde futur ».
Extrait de la préface de l'éditeur
L'éditeur commence ainsi : « Que les cieux se réjouissent et que la terre exulte, que l'âme et l'esprit de notre maître Chimchone 'Haïm, fils de Rabbi Na'hman Mikhaël Na'hmani, que son repos soit au paradis, se réjouissent et se délectent, car ses lèvres remuent selon son souhait et sa requête à travers les novellae de Torah qu'il a rédigés de son vivant afin qu'ils lui tiennent lieu d'enfants, comme il l'a écrit en larmes dans l'introduction de son livre. Et que ceux qui étudient, vivants et fidèles, se réjouissent d'accomplir son désir et sa supplication » - c'est-à-dire le fait que nous étudiions ses livres - « et d'espérer ardemment recevoir toutes ses bénédictions ». Il ajoute qu'ils ont publié le livre accompagné d'une explication claire et appropriée, accessible à tous, pour faciliter l'étude et la compréhension des paroles de notre maître, sans obstacle ni entrave.
Il évoque une organisation nommée « Mafte'a'h Chel Banim », qui soutient les couples confrontés à la douloureuse épreuve de l'attente d'une descendance, et qui, par une providence divine particulière, découvrit la vertu protectrice du livre Zéra Chimchone. L'auteur de cette préface, le rav Israël Silberberg, raconte que cette initiative a été relancée par son père, le rav Yits'hak Yossef Silberberg chlita, l'un des dirigeants de la yéchiva Ohel Chimon Erlau, qui recommanda vivement de faire savoir à ceux qui espèrent une délivrance de se plonger dans la Torah de l'auteur du Zéra Chimchone afin de mériter ses bénédictions et ses promesses.
Il poursuit en s'étonnant : bien que ce saint auteur, qui n'a pas laissé de descendance, demande d'étudier son livre pour le mérite et l'élévation de son âme, et qu'il bénisse généreusement ceux qui s'y consacrent, ce livre n'était pourtant ni répandu ni connu comme porteur de ségoula. Il aurait dû, en toute logique, être extrêmement célèbre ; mais sans doute attendait-il notre génération, une génération avide de ségoulot, pour que s'éveille le désir de l'étudier. « Et après d'incessantes recherches, nous avons trouvé celui que notre âme chérit : un livre merveilleux, regorgeant de développements plus doux que l'or pur et les perles, orné de bourgeons et de fleurs suivant l'ordre des parachiot et des cinq Méguilot, mêlant les paroles de nos Sages dans la Guémara, les Midrachim et leurs commentateurs anciens, ainsi que les enseignements du saint Zohar et de nos maîtres les kabbalistes ; il déracine des montagnes et les broie l'une contre l'autre par la force de sa logique, résout et dénoue chaque difficulté, dévoile un visage lumineux de la Torah, éveille et enflamme par un moussar agréable, au point que quiconque le contemple s'écrie Barkay ! » - expression évoquant l'éclat, l'élégance et la beauté.
Des délivrances concrètes
L'éditeur raconte qu'au début, ils ont transmis le livre aux membres de leur groupe, cette communauté d'entraide qui se soutenait mutuellement dans l'attente d'avoir des enfants : « Et nous avons vu de nos propres yeux des délivrances, avec la naissance d'enfants chez de nombreux amis de notre groupe », et en premier lieu chez leur ami et associé, l'un des dirigeants de « Mafte'a'h Chel Banim », le rav Zekharia Davis, qui, après avoir fixé un temps d'étude régulier dans ce livre à la vertu éprouvée, mérita d'être exaucé.
Voici d'ailleurs une histoire survenue précisément ces jours-ci. Un homme précieux, l'un des donateurs de ces livres qui s'investit pour cette cause, a rapporté un récit tout récent qui donne des frissons. Un érudit, kabbaliste de la yéchiva Beth El - la yéchiva de Rabbi Nissim Pérets, de mémoire bénie - attendait des enfants depuis quinze ans. Et non seulement il n'en avait pas, mais il avait consulté tous les spécialistes, et tous lui disaient : non seulement vous n'avez pas d'enfants, mais vous n'en aurez jamais ; selon la nature, vous ne pouvez pas enfanter. On lui parla alors de cette ségoula consistant à étudier l'ouvrage Zéra Chimchone. Il étudia le livre durant une année, et un fils lui est né précisément le jour de la hiloula de l'auteur du Zéra Chimchone. Ce même donateur a partagé, encore saisi d'émotion : aujourd'hui même un fils lui est né, après quinze années où les médecins lui affirmaient qu'il n'aurait jamais d'enfant.
