Le chapitre 12 de Yirmiyahou s'ouvre sur la grande question de toutes les générations : pourquoi le juste souffre-t-il alors que le méchant prospère (tsaddik vé-ra lo, racha vé-tov lo) ? Yirmiyahou, qui vient d'apprendre que les hommes d'Anatot en veulent à sa vie, se présente devant le Saint béni soit-Il avec une requête. Par la manière même dont il formule son plaidoyer, il nous enseigne comment poser une question à Dieu. Plus loin dans le chapitre, le Saint béni soit-Il lui répond et affermit son cœur en vue de la mission encore plus éprouvante qui l'attend.
צַדִּיק אַתָּה יְהֹוָה כִּי אָרִיב אֵלֶיךָ אַךְ מִשְׁפָּטִים אֲדַבֵּר אֹתָךְ מַדּוּעַ דֶּרֶךְ רְשָׁעִים צָלֵחָה שָׁלוּ כׇּל בֹּגְדֵי בָגֶד׃ - Tu es trop juste, Éternel, pour que je plaide contre Toi ; pourtant, je voudrais débattre de justice avec Toi : Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? Pourquoi tous les traîtres perfides vivent-ils dans la tranquillité ?
Avant même de formuler sa question, le prophète commence par une déclaration : « Tu es juste, Éternel ». D'abord est affirmée cette vérité évidente, absolue et indubitable. Malgré tout, je désire comprendre. Accepter le jugement divin ne signifie pas nécessairement l'avoir saisi. Je suis certain que tout ce que fait Hachem est juste, mais je veux comprendre la logique sous-jacente : comment cette justice peut-elle être appréhendée par l'esprit humain ? « Tu es juste, Éternel, si je plaide contre Toi » : il est impossible que j'entre en procès contre Toi, puisque Tu es juste, et je ne remets nullement en cause ce principe. Et pourtant, « je voudrais débattre de justice avec Toi » - comme un homme en litige avec son prochain, selon l'expression du Radak, où chaque partie expose ses arguments pour élucider la sentence. Il en va de même ici : Maître du monde, je veux débattre de justice et poser une question : pourquoi la voie des méchants est-elle couronnée de succès ?
Rachi précise le sens de la question : pourquoi l'impie Nabuchodonosor a-t-il reçu une telle grandeur, lui permettant de triompher et de détruire Ton Temple ? Rachi propose une autre explication : la question porte sur ce qui a été évoqué à la fin du chapitre précédent, à savoir les hommes d'Anatot qui ont cherché à attenter à la vie du prophète - pourquoi ces scélérats réussissent-ils ? « Pourquoi tous les traîtres perfides vivent-ils dans la tranquillité ? » (Chalou kol bogdé vagued) : du mot chalva (sérénité, quiétude), ces hommes qui trahissent Hachem jouissent du calme et de la paix.
Le Malbim replace les choses dans leur contexte : après avoir entendu le Saint béni soit-Il annoncer qu'Il ferait venir le malheur sur eux « l'année de leur châtiment », c'est-à-dire au moment de la destruction du Temple, le prophète vient prier : Maître du monde, abrège leur répit, punis-les plus tôt pour leur mauvaise conduite ! N'attends pas l'année de leur châtiment ni l'époque de la destruction. Puisque le Saint béni soit-Il lui dévoile leurs méfaits, il convient d'avancer l'heure de leur rétribution. D'autant plus que la ruine du Temple survient notamment à cause d'eux, et il est fort probable que si ces impies mouraient plus tôt, le Temple ne serait pas détruit.
Le Malbim propose ici une explication remarquable, fondée sur des développements approfondis dans son commentaire sur le livre de Job (Iyov), où ce point constitue une part essentielle du débat entre Job et ses compagnons. Le principe fondamental réside dans la distinction entre deux questions : pourquoi le juste souffre-t-il, et pourquoi le méchant prospère-t-il ? La première est beaucoup moins légitime, tandis que la seconde l'est bien davantage.
Lorsque l'on demande pourquoi le juste souffre, on part du postulat qu'il est véritablement un juste. Mais qui peut l'attester ? On peut affirmer qu'« il a l'air d'un juste » ou qu'« il agit comme un juste », mais décréter qu'il est un tsaddik relève du secret divin, car seul le Saint béni soit-Il sait ce qui réside au fond du cœur de l'homme. Même si l'on insiste en évoquant un tsaddik illustre, la réponse demeure : qui peut affirmer qu'il est juste selon les exigences et les critères divins, et non selon les nôtres ? On pourra citer par exemple Baba Salé, un tsaddik incontesté ; mais sait-on quelle rigueur d'exigence repose sur un tel juste ? Sait-on sur quels détails infimes Avraham, Yits'hak, Yaakov et Moshé ont été jugés ? Dès lors que l'on mesure l'ampleur du fardeau et de la tâche qui incombent au tsaddik, peut-on prétendre qu'il a accompli tout ce qui était attendu de lui selon les comptes du Créateur ? Le service d'Hachem est sans commune mesure, et les obligations du juste n'ont pas de limites. Il apparaît donc très difficile de bâtir une véritable objection sur la question : « Pourquoi le juste souffre-t-il ? ».
