Introduction : De la métaphore à son sens profond
Nous voici parvenus à la dernière partie du commentaire du Malbim sur Chir Hachirim, celle où il dévoile une part de ce qui était resté dissimulé sous un voile tout au long du livre. Jusqu'à présent, le Malbim a expliqué l'intégralité de Chir Hachirim à travers l'âme de Chlomo : une âme qui s'extrait du corps, s'attache à son Bien-Aimé et reçoit la prophétie, puis s'en sépare et y retourne, et ainsi de suite, à cinq reprises correspondant aux cinq chants. À présent, le Malbim révèle que tout cela ne constituait qu'une parabole, derrière laquelle se dresse un sens bien plus élevé : la sainte Chekhina, la sefira de Malchout, qui aspire à s'élever depuis les mondes inférieurs pour s'unir à son Bien-Aimé dans le monde d'Atsilout. Explicitons d'abord la métaphore de l'âme, avant de nous élever vers son sens profond.
La métaphore : L'âme dans sa racine et l'âme dans le corps
Nous avons constaté pour l'âme une différence fondamentale entre deux états. À sa racine, lorsqu'elle se trouve en haut auprès du Saint, béni soit-Il, elle est un intellect totalement séparé de la matière, purement spirituel, aux facultés infinies et aux perceptions immédiates, dépourvue de penchants naturels ou de traits de caractère matériels. Mais lorsqu'elle descend ici-bas, quittant son séjour pour revêtir un habit afin d'agir dans ce monde, elle pénètre dans une sorte de récipient qui l'enferme et restreint ses capacités. Nous ne possédons plus aujourd'hui la force de tout appréhender en un instant, comme le faisait l'âme sous le Trône de gloire ; nous sommes limités au sein d'un corps.
Et à l'intérieur même du corps, il existe plusieurs degrés. L'intellect, qui opère dans le cerveau, est le plus proche de la spiritualité : un homme peut être assis en un lieu et embrasser par la pensée le monde d'un bout à l'autre, imaginer ce qui se passe en Australie, ou même méditer sur les mondes supérieurs. Bien que l'âme soit recluse dans le corps, une faculté de perception spirituelle y est donc encore manifeste. Les sentiments et les désirs résidant dans le cœur sont déjà plus liés au matériel, mais une dimension spirituelle s'y révèle encore : après tout, le libre arbitre, la décision même de vouloir telle chose, relève du spirituel. Enfin, ce qui réside dans le sang, la dimension la plus basse de l'âme, s'y trouve véritablement emprisonné dans le corps sans qu'aucune expression spirituelle n'y transparaisse, puisqu'une telle fonction biologique existe à l'identique chez les animaux. Dans le cerveau et le cœur, la spiritualité reste perceptible, tandis qu'au plus profond des mécanismes corporels, la nature matérielle prend le dessus et l'âme ne s'y discerne plus.
Mais tout cela n'est vrai que tant qu'elle est matérialisée, enfermée dans un corps. Lorsque l'âme ôtera ses habits de veuvage pour revêtir ses parures précieuses, lorsqu'elle se dépouillera de l'enveloppe corporelle pour regagner sa demeure céleste, les entraves du corps s'annuleront et elle retournera dans la maison de son père comme aux jours de sa jeunesse. Elle agira alors avec une puissance spirituelle illimitée et appréhendera l'Infini sans la moindre barrière. Ici-bas, « l'homme ne peut Me voir et vivre », car il est restreint ; là-haut, elle appréhende le Divin sans aucune limite.
Le sens profond : La descente et l'élévation de la Chekhina
Il en va de même pour la sainte Chekhina, qui est la sefira de Malchout. Lorsqu'elle désire dispenser son flux dans les mondes inférieurs, elle revêt des réceptacles et des habits : la Malchout de l'En Sof s'habille dans les mondes situés sous elle, la Malchout d'Atsilout descend dans la Beriya, la Yetsira et la Assiya, jusqu'au bas de l'enchaînement des mondes. Elle descend alors vers le monde du Trône, qui est la Beriya, ou vers les Hayot, qui correspondent à la Yetsira, ou vers les Ofanim. Cette descente est qualifiée d'exil de son lieu, et correspond à la notion de « Chekhinta be-Galouta » (la Chekhina en exil) : la Chekhina quitte sa demeure en Atsilout - où le mal ne saurait séjourner et où ne règne que le Saint, béni soit-Il - pour faire couler Son flux vers le bas.
