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Chapitre 5 - L'inauguration du Mishkan et les offrandes des princes - Première partie

Le chapitre 5 de Chir Hachirim s'ouvre sur un sommet de proximité et s'achève par une crise. Il commence par la description du Saint, béni soit-Il, entrant dans Son jardin lors de l'inauguration du Mishkan et agréant avec bienveillance les offrandes des princes (Nessiyim). Mais aussitôt après, la situation s'inverse : la bien-aimée s'endort, le Bien-aimé frappe à la porte, et elle hésite. Voici l'explication des versets selon Rachi, pas à pas.

« Bati Legani » - L'inauguration du Mishkan
בָּאתִי לְגַנִּי אֲחֹתִי כַלָּה אָרִיתִי מוֹרִי עִם בְּשָׂמִי אָכַלְתִּי יַעְרִי עִם דִּבְשִׁי שָׁתִיתִי יֵינִי עִם חֲלָבִי אִכְלוּ רֵעִים שְׁתוּ וְשִׁכְרוּ דּוֹדִים׃ - Je suis entré dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée, j'ai récolté ma myrrhe avec mon baume, j'ai mangé mon rayon avec mon miel, j'ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, compagnons, buvez et enivrez-vous d'amour !

Rachi explique : « Je suis entré dans mon jardin » - aux jours de l'inauguration du Sanctuaire, lorsqu'ils inaugurèrent le Mishkan. « J'ai récolté ma myrrhe » - le terme « Ariti » désigne l'action de cueillir ou de récolter. Et d'où sait-on qu'« Ariti » signifie récolter ? Rachi apporte une preuve du langage de la Mishna : « le temps que le cueilleur prenne son panier » (Kedei cheyehé oreh vesalo) - l'« oreh » étant celui qui récolte les figues. On le trouve également dans le texte biblique : « et tous les passants l'ont dépouillée » (Vé'arouha kol ovrei derekh), c'est-à-dire l'ont récoltée.

Et à quel propos est-il dit « j'ai récolté ma myrrhe avec mon baume » ? En référence à l'encens (Ketoret), car les princes ont offert un encens individuel sur l'autel extérieur, et cela fut agréé par D.ieu. Or, c'est une dérogation unique, qui n'a pas cours pour les générations futures. Il y a là une idée fondamentale : les sacrifices sont strictement subordonnés aux prescriptions de la Torah. On ne peut offrir un sacrifice qui déroge aux critères fixés par la Torah, et c'est pourquoi il n'existe pas de sacrifices rabbiniques (miderabanan) - un sacrifice correspond scrupuleusement à ce que la Torah a ordonné, rien de plus. Et pourtant, lors de l'inauguration du Mishkan, les princes ont offert des choses hors norme. L'encens - qui le fait brûler ? Le Cohen uniquement, deux fois par jour dans le Sanctuaire, ainsi que l'encens de Yom Kippour. Où a-t-on jamais vu un particulier apporter de l'encens ? Or ici, douze princes apportent chacun son propre encens. Le Saint, béni soit-Il, dit : Je l'ai agréé avec bienveillance.

« J'ai mangé mon rayon avec mon miel » - La canne à sucre

C'est pourquoi il est dit : « J'ai mangé mon rayon avec mon miel ». Rachi explique qu'il existe un miel qui pousse dans les tiges - ce sont les cannes à sucre, que les enfants coupent en morceaux pour en sucer le suc. C'est en ce sens qu'il est écrit à propos de Yonathan : « dans le rayon de miel » (Béya'arat hadvach), où il ne s'agit pas de miel d'abeilles mais de jus issu de la canne, car « Ya'arah » désigne un roseau ou une tige, comme dans « elle le mit parmi les roseaux » (Bassouf) ou « et j'ai habité dans ses roseaux » (Baye'arah) - les roseaux sont appelés Ya'arah. D'ailleurs, la canne à sucre ressemble beaucoup par son aspect aux roseaux qui poussent au bord des rivières, au point que celui qui la regarde de l'extérieur la prend pour un roseau ordinaire.