En revanche, « pourquoi le méchant prospère-t-il » est une question tout à fait légitime. Que pourrait-on objecter ? Qu'il n'est pas réellement méchant ? Or, on voit un meurtrier, un transgresseur public du Chabbat, un homme coupable de toutes les transgressions. Sa méchanceté est manifeste aux yeux de tous, et nul ne peut la contester. Qu'on ne dise pas non plus qu'il s'agit peut-être d'un « enfant capturé » (tinok ché-nichba) : il connaît son Maître et choisit délibérément de se révolter contre Lui. Alors que pour le juste, rien ne garantit qu'il soit absolument irréprochable, pour le méchant, sa scélératesse est indéniable. C'est pourquoi, précisément ici, la question retentit avec toute sa force : pourquoi le méchant réussit-il ?
Dès lors, le Malbim éclaire les termes du verset : « Tu es juste, Éternel, si je plaide contre Toi » - si je venais contester en demandant : Maître du monde, pourquoi ma voie, celle de Yirmiyahou, n'est-elle pas couronnée de succès ?, la réponse fuserait aussitôt : qui sait si tu es véritablement juste, et si tu as accompli ta mission comme il se doit ? C'est pourquoi je n'ai aucune réclamation à formuler sur mon propre sort. « Pourtant, je voudrais débattre de justice avec Toi : Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? » - c'est sur ce point précis que j'ose m'exprimer, car la scélératesse de l'impie, elle, ne fait aucun doute.
Dans le débat du livre de Iyov, Elifaz soutenait qu'il nous semble seulement que le méchant est heureux, mais qu'en réalité, on n'a aucune idée de ce qu'il endure, du manque total de sérénité intérieure qui le ronge, de ses déchirements intimes et du nombre de thérapeutes qu'il fait vivre. La Torah procure à l'homme une joie intérieure dans son service divin, alors que le méchant, même s'il paraît faire la fête à l'extérieur, regarde de près tous les problèmes qui l'accablent chez lui, avec ses enfants, ses dettes et mille autres soucis qui prouvent que son bonheur n'est qu'illusion. À cet argument, le prophète répond : « Tous les traîtres perfides sont en paix ». Le Malbim précise que la chalva (la quiétude) réside toujours dans le cœur, à la différence du chalom (la paix) qui peut être extérieur. En d'autres termes, il est manifeste qu'ils jouissent aussi d'une quiétude intérieure, et on ne peut donc pas objecter qu'ils manquent de repos dans leur for intérieur.
Le Malbim s'arrête sur la précision des termes : quelle est la différence entre un riv (un litige) et un michpat (un procès de justice) ? Le riv désigne les plaidoyers lorsqu'une affaire n'est pas encore éclaircie et qu'il faut un juge pour écouter et établir la vérité ; c'est pourquoi se présentent deux personnes « qui ont un litige » (acher lahem hariv), chaque partie avançant ses arguments pour dégager le vrai. Le michpat, en revanche, porte sur une situation déjà avérée : tu as empiété sur mon terrain, le fait est notoire aux yeux de tous, mais tu refuses de partir ; je te convoque donc au tribunal. Il n'y a rien à éclaircir ici, les faits sont limpides.
Dès lors, la question du « juste qui souffre » relève du riv, car le sujet lui-même est discutable : qui peut affirmer avec certitude qu'il est pleinement juste ? En revanche, la question « pourquoi le méchant réussit-il » n'exige aucun éclaircissement préalable : sa méchanceté est flagrante et absolue. C'est pourquoi il s'agit d'une revendication de michpat : Maître du monde, il faut rendre justice, les faits sont établis, c'est un impie, et en tant que tel, il ne mérite assurément pas de prospérer dans ce monde. Voilà pourquoi il est dit : « Je formulerai des jugements (michpatim) avec Toi ».
Tantôt il les qualifie d'« impies » (recha'im), tantôt de « traîtres perfides » (bogdé bégued). Le Malbim explique qu'il y a là une distinction : le terme racha englobe aussi celui qui pèche envers Dieu (bein adam laMakom), et il conviendrait qu'il reçoive son châtiment d'Hachem. D'où la question : pourquoi leur voie est-elle couronnée de succès sans que Tu ne leur demandes des comptes, alors qu'ils se sont rebellés contre Toi ? D'un autre côté, les « traîtres perfides » désignent ceux qui trahissent leur prochain (bein adam le'havero). Ceux-là devraient vivre dans une angoisse perpétuelle, car quiconque trahit autrui ne sait jamais où sa victime l'attend au tournant. Celui que tu as lésé te guette au prochain virage, et une telle personne vit dans une appréhension constante. Dès lors, pourquoi la voie des impies envers le Ciel réussit-elle, alors qu'il conviendrait de briser leur succès, et pourquoi ces traîtres envers les hommes sont-ils « tranquilles » ? D'où leur vient cette quiétude ?