Dès lors qu'elle est descendue, sa gouvernance devient restreinte, car elle s'est pour ainsi dire matérialisée, et cela comporte de nombreux degrés selon la capacité de chaque monde et de ses réceptacles, selon qu'ils sont purs ou opaques. Et lorsqu'elle descend jusqu'au monde des Ofanim, le monde de la Assiya, tout semble remis aux mains des lois naturelles, selon la rotation des sphères et des constellations - ce rôle des astres dont traite également la tradition juive. Le flux divin s'écoule alors à travers la réalité matérielle, et à l'image du sang dans le corps où l'âme n'est nullement perceptible, l'action de Malchout demeure invisible : tout paraît relever d'un mécanisme purement naturel, le monde semblant suivre son cours de façon autonome.
En revanche, lorsqu'elle remonte des mondes de la séparation - de BY"A (Beriya, Yetsira, Assiya) - vers Atsilout, elle est semblable à l'âme qui se dépouille du corps. Elle n'est plus assujettie aux mondes plus matériels, mais se trouve unie au Saint, béni soit-Il, avec Zeïr Anpin lui-même au niveau le plus élevé, de sorte que ses puissances se déploient sans borne et sans fin. C'est là « la Chekhina attachée à son Bien-Aimé face à face » : elle est sortie du corps que constitue BY"A pour s'unir à l'En Sof, béni soit-Il, d'une union parfaite, déployant alors sa pleine puissance divine pour déverser une abondance et un surcroît de bénédiction infinis.
La réclamation de la lune et la descente de Malchout
Les maîtres de la Kabbale ont enseigné qu'au moment de l'émanation dans Atsilout, le soleil et la lune faisaient usage d'une seule et même couronne. Le soleil représente Zeïr Anpin, tandis que la lune représente la Nokva, le principe récepteur, et « une seule couronne » signifie qu'ils étaient de même stature. En effet, la Nokva connaît de multiples états : elle peut se trouver derrière Zeïr Anpin ou devant lui, face à face ou dos à dos, réduite à un simple point ou élevée à la même hauteur. Tout dépend de la modalité de transmission du flux, et plus elle est élevée et égale à Zeïr Anpin, plus le flux et l'union sont parfaits. « Faisant usage d'une seule couronne » signifie ainsi que la transmission divine s'opérait au niveau le plus sublime, dans le monde d'Atsilout et sur un pied d'égalité.
Que s'est-il passé le quatrième jour ? La lune a récrimine en disant : « Il est impossible que deux rois fassent usage d'une même couronne », et elle est descendue sous le secret d'un point unique vers le monde de la Beriah, avant de remonter aussitôt à sa place dans Atsilout, face à Zeïr Anpin. Jusqu'à quand ? Jusqu'à la faute d'Adam HaRishon, moment où la Malkhout est descendue à nouveau. En effet, lorsque nous fautons, la conséquence se traduit par la descente de la sephira de Malkhout vers le monde situé en dessous d'elle ; nous éloignons ainsi la Malkhout du Saint béni soit-Il, ce qui constitue l'exil de la Chekhina.
Le Malbim explique la profondeur de cette première descente. Hachem béni soit-Il a ordonné tous les mondes de telle sorte que toutes les forces et tous les rouages de la Merkava dépendent des actes de l'homme, selon le principe : « Hachem est ton ombre à ta main droite » : si l'homme fait le bien, il produit une influence bénéfique dans tous les mondes. Le quatrième jour, les luminaires furent suspendus, marquant le commencement du règne de la nature, car jusqu'alors régnait la lumière cachée (Or HaGanouz). Dès lors, il devenait possible que nous ne soyons plus dignes d'une influence spirituelle supérieure issue d'Atsilout, mais que la Chekhina soit en exil par suite des fautes humaines et quitte son séjour, et que la providence ne soit plus miraculeuse mais soumise aux lois de la nature : mesurée, selon ce qui est mérité et selon les actes de chacun. Afin d'instaurer une telle réalité dans le monde, le Saint béni soit-Il fit descendre la Malkhout un instant d'Atsilout vers le bas, afin de lui ménager un lieu dans les mondes de BY"A, de sorte que si Israël venait à fauter, elle ait où descendre. C'est pourquoi la descente du quatrième jour ne fut pas une véritable chute, puisqu'il n'y avait encore ni faute ni action de l'homme, mais la préparation de réceptacles pour l'avenir. En revanche, lors de la faute d'Adam HaRishon, la Malkhout descendit réellement : d'Atsilout vers Beriah, de la Malkhout de Beriah vers Yetsirah, et de la Malkhout de Yetsirah vers Assiah, ce qui correspond à l'état de la Chekhina en exil.