On constate ainsi que ce n'est pas de leur bouche que nous vivons, et qu'il ne faut pas s'effrayer de toutes sortes de déclarations de médecins - untel vivra à moitié, tel autre mourra, etc. Hachem est Celui qui décrète la vie, et c'est Lui qui décrète une descendance viable, la subsistance, le mariage et toute chose. « La permission a été donnée au médecin de guérir » - les saints ouvrages écrivent : la permission n'a pas été donnée au médecin de désespérer. C'est pourquoi il ne faut pas s'émouvoir de leurs paroles ; nous avons un grand D.ieu dans le ciel, nous mettons notre confiance en Lui et nous Le prions, et nous disposons aussi de merveilleuses segoulot ainsi que de grands et saints tsaddikim qui implorent pour nous.
À la suite de cela, il fut décidé d'éditer et d'imprimer l'ouvrage. On publia également un feuillet hebdomadaire réputé pour la paracha sous le nom de « Niflaot Chimchon », un kollel fut fondé le jeudi soir pour une étude régulière dans ce livre, et l'ouvrage fut imprimé dans de prestigieuses éditions, commentées et élucidées.
Pourquoi une explication était-elle nécessaire ?
L'éditeur poursuit : lorsque le livre devint accessible à tous, beaucoup s'écrièrent : « Qui nous fera voir le bien ? », car son étude n'est pas aisée - tant en raison de son style auquel le public n'est guère habitué, que de la profondeur de ses développements originaux et de ses idées, d'autant plus que ses propos reposent sur les paroles de nos Sages et des anciens commentateurs dispersées dans toutes les parties de la Torah. Il compte sur le fait que l'étudiant maîtrise déjà les fondements et les sources dont il traite ; or celui qui étudie sans les connaître a besoin que l'on déploie devant lui ces bases. De plus, notre maître les cite parfois de manière extrêmement concise, ajoutant ainsi à la difficulté de ceux qui désirent goûter au nectar de la droiture de ses paroles et cueillir de ses fruits savoureux. C'est pourquoi fut composé cet ouvrage qui en explicite les propos.
« Nous nous approchons de l'Arche sainte avec crainte et tremblement », écrit-il, « conscients de l'immense grandeur de sa sagesse et de son discernement ; il est digne de son nom et son nom est digne de lui, lui qui a dirigé plusieurs communautés et yechivot et formé de nombreux disciples, qui déracinait des montagnes par sa dialectique et se distinguait par son extraordinaire érudition, ainsi que par la force de sa sainteté et de sa grande piété, au point que le génie de notre force, le 'Hida, témoigna à son sujet qu'il était expert dans les secrets les plus profonds et même dans la kabbale pratique ».
Et il ajoute : voyez les immenses éloges que son oncle, le frère de sa mère, a écrits à son sujet dans son approbation au livre Toldot Chimchon, sur sa grandeur dans la Torah et la piété. Dans ses écrits, il nota : « Père en sagesse, sa sagesse chante au-dehors » (à la manière du verset « Les sagesses chantent au-dehors »), « Père dans la Torah et pour sa Torah les îles espéraient » - attendant d'entendre ses enseignements, « Père en prophétie » - un sage étant supérieur à un prophète, « telles sont ses prouesses et saint sera-t-il proclamé de toutes les saintetés, et il sera appelé "Grand Saint" » - une expression poétique évoquant le Kidoucha Raba du Chabbat matin, « sa louange retentit dans l'assemblée des pieux, sa conduite est celle d'un homme de D.ieu, dans la splendeur des vertus en action et en étude, qu'il grandisse et magnifie sa Torah, qu'il s'élève et se hisse bien haut, qu'il porte et produise du fruit et devienne un cèdre majestueux, de lui viendra la pierre d'angle, de lui le pieu solide » - signifiant que tout repose sur lui.
Ici, il convient de méditer : toutes ces paroles de louange ont été prononcées par son oncle il y a trois cents ans. Ce n'était point comme à notre époque, où la plume s'accorde tant de liberté pour prodiguer des éloges ; il s'agissait d'une génération qui pesait soigneusement chaque mot et n'écrivait rien qui ne fût que pure formule rhétorique.