נְטַעְתָּם גַּם שֹׁרָשׁוּ יֵלְכוּ גַּם עָשׂוּ פֶרִי קָרוֹב אַתָּה בְּפִיהֶם וְרָחוֹק מִכִּלְיוֹתֵיהֶם׃ - Tu les as plantés, ils ont aussi pris racine ; ils avancent, ils portent aussi du fruit ; Tu es proche de leur bouche, mais loin de leurs reins.
Si l'on prétend que la fin du méchant est la ruine et que son succès ne durera pas, ce verset vient précisément y répondre. « Tu les as plantés, ils ont aussi pris racine » : une plantation s'inscrit dans la durée, et ils s'enracinent solidement. Et si l'on suggère que leurs enfants après eux seront retranchés, comme le soutenaient Bildad et Tsofar face à Iyov, le verset réplique : « ils avancent, ils portent aussi du fruit » - leur succès progresse et leur descendance perdure. Et si l'on avance que le Saint, béni soit-Il, patiente dans l'espoir qu'ils fassent téchouva, le verset ajoute : « Tu es proche de leur bouche, mais loin de leurs reins ». En effet, pour un méchant qui croit au salaire et à la punition ainsi qu'au monde futur, mais qui se laisse emporter par ses passions sans pouvoir les maîtriser, on peut espérer qu'un jour vienne où il se ressaisisse et revienne. Mais ceux-ci ne croient pas du tout en Toi et n'ont aucun espoir de retour : vers où reviendraient-ils, et vers qui ? C'est comparable à quelqu'un qui infligerait des épreuves à un aborigène au fin fond de la jungle : fera-t-il pour autant téchouva envers Hachem ? Il ignore jusqu'à Son existence, attaché à de vaines croyances idolâtres. La question résonne alors avec d'autant plus de force : pourquoi la voie des méchants est-elle couronnée de succès ?
Le Radak explique que « Tu les as plantés » est une métaphore de leur réussite, qui va croissant comme une plante qui ne cesse de se développer. Et l'accent est mis sur « Tu les as plantés » (neta'tam) et non « ils ont été plantés » : Maître du monde, c'est Toi qui leur as procuré ce bien, c'est Toi qui les as fait prospérer et grandir, et c'est là le cœur de la contestation : toute cette abondance provient de Toi, et pourquoi la méritent-ils ? De plus, « Tu es proche de leur bouche », ajoute le Radak, lorsqu'ils T'invoquent dans la prière ou prêtent serment par Ton Nom afin d'en imposer aux gens et de se donner des airs de croyants ayant le Nom divin toujours aux lèvres, mais « loin de leurs reins » : dans leur cœur, ils n'ont aucune foi véritable. Dès lors, ils ne méritent assurément pas le bien, mais le mal.
וְאַתָּה יְהֹוָה יְדַעְתָּנִי תִּרְאֵנִי וּבָחַנְתָּ לִבִּי אִתָּךְ הַתִּקֵם כְּצֹאן לְטִבְחָה וְהַקְדִּשֵׁם לְיוֹם הֲרֵגָה׃ - Et Toi, Hachem, Tu me connais, Tu me vois et Tu as éprouvé mon cœur envers Toi ; arrache-les comme du bétail pour la boucherie, et destine-les pour le jour du carnage.
Rachi explique que ce verset se rapporte lui aussi aux hommes d'Anatot : Maître du monde, Tu me connais et Tu sais quelle différence il y a entre eux et moi, demande donc des comptes aux hommes d'Anatot qui en veulent à ma vie. Le Radak explique : « Teérani » (Tu me vois) - Tu me vois tel que je suis ; « ouvakhan'ta libi itakh » (Tu éprouves mon cœur envers Toi) - Tu as sondé mon cœur et constaté qu'il n'est pas comme le leur. Il a été dit à leur sujet : « Tu es loin de leurs reins », Tu n'es ni dans leur cœur ni dans leurs reins, tandis que mon cœur est avec Toi. Lorsque je parle au nom de Hachem, ce ne sont pas des paroles superficielles comme les leurs, mais des mots qui jaillissent du plus profond de mon cœur.