La racine de Knesset Israël dans la Malkhout
Il est connu que de la Malkhout d'Atsilout, qui est la Noukva, provient la racine de l'ensemble des âmes d'Israël, que l'on nomme Knesset Israël. Lorsque les enfants d'Israël rectifient leurs actes, ils s'unissent à la sainte Chekhina, et la Malkhout s'élève à sa place pour s'unir à son bien-aimé, qui est Zeïr Anpin. Il s'opère alors une union (Zivoug), c'est-à-dire l'octroi d'une abondance divine dispensée de Zeïr Anpin vers la Noukva, et ce flux descend et se propage dans le monde inférieur de manière juste et convenable. La royauté divine remonte alors vers la Divinité, semblable à l'âme qui se dévêt du corps : tout comme l'âme descend dans le corps et s'attache à la matière, ainsi en est-il de la Malkhout dans sa descente ; et lorsqu'elle s'élève pour s'unir à son bien-aimé, elle se dépouille de l'enveloppe corporelle pour monter vers les mondes supérieurs. Et de même que l'âme de Salomon s'élevait pour recevoir la prophétie, la Chekhina s'élève vers sa demeure suprême pour s'unir au Saint béni soit-Il, qui est l'aspect de Zeïr Anpin.
Cinq chants correspondant à cinq élévations
Selon le Malbim, le Cantique des Cantiques se divise en cinq chants, et non en huit chapitres, cette dernière répartition étant d'origine chrétienne. Chaque chant exprime un moment où l'âme de Salomon s'élance pour s'attacher à son bien-aimé et à l'Infini, et ces moments correspondent aux prophéties que Salomon reçut d'Hachem. Toutefois, tout cela n'est que la parabole : l'élévation de Salomon et son attachement au Saint béni soit-Il sont l'allégorie de la Malkhout qui monte et s'unit à Zeïr Anpin dans le monde d'Atsilout.
Sur le plan individuel
Cela est vrai aussi bien sur le plan individuel que sur le plan collectif, et le Malbim commence par le particulier, bien qu'il soit ici secondaire. L'âme de Salomon : Salomon est issu de David, et David de Bethsabée. David a sa racine dans la Malkhout, car la sephira de David est celle de la Malkhout, et Bethsabée (Bat-Chéva) est la fille des sept sephirot, c'est-à-dire également la sephira de Malkhout. Il s'ensuit que l'âme de Salomon tire sa source de la Malkhout. Or, sachez que chaque âme peut provenir de différents niveaux dans les mondes supérieurs, et l'âme de Salomon puise précisément sa racine dans la sephira de Malkhout. Par conséquent, lorsque Salomon s'élève ici-bas, il opère en parallèle une élévation pour la sephira de Malkhout en haut : de même que l'âme de Salomon entonne ici-bas ce cantique, la sephira de Malkhout s'élève et chante là-haut. Et à toute l'aspiration de l'âme de Salomon à s'unir au Saint béni soit-Il correspond l'aspiration de la Malkhout à s'unir à Zeïr Anpin, aux six extrémités (Hessed, Guevoura, Tiferet, Netsa'h, Hod, Yessod), venant ainsi parachever le chiffre sept.
Sur le plan collectif : le premier chant - l'exil d'Égypte et le don de la Torah
Mais ces notions s'éclairent davantage sur le plan collectif. En contemplant l'histoire du monde, on constate que, de même que l'âme de Salomon s'arrache à la matérialité pour recevoir la prophétie, puis s'en détache à nouveau, et ce à quatre reprises, jusqu'à une cinquième fois marquée par une union totale au moment de sa mort, il en va exactement de même pour la sainte Chekhina en haut : quatre étapes de séparation et d'union, avant la cinquième et ultime communion dans les temps futurs.
La première occasion : la Chekhina a été exilée de sa demeure lors de l'exil d'Égypte, puis a mérité de s'unir à nouveau avec Zeïr Anpin lors de la sortie d'Égypte, au don de la Torah et dans la Tente d'assignation (Ohel Moëd) - lieu désigné pour la rencontre et l'union entre Zeïr Anpin et la Chekhina. La bien-aimée décrit alors son état :
שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה בְּנוֹת יְרוּשָׁלָ͏ִם כְּאׇהֳלֵי קֵדָר כִּירִיעוֹת שְׁלֹמֹה׃ - Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem, pareille aux tentes de Kédar, aux tentures de Salomon.
אַל־תִּרְאוּנִי שֶׁאֲנִי שְׁחַרְחֹרֶת שֶׁשְּׁזָפַתְנִי הַשָּׁמֶשׁ בְּנֵי אִמִּי נִחֲרוּ־בִי שָׂמֻנִי נֹטֵרָה אֶת־הַכְּרָמִים כַּרְמִי שֶׁלִּי לֹא נָטָרְתִּי׃ - Ne me regardez pas avec dédain parce que je suis noirâtre, car le soleil m'a brunie. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi ; ils m'ont établie gardienne des vignes, mais ma propre vigne, je ne l'ai point gardée.