D'où cette magnifique parabole : la coutume des hommes est de sucer le suc sucré et de jeter la fibre de bois. On mâche, on suce, et ce qui reste n'est qu'un morceau de bois sec que l'on jette. Mais le Saint, béni soit-Il, dit : Moi, par excès d'affection, j'ai mangé ma tige avec mon miel, j'ai consommé le roseau avec le suc - ce qui est impropre avec ce qui est propre. Le sens profond : J'ai accepté ce sacrifice qui en temps normal n'est pas autorisé - un encens apporté volontairement par un particulier - en même temps que les offrandes que J'avais expressément ordonnées.

Et Rachi apporte un autre exemple : les boucs expiatoires (Sé'irei 'hatat) offerts par les princes - or, un sacrifice expiatoire n'est jamais offert à titre volontaire (Nedava), et pourtant « Je les ai acceptés » ce jour-là même. Voilà encore l'illustration de « j'ai mangé ma tige avec mon miel ».

« J'ai bu mon vin » - ce sont les libations. « Avec mon lait » - plus doux et plus limpide que le lait ; c'est-à-dire que le vin des libations que vous avez offert a été agréé avec faveur devant Moi, et M'a été plus doux et plus pur que le lait. On peut toutefois s'interroger sur le sens du mot « avec » (Im) selon cette interprétation, car il aurait été plus naturel de dire « j'ai bu mon vin comme mon lait » (Ke'halavi) ; et pour interpréter « avec » dans le sens d'une comparaison, il faudrait en trouver un précédent dans les Écritures.

« Mangez, compagnons » - dans la Tente d'assignation (Ohel Mo'ed), ce sont Aharon et ses fils, et dans le Temple éternel (Beit Olamim), ce sont tous les Cohanim, qui sont les compagnons du Tout-Puissant, constamment présents dans le Temple et consommant la viande des sacrifices. « Buvez et enivrez-vous d'amour » - ce sont les enfants d'Israël, qui mangent la viande des sacrifices de paix (Shelamim) offerts pour l'inauguration de l'autel, car la viande des Shelamim revient à ceux qui les offrent.

« Je dors, mais mon cœur veille »
אֲנִי יְשֵׁנָה וְלִבִּי עֵר קוֹל דּוֹדִי דוֹפֵק פִּתְחִי לִי אֲחֹתִי רַעְיָתִי יוֹנָתִי תַמָּתִי שֶׁרֹּאשִׁי נִמְלָא טָל קְוֻצּוֹתַי רְסִיסֵי לָיְלָה׃ - Je dors, mais mon cœur veille. C'est la voix de mon bien-aimé qui frappe : « Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, mes boucles des gouttes de la nuit. »

« Je dors » - lorsque je vivais tranquille et paisible à l'époque du Premier Temple, j'ai délaissé le service du Saint, béni soit-Il, tel un homme plongé dans un profond sommeil. « Mais mon cœur veille » - c'est le Saint, béni soit-Il, comme l'enseigne la Pesikta. De prime abord, cela semble couper le verset en son milieu, car le sens simple est « je dors, mais mon propre cœur veille » ; pourtant, il n'y a là nulle contradiction, car le Saint, béni soit-Il, est le cœur d'Israël. Dès lors, « mon cœur veille » signifie que le Saint, béni soit-Il, qui est le rocher de mon cœur et mon partage, reste éveillé pour me protéger et me combler de bienfaits. Bien que je fusse engourdie vis-à-vis des mitsvot, mon cœur - c'est-à-dire le Saint, béni soit-Il - restait éveillé.

« La voix de mon bien-aimé qui frappe » - Il fait résider Sa Présence divine sur les prophètes et avertit Son peuple par leur intermédiaire, inlassablement, dès l'aube. C'est comme s'Il envoyait un messager frapper à la porte et s'écrier : Réveille-toi ! Les prophètes viennent et proclament : « Écoutez la parole de l'Éternel », et le Saint, béni soit-Il, réprimande Israël. « Ouvre-moi » - ne sois pas la cause de Mon retrait, ne M'oblige pas à M'éloigner de toi. C'est là la version la plus exacte, car Il s'adresse ici à la bien-aimée.