D'où la conclusion : « Détache-les comme des brebis pour la boucherie » (Hatikèm ketson letiv'ha). Le terme « Hatikèm » évoque l'arrachement, la rupture, comme dans « jusqu'à ce que nous les ayons attirés hors de la ville » (ad hatikénou otam min ha'ir). Rachi explique : arrache-les à la vie pour les livrer à la mort. Et le Radak commente : ces méchants pleins de quiétude, arrache-les de leur paisible demeure pour leur malheur, comme des brebis pour l'abattoir. À présent, ils se prélassent en paix ; arrache-les et mène-les au carnage comme ils le méritent. « Et réserve-les pour le jour du massacre » (ve-hakdichèm leyom haréga) - l'expression de « Hakdacha » signifie ici assigner, désigner, et ne dérive pas nécessairement de la sainteté (kodesh), car « kedécha » (prostituée sacrée) et « kadesh » proviennent de la même racine tout en désignant des réalités inverses. « Tu m'es consacrée » (Haré at mekoudéchet li) signifie « Tu m'es réservée », tout comme le kadesh et la kedécha se sont voués à la débauche. De même ici : assigne-les au jour qui leur est destiné, au jour où le carnage sera immense, le jour de la destruction ; voue-les à l'épée sans qu'il ne leur reste nulle échappatoire. Car aujourd'hui, tant que tout leur réussit, les hommes s'étonnent et demandent pourquoi la voie des méchants est prospère ; la providence de Hachem et la justice divine ne sont pas manifestes, ce qui suscite des doutes dans la foi. Mais si Tu leur demandes des comptes promptement, toutes ces interrogations s'évanouiront.
Le Malbim s'interroge : pourquoi ce dédoublement entre « Tu me connais » (Yeda'tani) et « Tu éprouves mon cœur envers Toi » (ouvakhan'ta libi itakh) ? Si Hachem connaît l'homme, Il sait déjà tout de lui ! Il explique qu'il existe deux formes de connaissance. Il y a la prescience divine, par laquelle le Saint, béni soit-Il, connaît la fin dès le commencement - depuis la création de l'homme et même bien avant cela, car le temps n'a pas de prise sur le Tout-Puissant, et Il sait d'avance tout ce que chaque homme fera. Prétendre qu'Il l'ignore reviendrait à concevoir une divinité limitée, or le Saint, béni soit-Il, est infini. Et malgré cela, le Saint, béni soit-Il, sonde l'homme à chaque instant pour voir ce qu'il a choisi.
On en déduit que l'homme jouit du libre arbitre, et c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, doit pour ainsi dire vérifier à chaque instant son choix. Or, cela semble apparemment contredire la prescience divine : si Hachem sait d'avance que Réouven profanera le Chabbat prochain, et qu'il ne peut en être autrement sans quoi Sa connaissance serait prise en défaut, il s'ensuit que Réouven n'a plus de véritable choix. C'est un sujet vaste et profond, développé longuement à la fin du Sefer HaKouzari où toute la question a été exposée, ainsi que précédemment dans le livre de Iyov au chapitre 12, où le Malbim éclaire une partie de cette problématique relative à la prescience et au libre arbitre ; nous n'y reviendrons donc pas ici en détail.
Quoi qu'il en soit, il apparaît ici deux modes de connaissance : « Yeda'tani » (Tu me connais) - la prescience, par laquelle Tu sais d'avance tout ce que je vais accomplir, et « ouvakhan'ta libi itakh » (Tu éprouves mon cœur envers Toi) - l'examen perpétuel, car le libre arbitre m'appartient et j'aurais pu choisir autrement, et Tu constates à chaque instant que mon cœur est avec Toi. Le prophète s'exclame donc : Maître du monde, ma conduite est intègre devant Toi, tant au regard de Ta prescience qu'au regard de mes choix libres. Dès lors, je Te demande de ne pas attendre pour eux le jour du carnage et le jour de la destruction, comme Tu l'avais annoncé en disant qu'en temps voulu Tu tirerais vengeance d'eux, lorsque le Temple serait détruit et Jérusalem exilée. N'attends pas que la mesure de leurs fautes soit comble, agis immédiatement : détache-les comme du bétail pour l'abattoir, arrache-les à toute la prospérité dont ils jouissent aujourd'hui.
Le Malbim soulève une autre question : si l'on dit déjà « comme des brebis pour la boucherie », qu'ajoute l'expression « et réserve-les pour le jour du massacre » ? Il explique qu'il s'agit de deux sortes de châtiments distincts. « Comme des brebis pour la boucherie » - lorsqu'on veut abattre du bétail, on choisit les bêtes les plus grasses, les plus saines et les plus belles. De même, Maître du monde, choisis d'abord les plus éminents d'entre eux, les grands coupables qui se sont dressés contre le prophète. Puis, « réserve-les pour le jour du massacre » - Tu rassembleras alors l'ensemble du peuple pour le jour du carnage et infligeras à chacun le châtiment qu'il mérite.