Elle se détourne alors des filles de Jérusalem, qui représentent les Palais d'en bas, pour chercher son Bien-aimé, Zeïr Anpin du monde d'Atsilout :
הַגִּידָה לִּי שֶׁאָהֲבָה נַפְשִׁי אֵיכָה תִרְעֶה אֵיכָה תַּרְבִּיץ בַּצׇּהֳרָיִם שַׁלָּמָה אֶהְיֶה כְּעֹטְיָה עַל עֶדְרֵי חֲבֵרֶיךָ׃ - Dis-moi, toi que chérit mon âme, où tu mènes paître ton troupeau, où tu le fais reposer à midi ; car pourquoi serais-je comme une femme voilée auprès des troupeaux de tes compagnons ?
C'est alors que survient la délivrance, et la Chekhina a le mérite de s'élever et de retourner auprès de son Bien-aimé, dans le monde d'Atsilout :
לְסֻסָתִי בְּרִכְבֵי פַרְעֹה דִּמִּיתִיךְ רַעְיָתִי׃ - À ma cavale parmi les attelages de Pharaon, je te compare, ma bien-aimée.
C'est là la dimension de la délivrance lors de la sortie d'Égypte, à travers les prodiges accomplis, et par la faveur divine qui accompagnait la Chekhina au don de la Torah. Vient ensuite la construction du Mishkan :
הִנְּךָ יָפֶה דוֹדִי אַף נָעִים אַף־עַרְשֵׂנוּ רַעֲנָנָה׃ - Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es charmant ! Notre couche même est verdoyante.
Le Mishkan est qualifié de « couche », et la couche est le lieu de l'union, l'endroit où s'unissent Zeïr Anpin et la Noukva. Chaque fois que l'on évoque des unions dans les mondes supérieurs, il s'agit de la transmission de l'afflux divin du principe masculin (Dékhoura) au principe féminin (Noukva), et c'est pourquoi cela est formulé sous les termes d'une union. Mais la séparation s'est produite lors de la faute du Veau d'or, moment où la Chekhina fut de nouveau chassée de sa demeure ; elle adjure alors les filles de Jérusalem de ne pas briser cet amour, car elle est destinée à revenir résider auprès de son Bien-aimé :
הִשְׁבַּעְתִּי אֶתְכֶם בְּנוֹת יְרוּשָׁלַ͏ִם בִּצְבָאוֹת אוֹ בְּאַיְלוֹת הַשָּׂדֶה אִם־תָּעִירוּ וְאִם־תְּעוֹרְרוּ אֶת־הָאַהֲבָה עַד שֶׁתֶּחְפָּץ׃ - Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles ou par les biches des champs : n'éveillez pas, ne réveillez pas l'amour avant qu'il ne le désire !
Le deuxième chant : Chilo, Nob et Guib'on
Le deuxième chant correspond à une nouvelle opportunité où la Chekhina s'unit à son Bien-aimé après avoir été chassée de sa demeure de délices ; cela eut lieu après que les troupeaux furent rassemblés et entrèrent en terre d'Israël. Dans son langage imagé, le Malbim explique : la pierre fut roulée de dessus l'ouverture du puits et la Terre supérieure, la Terre de vie (la Chekhina étant appelée « Terre »), fut réparée pour unir la justice (Michpat) et l'équité (Tsedeq). Le Malbim s'exprime par allusions : Michpat et Tsedeq, dans les livres des Kabbalistes, font allusion à Zeïr Anpin et à la Noukva - Michpat est Zeïr Anpin et Tsedeq est la Noukva. « Unir la justice et l'équité » signifie donc qu'une union s'est opérée dans les mondes supérieurs et que la Chekhina a regagné sa place en Atsilout.
קוֹל דּוֹדִי הִנֵּה־זֶה בָּא מְדַלֵּג עַל־הֶהָרִים מְקַפֵּץ עַל־הַגְּבָעוֹת׃ - La voix de mon bien-aimé ! Le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines.
כִּי־הִנֵּה הַסְּתָו עָבָר הַגֶּשֶׁם חָלַף הָלַךְ לוֹ׃ הַנִּצָּנִים נִרְאוּ בָאָרֶץ עֵת הַזָּמִיר הִגִּיעַ וְקוֹל הַתּוֹר נִשְׁמַע בְּאַרְצֵנוּ׃ - Car voici, l'hiver est passé, la pluie a cessé, elle s'en est allée. Les bourgeons paraissent sur la terre, le temps des chants est arrivé, et la voix de la tourterelle se fait entendre dans notre pays.
De quelle époque s'agit-il ? De l'époque de Chilo, de Nov et de Guiv'on. Il y avait certes un Tabernacle (Michkan), avant même la construction du Temple (Beth HaMikdach), mais c'était une demeure temporaire et une présence divine (Chekhina) passagère, non permanente. Le Michkan errait d'un lieu à un autre, et de temps à autre, le peuple était livré aux mains de ses ennemis ; ce n'était donc pas la Chekhina établie dans sa demeure fixe. C'est pourquoi :
יוֹנָתִי בְּחַגְוֵי הַסֶּלַע בְּסֵתֶר הַמַּדְרֵגָה הַרְאִינִי אֶת־מַרְאַיִךְ הַשְׁמִיעִנִי אֶת־קוֹלֵךְ כִּי־קוֹלֵךְ עָרֵב וּמַרְאֵיךְ נָאוֶה׃ - Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, fais-moi voir ton visage, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage est gracieux.