Notre maître témoigna lui-même de l'intention guidant ses développements de Torah, ainsi qu'il l'écrivit dans son testament : « Ma pensée profonde est que je ne désire aucun sermon d'éloge funèbre », je ne veux absolument aucune autre louange, si ce n'est que j'ai eu la bonne volonté d'enseigner, la bonne volonté de faire mériter la communauté et la bonne volonté d'innover de véritables enseignements - et c'est tout, n'écrivez aucun autre éloge sur moi. À ce propos, l'éditeur déclare : notre esprit est trop court pour comprendre, et comment oserions-nous marcher dans les pas du roi en prétendant avoir saisi la profondeur de son intention et tout ce qu'il entendait insuffler dans son commentaire ? Nous avons simplement agi dans la mesure de nos moyens et tenté d'élucider ses propos.
Les bénédictions de l'auteur et ses promesses
Passons maintenant à la bénédiction et à la promesse du maître auteur, notre maître Chimchon 'Haïm Na'hmani, à travers sa requête et sa supplication dans l'introduction de ses livres, dont voici les termes : « Pour l'amour de mes frères, de mes compagnons et de mes disciples, qu'ils portent mon nom sur leurs lèvres et que mon souvenir soit évoqué en bien par leur bouche après ma mort, car c'est par dix expressions de prière que j'implore leur bienveillance, et le Maître de la rétribution paiera de la meilleure manière, accordant une longue vie et une subsistance abondante à ceux qui dispensent de véritables bienfaits ». Dix expressions de prière - nos Sages enseignent qu'il existe dix expressions de prière : supplier, implorer, crier, etc. Et c'est par ces expressions qu'il nous implore, en bénissant que le Maître de la rétribution accorde une longue vie et une abondante subsistance à ceux qui agissent avec bonté.
Ailleurs encore, il formule cette demande : « Tandis que j'implore leur bienveillance par dix expressions de prière de choisir la belle part qui leur agréera parmi ces enseignements novateurs, et en particulier après ma mort, car leur étude me sera un réconfort pour l'âme, une élévation de l'esprit et un mérite pour mon âme ; ce sera pour eux une tsédaka, et leur justice subsistera à jamais pour en jouir en ce monde et en être rassasiés dans le monde futur ; et le Maître de la rétribution accordera grâce à cela une bonne récompense à ceux qui accomplissent une véritable bonté, selon la meilleure des trois choses, les enfants, la vie et la subsistance ». En d'autres termes : par ce que tu étudieras dans mes livres, je te promets une récompense tant en ce monde-ci que dans le monde futur. L'expression « bemoutav telata » est une tournure poétique empruntée au droit talmudique (« dans la meilleure des trois sentences »), et son intention ici est qu'ils méritent trois bienfaits : des enfants, la vie et la subsistance.
Et dans un autre passage, le Rav écrivit encore à ce sujet : « Dès lors, mes frères, mes compagnons, mes bien-aimés et mes intimes, descendance bénie de l'Éternel, n'avez-vous point de semence, la lumière n'est-elle pas semée pour les justes tels que vous ? De grâce, je vous en prie, semez pour vous la charité et récoltez selon une bonté véritable, car immense est la mesure de la récompense de grâce, de bienveillance et de grande paix venant du Ciel, et vos yeux verront des enfants et des petits-enfants comme des plants d'olivier autour de votre table, sages et avisés, et des maisons remplies de tous biens ». Nous trouvons là une promesse de descendance, une promesse de subsistance : « Ni la richesse ni l'honneur ne cesseront au sein de votre postérité, jusqu'à ce que s'accomplisse en vous : ils verront la gloire de l'Éternel, la splendeur de notre D.ieu, et une bannière sera levée pour les nations et rassemblera les exilés de la descendance d'Israël, promptement et de nos jours, amen ».
La ségoula agit dans tous les domaines
En réalité, il faut savoir que la ségoula de l'étude du Zéra Chimchon opère à tous les niveaux, pour toute demande qu'un homme peut formuler, et l'on a vu par ce biais des délivrances extraordinaires. Pour trouver un bon parti également, le fait est bien connu et célèbre : treize jeunes gens ont étudié le Zéra Chimchon de manière régulière, et en l'espace d'un an, dix d'entre eux se sont fiancés. Quiconque le souhaite peut consulter la fin de l'ouvrage, dans la partie intitulée « Gvourot Chimchon », où sont rapportés de nombreux récits - et ce n'est là qu'une infime partie, tant les témoignages se multiplient sur les immenses délivrances obtenues grâce à l'étude de ce livre.