Il compare cela à un roi qui fait la conquête d'un pays : il s'empare d'abord du roi et de ses ministres pour leur infliger des supplices cruels, et ce n'est qu'ensuite qu'il soumet le reste du territoire. En effet, lorsque la population voit son roi et ses dignitaires menés à l'abattoir, sa détermination faiblit et elle cesse le combat, comprenant que ses chances sont nulles. Tant que le roi est en vie, même s'il est en exil ou qu'il transmet des ordres depuis le fond d'un cachot, la résistance demeure vivace. Mais dès lors que le souverain a péri et que ses ministres ont été massacrés, conquérir le royaume devient bien plus aisé. Il en va de même ici : d'abord les dignitaires influents, puis le jour du massacre pour le commun du peuple.
עַד מָתַי תֶּאֱבַל הָאָרֶץ וְעֵשֶׂב כׇּל הַשָּׂדֶה יִיבָשׁ מֵרָעַת יֹשְׁבֵי בָהּ סָפְתָה בְהֵמוֹת וָעוֹף כִּי אָמְרוּ לֹא יִרְאֶה אֶת אַחֲרִיתֵנוּ׃ - Jusqu'à quand la terre sera-t-elle en deuil et l'herbe de tous les champs se desséchera-t-elle ? À cause de la méchanceté de ses habitants, bêtes et oiseaux périssent, car ils ont dit : Il ne verra pas notre fin.
Rachi divise ce verset en deux parties : « Jusqu'à quand la terre sera-t-elle en deuil et l'herbe de tous les champs se desséchera-t-elle ? » - jusqu'ici s'expriment les paroles du prophète, demandant jusqu'à quand durera cette situation terrible, Maître du monde. Le Roua'h HaKodesh (l'esprit prophétique) lui répond alors : « À cause de la méchanceté de ses habitants, bêtes et oiseaux périssent, car ils ont dit : Il ne verra pas notre fin » - les habitants du pays ont commis des actes pervers et abominables, et ils méritent amplement le châtiment qui les frappe, car ils prétendaient que le Saint, béni soit-Il, ne pouvait pour ainsi dire ni les juger ni leur demander des comptes ; ce châtiment s'abat donc en toute justice.
Le Radak, quant à lui, considère que le verset tout entier constitue la question du prophète. « Jusqu'à quand » attendrons-nous que Hachem leur demande des comptes ? Faudra-t-il attendre que la terre soit plongée dans le deuil, lors de ce jour funeste qui sera celui de la destruction, où « l'herbe de tous les champs se desséchera » et où « bêtes et oiseaux périront » (safeta, terme exprimant l'anéantissement, comme dans « Feras-Tu périr le juste avec le méchant ? ») - au point qu'animaux et oiseaux disparaîtront totalement du pays ? Et pourquoi la terre sera-t-elle dévastée et en deuil ? « À cause de la méchanceté de ses habitants », car la stricte justice exige que Hachem tire vengeance d'eux, puisqu'ils ont proclamé : « Il ne verra pas notre fin ». Les prophètes les avaient pourtant avertis que Dieu amènerait leur fin pour leur malheur et que leur quiétude actuelle n'était qu'une illusion trompeuse, mais ils rétorquaient : Dieu ne verra pas notre avenir, car Il ne porte nul regard sur nous ni sur nos actes, et Il ignore ce qu'il adviendra de nous. En d'autres termes, ils niaient Sa prescience de l'avenir. Pour de telles paroles hérétiques proférées contre le Maître du monde, ils méritent pleinement qu'Il tire rigoureusement vengeance d'eux.
Et le Radak conclut : voilà que Yirmiyahou a interrogé sur la réussite des méchants, et Dieu ne lui a pas répondu. C'est-à-dire que selon lui, la question demeure ici sans réponse. Mais poursuivons et examinons d'autres éclairages sur ce sujet.
Le Malbim explique : Maître du monde, à cause de leurs fautes, ils méritent que la terre soit en deuil - c'est la ruine du règne minéral ; « et que l'herbe de tous les champs se dessèche » - la ruine du règne végétal ; « bêtes et oiseaux périssent » - la ruine du règne animal ; et tout cela « à cause de la méchanceté de ses habitants ». Et ne dis pas qu'à la suite de cette désolation ils feront techouva, car ils disent : « Il ne verra pas notre fin », niant la prescience du Saint, béni soit-Il, de ce qui se passe dans ce monde, et à plus forte raison Sa connaissance de l'avenir, tout comme ils nient la rétribution. Dès lors, pourquoi se repentiraient-ils ? Ils ne perçoivent nullement que tout ce qui leur arrive provient d'Hachem.