Il est enseigné dans les livres des kabbalistes que la colombe représente la sefira de Malkhout, et lorsqu'elle s'unit à Tiferet - c'est-à-dire Zeïr Anpin - elle est appelée « dans les fentes du rocher ». On constate donc qu'il y a là une certaine union avec son bien-aimé, mais ce n'est qu'une union temporaire ; c'est pourquoi le bien-aimé s'en retourne sans cesse sur les monts de Béter, s'éloignant et revenant tour à tour :
עַד שֶׁיָּפוּחַ הַיּוֹם וְנָסוּ הַצְּלָלִים סֹב דְּמֵה־לְךָ דוֹדִי לִצְבִי אוֹ לְעֹפֶר הָאַיָּלִים עַל־הָרֵי בָתֶר׃ - Avant que ne souffle le jour et que ne fuient les ombres, reviens, mon bien-aimé, sois semblable à une gazelle ou au faon des biches, sur les monts de Béter.
Le troisième chant : le Premier Temple - « Sihra be'achlemouta » (la lune dans sa plénitude)
La troisième étape représente l'union la plus parfaite, à l'époque de la construction du Beth HaMikdach : « J'ai bâti pour Toi une demeure magnifique » ; la Chekhina est descendue et a fait résider Sa présence ici-bas, et c'est là sihra be'achlemouta, la pleine lune qui brille dans toute sa perfection. Les ouvrages saints rapportent qu'il existe trois degrés dans la présence de la Chekhina, désignés sous les noms de sihra (lune), yam (mer) et tekhélet (azur) : le degré de sihra correspond à l'absence de tout défaut, où Malkhout se tient d'égal à égal avec Zeïr Anpin à son niveau le plus élevé ; l'aspect lié au monde de la Beria est appelé yam ; et lorsqu'elle descend dans le monde de la Yetsira, elle est appelée tekhélet. Le niveau de sihra be'achlemouta constitue le sommet, où la Chekhina réside dans le monde d'Atsilout. Le Beth HaMikdach d'en bas fut alors édifié, et face à lui le Beth HaMikdach d'en haut, ce qui signifie que la Chekhina s'y trouve dans une union continuelle, semblable à celle d'Abba et Imma. C'est pourquoi le troisième chant caractérise un état de demeure permanente de la Chekhina, où l'on découvre le dais royal (apiryon), les sacrifices et la pérennité de la Présence divine, comme le mentionne le saint Zohar en plusieurs endroits :
אַפִּרְיוֹן עָשָׂה לוֹ הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה מֵעֲצֵי הַלְּבָנוֹן׃ - Le roi Salomon s'est fait un palanquin de bois du Liban.
Le quatrième chant : le Second Temple - « Je dors »
La quatrième étape correspond à l'époque du Second Temple, qui est déjà survenue après une rupture, consécutivement aux fautes de la fin du Premier Temple qui ont provoqué la destruction. La Chekhina se trouve alors dans un état de sommeil :
אֲנִי יְשֵׁנָה וְלִבִּי עֵר קוֹל דּוֹדִי דוֹפֵק פִּתְחִי־לִי אֲחֹתִי רַעְיָתִי יוֹנָתִי תַמָּתִי שֶׁרֹּאשִׁי נִמְלָא־טָל קְוֻצּוֹתַי רְסִיסֵי לָיְלָה׃ - Je dors, mais mon cœur veille. C'est la voix de mon bien-aimé qui frappe : « Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, mes boucles des gouttes de la nuit. »
Dans la parabole, il s'agit de Salomon après qu'il a penché vers les femmes étrangères introduites dans son palais, la fille de Pharaon et tout ce qui s'ensuivit, marquant un état de déclin. De même dans la signification profonde : la Chekhina s'éloigne, Chekhinta ihi begalouta (la Présence divine est en exil), éloignée de sa demeure de délices et chassée, pour ainsi dire, du monde d'Atsilout ; son âme est attachée à la poussière lors de l'exil de Babylone, et elle se trouve plongée dans le sommeil. Ce thème est étroitement lié à Pourim, car à Pourim, il est enseigné que Zeïr Anpin était dans un état de sommeil, ce que les kabbalistes nomment dormita. C'est pourquoi Assuérus, tout comme Haman, crut pouvoir s'attaquer aux Juifs : si le Saint béni soit-Il était pour ainsi dire en état de dormita, il devenait possible d'agir sans que la Chekhina et le Saint béni soit-Il ne soutiennent Israël. C'est le sens de : « Il est (yécheno) un peuple unique », ce que nos Sages ont interprété par : « Ils dorment (yachnou) à l'égard des mitsvot », faisant allusion à ce qu'écrit le Ari zal, à savoir qu'en Haut régnait pour ainsi dire un état de sommeil ; et de même qu'en Zeïr Anpin régnait la dormita avant que ne s'accomplisse la séparation (nessira), de même ici, la Chekhina est endormie. Elle ne désirait pas se relever de la poussière, et de fait, la Chekhina ne résida pas pleinement dans le Second Temple : tous les signes manifestes de la présence divine en étaient absents, comme le mentionne le Zohar (Chémot, feuille 9b), car cette rédemption ne fut pas une rédemption complète.