Quant à nous, avec l'aide d'Hachem, nous veillerons avant tout à étudier la Torah simplement parce qu'Hachem l'a ordonné. Il faut savoir que l'étude de la Torah doit être accomplie pour la gloire du Ciel - nous étudions parce qu'Hachem nous l'a ordonné. Pour autant, cela n'empêche pas qu'à travers cette même Torah, le Saint, béni soit-Il, répande sur nous une abondance de bienfaits, et chacun pourra formuler ses prières intérieures devant Hachem, qu'Il soit béni.
Autre point essentiel, que l'auteur souligne lui-même : il ne dit jamais « je donne », mais « et leur justice subsistera à jamais », « et le Maître de la rétribution récompensera pour ce mérite », « et le Maître de la rétribution paiera le meilleur salaire » - toute la promesse repose sur le Maître de la rétribution. À Dieu ne plaise de penser qu'il accorde quoi que ce soit par lui-même ; il promet simplement de prier pour nous comme il prierait pour ses propres enfants et sa descendance, n'ayant pas d'autre postérité, et c'est ainsi que le Maître de la rétribution dispensera Sa récompense. C'est un principe fondamental à toujours garder à l'esprit, même lorsqu'on se rend sur les tombes des tsaddikim : on ne prie pas le tsaddik et on ne demande rien au tsaddik, mais on implore Hachem d'agir par le mérite du tsaddik, ou l'on demande au tsaddik d'intercéder en notre faveur. En aucun cas on ne dira : « Rabbi Chimon bar Yo'haï, sauve-moi ! », ni « Auteur du Zéra Chimchon, délivre-moi ! », mais plutôt : « Qu'Hachem me délivre par le mérite de la ségoula promise par l'auteur à ceux qui étudient son livre ».
Le style allusif de l'introduction
La suite de l'ouvrage s'ouvre sur les « Prolégomènes » (Hakdamat Milin) de l'auteur. Ce texte est particulièrement long et d'une langue très difficile, au point qu'il a fallu insérer un renvoi et une note explicative sous chaque phrase pour éclairer le propos du Rav. La raison en est que les maîtres d'autrefois, en particulier les grands érudits d'Italie et leurs successeurs, et tout spécialement parmi les Sfaradim, avaient l'habitude de s'exprimer dans une langue allusive et poétique (mélitsa) - un style tissé de fragments de versets et de maximes de nos Sages, que seul un talmid 'hakham averti peut pleinement décrypter ; pour les autres, le sens de ces expressions demeure impénétrable.
Prenons un court exemple tiré de l'introduction : « Le fondement de la Torah et l'éclat de sa majesté s'avancent avec droiture sur la voûte céleste, un voile secret pour l'homme dont le chemin est caché, avec ferveur, baiser et attachement, lui qui persévère dans l'étude le long des sentiers du fleuve de la connaissance, la fin étant liée au commencement de la pensée, pour changer Jacob en plaine et les crêtes en vallée, appelant la raison sa parente, pour prononcer des paroles d'exactitude que son palais médite », et ainsi de suite. Chacune de ces phrases est une citation empruntée à une autre source, où elle possède son sens propre, mais que l'auteur réemploie ici pour exprimer sa pensée. Il était très fréquent chez les anciens maîtres de composer des préfaces dans ce style. Cependant, l'introduction étant fort longue, il n'y a pas lieu de nous y attarder, et nous la laisserons pour aborder directement, avec l'aide céleste, l'étude du livre lui-même et de ses enseignements de Torah.
En résumé : Rabbi Chimchon 'Haïm Na'hmani, auteur du Zéra Chimchon, était un génie et un kabbaliste italien d'il y a environ trois cents ans, qui perdit son fils unique et donna à ses ouvrages le nom de cette descendance qui ne lui avait pas survécu. Dans ses préfaces, il nous supplie en dix expressions de prière d'étudier ses livres et de mentionner son nom, promettant que le Maître de la rétribution accordera aux étudiants le meilleur salaire : enfants, santé et subsistance (bané, 'hayé ou-mézoné), ainsi que la bénédiction dans ce monde et dans le monde futur. À notre époque, cette ségoula a été redécouverte et a suscité d'éclatantes délivrances, tant pour la naissance d'enfants que pour la recherche d'un conjoint, à la condition expresse de toujours nous souvenir que Celui qui donne est le Saint, béni soit-Il, Lui seul, et que l'intention de notre étude doit être avant tout pour la gloire du Ciel, parce qu'Hachem l'a ainsi ordonné. C'est dans cet esprit que nous entamons, avec l'aide d'Hachem, l'étude de ses enseignements sur la Méguilat Chir HaChirim.