כִּי אֶת רַגְלִים רַצְתָּה וַיַּלְאוּךָ וְאֵיךְ תְּתַחֲרֶה אֶת הַסּוּסִים וּבְאֶרֶץ שָׁלוֹם אַתָּה בוֹטֵחַ וְאֵיךְ תַּעֲשֶׂה בִּגְאוֹן הַיַּרְדֵּן׃ - « Car si tu as couru avec des piétons et qu'ils t'ont épuisé, comment pourras-tu rivaliser avec des chevaux ? Et si tu ne te sens en sécurité qu'en terre paisible, que feras-tu lors de la crue du Jourdain ? »
Ce verset est particulièrement énigmatique, et l'on peine même à saisir comment il s'insère ici. Présentons-en plusieurs explications. Le Targoum Yonatan traduit : « Voici la réponse adressée au prophète Yirmiyahou sur sa requête : Prophète, tu es semblable à un homme qui a couru à pied et s'est épuisé. » Un homme qui court à pied finit, à un moment donné, par manquer de souffle. « Et comment imagines-tu courir contre des chevaux dans la plaine ? » Tu as couru un peu et tu t'es fatigué, pourrais-tu rivaliser avec des chevaux ? « Et en terre de paix tu as confiance et tu trébuches » - même sur un chemin droit tu achoppes et tombes, « et comment penses-tu agir face aux bêtes sauvages des hauteurs du Jourdain ? » Un lieu escarpé où la course n'est réservée qu'aux marcheurs les plus aguerris. Tu n'as pas réussi en plaine, comment rivaliserais-tu avec les bêtes sauvages sur les hauteurs ?
Et le Targoum poursuit : si devant les bienfaits que J'accorde à Nevoukhadnetsar, roi de Babylone, « le piéton », tu regardes avec étonnement, que diras-tu quand Je te montrerai ce que Je réserve à tes pères vertueux d'autrefois, qui ont couru comme des chevaux pour accomplir de bonnes actions devant Moi, et à qui J'ai promis d'accorder sur leurs enfants bénédictions et consolations - pareilles aux eaux tumultueuses descendant vers le Jourdain ? En d'autres termes, si tu t'étonnes de la récompense de Nevoukhadnetsar, sache que ce n'est qu'une infime parcelle comparée à ce que recevront les saints Patriarches. Et lorsque tu demandes pourquoi le méchant reçoit une récompense, la réponse est : de cela même, comprends combien grand sera le bien réservé au juste. Je n'ai pas trouvé d'explication explicite pour l'expression « ragla'ah », mais il se pourrait fort qu'elle fasse allusion à la récompense accordée à Nevoukhadnetsar pour ses pas de course, comme nous l'expliquerons à l'instant.
Rachi explique que le verset se rapporte à ses proches, les cohanim : les hommes d'Anatot viennent pour te tuer, tu as lutté contre eux « et ils t'ont épuisé » - tu t'es lassé, brisé et effrayé devant cette lutte contre tes propres proches. Dès lors, « comment pourras-tu rivaliser avec des chevaux » - que feras-tu face aux ministres de Yéhouda ? Tes proches, dont tu aurais pu espérer du soutien, cherchent à te tuer ; quant aux ministres de Yéhouda, non seulement ils ne sont pas tes proches, mais ils te vouent une haine farouche. Il en ressort que le Saint, béni soit-Il, explique ici pourquoi ils sont punis et pourquoi Nevoukhadnetsar prospère : c'est afin de châtier les hommes de Yéhouda. Car si tu n'as pu tenir tête aux gens d'Anatot, tu ne le pourras certainement pas face à Yéhouda, qui sont de grands impies ; et Nevoukhadnetsar est tout désigné pour venir tirer vengeance d'eux.
Et Rachi rapporte l'enseignement de nos Sages : si tu t'étonnes que J'aie tant accru la grandeur de Nevoukhadnetsar pour la récompense des trois pas qu'il a courus en Mon honneur à l'époque de Mérodakh-Baladan, combien plus seras-tu stupéfait lorsque tu verras la rétribution que J'accorderai aux justes, qui ont couru devant Moi comme des chevaux ! C'est ce que je suggérais plus tôt à propos du mot « ragla'ah » dans le Targoum. Nevoukhadnetsar avait rédigé la missive en mentionnant d'abord le roi 'Hizkiyahou avant le Nom d'Hachem, béni soit-Il ; puis il s'est ravisé, a fait trois pas de course pour rattraper la lettre afin de la réécrire et de placer le Saint, béni soit-Il, en premier. Le Saint, béni soit-Il, dit alors : pour le salaire de ces trois pas courus en Mon honneur, afin de modifier la lettre et d'antéposer le Nom divin à celui de 'Hizkiyahou, il a mérité une telle puissance. Et si trois pas valent cela, quel ne sera pas ton émerveillement en voyant l'immense rétribution dévolue aux saints Patriarches, qui n'ont pas couru trois pas seulement, mais ont déployé leur vie durant un effort sans bornes dans le service divin !
« Et si tu ne te sens en sécurité qu'en terre paisible » - c'est là qu'ils t'ont épuisé ; « que feras-tu lors de la crue du Jourdain » - face aux ministres de Yéhouda. La crue du Jourdain, explique Rachi, est une parabole : de même que le Jourdain déborde de son lit avec impétuosité, de même les ministres de Yéhouda sont orgueilleux et corrompus ; comment pourras-tu leur tenir tête ?