פָּתַחְתִּי אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי חָמַק עָבָר נַפְשִׁי יָצְאָה בְדַבְּרוֹ בִּקַּשְׁתִּיהוּ וְלֹא מְצָאתִיהוּ קְרָאתִיו וְלֹא עָנָנִי׃ - J'ai ouvert à mon bien-aimé, mais mon bien-aimé s'était esquivé, il avait passé ; mon âme défaillait lorsqu'il parlait. Je l'ai cherché et ne l'ai point trouvé, je l'ai appelé et il ne m'a point répondu.
On discerne ici une situation de rigueur et d'éloignement. Le Saint, béni soit-Il, nous sollicite pour ainsi dire, ce qui correspond à l'explication du Malbim selon laquelle l'époque du second Temple fut une période d'épreuve : le Saint, béni soit-Il, voulut pour ainsi dire éprouver Israël, voir s'ils s'attacheraient à Hachem et marcheraient dans la voie droite, pour qu'alors soit bâti le troisième Temple. Il s'avère donc que le second Temple ne fut qu'un temps d'épreuve précédant le troisième Temple, et comme nous avons échoué à cette épreuve, nous nous trouvons encore dans les années de l'exil. La proximité n'était pas totale, la Chekhina ne résidait pas pleinement à sa place ; il y a bien une volonté venue d'En-Haut, mais le peuple d'Israël ne s'y prépare pas comme il convient. C'est à cela que correspond le quatrième chant.
Le cinquième chant : la véritable délivrance
Le cinquième chant a pour objet la véritable délivrance. Alors la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus vive, semblable à la lumière des sept premiers jours ; « Une femme vaillante est la couronne de son époux », une union parfaite entre Zeïr Anpin et la Malkhout, la sainte Chekhina. Jérusalem secouera alors sa poussière pour s'établir au faîte de sa splendeur, et c'est à ce sujet que fut entonné le cinquième chant. Alors Knesset Israël se relèvera, et la soukka croulante de David ne s'effondrera plus jamais.
Cela est comparable à l'âme de Salomon qui se sépare du corps pour s'unir au Saint, béni soit-Il : de même, la Chekhina se détache pour ainsi dire du corps, des mondes inférieurs de BY"A (Beriah, Yetsirah, Assiah), pour s'unir uniquement au monde de l'Atsilout. C'est véritablement une séparation d'avec le corps, car l'Atsilout a le statut d'âme par rapport aux mondes inférieurs qui sont considérés comme un corps. Il est d'ailleurs expliqué par les kabbalistes que chaque monde constitue l'âme du monde situé en dessous de lui, tandis que le monde inférieur lui sert de corps, et ainsi de suite à tous les niveaux.
Dans cette réalité, tous les mondes aspirent ardemment à s'unir à la Chekhina, mais celle-ci les quitte pour s'élever et s'unir à son bien-aimé dans l'Atsilout. C'est précisément le débat que nous avons constaté dans la parabole entre l'âme et les filles de Jérusalem :
מַה־דּוֹדֵךְ מִדּוֹד הַיָּפָה בַּנָּשִׁים מַה־דּוֹדֵךְ מִדּוֹד שֶׁכָּכָה הִשְׁבַּעְתָּנוּ׃ - Qu'a donc ton bien-aimé de plus qu'un autre, ô la plus belle des femmes ? Qu'a ton bien-aimé de plus qu'un autre, pour que tu nous adjures de la sorte ?
Elles lui demandèrent : pourquoi désires-tu tant nous quitter, alors que toute ton élévation ne saurait s'accomplir qu'ici ? Il en va de même dans le sens profond : les mondes inférieurs réclament la présence de la Chekhina en leur sein et ne souhaitent pas qu'elle les abandonne pour s'unir au monde supérieur, à l'Atsilout. Pourtant, en définitive, tout s'élève, tous les mondes sont haussés vers le haut, et le Roua'h ainsi que le Néfèch des mondes inférieurs, qui relèvent du Gan Éden inférieur, montent eux aussi en sainteté. C'est là la dimension du « chant des mille », lorsque tous les mondes se purifient, y compris leurs réceptacles et leurs dimensions extérieures. En effet, lorsqu'on traite des mondes, on distingue toujours les réceptacles (Kélim) et les lumières (Orot) : les lumières forment l'intériorité et les réceptacles l'extériorité. Or, lors du dévoilement de la lumière du Machia'h lors de la délivrance ultime, ce qui n'est aujourd'hui que réceptacle deviendra lui-même lumière, accédant à un niveau de pureté et d'élévation suprême. Les forces du mal disparaîtront alors, et l'esprit d'impureté s'évanouira totalement.