« Car ma tête est couverte de rosée » - telle est l'expression d'un homme qui arrive la nuit, frappe à la porte de sa bien-aimée et lui dit : par amour pour toi, je suis venu au cœur de la nuit, à l'heure de la rosée ou de la pluie. En d'autres termes : c'est uniquement parce que je te suis attaché que j'ai accepté de venir à un moment inopportun, dans le froid et sous la pluie, et je suis malgré tout venu jusqu'à toi. Jusqu'ici la parabole.

Et dans le sens allégorique : « Car ma tête est couverte de rosée » - Je suis rempli de faveur et de satisfaction grâce à Abraham ton père, dont les actes M'ont été aussi doux que la rosée. Abraham Avinou, qui était un homme de 'hessed et dont toute la conduite n'était que bonté, a accompli des actes aussi agréables qu'une rosée bienfaisante. Me voici donc venant vers toi, chargé de bénédictions et de la récompense des bonnes actions, si seulement tu reviens à Moi. Tel est « la voix de mon bien-aimé qui frappe » : le Saint, béni soit-Il, nous appelle à faire techouva et affirme qu'Il a d'immenses récompenses à dispenser - tant par le mérite des Patriarches que par tes propres actions -, et c'est pourquoi Il recherche encore ta proximité et désire que tu corriges ta conduite.

« Mes boucles des gouttes de la nuit » - Le bâton et la carotte

« Mes boucles des gouttes de la nuit » - Je détiens également de nombreuses cohortes de fléaux pour châtier ceux qui M'abandonnent et Me méprisent. La rosée évoque la sérénité et la bienveillance, tandis que les gouttes de la nuit expriment l'inverse - quelque chose qui jaillit violemment, un langage de rétribution et de châtiment. Il y a donc ici le bâton et la carotte : d'une part, le Saint, béni soit-Il, présente la récompense, et d'autre part, Il avertit que si vous n'écoutez pas, ce n'est point un salaire qui vous attend, mais des cohortes d'éclats et de tourments, des flots d'épreuves à Dieu ne plaise.

« Les gouttes (ressissé) de la nuit » - les pluies nocturnes, qui sont source de pénibilité et de fatigue. Or, pourquoi les pluies nocturnes seraient-elles une gêne ? Nous savons pourtant que les pluies de la nuit sont particulièrement bienfaisantes, car elles ne troublent pas le repos des travailleurs ni de ceux qui partent à leur labeur quotidien pour gagner leur subsistance. Cela demande réflexion : les termes de Rachi laissent entendre que les gouttes elles-mêmes sont pénibilité et fatigue, et non pas seulement qu'elles surviennent à une heure de lassitude. De plus, à leur époque, on ne se déplaçait pas la nuit comme aujourd'hui où « la nuit est comme le jour » ; on dormait la nuit. Et qu'y a-t-il de plus profitable en hiver que d'avoir de la pluie toutes les nuits et du soleil tous les jours ? La nuit, la pluie ne dérange personne : on ne court pas à la synagogue, on ne va pas au beit hamidrash, on ne part pas travailler. De même, le terme de « fatigue » mérite explication. Peut-être ne s'agit-il que du bruit de la pluie qui trouble le sommeil, mais cette interprétation reste difficile.

« Ressissé » (gouttes) - c'est la traduction en araméen de revivim (ondées), comme dans « et comme des ondées sur l'herbe » traduit par « khirssissé malkocha », c'est-à-dire les gouttes de la pluie tardive. « Kevoutzot » (boucles) - ce sont les mèches de cheveux entrelacées : les cheveux s'allongent et s'assemblent les uns aux autres, d'où le terme kevoutzot (groupements, touffes). Et puisque le verset a employé les termes de rosée et de pluie, il a également employé les termes de tête et de boucles, car la rosée et la pluie ont coutume de s'accrocher aux cheveux et aux mèches pour les détremper.