Le Radak explique que ce verset constitue la réponse du Saint, béni soit-Il, à Yirmiyahou : ne mets pas en doute Mes voies. Lorsque tu demandes « pourquoi la voie des méchants est-elle prospère, pourquoi tous les traîtres vivent-ils en paix ? », tu t'interroges sur la conduite d'Hachem. C'est à ce propos que la parabole lui est adressée : tu as couru avec des piétons semblables à toi et ils t'ont fatigué, certains couraient plus vite que toi et tu n'as pu les rattraper, comment pourrais-tu prétendre rivaliser avec des chevaux ? Si tu n'as pas réussi face à des hommes comme toi, y parviendrais-tu face à des chevaux ?
Et le sens profond en est le suivant : tu as tenté de percer le secret d'hommes semblables à toi sans y parvenir - et tu penses percer les secrets du Maître du monde ? En effet, nous avons vu que les hommes d'Anatot projetaient d'attenter à sa vie, et il ne le sut pas de lui-même, mais c'est le Saint, béni soit-Il, qui le lui révéla. Dès lors, si tu ignores les pensées des hommes, prétends-tu sonder les desseins du Tout-Puissant ? Il apparaît ainsi qu'une réponse fut bien apportée à Yirmiyahou, non point une explication rationnelle, mais une réponse signifiant : ne scrute pas Mes voies, car tout ce que fait le Saint, béni soit-Il, relève d'une parfaite justice. Et selon la célèbre parole de Rav Saadia Gaon : « Si je Le connaissais, je serais Lui » - si j'étais capable de comprendre le Maître du monde dans tous Ses desseins et Sa conduite, je serais moi-même le Maître du monde. En vérité, le Maître du monde est infiniment transcendant, et les voies d'Hachem échappent à l'entendement humain.
Le Radak cite une seconde parabole par laquelle il explique le fond même du sujet : le Saint, béni soit-Il, lui dit : Je vois que tu as faibli dans Ma mission et qu'une lassitude s'est emparée de toi, tu dois donc te fortifier. Jérémie fut le prophète le plus persécuté pour sa mission et, comme nous le verrons encore bien souvent par la suite, il endura de terribles souffrances en accomplissant la parole divine. 'Si tu as couru avec des piétons et qu'ils t'ont fatigué' - ce sont les hommes d'Anatot, les membres de ta propre famille, situés au même rang que toi : en voyant qu'ils cherchaient à te tuer, tu as été pris de panique. 'Et comment rivaliseras-tu avec des chevaux ?' - or Je veux encore t'envoyer réprimander les habitants de Jérusalem. Comparés à ceux de Jérusalem, les gens d'Anatot ne sont que de modestes délinquants, tandis que là-bas se trouvent de véritables requins. Si ceux-ci t'ont épuisé, comment pourras-tu réprimander les méchants de Jérusalem, de grands ministres, et le roi lui-même qui s'y trouve ? Si ici une poignée d'hommes t'a effrayé, comment réagiras-tu quand tu devras t'adresser à des ministres et à des dignitaires ? C'est un raisonnement a fortiori. Tu dois te fortifier, ne rien craindre et accomplir la mission d'Hachem sans aucune frayeur.
'Et si tu ne te fies qu'en une terre paisible' - tu comptais sur les hommes d'Anatot pour former une terre de paix, espérant qu'ils te soutiendraient et te protégeraient, puisqu'ils sont originaires de ton lieu, de ta famille, des Cohanim comme toi et tes proches. Il est dans la nature des choses, souligne le Radak, que les proches d'un homme lui prêtent main-forte, le défendent et le sauvent, or voilà qu'ils complotent ta mort ! 'Et que feras-tu lors du débordement du Jourdain ?' - là où mugissent les flots tumultueux du fleuve, image qui désigne les princes de Juda et de Jérusalem comparés à la crue du Jourdain : comment pourras-tu leur tenir tête ? Certains expliquent que la crue du Jourdain fait allusion à Nabuchodonosor, qui établira ses troupes au-delà du fleuve : si tu as peur d'un si petit nombre, que feras-tu face à Nabuchodonosor ? En clair, le Saint, béni soit-Il, vient dissiper ses craintes et lui faire comprendre qu'il ne doit rien redouter, ni des habitants de Jérusalem ni de Nabuchodonosor, venant ainsi affermir son courage.
Le Malbim explique que c'est là ce que le Saint, béni soit-Il, lui répond : tu t'imagines que seuls les hommes d'Anatot cherchent à te tuer et que la terre est dévastée uniquement à cause d'eux, mais ils ne représentent en réalité qu'un problème secondaire. La confrontation majeure à laquelle tu devras faire face concerne les habitants de Jérusalem, qui constituent le véritable défi.