אָחוֹת לָנוּ קְטַנָּה וְשָׁדַיִם אֵין לָהּ מַה־נַּעֲשֶׂה לַאֲחֹתֵנוּ בַּיּוֹם שֶׁיְּדֻבַּר־בָּהּ׃ - Nous avons une petite sœur, qui n'a point encore de mamelles ; que ferons-nous pour notre sœur, le jour où il sera parlé d'elle ?
« Nous avons une petite sœur » se rapporte aux niveaux inférieurs de l'âme de Salomon, demeurés ici-bas dans le Gan Éden inférieur, tandis que la sœur aînée demande qu'eux aussi soient élevés vers les mondes supérieurs pour mériter le Gan Éden supérieur. De manière correspondante dans l'allégorie spirituelle : les mondes d'en bas aspirent également à monter vers les mondes qui les surplombent et à se raffiner, ainsi qu'il en sera à l'avenir, lorsqu'il n'y aura plus de forces d'impureté, selon la prophétie « Il anéantira la mort pour toujours » ; l'impureté disparaîtra complètement et toute la méchanceté s'évanouira comme la fumée. Il y aura alors une unification de tous les mondes, la lumière de la lune sera comparable à celle du soleil, une union parfaite s'établira entre le Saint, béni soit-Il, et Sa Chekhina, et le flux divin descendra avec une abondance absolue, sans aucune faille, vers les mondes inférieurs. Le Malbim fait remarquer : ces voies sont tracées pour quiconque franchit le seuil du Zohar et de ses profondeurs, ainsi que dans les Midrachim et les Aggadot. Celui qui étudie un tant soit peu le Zohar est familier de ces notions ; quant à nous, nous ne l'étudions guère et ne les connaissons pas en profondeur, mais nous nous en remettons à lui, qui les maîtrise et en a la pleine connaissance.
Les allusions de nos Sages : Knesset Israël est la Chekhina
Tout au long de Chir Hachirim, les Midrachim interprètent la bien-aimée comme étant Knesset Israël et le bien-aimé comme étant le Saint, béni soit-Il, telle est leur approche constante. Le Malbim remarque : viens et vois comment tout ce que nous avons exposé selon la dimension cachée (Sod) fut suggéré par nos Sages à travers leurs formulations imagées, sans qu'ils n'abordent ouvertement les secrets ésotériques. Telle était la manière de procéder de nos Sages : ils n'enseignaient pas la kabbale à découvert, mais y faisaient allusion dans leurs récits haggadiques, ainsi que nous l'avons mentionné au sujet de la Michna des songes. Ici, l'allusion est limpide : la sainte Chekhina est désignée sous le nom de Knesset Israël. Dès lors, lorsque nos Sages décrivent Knesset Israël aspirant à s'unir à son bien-aimé, au sens simple, il s'agit du peuple d'Israël désireux de s'attacher au Saint, béni soit-Il ; mais dans une compréhension plus profonde, chaque mention de « Knesset Israël » dans le Midrach renvoie à la sainte Chekhina, la Séfira de Malkhout, qui aspire à s'unir au Saint, béni soit-Il. On peut certes parler de la Chekhina d'En-Haut ou de l'assemblée d'Israël d'en bas, mais quiconque évoque le peuple d'Israël dans ses notions terrestres fait en vérité allusion, sur le plan mystique, à la Chekhina qui aspire à s'unir à son bien-aimé.
Une parabole au sein d'une parabole : la perle et la peau
Le Malbim explique : je ne suis venu que pour te montrer de manière générale ce qui est dissimulé sous le voile, car les paroles du Sage (le roi Salomon), que la paix soit sur lui, ont été énoncées comme une parabole au sein d'une parabole, à l'image des poupées russes évoquées plus haut. C'est semblable à celui qui dissimulerait une perle précieuse à l'intérieur d'une pomme d'or, enveloppée de filigranes d'argent (selon l'expression du verset : « des pommes d'or dans des ciselures d'argent »), recouverte d'un drapé de tékhelet (azur sacré), et enveloppée par-dessus d'une peau de corbeau. Vient l'homme grossier et matérialiste ; on lui demande : « Que vois-tu ? », et il répond : « Je vois une peau de corbeau ». Vient ensuite celui doué d'une âme raffinée ; on lui demande : « Que vois-tu ? », et il répond : « Au fond, je perçois une perle ». C'est ainsi que tous ceux qui ont abordé Chir HaChirim à travers leur matérialisme, leurs souillures et leur vision purement terrestre ont prétendu qu'il s'agissait d'un chant profane d'amour. Mais celui qui comprend que toute cette peau de corbeau n'est là que pour cacher le vêtement de tékhelet et les ciselures d'argent, sous lesquels repose la pomme d'or contenant la perle précieuse, ne s'arrête pas à l'apparence extérieure mais contemple la dimension intérieure, y découvrant une lumière infinie.