On peut aussi interpréter la rosée et les gouttes de la nuit toutes deux de manière positive, et non pas selon la première explication où les gouttes représentent un châtiment : la récompense des mitsvot faciles, aisées à accomplir, est comparable à la rosée, tandis que la récompense des mitsvot plus exigeantes et difficiles est comparable à la pénibilité des gouttes de la nuit. Il y a en effet des mitsvot faciles, comme manger un plat chaud le Chabbat, réciter le kiddouch et goûter aux autres délices d'Oneg Chabbat, pour lesquelles on ne voit personne souffrir ; et il y a des mitsvot ardues, pour lesquelles l'homme doit consacrer beaucoup de temps, déployer des efforts et peiner. Le Saint, béni soit-Il, dit alors : J'ai de quoi te récompenser pour les unes comme pour les autres.

« J'ai ôté ma tunique » - Les prétextes de celle qui hésite
פָּשַׁטְתִּי אֶת כֻּתׇּנְתִּי אֵיכָכָה אֶלְבָּשֶׁנָּה רָחַצְתִּי אֶת רַגְלַי אֵיכָכָה אֲטַנְּפֵם׃ - J'ai ôté ma tunique, comment la revêtirais-je ? J'ai lavé mes pieds, comment les souillerais-je ?

« J'ai retiré ma tunique » : c'est-à-dire que je me suis déjà habituée à d'autres voies, je ne peux plus revenir vers toi. Comme il est dit : « Et depuis que nous avons cessé de brûler de l'encens à la reine du ciel, nous avons manqué de tout » (Jérémie 44, 18), car ces voies leur paraissaient droites. L'argument est le suivant : je me suis déjà accoutumée à l'idolâtrie, je me suis déjà habituée à ces voies dévoyées. Et ils commencent même à croire que l'idolâtrie leur est bénéfique et utile, et que c'est par elle que le bien leur advient.

Et l'expression « J'ai retiré ma tunique, j'ai lavé mes pieds » est la réplique de la femme infidèle qui refuse d'ouvrir la porte à son époux. Puisque le verset a débuté par « Je dors, mais mon cœur veille, c'est la voix de mon bien-aimé qui frappe », il s'achève par une réponse qui correspond à quelqu'un qui frappe à la porte à l'heure du coucher, pendant la nuit : j'ai déjà ôté ma tunique, je me suis déjà préparée pour la nuit, je ne peux pas maintenant. Et dans la parabole : je sers déjà les idoles, cela me réussit et m'est profitable, et il m'est difficile de m'en détacher.

La force de l'addiction

On applique également cela comme une parabole pour les désirs terrestres. Les passions de l'homme : tant qu'il n'y est pas entré, il en est le roi et le maître ; dès lors qu'il y pénètre, il devient un esclave asservi. Les drogues constituent toujours l'exemple le plus frappant pour toutes ces situations : avant d'y toucher, l'homme est le maître : « Une fois ici, une fois là, juste une cigarette, n'en fais pas toute une histoire » ; mais une fois dépendant, qui pourra l'en sortir ? Il en va de même pour les passions : un homme tombé dans la dépendance des désirs interdits, que le Ciel nous en préserve ; un homme devenu accro au smartphone - le Rav Shteinman disait à ce sujet : « Tous ceux qui y viennent ne reviennent point » (Proverbes 2, 19), de cela, on ne revient pas. Des gens qui ont brisé leur appareil et en ont fini définitivement, on n'en trouve que de très rares exceptions. Il s'avère donc que la sagesse consiste à ne pas y entrer dès le départ. Et si l'on y est déjà entré, c'est exactement l'argument de la femme dans le verset : je me suis déjà habituée à d'autres voies, je ne peux plus revenir vers toi - elle est devenue dépendante.