כִּי גַם אַחֶיךָ וּבֵית אָבִיךָ גַּם הֵמָּה בָּגְדוּ בָךְ גַּם הֵמָּה קָרְאוּ אַחֲרֶיךָ מָלֵא אַל תַּאֲמֵן בָּם כִּי יְדַבְּרוּ אֵלֶיךָ טוֹבוֹת׃ - Car même tes frères et la maison de ton père, eux aussi t'ont trahi, eux aussi ont crié à pleine voix derrière toi ; ne les crois pas lorsqu'ils te parleront avec bienveillance.
Le Saint, béni soit-Il, dit à Jérémie : tu avais confiance en eux, car tout homme compte naturellement sur ses proches, or ici ses propres parents ont cherché à lui administrer un poison mortel. 'Eux aussi t'ont trahi' - alors qu'ils auraient dû prendre soin de toi, et comme le précise le Malbim, il s'agit des Cohanim descendants d'Aaron établis à Jérusalem, eux aussi t'ont trahi. Et ne va pas croire qu'ils l'aient fait en secret : au contraire, 'eux aussi ont crié à pleine voix (malo) derrière toi'.
Ici, les commentateurs se sont attachés à percer le sens du mot 'malo'. Le Radak explique qu'il dérive de la notion de rassemblement : ils se sont attroupés derrière toi au grand complet afin de te menacer de cesser tes prophéties, car tes paroles blessaient leurs oreilles. C'est pourquoi Hachem lui dit : 'Ne les crois pas lorsqu'ils te parleront avec bienveillance' - même lorsqu'ils te tiennent des propos affables, ils profèrent des mensonges. Toutes ces marques de bienveillance ne sont qu'une façade pour t'amener à te rapprocher d'eux, afin de pouvoir te faire manger ou boire un poison mortel et te nuire ; ne te laisse donc pas impressionner par leurs paroles.
Le Radak rapporte également une explication originale au nom de Rav Haï Gaon : 'malo' est employé ici par antiphrase (sagai nahor), signifiant en réalité 'dépourvu'. Ils te désignent en disant : cet homme est vide de tout bien. Tout comme l'on qualifie un aveugle de 'plein de lumière' (sagai nahor), ils ont crié derrière toi 'comblé' pour signifier en fait que tu es dénué de toute valeur et de tout bien.
Une autre explication est citée par le Radak au nom de son père : 'malo' renvoie à l'expression 'qui donc a eu l'audace (littéralement : dont le cœur s'est rempli) d'agir ainsi', c'est-à-dire l'audace, le fait de n'éprouver aucune peur ni aucune hésitation. Ils criaient derrière lui : cet homme a l'audace de continuer à prophétiser, et aucune menace n'a d'emprise sur lui, en dépit de tout ce que nous proférons contre lui ! Quant au Malbim, il explique lui aussi que 'malo' exprime un rassemblement : ils ameutent la foule dans le but de le frapper et de lui porter atteinte.
Au début du chapitre, Jérémie nous montre comment adresser une interrogation : d'abord une profession de foi - 'Tu es juste, ô Éternel', et seulement après, la demande de comprendre. Le Malbim précise qu'il n'y a pas lieu de s'interroger sur le sort du 'juste qui souffre', car la piété du juste et l'exactitude de sa réponse aux exigences divines nous demeurent inconnues, ce qui en fait un 'litige' (riv) réclamant examen. En revanche, le sort du 'méchant qui prospère' relève du 'jugement' (michpat), sa perversité étant manifeste, et c'est à ce sujet que le prophète demande : pourquoi leur voie est-elle couronnée de succès, pourquoi sont-ils sereins dans leur cœur, pourquoi leur plantation réussit-elle alors qu'ils n'ont aucun espoir de repentir, puisque 'Tu es proche de leur bouche et loin de leurs reins' ? Le prophète réclame que le Saint, béni soit-Il, sévisse sans tarder contre eux sans attendre le jour de la destruction, d'abord contre les grands parmi eux, puis contre tous. Le Saint, béni soit-Il, lui répond par la parabole des piétons et des chevaux : selon le Radak - ne scrute pas Mes voies, car si la pensée des hommes t'échappe, celle de l'Omniprésent t'échappe à plus forte raison ; selon le Targoum - si telle fut la récompense de Nabuchodonosor pour trois petits pas, quelle ne sera pas la récompense des justes qui ont couru comme des chevaux toute leur vie durant ; et selon Rachi et le Malbim - il s'agit d'affermir le courage du prophète : si les hommes d'Anatot t'ont effrayé, arme-toi de force en vue de la véritable épreuve face aux princes de Jérusalem et face à Nabuchodonosor. Enfin retentit l'avertissement : même tes frères et la maison de ton père t'ont trahi, ne te fie pas à eux lorsqu'ils te parleront avec bienveillance.