A priori, après que le Malbim a expliqué l'intégralité de Chir HaChirim dans le moindre détail selon la dimension de l'âme de Salomon, il nous faudrait à présent reprendre l'étude de tout le livre à la lumière de la sainte Chekhinah et de son éloignement de Zeïr Anpin, au sujet de la Sefirah de Malkhout et de son aspiration à sortir de l'exil pour s'unir de nouveau dans le monde d'Atsilout. À ce propos, le Malbim précise qu'il ne faut pas penser qu'il est dépourvu d'une explication minutieuse pour chaque élément : les détails de ces mystères restent scellés en moi, mais tout homme au cœur sage les comprendra. Quiconque s'est quelque peu initié aux secrets du saint Zohar étudiera Chir HaChirim et comprendra que tout ce qui a été expliqué au sujet de l'âme de Salomon cherchant à s'unir à son Bien-Aimé peut également s'interpréter au niveau de la Sefirah de Malkhout cherchant à s'unir à Zeïr Anpin. « Et tout homme au cœur sage les comprendra, et l'homme avisé acquerra des règles de conduite ».
La prière finale du Malbim
Le Malbim a ressenti qu'il s'écartait ici de sa ligne habituelle, car nulle part ailleurs il n'aborde les questions de Cabale d'une manière aussi explicite, préférant s'en tenir à de discrètes allusions. Pourtant, il possédait une maîtrise magistrale de la Cabale, et la tradition mentionne qu'il l'avait étudiée en profondeur, précisant même auprès de qui et qui furent ses maîtres. C'est pourquoi il conclut son ouvrage en ces termes : et si j'ai commis une faute en ne gardant point le silence, en m'exprimant par mes paroles et en ouvrant une brèche, c'est-à-dire en entrouvrant un soupirail sur des vérités sublimes face au soleil et à la lune (allusion à Zeïr Anpin et Noukva), et si mes sentiments n'ont pas offert leur parfum et ne sont que poussière emportée par le vent - signifiant si je n'ai pas visé juste ou n'ai pas expliqué convenablement -, j'en appellerai à Hachem et à mon Maître : qu'Il passe sur ma faute, qu'Il accomplisse pour moi un signe de bienveillance et me fasse contempler les merveilles de Sa Torah. Combien j'aime Ta Torah ! Agis envers moi selon Ta bonté, ne m'égare point de Tes commandements et ne me voile point Tes mitsvot, Amen Séla.
En conclusion :
De même que l'âme, à sa source première, était purement spirituelle et sans limites, et qu'en descendant dans le corps elle s'est restreinte au point de ne plus être perceptible dans le sang, pour finalement, lors de sa séparation d'avec le corps, retourner à la maison de son père comme au temps de sa jeunesse ; de même en va-t-il pour la sainte Chekhinah, la Sefirah de Malkhout : dans sa descente vers les mondes de BY"A (Bériah, Yétsirah, Assiyah), elle est en exil et sa providence est restreinte aux lois de la nature, mais lors de son élévation vers Atsilout, elle s'unit à son Bien-Aimé face à face et déverse une abondance sans fin. Les cinq chants de Chir HaChirim, qui dans la parabole représentent les cinq étapes d'élévation de l'âme de Salomon, correspondent sur le plan allégorique à cinq époques : l'exil d'Égypte avec la délivrance et le don de la Torah, l'époque de Chilo, Nov et Guiv'on, le Premier Temple où la lune était dans sa pleine splendeur, le Second Temple sous l'aspect de « Je dors », et le cinquième chant - la délivrance ultime, au cours de laquelle la lumière de la lune égalera celle du soleil, où le souffle d'impureté disparaîtra de la terre, et où se réalisera l'union parfaite du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhinah. Tout cela demeure caché au sein d'une parabole dans la parabole, comme une perle sous une pomme d'or, des ciselures d'argent, un drapé de tékhelet et une peau de corbeau : l'être grossier ne s'arrête qu'aux apparences, tandis que l'âme délicate contemple la perle et sa lumière resplendissante. Puisse être Sa volonté que nous méritions d'étudier et d'enseigner, de préserver, d'accomplir et de perpétuer, Amen vé-Amen.