Et elle en vient alors à penser que c'est une bonne chose : « Justement, ces derniers temps, j'ai eu des succès. Depuis que nous avons cessé d'encenser la reine du ciel, depuis que nous t'avons écouté, Jérémie, nous n'avons que des malheurs. On voit bien que tout allait bien à l'époque ! » C'est là que l'homme se persuade que sa propre déchéance est en réalité un bien. Et c'est invariablement la seconde étape dans la faute : dans un premier temps, l'homme souffre de son état et déplore sa situation, mais que peut-il faire, puisqu'il est dépendant ? Dans la seconde étape, comme il est difficile pour l'homme d'être esclave du péché tout en ressentant constamment des remords, il apaise sa conscience en prétendant qu'il doit en être ainsi et qu'il n'y a là aucun péché. C'est l'étape la plus redoutable, car au premier stade il subsiste encore un espoir de téchouva, mais « parce que tu dis : Je n'ai point péché, voici que J'entre en jugement avec toi » (Jérémie 2, 35). Tant qu'il y a faute et que l'homme dit : « J'ai fauté », il a une chance de réparer ; mais lorsqu'il affirme : « Pas du tout, où est la faute, qu'y a-t-il de mal à cela, il existe divers modes de vie » - et que l'on justifie l'interdit par des arguments pseudo-scientifiques - cela l'enferme complètement dans la transgression.

« Mon bien-aimé a avancé sa main par l'ouverture »
דּוֹדִי שָׁלַח יָדוֹ מִן הַחֹר וּמֵעַי הָמוּ עָלָיו׃ - Mon bien-aimé a avancé sa main par l'ouverture, et mes entrailles ont frémi pour lui.

« Mon bien-aimé a avancé sa main par l'ouverture » : l'ouverture située près de la porte, c'est-à-dire le trou de la serrure, et le bien-aimé tente d'ouvrir de sa main. « Et mes entrailles ont frémi pour lui » : j'ai vu sa main, et mes entrailles ont été bouleversées pour retourner vers son amour et lui ouvrir. Une profonde nostalgie s'est éveillée en moi pour revenir vers lui.

קַמְתִּי אֲנִי לִפְתֹּחַ לְדוֹדִי וְיָדַי נָטְפוּ מוֹר וְאֶצְבְּעֹתַי מוֹר עֹבֵר עַל כַּפּוֹת הַמַּנְעוּל׃ - Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts une myrrhe fluide, sur les poignées du verrou.

« Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et mes mains ont distillé la myrrhe » : c'est-à-dire d'un cœur entier et d'un élan spontané, telle une femme qui se pare pour se faire aimer de son mari par un parfum agréable. Selon nos termes contemporains : je me suis même parfumée. Après avoir aperçu sa main à travers l'ouverture et ressenti le réveil de la nostalgie, je viens vers lui de plein gré, avec des aromates, afin que son époux s'éprenne d'elle grâce à sa douce odeur.

« Une myrrhe fluide (mor over) » : un parfum qui passe et se diffuse de tous côtés. Certaines versions portent la graphie « roua'h » (vent / esprit), mais c'est une erreur. Lorsqu'une personne porte du parfum, on le sent de loin, et la fragrance s'exhale et se propage : voilà ce qu'est « mor over ».

En conclusion :

Le chapitre s'ouvre sur un agrément admirable : lors de l'inauguration du Mishkan, le Saint, béni soit-Il, accueillit par un amour immense même « ce qui ne convient pas avec ce qui convient » - l'encens d'un particulier et les boucs expiatoires qui ne sont pas offerts en don volontaire - tel un homme qui mange le rayon avec le miel. De là, nous passons à la torpeur de l'époque du Premier Temple : Israël dort, mais le Saint, béni soit-Il - leur cœur - veille ; Il frappe par l'intermédiaire des prophètes, venant chargé de bénédictions et de récompenses tant pour les mitsvot légères que pour les plus graves. Mais la bien-aimée tarde, avançant les prétextes de celle qui s'est accoutumée à d'autres voies. C'est là que réside le grand enseignement : la sagesse consiste à ne pas se laisser prendre dans les chaînes de l'habitude et de la convoitise, et certainement pas à justifier la faute, car c'est la justification de la faute qui y emprisonne l'homme. Et pourtant, dès l'instant où le Bien-Aimé passe Sa main par l'ouverture - ses entrailles s'émeuvent, et elle se lève pour Lui ouvrir d'un cœur entier et d'un élan sincère.